1392 le tarot de Charles VI

Répondre
Avatar du membre
Messages : 6379
Enregistré le : 25 septembre 2008
Sexe :
Zodiaque :
Contact :

1392 le tarot de Charles VI

Message le 29 avril 2015, 07:14

Le Jeu de Cartes de Charles VI, précurseur des jeux français
Puis côté Français, vient la première mention indiscutable de la fabrication d'une série de cartes à jouer avec l'entrée de Charles Poupart, argentier de la maison du Roi Charles VI de France, dans son livre de comptes pour l'année à commencer le 1er février 1392.

La commande royale s'inscrit comme suit dans le livre de l'argentier du Roi: « Donné à Jacquemin Gringonneur, peintre, pour trois jeux de cartes, à or et à diverses couleurs, ornés de plusieurs devises, pour porter devers le Seigneur Roi, pour son esbattement (plaisir), LVI (cinquante-six) sols parisis. » - Source: Registre de la chambre des comptes.

L'artiste, un miniaturiste, livra marchandise en trois volets: soit en 1390, 1392 et 1393. Ce qui dit-on apporta un grand divertissement au Roi. Le jeu, bien qu'étant encore un jeu de tarots, était doté d'une innovation de taille: car l'on y introduisit les Reines en remplacement des Cavaliers. C'est une première, en cette ère chevaleresque du début de la Renaissance, où l'amour courtois s'affiche. À ce jour, on n'en a retrouvé aucun exemplaire.

Par ailleurs, quant à ce nouveau divertissement à la Cour du Roi, une anecdote croustillante est relatée. L'on raconte que depuis l'an 1390 le Roi Charles VI, dit Charles le Bien-Aimé, souffrait d'obsessions et de crises de découragement — et parfois même d'accès de folie, possiblement affecté d'un désordre bipolaire ou d'un genre de schizophrénie atypique; il est ainsi réputé avoir régné en démence pendant plus de 30 ans... d'où son 2ième quolibet, Charles Le Fol —.

C'est alors que dame Odinette de Champdivers, sa petite reine et maîtresse attentionnée, faisait tout pour le divertir. Ainsi prêta-t-elle attentivement l'oreille lorsqu'elle entendit parler qu'un nouveau jeu — de cartes —, apporté par les Tziganes, était très à la mode à Paris. Elle chargea donc le maître cartier Jacquemin Gringonneur d'illustrer un jeu de cartes particulièrement pour le Roi; un jeu plus joli où l'on retrouverait bien entendu les personnages de la Cour tels Rois, Reines et Valets. Et ainsi sont créés les rois, reines et valets de nos jeux de cartes contemporains.

Peu de temps après la livraison du précieux jeu, celui-ci devint de plus en plus populaire et toute famille parisienne le moindrement fortunée, en posséda un. On raconte alors qu'une gitane eut vent de cette popularité, ainsi que de l'intérêt du Roi pour ce nouveau passe-temps. Elle prit donc contact avec Odinette, expliquant que le divertissement était incomplet sans l'usage du pouvoir de divination des cartes.
cartes_charles-VI-jouant-aux-cartes-avec-grand-jean.jpg
Le Roi Charles VI jouant aux cartes avec Grand-Jean (Jehan) de Troyes,
Fou de Sa Majesté Charles VI Roi de France (Bouffon, ou Fou du Roi)

Saisissant le jeu, la gitane se mit à étaler les cartes et derechef à dévoiler au Roi et à sa maîtresse des secrets qu'eux seuls étaient en mesure de connaître: relatant des faits et événements relatifs tant au passé, qu'au présent, qu'à l'avenir... et tout en soulignant l'importance de devoir garder le secret sur cet aspect des cartes.

Mais semble-t-il qu'Odinette était un peu bavarde; et bientôt toute la cour se mit à utiliser les cartes de façon divinatoire: pour mettre à jour des amours secrètes, éventer des complots politiques, ou pour ourdir quelque manigance.

Choqué, le Roi fit alors émettre un édit interdisant l'usage des cartes, tant à la Cour du Roi qu'à l'extérieur. Ce fait étant attesté dans un édit du prévôt de Paris, messire Jehan de Foleville, le 22 janvier 1397, qui constate que « plusieurs gens de métier et autre du petit peuple quittent leur ou­vrage et leurs familles pendant les jours ouvrables, pour aller jouer à la paume, à la boule, aux dez, aux cartes », et fait alors « défenses aux personnes de cette condition de jouer pendant les jours ouvrables ».

Certains personnages de l'entourage du Roi n'ont pas apprécié l'interdiction: dont l'un de ses soldats, qui fit faire un nouveau jeu qui mettait en valeur la glorieuse image de la France. La légende dit même qu'il s'agissait d'un jeu simplifié, qui aurait inspiré le jeu de piquet créé vers 1449, avec les nouvelles enseignes françaises de coeur, carreau, trèfle, pique. L'interdit fut alors levé et les cartes se remirent à circuler librement. :0)
Le Tarot dit de Charles VI de France... originerait en réalité du Nord de l'Italie

Malgré la croyance populaire, le « tarot dit de Charles VI » n'a pas été créé pour ce Roi de France, puisque Charles VI (1368-1422) était décédé lorsque ce jeu fut créé. En fait, selon la BnF (Bibliothèque nationale de France), ce jeu daterait de la fin du XVe siècle; et originerait de l'Italie du Nord, probablement de Bologne; alors que selon divers commentateurs, il aurait plutôt été créé à Ferrare. L'artiste, le cartier, est inconnu.
arcanes-0ou21-4-5-6-7-8-9-11.jpg
arcanes-12-13-14-16-18-19-20-22.jpg
Tarot dit de Charles VI : Le Fou
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/035.htm
Tarot dit de Charles VI : L'Empereur
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/036.htm
Tarot dit de Charles VI : Le Pape
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/037.htm
Tarot dit de Charles VI : L'Amoureux
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/038.htm
Tarot dit de Charles VI. Les vertus : La Tempérance
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/039.htm
Tarot dit de Charles VI. Les vertus : La Force
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/040.htm
Tarot dit de Charles VI. Les vertus : La Justice
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/041.htm
Tarot dit de Charles VI : Le Chariot
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/042.htm
Tarot dit de Charles VI : L'Ermite
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/043.htm
Tarot dit de Charles VI : Le Pendu
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/044.htm
Tarot dit de Charles VI : La Mort
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/045.htm
Tarot dit de Charles VI : La Maison-Dieu
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/046.htm
Tarot dit de Charles VI : La Lune
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/047.htm
Tarot dit de Charles VI : Le Soleil
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/048.htm
Tarot dit de Charles VI : Le Monde
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/049.htm
Tarot dit de Charles VI : Le Jugement
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/050.htm
Tarot dit de Charles VI : Le Valet d'épées
http://expositions.bnf.fr/renais/grand/051.htm

NOTE — Le Tarot dit de Charles VI — Précieusement conservées à la Bibliothèque Nationale de France, voici dix-sept cartes sur les soixante-dix-huit que contenait initialement le Tarot dit de Charles VI: créé en Italie du Nord à la fin du XVe s. par un cartier inconnu. Les autres cartes ayant disparu. Chacune des cartes, peinte à la main, est enrichie d'une fine feuille d'or décorée au poinçon; avec un motif de sarments fleuris à l'intérieur et un motif en ruban sur le bord des cartes. Elles sont de grande dimension, soit approximativement 9,5 cm sur 18,5 cm. Puisant à la fois dans le sacré et le profane, l'iconographie de ce jeu de tarots correspond à la culture médiévale et humaniste du XIVième siècle en Europe.
Source du texte : http://www.unicorne.com/abc/cartomancie ... les-vi.php

Avatar du membre
Messages : 81
Enregistré le : 13 avril 2009

Re: 1392 le tarot de Charles VI

Message le 29 avril 2015, 08:00

Merci pour cette belle histoire.
Peut-on conclure que l'origine des tarots remonte à 1390 ?
J'aurais pensé à une origine plus ancienne issue de la sorcellerie et de la magie.
Comme quoi de l'imagination non maîtrisée peut naître l'erreur. :twisted:
L'un aime bien, l'autre aime mieux...tel est "el matrimonio perfecto"

Avatar du membre
Messages : 6379
Enregistré le : 25 septembre 2008
Sexe :
Zodiaque :
Contact :

Re: 1392 le tarot de Charles VI

Message le 2 mai 2015, 13:15

Avant c'est un trou noir historique... Aucune trace de jeu de tarot complet.
Cependant, certains auteurs affirment que l'origine du tarot remonte à l'Égypte.
Et Court de Gebelin a lancé cette croyance qui s'est répandue partout.
Je concentre dans ce sous-forum les faits (cartes réellement dessinées) et non les croyances.




COURT DE GEBELIN & LE TAROT
court-de-gebelin.jpg
C’est à la fin du XVIIIème siècle, que Court de Gebelin, pasteur protestant et franc-maçon, crut découvrir dans les atouts du Tarot les images d’un livre secret venu des anciens égyptiens et que prit naissance, en France, une tradition ésotérique, aujourd’hui très largement diffusée.

Ces rêveries ne devaient pas rester lettre morte, car deux ans plus tard, un cartomancien du nom d’Etteilla proposait sa méthode de divination par le Tarot et inventait un jeu de soixante dix huit cartes, dont on trouve encore de nos jours des exemplaires dérivés du modèle "dit" égyptien dont il est le créateur.

Un autre personnage, Alphonse Louis Constant, plus connu sous le nom d’Eliphas Levi, publia en 1856 le « Dogme et Rituel de la Haute Magie » et ce livre fut le départ d’un nouveau courant d’interprétation plus franchement tournée vers l’occultisme.

Selon Eliphas Levi, le Tarot recèle un secret qu’il lui appartenait de révéler en évoquant la Kabbale, Hermès Trismégiste, l’alchimie, l’astrologie, et tutti quanti...

Ce nouveau courant de pensée atteint son apogée dans les dernières années du XIXème siècle avec les figures de Stanislas de Guaïta et Gérard d’Encausse, dit Papus, auteur du Tarot des bohémiens en 1889.

Chaque fois que les cartes sont mises sur la table, on n’échappe pas à la sentence catégorique selon laquelle le Tarot remonte à la "nuit des temps" – et on n’en doute pas – et qu’il est d’origine égyptienne (je vous fais grâce de ceux qui prétendent qu’il est d’origine atlante).

Or, tout démontre qu’il n’en est rien. Si la cabale et l’astrologie sont choses communes chez les Juifs et les Arabes, on ne trouve par ailleurs nulle trace de l’usage du Tarot ou de cartes à jouer.

Il est même presque certain qu’en Europe la divination par les cartes est assez moderne.

Peucer a publié, en 1552, un traité des diverses méthodes connues de lire dans l’avenir ; le « Commentarius de precipuis divinationum generibus », dans lequel il ne dit rien de la divination par les cartes. Le "Dictionnaire de Bichelet" de 1733 est tout aussi silencieux dans ses parties traitant de l’astrologie et autres formes de "mancies".

L’Origine Égyptienne du Tarot... selon Court de Gébelin
monde primitif.jpg
(« Le Monde Primitif », Antoine Court de Gébelin, Sorin, Paris, 1781)

Au 18ème siècle, dans le « Monde Primitif » de Court de Gébelin, au tome VIII, pages 365 et suivantes, a été émise pour la première fois, l’opinion qui assigne aux cartes une origine antique.

Court de Gébelin commence par une phrase à effet :

« Si l’on entendait annoncer, dit-il, qu’il existe encore un ouvrage des anciens Égyptiens, un de leurs livres échappé aux flammes qui dévorèrent leurs superbes bibliothèques, et qui contient leur doctrine la plus pure sur des objets intéressants, chacun serait sans doute empressé de connaître un livre aussi extraordinaire. Certainement. Eh bien, ce livre de la vieille Égypte, c’est le jeu de tarots, ce sont les cartes ».


Court de Gébelin semble être entré en contact avec le tarot lors d’une visite chez une amie, Madame Helvetius :

Ce qui attira le plus l’attention de Court de Gébelin, lors de la découverte du Tarot, ce furent les hiéroglyphes du vingt et unième feuillet qui porte pour titre le monde. Cette carte, qui n’est autre chose que la clef même de Guill.

Postel, représente la vérité nue et triomphante au milieu d’une couronne divisée en quatre parties par quatre fleurs de lotus. Aux quatre coins de la carte on voit les quatre animaux symboliques….

Ces quatre figures qu’une tradition incomprise par l’Église même donne pour attributs à nos quatre évangélistes, représentent les quatre formes élémentaires de la Kabbale, les quatre saisons, les quatre métaux et enfin les quatre lettres mystérieuses du "Tora" des juifs, de la roue d’Ézéchiel, la "Rota", et du "Taro" qui, suivant Postel, est la clef des choses cachées depuis l’origine du monde.

Il faut remarquer aussi que le mot "Taro" se compose des lettres sacrées du monogramme de Constantin, un "Rho" grec croisé par un "tau" entre l’alpha et l’oméga qui expriment le commencement et la fin, selon R. Merlin, dans son article « Origine des cartes à jouer » (in Revue archéologique, vol. 1).

« Le fait est cependant très vrai : ce "Livre Égyptien", seul reste de leurs superbes Bibliothèques existe de nos jours : il est même si commun, qu’aucun Savant n’a daigné s’en occuper ; personne avant nous n’ayant jamais soupçonné son illustre origine.

Ce Livre est composé de LXXVII feuillets ou tableaux, même de LXXVIII, divises en V classes, qui offrent chacune des objets aussi variés qu’amusants et instructifs : ce Livre est en un mot le "Jeu des Tarots", jeu inconnu, il est vrai, à Paris, mais très-connu en Italie, en Allemagne, même en Provence, et; aussi bizarre par les figures qu’offre chacune de ses cartes, que part leur multitude. »

Voici la route curieuse que Gébelin fait tenir à ce jeu pour arriver jusqu’à nous :

« Dans les premiers siècles de l’Église, dit-il, les Égyptiens étoient très-répandus à Rome ; ils y avoient porté les cérémonies et le culte d’Isis, par conséquent le jeu dont il s’agit. Ce jeu, intéressant par lui-même, fut borné à l’Italie, jusqu’à ce que les liaisons des Allemands avec les Italiens le firent connoitre de cette seconde nation, et jusqu’à ce que celles des comtes de Provence avec l’Italie, et surtout le séjour de la cour de Rome à Avignon, le naturalisèrent en Provence et à Avignon. S’il ne vint pas jusqu’à Paris, il faut l’attribuer à la bizarrerie de ses figures et au volume de ses cartes, qui n’étoient pas de nature à plaire à la vivacité des dames françaises ; aussi fut-on obligé, comme nous le verrons bientôt, de réduire excessivement ce jeu en leur faveur. »

Court-de-Gébelin monde primitif.jpg
À la suite de la dissertation de Gébelin, on trouve un mémoire plus bizarre encore, expliquant que le mot tarot signifiait Le Chemin royal de la vie, du mot tar, qui veut dire chemin, et du mot "ro", "ros", "rog", qui veut dire roi, royal.

Cette application n’a pas grande valeur, si on la met en regard de celle-ci :

« Ce livre (ce livre du destin, ce jeu sacré) paraît avoir été nommé "A-ROSH", de la lettre "A", doctrine, science, et de "ROSCH", "Mercure", qui, joint à l’article "T", signifie "tableaux de la doctrine de Mercure" ; mais comme "rosh" veut aussi dire "commencement", ce mot "ta-rosh" fut particulièrement consacré à sa cosmogonie; de même que l’Ethotia (histoire du temps) fut le titre de son astronomie, et peut-être qu’Athotes, qu’on a pris pour un roi fils de Thot, n’est que l’enfant de son génie et l’histoire des rois d’Égypte. »

(Extrait du mémoire d’un officier général, M. le comte de M…., intitulé « Recherches sur les tarots et sur la divination par les cartes des tarots », que Court de Gébelin a inséré à la suite de sa propre dissertation.)

À l’article V, intitulé : « Comparaison des attributs mythologiques des tarots avec les valeurs qu’on assigne aux cartes modernes pour la divination », le même auteur anonyme écrit :

« Nos diseurs de bonne fortune, ne sachant pas lire les hiéroglyphes, en ont soustrait tous les tableaux, et changé jusqu’aux noms de coupe, de bâton, de denier et d’épée, dont ils ne connoissoient ni l’étymologie ni l’expression ; ils ont substitué ceux de cœur, de carreau, de trèfle et de pique; mais ils ont retenu certaines tournures et plusieurs expressions consacrées par l’usage, qui laissent entrevoir l’origine de leur divination. Selon eux,

Les cœurs (les coupes), annoncent le bonheur;
Les trèfles (les deniers), la fortune;
Les piques (les épées), le malheur;
Les carreaux (les bâtons), l’indifférence et la campagne.

Le neuf de pique est une carte funeste. » Celui de cœur, la carte du soleil ; il est aisé d’y reconnoître le grand neuf, celui des coupes : de même que le petit neuf dans le neuf de trèfle, qu’ils regardent aussi comme une carte heureuse.

Les as annoncent des lettres, des nouvelles : en effet, qui est plus à même d’apporter des nouvelles que le borgne (le soleil), qui parcourt, voit et éclaire tout l’univers?

L’as de pique et le huit de cœur présagent la victoire; l’as couronné la pronostique de même, et d’autant plus heureuse qu’il est accompagné des coupes ou des signes fortunés.

Les cœurs, et plus particulièrement le dix, dévoilent les événements qui doivent arriver à la ville. La coupe, symbole du sacerdoce, semble destinée à exprimer Memphis et le séjour des pontifes.

L’as de cœur et la dame de carreau annoncent une tendresse heureuse et fidèle. L’as de coupe exprime un bonheur unique, qu’on possède seul; la dame de carreau indique une femme qui vit à la campagne, ou comme à la campagne : et dans quel lieu peut-on espérer plus de vérité et d’innocence qu’au village ?

Le neuf de trèfle et la dame de cœur marquent la jalousie. Quoique le neuf de denier soit une carte fortunée, cependant une grande passion, même heureuse, pour une dame vivant dans le grand monde, ne laisse pas toujours son amant sans inquiétudes, etc., etc. On trouveroit encore une infinité de similitudes qu’il est inutile de chercher : n’en voilà déjà que trop.»

Dès cette publication, en 1781, Court de Gébelin érudit original, n’aura de cesse de défendre ardemment sa thèse donnant au Tarot comme origine certaine l’Égypte...

En une cinquantaine de pages, il fonde et décrit le système tarologique qui sera à la base des développements modernes du Tarot occultiste.


Reste la question de l’auteur anonyme que Gébelin rapporte dans son livre...

Dummett, Depaulis et Decker l’identifient, dans leur ouvrage « L’origine du Tarot Occulte », comme étant Louis-Raphaël-de-Lucrèce Fayolle, comte de Mellet (1727-1804).

Proche de Gébelin, et de ses intérêts pour la philosophie occulte, cet homme était gouverneur du Maine et du Perche et Grand Croix de l’Ordre de Saint-Louis.

C’est au comte de Mellet que l’on doit ainsi les premières considérations sur l’usage divinatoire de ce qu’il appelle le « Livre de Thot ».

Nous ne disposons pas de plus d’information, et ne pouvons donc déterminer d’où il tirait ses thèses sur l’origine du tarot. Mais sa relation avec Court de Gébelin est sans doute suffisante, puisque les deux textes, bien que différents, mènent aux mêmes conclusions.

Boiteau lui-même, dont tout le système repose sur la supposition que les cartes sont entrées en Europe comme moyen de divination avec les Bohémiens venant de l’Inde, est obligé d’avouer que même, « sous Louis XIV, on ne voit pas que les cartes aient Joué leur rôle à la cour dans les consultations » des magiciens. Il considère le tarot comme le père et source de toutes les autres cartes, et cependant il nous raconte comment Alliette s’inspira de Court de Gébelin, et inventa, vers 1783, la méthode divinatoire par ces cartes "égyptiennes".

L’explication de Gébelin, le raccord entre les hiéroglyphes et le tarot, peut s’expliquer, selon moi, par la frénésie de l’époque pour les mystères de ces signes déjà étudiés par Athanasius Kircher et d’autres, mais toujours restés impénétrables. Nombreux sont ceux qui ont tenté d’y voir – avant même un langage – une forme symbolique et mystique renfermant les connaissances de civilisations élevées et "sages".

Ainsi, Gébelin, déjà plongé dans l’hébreu et les écrits de la Kabbale, ne put-il rester à l’écart.

A-t-il joué au chaote syncrétique avant l’heure ? A-t-il eu une intuition géniale en percevant dans ces images, des formes archétypales communes aux hommes et transmises de manière atavique ?

Possible ou pas. Mais comme tout inventeur génial, et comme nous allons le voir, il fut pillé et la voie qu’il a tracée se termine aujourd’hui en chemin bourbeux et glissant de lettres, de chiffres et de symboles abscons censés, justement, élucider le "parler" intuitif de la divination par les cartes. La tradition ésotérique du Tarot était née.

Etteilla, pseudonyme de Jean-François Alliette :

« Le Tarot est un livre de l’Égypte ancienne dont les pages contiennent le secret d’une médecine universelle, de la création du monde et de la destinée de l’homme. Ses origines remontent à 2170 avant J.-C. quand dix-sept magiciens se réunirent en un conclave présidé par Hermès Trismégiste. Il fut ensuite incisé sur des plaques d’or placées autour du feu central du Temple de Memphis. Enfin, après diverses péripéties, il fut reproduit par de médiocres graveurs du Moyen-Age avec une quantité d’inexactitudes telle que son sens en fut dénaturé ».

C’est ce même Etteilla qui "restitua" au Tarot ce qu’il estimait être leur forme primitive. Il en remodela l’iconographie et le baptisera, à la suite du texte de Gébelin, « Livre de Thot ».


Source : http://secretsdutarot.blogspot.fr/2013/ ... tarot.html

Avatar du membre
Messages : 6379
Enregistré le : 25 septembre 2008
Sexe :
Zodiaque :
Contact :

Re: origine du tarot

Message le 3 mai 2015, 07:49

Précision de ce matin apportée sur l'origine du tarot, extraite d'une conférence du 5ème évangile.

CONFÉRENCE N°213 : DÉCLARATIONS TÉLÉVISÉES DE L'AVATAR (Interview télévisée à San Luis Potosi)

DEUXIÈME INTERVIEW
Présentateur. On a beaucoup écrit dans des revues comme « Doute », « Témoignages de l'insolite », et d'autres encore qui circulent actuellement, en donnant une grande variété d'explications et même des affirmations contradictoires concernant l'énigme du Sphinx d'Égypte. Dites-nous, docteur, en tant que connaisseur de ces sciences anthropologiques, quelle est l'énigme que renferme le Sphinx ?
Maître. Question intéressante. Le SPHINX, bien sûr, symbolise les grands mystères ésotériques de l'antiquité : les griffes du lion représentent le FEU, les ailes représentent l'AIR, la tête d'homme représente l'EAU, les pattes de taureau représentent la TERRE.
Jadis, le Sphinx était couronné d'une couronne à neuf pointes pour symboliser la Neuvième Sphère, c'est-à-dire les mystères du sexe. Au fond, le Sphinx représente les mystères mêmes du sexe.
Le Sphinx fut indéniablement ramené de l'Atlantide. On l'utilisait dans l'université d'Akaldan. Il se trouva au sud de l'Afrique, qui s'appelait autrefois Grabonci, et ultérieurement, il fut définitivement établi en Égypte.
Le COLLÈGE DU SPHINX se dédiait aux mystères ésotériques de la Nature et du Cosmos, c'est pourquoi le Collège du Sphinx est grandiose.
On raconte que Nostradamus a étudié dans le Collège du Sphinx. Tous les sages de l'antiquité ont connu ce Collège.
Le Sphinx représente les pouvoirs élémentaux de la Nature. On nous a dit, avec une grande justesse, que la contrepartie subtile ou spirituelle de ce Sphinx que nous voyons en Égypte est une Déité très spéciale qui contient en elle-même les secrets de la vie et de la mort.
Sous le Sphinx, il existe un Temple secret dans lequel se trouvent les 22 arcanes du tarot. Très rares sont ceux qui en connaissent la porte d'entrée.
Il vaut bien la peine que nous étudiions toujours les mystères du Sphinx. Il reste là, dans le désert, attendant d'être déchiffré. Au fond, le Sphinx, c'est l'homme lui-même, et ceci est, en soi, assez intéressant. Le Sphinx nous indique le sentier secret qui doit inévitablement nous conduire à la Libération finale. Il est conseillé de dévoiler le mystère du Sphinx. Mais rares sont ceux qui dévoilent ce mystère ! Celui qui arrive à découvrir tous les mystères du Sphinx devient un Sage.

Répondre

Retourner vers « Tarots ou oracles, et leur apparition au cours des âges »