Descente de la Force divine selon Satprem - Sri Aurobindo

Afin d'essayer de créer une base permettant de reconnaître les phénomènes.
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Descente de la Force divine selon Satprem - Sri Aurobindo

Message le 22 Janvier 2014, 18:47

quelque chose qui fait écho à ce que j'ai ressenti
dans mon sujet sensibilisation dans ma tête :

ceci est extrait du livre de Satprem : Sri Aurobindo ou l'aventure de la conscience (1963)

Descente de la Force

Et peu à peu le vide s'emplit. On fait alors une
série d'observations et d'expériences d'une impor
tance considérable, qu'il serait faux de présenter
comme une séquence logique, car à partir du moment
où l'on quitte le vieux monde, on s'aperçoit que
tout est possible, et surtout qu'il n'y a pas deux cas
semblables -- d'où l'erreur de tous les dogmatismes
spirituels. Nous pouvons seulement tracer quelques
lignes générales d'expérience.

Tout d'abord, lorsque la paix mentale est relative
ment établie, à défaut de silence absolu, et que notre
aspiration ou notre besoin a grandi, est devenu con
stant, lancinant, comme un trou qu'on porte en
soi, on observe un premier phénomène qui aura des
conséquences incalculables pour tout le reste de notre
yoga. On sent, autour de la tête et plus spécialement
dans la nuque, comme une pression inusitée, qui
peut donner la sensation d'un faux mal de tête.

Au début, on ne peut guère la supporter longtemps
et on se secoue, on se déconcentre, on "pense à
autre chose". Petit à petit, cette pression prend une
forme plus distincte et on sent un véritable courant
qui descend — un courant de force, qui n'est pas
semblable à un courant électrique désagréable, mais
plutôt à une masse fluide. On s'aperçoit alors que
la "pression" ou le faux mal de tête du début était
simplement causé par notre résistance à la descente
de cette Force, et que la seule chose à faire est de
ne pas obstruer le passage (c'est-à-dire bloquer le
courant dans la tête), mais de le laisser descendre à
tous les étages de notre être, du haut en bas.

Ce courant, au début, est assez spasmodique, irrégulier,
et il faut un léger effort conscient pour se rebrancher
sur lui quand il s'est estompé ; puis il devient continu,
naturel, automatique, et il donne la sensation très
agréable d'une énergie fraîche, comme une autre
respiration, plus vaste que celle de nos poumons,
qui nous enveloppe, nous baigne, nous allège et, en
même temps, nous emplit de solidité. L'effet phy
sique ressemble assez exactement à celui que l'on
éprouve quand on marche dans le vent. En réalité,
on ne s'aperçoit vraiment de son effet (car il s'installe
très graduellement, par petites doses) que quand,
pour une raison ou une autre, distraction, erreur,
excès, on s'est coupé du courant ; alors on se retrouve
soudain vidé, rétréci, comme si l'on manquait d'oxygène
tout à coup, avec la très désagréable sensation
d'un racornissement physique ; on est comme une
vieille pomme vidée de son soleil et de son jus.

Et l'on se demande vraiment comment on a pu vivre
avant, sans cela. C'est une première transmutation
de nos énergies. Au lieu de puiser à la source commune,
en bas et autour, dans la vie universelle, nous
puisons en haut. Et c'est une énergie beaucoup plus
claire et beaucoup plus soutenue, sans trous,
et surtout beaucoup plus vive. Dans la vie quotidienne,
au milieu de notre travail et des mille occupations,
le courant de force est tout d'abord assez dilué, mais,
dès que nous nous arrêtons un instant et que nous
nous concentrons, c'est un envahissement massif.

Tout s'immobilise. On est comme une jarre pleine ;
la sensation de "courant" disparaît même comme si
tout le corps, de la tête aux pieds, était chargé d'une
masse d'énergie compacte et cristalline à la fois
(un bloc de paix solide et frais, dit Sri Aurobindo);
et si notre vision intérieure a commencé à s'ouvrir,
nous nous apercevons que tout est bleuté ; on est
comme une aigue-marine ; et vaste, vaste.
Tranquille, sans une ride. Et cette fraîcheur indescriptible.
Vraiment, on a plongé dans la Source. Car cette
"force descendante" est la Force même de l'Esprit — Shakti.

La force spirituelle n'est pas un mot.
Finalement, il ne sera plus nécessaire de fermer les yeux
et de se retirer de la surface pour la sentir ; à tout
moment elle sera là, quoi que l'on fasse, que l'on
mange, que l'on lise, que l'on parle ; et on verra
qu'elle prend une intensité de plus en plus grande à
mesure que l'organisme s'habitue ; en fait, c'est
une masse d'énergie formidable, qui n'est limitée
que par la petitesse de notre réceptivité ou de notre
capacité.

Quand ils parlent de leur expérience de cette
Force descendante, les disciples de Pondichéry disent :
"La Force de Sri Aurobindo et de la Mère" ;
ils n'entendent pas par là que cette Shakti soit la propriété
personnelle de Sri Aurobindo et de la Mère ;
ils expriment ainsi, sans le vouloir, le fait qu'elle
n'a son équivalent dans aucun autre yoga connu.

Nous touchons ici, expérimentalement, la différence
fondamentale entre le yoga intégral de Sri Aurobindo
(pourra yoga) et les autres yogas. Si l'on essaye
d'autres méthodes de yoga avant celle de Sri
Aurobindo, on s'aperçoit, en effet, d'une différence
pratique essentielle : au bout d'un certain temps,
on a l'expérience d'une Force ascendante (appelée
koundalini en Inde), qui s'éveille assez brutalement
dans notre être à la base de la colonne vertébrale et
s'élève de niveau en niveau jusqu'à ce qu'elle ait
atteint le sommet du crâne, où elle semble éclore dans
une sorte de pulsation lumineuse, rayonnante, qui
s'accompagne d'une sensation d'immensité
(et souvent d'une perte de conscience, qu'on appelle extase)
comme si l'on avait débouché éternellement Ailleurs.

Tous les procédés yogiques, que nous pourrions
appeler thermogénérateurs (asana du Hatha-yoga,
concentrations du Raja-yoga, exercices respiratoires
ou pranayama etc.) visent à l'éveil de cette Force
ascendante ; ils ne vont pas sans dangers ni perturbations profondes,
ce qui rend indispensables la présence et la protection d'un Maître éclairé.
Nous y reviendrons. Cette différence de sens du courant,
ascendant ou descendant, tient à une différence
d'orientation que nous ne saurions trop souligner.

Les yogas traditionnels et, nous le supposons, les
disciplines religieuses occidentales, visent
essentiellement à la libération de la conscience :
tout l'être est tendu vers le haut dans une aspiration ascendante ;
il cherche à briser les apparences et à émerger là haut,
dans la Paix ou l'extase. D'où l'éveil de cette
Force ascendante. Mais, on l'a vu, le but de Sri
Aurobindo n'est pas seulement de monter, mais de
descendre, pas seulement de filer dans la Paix éternelle,
mais de transformer la Vie et la Matière, et
d'abord cette petite vie et ce coin de matière que
nous sommes. D'où l'éveil, ou plutôt la réponse
de cette Force descendante. Notre expérience du
courant descendant est l'expérience de la Force transformatrice.
C'est Elle qui fera le yoga pour nous,
automatiquement (pourvu qu'on la laisse faire),
Elle qui remplacera nos énergies vite essoufflées et
nos efforts maladroits, Elle qui commencera par
où finissent les autres yogas, illuminant d'abord le
sommet de notre être, puis descendant de niveau en
niveau, doucement, paisiblement, irrésistiblement
(notons bien qu'Elle n'est jamais violente ;
sa puissance est étrangement dosée, comme si Elle était
conduite directement par la Sagesse de l'Esprit)
et c'est Elle qui universalisera notre être tout entier,
jusqu'en bas. C'est l'expérience de base du yoga
intégral.

Quand la Paix est établie, la Force supérieure
ou divine, d'en haut, peut descendre et travailler en nous.
D'habitude, elle descend d'abord dans la tête et libère les
centres mentaux, puis dans le centre du coeur— puis dans
la région du nombril et des centres vitaux... puis dans la
région du sacrum et plus bas.. . Elle travaille, à la fois,
au perfectionnement et à la libération de notre être ; elle
reprend notre nature tout entière, partie par partie, et la
traite, rejetant ce qui doit être rejeté, sublimant ce qui doit
être sublimé, créant ce qui doit être créé. Elle intègre,
harmonise, établit un rythme nouveau dans notre nature."
Dit le Corsaire des mers, le grand Effrayeur, perroquet d'opérette pour les uns, propagateur ardent de la gnose pour d'autres, et pour lui-même, enfin résolu à marcher dans les pas de son Intime. Bras armé de l'Avatar du Verseau, Samaël Aun Weor, qui tel un phare inébranlable dispense sa lumière jusqu'aux quatre coins du globe, des mers du Sud jusqu'aux terres glacées du septentrion, de l'orient jusqu'à l'occident jusqu'à ce que le dernier homme sur terre ait eu l'opportunité de recevoir le message du cinquième Evangile et de faire son choix.

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