Revue Théosophique Française Le Lotus Bleu (1899) - Helena Petrovna Blavatsky

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Revue Théosophique Française Le Lotus Bleu (1899) - Helena Petrovna Blavatsky

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Exemple d'article que l'on peut trouver dans la revue.


27 FÉVRIER 1900
DIXIÈME ANNÉE NUMÉRO 12

REVUE THÉOSOPHIQUE FRANÇAISE

LE DEVOIR

Le devoir suprême de l'homme est de rendre service à ses compagnons d'existence; c'est là l'universelle loi de la vie, loi à laquelle personne ne peut échapper mais qu'on accomplit aveuglément en marchant dans les épaisses ténèbres de l'Ignorance ou qu'on accomplit consciemment lorsqu'on a illuminé son âme en y faisant pénétrer les rayons du savoir.
Le service rendu à nos compagnons d'existence est le but de la vie; par lui seulement la vie est vécue complètement ; et le but est d'autant mieux et d'autant plus rapidement atteint que c'est en pleine conscience qu'on y marche.
Nous devons rendre service à l'Homme, c'est la loi suprême de chaque existence passagère qui n'est qu'un fragment de la vie de l'Homme qui ne meurt pas, qui vivait dans le passé et qui vivra dans l'avenir comme il vit dans le présent.
La philosophie est grande, car c'est elle qui façonne les facultés intellectuelles de l'homme ; la science est grande, car c'est elle qui fait pénétrer dans le monde la lumière de la connaissance ; mais la religion est plus grande encore, parce que c'est elle qui fait connaître son devoir à l'homme, et c'est elle qui lui donne la force nécessaire pour l'accomplir ; et grande par dessus tout est la connaissance de l'âme humaine, qui nous apprend que le service rendu à nos compagnons d'existence est le vrai sentier du progrès et qui nous montre dans les travaux les plus modestes les degrés de l'échelle pouvant faire monter l'homme jusqu'à la perfection.
D'après la Théosophie comme d'après tous les renseignements occultes, la vie de l'Homme se déroule sur plusieurs plans, le physique, le mental et le spirituel.
Examinons de quelle façon l'homme peut accomplir son devoir sur le plan physique.

Cet accomplissement exige tout d'abord ce que Bouddha nommait le bien vivre, c'est-à-dire un métier donnant le moyen de gagner légitimement, honnêtement sa vie.
Nous ne devons pas vivre aux dépens des autres ; nous n'avons pas le droit d'exiger des autres qu'ils nous fournissent des moyens d'existence ; nous n'avons pas le droit de poser la main sur le produit du travail des autres pour en user à notre profit en ne leur laissant pour vivre que la partie de ces produits qu'il nous convient de leur laisser.
Le bien vivre implique l'existence par des moyens honnêtes, et nos moyens d'existence ne peuvent être honnêtes qu'à la condition que nous donnions aux autres autant que nous recevons d'eux ; et ce faisant nous n'accomplissons pas totalement notre devoir qui est de rendre aux autres plus que nous n'en recevons, afin que le progrès soit possible ; le devoir nous enseigne que la valeur de notre travail n'est pas dans la puissance que nous avons de pressurer les autres pour notre bénéfice personnel, mais dans la puissance que nous possédons de rendre service à nos compagnons d'existence.
Plus notre intelligence est forte, plus nos facultés sont étendues, plus impérieux pour nous est le commandement du devoir qui nous ordonne de venir en aide à nos frères ; plus notre position est élevée, plus nous sommes favorisés de richesses, plus nous sommes tenus à employer ces richesses au soulagement des besoins de l'humanité.

Le bien vivre a pour base la Justice ; la vie est embellie par l'amour ; si le rapport doit être établi entre ce que nous donnons et ce que nous recevons, que le plateau de la balance où sont posés nos dons soit toujours plus lourd que l'autre ; cherchons toujours à donner à nos frères en humanité plus que nous ne recevons d'eux, car c'est ainsi seulement que le progrès peut s'accomplir.
Gagner honnêtement sa vie n'est pas suffisant pour accomplir tout son devoir sur le plan physique ; le bien vivre comprend encore autre chose ; pour le réaliser, il est indispensable de tenir compte de tous nos rapports d'ordre physique avec nos compagnons d'existence. Par exemple les corps de tous les hommes ont entre eux une solidarité qu'on ne soupçonne pas de prime abord ; ces corps échangent constamment entre eux leurs molécules constituantes. Les petites particules de matière vivante qui construisent votre corps aujourd'hui serviront demain à, construire le corps d'un autre, et dans son corps elles joueront demain un rôle dont le caractère dépendra du rôle que vous leur aurez fait jouer dans votre corps aujourd'hui.
Quel usage faites-vous de votre corps ? Vous pensez probablement : " Mon corps est à moi ; j'en fais ce que je veux ; on use de sa propriété comme on l'entend. " Ce serait fort bien pensé si l'homme individuel avait quelque chose qui lui appartint en propre ; mais en réalité rien n'est la propriété exclusive de l'individu, tout appartient à l'Humanité et les molécules constituantes de l'Humanité que sont les individus n'ont pas de droits qui puissent prévaloir contre le droit du Tout humain.

A l'égard de l'Humanité, chacun est donc responsable de l'usage qu'il fait de son corps ; il lui doit compte de cet usage. Si, par exemple, pendant que les particules vivantes qui sont la propriété de l'Humanité séjournent dans notre corps nous les empoisonnons avec de l'alcool, qu'arrive-t-il ? C'est que nous dégradons ces particules de matière vivante, c'est que nous les rendons plus grossières qu'elles n'étaient au moment où nous les avons reçues, c'est que nous imprimons en elles des affinités pour une vie plus matérielle, plus basse, plus animale et qu'ensuite nous les rendons à la communauté avec cette dégradation, et qu'ainsi dégradées elles s'en vont dans des corps d'hommes, de femmes, d'enfants, où elles introduisent des tendances à l'avilissement, des germes de vice, des semence d'ivrognerie, de gloutonnerie, de débauche qui pourront s'y développer. En agissant ainsi nous sommes des corrupteurs de nos semblables, et nous n'avons pas le droit d'être des corrupteurs.
Il n'y a pas de raisons valables qui puissent nous innocenter d'un pareil crime.
Il y a des ivrognes dans nos sociétés ; il n'y en a que trop. Ils sont responsables de leur mauvaise conduite qui est un crime de lèse-humanité. Mais en sont-ils bien seuls responsables? Est-ce que tous les membres de la société dans laquelle se trouvent des ivrognes n'ont point leur part de responsabilité dans l'existence de ce vice ? Est-ce que les ivrognes sont autre chose des foyers dans lesquels se concentrent les particules vivantes empoisonnées par l'alcool qui émanent du corps des autres membres de cette société qui, sans descendre eux-mêmes jusqu'à l'ivrognerie, empoisonnent cependant chaque jour une partie des molécules constituantes de leur corps ? Oui, chaque molécule vivante que vous rendez au réservoir commun, dégradée par l'alcool, est une puissance qui sert au développement de l'ivrognerie ; elle aide à plonger plus avant dans leur vice ceux qui en sont les victimes ; c'est se rendre coupable de la dégradation de ses frères que de leur fournir des particules vivantes saturées de tendances vicieuses au lieu de leur fournir de la substance pure.
Voilà un aspect de ce qu'est notre devoir envers les hommes sur le plan physique.

Et un autre aspect de ce devoir qui incombe particulièrement aux riches de tous les pays, c'est l'obligation de donner l'exemple aux classes qui sont moins favorisées du sort, c'est de simplifier la vie physique, c'est de diminuer l'importance des besoins physiques, c'est de penser moins aux jouissances du luxe et davantage aux côtés supérieurs de la vie, c'est de faire dépenser moins de travail pour la satisfaction des besoins artificiels du corps et de donner aux hommes condamnés par le sort au labeur matériel plus de temps pour développer leur âme et pour se rendre capables d'alléger le fardeau de misère qui pèse sur leurs épaules.
C'est à vous, riches, favorisés du sort, de donner le bon exemple parce qu'il est au pouvoir de votre volonté de le donner.
Est-ce aux pauvres que nous irons porter cet enseignement? Si vrai qu'il soit, que voulez-vous qu'ils en fassent en admettant qu'ils le puissent comprendre ? Est-ce à eux dont l'attention est constamment rivée à leur corps par les souffrances qui le meurtrissent de tourner la vie humaine vers ces aspects supérieurs ?
Non, c'est à vous, riches, qu'il appartient de donner l'exemple d'une vie simple, occupée à penser sur les hautes questions de la destinée humaine en remplacement de la vie grossière et matérielle dont toutes les énergies sont dirigées vers le luxe et la luxure.
Pouvez-vous blâmer les pauvres de diriger constamment leur pensée vers les plaisirs de la terre, de désirer si passionnément les jouissances matérielles ?
Est-ce à eux qu'il faut vous en prendre si, dans les pays civilisés, le mécontentement grandit chaque jour comme un fleuve qui va déborder et si les airs sont remplis de menaces grondantes ?
Non ; c'est à vous, favorisés du sort, qu'incombe la responsabilité de cet état de choses parce que c'est vous qui, par votre vie comblée de jouissances matérielles, avez construit l'idéal vers lequel tendent leurs désirs affamés, parce que c'est vous qui leur avez enseigné par votre conduite que l'unique but de la vie humaine est le plaisir des sens, la jouissance à chacun des moments que nous avons à passer sur la terre.
Votre devoir à vous sur le plan physique, votre façon d'accomplir l'obligation que vous avez de servir l'humanité sur ce plan, c'est de donner aux déshérités du sort l'exemple d'une vie moins occupée à fournir des satisfactions aux besoins naturels et aux appétits artificiels du corps qu'à en procurer aux besoins supérieurs de l'âme. Qu'ils apprennent de vous, en vous voyant vivre, que l'âme aussi a besoin de nourriture et qu'en rendant la vie physique plus simple et plus noble on libère des énergies qui peuvent être employées au développement de ce qui dans l'homme est permanent.

Mais ce n'est pas seulement sur le plan physique que nous sommes tenus de servir l'humanité ; sur le plan mental nous pouvons lui rendre des services encore plus efficaces.
Parmi vous peut-être s'en trouvera-t-il qui diront : " Quant à moi, je ne puis rendre aucun service aux hommes sur le plan mental ; c'est l'affaire des grands penseurs qui peuvent écrire des livres révolutionnant le monde de l'intelligence ; c'est l'affaire des grands orateurs qui peuvent émouvoir et instruire des milliers d'auditeurs à la fois, tandis que c'est à peine si je puis communiquer des idées à quelques individus. "
Ce n'est pas ainsi qu'il faut voir les choses.
Le grand penseur, qu'il soit orateur ou écrivain, ne diffère pas autant de vous qu'il peut vous le sembler. La distance qui vous sépare de lui n'est pas aussi grande que vous l'imaginez. Il est bien vrai que le travail qu'il accomplit est grand ; mais peut-être ne vous êtes-vous jamais demandé en quoi consiste la puissance de l'orateur, d'où vient la force avec laquelle il peut émouvoir toute une foule.
Cette force ne réside pas tout entière en lui-même ; elle ne lui est pas entièrement personnelle ; ce qui lui appartient en propre c'est l'aptitude seulement à évoquer, à faire entrer en manifestation la force qui dormait dans la tête et dans le cœur des hommes et des femmes qui l'écoutent ; ce sont leurs propres pensées qu'ils ne sont pas capable de dire eux-mêmes, qu'ils écoutent dans la parole de l'orateur ; en admirant le discours qui les émeut, ils admirent les pensées qui sont dans leur cœur ; ce sont eux-mêmes qui donnent à l'orateur la force par laquelle il les séduit, les charme, les enchante ; c'est parce que leur cœur parle avec sa voix que leur cœur tremble et frémit dans leur poitrine en écoutant sa parole.
Et ce n'est pas là tout.

Chacun de vous pense journellement ; chacun de vous a des idées qu'il déverse dans l'atmosphère mentale du monde. Par vos pensées vous préparez ce qui existera demain, vous conservez ou vous renversez ce qui existe aujourd'hui. Au moment où vous pensez, de la force s'éveille dans votre cerveau, et cette force est capable de faire du bien ou du mal ; elle passe dans le monde de l'intelligence où elle dure plus ou moins longtemps suivant l'intensité que vous lui avez donnée. Il n'y a pas de femme au monde, si faible qu'elle soit, il n'y a pas d'homme, si humble que soit sa condition, qui ne possède en son âme une des forces créatrices du monde. Aussitôt formulées en nous, nos pensées s'en vont dans le domaine de l'intelligence et là influencent la faculté de produire des idées et la vie des autres hommes. En chargeant nos pensées de sentiments d'amour et de bienveillance, nous augmentons la provision d'amour qui doit couler dans le monde et dans la vie des hommes ; nous contribuons tous à former l'opinion publique, laquelle a plus d'influence qu'on ne soupçonne sur la forme que prennent les idées des hommes. Par là nous sommes tous responsables des idées des autres. Le pouvoir de la pensée fait de l'homme un dieu créateur dans notre monde c'est par ce pouvoir que nous bâtissons l'avenir, c'est par lui que la race humaine peut franchir les gradins qui la rapprochent de plus en plus de la Divinité.


Annie Besant.
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La liberté et l’ordre sagement combinés constituent la base de l’Éducation Fondamentale."

Samaël Aun Weor

Hors ligne tmecap
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Scorlion, excuse-moi d'intervenir et de te demander d'être plus vigilant.

La société théosophique est très intéressante, et relève d'une pensée assez exceptionnel, mais elle n'a pas actuellement pour but d'aider l'humanité.

(Ca fait plus de 100 ans qu'ils ont le pouvoir, et les clefs, et pourtant l'humanité dégénère encore. Ca veut juste dire qu'elle n'est pas dans son cycle.)



Elle part de l'ains soph, notion que nous ne comprenons pas.



Il faut allier la sagesse avec le savoir, c'est sur, mais les maitres de la théosophie n'ont pas pu le faire avec les maitres de la gnose. Il n'y a donc aucune chance que nous y parvenons comme ça.



Tu ne vas t'attirer que les foudres en agissant de la sorte.



De plus Annie Besant, par qui je suis entré dans la théosophie, en tombant sur un de ses livres, et donc atterri ici, n'est pas du tout en vogue dans le mouvement actuel. Je ne sais pas pourquoi ni qu'est ce qui c'est passé, et je m'en fiche aussi. (même si j’ai une idée, mais je ne peux pas la prouver) :razz:

Je te dis juste de faire attention, car je sens que c'est un sentier dangereux. :wink:

Après je peux te démonter le texte si tu veux, mais ça demande beaucoup de raisonnements... Et je ne suis pas trop sur cette ogive en ce moment... :mrgreen:

Hors ligne Paul
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Bonjour Antoine,

Nous pouvons poser des questions, donner un avis si on le souhaite en exposant des faits concrets, mais ne pas tirer de conclusion si directe et si subjective.

Car cela peut entraîner calomnie, mensonge, orgueil etc...

Si tu veux plus d'explications, n'hésite pas.

Hors ligne Scorlion
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Ce n'est pas grave : Joie mon frère Antoine.
Je précise qu'il n'est nullement mentionné de droits d'auteur ni d'interdiction concernant la publication du contenu de cette revue.
Modifié en dernier par Scorlion le 3 mai 2020, 22:08, modifié 1 fois.
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Hors ligne Scorlion
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VARIÉTÉS OCCULTES

INCIDENTS DE LA VIE DU COMTE DE SAINT-GERMAIN

AVANT-PROPOS



La personnalité du comte de Saint-Germain n'a jamais été bien connue.
Il est resté autour de son nom une légende qui fait tort à la haute valeur de cet homme extraordinaire considéré par les uns comme un habile charlatan et par d'autres comme un être mystérieux, doué de pouvoirs étranges ou d'un savoir extraordinaire.
Voltaire, dont certes le témoignage n'est pas à dédaigner, regardait le comte de Saint-Germain comme un homme possédant un savoir universel.

En réalité, le comte de Saint-Germain fut un missionnaire envoyé, par les Etres supérieurs qui dirigent l'humanité, pour essayer de modifier l'état de la société au XVIIIe siècle, et pour donner ce qui manquait à l'Ecole Encyclopédique : une base pour rénover les idées et les lois.

Mais les esprits n'étaient pas prêts à recevoir une nouvelle impulsion spirituelle. La résistance des privilégiés à opérer des réformes, la corruption de la cour et de la royauté, la misère toujours croissante du peuple, misère qui, depuis la fin du règne de Louis XIV, allait en s'accentuant, ramenant comme un glas funèbre au milieu des autres souffrances du peuple ce mot : famine, famine..., avaient eu pour résultat de tourner les cours et les intelligences vers deux courants d'intérêts directement opposés : le maintien des privilèges d'un côté, l'abolition de ces privilèges de l'autre.
Bien qu'il y ait eu, dans la Révolution française, un grand élan de sentiments généreux, il ne faut pas se dissimuler que ces sentiments n'ont pas tardé à être étouffés par la poussée impérieuse des instincts trop longtemps refoulés. Le peuple s'était laissé entraîner alors à suivre ses passions et la Révolution s'était noyée dans le sang.
Saint-Germain avait essayé en vain de peser sur les privilégiés et sur la royauté pour obtenir des concessions et des réformes qui auraient empêché l'explosion des passions populaires ; puis, ces concessions obtenues et l'état matériel de la société s'étant amélioré, cette détente physique en quelque sorte, aurait permis à certaines idées d'être répandues dans la société et d'aider parallèlement à sa réorganisation en lui donnant la base morale qui est nécessaire à tout groupement social pour avoir une vie rationnelle et harmonique.
Saint-Germain ne réussit donc pas dans son œuvre et disparut sans qu'on sût communément ce qu'il était devenu. Son action s'est-elle pour cela ralentie ? Non, car à certaines individualités particulièrement évoluées, est dévolu le rôle d'agir constamment dans l'humanité, soit directement, soit occultement, tantôt sur le plan physique, tantôt hors de ce plan. La tentative du siècle dernier ayant avorté, le comte de Saint-Germain n'en a pas moins poursuivi la réalisation de son œuvre, qu'il reprendra ostensiblement dès qu'il le jugera nécessaire, c'est-à-dire à notre époque qui, dans ses troubles et ses agitations, marque la fin d'un cycle dont la balance s'établit, et le commencement d'une nouvelle période de l'activité humaine.

Cette assertion peut sembler étrange : cependant, quoi de plus juste et de plus consolant que de penser à cette protection continuelle exercée par les grandes Ames qui ont atteint le but, afin d'aider les âmes hésitantes et encore dans l'enfance ?

Pourquoi trouver extraordinaire que des esprits très développés, ayant par conséquent une connaissance très complète des lois de la nature, puissent, à un moment donné, se manifester pleinement aux yeux des autres hommes ?

Ne traitons donc pas légèrement ces assertions qui nous montrent de hautes intelligences venant nous aider à réaliser l'avancement spirituel et moral de l'humanité, comme l'a fait et le fera encore celui qui s'est fait connaître au siècle dernier, sous le nom de comte de Saint-Germain.

Le Lotus Bleu d'avril 1898, page 71,donnait à ce sujet l'opinion du Président de la Société Théosophique et annonçait la publication prochaine de documents inédits sur le comte de Saint-Germain. Nous donnons ci-après tels qu'ils ont été mis en lumière par l'un des écrivains les plus distingués de notre société, Mme Cooper Oakley, en faisant remarquer, toutefois, que ces documents, malgré qu'ils aient été recherchés dans toute l'Europe, ne traitent, en somme que de quelques incidents de la vie du célèbre personnage.
Il n'a pas été possible de trouver davantage. En ce qui concerne la France, notamment, tous les documents qui se trouvaient avant 1870 dans les archives de l'État avaient été réunis, par ordre de l'empereur, à la préfecture de police, pour en faire un travail d'ensemble, et ils ont été consumés dans l'incendie de cet édifice, sous la Commune, en 1871.

Cette fatalité, qui fait disparaître les traces des envoyés occultes, s'est peut-être reproduite ailleurs : en tout cas, les quelques détails qui vont suivre ne laisseront pas d'intéresser nos lecteurs et c'est dans ce but que nous leur donnons.
La Direction.
Modifié en dernier par Scorlion le 3 mai 2020, 22:17, modifié 2 fois.
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I


Les extraits qui suivent proviennent de rares et précieux souvenirs de Marie-Antoinette, recueillis par la comtesse d'Adhémar qui était une intime amie de la reine et qui mourut en 1822.

Je n'ai pu trouver une seule copie de ce rare travail dans une librairie anglaise ou française. Mais il en existe heureusement une à Odessa, dans la bibliothèque de Mme Fadéef, tante de notre maître et amie, Mme Blavastky [erreur dans le texte, nom connu : Blavatsky], ce qui peut en augmenter le prix pour nous.

Un de nos membres a été assez bon pour me permettre de faire quelques extraits des quatre volumes, et je dois des remerciements à Mme Fadéef pour m'avoir dans ce but si gracieusement prêté ce manuscrit. Il semble que Mme d'Adhémar a tenu un journal suivant la mode de cette époque, et a plus tard écrit ses souvenirs d'après ce journal, en y intercalant à l'occasion une remarque explicative; ces notes s'étendent pendant une longue période de temps, c'est-à-dire de 1760 à 1821. Un fait très intéressant, quant aux dates, se trouve dans une note écrite de la main de la comtesse, attachée avec une épingle au manuscrit original et datée du 12 mai 1821.

Elle mourut en 1822. Cette note fait allusion à une prophétie du comte de Saint-Germain en 1793, dans laquelle il avertissait que le triste destin de la reine approchait, et en réponse à la question de la comtesse si celle-ci le reverrait, il répondit : cinq fois encore, mais ne désirez pas la sixième.

La comtesse écrit : "J'ai revu M. de Saint-Germain et toujours à ma surprise inénarrable : à l'assassinat de la reine ; au 18 brumaire ; le jour qui suivit la mort du duc d'Enghien ; dans le mois de janvier 1813 et le soir du meurtre du duc de Berry en 1820. J'attends la sixième visite quand Dieu le voudra".

Ces dates sont intéressantes, à cause de l'opinion généralement adoptée que Saint-Germain mourut en 1780. Quelques écrivains peu nombreux disent qu'il s'est seulement retiré du monde; ces opinions différentes seront traitées plus tard.

Mme d'Adhémar raconte ainsi, page 53, une aventure qui lui arriva avec le comte de Saint-Germain au commencement du règne de Louis XVI.
(à suivre).
Isabel Cooper-Oakley.
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VARIÉTÉS OCCULTES

INCIDENTS DE LA VIE DU COMTE DE SAINT-GERMAIN

(Suite).

J'étais seule à Paris, M. d'Adhémar étant allé faire visite à quelques-uns de se parents qu'il avait dans le Languedoc ; nous étions le dimanche à 8 heures du matin. J'ai l'habitude d'entendre la messe à midi, de sorte que j'avais peu de temps à moi pour faire ma toilette et me préparer à sortir. Aussi je me levais à la hâte et j'avais à peine revêtu ma robe de chambre du matin que Mlle Rostande, ma principale femme de chambre en qui j'avais placé toute ma confiance, vint me dire qu'un gentilhomme désirait me parler.

Faire une visite à une femme à 8 heures du matin, c'était agir contre toutes les règles adoptées. "Est-ce mon mandataire, mon homme de loi, demandai-je", car on a toujours un de ces gens à ses talons, quelque peu importante que soit la propriété que l'on possède. " Est-ce mon architecte, mon sellier, ou l'un de mes fermiers ? "

A chaque question une réponse négative.
" Mais qui est-ce alors, ma chère ? " Je traitais ma servante avec familiarité. Elle était née le même jour que moi, dans la même maison, celle de mon père, avec cette différence que j'étais venue au monde dans un bel appartement et elle dans la loge de notre portier, son père, digne Languedocien qui était retraité à notre service.

" J'ai pensé, répondit ma servante, avec tout le respect que je dois à madame la comtesse, que le diable s'est fait depuis longtemps un manteau de ce personnage. "

Je passai en revue ceux de ma connaissance qui avaient pu mériter un pareil traitement de la part de Satan et j'en trouvai tant que je ne sus sur qui faire peser mes soupçons.

- " Puisque Madame ne devine pas, je prendrai la liberté de lui dire que c'est le comte de Saint-Germain.
- " Le comte de Saint-Germain ! M'écriai-je, l'homme des miracles!
- " Lui-même. "

Ma surprise était grande de savoir qu'il était à Paris et dans ma maison. Il y avait huit ans qu'il avait quitté la France et personne ne savait ce qu'il était devenu. N'écoutant que ma curiosité je lui ordonnai de l'introduire.

- " Vous a-t-il dit de se faire annoncer sous son nom ?
- " C'est M. De Saint-Noël qu'il s'appelle maintenant, mais je le reconnaitrais entre mille. "

Elle partit et un moment après le comte apparut. Il était frais, avait bonne mine et paraissait avoir rajeuni. Il me fit le même compliment, mais on peut douter s'il était aussi sincère que le mien.

- " Vous avez perdu, lui dis-je, un ami, un protecteur dans le dernier roi.
- " Je regrette doublement cette perte, à la fois pour moi et pour la France.
- " La nation n'est pas de votre avis. Elle compte sur le nouveau règne pour son bonheur.
- " C'est une erreur, ce règne lui sera fatal.
- " Que dites-vous ? Répliquai-je, en baissant la voix et en regardant autour de moi.
- " La vérité... Une gigantesque conjuration est formée qui n'a pas encore de chef avéré, mais il apparaitra d'ici peu de temps. Le but n'est rien moins que le renversement de ce qui existe pour le rétablir sur un nouveau plan. Il y a de la mauvaise volonté de la part de la famille royale, du clergé, de la noblesse, de la magistrature. Il est cependant encore temps d'étouffer le complot, plus tard ce sera impossible.
- " Où avez-vous vu tout cela? Est-ce en rêve ou éveillé ?
- " En partie à l'aide de mes deux oreilles et en partie par le moyen des révélations. Le roi de France, je le répète, n'a pas de temps à perdre.
- " Il faut demander une audience au comte de Maurepas et lui faire connaitre vos craintes, car il peut tout, ayant entièrement la confiance du roi.
- " Il peut faire tout, je le sais, excepté de sauver la France, ou plutôt c'est lui qui hâtera sa ruine, cet homme vous perdra, Madame.
- " Vous m'en dites assez pour vous faire envoyer à la Bastille le reste de vos jours.
- " Je ne parle ainsi qu'aux amis dont je suis sûr.
- " Néanmoins, voyez M. De Maurepas ; il a de bonnes intentions, malgré son manque d'habileté.
- " Il repousserait l'évidence ; d'ailleurs il me déteste ; ne connaissez-vous pas le sot quatrain qui a causé son exil :

Belle marquise il loue vos charmes,
Vous êtes belle et très franche
Mais tout cela n'empêche pas
Que vos fleurs ne soient que des fleurs.

- " La rime est inexacte, comte.
- " Oh ! La marquise n'y fit pas grande attention, mais elle savait que M. De Maurepas
en était l'auteur et il prétendit que je lui avais enlevé le manuscrit original pour l'envoyer à la hautaine suitane. Son exil suivit la publication de ces méchants vers, et depuis cette époque il m'a compris dans ses plans de vengeance ; il ne me pardonnera jamais. Néanmoins, madame la comtesse, voici ce que je vous propose. Parlez de moi à la reine, des services que j'ai rendus au Gouvernement dans les missions qui m'ont été confiées pour les diverses cours de l'Europe. Si Sa Majesté veut m'écouter, je lui révélerai ce que je sais ; alors elle jugera s'il est bien que j'entre en présence du roi, - sans cependant l'intervention de M. de Maurepas, c'est mon sine qua non. - J'écoutais attentivement M. de Saint-Germain et je compris tous les dangers qui seraient encore suspendus sur ma tête, si j'intervenais dans une pareille affaire. D'un autre côté, je savais le comte de Saint-Germain parfaitement au courant de la politique européenne et je craignais de perdre l'occasion de servir l'État et le roi. Le comte de Saint-Germain devinant mon incertitude me dit.

- " Réfléchissez à ma proposition, je suis à Paris incognito, ne parlez de moi à personne et si demain vous voulez venir me trouver dans l'église des Jacobins de la rue Saint-Honoré, j'y attendrai votre réponse à 11 heures précises.
- " J'aimerais mieux vous voir chez moi.
- " Volontiers ; à demain, alors, Madame. "

Il partit. Je réfléchis toute la journée sur cette espèce d'apparition, et sur les menaces du comte de Saint-Germain. Quoi ! Nous étions à la veille d'une désorganisation sociale ; ce règne, qui avait commencé sous de si heureux auspices, préparait la tempête !
Après avoir longtemps médité sur ce sujet, je me décidai à présenter M. de Saint-Germain à la reine, si elle y consentait. Il fut ponctuel au rendez-vous et fut enchanté de la résolution que j'avais prise. Je lui demandai s'il allait se fixer à Paris ; il me répondit que non, ses projets ne lui permettant pas de vivre plus longtemps en France.

- " Un siècle se passera, dit-il, avant que j'y réapparaisse. "
J'éclatai de rire et il en fit autant. Cette journée-là même, je me rendis à Versailles ; je traversai les petits appartements, et, y ayant trouvé Mme de Misery, je lui demandai de faire savoir à la reine que je désirais la voir aussitôt qu'elle pourrait me recevoir. La première femme de chambre revint avec l'ordre de m'introduire. J'entrai, la reine était assise en face d'un charmant bureau en porcelaine, que le roi lui avait donné ; elle était en train d'écrire, et tournant la tête elle me dit en souriant gracieusement :
- " Qu'avez-vous besoin de moi ?
- " Une bagatelle, Madame ; j'aspire tout simplement à sauver la monarchie. "
Sa Majesté me regarda avec étonnement.
- " Expliquez-vous. "
A cet ordre, je fis mention du comte de Saint-Germain ; je dis tout ce que j'en savais, son intimité avec le feu Roi, Madame de Pompadour, le duc de Choiseul ; je parlai des services réels qu'il avait rendus à l'Etat par son habileté diplomatique ; j'ajoutai que depuis la mort de la marquise, il avait disparu de la Cour, et que personne ne connaissait l'endroit où il s'était retiré. Quand j'eus suffisamment piqué la curiosité de la Reine, je terminai en lui répétant ce que le comte m'avait dit le jour précédent, et qu'il m'avait confirmé le matin.

La reine parut réfléchir, puis elle répliqua :
- " C'est étrange ; hier j'ai reçu une lettre de mon mystérieux correspondant ; il m'a averti qu'une importante communication me serait faite, et que je devais la prendre en sérieuse considération sous peine des plus grands malheurs ; la coïncidence de ces deux choses est remarquable, à moins toutefois qu'elle ne vienne de la même source ; qu'en pensez-vous ?
- " Je ne sais qu'en dire, la reine a reçu ses communications mystérieuses pendant plusieurs années ; et le comte de Saint-Germain n'a réapparu qu'hier.
- " Peut-être agit-il de cette façon pour se mieux cacher ?
- " Cela est possible ; néanmoins, quelque chose me dit qu'on doit avoir foi dans ses paroles.
- " Après tout, on n'est pas triste de le voir, ne fut-ce qu'en passant. Je vous autorise alors à me l'amener demain à Versailles, habillé dans votre livrée ; il restera dans vos appartements et aussitôt qu'il me sera possible de l'admettre je vous appellerai ; je ne veux l'écouter qu'en votre présence, c'est aussi mon sine qua non. "
Je m'agenouillai profondément et la reine me renvoya chez moi avec le signal habituel. Je dois avouer cependant que ma confiance dans le comte de Saint-Germain était diminuée par la coïncidence existant ente son arrivée à Paris et l'avis reçu la veille par Marie-Antoinette. Je m'imaginai voir en cela un plan régulier de tricherie et je me demandais si je devais lui en parler ; mais, tout considéré, je résolus d'être silencieuse, persuadée qu'il était préparé d'avance à répondre à cette question.
(A suivre).
Isabelle Cooper Oakley.
Modifié en dernier par Scorlion le 11 mai 2020, 23:09, modifié 6 fois.
"L’ordre sans liberté est tyrannie. La liberté sans ordre est anarchie.
La liberté et l’ordre sagement combinés constituent la base de l’Éducation Fondamentale."

Samaël Aun Weor

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