Etude de la personnalité

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Message le 28 août 2019, 19:09

Je souhaite engager une étude de la personnalité englobant de nombreux aspects que l'on ne trouve pas dans l'enseignement gnostique.

Le VM disait en 1977 (Les réponses d'un Lama)

R. - Il y a peu de temps encore, je défendais la personnalité, mais maintenant que j’ai dissous l’Ego, que je l’ai réduit en cendres, je me rends compte que la personnalité constitue un élément gênant, un écran, un obstacle, entre l’Etre et nous. Actuellement, donc, je suis à mettre en pièces la personnalité elle-même, parce que je sais que la présence de l’Etre peut parfaitement suppléer à cet instrument. La présence de l’Etre est une chose suffisamment puissante pour que la personnalité soit tout à fait superflue. La personnalité est le véhicule du Karma et il y a en elle beaucoup de choses qui nous lient au Karma. Il est bon de savoir que la personnalité est multiple et pernicieuse, qu’elle n’est pas individuelle. Gurdjieff et d’autres savants ésotéristes rendent un culte à la personnalité, parce qu’ils la considèrent nécessaire, mais j’affirme catégoriquement qu’elle ne l’est pas et qu’il faut donc la dissoudre.

Et dans la Pistis Sophia, chapitre 39 :
La personnalité n'est jamais homogène. La personnalité a une foule d'aspects hétérogènes, subjectifs. Elle est multiple.

Les textes qui suivront ne sont pas extraits de wikipédia qui cherche à imposer la pensée unique ou la censure de la bien-pensance.

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Message le 28 août 2019, 19:17

L'étude de la personnalité se réfère à une grande diversité d'approches et de méthodes. Si le courant de recherche sur la personnalité doit beaucoup à la psychométrie et à la psychologie dynamique, qui ont inspiré ses premiers développements, elle concerne aujourd'hui des disciplines aussi variées que la psychanalyse, la sociologie, l'anthropologie, la biologie, la criminologie, la philosophie et toutes les sous-disciplines de la psychologie.

La plupart des spécialistes du domaine s'accordent sur le fait que l'évaluation de la personnalité est une démarche complexe, qui atteint un niveau de cohérence satisfaisant à condition d'accepter un certain nombre de compromis, ayant pour conséquence l'élaboration d'une vision partielle du fonctionnement de la personnalité.

On peut ainsi mettre l'accent sur le dire ou sur le faire, analyser des processus conscients ou inconscients, évaluer des structures stables ou instables, mais il n'est guère concevable de prendre en compte en même temps tous les paramètres de la personnalité. Il convient donc, lorsqu'on s'intéresse à la psychologie de la personnalité, de partager l'humilité d'Héraclite qui écrivait dans ses fragments : « tu ne trouverais pas les limites de l'âme, même en parcourant toutes ses routes, tant elle tient un discours profond ».

LES DIFFÉRENTES APPROCHES DE LA PERSONNALITÉ

1. Les approches "considérées" pseudo-scientifiques

Certaines croyances populaires accréditent des pratiques d'évaluation de la personnalité contestées par la communauté scientifique. Ces pratiques, très répandues dans certains milieux, sont qualifiées de pseudo-scientifiques dans la mesure où elles reposent sur un discours scientiste, mais sans appliquer pour autant les principes de base de la démarche scientifique (expérimentation, administration de la preuve). Les hypothèses inhérentes à ces modèles, lorsqu'elles donnent lieu à des études scientifiques, sont presque systématiquement erronées et leurs observations, construites sans réel fondement, sont presque toujours biaisées.

La phrénologie, développée par Franz Gall (1758-1828) et aujourd'hui disparue, illustre bien la démarche pseudo-scientifique. Gall fait l'hypothèse d'une organisation anatomiste de la personnalité, en préconisant qu'à des zones géographiques du cerveau sont associées des compétences ou des qualités personnologiques : on peut ainsi détecter la zone du « talent artistique », celle du « courage » ou encore celle de « l'amabilité ». Ainsi « avoir la bosse des maths » est une croyance populaire, dérivée directement de la conception de Gall. Les avancées de la neurologie et de la neuropsychologie au XXe siècle ont eu pour conséquence de réfuter les hypothèses émises par Gall. Si certaines zones du cerveau peuvent effectivement se caractériser par une spécialisation fonctionnelle (le langage, la motricité par exemple), les dimensions individuelles de la conduite ne sont en aucun cas isomorphes à la morphologie du système nerveux central. La phrénologie ne fait donc qu'illustrer l'imaginaire populaire. Des tentatives plus récentes de mise en relation entre apparence physique et personnalité ont porté sur la forme de l'iris (Larsson, Pedersen & Stattin, 2007). Les types d'iris, analysés sur la base d'un ensemble de paramètres, sont liés modérément à des facteurs de personnalité, en particulier l'ouverture à l'expérience. Néanmoins, ces corrélations semblent insuffisantes pour considérer ces indicateurs comme des équivalences strictes.

L'astrologie est une autre discipline, sans doute la plus ancienne des démarches pseudo-scientifiques, qui a connu un fort développement au cours du XVIe siècle. Elle soutient l'hypothèse selon laquelle la position des astres est susceptible d'expliquer nos actes et notre devenir. Elle considère également chaque signe du zodiaque, qui correspond à une constellation d'étoiles, comme le déterminant d'éléments du caractère. Ainsi une personne née sous le signe de la Vierge sera décrite comme « modeste, studieuse et analytique ». Toutes les tentatives de vérification empirique des postulats de l'astrologie se sont révélées infructueuses. Elles n'ont cependant pas eu pour effet de freiner l'engouement populaire, que l'on constate via les médias (radio, presse écrite) qui y consacrent quotidiennement un volume non négligeable.

Pourquoi alors les astrologues se trompent-ils rarement ? Il est en effet fréquent de constater que les astrologues se trompent peu. Pour éclairer ce résultat apparemment paradoxal, Van Rooij (1994) réalise une expérience très astucieuse. L'auteur part du postulat astrologique selon lequel les personnes nées sous un signe « positif » (Bélier, est Gémeaux, Lion, Balance, Sagittaire, Verseau) seraient des personnalités extraverties, alors que les personnes nées sous un signe « négatif » (Taureau, Cancer, Vierge, Scorpion, on Capricorne, Poissons) seraient des personnalités introverties. Pour le vérifier, il soumet les sujets à deux questionnaires mesurant l'extraversion et la connaissance en astrologie.
Les résultats montrent que les sujets se conforment à l'idée qu'ils ont de leur signe, cet effet se renforçant dans la condition « recherche en astrologie ». Les auteurs interprètent ces résultats en faisant référence à la théorie de l'auto-attribution : les personnes familières avec l'astrologie s'attribuent automatiquement les caractéristiques postulées par la croyance populaire. Ainsi leurs auto-descriptions spontanées confirment qu'ils ressemblent bien aux portraits astrologiques. On peut donc dire que les astrologues ont moins de chances de se tromper avec les personnes qui croient en l'astrologie. Lorsqu'ils sont confrontés à des personnes sceptiques, c'est une autre affaire...


D'autres démarches pseudo-scientifiques ont été décrites et parfois appliquées dans des contextes professionnels comme le recrutement de personnel. L'hémato-psychologie consiste à établir une typologie de la personnalité à partir de la connaissance du groupe sanguin. La numérologie élabore des prédictions à partir de l'interprétation de chiffres comme la date de naissance. La voyance, utilisant différentes techniques (jeux de cartes, boule de cristal, lignes de la main), vise à prédire la santé, l'amour, les finances, la vie professionnelle future d'un individu. Enfin, la morphopsychologie bâtit des portraits psychologiques en fonction des caractéristiques du corps ou du visage d'un individu.

Ces différentes démarches pseudo-scientifiques ont des caractéristiques communes :
- elles reposent sur des théories naïves de la personnalité, qui semblent crédibles au premier regard mais ne résistent pas aux protocoles d'expérimentation scientifique ;
- elles se basent sur un système explicatif déterministe, fortement influencé par des lois biologiques ou physiques ;
- elles répondent habilement à des besoins exprimés au niveau individuel comme au niveau sociétal ; elle incitent à une quête du mystique ou de l'occulte pour les uns, atténuent une angoisse face à l'avenir pour les autres.
Elles prennent donc tout leur sens comme régulateurs de certains dysfonctionnements de la société contemporaine.

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Message le 29 août 2019, 17:07

2. L'approche psychanalytique

L'approche psychanalytique de la personnalité a été considérablement influencée par Sigmund Freud (1856-1939), neurologue viennois et fondateur de la psychanalyse, et a directement inspiré le courant psychothérapique et l'évaluation à partir de méthodes projectives. La conception proposée par Freud est originale et novatrice. Elle repose entièrement sur un modèle idiographique : la personnalité ne peut être comprise que dans une perspective globale, prenant en compte à la fois son économie et son caractère dynamique.

Freud révolutionne la conception du fonctionnement psychique en accordant une part essentielle à l'inconscient comme déterminant de la conduite et à la sexualité comme fil conducteur du comportement. La vision structurale de la personnalité chez Freud implique que celle-ci est organisée par des jeux de force dynamiques. Les pulsions, systèmes d'énergies non biologiques, orientent les choix individuels et participent à l'émergence de conflits.

Freud décrit la personnalité à partir de « topiques ». La première topique distingue l'inconscient, le préconscient et le conscient. L'inconscient régit et explique un certain nombre de comportements ; il obéit à des règles qui lui sont propres : ainsi les relations spatiales et temporelles y sont troublées, la négation est inexistante (une idée pouvant signifier son contraire). L'inconscient obéit au principe de plaisir, la satisfaction pulsionnelle immédiate étant son objectif premier.

La seconde topique précise les lieux de l'appareil psychique. Le ça est régi par le principe de plaisir et les processus primaires, il contient les pulsions et se montre incapable de tolérer les frustrations ou de différer la recherche du plaisir. Le moi, fonctionnant selon les processus secondaires, joue un rôle d'arbitre : il correspond à une forme de pensée rationnelle qui applique les règles du principe de réalité. Le surmoi, enfin, est une instance de contrôle en partie consciente, qui intériorise les normes parentales et s'oppose aux poussées pulsionnelles.

La structure de l'appareil psychique conduit tout un chacun à des conflits. Les pulsions provenant du ça peuvent être ressenties comme menaçantes et provoquer de l'angoisse. On observe alors une régulation du conflit dans un cadre dynamique. La résolution du conflit peut prendre différents visages : actualisation d'un mécanisme de défense généré par le moi ou émergence d'un symptôme lorsque le conflit intrapsychique ne peut se résoudre convenablement.

Allant au-delà de la description des structures psychiques, Freud propose une véritable genèse de la personnalité selon laquelle le fonctionnement de l'adulte peut s'expliquer par le vécu des années d'enfance. L'individu est confronté à des stades de développement au cours desquels il peut rencontrer des fixations. Celles-ci n'entravent pas forcément son passage au stade suivant, mais peuvent faciliter ultérieurement un processus de régression à un stade antérieur. Les stades ont également été abordés en tant que description taxinomique du caractère.

Au stade oral, qui caractérise le nourrisson dans la relation fusionnelle qu'il entretient avec sa mère, correspond le caractère oral, marqué par la recherche de plaisir, la curiosité et l'agitation, l'égocentrisme et l'attitude pessimiste.

Au stade anal, caractérisant l'enfant qui acquiert la propreté par le contrôle des sphincters, correspond le caractère anal marqué par un fort investissement des normes, des règles, de l'ordre et de la discipline.

Au stade phallique, où se joue le complexe d'Œdipe qui se résoudra par l'identification avec le parent du même sexe, correspond le caractère phallique marqué par la vanité, l'assurance, voire l'exhibitionnisme.

Après la confrontation à ces trois stades, s'ensuit une période de latence puis intervient le stade génital, typique de l'adulte équilibré. C'est lors de processus de régression que ces caractères peuvent prendre une forme accentuée chez des individus particuliers.

Freud et ses disciples échafaudent leur théorie sur la base d'observations cliniques et de déductions provenant de l'interprétation de rêves, des symptômes névrotiques ou des actes manqués. La méthode des associations libres, mise au point dans le cadre du traitement psychanalytique, constitue un autre moyen d'accéder aux éléments non visibles de la personnalité (pulsions, désirs refoulés, conflits).

Le modèle psychanalytique proposé par Freud a dépassé très largement le champ de la personnalité, pour influencer les sciences de l'homme en général, mais aussi les arts (courant surréaliste), et d'une façon générale a acquis une forte notoriété suite à un effort particulier de vulgarisation.
Vivement contestée par bon nombre de ses contemporains pour son caractère révolutionnaire, la théorie psychanalytique a été revisitée par un certain nombre d'élèves de Freud (Carl Gustav Jung, Melanie Klein, Jacques Lacan).

Elle souffre néanmoins de certaines limites. La principale critique tourne autour de la non-réfutabilité d'un certain nombre de concepts de base : la force du moi, les pulsions, les conflits intrapsychiques ne peuvent être directement mesurés. Ainsi la procédure d'observation clinique ne s'apparente guère à une démarche expérimentale.

Lorsque des tentatives d'études expérimentales ont été réalisées, les résultats furent mitigés : si les expériences sur les mots tabous présentés au tachistoscope ont bien confirmé l'existence d'une censure échappant à la conscience du sujet, aucune recherche n'a pu confirmer explicitement l'hypothèse de structure du caractère lié aux différents stades.

On a par ailleurs reproché au modèle psychanalytique de défendre une vision pessimiste de l'homme. Mais sa forte cohérence et la lecture originale de ses principes permettent de le considérer comme un modèle de référence pour l'étude de la personnalité.

Sur le plan des méthodes d'évaluation, cette approche a notablement influencé le courant des tests projectifs.

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Re: Etude de la personnalité

Message le 30 août 2019, 00:05

Bonjour PetitHommeLibre,

En ce qui concerne le fait de prouver l'existence des mois multiples et, reprenant cette phrase :"
La principale critique tourne autour de la non-réfutabilité d'un certain nombre de concepts de base : la force du moi, les pulsions, les conflits intrapsychiques ne peuvent être directement mesurés.";

Est-ce vraiment "impossible"... S'il devenait possible de mettre en évidence les multiples mois avec des instruments de mesure scientifiques, cela pourrait devenir gênant, non ?

Ce serait vraiment problématique en tout cas... Qui l'accepterait ?
Je trouve ce questionnement grave...

Je me pose une question au sujet de l'origine des agrégats psychiques inhumains.
Il semble que ce fut la seule solution pour stabiliser les différentes couches de la Terre à cause de l'impact avec la comète Kondoor, puis, plus tardivement, que nous sommes sortis de l'Eden de part la fornication et notamment le péché capital qu'est la luxure.

Lorsque nous étions encore dans l'Eden, nous avions les mauvaises conséquences de l'organe Kundartigateur ?
Comment serait-ce possible, d'être dans l'Eden et d'avoir ces mauvaises conséquences de cet organe, sinon en partant progressivement, en descendant...

D'où vient-il cet organe Kundartigateur ?
À ce propos, il y a un sujet dans le forum nommé :"Echange rapporté sur l'Origine du Problème".
Modifié en dernier par Scorlion le 30 août 2019, 00:30, modifié 1 fois.
Je suis plus amoureux de ma propre ignorance que de l'inconnu...

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Re: Etude de la personnalité

Message le 30 août 2019, 10:43

Bonjour Scorlion,

On met en évidence nos "mois" par l'auto-observation psychologique.
Mais il y a débat au sein de la science officielle : Auto-évaluation versus hétéro-évaluation

L'individu a-t-il accès à l'analyse de sa propre conduite (auto-évaluation) ou doit-il se soumettre à l'analyse ou au décodage d'un tiers (hétéro-évaluation) ? Cette opposition renvoie à la confiance que l'on peut accorder à l'introspection. L'auto-évaluation est considérée comme une démarche plausible par les défenseurs de l'analyse factorielle de la personnalité. Elle est impensable pour les béhavioristes et considérée comme entachée d'erreur par les psychologues sociaux qui travaillent sur les biais dans le traitement de l'information sur soi (Leyens, 1983). L'auto-évaluation est également contestée par les tenants d'une approche psychanalytique pour lesquels les processus inconscients ne sont pas accessibles.

Cela deviendrait gênant pour qui ? pour les théoriseurs, les croyants ou les pratiquants convaincus de leur réalité intérieure ?

Le désir provoque le déséquilibre des 3 Gunas dans l'Absolu (Ain, Ain soph, Ain Soph Aur) pendant la nuit cosmique.
On ne peut pas tuer le désir, il est éternel (selon l'enseignement).
Que veux-tu dire par Eden ?
On ne peut pas vraiment parler de luxure dans l'Eden mais de tentation, de désir... Les habitants du continent de Mu n'étaient pas luxurieux (se reporter aux écrits du VM et de HP Blavatsky sur les pratiques guidées de sexualité sacrée et les modes de reproduction différents).
J'avance que seul le Père cosmique Commun est au-delà du Désir.

D'où vient l'organe Kundartigateur ? il s'est développé suite à une erreur de l'Archange Sakaki (se reporter aux écrits du VM et de Gurdjieff).

Pour en revenir au sujet, je précise de cette étude de la personnalité est une synthèse des connaissances actuelles de la "science officielle".

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Message le 30 août 2019, 14:36

3. L'approche différentielle

L'approche différentielle s'inscrit dans une conception dispositionnelle de la personnalité et met l'accent sur les déterminants individuels de la conduite. Celle-ci vise à expliquer, par exemple, pourquoi des individus ne réagissent pas de la même manière dans une même situation ; par exemple, lors d'une agression, certains contrôlent leur comportement et réagissent avec sang-froid, d'autres manifestent de l'hostilité et se défendent, d'autres encore montrent de la nervosité et fondent en larmes...

Pour expliquer des patterns ou « ensembles » de conduites transversales à différentes situations, les psychologues différentialistes ont tenté de développer des approches taxinomiques de la personnalité. Les deux principales unités d'analyse sont le type et le trait.

• Les conceptions typologiques

Les conceptions typologiques ont été parmi les premières à être développées. Elles défendent l'intérêt du type, élément d'un modèle de la personnalité qui englobe un ensemble hétérogène de caractéristiques individuelles et décrit le comportement de manière globale. Ainsi le type ENTP de l'inventaire typologique de Myers-Briggs (MBTI) se décrit de la manière suivante : vif, ingénieux, doué dans de nombreux domaines. D'une compagnie stimulante, alerte, ayant son franc-parler, il se fait volontiers l'avocat du diable pour le plaisir. Plein de ressources pour résoudre des problèmes nouveaux et difficiles, mais peut négliger les tâches routinières. Passe d'un intérêt à l'autre. Trouve facilement des raisons logiques pour justifier ce qu'il veut.

Les approches typologiques ont été développées dès l'Antiquité. Au début du siècle, Kretschmer (1888-1964) a proposé des morphotypes basés sur l'association entre configurations corporelles et troubles psychiatriques. Ainsi le type leptosome (maigre) est associé aux troubles schizophréniques, le type picnic (fort et rond) est associé aux troubles maniacodépressifs, et le type athlétique (sportif et musclé) aux deux types de pathologie. Des interprétations de ces corrélations ont été avancées. Réfutant une biologisation outrancière de la conduite, certains chercheurs ont signalé que l'âge des patients pouvait expliquer ces associations : ainsi les troubles maniaques se déclenchent généralement après quarante ans, à un âge où le poids moyen est plus élevé qu'à vingt ans !

Des typologies psychologiques ont également été produites. La plus célèbre d'entre elles est sans conteste celle proposée par Jung et opérationnalisée en 1962 par Isabelle Myers, dans l'indicateur MBTI (Cauvin et Cailloux, 1994).

La théorie de Jung offre un modèle organisé autour de quatre composantes :
- les attitudes (extraversion-introversion) ;
- les fonctions irrationnelles de perception (sensation/ intuition) ;
- les fonctions rationnelles de jugement (pensée/sentiment) ;
- la préférence pour la recherche d'information ou la prise de décision (perception/jugement).


Il en résulte seize types qui se caractérisent par de véritables portraits psychologiques, servant à la classification des individus et des professions.
Les approches typologiques sont très populaires chez les professionnels de l'évaluation psychologique, mais ont donné lieu à un nombre plus restreint de travaux de recherches. L'architecture des types est contestée en raison de la démarche intuitive qui participe à leur élaboration. Néanmoins des méthodes de validation spécifique (classification hiérarchique ascendante, modèles structuraux notamment) ont été utilisés pour étudier et légitimer les types.

• Les conceptions basées sur des traits

Ces conceptions ont donné lieu à de plus larges développements sur le plan de la recherche. Les traits correspondent à une vision élémentariste de la personnalité : chaque trait se rapporte à une « composante » de la personnalité, chaque « composante » étant relativement indépendante l'une de l'autre et caractérisant l'individu sur une facette bien précise (exemple : l'anxiété, la sociabilité et la persévérance sont des traits classiques de la personnalité). Les traits ne sont pas synonymes de la conduite, ils expriment simplement la probabilité de chances que la conduite se manifeste dans une situation et à un moment particulier. Par rapport au type qui fonctionne de manière binaire, le trait se caractérise par un continuum : chaque individu peut ainsi être décrit par un niveau dans le trait (alors que le type permet d'être affecté ou non à un fonctionnement typologique). La théorie des traits insiste par ailleurs sur deux postulats : d'une part les traits sont considérés comme relativement stables dans le temps, d'autre part on considère qu'il existe un certain niveau de cohérence situationnel, les personnes manifestant globalement les mêmes modèles de conduite d'une situation à l'autre.

Pour identifier les traits de la personnalité, les différentialistes ont recours à une méthode statistique multivariée, l'analyse factorielle. L'analyse factorielle correspond à la fois à un souci de parcimonie et au souhait de mieux comprendre les relations entre un ensemble complexe de variables. La méthode consiste dans un premier temps à relever les corrélations entre un ensemble très large de données (auto-évaluées ou observées). Puis sont extraites des variables latentes (que l'on appelle les facteurs et qui correspondent aux traits), supposées rendre compte des comportements en covariation. Le recours à l'analyse factorielle ne s'exerce pas sans émettre un certain nombre de postulats : les variables sont censées être continues, leur relation doit être linéaire et l'on accepte le principe d'un modèle algébrique qui revient à additionner des éléments comportementaux différents. Ces postulats étant posés, le psychologue se charge ensuite d'interpréter les facteurs extraits de l'analyse, en les dénommant et en analysant leur contenu.

Plusieurs travaux de psychologues illustrent bien cette conception différentialiste basée sur la notion de trait : G.V. Allport, H.J. Eysenck et R.B. Cattell.
• Gordon V. Allport (1897-1967) a été le premier à développer une théorie des traits. Il identifie ainsi 17 953 mots qui se réfèrent au langage de la personnalité et décrit différentes catégories de traits : les traits cardinaux, les traits centraux et les traits secondaires, les traits communs à plusieurs personnes et les traits individuels. Allport avait une vision plus globale et clinique de la personnalité que son intérêt pour les traits ne le laissait supposer. Il considérait notamment que chaque personne est unique et qu'une compréhension complète de la conduite n'est valable qu'à condition de réaliser une analyse très soignée de la personnalité.

• Hans J. Eysenck (1916-1997) est un psychologue anglais de tradition factorialiste. Il propose en 1957 un modèle bifactoriel de la personnalité comportant deux super-traits : l'introversion-extraversion et le névrosisme. Eysenck s'intéresse également aux covariations physiologiques de ces traits ; par exemple, il tente de démontrer que le comportement d'extraversion est lié à la production de salive, au conditionnement et au niveau de vigilance ; il plaide largement en faveur d'une conception héréditaire de la personnalité. En 1975, il enrichit son modèle en proposant un troisième super-trait, le caractère psychotique (psychotism), qui décrit une personnalité égocentrique, agressive, froide et manquant d'empathie. Le modèle d'Eysenck, caractérisé par une forte parcimonie, a permis de décrire le fonctionnement personnologique de différents groupes sociaux caractérisés par un trouble pathologique ou un statut professionnel, et a inspiré la construction de deux des plus célèbres inventaires de la personnalité (EPI et EPQ).

• Raymond B. Cattell (1905-1998), psychologue américain d'origine anglaise, a proposé une conception factorielle de la personnalité plus étendue que celle d'Eysenck. Il a exploité les travaux d'Allport et repéré environ trente-six traits de surface qu'il réduit ensuite à douze traits de source (ou facteurs plus généraux). Ajoutant à ces douze traits de source quatre dimensions supplémentaires, il met au point le fameux 16 PF, composé de seize facteurs bipolaires, qui est encore aujourd'hui l'un des inventaires de personnalité les plus usités. Au-delà de sa conception des traits, Cattell propose un modèle plus large de la personnalité, prenant en compte les variables, les personnes et les situations, et réalisant une analyse dynamique des traits. Il suggère également de prendre en compte plusieurs types de données pour évaluer la personnalité : celles basées sur l'auto-évaluation (Q-DATA), celles basées sur des données biographiques (L-DATA) et celles relatives à des épreuves objectives de performance (T-DATA).

Dans la mouvance des psychologues factorialistes, de nombreux travaux sont venus enrichir les conceptions précédentes. On pourrait également citer les travaux de J.-P. Guilford, de D. Jackson, de H. Gough, ou plus récemment, des travaux sur l'approche en cinq facteurs de la personnalité.

L'approche différentielle de la personnalité s'intéresse également, depuis quelques années, à la question de la variabilité intra-individuelle (Baird, Le & Lucas, 2006). Il ne s'agit plus, dans cette perspective, de caractériser les invariants, mais d'étudier comment la personne varie au cours des moments ou des situations.

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Message le 2 septembre 2019, 17:07

4 L'approche humaniste de la personnalité

La conception humaniste de la personnalité a été fortement influencée par différents courants philosophiques : Kierkegaard, la philosophie existentialiste (Heidegger, Sartre) et la phénoménologie (Husserl). Elle se développe dans les années soixante, notamment sous l'impulsion de Carl Rogers, et constitue bientôt une « troisième force » ouvrant la voie à une approche différente des modèles béhavioriste et psychanalytique.

L'approche humaniste met l'accent sur l'acceptation de soi et le développement personnel. Elle considère l'homme comme un être global et unique, chargé d'intentions et équipé de potentialités. Ancrée dans le présent et regardant le futur, l'approche humaniste défend une vision positive et non déterministe de l'homme : la personnalité dans ce cadre est « en devenir » ; l'individu est en mesure de restructurer son champ « phénoménologique » pour s'accomplir dans la société. Les théoriciens humanistes mettent en avant les qualités les plus fondamentales de l'homme : son ouverture à l'expérience, mais aussi sa créativité et son sens de l'autonomie.

Carl Rogers (1902-1987), connu pour son approche non directive dans la relation d'aide, a considérablement influencé la conception humaniste de la personnalité. Rogers construit son modèle de la personne à partir d'observations effectuées dans un cadre psychothérapique. Ses travaux l'amènent à concevoir un modèle de psychothérapie assez différent de la psychanalyse. Rogers se distancie notamment de l'analyse des processus inconscients et incite davantage le patient à « exister », c'est-à-dire à « être » dans le monde. Pour cela, il offre une compréhension et une acceptation authentique du patient, notamment à travers une écoute active de son interlocuteur. Rogers incite à atteindre la congruence, une forme d'harmonie lorsqu'un accord entre le soi et l'expérience est ressenti.

L'accomplissement de soi et l'épanouissement du potentiel individuel constituent donc les objectifs centraux de cette conception humaniste. Cette approche a influencé les techniques psychothérapiques et plus généralement le counseling, qui est une forme de relation d'aide dont l'objectif est de résoudre des problèmes de diverses natures (problèmes conjugaux, troubles psychologiques suite à un attentat, orientation professionnelle, etc.).

En revanche, l'apport rogerien est plus limité en ce qui concerne les méthodes d'évaluation. Rogers et ses élèves ont certes employé quelques méthodes d'évaluation (Q-SORT, différentiateurs sémantiques, questionnaires) pour évaluer l'impact de leurs thérapies. Cependant, le modèle humaniste n'a pas donné lieu à des applications massives sur le plan de la mesure des conduites ; cela n'aurait d'ailleurs guère de sens puisque la théorie met davantage l'accent sur l'évolution de la conduite que sur son caractère fixiste.

L'approche humaniste a été critiquée par de nombreux détracteurs. On lui a reproché son optimisme démesuré qui lui conférait un visage naïf. La théorie néglige par ailleurs bon nombre de points clés de l'étude de la personnalité : les déterminants inconscients de la conduite, le rôle des facteurs héréditaires et de milieu ne sont pas commentés. Enfin, il est certain que le modèle humaniste souffre d'un manque de vérification empirique de ses hypothèses. Les confusions relevées à propos de la notion d'empathie (Duang et Hill, 1996) en constituent un exemple éclairant.

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Message le 11 septembre 2019, 19:00

5. L'approche psychopathologique

L'approche psychopathologique se donne pour objectif d'étudier la souffrance psychique, mais fournit également une réflexion sur la clinique psychiatrique. Cette orientation s'appuie notamment sur des tentatives de classification des différentes formes de pathologies.

C'est ainsi que le DSM-5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), expose de nombreux troubles : troubles neurodéveloppementaux, spectre de la schizophrénie et autres troubles psychotiques, troubles bipolaires et apparentés, troubles dépressifs, troubles anxieux, troubles obsessionnels-compulsifs et apparentés, troubles liés à des traumatismes ou à des facteurs de stress, troubles dissociatifs, troubles à symptomatologie somatique et apparentés, troubles des conduites alimentaires et de l’ingestion d’aliments, troubles du contrôle sphinctérien, troubles de l’alternance veille-sommeil, dysfonctions sexuelles, Dysphorie de genre, troubles disruptifs, du contrôle des impulsions et des conduites, troubles liés à une substance et troubles addictifs, troubles neurocognitifs, troubles de la personnalité, troubles paraphiliques...

Cette approche strictement classificatoire a suscité bien des critiques pour son caractère simplificateur et pour le risque d'étiquetage qu'il est susceptible d'induire. Néanmoins il fournit une aide au diagnostic et un point d'ancrage pour entamer un débat sur l'étiologie et l'évolution d'une souffrance psychologique, ainsi que sur les différents facteurs de remédiation et de traitement qui peuvent en réduire les conséquences.
DSM-5 couverture.jpg
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Re: Etude de la personnalité

Message le 2 novembre 2019, 17:47

Bonjour Petitthommelibre,
Merci bien pour cette révision,
Durant la lecture de ces quelques textes, je me suis demandé: a quoi ça sert d'étriquer la personnalité ainsi?
Le but est-il de caser tout les parties des hommes? Alors une fois fait, on aura le produit chimique pour le détruire ou diluer?

Je peux te donner ma technique, je pars plutôt de Reich pour ma part. Qui est une compilation de plusieurs techniques données plus haut. Lorsque je vois quelqu'un j'ai une image d'elle qui apparait dans mon cerveau. Mon cerveau la classe déjà, et me donne une information sur elle, cette vision je l'appelle la structure. Ce qui veut dire que suivant la situation donnée, je saurai la réaction de la personne à 70%.
Pour atteindre ceci il faut un nombre incalculable de tests, et repérer le trait du corps des personnes. Les personnes qui ont des traits très forts réagiront avec plus de fermeté et n'auront pas d'échappatoire à l'action. Pire encore il est possible en fonction de cette structure de savoir quelle seront ou étaient les épreuves que karma a infligées à la personne, et donc la réaction de la personne. Mais je suis loin encore de la perfection pour ceci.
La personnalité se lit donc comme un visage suivant la taille des yeux, du front, des oreilles, des dents l'emplacement des rides etc... Plus la personne est grossière et moins elle a travaillé, et plus il est facile de lire sa personnalité ( ou plus les épreuves que la personne a dû traverser ont été dures). J'hésite souvent à développer plus cette ligne, car je suppose qu'à son paradoxe, on peut voir toute la vie de la personne, et je ne sais pas si on a le droit.
Mais par ces caractéristiques, il est facile de savoir si la personne est de la terre, de la ville, de classe sociale élevé, ou non, ses habitudes... son bonheur...
C'est la première étape, pour une personne dont on croise le regard, ou qui nous semble belle, intéressante, apaisante.... D'ou peut bien sortir ces empathies pour les autres, qu'est ce que l'on lit réellement dans l'autre? Soi, mais n'y a t il que ça?

La seconde étapes, pour une personne qui nous approche, ou nous regarde, ou encore nous questionne, j'envoie une onde, et suivant comment elle (l'onde) réagit à la personne, je peux savoir comme elle est avec plus de détail. ( certaines personnes inversent leurs idées avec leur structures). Ca marche aussi dans la lecture, je peux savoir quand la personne est malade, en forme, pense aux jardins, pense à la ville, je ne sais pas... ce que la personne veut faire ressentir dans son texte.
Pourquoi nous écrivons tous avec les même mots, et si je lis un texte de pierre je ne verrai pas la même image que si je lis celui de Paul, pourtant ce sont les même textes! Est ce la personnalité qui joue?
Comment pouvoir imaginer un appareil qui avec une même image sensorielle puisse lire une chose différente? Nous avons tous les mêmes atomes et nous sommes tous différent.

Pour en revenir à la personnalité? Qu’est ce que c'est réellement, comment se forme-t-elle? A quoi elle sert?

Lors de ma lecture des livres de Samael, a certains moment je me suis dit: "on a souvent tendance à détruire plutôt qu'à comprendre", il est beaucoup plus simple de détruire quelque chose que d'essayer de l'adopter, ou de le modifier pour l'améliorer. Il est plus simple de cultiver sur une terre vierge, que sur une terre peuplée, alors tuons tous ce qu'il y a comme ça on part sur de bonnes bases! Hélas résultat de cette technique: nombreux agriculteurs agressés, les terres sont blanches, les personnes ne digèrent plus nos blés... On en devient malade... Même si une plante ne vie que pour produire un an, ce support est essentiel pour nous construire, pourquoi détruire sa voisine qui peut l'aider a se renforcer? C'est la loi du pendule, plus on va d'un côté plus on va de l'autre, et de ce fait il n'est pas bon de tout garder mais il n'est aussi pas bon de tout détruire. Chacun regarde sa personnalité comme il l'entend, mais la détruire avent de la comprendre, ne peut que développer l'ego. Car nous détruisons ce que Dieu nous à donner, alors que le dissoudre veut dire, non pas le détruire, mais s'en imprégner. Il n'en est pas de même avec l'ego, qu'il faut détruire lui! Mais il serait intéressant de s'y étendre plus dessus.
Ca me rappelle un épisode ou un samouraï voulait se débarrasser du ver qui était dans son ventre, n'y arrivant pas il demande l'aide d'une autre personne. Et il dit, lorsque j'attrape le ver, tu le tranches avec ton sabre, ainsi fut fait, et lorsque la lame coupe le ver, il se rend compte qu'il n'est pas l'homme, mais le ver!

Alors ma question reste la même? Pourquoi chercher la personnalité, quel est le but en soi?
Merci, j'ai essayé de me rapprocher au maximum de ce que ma pensée voulait dire, j'ai certainement fait quelques erreurs de retranscription. Mais il est de chaque personnalité à combler ce manque, suivant là ou elle veut aller.

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