Pistis-Sophia traductions successives et perte de qualité, de sens

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Hors ligne PetitHommeLibre
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Un extrait de la définition du gnosticisme dans l'encyclopédie Universalis, relatif au voyage céleste (ou astral) que maîtrisaient les gnostiques et la notion de Passion, désordre, syzygies, Chute (expliquent en fait le déséquilibre des 3 Guns dans l'Absolu provoqué par le Désir de créer) et l'importance de Platon dans la formalisation de la doctrine gnostique (Timée).

Le thème du « voyage céleste » n'est pas non plus une caractéristique exclusive du gnosticisme. Les ouvrages gnostiques abondent évidemment en descriptions des mondes ou demeures célestes par lesquels l'âme doit passer pour retourner dans le monde du Père. Aux frontières se tiennent des anges douaniers qui contrôlent son passage. Le gnostique doit connaître les mots de passe et les symboles, les signes de reconnaissance qui lui permettront de franchir ces barrières. Il existe même une barrière de feu, l'épée de feu dont parle la Genèse, que les âmes ne peuvent franchir qu'après une longue purification. Tous ces thèmes, chers au gnosticisme, sont aussi familiers à beaucoup d'écrivains ecclésiastiques opposés au gnosticisme, comme Clément, Origène ou Tertullien. Notamment, ces derniers pensent que les martyrs sont seuls capables de franchir immédiatement et sans purification la barrière de feu. Ces thèmes, finalement, remontent au judaïsme, tout spécialement à la littérature apocalyptique.

L'âme, dans ce voyage céleste, remonte vers l'origine d'où elle était descendue en ce bas monde. L'ascension suppose une descente : l'âme, consubstantielle au monde divin, est tombée ici-bas. Peut-on dire que cette représentation soit propre au gnosticisme et que celui-ci serait caractérisé par l'idée d'une dégradation du divin ? Il s'agit certes d'un thème commun à tous les systèmes du gnosticisme. Du Dieu transcendant, inconnu, indicible, émane un monde divin ou Plérôme, constitué d'un certain nombre d'entités (généralement appelées « éons », c'est-à-dire « mondes » ou « périodes ») hiérarchisées et groupées en couples (syzygies) comprenant une puissance masculine et une puissance féminine. Cette représentation mythique ne doit pas être comprise grossièrement : elle sert à désigner un processus analogue à la génération du Logos par la Pensée divine dans la théologie chrétienne orthodoxe. Ce Plérôme est complet en lui-même et fermé par la Limite (Horos). Le dernier éon, en général de nature féminine, appelé Sophia par les Valentiniens, Barbelo ou Mère des vivants par d'autres gnostiques, est envahi par la « passion », c'est-à-dire qu'il est victime d'un désir désordonné. Selon les Valentiniens, la Sophia a voulu voir l'infinité du Père transcendant, alors qu'elle en est incapable. Ce désordre l'entraîne hors du Plérôme, elle devient la Sophia Achamoth, la Mère du Démiurge, du Créateur du monde sensible.

À s'en tenir aux grandes lignes, au schème général de ce mythe, on a donc tout d'abord une opposition d'un monde intelligible et d'un monde sensible, et ensuite une explication de l'apparition du monde sensible qui suppose que la dernière puissance du monde intelligible, pour une raison quelconque, s'incline vers le bas et produit, directement ou indirectement, le monde sensible. Ce schème de la dégradation du divin n'est pas propre au gnosticisme. Il correspond à la structure de toutes les doctrines platoniciennes au IIe et au IIIe siècle. Il apparaît chez Numénius et chez Plotin. Chez ce dernier, par exemple, le monde divin comprend l'Un, le Monde des Idées, ou Intellect, et l'Âme. Celle-ci est donc de nature divine et demeure toujours dans le monde intelligible. Pourtant, à partir d'elle, naissent des âmes individuelles qui normalement devraient demeurer elles aussi dans le monde divin, mais elles se laissent entraîner par la passion : désireuses de rejoindre leur image dans le miroir de Dionysos (Enn., IV, III, 12, 2), prises de souci pour une portion de l'univers, elles sortent du monde purement spirituel, inclinent vers la matière, font ainsi naître les corps.

L'opposition entre un Dieu transcendant, principe du monde intelligible, et un Dieu créateur, démiurge inférieur qui évite au premier le contact avec la matière impure, n'est pas non plus caractéristique du gnosticisme. Bien que le personnage du Démiurge, opposé au Dieu transcendant, soit à peu près commun à tous les systèmes gnostiques, il s'agit finalement d'une notion élaborée à propos de l'exégèse du Timée de Platon et commune à tous les systèmes platoniciens. La caractéristique du gnosticisme, on le verra plus en détail, est de concevoir ce Démiurge comme mauvais et de l'identifier au Dieu de l'Ancien Testament.

De l'opposition entre le monde sensible, œuvre du Démiurge, et le monde intelligible, émanation du Dieu transcendant, les philosophes grecs tirent une conséquence apparemment identique à celle du gnosticisme ; le véritable moi de l'homme n'est pas de ce monde ; sa présence ici-bas est la conséquence d'une chute ; il doit redécouvrir sa véritable origine, retourner, par la contemplation, dans le monde divin qui est sa vraie patrie.

Ainsi, ni l'idée de gnose, ni l'idée de révélation de secrets célestes, ni celle de voyage céleste, ni celle de la dégradation du divin, ni celle de Démiurge, ni celle de l'origine transcendante du moi ne sont caractéristiques du gnosticisme.
Modifié en dernier par PetitHommeLibre le 3 mars 2021, 07:10, modifié 2 fois.
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