Carl Jung: Comment Guérir et Reprendre son Destin en Main - Etude de soi-même

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#16
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il reste toujours plus facile de recevoir des insultes que des ovations...

étant donné les chemins détournés que nous prenons, nous ouvrons des portes que les ego ne veulent pas alors ils nous insultent...

Mais parfois à la fin du travail nous commençons à rencontrer des âmes qui remercient, et alors l'habitude de l'enfer fait que ces ovations sont bien plus douloureuses et affligeantes que les insultes... car elles nous demandent de nous pardonner...

Le travail est ainsi fait, il change. On sait se désensibiliser pour ce qui n'est pas bon, mais il faut aussi faire de même pour ce qui est bon!

Étant donné que tous ceux qui me font des compliments c'est pour m'arnaquer derrière, évite de trop m'en faire :mrgreen:

Je donne tous les compliments qu'on me fait à PetitHommeLibre si c'est possible... Tu en feras meilleur usage certainement, et peut être que ça conjurera le sort aussi.

Je trouve aussi que c'est super ce que tu écris PetitHommeLibre. Tout le travail que tu fournis, les nombreuses recherches que tu fais, jusqu'à la finesse que tu peux percer dans les sujets. Merci pour ta bienveillance.
je sous content que Determinee me montre une autre facette aussi radieuse de ton prisme.


(c'est étrange je trouve qu'il y a un truc qui cloche. Pourtant je pense tout ceci, mais j'ai aussi l'impression que ce ne sera pas reçu dans le bon sens)
je trouve que ça va mieux avec cette parenthèse.

J'ai l'impression qu'il se trame un truc. désolé de ne pas pouvoir faire mieux. Merci tendrement pour votre aide.
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#17
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Cher Antoine,
Je constate tes changements et sincèrement tu m'impressionnes.
Je ne cherche pas à t'arnaquer, je constate.

Mais crois moi, je ne mérite pas de compliments lorsque je me retourne vers l'intérieur.
Une personne me connaît mieux que moi-même, mon épouse.
Je fais beaucoup d'efforts pour atteindre l'humilité.
La chasteté, j'ai passé le cap de ma puissance sexuelle, il est trop tard et "je ne changerai pas d'Athanor" pour en trouver un plus jeune et performant.
C'est une expression qui m'a toujours choqué.
En d'autres termes, je ne choisirai pas une "nouvelle épouse-prêtresse" plus jeune pour pratiquer ce que tu sais plus intensément.

Beaucoup de blessures m'ont rendu méchant, colérique et orgueilleux mais j'aime les êtres humains plus que les animaux.

Nous sommes formatés au négatif.
Vive le Positif Conscient ! Vive le Christ !
Je te fais une accolade fraternelle.
Comparaison n'est pas raison, l'analogie est le raisonnement spontané, l'intuition est l'observation spontanée.
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#18
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Réflexion sur la tristesse liée à la nostalgie/mélancholie :

Ce sentiment ne peut exister sans amour-propre.
Être nostalgique/mélancholique c'est être persuadé que l'eldorado
qui se situe dans le passé a été perdu pour toujours.
C'est désirer en même temps vouloir toujours y revenir.

Comme si tout était parfait à cette époque-là.
Mais, était-ce l'époque qui était si parfaite que celà, ou,
le sentiment que nous avions de nous-même à cette époque ?

Ainsi, si nous arrivions à comprendre que c'est bien le
sentiment que nous avions de nous-même que nous chérissions
et non le passé lui-même, nous pourrions nous dépêtrer pour le moins,
de cette mélancholie.

Mélancholie qui narre de beaux contes,
mais qui cache l'amour-propre et l'orgueil...
"L’homme qui dort et rêve croit qu’il s’éveille lorsqu’il revient à l’état de veille mais en réalité, durant cet état de veille, il continue à dormir et rêver."
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#19
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Lien entre la nostalgie et l'amour-propre : tu suggères que la nostalgie et la mélancolie sont étroitement liées à l'amour-propre. L'amour-propre fait référence à l'estime de soi, à la façon dont nous nous percevons et à notre évaluation de notre propre valeur. Tu suggères que ces émotions sont en quelque sorte liées à la manière dont nous nous voyons et nous apprécions.

L'idéalisation du passé : tu évoques l'idée que lorsque nous sommes nostalgiques, nous avons tendance à idéaliser le passé, à le considérer comme une sorte d'eldorado perdu pour toujours. Cela peut conduire à la désirer constamment et à souhaiter y retourner, comme si tout était parfait à cette époque.

Questionnement sur la perfection du passé : tu poses une question importante en se demandant si c'est réellement le passé qui était parfait ou si c'était notre propre perception de nous-mêmes à cette époque qui était positive. Il souligne ainsi que notre estime de soi et notre perception de notre propre valeur peuvent influencer notre vision du passé.

Possibilité de surmonter la mélancolie : tu suggères qu'en comprenant que ce que nous chérissons dans le passé, ce n'est pas tant le passé lui-même que le sentiment que nous avions de nous-mêmes à cette époque, nous pourrions surmonter en partie la mélancolie. Cela implique que la mélancolie peut être liée à des perceptions de soi négatives ou à un désir constant de revivre une période où nous nous sentions bien dans notre peau.

Cachette de l'amour-propre et de l'orgueil : tu suggères que la mélancolie peut parfois servir de cache pour l'amour-propre et l'orgueil. Cela signifie que notre tristesse liée à la nostalgie peut être liée à notre besoin de maintenir une image positive de nous-mêmes, même si cette image est basée sur une vision idéalisée du passé.

Quelle est donc ta compréhension ?

1969 Cours ésotérique de magie runique CHAPITRE12 Les Harpies. :
Charon, le dieu infernal dont la vieillesse éternelle est toujours mélancolique et abominable, conduit les Harpies qui ont traversé les portes de la mort jusqu’à l’autre rive du fleuve mauvais. Courant bourbeux aux eaux noires et aux immondes rives marécageuses où errent les spectres des morts ! Fleuve fatal où navigue la barque de Charon, conduisant les perdus aux régions sombres, lugubres et obscures du règne minéral submergé.
Modifié en dernier par PetitHommeLibre le 11 septembre 2023, 23:35, modifié 1 fois.
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#20
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La sagesse se lit terriblement dans cet homme, cet être !

qui est allé au delà des 12 travaux d'Hercule !

Il ya aussi ce truc de forces titanesques qui apparait, avec simplicité.

Ce compliqué destructeur mentaloide, qui s'habille en soi, se calme lorsqu'on regarde un tel être !

Combien de personnes ont pu approcher un tel être !
combien ont pu ressentir d'intenses joies, se courber d'humilité avec allégresse envers lui !

Combien d'êtres ont pu frémir de sa présence ! Je les aime pour cela, énormément, d'avoir honorer un tel Homme !

Il est pour moi un être aux milles âges, aux milles vaillances, aux milles miracles, aux milles générosités, aux milles parcours intenses, douloureux, aux milles fraternités, multipliés.

Récemment j'ai lu un texte d'un de ses détracteurs, je vais pas le mettre ici, il est inintéressant. Pur Produit d'errements, les mêmes qui s'agitent en moi, depuis la nuit des temps, à la syllabe de mes incarnations! Tantôt bien mise, tantôt mal mise dans les conditions, à la somme des périodes de civilisations. Bien sur, j'ai du aller dans ces endroits, cité comme purgatoire ou autre.

L'injustice et mes mois !

Pourquoi, il se manifeste en moi, ce truc d'injustice, lorsque cela touche un frère, un enfant, une soeur, d'où vient sa source qui me projette dans le feu inversé de Mars, du combat, de la lutte, des mots qui te soulèvent de colère ! qui ne porteront que le tambour échographique des incompréhensions, en queue leu leu, sans arrivée à la source !

Je ne cherche pas à être lui,
Je ne cherche pas à être toi,

Je l'ai pourtant par instant, chercher à comprendre comme l'autre, à ptet envier, mais j'en suis pas sure ! Je me méfie de ce que j'ai compris...

Mon éducation, m'a retiré certaines postures, pour en ajouter d'autres, plus silencieuses, plus en sous marins, plus acides...

j'ai longtemps pensé que c'était une question de survie de les utiliser.

Je sais que je suis fragile, de ces aspects !

que ce sera long, douloureux, des défis que j'accepte ou non de relever, que je relègue au fond de mes tiroirs, remplis de Naphtaline et d'odeurs putrides.

Est ce que je peux dire solennellement que ça n'arrivera plus, bah Non !

Je sais que si aujourd'hui ou demain, je vois un enfant se faire molester, même si c'est ces parents, ça va se soulevait en moi direct !

Si je lis sur ce forum, ou ailleurs, re belote !

Même celui qui critique qui reçoit l'injustice, ça va me soulever, direct !

Comment faire, à part saisir que c'est en moi qu'il y a le poison de l'injuste ...

Il m'est arrivé d'envier l'aveugle physique, et à la fois, j'ai un peu réfléchie.
Grace aux lectures, de vos posts, que l'aveugle c'est moi, à chaque pincement, je m'endors, à chaque colère, je m'endors, à chaque orgueil, je m'endors.

Je sais que je vais dormir longtemps, encore, un petit éveil peut se produire, pas comme mon mental, le veut !

je suis devenue une servante de mes Mois, ils le savent, je le sais pas encore suffisamment, malgré mes sorties, mes cascades, mes plaintes intérieures, mes lettres recommandés envers eux, mes tentatives désespérés de les contrer avec la méditation, je leur reste une servante.

J'arrive un peu par l'action, par la confrontation à ce qui m'est insupportable, puis je note, je médite, à chaque fois, je vois bien que c'est long la liste de mes attitudes, des mes paroles, de mes colères, de mes jugements.

Je ne me leurre pas, ça va être très long.

J'espère que Ma Deva, me donnera la bonne tape, pour avancer. Je lui remets, tout !

Hélas pour l'instant en éparpillée, il est ultime que je lui remette le discernement, l'effort constant...

Ce conte que j'écris à travers une petite fille qui a peur, à la grâce et au concours d'une pensée vertueuse envers les angelots d'ames qui sont là autour de nous ! Une partie est produite par mon enfance. Il manque encore des dessins, je les attends, je ne stresse pas les personnes, je tiens au meilleur, à la sérénité de ces participants.

Je pense que l'enfant fait des voyages astrales, j'en ai fais jusqu'à mes 14 ou 15 ans, j'allais chez le voisin, jusqu'au bout de la rue, j'allais près des étoiles, je faisais des pirouettes en l'air, puis ça s'est petit à petit annoncée différemment, je me souviens d'avoir de bien nombreuses fois chuté par la suite, je sortais, et boum la peur s'est emparée de moi.

J'avais aussi ce rêve qui s'est manifesté, je chutais et hop je me retrouvais la tête au sol, j'avais pas mal, mais j'étais comme la tête dans le sable ou la terre, et hop je revenais...

ensuite vers l'age de 25 ans, les cauchemars ont commencé, surtout lorsque je vivais des étapes douloureuses, la perte d'un emploi, la perte d'une situation, etc...

sauf pendant la maternité, que des instants de douceurs, de plénitude.

Lors de ma séparation, re cauchemars. je me réveillais dans la nuit, apeurée.

Puis ça s'est estompée, sont advenus pendant une période de chasteté totale consentie, des incubes pendant la nuit, je priais lorsque cela advenait, quelque fois les sons ne pouvaient sortir, je sentais que j'allais jouir, de ces attouchements nocturnes, j'étais comme plaquée.

Y a eu des ratés, après je nettoyais comme je pouvais, ces fibres sournoises, qui s'installent en toi, ton chakra sexuel qui te le capture, insidieusement, qui te transmettent, des états difficiles à gérer, comme d'un seul coup, une agitation vers le bas etc...

J'ai fini mentalement par chercher, c'est quoi ces choses qui t'arrivent pendant ton sommeil, j'ai découvert leurs récits, ces entités qui viennent lorsque tu es dans le sommeil paradoxal.

ça a fini par disparaitre, je sais pas si c'est à cause de la Prière ou si c'est parce que à cet instant, je fréquentais, un homme qui a connu beaucoup de femmes. Ca s'est arrêté dès que la relation s'est dissoute, par choix.

Je ne peux pas juger quelqu'un qui s'y adonne, je sais que c'est effroyable, difficile à régler, à affronter, à s'en détacher.

Je sais que la Prière peut aider, et que lorsque quelqu'un en parle, je pleure de compréhension envers lui ou elle.

Je peux te proposer mon vécu, de ces choses là, je ne cherche pas à t'aider, je cherche à t'aimer encore mieux.

Frat,

Marie
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C'est l'identification qui nous endort...
L'identification, c'est peut être ce poison, qui nous fait avorter l'esprit d'avec la matière, le poison du moi, le moi qu'est le temps.
Ce moi qui n'entend pas la voie...
Ce moi dans l'horizontale...

Je fais en sorte de gagner de l'argent en ce moment...
Et pourtant ?
Et pourtant, pas de femme, pas d'enfant, pas de devoir Parlok, pas d'alignement. Juste une soupe de mois sur pattes. Mais au moins, je le sais... :smile:

La seule drogue permise dans ce chemin, c'est : la compréhension.
Nous sommes privilégiés d'avoir reçu tous les enseignements écrits je trouve.
Ce n'est peut-être pas pour rien que la prochaine mission des gnostiques internationaux, se trouvait en Europe (d'après ce que j'ai lu, corrigez-moi si je me trompe).

Il existe plusieurs maîtres encore disponibles en Europe.
En Grèce, j'ai eu l'intuition que c'était possible.
C'est le V.M Galeno qui s'y trouvait, la dernière fois que je m'étais renseigné.
Modifié en dernier par PierrePage le 17 septembre 2023, 23:20, modifié 5 fois.
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Bien sûr que la prière peut aider...
C'est parfois la seule solution, la dernière échappatoire, ou le premier retour...

Nous avions juste cru pouvoir tout soigner à coup d'intellect ma sœur.
Cette prière, tu peux la conjuguer avec méditation. Tu feras des merveilles.
Modifié en dernier par PierrePage le 17 septembre 2023, 23:19, modifié 1 fois.
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Si tu veux avoir de mes nouvelles :
En ce moment mes réflexions se portent sur le fait que le moi puisse intervenir sans raison, sans sens.
Suis-je en train de développer un nouveau moi qui voudrait comprendre tous les autres.
Est-ce de la malignité, ou une réelle tentative de l'Intime.
Modifié en dernier par PierrePage le 17 septembre 2023, 23:22, modifié 1 fois.
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Cher Frère Pierre,

Que puis je te proposer, que dalle à part que je suis embouteillée encore et encore dans cette inutilité mortifère...

L'Homme qui juge
________________________________________
Il y a des hommes qui font métier de juger les hommes.
Chaque jour, ils font comparaître devant eux quelques-uns de leurs compagnons d'existence ; ils les interrogent, pèsent leurs actes et leurs intentions, disent : «Ceci est bien, ceci est mal», déclarent que telle action mauvaise doit être réparée par tant de souffrance ; puis ils font signe à d'autres individus chargés de doser la souffrance.
Ces hommes qui jugent les hommes, qui sont-ils donc ? Des saints, ou tout au moins des héros de vertu ?
Pas le moins du monde. Ce sont des gens comme vous et moi, ni meilleurs ni pires que les autres ; quelquefois pires.
Quand les jeunes de la caste des riches ont, tant bien que mal, terminé, dans les lycées, aux frais des pauvres, ce qu'ils appellent leurs études ; quand ils ont, à force de recommandations, satisfait à des examens, et obtenu, à force de filouteries, un diplôme, estampillé par l'État, qui les déclare supérieurs au reste des hommes, Ñ leurs engendreurs s'assemblent, perplexes, et disent : «Qu'allons-nous faire de notre héritier ?» L'héritier, qui n'a pas de goût pour les labeurs utiles, et qui veut, à l'instar de ses parents, vivre aux dépens de la masse, répond parfois : «Je veux être assassin.» Alors il entre, sous la tutelle du gouvernement, à Saint-Cyr ou à Polytechnique. D'autre fois il répond : «Je veux faire mon droit.»
Faire «son droit», c'est le rêve de tous les jeunes bourgeois sans vocation et sans idéal, coeurs secs et cerveaux vides, heureux de passer sur les trottoirs du «quartier latin» de bonnes années de paresse et de noce. C'est aussi le rêve des petits ambitieux, futurs mangeurs d'hommes, herbe mauvaise et vivace de politiciens et de gouvernants.
Leur principale occupation sera de boire, avec ostentation, en compagnie de malheureuses femmes condamnées pour vivre à louer leur corps aux passants. Ils les méprisent et elles les méprisent ; mais ils s'affichent avec elles aux terrasses des cafés, afin de faire croire à tous qu'ils sont des hommes. Souvent ils font pis ; ils s'amusent quelque temps de filles du peuple, pauvres petites âmes vouées à toutes les tentations, les rendent mères et les abandonnent, Ñ les poussant négligemment au suicide ou à la honte, au fleuve et au ruisseau.
Aux jours d'effervescence sociale, ils se plaisent encore à briser quelques vitres, à faire tout le bruit qu'ils peuvent, acclamant ou conspuant quelque chose. Quoi ? ils n'en savent trop rien, répétant ce qu'ils entendent dans leurs familles ou ce qu'ils lisent dans les gazettes. Mais, d'instinct, ils sont toujours contre le peuple ; et s'ils se trouvent acclamer une bonne cause, c'est bien par hasard.
Lorsque les monômes, le café et les filles leur laissent quelque répit, ils vont dans une école écouter des hommes graves, à faces de singe, qui leur enseignent des choses iniques. Ils apprennent là le mépris de la simple justice née d'elle-même dans les intelligences loyales, et le respect de l'iniquité imprimée dans les codes, héritages des bêtes fauves nos ancêtres ; ils apprennent par-dessus tout le respect de la propriété fondée sur le vol. Pour leur inculquer la notion du juste, on ne trouve rien de mieux que de leur faire admirer les institutions féroces d'une nation dure et impitoyable, morte dans la pourriture il y a près de quinze cents ans, et fameuse parmi celles qui ont le plus terrorisé la terre et les hommes. Et le peu de conscience droite que ces lamentables jeunes gens avaient pu sauver de la famille et du collège, ils achèvent de le perdre.
Ils ont raison de dire qu'ils font leurdroit, et non pas ledroit ; sans peut-être même s'en rendre bien compte, ils sentent tout de même que ce qu'ils apprennent là, ce n'est pas le vrai droit, mais un droit spécial à eux.
Au sortir de cette école, que deviennent-ils ? Ils deviennent notaires, et ils volent leurs clients ; avoués, et ils grugent les plaideurs ; huissiers, et ils dépouillent les miséreux de leurs meubles ; diplomates, et ils se mentent entre eux ; politiciens, et ils trompent le peuple ; journalistes, et ils vendent leur plume ; avocats, et ils parlent contre leur pensée ; jugeurs d'hommes, et ils distribuent de la souffrance.
On peut dire sans exagération que tout ce qui trompe, gruge, pille et opprime le peuple souverain, sort en grande partie de l'École de Droit.
Voilà quels sont les saints et les héros de vertu qui vont passer leur existence à peser les actes et les intentions d'autrui.
Une fonction si haute ne peut pas s'accomplir tout simplement, vous le pensez bien. Il y faut de l'apparat et du cérémonial. Tout d'abord, les jugeurs d'hommes Ñ comme les domestiques de grande maison Ñ mutilent leur figure : ils empêchent leur barbe de croître, rasant les lèvres et le menton, et ne lui réservant qu'un petit espace, le long des joues. Ils s'appliquent ainsi à ressembler à des singes, font tout leur possible pour atteindre le maximum de laideur ; ce à quoi ils arrivent sans grande peine, car leur laideur morale jaillissant de tous les pores de leur face, ils sont naturellement hideux.
Cet affreux aspect, ils le complètent par un accoutrement grotesque qui rappelle, à s'y tromper, celui des médecins de Molière : longues robes et bonnets carrés. La première fois qu'on les voit, ainsi affublés, faire leur entrée dans la salle de séance, à la file indienne, on s'esclaffe. Instinctivement, on cherche, dissimulée dans leurs larges manches, la seringue traditionnelle. A quelle bonne bouffonnerie va-t-on assister ? Hélas ! c'est à une tragédie. Ces paillasses ne viennent pas là pour faire rire, mais pour faire pleurer.
Disons tout de suite que, leur journée finie, ils ont grand soin d'accrocher leur défroque à un clou et de remettre la vaste, avant de se montrer dans la rue, où, vêtus comme tout le monde, leur présence n'est pas trop remarquée. Ils disent à cela qu'ils n'aiment pas les pommes cuites et les trognons de choux. Comme je les comprends !
Ayant fait leur entrée dans la salle, grimés et costumés, ils prennent place sur une estrade, et, étant ainsi plus élevés que le public, le public tremble devant eux et les honore. Car le meilleur moyen pour se faire respecter de la foule, c'est de l'obliger à lever les yeux vers soi. Au même niveau qu'elle, il n'y a pas de prestige possible ; et plus bas qu'elle, vous êtes perdu.
Cependant nos guignols, ayant troussé leurs jupons, se vautrent dans de vastes fauteuils où la plupart ne tardent pas à s'endormir.
Alors, on introduit devant eux les mauvais hommes, ceux qui n'ont pas rigoureusement conformé leur conduite aux cinq cent mille trois cent vingt-quatre paragraphes d'un gros livre. Ces 5324 paragraphes, Ñ véritables versets d'une autre Bible Ñ nul n'est censé les ignorer, même ceux qui ne savent pas lire. En réalité, tout le monde les ignore, à commencer par les jugeurs. Et la preuve, c'est qu'ils ont la plus grande difficulté à se reconnaître parmi ce fatras. Ils ont beau feuilleter les pages, invoquer les textes, amonceler les citations, jamais ils ne sont d'accord. L'un condamne en vertu de tel article ; l'autre acquitte en vertu de tel autre article ; et souvent c'est la même phrase qui, commentée différemment, dit tantôt blanc, tantôt noir, fait de l'innocent un coupable et du coupable un innocent. Changez de place une virgule, et la face de la justice est retournée. O justice !
Cette bible moderne, qu'on appelle le Code, que dit-elle ? elle dit que la femme est l'esclave du mari, que l'enfant est la propriété du père, que le pauvre est la chose du riche, que le faible est le jouet du fort. Elle protège le vol sous sa forme propriété ; punit la propriété sous sa forme vol. Elle décrète qu'une grande partie des hommes n'aura point part aux richesses matérielles et intellectuelles de la terre, qu'ils ne pourront point prendre conscience d'eux-mêmes et s'améliorer, mais croupiront dans l'ignorance, la brutalité, l'alcoolisme ; puis après, elle les châtie parce qu'ils sont des ignorants, des brutes, des alcooliques. Elle leur fait un crime au verso de ce dont elle leur fait une loi au recto. Elle décrète pour les uns le droit à ne rien faire, pour les autres l'obligation de peiner durement. A ceux-là, s'ils fautent, elle est toute clémence et toute indulgence ; à ceux-ci, toute rigueur et toute implacabilité. Au rebours de la logique et des lois physiques mêmes, les gros s'échappent à travers les mailles de son filet, et les petits y restent pris. Filet fantastique !
Livre redoutable et sacré, cette Bible Ñ beaucoup moins attrayante que l'autre Ñ nous fut léguée, dans ses grandes lignes, par un peuple de voleurs cauteleux et d'aventuriers bavards qui établirent autrefois leur repaire sur les bords du Tibre, et qui, de là, se lançaient sur le monde pour le désoler. C'est à la lumière de ces intelligences lointaines et brutales que les jugeurs d'hommes examinent nos actes ; c'est aux idées de ces pillards sur la morale qu'ils veulent que nous conformions notre conduite, et nous ne sommes de bons citoyens, d'honnêtes gens, qu'autant que nous pensons et vivons ainsi que le voulait, il y a quatorze siècles, l'empereur Justinien.
Les jugeurs d'hommes sont assis, comme des marchands, devant un grand comptoir. Qu'y vendent-ils ? du drap ? des salaisons ? des fromages ? Bien mieux : la justice. Tout simplement.
Leur boutique porte, comme enseigne, une balance. Une balance qui n'est rien moins que de précision. Au petit bonheur, cahin-caha, ils vous y pèsent les intentions humaines, comme d'autres deux kilos de sucre. Et, soit qu'ils aient beaucoup d'ouvrage, ou qu'ils aient hâte d'aller se promener, ils ne prennent pas toujours le temps de s'assurer si les deux plateaux sont en équilibre ; de sorte que ceux qui viennent dans leur magasin acheter de la justice, en sortent presque toujours volés.
Derrière le dos de ces singuliers débitants, est pendue au mur une peinture qui fait frémir : c'est l'image d'un homme nu, à l'air très doux, qui râle sur un gibet où on le fixa à l'aide de clous dans ses membres. C'est, paraît-il, sur l'ordre des juges de son époque que ce malheureux fut mis à mort de cette façon épouvantable.
Les mauvais hommes qui ont contrevenu, sans même le connaître, à l'un des 5324 articles du grand Livre, et qu'on amène devant les marchands aux figures sinistres, sont frappés d'effroi à la vue du supplicié, qui est pour eux comme un avertissement tragique. Ils sont démontés aussi par l'étrangeté de la salle où ils se trouvent, par les dorures du plafond qui contrastent avec leurs loques, par les regards du public plantés sur eux comme sur des bêtes rares, par les préposés aux meurtres nationaux qui les tiennent et dont les moindres mouvements font retentir d'effrayants cliquetis d'armes blanches, et surtout par la rangée de médecins de Molière devant qui ils comparaissent. Aussi n'ont-ils point leur tête à eux ; et, quand le chef des marchands les interroge, ils bredouillent, ne savent que dire, renoncent à se disculper. Alors leur affaire est claire, et ça ne traîne pas ; en deux temps et trois mouvements, le chef jugeur décide que le mauvais homme qu'il a devant lui sera privé de son existence pendant une période plus ou moins longue, suivant l'inspiration du moment. Et cela se passe comme il l'a dit : on emmène le méchant homme, on l'enferme entre quatre hautes murailles, on lui rase les cheveux et la barbe, on lui fait revêtir un costume triste, on lui met les pieds dans de gros sabots, puis on le force à travailler servilement, sous le bâton et sous la botte, durant des mois ou des années, jusqu'au terme prescrit. Pour le punir de sa dégradation antérieure, on l'avilit, on le dégrade de plus en plus ; puis, un beau jour, on le rejette dans la circulation avec de nouveaux vices, de nouvelles tares, une bien plus grande aptitude à offenser le gros Livre.
Quand il est entré dans la maison aux hautes murailles, ses compagnons de chaîne lui ont dit : «Qu'as-tu fait pour venir ici ?... Quoi ! rien que cela ? Et tu t'es laissé prendre ? Maladroit ! Voici comment il fallait faire.» Il s'instruit donc et se promet de faire mieux à l'avenir. Un jour, l'un d'eux l'a pris à part : «Le beau Nénesse et moi, nous combinons un chouette coup pour notre sortie ; veux-tu en être ? C'est simple : une vieille femme à estourbir et une villa à dévaliser... Tu ne sais pas manier un surin ? On te donnera des leçons.» Et c'est ainsi que, sur l'ordre exprès des jugeurs et aux frais des bons contribuables, le mauvais homme parachève son éducation. Dans le recueillement de la centrale, il s'enrôle sans bruit dans l'armée rouge, se prépare en silence aux futures besognes de sang. Après quelques années passées dans la compagnie de cambrioleurs, de sodomistes, de souteneurs, d'égorgeurs, on peut croire qu'il n'a plus qu'un faible penchant à tenir compte du Livre sacré et de ses cinq mille trois cent vingt-quatre versets. Et c'est alors qu'on lui ouvre la porte toute grande et qu'on le lâche en pleine société.
Aux pauvres filles qu'ils ont jadis séduites et qui, de chute en chute, sont tombées bas, les jeunes fêtards d'autrefois, devenus magistrats, sont implacables. Mais aux belles dames du monde qui ont le revolver trop prompt et l'arsenic trop facile, ils sont tout sucre et tout miel.
La boutique des jugeurs d'hommes est très achalandée ; tous les âges, toutes les conditions s'y coudoient. Tous ceux qui ont entre eux des sujets de rivalité, de contestation, de querelle, s'y donnent rendez-vous ou s'y traînent les uns les autres ; et, dans une société qui est précisément basée sur la rivalité, la guerre d'homme à homme, on peut penser s'ils doivent être nombreux ! Devant le comptoir, c'est un défilé continuel. Créanciers impayés, industriels menacés par la contrefaçon, hommes politiques diffamés, maris trompés, voleurs volés, rouleurs roulés, floueurs floués, tout ce monde s'en vient crier vengeance aux pieds des arbitres. Parmi toutes ces jérémiades, embrouillées comme à plaisir par les roueries et les mensonges de chaque partie, de leurs défenseurs et de leurs témoins, comment les arbitres pourraient-ils jamais se reconnaître, à supposer qu'il en eussent l'envie ? Aussi s'en remettent-ils sagement au dieu hasard ou au dieu profit, donnant raison tantôt à X, tantôt à Z, au gré de leurs intérêts ou de leur humeur présente, les yeux fermés, la main ouverte ; et ils ont la satisfaction de penser qu'ils doivent quelquefois tomber juste. Rabelais nous conte l'histoire d'un juge qui jouait les sentences au sort des dés ; assurément, c'est là le procédé le plus commode, le plus expéditif et le plus impartial. Puisque les intéressés eux-mêmes n'arrivent pas à s'entendre sur des choses qu'ils connaissent mieux que personne au monde, on ne peut pourtant pas vouloir que des étrangers aient le pouvoir de faire la lumière sur une affaire qui ne les regarde pas ? Pile ou face est donc tout indiqué.
Il faut d'ailleurs rendre cette justice aux arbitres qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour dégoûter le public d'avoir recours à eux. D'abord ils vendent leur marchandise à des prix fous : pour vous régler une petite contestation de dix francs, ils vous présentent une note de trois cents francs, dans lesquels ne sont mêmes pas compris leurs appointements, puisque c'est le peuple tout entier qui les paie. Puis ils mettent, à s'occuper de votre affaire, toute la mauvaise volonté possible. Leur lenteur est proverbiale : des différents qui, entre gens raisonnables, se fussent réglés en dix minutes, ils les règlent en dix ans, et encore sans contenter personne. On a vu des procès survivre à leurs auteurs, se transmettre d'héritiers en héritiers, passer de générations en générations, pour la plus grande gloire et le plus grand profit des marchands de justice. Mais rien ne lasse la patience de la gent plaideuse.
Les justiciards ont autour d'eux une armée d'individus baroques aux occupations bizarres, avoués, huissiers, greffiers, avocats, syndics, notaires, etc., qui se renvoient de l'un à l'autre le douloureux plaideur, comme une chiffe. A chacun, bon gré, mal gré, il faut abandonner un lambeau de sa chair. Vampires voraces, ils se cramponnent après vous de tous leurs ongles, et ne vous lâchent qu'une fois vidé ; et, pour humer le sang de vos veines, ils ont ce suçoir terrible : le papier timbré.
Ces individus parlent un jargon extraordinaire, un stupéfiant galimatias que je les défie de bien comprendre eux-mêmes. C'est dans ce langage inouï, fait de mots qui ne figurent à aucun dictionnaire et d'une syntaxe qui n'est exposée dans nulle grammaire, que sont rédigées Ñ par quel tour de force ? Ñ les terribles feuilles de papier timbré. Dans l'impossibilité de ne rien comprendre, l'acheteur de justice jette sur ces grimoires cabalistiques des regards navrés ; pourtant, tout au bout de la liasse, il saisit une petite phrase, qui est très claire : «Coût : 7fr.50».
Malgré tout, le magasin des vendeurs de droit (pas magasin de nouveautés, hélas !, mais de bien vieilles vieilleries) ne désemplit pas. Qu'importent au bon contribuable toutes les rebuffades, toutes les avanies qui l'y attendent ? Un bon contribuable ne se rebute de rien.
Pour décider du sort des mauvais hommes, les jugeurs ont deux méthodes. S'agit-il de causes petites, de banales histoires de vol et d'escroquerie, maigres larcins, menues filouteries, ils mettent, à dépêcher leurs affaires, une hâte fébrile. Les accusés défilent devant eux au galop, ayant à peine le temps de s'arrêter et d'entendre les questions qu'on leur pose au passage : «Vous avez commis tel méfait ? Ñ Mais non... Ñ Ça ne fait rien. Huit jours de prison. Au suivant !» Et, tandis que le défilé continue, les pauvres jugeurs jettent, de temps à autre, des regards anxieux sur l'horloge : « Je n'aurai jamais fini à 5 heures... Et la petite Irma qui m'attend au café du coin !» Sur ce, ils distribuent de la justice à toute vapeur. C'est entre eux une émulation à qui prononcera le plus de sentences dans sa journée, Ñ quelque chose comme le record de l'heure ; et le public est presque aussi nombreux qu'au vélodrome. A la fin de l'année, on décore le gagnant.
Mais lorsqu'il s'agit de causes sortant de l'ordinaire, Ñ beaux assassinats bien horribles, affaires de mÏurs bien grasses, Ñ alors les jugeurs prennent leur temps et leurs aises. Ils s'établissent dans une salle bien plus grande et bien plus belle, comme s'ils voulaient faire honneur au satyre ou à l'assassin. Ils distribuent des tickets d'entrée, ils font mettre derrière eux, en bonne place, un fauteuil pour la petite Irma, venue dans sa plus belle toilette. Tout le beau monde des champs de courses et des bazars de charité est là, au grand complet ; la salle est pleine de parfums et de petits rires ; on dirait un mardi à la Comédie-Française.
Quand le mauvais homme paraît, toutes les lorgnettes se braquent sur lui ; des dessinateurs crayonnent, des objectifs se déclenchent. Alors commence la représentation.
Les jugeurs, pour la circonstance, se sont adjoint des aides ; ils ont racolé quelque part une douzaine de gros hommes, propriétaires, rentiers, commerçants, choisis parmi les castes hostiles à celle de l'accusé ; et ces douze ventres vont décider du sort de cet homme.
Contrairement aux jugeurs professionnels, les juges amateurs acquittent quelquefois ; la raison, c'est que, n'ayant pas l'habitude, manquant d'entraînement, ils se croient parfois tenus Ñ quelle aberration ! Ñ d'écouter leur conscience.
Un grand diable vêtu de rouge se lève : «Messieurs, l'homme que vous avez devant vous est le dernier des scélérats. Tous les crimes imaginables, il les a commis. Donc, il faut séparer sa tête de son corps. Messieurs les jurés, donnez-moi sa tête.» Un autre individu, habillé de noir, se lève à son tour : «Messieurs, celui qui est devant vous est le plus parfait honnête homme que je connaisse. Il n'a rien fait qui ne soit à son éloge. Donc, il ne faut pas séparer sa tête de son corps. Messieurs les jurés, laissez-lui sa tête.» Et, suivant que l'un ou l'autre parle, intarissablement, durant des heures, l'homme apparaît tout à tour au public stupéfait comme une grande canaille ou comme un petit saint. Il faut que l'un des deux bavards soit un fieffé menteur.
Celui qui donne de telle entorses à la vérité, est-ce que les gardiens de la justice ne vont pas le faire empoigner sur-le-champ ? Ils dorment. Quant aux douze amateurs, ils sont en train de «se faire une opinion.» D'ailleurs, il paraît que ceci est conforme au rite. Les deux orateurs n'ont que faire de la vérité : ils sont payés, l'un pour plaider blanc toute sa vie, l'autre pour toute sa vie plaider noir.
Ici, ce n'est plus le sort des dés qui décide, c'est le jeu du volant. A coups de raquettes, le parleur noir et le parleur rouge se renvoient, à travers la salle, la tête de l'homme. Les douze ventres diront quel est le vainqueur.
La joute finie, faute de salive, le chef jugeur réveille, à coups de coude, ses acolytes affalés sur le comptoir. Ils se retirent dans l'arrière-boutique, ainsi que les autres acteurs du drame, et, contrairement aux bonnes traditions du théâtre classique, la scène reste vide. Pourquoi ne baisse-t-on pas le rideau ?
Mais on frappe trois coups : tous rentrent en scène ; c'est l'épilogue. La main sur le cÏur, comme s'il allait chanter, le président des douze ventres déclarent que le parleur rouge est le gagnant. En conséquence, on lui accorde la tête de l'homme, qu'il fera couper par son domestique.
Dans son cadre, sur le mur, le supplicié blond a frissonné et ses cinq plaies se sont rouvertes ; mais, dans la bousculade de la sortie, personne ne l'a vu.
... Il y a des hommes qui font métier de juger les hommes...

Pardon,
Pax Sancti Frater,
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#25
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René CHAUGHI
LES TROIS COMPLICES

Il y a, de par le monde, des hommes qui ont pour fonction de tuer, de s'entraîner à tuer, d'apprendre aux autres à tuer. Ils sont vêtus de couleurs voyantes, à la manière des sauvages, ont des passementeries dorées sur leurs manches, sur leurs cols, sur leurs chapeaux. Ils inspirent le respect aux autres hommes, et plus ils ont de passementeries dorées, plus ils inspirent de respect. Ils portent, pendu à la ceinture, un outil semblable à un long couteau, avec lequel ils frappent ceux qui leur déplaisent et qu'ils veulent tuer. Aussi le nombre de ceux qui ne s'inquiètent point de leur déplaire est-il petit.
Seuls, dans l'État, ces hommes ont le droit de donner la mort. Seuls, non. A la vérité, un autre homme partage avec eux le privilège du meurtre : on l'appelle le bourreau. Mais, au rebours de ceux dont je parle, celui-ci ne jouit dans le public d'aucune considération. La raison en est qu'il n'a pas de passementeries sur ses manches. Au contraire, eux sont vénérés, choyés, enviés, admirés. Les femmes les trouvent beaux, chaque jeune fille rêve de l'un d'eux pour mari, et tous les petits garçons veulent devenir comme eux. Aussi sont-ils très fiers de leur caste. Ils bombent la poitrine, mettent du cosmétique sur leurs moustaches, parlent avec des gros mots. Tout le temps qu'ils ne donnent pas à l'art de tuer, ils le passent à boire des liqueurs qui rendent fou, ou bien dans des maisons mystérieusement closes. Il ressort de leurs conversations qu'ils ont un grand penchant pour l'acte sexuel, et, à les en croire, ils se servent volontiers pour cela des femmes des autres. Ils sont aptes à bien des choses encore : par exemple, faire rouler des boules d'ivoire sur une table verte.
C'est le peuple qui paie leurs beaux vêtements, leurs passementeries, leurs cigares, leur cosmétique, leur outil à tuer, leurs chevaux, leurs maîtresses, leurs absinthes et leurs parties de billard. Mais le peuple est trop honoré de subvenir aux dépenses des hommes-qui-ont-le-monopole-de-donner-la-mort.
Ils disent tenir le premier rang dans la nation, et, de fait, leur métier a une origine très reculée : il remonte à nos bons ancêtres les fauves. C'est pourquoi ces messieurs sont très chatouilleux sur le point d'honneur : semblables à la femme de César, ils ne doivent même pas être soupçonnés. Du reste, leur honneur n'a rien de commun avec celui des autres hommes. Il au-dessus de lui comme le soleil est au-dessus des nuages. La grande généralité des citoyens comprend très bien cela.
Les annales prétendent qu'il y a cent ans, le peuple s'était fâché et avait exigé qu'il n'y eût plus désormais qu'une seule juridiction pour tous. On le lui avait promis. Mais des gens aussi indispensables que les Tueurs ne peuvent être soumis aux mêmes lois que les voyous. (C'est ainsi qu'ils nomment tous ceux qui n'ont pas les jambes rouges et la poitrine bleue : les ouvriers, les savants, les artistes. Et il est de fait que ces petites gens font piteuse mine auprès d'eux.) Et de même qu'ils ont leur honneur, ils ont leur justice. Quelle est-elle ? Parbleu, la justice de gens qui ont un grand couteau au côté.
Ils ont une religion spéciale, assez mal définie d'ailleurs et sur laquelle on est loin de s'entendre. L'objet de leur culte est un dieu, ou plutôt une déesse, qu'ils appellent Patrie.

Ils l'adorent fanatiquement et n'entendent pas la moindre plaisanterie à son sujet. Ils ordonnent à chacun d'y croire, bien qu'ils ne puissent dire ce qu'elle est au juste. Mais si l'on ne croyait qu'à ce qu'on connaît, où serait le mérite ? Les cérémonies par lesquelles ils célèbrent leur déesse sont de vastes égorgements de peuples, qu'eux-mêmes nomment boucheries.
Si leur belle prestance les fait admirer, leur grand couteau les fait craindre. Pourtant ils ne seraient pas fort dangereux, s'ils étaient réduits à leurs seuls moyens. Car, après tout, ils ne forment qu'une petite minorité dans l'immense masse des voyous. Mais ils possèdent des esclaves en grand nombre, lesquels, sur un signe d'eux, se précipitent et tuent.
Tous les ans, ils font un choix parmi les jeunes hommes et en prennent des milliers. Ils les enferment dans des bâtiments construits tout exprès, les habillent de vêtements colorés, analogues aux leurs, mais incommodes, laids et sales. Ils les terrorisent par d'affreuses menaces, grossissent la voix en leur parlant, et en font ensuite tout ce qu'ils veulent. Ils les nourrissent avec des choses pourries, leur affirment plusieurs fois par jour que leurs mères sont des prostituées, leur enseignent diverses façons de donner la mort, au commandement. Au bout de quelques années, ils les renvoient à leurs familles, avec des maladies honteuses. «Vous ne nous avez donné que des hommes, disent-ils ; nous en avons fait des héros.»
Devant qu'on les eût choisi, les jeunes hommes voulaient tous faire des héros. Une fois pris, ils voudraient bien s'en aller. Beaucoup se suicident, quelques-uns se révoltent. Ceux-là, on les torture ou on les tue. A ce compte, on préfère obéir.
Ils disent : «Apprentis tueurs, de l'autre côté de cette montagne habitent des hommes extraordinairement méchants. Sont-ce même des hommes ? C'est peu probable, attendu qu'ils parlent un langage incompréhensible et qu'ils mangent de la choucroute. Ces êtres féroces en veulent à votre déesse. Elle est si belle qu'ils ont juré de vous la ravir. Mais nous sommes là. Au jour fixé, nous vous mèneront vers ces monstres. Vous les tuerez et ils vous tueront. N'ayez pas peur : nous serons derrière vous. Ñ En attendant, et pour vous exercer, vous devez tuer sans hésiter quiconque nous vous désignerons : vos pères, vos frères, vos mères, vos soeurs.»
Et il arrive ceci : chaque fois que le peuple s'assemble sur les places des villes pour demander justice, les esclaves tueurs, qui craignent la colère de leurs maîtres, tuent sans hésiter leurs pères, leurs mères, leurs frères, leurs soeurs...
Parfois, les Tueurs promènent leurs esclaves dans les rues, musique en tête. Un d'entre eux tient une perche et sur cette perche est clouée une étoffe. Alors les voyous s'arrêtent, admirent les couleurs vives, les passementeries, le cosmétique ; et quand vient à passer la perche, Ñ sous la pluie cinglante qui les bafoue et les flagelle, ils ôtent leurs chapeaux.
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#26
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Mon lexique qui s'entretisse de compréhension, que les enseignements DE VM me révèleront alchimiquement,
pas encore arrivée à ce stade, mais je vais y soulever quelque chose en moi, le chemin est étroit, hélas...

tout voir même l'impossible...

Mon point de vue, mon étape actuelle,

Merci de votre compréhension à tous et toutes,

Gratitude,
Gloria Lumina Chrestos !
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#27
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CHOU CROUTE

Le chou intérieur du coeur ! de la profondeur de l'intime, encroutée...

voilà ma pensée de l'instant,

Fibra Honora, Sancti Mater,

Amen,
c'est ce que je pense de votre exploration à tous et toutes, est ce que je suis mal de ce qu'ils vivent,
Oh non ! Au contraire !
c'est aidant, merci

je vais me permettre d'ajouter un homme il se reconnaitras, je n'en ai jamais parlé, vraiment, je pense qu'il est de couleur magnifique ! mo fils n'a pas compris qu'il était de couleur blanche, j'en ai parlé dans un post, je le cite : Maman pourquoi je suis de cette couleur, moi je veux être noir !

Très drole ! qu'est-ce que tu réponds, bah ton Père et moi on est d'une couleur, donc c'est ce qui se produit !

Bonjour la lithanie de questions..

Tu finis par lui dire, c'est comme ça, c'est tout !

Pourtant tu sais qu'il a raison de comprendre très tôt que la couleur est en soi, j'ai même pas su comprendre cte truc, hélas.

Il vient me montrer que je suis pas assez aimante envers chacun, le truc direct,
c'est ; t'est de cette couleur ! c'est tout !

Réveilles toi ! il est temps...Merci P..l

On regarde l'autre à ses couleurs...
arrfff l'auto suffisance, pas facile de m'en dépêtrer...

Comme quoi, plus c'est immédiat, plus c'est difficile, l'observation.

Pax Lumina Sancti Mater, Agni Chrestos
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#28
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En ce moment mes réflexions se portent sur le fait que le moi puisse intervenir sans raison, sans sens.
Suis-je en train de développer un nouveau moi qui voudrait comprendre tous les autres.
Est-ce de la malignité, ou une réelle tentative de l'Intime
je suis d'accord,
l'intime ne se montre pas facilement...

Je pars du principe que je suis aveugle et que je suis obligé de me fracasser contre des murs pour avancer... En espérant que la faucheuse passe à côté! Hier ce fut juste!

Je pense qu'il faut mettre le temps aussi dans l'équation, et si dans le moment présent on ne comprend pas réellement ce qu'on vit... Après quelques jours de méditation on arrive à comprendre où il en venait! tout est ou devient juste!

Il y aussi cette phrase qui m'aide: la vérité et entourée de mensonges!

Il ne faut pas partir du principe que tout est blanc ou noir.
Il y a une part de vérité dans tout ce qu'il se passe à nous de l'extraire mais comment...

Samael nous dit que l'intime ne peut pas se dissoudre...
Alors le travail n'est plus à savoir si c'est un moi ou l'intime qui travaille, mais de dissoudre ce qu'il se passe pour arriver à nous approcher de notre intime!

De cette façon ton intime sera grossier il y a quelques temps et plus fin maintenant! et tant que tu arrives à te raffiner alors qu'importe le reste!

ainsi tu sorts de la dualité et tu peux avancer en paix.
Après je te dis pas les souffrances qu'il faut traverser :mrgreen:

il y avait une phrase aussi que je demandais pourquoi: il faut avoir un corps physique robuste! je confirme!! et ça ne suffit pas!!
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