Selon Ouspensky - Mouravieff - Gurdjieff - Henriette Lannes

Répondre
Hors ligne Gemani
#1
Avatar du membre
Messages : 6792
Enregistré le : 25 septembre 2008
Sexe :
Zodiaque :
Contact :

Selon Ouspensky - Mouravieff - Gurdjieff - Henriette Lannes

Message le 17 septembre 2011, 20:57

L’éducation des enfants

Henri Tracol - Pourquoi dors-tu Seigneur ?
La culture individuelle : ses possibilités et ses exigences

Mais justement, toute approche tant soit peu sérieuse des problèmes d’éducation fait ressortir combien il est indispensable d’éveiller en chacun dès l’enfance, le mouvement de retrait, de mise en question et de réflexion devant ce qui se propose, afin de contrebalancer efficacement la tendance à l’acceptation passive et au conformisme aveugle.
Rien de plus émouvant que de voir surgir, à la maison comme en classe, les premiers signes d’un pouvoir de résistance à l’autorité naturelle du milieu social et familial, et d’une ouverture à cet esprit d’interrogation et de recherche indépendante grâce auquel peut s’affirmer, puis des développer chez l’individu le sens d’une responsabilité qui lui soit propre.
Hélas, bien souvent, à peine ce nouveau sentiment de lui-même apparaît-il chez l’enfant qu’il est instantanément voilé, recouvert de vêtements qu’on lui prête, comme si l’entourage était pris de panique devant son apparente nudité.

P.D. OUSPENSKY - Fragments d’un enseignement inconnu
Chapitre huit
Un petit enfant n’a pas encore de personnalité. Il est ce qu’il est réellement. Il est essence. Ses désirs, ses goûts, ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas, expriment son être tel qu’il est.
Mais aussitôt qu’intervient ce que l’on nomme « éducation », la personnalité commence à croître. La personnalité se forme en partie sous l’action d’influences intentionnelles, c’est-à-dire de l’éducation, et, en partie, du fait de l’imitation involontaire des adultes par l’enfant lui-même.
Dans la formulation de la personnalité, un grand rôle est également joué par la « résistance » de l’enfant à son entourage et par ses efforts pour leur dissimuler ce qui est « à lui », ce qui est « réel ».

Boris MOURAVIEFF – GNOSIS Tome 1 - Exotérisme
Chapitre V

Le centre moteur est déjà très développé chez le nouveau-né. Sa partie positive-instinctive se forme et croît au sein de la mère dès la conception et durant toute la grossesse, de sorte qu’à la naissance, elle fonctionne au rythme normal. On peut dire que, si la partie instinctive fonctionne chez le nouveau-né à 75 % environ du rendement normal, ce pourcentage atteint à peine 25 % pour la partie motrice, presque totalement affecté aux mouvements intérieurs du corps.
Le centre émotif, chez le nouveau-né, est caractérisé par sa pureté. Tant que l’enfant n’a pas appris à se mentir, il conserve la faculté merveilleuse, propre à ce centre, de discerner spontanément – et sur une gamme étendue – le vrai du faux. Avec le temps, l’éducation et tout ce qu’on inculque à l’enfant, ce centre se dérègle et cette faculté se perd, pour n’être retrouvée que beaucoup plus tard par le travail ésotérique, des exercices spéciaux et des efforts soutenus.
Développer le centre émotif est l’objectif principal de la culture ésotérique. Car, ainsi qu’on le verra plus tard, c’est seulement par ce centre que l’homme peut trouver le clef qui lui ouvre la porte d’accès à la vie supérieur.
Le centre intellectuel est à l’état embryonnaire chez le nouveau-né. Il subit un développement intense et continue tout au long de la vie.

G.I. GURDJIEFF - Gurdjieff parle à ses élèves
L’éducation des enfants

L’éducation est une chose très compliquée. Elle doit tout embrasser. Ce serait mauvais, par exemple, de ne donner aux enfants que des exercices physiques.
En général, l’éducation se milite à la formation du penser. On force l’enfant à apprendre par cœur des poèmes, comme un perroquet, sans rien comprendre, et les parents sont contents lorsqu’il y arrive. A l’école, il apprend tout aussi mécaniquement et, après avoir passé ses examens « avec mention », il ne comprend toujours rien et n’éprouve rien. Par la pensée il est un adulte de quarante ans, mais dans son essence il demeure un enfant de dix ans. En pensée, il n’a peur de rien, mais dans son essence il est peureux.

Sa moralité est purement automatique, purement extérieure. Comme il a rabâché des poèmes, il a rabâché aussi la morale. Mais l’essence de l’enfant, sa vie intérieure, est livrée à elle-même, sans aucune direction. Si l’on sincère envers soi-même, on doit admettre que les adultes, pas plus que les enfants, n’ont de morale : notre moralité est toute théorique et automatique. Mais si nous sommes vraiment sincères, nous pouvons voir combien nous sommes mauvais.
L’éducation n’est qu’un masque qu n’a rien à voir avec notre nature. Les gens croient qu’une méthode est meilleure qu’une autre, mais en fait, toutes se valent. Nous sommes tous les mêmes mais nous avons vite fait de voir la paille dans l’œil du voisin. Nous sommes aveugles à nos pires défauts. Dès qu’un homme est capable de se voir, il peut se mettre à la place d’un autre et sait que lui-même ne vaut pas mieux. Si vous désirez être meilleur, essayez d’aider votre prochain. Mais aujourd’hui, les gens ne font que se tendre des embûches et se faire tomber les uns les autres. En réalité, un homme ne peut pas en aider un autre, ne peut pas le soutenir parce qu’il ne peut même pas s’aider lui-même.
Avant tout, vous devez penser à vous-même, vous devez vous efforcer de vous élever vous-même. Vous devez être un égoïste. L’égoïsme est la première étape sur le chemin de l’altruisme, du christianisme. Seulement, l’égoïsme doit avoir un bon motif et c’est très difficile . Nous apprenons à nos enfants à devenir des égoïstes ordinaires – d’où le résultat actuel. Il nous faut toujours les juger d’après nous-mêmes. Nous savons bien comment nous sommes, et nous pouvons être sûrs qu’avec l’éducation moderne, nos enfants, dans le meilleur des cas, seront comme nous.
Si vous désirez le bien de vos enfants, vous devez d’abord désirer votre propre bien. Car si vous changez, vos enfants changeront aussi. En vue de l’avenir de vos enfants, vous devez, pour un temps, les oublier et penser à vous.

Le plus grand de tous les péchés est de continuer à donner une éducation à vos enfants lorsque vous avez commencé à avoir des doutes sur cette éducation. Si vous croyez à ce que vous faites, votre responsabilité n’est pas aussi grande que si vous commencé à en douter.
La loi exige que votre enfant aille à l’école. Qu’il y aille ! Mais vous, son père, vous ne devez pas vous contenter de l’école. Par expérience, vous savez que l’école ne donne que du savoir, des informations, qu’elle ne développe qu’un seul centre. Vous devez donc vous efforcer de rendre tout ce savoir vivant et de combler les vies. Ce n’est qu’un compromis, mais parfois un compromis vaut mieux que rien.

L’éducation des enfants pose un grand problème auquel on a même peur de penser. Une étrange particularité de l’éducation moderne est qu’en ce qui concerne le sexe, les enfants grandissent sans direction.
Nous voyons ce qui résulte d’une telle éducation. Par notre propre expérience, nous savons tous que cet aspect important de la vie est presque entièrement gâché. Il est rare de trouver un homme qui soit normal sous ce rapport.
Cette détérioration se fait progressivement. Les manifestations du sexe apparaissent chez un enfant dès l’âge de quatre ou cinq ans et, sans direction, il peut s’engager sur un mauvais chemin. C’est le moment de commencer cette éducation, et votre propre expérience est là pour vous aider. Il est très rare que les enfants soient éduqués normalement sous ce rapport. Vous êtes souvent navré pour votre enfant, mais vous ne pouvez rien faire. Et lorsqu’il commence lui-même à comprendre ce qui est juste et ce qui est faux, il est souvent trop tard ; le mal est fait.
Guider les enfants en ce qui concerne le sexe est une chose très délicate parce que chaque cas particulier exige un traitement différent, une connaissance approfondie de la psychologie de l’enfant. En sachant peu, on risque beaucoup.
Expliquer ou interdire quelque chose revient souvent à lui mettre une idée dans la tête, à éveiller sa curiosité, à le pousser vers le fruit défendu.
Le centre sexuel joue un très grand rôle dans notre vie. Soixante-quinze pour cent de nos pensées proviennent de ce centre et colorent tout le reste.
Seuls les peuples d’Asie centrale sont sans anomalie sous ce rapport. Là-bas, l’éducation sexuelle fait partie des rites religieux, et les résultats sont excellents.

D’une façon générale, l’éducation d’un enfant doit être basée sur ce principe que tout doit venir de son propre vouloir. Rien ne doit lui être donnée sous une forme toute faite. On ne peut que lui proposer une idée, que le guider, ou même l’instruire indirectement en partant de loin et en l’amenant au point voulu à partir d’autre chose. Je n’enseigne jamais directement, sinon mes élèves n’apprendraient rien. Si je veux qu’un de mes élèves change, je pars de très loin ou je m’adresse à un autre, et de cette manière il apprend.
C’est ainsi que cela doit se passer parce que ce qui est dit directement à un enfant, il le reçoit mécaniquement et, plus tard, il se manifestera tout aussi mécaniquement.
Les manifestations mécaniques et les manifestations de celui qui a acquis une individualité sont différentes ; leurs propriétés sont différentes. Les premières sont créées et les secondes créent. Les premières ne sont pas une création, elles ne sont qu’une création à travers l’homme et non pas de l’homme lui-même. Cela se traduit, entre autres, par un art qui n’a rien d’authentique. Dans une œuvre d’art de cette sorte, on peut voir d’où provient chaque trait particulier.


Henriette LANNES – Retour à maintenant
Le rôle des influences. Comment tout cela a commencé

Ici, toutes les choses jouent leur rôle : l’imitation involontaire des adultes par l’enfant, leurs suggestions volontaires ou involontaires et leur soi-disant « éducation ». Toute tentative d’éveil de la part de l’enfant est aussitôt brisée. Fatalement. Et combien d’efforts plus tard pour s’éveiller ; de quelle aide n’aura-t-on pas besoin lorsque des milliers d’habitudes qui poussent au sommeil auront été accumulées. On s’en délivre très rarement. Et, dès son enfance même, l’homme a déjà perdu, dans la plupart des cas, la possibilité de s’éveiller. Il vit toute sa vie dans le sommeil, et il meurt de sommeil.

Ces mots sont durs et sévères à notre égard. L’enfant est équipé pour devenir conscient de lui-même, et c’est nous, les adultes, qui l’endormons, parce que nous sommes endormis. Quelle maladie pourrait être aussi contagieuse ?

Essayons maintenant de nous représenter aussi réellement que possible un nouveau-né, comme s’il était là. S’il en existe un dans les environs, allons le voir. Essayons d’en recevoir l’impression.

Nous savons que là est la plus fragile et probablement la plus faible de toutes les créatures arrivant dans notre monde . Les parents sont, en grande majorité, avides d’aider et de protéger par tous les moyens. Le premier besoin est évident et ne pose, en général, aucun problème : nourrir, laver, soigner et calmer. Mais quelque chose de tout cela va demeurer dans leur attitude, ainsi qu’un fort attachement, prévu par la nature, surtout chez la mère, auquel on donne le nom d’amour. Et, en fait, c’est dans bien des cas, ce qui en est le moins éloigné. Il s’y mélange une sorte d’orgueil, de vanité stupide, et rien dans ce magma d’instinct, de sentiments, d’émotions ordinaires, ne peut être reçu par l’adulte, non plus que la possessivité qui en résulte presque fatalement.

Chez un nouvel être, la fonction instinctive est complète. Derrière elle, le centre instinctif veille à sa préservation.

Le tout fonctionne « de soi-même » en quelque sorte, à condition que les trois nourritures soient absorbées, ce qui a été prévu par la nature. Je veux dire qu’aucune éducation n’est nécessaire pour que le tout se mette en œuvre. Ceci aussi peut contribuer à créer une fausse impression chez les parents. Pourtant, tout le reste n’est que possibilité latentes. Toutes, sauf le sexe qui s’éveillera beaucoup plus tard, dépendent des influences extérieures à l’enfant. Il faudrait que ce soit bien compris.

L’éducation de la fonction motrice commence très vite, par imitation. Nous voyons très vite l’enfant retourner nos sourires, nous tendre les bras, prendre et retenir des objets. Imitation et répétition lui permettent d’accumuler des séries de mouvements de plus en plus complexes qui, s’inscrivant dans les rouleaux correspondants, deviennent complètement automatiques.

Le besoin de mouvement est considérable et rend les progrès rapides. L’imitation des sons commence à devenir possible, ainsi que l’imitation de certaines émotions que les parents expriment par gestes ou grimaces, sans le plus souvent s’en rendre compte : impatience, mauvaise humeur, etc. La fonction instinctive avait d’elle-même, dès le départ, divisé les sensations en plaisantes et déplaisantes.

Une quantité considérable de très subtils « appareils » est prête à enregistrer et à réagir aux impressions intérieures et extérieures. De cette période déterminante, nous avons en général très peu ou pas de souvenirs, elle est pourtant comme une préparation à toutes sortes de réactions ultérieures.

Puis, les mots et les noms arrivent ensuite, pour la satisfaction des adultes qui ne croient qu’en eux. La relation des choses ou des êtres avec leur nom se fait avec la participation prépondérante de la fonction motrice. C’est elle qui enregistre et reproduit le langage, puis de bavarder continuellement et inutilement. Cela continue toute la vie…

Essayez de relier ceci avec la création des influences A et leur prépondérance.

Le plus grande partie, sinon le tout, de ce qui viendra ensuite à l’enfant, toujours sous forme d’influences, appartiendra à la personne, c’est-à-dire touchera essentiellement la partie motrice ou mécanique des centres conditionnant le fonctionnement humain. Toutes les formes répétitive déjà existant comme habitudes chez l’enfant, l’encourageront à se cantonner dans les mêmes formes, quelle que soit la fonction concernée. Ceci est fortement soutenu par les adultes, esclaves de la même situation.

Ainsi sont enregistrées d’innombrables commandements : comment être poli, avoir de bonnes manières, considérer l’opinion des autres avant tout et la craindre. Le polissage de la surface semble être le but le plus important, sinon le seul de beaucoup de familles.
D’aucuns se chargent d’éduquer la « conscience », l’enfant apprend le bien et le mal, le vrai et le faux, le juste et l’injuste, comme le reste, subjectivement et répétitivement.
Que dire de la partie de l’éducation que nous appelons instruction et qui devrait concerner avant tout le développement du pouvoir intellectuel ou de la pensée ?

Ici, plus que jamais, les mots sont tout-puissants, et enferment cette possibilité dans un tourbillon de symboles creux où d’ailleurs elle se laisse prendre passivement.

Existe-t-il une éducation du sentiment ? Les émotions, bien sûr, sont éduquées par imitation et considération. Le sentiment ne peut qu’être appelé. Il l’est parfois, à l’aide de certaines formes religieuses ou musicales ou poétiques, accessibles à l’enfant. Mais je crois qu’il n’existe qu’une très faible possibilité, du moins dans beaucoup de cas, que le sentiment sorte grandi de ces rencontres. Il est trop évident que le sentiment, chez nous, est infantile, quand il n’est pas malade ou perverti.

Comme les parents pourraient-ils appeler à l’éveil des sentiments comme la gratitude ou la reconnaissance, le respect, l’amour authentique de soi, qui devrait précéder l’amour authentique des autres. Il est bien évident que, dans l’état actuel des choses, ils ne le peuvent pas.

Quelle est la part du jeu dans al vie de l’enfant et dans son éducation ? On ne peut imaginer un enfant entièrement privé de jeux. Ils sont pour lui, sans aucun doute, jusqu’à un certain âge, une nourriture d’impressions indispensable, d’autant plus utile quand, jusqu’à un certain point, il crée ses jouets ou invente ses jeux. Mais là aussi, l’imitation joue un rôle immense, ce que l’enfant semble préférer à tout, c’est l’imitation de la vie des adultes, jusqu’à et y compris leur « processus de destruction mutuelle ». Avec la complicité inconsciente des parents, l’enfant se met à jouer la vie et devient la proie d’une très forte tendance à continuer.
Un jour, Monsieur Gurdjieff a dit : « le plus difficile, peut-être est de cesser de jouer ». Ceci rejoint, le caractère infantile de notre essence. Il faut comprendre cette idée avec tous ses prolongements.

La préparation d’un être enfantin à la vie exige une vigilance et une attention très particulières. Mais elle exclut cette sorte d’imposition de nos ambitions, de nos préjugés, de notre faire habituel.

A une question sur l’éducation posée par des parents, monsieur Gurdjieff a répondu : « Apprenez leur d’abord ce qu’il ne faut pas faire ».

Mais ceci ne prétend pas être une sorte de charte ou de méthode d’éducation. Il s’agit d’être un peu plus clairs sur la formation des hommes en général et de nous-mêmes en particulier. Nos premières années se sont écoulées dans une dépendance totale des diverses influences agissant sur tout notre environnement, y compris notre famille et tous nos éducateurs. En dépit de tout cela, nous avons envers eux une dette. Les rejeter ou les mépriser ne pourrait qu’aggraver notre situation.


René ZUBER – Qui êtes-vous Monsieur Gurdjieff ?

Lorsque des enfants prenaient place à la table de M. Gurdjieff, assis entre leurs parents, à l’instar des grandes personnes, c’était pour nous un spectacle ravissant. Ils ne tardaient pas à entrer dans la danse ; je veux dire que, cédant à une provocation subtile, ils s’engageait sans la moindre arrière-pensée dans la sorte d’activité ludique ou dialectique que le maître inventait juste à leur mesure.
Nous étions nous aussi, les « adultes », exposés à des provocations de ce genre auxquelles il était, je dois dire, difficile de résister car Gurdjieff, avec une attention vraiment diabolique au concret, percevait chacun de nos mouvements intérieurs et suivant que nous nous avancions ou que nous reculions il modifiait son jeu.

Par prudence nous nous cramponnions souvent à notre position de simples spectateurs. Pour les enfants c’est l’inverse : tout ce qu’ils n’ont encore jamais éprouvé est irrésistible. C’est pourquoi le jeu les attire.

Le jeu c’est « l’activité sérieuse par excellence, car nul n’en peut contester les règles ». Elle requiert la participation complète du joueur. « tu joues ? ou tu ne joues pas ? ». Et quand la partie sera finie pourtant je ne mourrai pas : la règle du jeu s’abolira. Une autre beaucoup plus grande et plus difficile à déchiffrer reprendra ses droits.

L’étincelle de malice qui s’allume dans les yeux du petit enfant lorsqu’il s’éveille à la notion de jeu, le défi qui brille dans ceux de l’athlète avant la compétition, l’imperturbable calme derrière lequel le joueur d’échecs dissimule le coup qu’il prépare expriment, en dépit des apparences, la même résolution.

Je soutiendrais volontiers qu’il n’y a qu’un seul jeu, archétypal, dont tous les autres, malgré la diversité apparente ou réelle de leurs règles, ne sont que des variantes.

Ce jeu se formulerait ainsi : essaie (de gagner). Tel que tu es, là, immédiatement, prends une mesure de toi, découvre qui tu es.

L’enfant qui vient de naître, dans les quelques instants où il repose, encore aveugle, entre les bras de sa mère, ne s’interroge pas encore. Dès qu’il aura ouvert les paupières il commencera à se poser des questions. Puisque tout se termine par la souffrance, la déchéance et enfin la mort, le barricader à l’intérieur des bergeries, derrière les murs épais des idéologies rassurantes, ne servirait qu’à le tromper. Plutôt lui faire entendre les tigres qui rôdent toujours à l’extérieur des murs. Eux au moins sont vrais.

Si l’innocent échappe au « massacre des innocents », autrement dit au matraquage de la vertu par le vice, s’il garde un cœur pur en dépit de la méchanceté, de la fourberie et de la violence qui détiennent le pouvoir, alors il lui sera donné en contrepartie la parole magique, la ruse grâce à laquelle il triomphera. La Bible, les Mille et Une Nuits, la fable, la légende, les contes, les mythes fourmillent d’histoires de ce genre. Les forces démoniaques sont anéanties ou réduites en esclavage par la patience et par la ruse du plus faible.
C’est pourquoi Gurdjieff appela un jour son enseignement la voie de l’homme rusé.
Issu d'une civilisation décadente qui est plus admirative des pseudo-miracles de la science que du chemin emprunté par les alchimistes et Maîtres des écoles de régénération, comment puis-je me détourner des fausses valeurs ?
-----
Est-il possible de soulever le voile d'Isis avec une pure intention quand on est un animal intellectuel ?
-----
Pourquoi faut-il que la mystique me tente mais pas assez pour que je prenne le ciel d'assaut ?
-----
Quels egos me faut-il éliminer afin de pouvoir emprunter le chemin de l'intégration de L’Être ?

Répondre

Retourner vers « Education des Enfants »