Méditer, C'est passer au-delà du Mental et des Sentiments

Répondre
Avatar du membre
Messages : 6362
Enregistré le : 25 septembre 2008
Sexe :
Zodiaque :
Contact :

Méditer, C'est passer au-delà du Mental et des Sentiments

Message le 2 juin 2015, 20:09

Normalement, le mental vit en agissant et en réagissant de manière permanente aux impacts du monde extérieur. Si nous le comparons à un lac dans lequel nous jetons une pierre, nous verrons que cette dernière produit beaucoup d'ondes qui vont du centre à la périphérie, c'est la réaction de l'eau face à l'impact provenant du monde extérieur.

Il se produit quelque chose d'analogue avec le mental et les sentiments. Si quelqu'un nous blesse avec des paroles dures, cet impact des paroles dures arrive au centre de l'intellect ou centre pensant et, de là, nous réagissons de façon violente. Si quelqu'un offense notre amour-propre, nous nous fâchons et nous réagissons probablement de manière brutale.

Dans toutes les circonstances de la vie, le mental et le sentiment prennent une part active et ils réagissent sans cesse. Ce qui serait intéressant, mes chers disciples, c'est de ne donner d'opportunités ni au sentiment, ni au mental. Il est urgent d'avoir un mental passif et ceci, naturellement, gêne tous les « mentalistes ». Le mental passif est contraire à tous ceux qui disent que le pouvoir se trouve dans le mental et que l'homme doit être le roi, celui qui commande et celui qui domine avec son mental puissant. Ce sont les sophismes des « mentalistes », comme de dire que celui qui apprend à manier le mental est aussi sûr de triompher que la flèche du vieil archer. En fin de compte, ce ne sont rien d'autre que des sophismes, issus des fantaisies intellectuelles, qui n'ont aucun fondement ésotérique.

La pensée négative, ceci terrorise les positivistes du mental, mais pourtant la forme négative du mental est la plus éloquente. Ne pas penser est la forme la plus élevée de la pensée.

Quand le processus de la pensée s'est épuisé, il advient quelque chose de nouveau. Ceci, il faut savoir le comprendre. Un mental qui ne projette pas, un mental passif mis au service de l'Être, est un instrument efficace, parce que le mental est fait pour être réceptif, pour servir d'instrument passif et non d'instrument actif.

Le mental en soi est féminin et tous les centres doivent fonctionner harmonieusement en accord avec la symphonie universelle de la sérénité passive. Dans ces conditions, nous ne devons permettre ni au mental, ni aux sentiments de prendre part aux diverses circonstances de notre existence.

Il y a peu de temps, je pensais que les sentiments appartenaient à l'Être, mais avec l'investigation et l'expérience, j'ai vérifié qu'ils appartiennent à l'Ego et qu'ils sont intimement reliés au centre émotionnel inférieur.

La thérapie que nous avons besoin de connaître à fond pour éviter tout déséquilibre intérieur, avec des répercussions extérieures, est de ne permettre au mental aucune sorte de réaction. Si quelqu'un nous blesse, ne pas permettre au mental de réagir. Si seulement quelqu'un pouvait blesser nos sentiments à chaque instant pour pouvoir nous entraîner beaucoup mieux ! Plus on nous insulte, mieux c'est pour notre entraînement, car nous aurons beaucoup d'opportunités pour ne permettre ni au mental, ni aux sentiments de réagir, c'est-à-dire pour qu'ils n'interviennent ni ne rentrent dans aucune circonstance de notre vie.

Il est clair que l'état passif du mental, du sentiment et de la personnalité exige une formidable activité de la Conscience. Ceci nous indique que plus la Conscience reste active, mieux c'est pour atteindre l'éveil de celle-ci, parce qu'ainsi la Conscience, en étant en activité permanente, devra inévitablement s'éveiller.

Il me vient en mémoire, en cet instant, le Bouddha Gautama Sakyamuni. Un jour, le grand Bouddha était assis au pied d'un arbre, en profonde méditation, quand quelqu'un vint pour l'insulter ; il jeta contre le Bouddha toute sa bave diffamatoire, il essaya de le blesser terriblement avec la parole. Le Bouddha continuait à méditer mais la personne continuait à le provoquer, à l'insulter, à le blesser. Longtemps après, le Bouddha ouvrit les yeux et lui demanda : « Oh ! Mon frère ! Si on t'offre un cadeau et que tu ne le prends pas, à qui appartient ce cadeau ? ». L'insulteur répondit : « Et bien, à celui qui l'offre, c'est clair ». Alors le Bouddha lui dit : « Mon frère, emporte ton cadeau, je ne puis l'accepter ». Et il continua à méditer.

Voilà une très sublime et très belle leçon. Le Bouddha ne permit pas à son mental et à ses sentiments de réagir parce que le Bouddha vivait pleinement éveillé, à l'intérieur de sa propre Conscience, et il ne donnait, à aucun moment, ni dans aucune circonstance, la moindre opportunité au mental et aux sentiments de réagir. C'est ainsi, chers disciples, que nous devons procéder.

L'école, nous l'avons partout, nous devons seulement savoir en tirer profit, savoir nous entraîner en donnant de plus grandes et de meilleures opportunités à la Conscience pour qu'elle travaille de façon continue à chaque instant, jusqu'à ce qu'elle s'éveille totalement. L'école, nous l'avons partout, nous devons seulement savoir en profiter convenablement, sagement. Nous l'avons dans notre maison, au bureau, à l'atelier, à l'usine, dans l'entreprise, dans la rue et de partout, même dans le temple, avec les compagnons d'étude, avec les enfants, avec les parents, avec l'épouse, avec les neveux, les petits-enfants, les cousins, les proches, les amis, etc.

Tout gymnase psychologique, aussi dur soit-il, aussi difficile nous paraisse-t-il, nous est indispensable. Tout le secret, c'est de ne permettre ni aux sentiments, ni au mental d'intervenir dans les aspects pratiques de notre vie.

Nous devons toujours permettre à la Conscience d'agir, de commander, de travailler, de parler, de faire et d'exécuter toutes nos activités quotidiennes. Ainsi, nous nous préparons harmonieusement à la méditation.

Pour parler, donc, du domaine pratique de la méditation, nous devons dire que ce que nous cherchons, c'est précisément passer au-delà du mental et des sentiments. Et c'est possible si, dans la vie pratique, nous nous sommes entraînés intensément et nous nous sommes préparés, à travers la vie quotidienne, pour ces fins merveilleuses. Cette question de la méditation est difficile quand, dans la vie pratique quotidienne, nous ne sommes pas passés par un entraînement rigoureux, quand nous ne nous sommes pas bien entraînés au gymnase psychologique de la cohabitation sociale et familiale de notre vie quotidienne.

...


Quand nous arrivons, en l'absence de l'Ego, à expérimenter la Vérité, nous pouvons constater un élément qui transforme radicalement. C'est un élément de très haut voltage. C'est possible, mais il faut savoir comment y arriver : en faisant travailler la Conscience pour qu'elle remplace complètement le mental et le sentiment, que ce soit elle, la Conscience, incorporée, intégrée en nous, qui fonctionne.

Nous devons avoir un mental passif, un sentiment passif, une personnalité passive, mais une Conscience totalement active. Comprendre ceci est indispensable, c'est urgent pour pouvoir être des pratiquants de la méditation.



Extrait de la conférence 175. Enseignements Fondamentaux sur la Méditation (La Science de la Méditation)

Répondre

Retourner vers « Méditation passive »