Bienheureux les doux (à l'opposé du ressentiment !)

Répondre
Avatar du membre
Messages : 6362
Enregistré le : 25 septembre 2008
Sexe :
Zodiaque :
Contact :

Bienheureux les doux (à l'opposé du ressentiment !)

Message le 19 juillet 2017, 20:44

Lorsque nous ne sommes pas identifiés à nous-mêmes, nous pouvons pardonner. Rappelons-nous la Prière du Seigneur : « Pardonne-nous nos dettes comme nous-mêmes pardonnons à nos débiteurs » (Matt. VI, 12).

Mais il ne suffit pas simplement de pardonner : il faut aussi annuler les dettes ; on pourrait pardonner à un ennemi, sans jamais effacer la dette. Or, il importe d'annuler ce qu'on nous « doit » ; c'est là le sens profond de la prière : « Pardonne-nous nos dettes comme nous pardonnons à nos débiteurs ».

Tant que nous sommes identifiés à nous-mêmes, nous ne pouvons pardonner à personne. Nous souffrons quand on nous insulte, nous souffrons quand on nous humilie, nous souffrons quand on nous déprécie.

Pourquoi ? Parce que nous avons le Moi de l'orgueil, le Moi de l'amour-propre bien vigoureux, là en dedans ; tant que nous aurons ce Moi de l'amour-propre, nous aurons mal quand un autre blessera notre amour-propre. En définitive, si nous ne sommes pas identifiés, il nous sera facile de pardonner et, mieux encore, d'effacer les dettes.

Il est aussi écrit, dans les « Béatitudes » : « Bienheureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. » C'est une autre chose qui n'a pas été comprise. « Bienheureux les doux » signifie : Bienheureux ceux qui n'ont pas de ressentiment ; car, si nous sommes pleins de ressentiment, comment pouvons-nous être « doux » ?

Quand on éprouve du ressentiment, on n'arrête pas de « faire ses comptes » : moi qui ai tant fait pour lui, moi qui lui ai fait tant de faveurs, moi qui l'ai défendu, protégé, moi qui ai été si généreux avec lui, moi, moi, moi, moi, et regardez comment il me paie en retour, comment il me traite ; cet ami que j'ai tant servi et qui maintenant n'est même pas capable de me servir !

Celui donc qui est plein de ressentiment, qui demande des comptes à tout instant, n'est pas « doux » ; alors, comment pourrait-il être « bienheureux » ? C'est-à-dire, comment pourrait-il connaître le bonheur, la félicité ? Vous-mêmes, êtes-vous heureux ? Qui donc est heureux ? Je connais beaucoup de gens qui affirment : « Je suis heureux, je suis content de ma vie, je suis vraiment une personne heureuse. »

Mais peu après nous entendons ces mêmes personnes dire : « Un tel m'exaspère » ; « ce type me casse les pieds » ; « je ne sais pourquoi cette personne est si ingrate, après tout ce que lui ai donné », etc. Par conséquent, ces gens ne sont pas heureux, ils font semblant, ce sont des hypocrites, voilà tout.

Etre heureux est très difficile : pour cela, il faut avant tout être « doux ». Le mot « bienheureux » signifie : félicité intime - non dans mille ans, mais maintenant, ici même, à cet instant précis de notre vie ! Si nous devenons vraiment « doux », grâce à la non-identification, nous réussirons à être heureux. Il faut non seulement ne pas nous identifier avec nos pensées de luxure, de haine, de vengeance, de rancoeur ou de ressentiment, mais aussi éliminer les Moi qui en sont la cause. Nous devons extirper de nous les « démons rouges de Seth », ces agrégats psychiques qui personnifient nos défauts psychologiques.

Nous devons comprendre, par exemple, ce qu'est le processus du ressentiment, il faut opérer la « dissection » du ressentiment. Lorsque, au terme de notre travail intérieur de compréhension, nous parvenons à la conclusion que le ressentiment est dû au fait que nous avons en nous l'amour-propre, nous lutterons alors pour éliminer l'ego, le Moi de l'amour-propre. Mais pour l'éliminer, il faut d'abord le comprendre ; nous ne pourrons éliminer ce Moi si auparavant nous ne l'avons pas compris.

Lorsque nous sommes rendus à l'étape de l'élimination, nous devons invoquer Devi Kundalini Shakti ; elle seule peut désintégrer n'importe quel défaut psychologique, y compris le Moi de l'amour-propre.

Cette question du ressentiment, de l'ego en général, relève de la « Lune ». Vous voyez que nous portons la Lune jusque dans la moelle des os. Si nous voulons nous libérer de la mécanique lunaire, nous devrons éliminer de nous-mêmes le Moi du ressentiment, le Moi de l'amour-propre, car il est écrit : « Bienheureux les doux (c'est-à-dire, ceux qui n'ont pas de ressentiment), car ils recevront la terre en héritage. » Mes chers soeurs et frères, il faut comprendre très clairement tout cela ; quand vous le comprendrez bien, vous progresserez sur le chemin qui conduit à la libération finale.

Ce n'est qu'au moyen du Feu solaire, au moyen du Feu d'Ariés, c'est-à-dire, le Feu du jeune Bélier, de l'Agneau incarné - le Christ intime - que nous pouvons vraiment brûler ces éléments inhumains que nous portons en nous ; et à mesure que la conscience s'émancipe, se désenchaîne, nous nous éveillons progressivement.

Mais la conscience ne peut s'éveiller tant qu'elle reste embouteillée dans les « agrégats psychiques » qui, dans leur ensemble, constituent le Moi, le Je, l'ego. Nous devons passer par l'annihilation bouddhique, ici et maintenant ; nous devons « mourir » d'instant en instant, car c'est seulement par la mort qu'advient du nouveau ; si le grain ne meurt, la plante ne peut naître.

Nous devons apprendre à vivre, et nous libérer de cet héritage lunaire qui nous empoisonne l'existence ; en vérité, cet héritage, nous l'avons en nous depuis le lointain protile (le noyau originel), d'où a surgi l'Univers. La Lune fut notre mère ; nous sommes lunaires, nous sommes des Sélénites, bien que nous vivions sur la Terre.

À présent il nous faut devenir solaires, marcher vers la vie solaire, recevoir l'Initiation solaire ; ainsi, et ainsi seulement obtiendrons-nous la félicité authentique et la véritable libération. Nous devons nous convertir en Hommes solaires dans le sens le plus complet du mot, et ce serait impossible si nous n'éliminions pas de notre nature psychologique ce qu'il y a en nous de lunaire. Si nous y parvenons, le Feu nous libérera, nous transformera, fera de nous des créatures différentes.

Avatar du membre
Messages : 6362
Enregistré le : 25 septembre 2008
Sexe :
Zodiaque :
Contact :

Re: Bienheureux les doux (à l'opposé du ressentiment !)

Message le 22 juillet 2017, 21:11

Ce que l'on appelle la haine ne doit pas exister en nous. Il y a des gens qui distillent et boivent leur propre venin, et qui à cause de cela souffrent l'indicible. Ne soyons pas aussi stupides. Car celui qui distille et boit son propre venin est un idiot. Celui qui s'est forgé un « petit enfer » dans son mental et qui porte en lui constamment ce petit enfer, est un imbécile. Il faut nous dire que le mieux c'est d'aimer, car si l'on fait de son mental un enfer, on ne sera jamais heureux.

Les gens sont tous remplis de ressentiments, et c'est une chose très grave, car là où il y a le Moi du ressentiment, l'amour ne peut fleurir. Il n'y a personne qui n'ait pas de ressentiment ; tout le monde garde dans son coeur des paroles, des faits ou des événements douloureux, accompagnés naturellement de leurs conséquences ou corollaires, qui sont ces fameux ressentiments.

Que gagnera donc celui qui nourrit en lui ces ressentiments ? Car il ne sait pas aimer, il est revanchard, il est incapable d'aimer. Celui qui hait est très proche de la malédiction.

Il faut savoir comprendre les autres, apprendre à regarder le point de vue d'autrui, si nous voulons vraiment apprendre à aimer. Les gens manquent de compréhension, ils ne veulent pas comprendre les autres ; simplement parce qu'ils ne savent pas voir le point de vue d'autrui. Si nous pouvons nous placer dans le point de vue d'autrui, nous apprendrons à pardonner, à aimer. Mais si nous ne sommes capables de pardonner à personne, il est certain que nous ne savons pas aimer.

Par ailleurs, pardonner de façon « mécanique » ne sert à rien. On pourrait pardonner simplement parce qu'on a appris dans la doctrine gnostique qu'il faut pardonner, mais c'est un pardon automatique et sans fondement. Nous continuerons de ressentir au fond de nous le même ressentiment, la même haine, le même désir de vengeance étouffé ou réprimé.

Lorsque nous disons « pardonner », cela implique une élimination. On ne peut pardonner si l'on n'élimine pas le Moi du ressentiment, si l'on ne supprime pas le Moi de la rancoeur, si l'on ne réduit pas en poussière cosmique le Moi de la vengeance, le Moi qui veut « dire ce qu'il a sur le coeur », « demander des comptes », etc. Tant qu'on n'a pas éliminé ces Moi à travers la compréhension et avec l'aide de Kundalini Shakti, il n'est pas possible de pardonner véritablement. Et si l'on accorde son pardon sans avoir désintégré ces Moi, ce sera un pardon automatique, et un pardon automatique n'est pas un pardon.

Nous devons être sincères avec nous-mêmes si nous voulons apprendre à aimer. Tant que nous ne sommes pas sincères avec nous-mêmes, nous ne pourrons pas aimer. Aimer implique un travail, un travail rigoureux sur nous-mêmes. Comment pourrions-nous aimer une autre personne si nous ne travaillons pas sur nous-mêmes, si nous n'éliminons pas en nous les éléments de la discorde, de la vengeance, du ressentiment, de la haine, etc. ? Tant qu'il y a ces éléments infrahumains dans notre psychisme, toute capacité d'aimer se trouve annulée par le fait même.

Oui, nous devons aimer tous nos semblables, mais, je le répète, cela implique un travail. Nous ne pourrons pas aimer tant qu'il y aura en nous les éléments de la haine. Si nous voulons aimer, nous devons apprendre à être sincères, nous devons nous auto-explorer, fouiller profondément en nous-mêmes pour découvrir ces éléments qui nous rendent incapables d'aimer.

Il y a beaucoup d'amour feint dans les différentes écoles de type pseudo-ésotérique ou pseudo-occultiste. Nous, gnostiques, nous ne devons pas accepter le simili-amour, nous devons être exigeants avec nous-mêmes. Allons-nous aimer ou non nos semblables ? Soyons sincères. Il ne s'agit pas de nous laisser emporter par un sentimentalisme superficiel. Nous pourrions croire que nous aimons vraiment, alors qu'en réalité nous n'aimons pas.

Répondre

Retourner vers « Concepts et interprétations »