Un extrait de Gurdjieff et Mouravieff

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Un extrait de Gurdjieff et Mouravieff

Message le 17 septembre 2011, 17:07

passage retrouvé sur http://archivageovdt.onediscussion.net/ ... mouravieff

« Nous pouvons alors nous représenter l'humanité entière, connue et
inconnue, comme formée de plusieurs cercles concentriques.

«Le cercle intérieur est appelé le cercle « ésotérique » ; il
comprend les gens qui ont atteint le plus haut niveau de développement
possible pour l'homme ; c'est le cercle des hommes qui possèdent
l'Individualité au sens le plus plein de ce mot, c'est-à-dire un Moi
indivisible, tous les états de conscience qui leur sont accessibles, le
contrôle entier de ces états de conscience, tout le savoir possible
pour l'homme, et une volonté libre et indépendante. De tels individus
ne peuvent agir contrairement à leur compréhension, ou avoir une
compréhension qui ne soit pas exprimée par leurs actions. De plus, il
ne peut pas y avoir de discorde entre eux, ni de différence de
compréhension. Par conséquent, leur activité est entièrement
coordonnée, et elle les conduit vers un but commun sans aucune sorte de
contrainte, parce qu'il y a, à la base, une compréhension commune et
identique.



«Le cercle suivant est appelé « mésotérique », ce qui veut dire
intermédiaire. Les hommes qui appartiennent à ce cercle possèdent
toutes les qualités des membres du cercle ésotérique, avec cette seule
restriction que leur savoir est d'un caractère plus théorique. Il
s'agit naturellement d'un savoir de nature cosmique. Ils savent et
comprennent quantité de choses qui n'ont pas encore trouvé d'expression
dans leurs actions. Ils savent plus qu'ils n'agissent. Mais leur
compréhension n'est pas moins exacte que celle des membres du cercle
ésotérique, par conséquent, elle lui est identique. Entre eux, il ne
peut y avoir de discorde, il ne peut se produire aucun malentendu. Ce
que chacun comprend, tous le comprennent, et ce que tous comprennent,
chacun le comprend. Mais, comme nous l'avons dit, comparée à celle du
cercle ésotérique, cette compréhension est plus théorique.



«Le troisième cercle est appelé « exotérique », c'est-à-dire
extérieur, parce que c'est le cercle extérieur de la partie intérieure
de l'humanité. Les hommes qui font partie de ce cercle ont, avec les
membres des cercles ésotérique et mésotérique, beaucoup de
connaissances communes, mais leur savoir cosmique est d'un caractère
plus philosophique, c'est-à-dire plus abstrait que le savoir du cercle
mésotérique. Un membre du cercle mésotérique calcule, un membre de
cercle exotérique contemple. La compréhension des membres du cercle
exotérique peut ne pas s'exprimer par des actes. Mais il ne peut y
avoir de différence de compréhension entre eux. Ce que l'un d'eux
comprend, les autres le comprennent tous. »

La compréhension est fondée sur l'objectivité. Quelques remarques au sujet de l'objectivité :

Dans ce groupe, la pensée linéaire est subjective et seule la pensée non linéaire peut être objective.

Objectif, à la manière « dont l'univers se voit lui-même. »

Notre culture a déformé le sens du terme « objectif » et lui a
attribué une signification équivalente à « matérialisme scientifique »
; mais dès que l'on comprend que ce « matérialisme scientifique » et
que le scientisme sont, dans leur ensemble, NON scientifiques, et
qu'ils s'apparentent plutôt à une nouvelle religion, subjective, alors
on comprend également que ce qu'il y a « d'objectif » dans le monde
reste hors d'atteinte de la science et de la « pensée linéaire » :


Pour illustrer le « subjectif », prenons l’histoire des hommes
aveugles et de l’éléphant – Chacun des aveugles croit que l’éléphant
est la partie qu’ils sont en train de sentir, et que c’est tout ce qui
existe. « Objectif », c’est quand ils commencent à partager leurs
observations et qu’ils arrivent à se rendre compte que l’éléphant est
plus que ce que chacun d’entre eux perçoit indépendamment. Quelqu’un
qui est capable de voir pourrait percevoir plus de ce qu’est l’éléphant
que les hommes aveugles, même si cette vision reste limitée. « Objectif
», c’est l’éléphant tel qu’il se perçoit lui-même, ajouté aux
observations des aveugles et à ce que la personne qui voit peut
observer. Un groupe est nécessaire pour atteindre une telle
objectivité. Et une fois que chacun a partagé ses perceptions et ses
expériences, et que tout le groupe a assimilé ces informations, tous
peuvent alors aboutir à une compréhension objective de l’éléphant – ou
du moins, s’en rapprocher sensiblement.

Dans le premier tome de Gnôsis, Boris MOURAVIEFF décrit le travail ésotérique et la recherche de l’objectivité :

« [...] Nous ne pouvons pas perdre du vue la subjectivité de nos
sens ; car nous ne pouvons toucher à l'objectif que par le subjectif.
Là réside le sens profond des études ésotériques : elles permettent à
l'homme extérieur de rendre son psychisme subjectif objectivement
valable. Il y parvient par une technique analogue à celle qu'on
applique aux instruments de précision : avant de les mettre à l'œuvre,
on détermine, pour chacun entre eux, l'erreur d'index. En prenant ainsi
en considération la « subjectivité » de l'instrument, on obtient,
malgré ses défauts, des témoignages corrects. Pour observer avec
précision les phénomènes de notre monde intérieur et du monde
extérieur, il nous faut au préalable reconnaître et déterminer l'erreur
d'index de notre instrument psychique d'observation qui est l'un des
principaux agents de la Personnalité. Tout enseignement ésotérique est
orienté vers ce but. Celui-ci atteint ? avec la deuxième Naissance –
l'homme entre dans une forme nouvelle de conscience et d'existence,
entièrement différente, objective, dont l'homme extérieur ne peut se
faire qu'une représentation vague et obscure. [...]


Notre perception du temps est variable. Elle l'est de deux
manières : elle varie d'une personne à l'autre et, pour chaque
personne, selon les conditions physiques ou psychiques dans lesquelles
elle se trouve placée : l'influence de l'âge, de la santé, de l'état
émotif sont suffisamment connus. Mais à côté de ces cas généraux, il
existe des cas particuliers où la disparition du temps est complète :
par exemple, dans le sommeil sans rêves, lors de la perte momentanée de
connaissance ou en cas d'anesthésie générale. La perte de la notion du
temps est alors due à des causes physiologiques. Or, le temps peut
également disparaître à la suite d'un effort conscient, volontaire et
notamment de la concentration. En s'y appliquant avec assiduité, on
observe ce phénomène dès les premiers exercices. Et au fur et à mesure
que l'état de concentration s'accentue, on perçoit le temps de moins en
moins. Si par un effort méthodique et suivi, on parvient à tout
éliminer du champ d'observation, sauf l'objet physique ou moral sur
lequel on se concentre, et si au surplus, on arrive à maintenir son
attention ainsi fixée sur un seul point – ce qui donne naissance à la
contemplation – le temps disparaît intégralement. Inversement, plus
l'attention de l'homme est dispersée, plus le temps traîne en longueur.

Ce phénomène est objectif en soi. C'est une loi. Sa raison d'être
ainsi que le mécanisme de son fonctionnement seront expliqués plus
loin, dans la Doctrine du Présent.


Il est intéressant de signaler un autre phénomène : notre capacité
de modifier la rapidité de perception du temps. Cela se fait tous les
jours et en maintes occasions. Seulement nous n'y prêtons pas attention
parce que le phénomène se produit mécaniquement et sur une petite
échelle. Or, il peut se produire volontairement et sur une échelle
beaucoup plus longue. »

Mission: L'Evolution de l'Humanité

Ceci est également décrit par GURDJIEFF :

« La civilisation contemporaine veut des automates. Et les gens
sont certainement en train de perdre leurs habitudes acquises
d'indépendance, ils tournent de plus en plus au robot, ils ne sont plus
que des rouages de leurs machines. Il est impossible de dire comment
tout cela finira ni comment en sortir – ni même s'il peut y avoir une
fin et une issue. Une seule chose est certaine, c'est que l'esclavage
de l'homme ne fait que s'accroître. Il n'a plus besoin de chaînes : il
commence à aimer son esclavage, à en être fier. Et rien de plus
terrible ne saurait arriver à l'homme.

« Tout ce que j'ai dit jusqu'à présent se rapportait à l'humanité
considérée dans son ensemble. Mais, comme je l'ai déjà signalé,
l'évolution de l'humanité ne peut se faire que par l'évolution d'un
certain groupe qui, à son tour, influencera et dirigera le reste de
l'humanité.

« Pouvons-nous dire qu'un groupe de ce genre existe ? Peut-être le
pouvons-nous en nous basant sur certains signes, mais dans tous les
cas, il nous faut reconnaître que c'est un très petit groupe, tout à
fait insuffisant pour s'imposer au reste de l'humanité. Ou bien, en
regardant les choses d'un autre point de vue, nous pouvons dire que
l'humanité est dans un état tel qu'elle est incapable d'accepter la
direction d'un groupe conscient. »

Combien peut-il y avoir de gens dans ce groupe conscient ? demanda quelqu'un.

Eux seuls le savent, répondit G.

Cela veut-il dire qu'ils se connaissent tous ? demanda la même personne.

Comment pourrait-il en être autrement ? Représentez-vous deux ou
trois hommes éveillés parmi une multitude d'endormis. Ils se
connaîtront certainement. Mais ceux que sont endormis ne peuvent pas
les connaître. Combien sont-ils ? Nous ne le savons pas et nous ne
pouvons pas le savoir avant de nous être éveillés ; nous avons déjà
expliqué qu'un homme ne peut rien voir au-dessus de son propre niveau
d'être. Certes, deux cents hommes conscients, s'ils existaient et s'ils
trouvaient cette intervention nécessaire et légitime, pourraient
changer toute la vie sur la terre. Mais ils ne le veulent pas, ou bien
les temps ne sont pas encore venus, à moins que les autres ne dorment
trop profondément. »

En d'autres termes, il suggère que 200 êtres complètement conscients, qui...

... ont atteint le plus haut développement possible à l'homme ;
c'est le cercle des hommes qui possèdent l'Individualité au sens le
plus plein de ce mot, c'est-à-dire un Moi indivisible, tous les états
de conscience qui leur sont accessibles, le contrôle entier de ces
états de conscience, tout le savoir possible à l'homme, et une volonté
libre et indépendante. De tels individus ne peuvent pas agir
contrairement à leur compréhension, ou avoir une compréhension qui
leurs actions n'expriment pas. De plus, il ne peut pas y avoir de
discordes entre eux, pas de différence de compréhension. Par
conséquent, leur activité est entièrement coordonnée, et les conduit
vers un but commun sans aucune sorte de contrainte, parce qu'il y a, à
la base, une compréhension commune et identique...

... pourraient changer le cours de notre monde.

Un but corollaire est la collecte et la capitalisation de la connaissance. Une fois de plus, voici ce que dit GURDJIEFF à propos de ce sujet :

« Il y a, dans la vie de l'humanité, des périodes qui coïncident
généralement avec le commencement du déclin des civilisations, où les
masses perdent irrémédiablement la raison, et se mettent à détruire
tout ce que des siècles et des millénaires de culture avaient créé. De
telles périodes démentielles, concordant souvent avec des cataclysmes
géologiques, des perturbations climatiques, et autres phénomènes de
caractère planétaire, libérent une très grande quantité de cette
matière de la connaissance. Ce qui nécessite un travail de
récupération, faute de quoi elle serait perdue. Ainsi, le travail de
recueillir la matière éparse de la connaissance coïncide fréquemment
avec le déclin et la ruin des civilisations.

« Cet aspect de la question est clair. Les masses ne se soucient
pas de la connaissance, elles n'en veulent pas, et leurs chefs
politiques – c'est leur intérêt – ne travaillent qu'à renforcer leur
aversion, leur peur de tout ce qui est nouveau et inconnu. L'état de
l'esclavage de l'humanité à pour fondement cette peur. Il est même
difficile d'en imaginer toute l'horreur. Mais les gens ne comprennent
pas la valeur de ce qu'ils perdent ainsi. Et pour saisir la cause d'un
tel état, il suffit d'observer comment vivre les gens, ce qui constitue
leurs raisons de vivre, l'objet de leurs passions ou de leurs
aspirations, à quoi ils pensent, de quoi ils parlent, ce qu'ils servent
et ce qu'ils adorent. »

La Méthodologie

Optimiser la création et le partage de la connaissance objective en
offrant le cadre / les ressources / la modération et « la guidance du
grand frère. »

Comme dit Gurdjieff:

« Sur la quatrième voie, il n'y a pas qu'un maître. Quiconque est
plus ancien est le maître. Et tout autant que le maître est
indispensable à l'élève, l'élève est indispensable au maître. L'élève
ne peut pas progresser sans maître et le maître ne peut pas progresser
sans un élève, ou des élèves. Et ce n'est pas là une considération
générale, mais une règle indispensable et tout à fait concrète sur
laquelle se base la loi de toute ascension humaine. Comme il a été dit
précédemment, personne ne peut s'élever à un degré supérieur de
l'escalier avant d'avoir mis quelqu'un à sa propre place. Ce qu'un
homme a acquis, il doit immédiatement le redonner ; alors seulement il
peut acquérir davantage. Autrement il lui sera enlevé même ce qui lui
avait été donné. »

http://www.signs-of-the-times.org/signs ... n=register

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