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Boris Mouravieff
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Boris Mouravieff
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Boris Mouravieff a synthétisé son enseignement dans les Stromates (Petit recueil de notes sur l’enseignement chrétien ésotérique) que je vais envoyer en 3 parties.
Vous constaterez qu'il y a des termes identiques ou formulés différemment de l'enseignement samaëlien.
Je pense que le maître s'est inspiré de Mouravieff, notamment pour les 4 piliers de la Gnose.
BORIS MOURAVIEFF
L’ART DE VAINCRE
LES STROMATES
Recueil de notes sur l’enseignement chrétien ésotérique
CENTRE D’ÉTUDES CHRÉTIENNES ÉSOTÉRIQUES
GENÈVE 1966
De quelle utilité vous serais-je, si je venais à vous, parlant en langues (inconnues), et si je ne vous parlais pas par révélation ou par Connaissance, ou par prophétie ou par Doctrine (I Corinthiens, XIV, 6).
INTRODUCTION
Les Stromates sont principalement écrits à l’intention des lecteurs de « Gnôsis » pour leur servir de manuel pratique.
Tandis que « Gnôsis » comprend l’exposé de la Doctrine issue de la Tradition ésotérique de l’Orthodoxie orientale, les Stromates sont consacrés à l’application de cette Doctrine.
Cependant, pour que l’enseignement soit complet, il restera encore à résoudre le problème de l’interprétation des textes et à répondre aux questions que leur étude suscite chez l’étudiant.
Il est évident que, tout comme dans le cas de l’enseignement académique, en tant qu’instrument de travail, les Stromates ne pourront remplacer le contact direct de l’étudiant avec le professeur. L’auteur en est pleinement conscient. Cependant l’expérience montre qu’un nombre considérable de questions posées à l’auteur de « Gnôsis » sont analogues ; il lui apparaît donc opportun de les grouper par catégories et de donner ici à leur sujet les explications nécessaires.
D’autre part, dans les sténogrammes des cours de Philosophie ésotérique donnés par l’auteur à l’Université de Genève dans les années 1955-1961 se trouve un matériel considérable qui n’a pas été utilisé dans la série des « Gnôsis » consacrée à un exposé systématique de la Doctrine accompagné d’un essai de son implantation dans la vie extérieure et intérieure. On trouve dans ces notes, parmi des digressions explicatives, des indications spécifiques, des images, certaines légendes, enfin des exemples, des règles ainsi que des recommandations techniques. On y trouve aussi des indications sur certains rythmes qui pourraient être avantageusement appliqués par les étudiants au cours de leurs travaux pratiques d’après la méthode psychologique de «Gnôsis ». Ce matériel doit également être exploité dans les Stromates.
En troisième lieu, le lecteur trouvera dans cet ouvrage des révélations nouvelles, auxiliaires, complétant la Doctrine exposée dans « Gnôsis ». Ces révélations s’adressent aux étudiants assidus parvenant dans l’acquisition de la Connaissance (Gnose) au niveau du Savoir-faire, mais auxquels il manque un epsilon — ce «catalyseur psychologique» qui leur échappe et qui, seul, permet de saisir la clef de la solution du problème étudié.
Selon l’usage de la Tradition, les indications de cette sorte sont données sous une forme quelque peu voilée — à deshermétiser par les efforts propres du chercheur.
Dans le même esprit sont proposées dans les Stromates certaines clefs à l’intention des Chevaliers et des Dames de leur pensée qui se sont engagés sur la Vème Voie, celle de l’Amour courtois. Ces clefs leur permettront de mieux se reconnaître en tant qu’êtres polaires et d’apprendre à éviter les pièges qui leur seront immanquablement tendus, de part et d’autre, par l’action de la Loi Générale.
En corrélation avec cela, le lecteur trouvera dans les Stromates certaines indications complémentaires relatives aux films dont la Doctrine, difficile en soi, est généralement si mal comprise.
Le problème de la Sublimation du sexe qui travaille les esprits — et dont la théorie et la technique psychique ont été exposées dans « Gnôsis » — sera traité plus avant dans les Stromates ; cet approfondissement sera l’occasion de recommandations pratiques. A côté desquelles le lecteur trouvera une sérieuse mise en garde contre certaines méthodes incompatibles avec la Tradition chrétienne et souvent dangereuses, n’étant pas adaptées à tous les types humains, notamment à ceux de notre civilisation méditerranéenne. Nous rappelons à cette occasion que la méthode psychologique de « Gnôsis » peut être utilisée sans danger par toute personne, sans distinction de race, de caste, de sexe ou de culture.
Le but de la divulgation de la Doctrine dans « Gnôsis » est précis : aider les personnes porteuses de prédispositions innées à se dépouiller du vieil homme pour revêtir l’homme nouveau (Ephésiens, IV, 22-24). Ce qui revient à dire, en langage de «Gnôsis », atteindre le Moi réel dans sa bipolarité — pour que, les deux ne faisant qu’Un —l’Homme et la Femme entrent au sein du Seigneur (I Corinthiens, XI, 11). Ils y trouveront le Paradis perdu, lieu géométrique de la Vérité et de la Félicité où, dit un hymne orthodoxe, « il n’y aura plus ni souffrance, ni tristesse ».
A ces Fidèles, en les exhortant à la sainteté, l’Apôtre dit : Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses oeuvres et ayant revêtu l’homme nouveau qui se renouvelle dans la Connaissance selon l’image de Celui qui l’a créé (Colossiens, III, 9-10).
Et il ajoute:
Il n’y a ici ni Grec, ni Juif, ni circoncis, ni incirconcis, ni Barbare, ni Scythe, ni esclave, ni libre : mais Christ est tout et en tous (Ibid., 11).
II
Les lecteurs de « Gnôsis » savent qu’il n’existe en tout que quatre modes de perception et d’études du monde extérieur et du monde intérieur de l’homme : la Philosophie, la Religion, la Science et l’Art. Et nous voyons que les phases de l’évolution de notre civilisation se succèdent en fonction du déplacement du centre de gravité de l’activité de l’élite de l’un à l’autre de ces domaines (Relire « Gnôsis », tome 1, p. 214 et suivantes).
L’essentiel, pour saisir le présent exposé, est de se souvenir que chacune de ces périodes exprime une dominante : ainsi dans le Monde Antique, placé sous le signe général de la Philosophie, la Religion et la Science ont été pour ainsi dire « philosophisée s». Le Moyen Age placé sous le signe de la Religion « religionisa » la Philosophie et la Science. Enfin à l’époque moderne ce fut le tour de la Philosophie et de la Religion d’être « scientifiées ».
L’Art se distingue des trois domaines précédents, en ce qu’il a le pouvoir de les comprendre tous en son sein sans les déformer. C’est dans l’ère nouvelle, placée précisément sous l’égide de l’Art, que les trois autres domaines de l’activité humaine seront appelés à s’épanouir en prenant leurs places et leurs formes naturelles. Sans rétrécissement ni hypertrophie, se complétant l’un l’autre et sans empiétement ils évolueront — dans un ensemble harmonieux, qui les fera passer dans cette intégration du stade subjectif à celui de l’objectivité.
L’Art, actuellement dégénéré puisque trop intellectualisé — jouera dans l’ère à venir le rôle prépondérant — celui que la Science joue actuellement. Il pénétrera toutes les catégories de la conscience humaine, les plaçant sur la hase commune de l’Esthétique qui les équilibrera toutes et, par ailleurs, servira d’impératif non plus hypothétique, mais catégorique — au sens Kantien des termes — et l’Ethique y sera aussi soumise.
Il est important de repenser ces idées et de comprendre qu’il n’y a rien d’artificiel dans ce schéma. Au contraire, cela ne sera, répétons-le, que le retour à l’état de choses naturel, détaché à tous points de vue, de l’état artificiel que le monde et l’individu ont adopté depuis des siècles et dont le factice s’accentue chaque jour davantage depuis le début du siècle présent.
Cependant, cet ordre artificiel considéré encore hier comme définitif s’écroule sous nos yeux dans le fracas des guerres et des révolutions tandis que des coups de grâce ultimes donnés çà et là l’achèvent. Ainsi, comme il y a deux mille ans, nous pouvons dire avec l’Apôtre que l’image de ce monde passe (I Corinthiens, VII, 31).
Or, aujourd’hui conne autrefois, rares sont les hommes d’Etat et, en général, les hommes d’élite qui saisissent le sens profond de ce grand changement. Plus rares encore sont ceux qui, perçant la brume de l’avenir, entrevoient les contours du Monde Nouveau qui va surgir sur les débris de l’Ancien.
Pourtant, si l’on tente d’embrasser dans un large ensemble l’état actuel de l’évolution historique, on discerne sans peine derrière les événements incohérents qui occupent partout le premier plan de la vie politique et économique, ecclésiastique et sociale, un processus général, méthodique, conduit par la main invisible de Notre Seigneur. Dans ce processus, Il utilise les doctrines souvent contradictoires ayant cours dans tous les domaines, encourage les uns, pousse les autres dans le sens de cette évolution « par la bande » ou bien ab absurdo, et utilise même in extremis la vanité humaine, le souci de prestige et jusqu’à l’orgueil, s’efforçant de faire converger les forces dispersées par l’individualisme à outrance, vers une prise de conscience de la proche venue de 1’Ere Nouvelle annoncée, où la Vérité, qui est Une, est appelée à régner.
En dernière analyse, ce courant apparaît — nous l’avons déjà mentionné —sous forme d’une tendance vers un retour à l’état naturel — stricto sensu — des choses, état qui se dégage de plus en plus sur tous les plans et dans tous les domaines.
De l’ordre instable d’autrefois basé, d’une part sur le principe d’équilibre des forces antagonistes en présence, d’autre part sur la contrainte, puis sur des exagérations extrémistes, le monde, s’il veut éviter la catastrophe générale, doit s’efforcer de revenir à un équilibre de forces naturel, équitable, donc permanent.
Il est normal que ce processus de « retour » s’avère aussi sanglant que celui d’« échafaudage » d’autrefois et que la convalescence rappelle les phases et les soubresauts de la maladie.
On comprendra aisément, en raison de ce qui précède, que seules parmi les activités internationales, nationales, sociales et individuelles, aujourd’hui généralement chaotiques, les entreprises tendant vers ce « retour » se trouvent en harmonie avec l’avenir et, de ce fait, ont une chance de réussir.
Comme jadis le peuple élu, l’humanité tout entière se trouve actuellement placée devant l’épreuve cruciale. Et, cela se comprend, simultanément sur le plan général et sur le plan individuel — car jamais depuis la Chute ces deux plans n’avaient été à ce point liés dans leur interdépendance.
Jean-Baptiste disait aux Juifs : Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche (Matthieu, III, 2). Or le repentir n’est-il pas un retour ? Retour de l’artificiel et du faux au naturel. Et le repentir n’était-il pas la seule manière naturelle de passer dans la joie de 1’Ere du Père à celle du Fils ? Autrefois, du fait du refus du peuple élu, Jésus dut forcer ce passage non plus dans la Joie, mais par la Passion.
Il s’agit donc aujourd’hui d’un Grand Repentir, du retour du Faux considéré comme vrai au Vrai oublié.
Nous savons que Jésus ne reviendra pas à présent et que nous ne pouvons plus compter sur une « formule de rechange » (Le lecteur de « Gnôsis » comprendra aisément la raison majeure de ce fait et rejettera d’emblée toutes les réapparitions des « Christs » dont on parle déjà dans différents coins du monde).
Or l’Ere Nouvelle vient — cela est non seulement prévisible, mais déjà visible — et avec elle le Royaume des Cieux approche de nouveau. Il est donc urgent que les forces vives de la société humaine — des hommes d’Etat aux particuliers clairvoyants —, conscientes de la gravité de la situation — dirigent leurs efforts en vue d’un retour général à l’ordre naturel des choses.
Il faut bien se rendre compte et admettre qu’il serait matériellement impossible pour l’humanité, comme pour les individus, de faire un saut direct en partant de leur état d’esprit actuel, corrompu depuis la Chute, chaotique, plongé avec le monde dans le mensonge, pour tomber droit dans l’Ere du Saint-Esprit, Ere de Vérité, de Lumière, de Félicité dans la Paix et dans l’Amour. Comme il serait impossible à un hercule malade, abattu par la fièvre d’aller faire des prodiges.
Pour accéder à cette Ere Nouvelle, l’humanité doit engendrer de son sein l’Homme Nouveau, guéri de la corruption originelle, suffisamment fort et clairvoyant pour susciter un Nouveau Départ, en vue de parvenir dans tous les domaines et à l’échelle planétaire à un ordre national et international naturel.
Il est encore trop tôt pour en préciser objectivement les grandes lignes. Subjectivement, par contre, nous devons toujours tenir présent à l’esprit le fait que le temps presse ; que le monde se trouve déjà dans la deuxième moitié de la Période de transition, de ce XXe siècle, prévu pour aplanir, comme jadis, le chemin du Seigneur, qui a promis de revenir cette fois non plus sous la forme charnelle, mais dans toute Sa glorieuse splendeur de Soleil de Vérité (expression usitée dans l’orthodoxie).
Et pour mieux clarifier nos idées, il est utile de revenir souvent, en pensée, à l’image du sort de la Planète au cas où, devant la défaillance humaine, la deuxième branche de l’alternative prophétique entrerait en vigueur : le Déluge de Feu.
III
Devant le proche avenir plein de promesses merveilleuses et des pires dangers, chaque Néophyte — et, à plus forte raison, chaque Fidèle — doit prendre conscience de ses responsabilités. C’est justement du sein des chercheurs de la Vérité, des étudiants de la Doctrine que sortira l’Homme Nouveau, produit de prédispositions innées et d’un travail effectué sur la base de la Foi cultivée par la Science (Clément d’Alexandrie, I Stromate, Ch. IX, titre). Par sa lutte, on remettant les choses chacune à sa place naturelle, il sera l’artisan du Départ Nouveau.
La main secourable du Seigneur l’aidera dans ce travail en soi surhumain —pourvu qu’il prenne le risque de partir. Comme Jésus secourut Pierre qui prit le risque de marcher sur les eaux et puis commença à s’enfoncer (Matthieu, XIV, 25-31).
Il s’agit donc de commencer. Le reste viendra.
Mais pour commencer dans ce sens il faut, comme nous venons de le dire, prendre le risque. Le manque de forces sera secouru ; la mauvaise foi — jamais. Et non seulement la mauvaise foi à proprement parler, mais aussi toutes sortes de « réserves », d’« assurances » et de « réassurances » — car il est dit à ce propos : Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas propre au Royaume de Dieu (Luc, IX, 62).
Le but de cette Introduction est de créer le climat dans lequel l’étudiant abordera l’étude des préceptes contenus dans les Stromates, et des exercices qui en feront partie intégrante.
Pour conclure, nous rappelons une fois de plus aux lecteurs que la Doctrine divulguée et exposée dans « Gnôsis » et qui représente une somme de connaissances considérables, est conçue en trois couches : narrative, symbolique et hiéroglyphique. La lecture spontanée de « Gnôsis », même si elle est attentive, répétée, faite avec l’assiduité voulue, ne peut conduire qu’au Savoir de la Doctrine. Le lecteur sait que pour parvenir au niveau du Comprendre, il faut ajouter au Savoir quelque chose d’impondérable, un epsilon. Les préceptes et les exercices recommandés dans les Stromates ont pour but d’aider les étudiants à gagner cet epsilon. Il leur ouvrira le chemin du Comprendre qui, à son tour, les conduira vers le Savoir-faire.
Vous constaterez qu'il y a des termes identiques ou formulés différemment de l'enseignement samaëlien.
Je pense que le maître s'est inspiré de Mouravieff, notamment pour les 4 piliers de la Gnose.
BORIS MOURAVIEFF
L’ART DE VAINCRE
LES STROMATES
Recueil de notes sur l’enseignement chrétien ésotérique
CENTRE D’ÉTUDES CHRÉTIENNES ÉSOTÉRIQUES
GENÈVE 1966
De quelle utilité vous serais-je, si je venais à vous, parlant en langues (inconnues), et si je ne vous parlais pas par révélation ou par Connaissance, ou par prophétie ou par Doctrine (I Corinthiens, XIV, 6).
INTRODUCTION
Les Stromates sont principalement écrits à l’intention des lecteurs de « Gnôsis » pour leur servir de manuel pratique.
Tandis que « Gnôsis » comprend l’exposé de la Doctrine issue de la Tradition ésotérique de l’Orthodoxie orientale, les Stromates sont consacrés à l’application de cette Doctrine.
Cependant, pour que l’enseignement soit complet, il restera encore à résoudre le problème de l’interprétation des textes et à répondre aux questions que leur étude suscite chez l’étudiant.
Il est évident que, tout comme dans le cas de l’enseignement académique, en tant qu’instrument de travail, les Stromates ne pourront remplacer le contact direct de l’étudiant avec le professeur. L’auteur en est pleinement conscient. Cependant l’expérience montre qu’un nombre considérable de questions posées à l’auteur de « Gnôsis » sont analogues ; il lui apparaît donc opportun de les grouper par catégories et de donner ici à leur sujet les explications nécessaires.
D’autre part, dans les sténogrammes des cours de Philosophie ésotérique donnés par l’auteur à l’Université de Genève dans les années 1955-1961 se trouve un matériel considérable qui n’a pas été utilisé dans la série des « Gnôsis » consacrée à un exposé systématique de la Doctrine accompagné d’un essai de son implantation dans la vie extérieure et intérieure. On trouve dans ces notes, parmi des digressions explicatives, des indications spécifiques, des images, certaines légendes, enfin des exemples, des règles ainsi que des recommandations techniques. On y trouve aussi des indications sur certains rythmes qui pourraient être avantageusement appliqués par les étudiants au cours de leurs travaux pratiques d’après la méthode psychologique de «Gnôsis ». Ce matériel doit également être exploité dans les Stromates.
En troisième lieu, le lecteur trouvera dans cet ouvrage des révélations nouvelles, auxiliaires, complétant la Doctrine exposée dans « Gnôsis ». Ces révélations s’adressent aux étudiants assidus parvenant dans l’acquisition de la Connaissance (Gnose) au niveau du Savoir-faire, mais auxquels il manque un epsilon — ce «catalyseur psychologique» qui leur échappe et qui, seul, permet de saisir la clef de la solution du problème étudié.
Selon l’usage de la Tradition, les indications de cette sorte sont données sous une forme quelque peu voilée — à deshermétiser par les efforts propres du chercheur.
Dans le même esprit sont proposées dans les Stromates certaines clefs à l’intention des Chevaliers et des Dames de leur pensée qui se sont engagés sur la Vème Voie, celle de l’Amour courtois. Ces clefs leur permettront de mieux se reconnaître en tant qu’êtres polaires et d’apprendre à éviter les pièges qui leur seront immanquablement tendus, de part et d’autre, par l’action de la Loi Générale.
En corrélation avec cela, le lecteur trouvera dans les Stromates certaines indications complémentaires relatives aux films dont la Doctrine, difficile en soi, est généralement si mal comprise.
Le problème de la Sublimation du sexe qui travaille les esprits — et dont la théorie et la technique psychique ont été exposées dans « Gnôsis » — sera traité plus avant dans les Stromates ; cet approfondissement sera l’occasion de recommandations pratiques. A côté desquelles le lecteur trouvera une sérieuse mise en garde contre certaines méthodes incompatibles avec la Tradition chrétienne et souvent dangereuses, n’étant pas adaptées à tous les types humains, notamment à ceux de notre civilisation méditerranéenne. Nous rappelons à cette occasion que la méthode psychologique de « Gnôsis » peut être utilisée sans danger par toute personne, sans distinction de race, de caste, de sexe ou de culture.
Le but de la divulgation de la Doctrine dans « Gnôsis » est précis : aider les personnes porteuses de prédispositions innées à se dépouiller du vieil homme pour revêtir l’homme nouveau (Ephésiens, IV, 22-24). Ce qui revient à dire, en langage de «Gnôsis », atteindre le Moi réel dans sa bipolarité — pour que, les deux ne faisant qu’Un —l’Homme et la Femme entrent au sein du Seigneur (I Corinthiens, XI, 11). Ils y trouveront le Paradis perdu, lieu géométrique de la Vérité et de la Félicité où, dit un hymne orthodoxe, « il n’y aura plus ni souffrance, ni tristesse ».
A ces Fidèles, en les exhortant à la sainteté, l’Apôtre dit : Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses oeuvres et ayant revêtu l’homme nouveau qui se renouvelle dans la Connaissance selon l’image de Celui qui l’a créé (Colossiens, III, 9-10).
Et il ajoute:
Il n’y a ici ni Grec, ni Juif, ni circoncis, ni incirconcis, ni Barbare, ni Scythe, ni esclave, ni libre : mais Christ est tout et en tous (Ibid., 11).
II
Les lecteurs de « Gnôsis » savent qu’il n’existe en tout que quatre modes de perception et d’études du monde extérieur et du monde intérieur de l’homme : la Philosophie, la Religion, la Science et l’Art. Et nous voyons que les phases de l’évolution de notre civilisation se succèdent en fonction du déplacement du centre de gravité de l’activité de l’élite de l’un à l’autre de ces domaines (Relire « Gnôsis », tome 1, p. 214 et suivantes).
L’essentiel, pour saisir le présent exposé, est de se souvenir que chacune de ces périodes exprime une dominante : ainsi dans le Monde Antique, placé sous le signe général de la Philosophie, la Religion et la Science ont été pour ainsi dire « philosophisée s». Le Moyen Age placé sous le signe de la Religion « religionisa » la Philosophie et la Science. Enfin à l’époque moderne ce fut le tour de la Philosophie et de la Religion d’être « scientifiées ».
L’Art se distingue des trois domaines précédents, en ce qu’il a le pouvoir de les comprendre tous en son sein sans les déformer. C’est dans l’ère nouvelle, placée précisément sous l’égide de l’Art, que les trois autres domaines de l’activité humaine seront appelés à s’épanouir en prenant leurs places et leurs formes naturelles. Sans rétrécissement ni hypertrophie, se complétant l’un l’autre et sans empiétement ils évolueront — dans un ensemble harmonieux, qui les fera passer dans cette intégration du stade subjectif à celui de l’objectivité.
L’Art, actuellement dégénéré puisque trop intellectualisé — jouera dans l’ère à venir le rôle prépondérant — celui que la Science joue actuellement. Il pénétrera toutes les catégories de la conscience humaine, les plaçant sur la hase commune de l’Esthétique qui les équilibrera toutes et, par ailleurs, servira d’impératif non plus hypothétique, mais catégorique — au sens Kantien des termes — et l’Ethique y sera aussi soumise.
Il est important de repenser ces idées et de comprendre qu’il n’y a rien d’artificiel dans ce schéma. Au contraire, cela ne sera, répétons-le, que le retour à l’état de choses naturel, détaché à tous points de vue, de l’état artificiel que le monde et l’individu ont adopté depuis des siècles et dont le factice s’accentue chaque jour davantage depuis le début du siècle présent.
Cependant, cet ordre artificiel considéré encore hier comme définitif s’écroule sous nos yeux dans le fracas des guerres et des révolutions tandis que des coups de grâce ultimes donnés çà et là l’achèvent. Ainsi, comme il y a deux mille ans, nous pouvons dire avec l’Apôtre que l’image de ce monde passe (I Corinthiens, VII, 31).
Or, aujourd’hui conne autrefois, rares sont les hommes d’Etat et, en général, les hommes d’élite qui saisissent le sens profond de ce grand changement. Plus rares encore sont ceux qui, perçant la brume de l’avenir, entrevoient les contours du Monde Nouveau qui va surgir sur les débris de l’Ancien.
Pourtant, si l’on tente d’embrasser dans un large ensemble l’état actuel de l’évolution historique, on discerne sans peine derrière les événements incohérents qui occupent partout le premier plan de la vie politique et économique, ecclésiastique et sociale, un processus général, méthodique, conduit par la main invisible de Notre Seigneur. Dans ce processus, Il utilise les doctrines souvent contradictoires ayant cours dans tous les domaines, encourage les uns, pousse les autres dans le sens de cette évolution « par la bande » ou bien ab absurdo, et utilise même in extremis la vanité humaine, le souci de prestige et jusqu’à l’orgueil, s’efforçant de faire converger les forces dispersées par l’individualisme à outrance, vers une prise de conscience de la proche venue de 1’Ere Nouvelle annoncée, où la Vérité, qui est Une, est appelée à régner.
En dernière analyse, ce courant apparaît — nous l’avons déjà mentionné —sous forme d’une tendance vers un retour à l’état naturel — stricto sensu — des choses, état qui se dégage de plus en plus sur tous les plans et dans tous les domaines.
De l’ordre instable d’autrefois basé, d’une part sur le principe d’équilibre des forces antagonistes en présence, d’autre part sur la contrainte, puis sur des exagérations extrémistes, le monde, s’il veut éviter la catastrophe générale, doit s’efforcer de revenir à un équilibre de forces naturel, équitable, donc permanent.
Il est normal que ce processus de « retour » s’avère aussi sanglant que celui d’« échafaudage » d’autrefois et que la convalescence rappelle les phases et les soubresauts de la maladie.
On comprendra aisément, en raison de ce qui précède, que seules parmi les activités internationales, nationales, sociales et individuelles, aujourd’hui généralement chaotiques, les entreprises tendant vers ce « retour » se trouvent en harmonie avec l’avenir et, de ce fait, ont une chance de réussir.
Comme jadis le peuple élu, l’humanité tout entière se trouve actuellement placée devant l’épreuve cruciale. Et, cela se comprend, simultanément sur le plan général et sur le plan individuel — car jamais depuis la Chute ces deux plans n’avaient été à ce point liés dans leur interdépendance.
Jean-Baptiste disait aux Juifs : Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche (Matthieu, III, 2). Or le repentir n’est-il pas un retour ? Retour de l’artificiel et du faux au naturel. Et le repentir n’était-il pas la seule manière naturelle de passer dans la joie de 1’Ere du Père à celle du Fils ? Autrefois, du fait du refus du peuple élu, Jésus dut forcer ce passage non plus dans la Joie, mais par la Passion.
Il s’agit donc aujourd’hui d’un Grand Repentir, du retour du Faux considéré comme vrai au Vrai oublié.
Nous savons que Jésus ne reviendra pas à présent et que nous ne pouvons plus compter sur une « formule de rechange » (Le lecteur de « Gnôsis » comprendra aisément la raison majeure de ce fait et rejettera d’emblée toutes les réapparitions des « Christs » dont on parle déjà dans différents coins du monde).
Or l’Ere Nouvelle vient — cela est non seulement prévisible, mais déjà visible — et avec elle le Royaume des Cieux approche de nouveau. Il est donc urgent que les forces vives de la société humaine — des hommes d’Etat aux particuliers clairvoyants —, conscientes de la gravité de la situation — dirigent leurs efforts en vue d’un retour général à l’ordre naturel des choses.
Il faut bien se rendre compte et admettre qu’il serait matériellement impossible pour l’humanité, comme pour les individus, de faire un saut direct en partant de leur état d’esprit actuel, corrompu depuis la Chute, chaotique, plongé avec le monde dans le mensonge, pour tomber droit dans l’Ere du Saint-Esprit, Ere de Vérité, de Lumière, de Félicité dans la Paix et dans l’Amour. Comme il serait impossible à un hercule malade, abattu par la fièvre d’aller faire des prodiges.
Pour accéder à cette Ere Nouvelle, l’humanité doit engendrer de son sein l’Homme Nouveau, guéri de la corruption originelle, suffisamment fort et clairvoyant pour susciter un Nouveau Départ, en vue de parvenir dans tous les domaines et à l’échelle planétaire à un ordre national et international naturel.
Il est encore trop tôt pour en préciser objectivement les grandes lignes. Subjectivement, par contre, nous devons toujours tenir présent à l’esprit le fait que le temps presse ; que le monde se trouve déjà dans la deuxième moitié de la Période de transition, de ce XXe siècle, prévu pour aplanir, comme jadis, le chemin du Seigneur, qui a promis de revenir cette fois non plus sous la forme charnelle, mais dans toute Sa glorieuse splendeur de Soleil de Vérité (expression usitée dans l’orthodoxie).
Et pour mieux clarifier nos idées, il est utile de revenir souvent, en pensée, à l’image du sort de la Planète au cas où, devant la défaillance humaine, la deuxième branche de l’alternative prophétique entrerait en vigueur : le Déluge de Feu.
III
Devant le proche avenir plein de promesses merveilleuses et des pires dangers, chaque Néophyte — et, à plus forte raison, chaque Fidèle — doit prendre conscience de ses responsabilités. C’est justement du sein des chercheurs de la Vérité, des étudiants de la Doctrine que sortira l’Homme Nouveau, produit de prédispositions innées et d’un travail effectué sur la base de la Foi cultivée par la Science (Clément d’Alexandrie, I Stromate, Ch. IX, titre). Par sa lutte, on remettant les choses chacune à sa place naturelle, il sera l’artisan du Départ Nouveau.
La main secourable du Seigneur l’aidera dans ce travail en soi surhumain —pourvu qu’il prenne le risque de partir. Comme Jésus secourut Pierre qui prit le risque de marcher sur les eaux et puis commença à s’enfoncer (Matthieu, XIV, 25-31).
Il s’agit donc de commencer. Le reste viendra.
Mais pour commencer dans ce sens il faut, comme nous venons de le dire, prendre le risque. Le manque de forces sera secouru ; la mauvaise foi — jamais. Et non seulement la mauvaise foi à proprement parler, mais aussi toutes sortes de « réserves », d’« assurances » et de « réassurances » — car il est dit à ce propos : Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas propre au Royaume de Dieu (Luc, IX, 62).
Le but de cette Introduction est de créer le climat dans lequel l’étudiant abordera l’étude des préceptes contenus dans les Stromates, et des exercices qui en feront partie intégrante.
Pour conclure, nous rappelons une fois de plus aux lecteurs que la Doctrine divulguée et exposée dans « Gnôsis » et qui représente une somme de connaissances considérables, est conçue en trois couches : narrative, symbolique et hiéroglyphique. La lecture spontanée de « Gnôsis », même si elle est attentive, répétée, faite avec l’assiduité voulue, ne peut conduire qu’au Savoir de la Doctrine. Le lecteur sait que pour parvenir au niveau du Comprendre, il faut ajouter au Savoir quelque chose d’impondérable, un epsilon. Les préceptes et les exercices recommandés dans les Stromates ont pour but d’aider les étudiants à gagner cet epsilon. Il leur ouvrira le chemin du Comprendre qui, à son tour, les conduira vers le Savoir-faire.
- Hors ligne Gemani
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- Admin fantôme, gardien des clefs hors gnose
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Message le
Pascal,
Merci Pascal pour avoir pris le temps de le présenter.
Une question qui n'a rien à voir.
Samael avait dit qu'il avait enseigné à Gurdjieff dans l'une de ses vies antérieures.
Mais quel est le nom du Maître de Gurdjieff ?
Je suis un peu fatigué cette semaine comme si on avait pompé toute mon énergie. Mais je pense à la transcription sur le transhumanisme... j'ai vu que tu as le courage de faire la transcription de la video sur le voyage astral...
Merci Pascal pour avoir pris le temps de le présenter.
Une question qui n'a rien à voir.
Samael avait dit qu'il avait enseigné à Gurdjieff dans l'une de ses vies antérieures.
Mais quel est le nom du Maître de Gurdjieff ?
Je suis un peu fatigué cette semaine comme si on avait pompé toute mon énergie. Mais je pense à la transcription sur le transhumanisme... j'ai vu que tu as le courage de faire la transcription de la video sur le voyage astral...
Modifié en dernier par Gemani le 26 janvier 2021, 20:34, modifié 2 fois.
- Hors ligne Fanny
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Magnifique...énorme merci, Pascal, pour avoir fait ce sujet !!!
Je n’avais pas creusé sur Boris Mouravieff, je me suis arrêtée à Gnôsis et je ne savais pas qu’il y avait ce recueil, quelle joie !!
L’introduction est un copier/coller ou c’est écrit par toi ?
Avais-tu lu les œuvres de Boris Mouravieff déjà ?
Sais-tu comment ce procurer les Stromates ?
Gratitude !
Je n’avais pas creusé sur Boris Mouravieff, je me suis arrêtée à Gnôsis et je ne savais pas qu’il y avait ce recueil, quelle joie !!
L’introduction est un copier/coller ou c’est écrit par toi ?
Avais-tu lu les œuvres de Boris Mouravieff déjà ?
Sais-tu comment ce procurer les Stromates ?
Gratitude !
Modifié en dernier par Fanny le 26 janvier 2021, 20:46, modifié 1 fois.
- Hors ligne Pascal
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Fanny, Jeff,
J'envoie l'intégralité des Stromates (introduction + 2 chapitres) sans modification Fanny. J'ai simplement mis en gras les idées essentielles à mon avis et communes à l'enseignement Samaëlien.
J'ai récupéré depuis longtemps ce texte essentiel sur un forum qui était consacré à Boris Mouravieff. Oui j'ai lu Gnôsis.
Il faut savoir que ses écrits sont soumis aux droits d'auteur jusqu'au 29 septembre 2036. Les droits ont été légués par son unique héritier à la Bibliothèque de Genève en 2012 https://archives.bge-geneve.ch/archive/ ... ieff_boris. Langue et écriture des documents :
principalement français et russe.
Les maîtres de Gurdjieff sont les pères de la Philocalie et orthodoxes russes. Il a puisé son enseignement aux mêmes sources que Mouravieff.
Je complète par un extrait de cet excellent article d'un monastère orthodoxe http://religion-orthodoxe.eu/article-gn ... 23468.html
23 octobre 2010
Gnosis de Boris Mouravieff, lumière de l’orthodoxie
Gurdjieff, Ouspensky et la tradition orthodoxe
Géopolitique et ésotérisme : si l’aigle à deux têtes est l’emblème de la nouvelle Fédération de Russie ce n’est pas par hasard, car Moscou revendique la place éminente de "troisième Rome" héritière de l’héritage byzantin détruit en grande partie par les croisés lors du sac de Constantinople ; ce qui favorisa indirectement la monté de l’empire ottoman en Europe. Au carrefour de plusieurs civilisations, la Géorgie (Tbilissi) de son côté à vu naitre et croître bien des communautés initiatiques qui ont su préserver les traditions musulmanes, scythes, chrétiennes orthodoxes, esseniennes et même orientales. Gurdjieff y puisa les racines de son enseignement dans cette source complexe qui peut aussi prendre le nom de Tradition Primordiale. Un autre homme, René Guénon fera lui aussi ce voyage jusqu’aux rives du Nil à la recherche des mêmes racines.
A Constantinople, en 1920-21, Boris Mouravieff assiste aux conférences publiques données par Piotr Demianovich Ouspensky. C’est là que ce dernier met Boris Mouravieff en rapport avec Georges Ivanovitch Gurdjieff, avec lequel il aura par la suite plusieurs contacts, à Fontainebleau et à Paris.
Pendant de nombreuses années, Boris Mouravieff et P. D. Ouspensky, liés par une amitié fondée sur un même esprit de recherche, seront amenés à approfondir et à confronter leurs travaux à l’occasion de leurs rencontres à Paris ou à Londres. Ils se rencontreront pour la dernière fois au château de Lyne près de Londres en mai 1937. Durant cette période, il entreprend un travail de formalisation de la tradition ésotérique orientale, envisageant initialement une présentation de cette doctrine sous forme romanesque. En avril 1955, Boris Mouravieff devient privat-docent à l’Université de Genève où il donne deux cours jusqu’en 1962, l’un concernant l’histoire de la Russie avant 1917 et l’autre la philosophie ésotérique.
https://www.association-boris-mouravief ... liographie
Bibliographie
Histoire politique et diplomatique
L’histoire de Russie mal connue (épuisé).
Le Testament de Pierre le Grand, légende et réalité, À la Baconnière, Collection « L’évolution du monde et des idées ». Neuchâtel, 1949.
Le Problème de l’Autorité super-étatique, À la Baconnière, Collection « L’évolution du monde et des idées ». Neuchâtel, 1950.
L’Histoire a-t-elle un sens ?, « La Revue suisse d’Histoire », tome IV, fasc. 4, 1954.
L’Alliance russo-turque au milieu des guerres napoléoniennes. À la Baconnière, Collection « L’évolution du monde et des idées », Neuchâtel, 1954. (Diplôme des Hautes Études Internationales).
Sainte-Sophie de Constantinople, Revue « Synthèses », n° 167, Bruxelles, mai 1960*.
La Monarchie Russe, Payot, Paris, 1962.
Philosophie ésotérique
Du Pain quotidien, Revue « Rencontre Orient Occident », Genève, mars-avril 1956*.
Le Problème de l’Homme nouveau, Revue « Synthèses », n° 126-127, Bruxelles, novembre / décembre 1956*.
Liberté, Égalité, Fraternité, Revue « Synthèses », n° 129, Bruxelles, février 1957*.
Ouspensky, Gurdjieff, et les Fragments d’un Enseignement inconnu, Revue internationale « Synthèses », n° 138, Bruxelles, novembre 1957*.
Le Substantiel et l’Essentiel, Revue « Synthèses », n° 144, Bruxelles, mai 1958*
Les Croyances slaves pré-chrétiennes, Revue « Synthèses », n° 161, Bruxelles, octobre 1959*.
Gnôsis, Étude et commentaires sur la tradition ésotérique de l’Orthodoxie orientale.
Tome I (cycle exotérique). La Colombe, Paris, 1961 ; (Prix Victor-Emile Michelet de Littérature ésotérique, 1962) ; À la Baconnière, Neuchâtel, [1969, 1996] 2015,
Tome II (cycle mésotérique). La Colombe, Paris, 1963 ; À la Baconnière, Neuchâtel, [1972, 1996] 2017.
Tome III (cycle ésotérique). La Colombe, Paris, 1965 ; À la Baconnière, Neuchâtel [1972, 1996] 2019.
L’Art de Vaincre. Les Stromates, Recueil de notes sur l’enseignement chrétien ésotérique. C.E.C.E., Genève, 1966, Larissa Mouravieff, Genève, 1968 et 1970*.
Écrits sur Ouspensky, Gurdjieff et sur la Tradition ésotérique chrétienne, éditions Dervy Poche, Paris, septembre 2008
Introduction à la Philosophie Ésotérique d’après la Tradition de l’Orthodoxie Orientale, Éditions Arma Artis, 26160 La Bégude de Mazenc, 2010.
Gnôsis, traduit et paru en grec. C.E.C.E., Genève-Athènes, 1965.
Gnôsis, traduit et paru en anglais. Great-Britain, Praxis Institut Press, 1989.
Gnôsis, traduit et paru en espagnol. Ediciones Callao 737, Buenos-Aires, Argentina, 1989-1996.
Gnôsis, Tome I, traduit et paru en arabe. Madbouly Bookshop, Le Caire, Égypte, 2000.
* Ces textes ont été regroupés sous le titre : Écrits sur Ouspensky, Gurdjieff et sur la Tradition ésotérique chrétienne.
J'envoie l'intégralité des Stromates (introduction + 2 chapitres) sans modification Fanny. J'ai simplement mis en gras les idées essentielles à mon avis et communes à l'enseignement Samaëlien.
J'ai récupéré depuis longtemps ce texte essentiel sur un forum qui était consacré à Boris Mouravieff. Oui j'ai lu Gnôsis.
Il faut savoir que ses écrits sont soumis aux droits d'auteur jusqu'au 29 septembre 2036. Les droits ont été légués par son unique héritier à la Bibliothèque de Genève en 2012 https://archives.bge-geneve.ch/archive/ ... ieff_boris. Langue et écriture des documents :
principalement français et russe.
Les maîtres de Gurdjieff sont les pères de la Philocalie et orthodoxes russes. Il a puisé son enseignement aux mêmes sources que Mouravieff.
Je complète par un extrait de cet excellent article d'un monastère orthodoxe http://religion-orthodoxe.eu/article-gn ... 23468.html
23 octobre 2010
Gnosis de Boris Mouravieff, lumière de l’orthodoxie
Gurdjieff, Ouspensky et la tradition orthodoxe
Géopolitique et ésotérisme : si l’aigle à deux têtes est l’emblème de la nouvelle Fédération de Russie ce n’est pas par hasard, car Moscou revendique la place éminente de "troisième Rome" héritière de l’héritage byzantin détruit en grande partie par les croisés lors du sac de Constantinople ; ce qui favorisa indirectement la monté de l’empire ottoman en Europe. Au carrefour de plusieurs civilisations, la Géorgie (Tbilissi) de son côté à vu naitre et croître bien des communautés initiatiques qui ont su préserver les traditions musulmanes, scythes, chrétiennes orthodoxes, esseniennes et même orientales. Gurdjieff y puisa les racines de son enseignement dans cette source complexe qui peut aussi prendre le nom de Tradition Primordiale. Un autre homme, René Guénon fera lui aussi ce voyage jusqu’aux rives du Nil à la recherche des mêmes racines.
A Constantinople, en 1920-21, Boris Mouravieff assiste aux conférences publiques données par Piotr Demianovich Ouspensky. C’est là que ce dernier met Boris Mouravieff en rapport avec Georges Ivanovitch Gurdjieff, avec lequel il aura par la suite plusieurs contacts, à Fontainebleau et à Paris.
Pendant de nombreuses années, Boris Mouravieff et P. D. Ouspensky, liés par une amitié fondée sur un même esprit de recherche, seront amenés à approfondir et à confronter leurs travaux à l’occasion de leurs rencontres à Paris ou à Londres. Ils se rencontreront pour la dernière fois au château de Lyne près de Londres en mai 1937. Durant cette période, il entreprend un travail de formalisation de la tradition ésotérique orientale, envisageant initialement une présentation de cette doctrine sous forme romanesque. En avril 1955, Boris Mouravieff devient privat-docent à l’Université de Genève où il donne deux cours jusqu’en 1962, l’un concernant l’histoire de la Russie avant 1917 et l’autre la philosophie ésotérique.
https://www.association-boris-mouravief ... liographie
Bibliographie
Histoire politique et diplomatique
L’histoire de Russie mal connue (épuisé).
Le Testament de Pierre le Grand, légende et réalité, À la Baconnière, Collection « L’évolution du monde et des idées ». Neuchâtel, 1949.
Le Problème de l’Autorité super-étatique, À la Baconnière, Collection « L’évolution du monde et des idées ». Neuchâtel, 1950.
L’Histoire a-t-elle un sens ?, « La Revue suisse d’Histoire », tome IV, fasc. 4, 1954.
L’Alliance russo-turque au milieu des guerres napoléoniennes. À la Baconnière, Collection « L’évolution du monde et des idées », Neuchâtel, 1954. (Diplôme des Hautes Études Internationales).
Sainte-Sophie de Constantinople, Revue « Synthèses », n° 167, Bruxelles, mai 1960*.
La Monarchie Russe, Payot, Paris, 1962.
Philosophie ésotérique
Du Pain quotidien, Revue « Rencontre Orient Occident », Genève, mars-avril 1956*.
Le Problème de l’Homme nouveau, Revue « Synthèses », n° 126-127, Bruxelles, novembre / décembre 1956*.
Liberté, Égalité, Fraternité, Revue « Synthèses », n° 129, Bruxelles, février 1957*.
Ouspensky, Gurdjieff, et les Fragments d’un Enseignement inconnu, Revue internationale « Synthèses », n° 138, Bruxelles, novembre 1957*.
Le Substantiel et l’Essentiel, Revue « Synthèses », n° 144, Bruxelles, mai 1958*
Les Croyances slaves pré-chrétiennes, Revue « Synthèses », n° 161, Bruxelles, octobre 1959*.
Gnôsis, Étude et commentaires sur la tradition ésotérique de l’Orthodoxie orientale.
Tome I (cycle exotérique). La Colombe, Paris, 1961 ; (Prix Victor-Emile Michelet de Littérature ésotérique, 1962) ; À la Baconnière, Neuchâtel, [1969, 1996] 2015,
Tome II (cycle mésotérique). La Colombe, Paris, 1963 ; À la Baconnière, Neuchâtel, [1972, 1996] 2017.
Tome III (cycle ésotérique). La Colombe, Paris, 1965 ; À la Baconnière, Neuchâtel [1972, 1996] 2019.
L’Art de Vaincre. Les Stromates, Recueil de notes sur l’enseignement chrétien ésotérique. C.E.C.E., Genève, 1966, Larissa Mouravieff, Genève, 1968 et 1970*.
Écrits sur Ouspensky, Gurdjieff et sur la Tradition ésotérique chrétienne, éditions Dervy Poche, Paris, septembre 2008
Introduction à la Philosophie Ésotérique d’après la Tradition de l’Orthodoxie Orientale, Éditions Arma Artis, 26160 La Bégude de Mazenc, 2010.
Gnôsis, traduit et paru en grec. C.E.C.E., Genève-Athènes, 1965.
Gnôsis, traduit et paru en anglais. Great-Britain, Praxis Institut Press, 1989.
Gnôsis, traduit et paru en espagnol. Ediciones Callao 737, Buenos-Aires, Argentina, 1989-1996.
Gnôsis, Tome I, traduit et paru en arabe. Madbouly Bookshop, Le Caire, Égypte, 2000.
* Ces textes ont été regroupés sous le titre : Écrits sur Ouspensky, Gurdjieff et sur la Tradition ésotérique chrétienne.
Modifié en dernier par Pascal le 27 janvier 2021, 07:48, modifié 1 fois.
- Hors ligne jerome
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Merci pour le partage Pascal, ces Stromates m'intéressent également. Il est vrai que "Gnôsis" est plutôt théorique, la mise en pratique me semble intéressante.
Peut-être en rapport avec la tradition hésychaste, que l'on trouve dans la branche orthodoxe ésotérique, à base de méditation. https://www.youtube.com/watch?v=fdHiXzIXqVM
Cette branche a su sauvegarder l'enseignement de certains gnostiques protochrétiens, donc de la Tradition Primordiale (Gnose).
Peut-être en rapport avec la tradition hésychaste, que l'on trouve dans la branche orthodoxe ésotérique, à base de méditation. https://www.youtube.com/watch?v=fdHiXzIXqVM
Cette branche a su sauvegarder l'enseignement de certains gnostiques protochrétiens, donc de la Tradition Primordiale (Gnose).
"Avec toutes mes excuses pour le profond orgueil qui m'habite, et avec tout l'amour que je puis manifester en cet instant. Vive le Christ ! "
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- Hors ligne Pascal
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Oui Jérôme, le fondement pratique de l'enseignement de Mouravieff est la pratique spirituelle mystique de l'hésychasme ou la prière du Coeur, la prière de Jésus simple et puissante si elle est récitée avec la "Foi présente du centre émotionnel supérieur"
PREMIER STROMATE
CHAPITRE I
Le but du travail ésotérique individuel est d’embrasser le Passé et l’Avenir dans un Présent.
1. Jésus dit : Avant qu’Abraham fût, Je suis (Jean, VIII, 58).
Nous avons déjà indiqué (« Gnôsis », tome I, p. 229-231) que notre conception de l’Avenir et du Passé est une conception relative, propre à l’intelligence limitée de l’homme extérieur — 1, 2, 3 — et qu’objectivement n’existe que le Présent — un film universel qui comprend, pour chaque cycle donné, grand ou petit, collectif ou individuel — tout l’Avenir et tout le Passé.
2. Reste à savoir : ce qui est propre à Jésus, est-il applicable à un simple Fidèle ? La réponse à cette question, on ne peut plus catégorique, a été donnée par Jésus lui-même : « Le disciple n’est pas plus grand que le maître; mais en se perfectionnant, tout disciple sera comme son maître » (Luc, VI, 40, cité d’après le texte slavon. Relire à cette occasion Romains, VIII, 29).
3. Cela étant établi, essayons de donner un sens précis à chacune des deux notions : VIE et EXISTENCE qu’on confond trop souvent, mais qui relèvent de phénomènes d’une nature complètement différente.
Au cours de la Cène, Jésus dit aux Apôtres : Je vis et vous vivrez aussi (Jean, XIV, 19).
Cette parole du Sauveur montre qu’il n’attribuait pas la Vie même à ses disciples après qu’il les eût enseignés pendant plus de trois ans et bien que, toujours durant la Cène, il leur eût dit : Je ne vous appelle plus esclaves, parce que l’esclave ne sait pas ce que fait le maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père (Jean, XV, 15).
Si l’on ouvre l’évangile selon Thomas, récemment découvert, on verra qu’il commence ainsi :
Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et qu’a écrites Didyme-Jude Thomas (L’évangile selon Thomas, Paris, Presses Universitaires de France, 1959, p. 3).
Thomas poursuit : Et Il a dit — Celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera pas la mort (Ibid.).
Ainsi, nous voyons que l’Evangile distingue — d’une part des Vivants ayant à leur tête Jésus, leur Maître et, d’autre part, des morts, dont la raison d’être est l’espoir de passer de la Mort à la Vie (Cf. la parole de Jésus au jeune homme qui voulait le suivre, mais demandait à aller auparavant enterrer son père : Suis-moi et laisse les morts ensevelir leurs morts (Matthieu, VIII, 22), mais dont l’existence ne sert entre temps que des buts cosmiques.
4. La question qui surgit alors est de savoir comment et en vertu de quel procédé les « morts » existent quand même ?
Nous revenons ici à la Doctrine du Présent (Cf. « Gnôsis », tome I, p. 226-231, 233, 265, 269 ; tome II, p. 238, 239. Lire ces passages dans leur contexte). Reprenons-la rapidement.
Etre veut dire être dans le Présent. Car dans l’Avenir nous ne sommes pas encore et dans le Passé nous ne sommes plus. Ce que dans le langage courant nous appelons le Présent n’est en réalité que la partie plus ou moins proche du Passé où nous insérons nos prévisions de certains éléments probables de l’Avenir, — mais un Présent réel nous semble inexistant. Ainsi, en dernière analyse, le Présent nous apparaît comme une ligne de démarcation au passage de laquelle des événements évoluant dans le Temps, venant de l’Avenir, donc n’existant pas encore, se transforment mystérieusement en faits accomplis et comme tels passent immédiatement dans le Passé.
Cependant, malgré une apparence parfaitement logique, ce concept du Présent est faux.
En effet, tout ce qui existe, existe dans le Temps. Un objet possédant les trois dimensions de l’espace, bâti de solide matière, a encore besoin pour affirmer son existence de l’élément Temps, la « quatrième perpendiculaire ». Si on ne lui accorde ne serait-ce qu’un instant de Temps, il disparaît.
Le Présent a donc nécessairement une étendue. Pour l’homme extérieur cette étendue est très courte ; elle est du reste individuelle. Mais si on la réduisait à zéro, son existence cesserait purement et simplement et c’est bien ainsi qu’advient la mort.
5. En général, la durée du Présent de l’homme 1, 2, 3 est égale à une respiration, donc à quelque trois secondes.
Le roi David s’exclamait : Que toute respiration loue le Seigneur (Psaume CL, 6, d’après le texte slavon).
Cette phrase, étrange au premier abord, montre que le roi savait qu’en dehors de la respiration l’homme — et à plus forte raison tout autre être participant à la Vie Organique sur la Terre, n’a pas de contact direct avec le plan divin et ne peut par conséquent louer Dieu effectivement.
6. Pour être efficace la prière doit être courte, afin de trouver place dans le Présent individuel de l’étudiant. C’est d’ailleurs à cette fin que fut conçue par les Pères des primitives Eglises cette admirable Prière de Jésus :
Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu
Gracie-moi, pauvre pécheur (pécheresse).
(ou Aie pitié de moi. Le mot « pauvre » est ajouté dans la traduction pour conserver le rythme du texte slavon).
Les Pères de la Philocalie recommandent de prononcer la première ligne de cette prière pendant l’inspiration et la seconde au cours de l’expiration — après avoir retenu l’air dans les poumons, — ajoutons nous —, durant quatre battements du coeur, à condition que l’état du coeur et des poumons le permettent.
7. L’effet ésotérique maximum de la Prière de Jésus s’obtient lorsque, étant placée comme il a été dit dans la fente du présent individuel, elle se prononce accompagnée d’un état soutenu de constatation active.
8. L’évêque Théophane l’Ermite parlant dans ses commentaires de cette prière dit que sa force ne réside pas dans les paroles. Les mots peuvent même être modifiés. La puissance de l’évocation, dit-il, réside dans la disposition d’esprit et de coeur du chercheur, dans la constatation de son état de déchéance en face du Christ dans son état de perfection. Cet effort de constatation active simultanée crée un état de « potentiels différents », générateur d’un courant de grâce qui se manifeste par la transmutation des hydrogènes fins de la Première, Deuxième et Troisième gammes de l’Ennéagramme dont nous avons parlé abondamment au tome III de « Gnôsis ».
9. Précisons que cette prière doit être prononcée dans un esprit d’humilité, émanant de la partie positive du Centre Emotif Inférieur soutenu par un mouvement concerté des Secteurs émotifs positifs du Centre Intellectuel Inférieur et du Centre Moteur.
On ne saurait, bien entendu, faire cela dès le début comme il est dit, dans son ensemble. Mais il faut commencer sans philosopher sur les chances possibles de réussite. Le reste viendra, à la mesure de l’assiduité de l’étudiant.
Plus tard, le Centre Magnétique se développant, la prière en partira — pour être introduite enfin, lors de son absorption, dans le Centre Emotif Supérieur, le « cœur » des ermites orthodoxes.
Par cela, on parviendra à la conscience du Moi réel. La prière s’arrête à ce moment devant l’admiration ineffable qu’éprouve le Fidèle.
10. Quelqu’un a dit : « Lorsque l’abeille cherche la fleur, elle chante ; et quand elle l’a trouvée, elle se tait; elle s’enivre en suçant le suc...»
Dans l’évangile selon Thomas on lit :
Jésus a dit : Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher jusqu’à ce qu’il trouve, et, quand il trouvera, il sera troublé, et, ayant été troublé, il sera émerveillé, et il régnera sur le Tout (Thomas, Ibid. p. 3).
11. Il existe plus d’une méthode valable élaborée dans le christianisme et hors du christianisme pour obtenir ce résultat.
La Prière de Jésus, faite comme il vient d’être dit, est un moyen direct pour atteindre le Présent et, avec lui, la Vie, car elle agit en partant de la fente de ce Présent même.
Quelle est la technique grâce à laquelle par la pratique de la « prière de Jésus » on parvient à ce résultat ?
La répétition ininterrompue de cette prière soigneusement placée dans le Présent individuel élargit ce dernier.
Parlant de cette prière (« Gnôsis », tome II, p. 249), nous avons indiqué deux manières de l’appliquer. Ici nous parlons de la méthode accélérée, admise généralement dans la pratique monastique. Cependant, l’expérience montre que l’on peut user de cette méthode dans le travail ésotérique effectué dans le siècle, à condition d’y insérer l’attention double.
La pratique de la Prière de Jésus dans le siècle au milieu du travail et des soucis quotidiens s’avère même plus efficace et plus rapide que celle admise dans les cellules, car la pression extérieure du monde provoque automatiquement une recrudescence des forces chez l’étudiant.
Dans les couvents, on répète la prière jusqu’à dix et même vingt mille fois par jour. Il faut un entraînement pour parvenir, en travaillant dans le siècle, à des résultats approchants.
Il est vivement recommandé, pour ceux qui voudraient pratiquer la Prière de Jésus de lire et relire l’ouvrage intitulé Récits d’un pèlerin russe (trad. par Jean Gauvain, Cahiers du Rhône, Paris, Neuchâtel, 1948). L’auteur anonyme de cet ouvrage, qui a été très répandu en Russie, pratiquait précisément cette prière dans le siècle.
12. Récapitulons tout ce qui précède sur la Prière de Jésus pour nous rendre mieux compte de la logique et de l’efficacité de cette méthode.
Si l’on se représente comme un espacement une respiration complète, égale à la fente du Présent, on pourra figurer la respiration suivie dans le schéma qui suit :
Les barres qui séparent les espacements y représentent les instants qui séparent chaque respiration complète de la suivante.
Avec la pratique méthodiquement suivie de la Prière de Jésus arrive ce phénomène merveilleux que les « barres » s’effacent. D’abord une, entre deux respirations, puis deux, et ainsi de suite, jusqu’à une certaine limite.
On comprendra aisément qu’avec cela la fente du Présent se trouve élargie. En même temps, l’être de l’étudiant grandit ; dans la même proportion, il s’affirme de plus en plus dans le Présent et, par conséquent, dans la Vie. L’Avenir et le Passé perdront progressivement pour lui leur signification habituelle et il y percevra alors un phénomène qui le troublera. Le sens profond des paroles de saint Thomas citées plus haut lui deviendra de plus en plus intelligible — et il sera émerveillé.
13. On comprend maintenant mieux le vrai sens de la notion Existence.
L’infinitésimale du Présent attribuée à chaque être vivant par sa respiration a été exactement calculée afin d’assurer, par l’enchaînement de la respiration, l’existence des espèces de toutes sortes dont l’ensemble constitue la Vie Organique sur la Terre — station de transmission des énergies descendant et remontant le long de notre Rayon de Création.
Cette Existence générale, limitée entre la naissance et la mort, dans un renouveau perpétuel, et à laquelle participent les adamiques depuis la Chute, assure le fonctionnement du Système des Trois Octaves Cosmiques et là se trouve sa raison d’être. Et lorsqu’on constate que cette existence mécanique se trouve assurée par l’énergie sexuelle déversée dans la Deuxième Octave latérale, on fait face à ce paradoxe que l’homme extérieur dort dans sa Présence et veille dans son Absence où toute son énergie est centrée sur le mirage du Passé — Avenir.
Le privilège des adamiques consiste dans la faculté latente qui leur est restée après la Chute de procéder à un redressement — pour régner sur le Tout —comme l’a dit Jésus dans l’évangile selon Thomas.
Annexe au Chapitre 1er
EXERCICE PREMIER
Question I :
Quel est le sens profond de l’épreuve imposée au Néophyte devant le passage du Premier Seuil ?
Quelle est la technique psychique qu’il doit posséder et dont il doit faire preuve durant cette épreuve, alors qu’il est piqué au vif à son point faible ?
Question II :
Au sens de la Doctrine exposée dans « Gnôsis » qu’est-ce que le caractère et le tempérament ?
PREMIER STROMATE
CHAPITRE I
Le but du travail ésotérique individuel est d’embrasser le Passé et l’Avenir dans un Présent.
1. Jésus dit : Avant qu’Abraham fût, Je suis (Jean, VIII, 58).
Nous avons déjà indiqué (« Gnôsis », tome I, p. 229-231) que notre conception de l’Avenir et du Passé est une conception relative, propre à l’intelligence limitée de l’homme extérieur — 1, 2, 3 — et qu’objectivement n’existe que le Présent — un film universel qui comprend, pour chaque cycle donné, grand ou petit, collectif ou individuel — tout l’Avenir et tout le Passé.
2. Reste à savoir : ce qui est propre à Jésus, est-il applicable à un simple Fidèle ? La réponse à cette question, on ne peut plus catégorique, a été donnée par Jésus lui-même : « Le disciple n’est pas plus grand que le maître; mais en se perfectionnant, tout disciple sera comme son maître » (Luc, VI, 40, cité d’après le texte slavon. Relire à cette occasion Romains, VIII, 29).
3. Cela étant établi, essayons de donner un sens précis à chacune des deux notions : VIE et EXISTENCE qu’on confond trop souvent, mais qui relèvent de phénomènes d’une nature complètement différente.
Au cours de la Cène, Jésus dit aux Apôtres : Je vis et vous vivrez aussi (Jean, XIV, 19).
Cette parole du Sauveur montre qu’il n’attribuait pas la Vie même à ses disciples après qu’il les eût enseignés pendant plus de trois ans et bien que, toujours durant la Cène, il leur eût dit : Je ne vous appelle plus esclaves, parce que l’esclave ne sait pas ce que fait le maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père (Jean, XV, 15).
Si l’on ouvre l’évangile selon Thomas, récemment découvert, on verra qu’il commence ainsi :
Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et qu’a écrites Didyme-Jude Thomas (L’évangile selon Thomas, Paris, Presses Universitaires de France, 1959, p. 3).
Thomas poursuit : Et Il a dit — Celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera pas la mort (Ibid.).
Ainsi, nous voyons que l’Evangile distingue — d’une part des Vivants ayant à leur tête Jésus, leur Maître et, d’autre part, des morts, dont la raison d’être est l’espoir de passer de la Mort à la Vie (Cf. la parole de Jésus au jeune homme qui voulait le suivre, mais demandait à aller auparavant enterrer son père : Suis-moi et laisse les morts ensevelir leurs morts (Matthieu, VIII, 22), mais dont l’existence ne sert entre temps que des buts cosmiques.
4. La question qui surgit alors est de savoir comment et en vertu de quel procédé les « morts » existent quand même ?
Nous revenons ici à la Doctrine du Présent (Cf. « Gnôsis », tome I, p. 226-231, 233, 265, 269 ; tome II, p. 238, 239. Lire ces passages dans leur contexte). Reprenons-la rapidement.
Etre veut dire être dans le Présent. Car dans l’Avenir nous ne sommes pas encore et dans le Passé nous ne sommes plus. Ce que dans le langage courant nous appelons le Présent n’est en réalité que la partie plus ou moins proche du Passé où nous insérons nos prévisions de certains éléments probables de l’Avenir, — mais un Présent réel nous semble inexistant. Ainsi, en dernière analyse, le Présent nous apparaît comme une ligne de démarcation au passage de laquelle des événements évoluant dans le Temps, venant de l’Avenir, donc n’existant pas encore, se transforment mystérieusement en faits accomplis et comme tels passent immédiatement dans le Passé.
Cependant, malgré une apparence parfaitement logique, ce concept du Présent est faux.
En effet, tout ce qui existe, existe dans le Temps. Un objet possédant les trois dimensions de l’espace, bâti de solide matière, a encore besoin pour affirmer son existence de l’élément Temps, la « quatrième perpendiculaire ». Si on ne lui accorde ne serait-ce qu’un instant de Temps, il disparaît.
Le Présent a donc nécessairement une étendue. Pour l’homme extérieur cette étendue est très courte ; elle est du reste individuelle. Mais si on la réduisait à zéro, son existence cesserait purement et simplement et c’est bien ainsi qu’advient la mort.
5. En général, la durée du Présent de l’homme 1, 2, 3 est égale à une respiration, donc à quelque trois secondes.
Le roi David s’exclamait : Que toute respiration loue le Seigneur (Psaume CL, 6, d’après le texte slavon).
Cette phrase, étrange au premier abord, montre que le roi savait qu’en dehors de la respiration l’homme — et à plus forte raison tout autre être participant à la Vie Organique sur la Terre, n’a pas de contact direct avec le plan divin et ne peut par conséquent louer Dieu effectivement.
6. Pour être efficace la prière doit être courte, afin de trouver place dans le Présent individuel de l’étudiant. C’est d’ailleurs à cette fin que fut conçue par les Pères des primitives Eglises cette admirable Prière de Jésus :
Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu
Gracie-moi, pauvre pécheur (pécheresse).
(ou Aie pitié de moi. Le mot « pauvre » est ajouté dans la traduction pour conserver le rythme du texte slavon).
Les Pères de la Philocalie recommandent de prononcer la première ligne de cette prière pendant l’inspiration et la seconde au cours de l’expiration — après avoir retenu l’air dans les poumons, — ajoutons nous —, durant quatre battements du coeur, à condition que l’état du coeur et des poumons le permettent.
7. L’effet ésotérique maximum de la Prière de Jésus s’obtient lorsque, étant placée comme il a été dit dans la fente du présent individuel, elle se prononce accompagnée d’un état soutenu de constatation active.
8. L’évêque Théophane l’Ermite parlant dans ses commentaires de cette prière dit que sa force ne réside pas dans les paroles. Les mots peuvent même être modifiés. La puissance de l’évocation, dit-il, réside dans la disposition d’esprit et de coeur du chercheur, dans la constatation de son état de déchéance en face du Christ dans son état de perfection. Cet effort de constatation active simultanée crée un état de « potentiels différents », générateur d’un courant de grâce qui se manifeste par la transmutation des hydrogènes fins de la Première, Deuxième et Troisième gammes de l’Ennéagramme dont nous avons parlé abondamment au tome III de « Gnôsis ».
9. Précisons que cette prière doit être prononcée dans un esprit d’humilité, émanant de la partie positive du Centre Emotif Inférieur soutenu par un mouvement concerté des Secteurs émotifs positifs du Centre Intellectuel Inférieur et du Centre Moteur.
On ne saurait, bien entendu, faire cela dès le début comme il est dit, dans son ensemble. Mais il faut commencer sans philosopher sur les chances possibles de réussite. Le reste viendra, à la mesure de l’assiduité de l’étudiant.
Plus tard, le Centre Magnétique se développant, la prière en partira — pour être introduite enfin, lors de son absorption, dans le Centre Emotif Supérieur, le « cœur » des ermites orthodoxes.
Par cela, on parviendra à la conscience du Moi réel. La prière s’arrête à ce moment devant l’admiration ineffable qu’éprouve le Fidèle.
10. Quelqu’un a dit : « Lorsque l’abeille cherche la fleur, elle chante ; et quand elle l’a trouvée, elle se tait; elle s’enivre en suçant le suc...»
Dans l’évangile selon Thomas on lit :
Jésus a dit : Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher jusqu’à ce qu’il trouve, et, quand il trouvera, il sera troublé, et, ayant été troublé, il sera émerveillé, et il régnera sur le Tout (Thomas, Ibid. p. 3).
11. Il existe plus d’une méthode valable élaborée dans le christianisme et hors du christianisme pour obtenir ce résultat.
La Prière de Jésus, faite comme il vient d’être dit, est un moyen direct pour atteindre le Présent et, avec lui, la Vie, car elle agit en partant de la fente de ce Présent même.
Quelle est la technique grâce à laquelle par la pratique de la « prière de Jésus » on parvient à ce résultat ?
La répétition ininterrompue de cette prière soigneusement placée dans le Présent individuel élargit ce dernier.
Parlant de cette prière (« Gnôsis », tome II, p. 249), nous avons indiqué deux manières de l’appliquer. Ici nous parlons de la méthode accélérée, admise généralement dans la pratique monastique. Cependant, l’expérience montre que l’on peut user de cette méthode dans le travail ésotérique effectué dans le siècle, à condition d’y insérer l’attention double.
La pratique de la Prière de Jésus dans le siècle au milieu du travail et des soucis quotidiens s’avère même plus efficace et plus rapide que celle admise dans les cellules, car la pression extérieure du monde provoque automatiquement une recrudescence des forces chez l’étudiant.
Dans les couvents, on répète la prière jusqu’à dix et même vingt mille fois par jour. Il faut un entraînement pour parvenir, en travaillant dans le siècle, à des résultats approchants.
Il est vivement recommandé, pour ceux qui voudraient pratiquer la Prière de Jésus de lire et relire l’ouvrage intitulé Récits d’un pèlerin russe (trad. par Jean Gauvain, Cahiers du Rhône, Paris, Neuchâtel, 1948). L’auteur anonyme de cet ouvrage, qui a été très répandu en Russie, pratiquait précisément cette prière dans le siècle.
12. Récapitulons tout ce qui précède sur la Prière de Jésus pour nous rendre mieux compte de la logique et de l’efficacité de cette méthode.
Si l’on se représente comme un espacement une respiration complète, égale à la fente du Présent, on pourra figurer la respiration suivie dans le schéma qui suit :
Sans titre 1.jpg
Les barres qui séparent les espacements y représentent les instants qui séparent chaque respiration complète de la suivante.
Avec la pratique méthodiquement suivie de la Prière de Jésus arrive ce phénomène merveilleux que les « barres » s’effacent. D’abord une, entre deux respirations, puis deux, et ainsi de suite, jusqu’à une certaine limite.
On comprendra aisément qu’avec cela la fente du Présent se trouve élargie. En même temps, l’être de l’étudiant grandit ; dans la même proportion, il s’affirme de plus en plus dans le Présent et, par conséquent, dans la Vie. L’Avenir et le Passé perdront progressivement pour lui leur signification habituelle et il y percevra alors un phénomène qui le troublera. Le sens profond des paroles de saint Thomas citées plus haut lui deviendra de plus en plus intelligible — et il sera émerveillé.
13. On comprend maintenant mieux le vrai sens de la notion Existence.
L’infinitésimale du Présent attribuée à chaque être vivant par sa respiration a été exactement calculée afin d’assurer, par l’enchaînement de la respiration, l’existence des espèces de toutes sortes dont l’ensemble constitue la Vie Organique sur la Terre — station de transmission des énergies descendant et remontant le long de notre Rayon de Création.
Cette Existence générale, limitée entre la naissance et la mort, dans un renouveau perpétuel, et à laquelle participent les adamiques depuis la Chute, assure le fonctionnement du Système des Trois Octaves Cosmiques et là se trouve sa raison d’être. Et lorsqu’on constate que cette existence mécanique se trouve assurée par l’énergie sexuelle déversée dans la Deuxième Octave latérale, on fait face à ce paradoxe que l’homme extérieur dort dans sa Présence et veille dans son Absence où toute son énergie est centrée sur le mirage du Passé — Avenir.
Le privilège des adamiques consiste dans la faculté latente qui leur est restée après la Chute de procéder à un redressement — pour régner sur le Tout —comme l’a dit Jésus dans l’évangile selon Thomas.
Annexe au Chapitre 1er
EXERCICE PREMIER
Question I :
Quel est le sens profond de l’épreuve imposée au Néophyte devant le passage du Premier Seuil ?
Quelle est la technique psychique qu’il doit posséder et dont il doit faire preuve durant cette épreuve, alors qu’il est piqué au vif à son point faible ?
Question II :
Au sens de la Doctrine exposée dans « Gnôsis » qu’est-ce que le caractère et le tempérament ?
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Modifié en dernier par Pascal le 27 janvier 2021, 23:09, modifié 2 fois.
- Hors ligne jerome
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Admirable ! Voilà l'authentique doctrine du Maître de Perfection Jésus, préservée ici au coeur d'une tradition millénaire. Les Evangiles (canoniques et apocryphes) sont à lire à travers ce prisme. "Je suis" y réfère toujours à l'Être Réel, "En vérité" à l'Eveil (aleteia, "hors de la léthargie"), etc...
Il est malheureux que la tradition exotérique chrétienne ait accepté ce dogme superstitieux de résurrection au pied de la lettre : les os sortiraient de terre pour s'assembler à nouveau, la chair se reformerait autour, etc. n'importe quoi ! Mais bon, tout est bien et en adéquation avec ce que la société humaine donne à voir. Propageons l'Enseignement original !
Evangile de Philippe : "Il est d'abord ressuscité (nda : éveillé parfaitement), puis ensuite il est mort (corporellement)". Cette résurrection-là est souvenance de ce que l'on Est fondamentalement, qui nous permet de sortir de ces cycles pédagogiques de morts et de retours dans cette vallée de larmes.
On trouve aussi parfois dans les textes, pour "vivant/mort", l'équivalent "réveil/rêve". Samaël Aun Weor nous a permis d'identifier cette Doctrine avec toutes les autres doctrines à haute intensité spirituelle, issues de la Tradition Primordiale (Gnose). Nous avons ici la survivance de la branche gnostique chrétienne. Celle qui n'a pas été brûlée par les romains.
L'écueil aux ouvrages de Mouravieff, cependant, est de laisser ces enseignements au niveau superficiel comme ce fut mon cas il y a qqs années. D'en faire un simple "enrichissement intellectuel" contre-productif, des théories s'ajoutant aux théories. Pour être effectifs, il faut les comprendre (cum-prendre, prendre avec soi) profondément dans le Coeur, qu'ils nous accompagnent dans la pratique de chaque instant. Nous avons besoin de la méditation pour remonter à la Source, Comprendre les Enseignements au-delà du mental superficiel, et nous réveiller d'entre les morts.
Ce que Mouravieff nomme "constatation" est à mettre en rapport avec le rappel de soi à chaque instant, tel qu'enseigné par Samaël Aun Weor (méditation active = "travail dans le siècle").
Merci Pascal, vivement la suite !
Il est malheureux que la tradition exotérique chrétienne ait accepté ce dogme superstitieux de résurrection au pied de la lettre : les os sortiraient de terre pour s'assembler à nouveau, la chair se reformerait autour, etc. n'importe quoi ! Mais bon, tout est bien et en adéquation avec ce que la société humaine donne à voir. Propageons l'Enseignement original !
Evangile de Philippe : "Il est d'abord ressuscité (nda : éveillé parfaitement), puis ensuite il est mort (corporellement)". Cette résurrection-là est souvenance de ce que l'on Est fondamentalement, qui nous permet de sortir de ces cycles pédagogiques de morts et de retours dans cette vallée de larmes.
On trouve aussi parfois dans les textes, pour "vivant/mort", l'équivalent "réveil/rêve". Samaël Aun Weor nous a permis d'identifier cette Doctrine avec toutes les autres doctrines à haute intensité spirituelle, issues de la Tradition Primordiale (Gnose). Nous avons ici la survivance de la branche gnostique chrétienne. Celle qui n'a pas été brûlée par les romains.
L'écueil aux ouvrages de Mouravieff, cependant, est de laisser ces enseignements au niveau superficiel comme ce fut mon cas il y a qqs années. D'en faire un simple "enrichissement intellectuel" contre-productif, des théories s'ajoutant aux théories. Pour être effectifs, il faut les comprendre (cum-prendre, prendre avec soi) profondément dans le Coeur, qu'ils nous accompagnent dans la pratique de chaque instant. Nous avons besoin de la méditation pour remonter à la Source, Comprendre les Enseignements au-delà du mental superficiel, et nous réveiller d'entre les morts.
Ce que Mouravieff nomme "constatation" est à mettre en rapport avec le rappel de soi à chaque instant, tel qu'enseigné par Samaël Aun Weor (méditation active = "travail dans le siècle").
Merci Pascal, vivement la suite !
"Avec toutes mes excuses pour le profond orgueil qui m'habite, et avec tout l'amour que je puis manifester en cet instant. Vive le Christ ! "
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Message le
Voici la suite et fin Jérôme, chapitre 2.
J'ai l'impression que Mouravieff n'a pas eu le temps de terminer avant son départ pour l'au-delà ou il en manque.
Je ne surligne même pas car c'est truffé de Gnose à différents niveaux de profondeur, un feu d'artifice subtil !
J'ai commandé ce livre : Ecrits sur Ouspensky, Gurdjieff et sur la Tradition ésotérique chrétienne (Français) Broché – 15 septembre 2008 de Boris Mouravieff et vérifierai si les Stromates sont bien complètes ou pas.
Dans son livre Fragments d'un enseignement inconnu, Piotr Demianovich Ouspensky n'exposa que des fragments de la Tradition ésotérique de l'orthodoxie orientale. Au début des années 60, au travers des trois volumes de Gnôsis, Boris, Mouravieff donna une étude approfondie et un exposé complet de cet enseignement portant sur l'Homme, l'Univers et la Voie. Cette somme fut précédée et accompagnée de la publication d'articles et de la rédaction de notes et enseignements à l'intention des membres du Centre d'Etudes Chrétiennes Ésotériques qu'il avait créé, et qui sont repris et réunis pour la première fois dans le présent volume. Boris Mouravieff livre, par ailleurs, un témoignage et des analyses très éclairantes sur ses rencontres avec Gurdjieff à Constantinople, Fontainebleau ou Paris, ainsi que sur les relations qu'il entretint de longues années avec Ouspensky dont il était un ami proche.
BORIS MOURAVIEFF
L’ART DE VAINCRE
LES STROMATES
Recueil de notes sur l’enseignement chrétien ésotérique
CENTRE D’ÉTUDES CHRÉTIENNES ÉSOTÉRIQUES
GENÈVE 1968
CHAPITRE II
L’ETUDIANT DOIT DISCIPLINER SON INTELLECT ET L’UTILISER, ENTRAINE, POUR ALLEGER LE TRAVAIL DE SON COEUR
1. Dans le chapitre précédent nous avons établi une distinction entre les notions Existence et Vie si souvent confondues. Voici les exemples tirés du Vocabulaire de la Philosophie de Lalande 8e éd. Presses Universitaires de France, 1960 ; Existence : le fait d’être, dans toutes les acceptions où le mot s’emploie absolument (p. 318) ; Vie : Ensemble des phénomènes de toute sorte - particulièrement de nutrition et de reproduction qui pour les êtres ayant un degré suffisamment élevé d’organisation, s’étendent de la naissance ou de la production du germe jusqu’à la mort (p. 1.204) et nous avons indiqué le moyen direct conduisant de notre sort serré entre l’Avenir et le Passé au large du Présent, c’est-à-dire à la Vie.
La théorie — si l’on peut dire — de la Prière de Jésus, pratiquée dans l’Orthodoxie et dont nous avons donné l’analyse, résume et explique l’essence de toute méthode valable ayant pour but d’affirmer l’homme dans le Présent — que ce soit sous forme de Béatitude ou d’Extase, de Nirvana ou de Samadhi. Car, en fait, il n’existe qu’une seule porte d’accès aux Centres Supérieurs de la Conscience et cette porte se trouve non pas dans la tête, mais dans le coeur.
2. Dans « Gnôsis » et ailleurs nous avons attiré à plus d’une reprise l’attention du lecteur sur cette maxime que pour arriver il faut brûler. C’est le coeur qui doit brûler ; c’est donc le coeur qui doit s’embraser.
3. On sera peut-être surpris d’apprendre que l’état naturel de notre coeur est précisément d’être embrasé. Or, dans l’homme actuel, chuté, mais qui se considère normal, le coeur ne brûle point. Dans les meilleurs cas on n’y trouve que le feu qui couve sous les cendres.
Ce résultat de la Chute et de l’identification de l’homme avec sa Personnalité doit être rectifié.
4. Or, les méthodes élaborées dans ce sens se heurtent souvent dans l’esprit de l’étudiant à une répulsion difficilement surmontable, celle d’une demande de crédit. Et si on lui cite cette parole du prophète : Si vous ne croyez pas, vous ne pourrez même pas comprendre (Esaïe, VII, 9), elle lui paraîtra bizarre, du moins à première vue.
Cependant, à voir les choses de plus près, on s’apercevra sans peine que toutes nos entreprises dans le monde exigent la foi comme condition préliminaire. Un étudiant qui entre, disons, à la Faculté de Médecine le fait sur la base de la foi, en admettant d’avance, primo que l’étude de la médecine est possible, secundo qu’elle le conduira au but recherché.
5. Ainsi, en entreprenant les études ésotériques — comme dans le cas de la Faculté — l’étudiant doit admettre, ne serait-ce qu’en principe, qu’elles sont possibles et qu’elles peuvent le conduire au but.
Or, si avant le passage du Premier Seuil, il suffit pour le Néophyte d’y croire, après ce passage lorsque, devenu Fidèle il met le pied sur l’Escalier, il ne lui suffit plus simplement d’y croire comme auparavant. Il lui faut alors quelque chose de plus, à savoir : avoir la Foi. Telle est la vertu de la Première Marche de l’Escalier. Dès lors, il devra cultiver en lui la Foi, qui, en croissant, l’accompagnera et le soutiendra tout le long de l’Escalier. Elle jouera un rôle décisif sur la IVème Marche, au passage du Deuxième Seuil, — passage qu’on définit parfois comme l’opération de la Foi.
On peut donc dire, faisant recours à une image, que la Foi est le destrier du fidèle Chevalier.
6. Cela établi, ouvrons encore Clément d’Alexandrie qui donne à ce sujet des indications peu connues et pourtant suggestives. A notre connaissance aucun des grands Docteurs de l’Eglise oecuménique n’a pris à ce sujet une position aussi nette. On y lit :
Nous disons que même sans savoir lire on peut être Fidèle, mais nous convenons aussi que comprendre les doctrines de la foi est impossible sans études. Accueillir les idées justes, rejeter les idées étrangères, ce n’est pas le fait de la foi simple, mais de la foi exercée dans la science. L’ignorance est malgré tout inséparable d’un manque d’éducation et d’affinement, tandis que la science des choses divines et humaines nous est fournie par l’enseignement (Clément, I Stromate, VI, 35, 2-4).
Et il ajoute :
Certes, on peut vivre honnêtement dans la pauvreté, mais on le peut aussi dans l’abondance, et nous convenons qu’on atteindra la vertu plus facilement et plus vite avec une culture préalable — sans nier qu’elle puisse s’atteindre sans ces secours, encore que la priorité aille même alors à ceux qui ont quelque étude et dont «les sens sont exercés» (Ibid. 4. Clément se réfère ici à saint Paul, au célèbre passage de l’Epître aux Hébreux, V, 14, où l’Apôtre parle du lait et de la nourriture solide. La citation du verset est conforme au texte grec et slavon. Chez Louis Segond on trouve «…le jugement est exercé»).
7. Faisant recours à la Science pour cultiver la Foi, Clément réhabilite l’intellect (Au sens de ym en slavon, … en grec et non pas « vous » ce qui chez les Latins est appelé intellectus... qui est une perception distincte jointe à la faculté de réfléchir, qui n’est pas dans les bêtes - Leibnitz, Nouveaux Essais, II, 21, § 5 -, il s’agit du Centre Intellectuel Inférieur dans la Doctrine de « Gnôsis ») qui déjà avant lui — et au cours de longs siècles après lui jusqu’au siècle présent — a été considéré dans la littérature orthodoxe plutôt comme un obstacle que comme une aide sur la Voie du Salut.
8. On se réfère souvent à la parole que Jésus adressa à ses disciples alors qu’ils lui demandaient qui était le plus grand dans le Royaume des Cieux (Matthieu, XVIII, 1. D’après Marc IX, 34, les disciples avaient discuté entre eux pour savoir qui d’entre eux était le plus grand (texte slavon)). Notre Seigneur leur dit : Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux (Matthieu, XVIII, 3).
Ce texte est abondamment cité partout, alors que le commentaire de ce même texte fait par saint Paul est passé généralement sous silence. Or l’apôtre dit :
Frères, ne soyez pas enfants d’après l’intelligence (ym dans le texte slavon), mais pour la malice soyez enfants et à l’égard de l’intelligence soyez des hommes faits (I Corinthiens, XIV, 20).
9. Cette tendance à réduire l’intellect au silence se trouve fréquemment chez les Pères de la Philocalie où elle a sa raison d’être. Cela s’explique par le fait que ces vénérables Docteurs s’adressent principalement à leur auditoire monastique.
10. Dans les conditions du travail au couvent, dans des cellules et à plus forte raison dans le désert (par le « désert » on entend dans l’Orthodoxie un endroit où l’anachorète s’éloigne des humains pour vivre dans la nature, isolé, face à la Nature et à son Créateur), en solitude, leur méthode s’avère pratique et juste. Outre la fréquentation des offices (pour avoir une idée de l’atmosphère spirituelle dans laquelle vivent les moines, il suffit d’indiquer qu’au Mont Athos, dans certains monastères, il y a des périodes où l’on prie jusqu’à dix-sept heures par jour), les préceptes de cette méthode dite royale peuvent être résumés en quelques lignes comme suit :
a) l’abdication totale de la volonté en faveur de celle du maître (l’essentiel ici est de renoncer à la volonté du Moi de la Personnalité comme à celle du Moi du Corps, la volonté du maître agissant à la place du Moi réel non encore atteint du moine. Il est dit cependant : Si tu vois dans ton maître, en tant qu’homme des défauts, ne t’y accroche pas, suis ses prescriptions, autrement tu n’apprendras rien (Philocalie) ;
b) le silence absolu ;
c) le jeûne ;
d) la maîtrise de l’énergie sexuelle ;
e) la maîtrise du corps : lutte contre le sommeil et la faim, génuflexions, prosternations, respiration contrôlée (à remarquer que dans les Eglises, hors des couvents, les Orthodoxes participent aux offices religieux en demeurant debout avec, à certains moments, des génuflexions sur la dalle).
Par ces pratiques — surtout grâce au silence — on ferme les robinets par lesquels, autrement, l’énergie psychique du moine est rejetée. D’où l’accumulation dans l’organisme physique et psychique de grandes réserves d’hydrogènes fins ainsi économisés.
Fort de cela, le disciple pratique la Prière de Jésus comme cela est décrit au chapitre précédent.
Si le moine, à force d’entraînement parvient à respecter strictement les prescriptions énumérées, sa prière acquiert une force insoupçonnée ; et, telle une flèche flamboyante, elle perce le rideau qui sépare le Moi de sa Personnalité et de son Moi réel.
On appelle cette méthode royale parce qu’elle est directe, forte et spontanée. Elle ne demande aucune érudition préalable qui, dans ces conditions, ne servirait à rien.
Il est clair qu’une telle méthode est inopérante dans les conditions de la vie courante et du travail dans le monde. Il serait inutile, même nuisible, de l’essayer car, malgré la meilleure volonté du chercheur, elle ne pourrait être appliquée dans son ensemble et, pratiquée partiellement, ne pourrait conduire qu’à des déceptions.
11. Clément ou Titus Flavius Clemens : peut-être parent ou affranchi de ce Titus Flavius Clemens qui fut consul sous Domitien en 95 et mis à mort, paraît-il, comme chrétien. Premier écrivain chrétien, illustre docteur de l’Eglise, Clément est né en 150 à Athènes (ou à Alexandrie) dans le paganisme. Philosophe platonicien, il fut converti par saint Pantène, stoïcien converti au christianisme, qui en 179 devient chef de la Didascalia, école de hautes études chrétiennes d’Alexandrie. Envoyé pour plusieurs années en mission en Inde, Pantène fut remplacé par Clément dans les fonctions de catéchiste. Par les persécutions de Septime-Sévère, Clément fut forcé d’abandonner son Ecole et partit pour Césarée. Après quelques années, il revint à Alexandrie et y reprit ses fonctions. Il y mourut en 217. Il unissait la philosophie grecque à la religion et, la reconnaissant d’inspiration divine, faisait d’elle l’introduction au christianisme.
Clément enseignait quelque deux siècles avant l’apparition des monastères et il avait dans son Ecole — comme c’est le cas actuellement dans les Universités — des étudiants des deux sexes. L’enseignement s’y donnait dans un esprit ouvert, imprégné de philosophie grecque, la tradition chrétienne ne connaissant pas encore la dogmatique ; la première tentative pour dogmatiser la nouvelle religion n’étant apparue qu’avec Origène, son disciple, à la génération suivante.
Cette atmosphère nous unit étroitement à Clément et à Pantène, son Maître. C’est dans le même esprit que l’auteur a exposé la Doctrine dans la série « Gnôsis ». Il a choisi pour le titre du présent ouvrage Les Stromates espérant jeter une passerelle à travers dix-huit siècles jusqu’à ce premier auteur chrétien, héritier de la Doctrine ésotérique aujourd’hui divulguée dans notre ouvrage et désoccultée à un plus grand degré.
12. L’analogie des conditions a déterminé celle des conceptions qu’on trouve à la base de l’exposé de la Doctrine chrétienne ésotérique : la formule de Clément de la Foi cultivée par la Science est celle de Gnôsis et des Stromates.
13. Analogie n’est cependant pas similitude. Clément enseignait à la fin du IIe siècle — à l’aube du Cycle du Fils, alors qu’aujourd’hui ce Cycle parvient à son terme. Cependant la fin ressemble toujours au commencement. A l’époque de Clément, dans la technique perfectionnée de la dialectique, la philosophie grecque donnait certains signes de décadence et, avec les « beaux parleurs » dont il se plaint engendrait la sophistique. Cela lui inspirait une extrême prudence. Ainsi, après avoir établi l’inspiration divine de la philosophie classique grecque et sa valeur comme instrument susceptible de préparer l’intelligence du chercheur à l’étude de la Gnose, il dit :
Il va sans dire que ces Stromates, pétris d’érudition, s’ingénient à cacher les semences de la Connaissance (Gnose). De même que le chasseur passionné aime à quêter, fouiller, pister, lancer ses chiens avant de prendre la bête, de même le vrai se révèle plein de douceur quand on l’a quêté et obtenu à grand travail (Clément d’Alexandrie, I Stromate, II, 20-4, 21-1. Cette thèse, sous des formes différentes, se trouve développée aussi chez les Pères de la Philocalie).
Et il ajoute :
Pourquoi avons-nous jugé bon de disposer ainsi nos notes ? Parce qu’il est très dangereux de révéler l’enseignement réellement mystérieux de la véritable philosophie à des gens qui veulent tout contredire sans ménagement et sans justice, qui projettent en tous sens mots et expressions sans la moindre tenue, se dupant eux-mêmes et mystifiant ceux qui les suivent. Comme dit l’Apôtre : Les Hébreux réclament des miracles et les Hellènes cherchent la sagesse (Ibid., 21-2, 3 ; pour la citation : I Corinthiens, I, 22).
Sur ce point nous avons suivi l’exemple de Clément d’Alexandrie dans « Gnôsis » et nous continuons à le suivre dans nos Stromates.
14. Cela n’enlève rien à leur valeur comme manuel pratique car, sous cet angle, le but des présents Stromates est d’apprendre à l’étudiant qui suivra cet enseignement à suivre par là le chemin de la compréhension ésotérique au moyen de révélations, offrant la seule possibilité réelle d’atteindre la Connaissance suprême, la Gnose.
Pour atteindre ces révélations individuelles, l’étudiant doit s’engager dans les recherches ésotériques, et notamment de « Gnosis », épris de l’esprit, du chasseur passionné dont parle Clément.
Cela exige l’abandon, dès les premiers pas, de tout esprit d’impatience. Le désir d’obtenir « tout et tout de suite » est une épreuve préliminaire qui s’oppose à tout chercheur qui s’approche des études ésotériques. Celui qui ne soutiendra pas l’épreuve, ne pénétrera pas au-delà du sens purement narratif de la Doctrine.
15. A côté de la culture du centre émotif, dont nous parlé plus haut et à laquelle nous reviendrons plus d’une fois au cours des Stromates, l’étudiant travaillant d’après la méthode psychologique de « Gnôsis » doit s’occuper parallèlement et activement de celle de son centre intellectuel.
A sa formation scolaire, académique, scientifique, s’il y a lieu, il doit ajouter un entraînement spécial. Cette formation complémentaire doit faire de l’intellect un instrument psychique docile et précieux, au moyen duquel l’homme pourra assurer à son coeur les conditions psychiques optima dans son travail constructif.
16. Le lecteur sera peut-être étonné si on lui dit que l’état normal de l’intellect est l’état de concentration. Habituellement l’homme doit faire un effort pour se concentrer et il ne sait se concentrer que sur des objets déterminés. Or, l’état naturel de l’intellect, concentré, dont nous parlons, est concentré sur l’ensemble de l’être de l’homme, autrement dit sur la présence en soi.
Normalement, l’homme ne doit faire sortir son intellect de cet état comme le Chevalier dégaine son épée, que pour des fins déterminées. Après quoi l’intellect doit revenir à son état de concentration comme une épée remise au fourreau.
Et de même que le Chevalier ne tient pas son épée par la lame, de même l’étudiant ne doit pas utiliser son intellect à rebours en lui laissant l’initiative, alors qu’il doit demeurer au service du Moi, c’est-à-dire de l’homme tout entier.
17. Pour devenir un instrument utile au coeur engagé dans le travail, l’intellect doit être discipliné et aiguisé.
Le rôle de l’intellect dans le travail ésotérique effectué dans le monde est important. Sans sa faculté d’analyse critique, le travail de l’étudiant sur lui-même peut le conduire aux pires illusions. Car le coeur a besoin de contrôle puisqu’il s’aveugle facilement. Et il demande instinctivement à l’intellect de lui venir en aide ; il cherche sa critique, — critique, certes froide, mais bienveillante et compétente.
C’est beaucoup demander à l’intellect d’un homme contemporain, civilisé tel qu’il aujourd’hui. Pour jouer son rôle, l’intellect doit être, nous l’avons déjà dit, spécialement cultivé et entraîné.
18. Ne confondons pas le bagage intellectuel avec l’intellect lui-même. La formation académique, la culture générale et supérieure qu’elle nous apporte — si celle-ci ne provoque une déformation — est certainement un bien qui aidera le chercheur. Cependant, laissons pour l’instant ce bagage de côté et occupons-nous de l’intellect lui-même, de sa culture qu’on ne confondra donc pas avec la culture intellectuelle.
La question est aussi vaste qu’elle est importante. Nous y reviendrons maintes fois et progressivement le long de nos Stromates, pour aborder ce problème sous des angles et éclairages différents.
19. Abordons la question du côté qui exige les mesures les plus urgentes à prendre. Par rapport, bien entendu, au travail ésotérique effectué par l’étudiant dans le monde selon la méthode psychologique.
20. Sans s’en rendre compte, la grande majorité des civilisés souffrent de plus d’un complexe de différente nature.
L’homme ne saura jamais être naturel tant qu’il demeure sujet de ses complexes. Leur destruction est donc l’un des premiers buts à atteindre. Ce n’est qu’après l’avoir atteint que l’étudiant pourra aborder la culture ésotérique positive de son intellect.
21. Pour se débarrasser de ses complexes, l’homme doit admettre deux choses :
a) qu’il n’existe pas de complexe utile ou inévitable ;
b) que, par conséquent il faut les détruire.
Il est important d’admettre ces deux points qui constituent le départ du travail entrepris, sinon il est inutile d’aller plus loin.
Il faut bien se rendre compte non seulement qu’il n’y a pas de complexes utiles, mais non plus de complexes « normaux ». Tout complexe est donc un phénomène anormal et, en plus, nuisible à tout point de vue.
22. Quel est l’origine des complexes ? Et comment pourrait-on, pratiquement, les aborder pour les détruire ?
Dans son état actuel la Psychologie — cette science la plus nécessaire parmi les autres et des moins développées, n’est pas encore parvenue dans ses investigations au stade de synthèse. Elle distingue cependant des complexes d’origine différente. Les complexes d’origine érotique sont parmi les mieux étudiés, probablement puisqu’ils sont plus facilement observables — le centre sexuel étant entier, indivisible. On y distingue entre autre, le complexe d’Electre, celui d’Oedipe positif ou inversé, etc.
Ce qui nous préoccupe, maintenant, ce sont les complexes dont souffre l’intellect. Le principal de la série est le complexe d’infériorité avec ses multiples formes et manifestations.
La définition de ce phénomène donnée par la Psychologie est la suivante :
Ensemble de traits de comportement ayant pour fonction d’écarter un pénible sentiment d’infériorité (Vocabulaire de la Psychologie publié avec la collaboration de l’Association des Travailleurs Scientifiques par Henri Piéron, Prof. honoraire au Collège de France, Directeur Honoraire de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, 2e éd., Paris, P.U.F. 1957, p. 181).
On voit tout de suite que cette définition — tout en étant, bien entendu, juste — est, pour ainsi dire, « extérieure », fonctionnelle et ne va pas à la racine des choses. Pour notre étude, il faut aller plus en profondeur.
23. Le terrain de la Personnalité humaine est l’orgueil. Et comme cette Personnalité se distingue de celle des animaux, étant composée non plus de deux, mais de trois centres psychiques dont l’intellectuel que les animaux ne possèdent pas, nous pouvons en conclure que le centre de gravité de l’orgueil humain réside précisément dans l’intellect.
24. L’homme peut être timide ou agressif, cela ne change en rien ce que nous venons de dire. Sa timidité ne prouve pas qu’il soit privé d’orgueil. Le mea culpisme est aussi un dérivé de l’orgueil. L’humilité même ne donne pas de garantie car elle peut en relever également. Il existe en effet cette sorte d’humilité considérée par les Pères comme pire que l’orgueil (Philocalie).
25. Il est important pour nous de saisir, partant de cela, la technique de la formation des complexes intellectuels, ce qui nous permettra de lutter contre eux et, pour finir, de les détruire.
26. Pour mieux comprendre, prenons un exemple, celui notamment du complexe d’infériorité, ce cas étant le plus général et le plus nocif au point de vue ésotérique.
De l’essence orgueilleuse du Moi de la Personnalité avec lequel l’homme extérieur s’identifie, naît la crainte subconsciente d’être considéré par les autres au-dessous de la représentation que l’homme s’est faite de lui-même.
Cette crainte permanente doublée d’une susceptibilité qui, sur ce point, prend souvent des proportions hypertrophiées, naît à son tour un état d’esprit épris de considération intérieure.
Comme les tendances s’accentuent (Gnôsis, passim), cette attitude intérieure se consolide et, à la longue, peut prendre le caractère d’une véritable obsession.
Cela est d’autant plus dangereux qu’avec le temps, le malheureux s’isole de plus en plus des humains puisque vus à travers ce complexe ainsi constitué, ils lui semblent des ennemis potentiels. L’esprit à l’origine ouvert se ferme. Une cristallisation du moins partielle peut s’ensuivre. Dans ce cas, le sujet du complexe d’infériorité ainsi constitué et consolidé éprouve un besoin de compensation qui, parfois est poussé très loin et prend la forme d’un soi-disant complexe de supériorité, avec, comme corollaire, le manque accentué de considération extérieure.
On prend souvent des personnes souffrant de cela pour des agressifs et des arrogants. Si l’on savait voir leur état psychique intérieur, on verrait combien ils sont malheureux et combien leur agressivité et leur arrogance sont artificielles. En réalité, ils vivent en eux-mêmes comme des bêtes traquées.
27. Le sens ainsi que la méthode rationnelle de la lutte psychologique contre ces complexes découle de ce qui précède. Cette lutte doit être dirigée à la racine du phénomène qui est double :
a) l’orgueil, comme base générale, et
b) la considération intérieure comme artisan de la superstructure psychique qui est le complexe.
Cependant, avant d’organiser la lutte contre l’ennemi, il faut bien le reconnaître.
En discernant dans la vie les influences « B » et en les accumulant progressivement, l’homme commence à reconnaître le fait qu’il existe dans le monde autre chose que la vie basée sur l’égoïsme et l’égocentrisme dans toute leur variété infinie. Autrement dit qu’il existe encore une autre base de l’existence en dehors de l’orgueil. Cette prise de conscience fait de l’homme extérieur un Néophyte aspirant à la Vie.
A l’épreuve soutenue au 1er Seuil — première victoire sinon encore sur l’orgueil, du moins sur les réactions commandées par son orgueil — le Néophyte devient Fidèle et pose le pied sur l’Escalier.
S’il retient le goût de cette victoire, il pourra déjà s’attaquer à la superstructure.
Pour cela, il doit tenir présent à l’esprit le souvenir de cette nouvelle forme de conscience qu’il a goûtée avec sa victoire et qui se distingue nettement de la conscience coutumière de veille. S’appuyant sur cela, il pourra — et devra — étouffer dans chaque cas qui se présente la tendance à la considération intérieure tout en multipliant en même temps la manifestation de la considération extérieure.
Il ne doit pas se décourager si cela ne lui arrive pas tout de suite. Il aura nécessairement des oublis et même des insuccès lorsque la langue exprimera les attitudes commandées par la considération intérieure qu’il a décidé de ne plus suivre. La parole de saint Paul : Je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais (Romains, VII, 15) deviendra désormais pour lui vivante.
Agis, toujours agis, même si tu n’atteins ni fruit, ni savoir-faire !
L’année passera sans résultat voulu ;
cependant en un seul instant le travailleur infatigable
obtiendra sa satisfaction (Philocalie).
Annexe au Chapitre II
EXERCICE II
Question 1 :
La formation du complexe suit-elle la gamme ascendante ou descendante ?
Question 2 :
Disposer le développement de la formation du complexe, par étapes, selon la gamme.
J'ai l'impression que Mouravieff n'a pas eu le temps de terminer avant son départ pour l'au-delà ou il en manque.
Je ne surligne même pas car c'est truffé de Gnose à différents niveaux de profondeur, un feu d'artifice subtil !
J'ai commandé ce livre : Ecrits sur Ouspensky, Gurdjieff et sur la Tradition ésotérique chrétienne (Français) Broché – 15 septembre 2008 de Boris Mouravieff et vérifierai si les Stromates sont bien complètes ou pas.
Dans son livre Fragments d'un enseignement inconnu, Piotr Demianovich Ouspensky n'exposa que des fragments de la Tradition ésotérique de l'orthodoxie orientale. Au début des années 60, au travers des trois volumes de Gnôsis, Boris, Mouravieff donna une étude approfondie et un exposé complet de cet enseignement portant sur l'Homme, l'Univers et la Voie. Cette somme fut précédée et accompagnée de la publication d'articles et de la rédaction de notes et enseignements à l'intention des membres du Centre d'Etudes Chrétiennes Ésotériques qu'il avait créé, et qui sont repris et réunis pour la première fois dans le présent volume. Boris Mouravieff livre, par ailleurs, un témoignage et des analyses très éclairantes sur ses rencontres avec Gurdjieff à Constantinople, Fontainebleau ou Paris, ainsi que sur les relations qu'il entretint de longues années avec Ouspensky dont il était un ami proche.
BORIS MOURAVIEFF
L’ART DE VAINCRE
LES STROMATES
Recueil de notes sur l’enseignement chrétien ésotérique
CENTRE D’ÉTUDES CHRÉTIENNES ÉSOTÉRIQUES
GENÈVE 1968
CHAPITRE II
L’ETUDIANT DOIT DISCIPLINER SON INTELLECT ET L’UTILISER, ENTRAINE, POUR ALLEGER LE TRAVAIL DE SON COEUR
1. Dans le chapitre précédent nous avons établi une distinction entre les notions Existence et Vie si souvent confondues. Voici les exemples tirés du Vocabulaire de la Philosophie de Lalande 8e éd. Presses Universitaires de France, 1960 ; Existence : le fait d’être, dans toutes les acceptions où le mot s’emploie absolument (p. 318) ; Vie : Ensemble des phénomènes de toute sorte - particulièrement de nutrition et de reproduction qui pour les êtres ayant un degré suffisamment élevé d’organisation, s’étendent de la naissance ou de la production du germe jusqu’à la mort (p. 1.204) et nous avons indiqué le moyen direct conduisant de notre sort serré entre l’Avenir et le Passé au large du Présent, c’est-à-dire à la Vie.
La théorie — si l’on peut dire — de la Prière de Jésus, pratiquée dans l’Orthodoxie et dont nous avons donné l’analyse, résume et explique l’essence de toute méthode valable ayant pour but d’affirmer l’homme dans le Présent — que ce soit sous forme de Béatitude ou d’Extase, de Nirvana ou de Samadhi. Car, en fait, il n’existe qu’une seule porte d’accès aux Centres Supérieurs de la Conscience et cette porte se trouve non pas dans la tête, mais dans le coeur.
2. Dans « Gnôsis » et ailleurs nous avons attiré à plus d’une reprise l’attention du lecteur sur cette maxime que pour arriver il faut brûler. C’est le coeur qui doit brûler ; c’est donc le coeur qui doit s’embraser.
3. On sera peut-être surpris d’apprendre que l’état naturel de notre coeur est précisément d’être embrasé. Or, dans l’homme actuel, chuté, mais qui se considère normal, le coeur ne brûle point. Dans les meilleurs cas on n’y trouve que le feu qui couve sous les cendres.
Ce résultat de la Chute et de l’identification de l’homme avec sa Personnalité doit être rectifié.
4. Or, les méthodes élaborées dans ce sens se heurtent souvent dans l’esprit de l’étudiant à une répulsion difficilement surmontable, celle d’une demande de crédit. Et si on lui cite cette parole du prophète : Si vous ne croyez pas, vous ne pourrez même pas comprendre (Esaïe, VII, 9), elle lui paraîtra bizarre, du moins à première vue.
Cependant, à voir les choses de plus près, on s’apercevra sans peine que toutes nos entreprises dans le monde exigent la foi comme condition préliminaire. Un étudiant qui entre, disons, à la Faculté de Médecine le fait sur la base de la foi, en admettant d’avance, primo que l’étude de la médecine est possible, secundo qu’elle le conduira au but recherché.
5. Ainsi, en entreprenant les études ésotériques — comme dans le cas de la Faculté — l’étudiant doit admettre, ne serait-ce qu’en principe, qu’elles sont possibles et qu’elles peuvent le conduire au but.
Or, si avant le passage du Premier Seuil, il suffit pour le Néophyte d’y croire, après ce passage lorsque, devenu Fidèle il met le pied sur l’Escalier, il ne lui suffit plus simplement d’y croire comme auparavant. Il lui faut alors quelque chose de plus, à savoir : avoir la Foi. Telle est la vertu de la Première Marche de l’Escalier. Dès lors, il devra cultiver en lui la Foi, qui, en croissant, l’accompagnera et le soutiendra tout le long de l’Escalier. Elle jouera un rôle décisif sur la IVème Marche, au passage du Deuxième Seuil, — passage qu’on définit parfois comme l’opération de la Foi.
On peut donc dire, faisant recours à une image, que la Foi est le destrier du fidèle Chevalier.
6. Cela établi, ouvrons encore Clément d’Alexandrie qui donne à ce sujet des indications peu connues et pourtant suggestives. A notre connaissance aucun des grands Docteurs de l’Eglise oecuménique n’a pris à ce sujet une position aussi nette. On y lit :
Nous disons que même sans savoir lire on peut être Fidèle, mais nous convenons aussi que comprendre les doctrines de la foi est impossible sans études. Accueillir les idées justes, rejeter les idées étrangères, ce n’est pas le fait de la foi simple, mais de la foi exercée dans la science. L’ignorance est malgré tout inséparable d’un manque d’éducation et d’affinement, tandis que la science des choses divines et humaines nous est fournie par l’enseignement (Clément, I Stromate, VI, 35, 2-4).
Et il ajoute :
Certes, on peut vivre honnêtement dans la pauvreté, mais on le peut aussi dans l’abondance, et nous convenons qu’on atteindra la vertu plus facilement et plus vite avec une culture préalable — sans nier qu’elle puisse s’atteindre sans ces secours, encore que la priorité aille même alors à ceux qui ont quelque étude et dont «les sens sont exercés» (Ibid. 4. Clément se réfère ici à saint Paul, au célèbre passage de l’Epître aux Hébreux, V, 14, où l’Apôtre parle du lait et de la nourriture solide. La citation du verset est conforme au texte grec et slavon. Chez Louis Segond on trouve «…le jugement est exercé»).
7. Faisant recours à la Science pour cultiver la Foi, Clément réhabilite l’intellect (Au sens de ym en slavon, … en grec et non pas « vous » ce qui chez les Latins est appelé intellectus... qui est une perception distincte jointe à la faculté de réfléchir, qui n’est pas dans les bêtes - Leibnitz, Nouveaux Essais, II, 21, § 5 -, il s’agit du Centre Intellectuel Inférieur dans la Doctrine de « Gnôsis ») qui déjà avant lui — et au cours de longs siècles après lui jusqu’au siècle présent — a été considéré dans la littérature orthodoxe plutôt comme un obstacle que comme une aide sur la Voie du Salut.
8. On se réfère souvent à la parole que Jésus adressa à ses disciples alors qu’ils lui demandaient qui était le plus grand dans le Royaume des Cieux (Matthieu, XVIII, 1. D’après Marc IX, 34, les disciples avaient discuté entre eux pour savoir qui d’entre eux était le plus grand (texte slavon)). Notre Seigneur leur dit : Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux (Matthieu, XVIII, 3).
Ce texte est abondamment cité partout, alors que le commentaire de ce même texte fait par saint Paul est passé généralement sous silence. Or l’apôtre dit :
Frères, ne soyez pas enfants d’après l’intelligence (ym dans le texte slavon), mais pour la malice soyez enfants et à l’égard de l’intelligence soyez des hommes faits (I Corinthiens, XIV, 20).
9. Cette tendance à réduire l’intellect au silence se trouve fréquemment chez les Pères de la Philocalie où elle a sa raison d’être. Cela s’explique par le fait que ces vénérables Docteurs s’adressent principalement à leur auditoire monastique.
10. Dans les conditions du travail au couvent, dans des cellules et à plus forte raison dans le désert (par le « désert » on entend dans l’Orthodoxie un endroit où l’anachorète s’éloigne des humains pour vivre dans la nature, isolé, face à la Nature et à son Créateur), en solitude, leur méthode s’avère pratique et juste. Outre la fréquentation des offices (pour avoir une idée de l’atmosphère spirituelle dans laquelle vivent les moines, il suffit d’indiquer qu’au Mont Athos, dans certains monastères, il y a des périodes où l’on prie jusqu’à dix-sept heures par jour), les préceptes de cette méthode dite royale peuvent être résumés en quelques lignes comme suit :
a) l’abdication totale de la volonté en faveur de celle du maître (l’essentiel ici est de renoncer à la volonté du Moi de la Personnalité comme à celle du Moi du Corps, la volonté du maître agissant à la place du Moi réel non encore atteint du moine. Il est dit cependant : Si tu vois dans ton maître, en tant qu’homme des défauts, ne t’y accroche pas, suis ses prescriptions, autrement tu n’apprendras rien (Philocalie) ;
b) le silence absolu ;
c) le jeûne ;
d) la maîtrise de l’énergie sexuelle ;
e) la maîtrise du corps : lutte contre le sommeil et la faim, génuflexions, prosternations, respiration contrôlée (à remarquer que dans les Eglises, hors des couvents, les Orthodoxes participent aux offices religieux en demeurant debout avec, à certains moments, des génuflexions sur la dalle).
Par ces pratiques — surtout grâce au silence — on ferme les robinets par lesquels, autrement, l’énergie psychique du moine est rejetée. D’où l’accumulation dans l’organisme physique et psychique de grandes réserves d’hydrogènes fins ainsi économisés.
Fort de cela, le disciple pratique la Prière de Jésus comme cela est décrit au chapitre précédent.
Si le moine, à force d’entraînement parvient à respecter strictement les prescriptions énumérées, sa prière acquiert une force insoupçonnée ; et, telle une flèche flamboyante, elle perce le rideau qui sépare le Moi de sa Personnalité et de son Moi réel.
On appelle cette méthode royale parce qu’elle est directe, forte et spontanée. Elle ne demande aucune érudition préalable qui, dans ces conditions, ne servirait à rien.
Il est clair qu’une telle méthode est inopérante dans les conditions de la vie courante et du travail dans le monde. Il serait inutile, même nuisible, de l’essayer car, malgré la meilleure volonté du chercheur, elle ne pourrait être appliquée dans son ensemble et, pratiquée partiellement, ne pourrait conduire qu’à des déceptions.
11. Clément ou Titus Flavius Clemens : peut-être parent ou affranchi de ce Titus Flavius Clemens qui fut consul sous Domitien en 95 et mis à mort, paraît-il, comme chrétien. Premier écrivain chrétien, illustre docteur de l’Eglise, Clément est né en 150 à Athènes (ou à Alexandrie) dans le paganisme. Philosophe platonicien, il fut converti par saint Pantène, stoïcien converti au christianisme, qui en 179 devient chef de la Didascalia, école de hautes études chrétiennes d’Alexandrie. Envoyé pour plusieurs années en mission en Inde, Pantène fut remplacé par Clément dans les fonctions de catéchiste. Par les persécutions de Septime-Sévère, Clément fut forcé d’abandonner son Ecole et partit pour Césarée. Après quelques années, il revint à Alexandrie et y reprit ses fonctions. Il y mourut en 217. Il unissait la philosophie grecque à la religion et, la reconnaissant d’inspiration divine, faisait d’elle l’introduction au christianisme.
Clément enseignait quelque deux siècles avant l’apparition des monastères et il avait dans son Ecole — comme c’est le cas actuellement dans les Universités — des étudiants des deux sexes. L’enseignement s’y donnait dans un esprit ouvert, imprégné de philosophie grecque, la tradition chrétienne ne connaissant pas encore la dogmatique ; la première tentative pour dogmatiser la nouvelle religion n’étant apparue qu’avec Origène, son disciple, à la génération suivante.
Cette atmosphère nous unit étroitement à Clément et à Pantène, son Maître. C’est dans le même esprit que l’auteur a exposé la Doctrine dans la série « Gnôsis ». Il a choisi pour le titre du présent ouvrage Les Stromates espérant jeter une passerelle à travers dix-huit siècles jusqu’à ce premier auteur chrétien, héritier de la Doctrine ésotérique aujourd’hui divulguée dans notre ouvrage et désoccultée à un plus grand degré.
12. L’analogie des conditions a déterminé celle des conceptions qu’on trouve à la base de l’exposé de la Doctrine chrétienne ésotérique : la formule de Clément de la Foi cultivée par la Science est celle de Gnôsis et des Stromates.
13. Analogie n’est cependant pas similitude. Clément enseignait à la fin du IIe siècle — à l’aube du Cycle du Fils, alors qu’aujourd’hui ce Cycle parvient à son terme. Cependant la fin ressemble toujours au commencement. A l’époque de Clément, dans la technique perfectionnée de la dialectique, la philosophie grecque donnait certains signes de décadence et, avec les « beaux parleurs » dont il se plaint engendrait la sophistique. Cela lui inspirait une extrême prudence. Ainsi, après avoir établi l’inspiration divine de la philosophie classique grecque et sa valeur comme instrument susceptible de préparer l’intelligence du chercheur à l’étude de la Gnose, il dit :
Il va sans dire que ces Stromates, pétris d’érudition, s’ingénient à cacher les semences de la Connaissance (Gnose). De même que le chasseur passionné aime à quêter, fouiller, pister, lancer ses chiens avant de prendre la bête, de même le vrai se révèle plein de douceur quand on l’a quêté et obtenu à grand travail (Clément d’Alexandrie, I Stromate, II, 20-4, 21-1. Cette thèse, sous des formes différentes, se trouve développée aussi chez les Pères de la Philocalie).
Et il ajoute :
Pourquoi avons-nous jugé bon de disposer ainsi nos notes ? Parce qu’il est très dangereux de révéler l’enseignement réellement mystérieux de la véritable philosophie à des gens qui veulent tout contredire sans ménagement et sans justice, qui projettent en tous sens mots et expressions sans la moindre tenue, se dupant eux-mêmes et mystifiant ceux qui les suivent. Comme dit l’Apôtre : Les Hébreux réclament des miracles et les Hellènes cherchent la sagesse (Ibid., 21-2, 3 ; pour la citation : I Corinthiens, I, 22).
Sur ce point nous avons suivi l’exemple de Clément d’Alexandrie dans « Gnôsis » et nous continuons à le suivre dans nos Stromates.
14. Cela n’enlève rien à leur valeur comme manuel pratique car, sous cet angle, le but des présents Stromates est d’apprendre à l’étudiant qui suivra cet enseignement à suivre par là le chemin de la compréhension ésotérique au moyen de révélations, offrant la seule possibilité réelle d’atteindre la Connaissance suprême, la Gnose.
Pour atteindre ces révélations individuelles, l’étudiant doit s’engager dans les recherches ésotériques, et notamment de « Gnosis », épris de l’esprit, du chasseur passionné dont parle Clément.
Cela exige l’abandon, dès les premiers pas, de tout esprit d’impatience. Le désir d’obtenir « tout et tout de suite » est une épreuve préliminaire qui s’oppose à tout chercheur qui s’approche des études ésotériques. Celui qui ne soutiendra pas l’épreuve, ne pénétrera pas au-delà du sens purement narratif de la Doctrine.
15. A côté de la culture du centre émotif, dont nous parlé plus haut et à laquelle nous reviendrons plus d’une fois au cours des Stromates, l’étudiant travaillant d’après la méthode psychologique de « Gnôsis » doit s’occuper parallèlement et activement de celle de son centre intellectuel.
A sa formation scolaire, académique, scientifique, s’il y a lieu, il doit ajouter un entraînement spécial. Cette formation complémentaire doit faire de l’intellect un instrument psychique docile et précieux, au moyen duquel l’homme pourra assurer à son coeur les conditions psychiques optima dans son travail constructif.
16. Le lecteur sera peut-être étonné si on lui dit que l’état normal de l’intellect est l’état de concentration. Habituellement l’homme doit faire un effort pour se concentrer et il ne sait se concentrer que sur des objets déterminés. Or, l’état naturel de l’intellect, concentré, dont nous parlons, est concentré sur l’ensemble de l’être de l’homme, autrement dit sur la présence en soi.
Normalement, l’homme ne doit faire sortir son intellect de cet état comme le Chevalier dégaine son épée, que pour des fins déterminées. Après quoi l’intellect doit revenir à son état de concentration comme une épée remise au fourreau.
Et de même que le Chevalier ne tient pas son épée par la lame, de même l’étudiant ne doit pas utiliser son intellect à rebours en lui laissant l’initiative, alors qu’il doit demeurer au service du Moi, c’est-à-dire de l’homme tout entier.
17. Pour devenir un instrument utile au coeur engagé dans le travail, l’intellect doit être discipliné et aiguisé.
Le rôle de l’intellect dans le travail ésotérique effectué dans le monde est important. Sans sa faculté d’analyse critique, le travail de l’étudiant sur lui-même peut le conduire aux pires illusions. Car le coeur a besoin de contrôle puisqu’il s’aveugle facilement. Et il demande instinctivement à l’intellect de lui venir en aide ; il cherche sa critique, — critique, certes froide, mais bienveillante et compétente.
C’est beaucoup demander à l’intellect d’un homme contemporain, civilisé tel qu’il aujourd’hui. Pour jouer son rôle, l’intellect doit être, nous l’avons déjà dit, spécialement cultivé et entraîné.
18. Ne confondons pas le bagage intellectuel avec l’intellect lui-même. La formation académique, la culture générale et supérieure qu’elle nous apporte — si celle-ci ne provoque une déformation — est certainement un bien qui aidera le chercheur. Cependant, laissons pour l’instant ce bagage de côté et occupons-nous de l’intellect lui-même, de sa culture qu’on ne confondra donc pas avec la culture intellectuelle.
La question est aussi vaste qu’elle est importante. Nous y reviendrons maintes fois et progressivement le long de nos Stromates, pour aborder ce problème sous des angles et éclairages différents.
19. Abordons la question du côté qui exige les mesures les plus urgentes à prendre. Par rapport, bien entendu, au travail ésotérique effectué par l’étudiant dans le monde selon la méthode psychologique.
20. Sans s’en rendre compte, la grande majorité des civilisés souffrent de plus d’un complexe de différente nature.
L’homme ne saura jamais être naturel tant qu’il demeure sujet de ses complexes. Leur destruction est donc l’un des premiers buts à atteindre. Ce n’est qu’après l’avoir atteint que l’étudiant pourra aborder la culture ésotérique positive de son intellect.
21. Pour se débarrasser de ses complexes, l’homme doit admettre deux choses :
a) qu’il n’existe pas de complexe utile ou inévitable ;
b) que, par conséquent il faut les détruire.
Il est important d’admettre ces deux points qui constituent le départ du travail entrepris, sinon il est inutile d’aller plus loin.
Il faut bien se rendre compte non seulement qu’il n’y a pas de complexes utiles, mais non plus de complexes « normaux ». Tout complexe est donc un phénomène anormal et, en plus, nuisible à tout point de vue.
22. Quel est l’origine des complexes ? Et comment pourrait-on, pratiquement, les aborder pour les détruire ?
Dans son état actuel la Psychologie — cette science la plus nécessaire parmi les autres et des moins développées, n’est pas encore parvenue dans ses investigations au stade de synthèse. Elle distingue cependant des complexes d’origine différente. Les complexes d’origine érotique sont parmi les mieux étudiés, probablement puisqu’ils sont plus facilement observables — le centre sexuel étant entier, indivisible. On y distingue entre autre, le complexe d’Electre, celui d’Oedipe positif ou inversé, etc.
Ce qui nous préoccupe, maintenant, ce sont les complexes dont souffre l’intellect. Le principal de la série est le complexe d’infériorité avec ses multiples formes et manifestations.
La définition de ce phénomène donnée par la Psychologie est la suivante :
Ensemble de traits de comportement ayant pour fonction d’écarter un pénible sentiment d’infériorité (Vocabulaire de la Psychologie publié avec la collaboration de l’Association des Travailleurs Scientifiques par Henri Piéron, Prof. honoraire au Collège de France, Directeur Honoraire de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, 2e éd., Paris, P.U.F. 1957, p. 181).
On voit tout de suite que cette définition — tout en étant, bien entendu, juste — est, pour ainsi dire, « extérieure », fonctionnelle et ne va pas à la racine des choses. Pour notre étude, il faut aller plus en profondeur.
23. Le terrain de la Personnalité humaine est l’orgueil. Et comme cette Personnalité se distingue de celle des animaux, étant composée non plus de deux, mais de trois centres psychiques dont l’intellectuel que les animaux ne possèdent pas, nous pouvons en conclure que le centre de gravité de l’orgueil humain réside précisément dans l’intellect.
24. L’homme peut être timide ou agressif, cela ne change en rien ce que nous venons de dire. Sa timidité ne prouve pas qu’il soit privé d’orgueil. Le mea culpisme est aussi un dérivé de l’orgueil. L’humilité même ne donne pas de garantie car elle peut en relever également. Il existe en effet cette sorte d’humilité considérée par les Pères comme pire que l’orgueil (Philocalie).
25. Il est important pour nous de saisir, partant de cela, la technique de la formation des complexes intellectuels, ce qui nous permettra de lutter contre eux et, pour finir, de les détruire.
26. Pour mieux comprendre, prenons un exemple, celui notamment du complexe d’infériorité, ce cas étant le plus général et le plus nocif au point de vue ésotérique.
De l’essence orgueilleuse du Moi de la Personnalité avec lequel l’homme extérieur s’identifie, naît la crainte subconsciente d’être considéré par les autres au-dessous de la représentation que l’homme s’est faite de lui-même.
Cette crainte permanente doublée d’une susceptibilité qui, sur ce point, prend souvent des proportions hypertrophiées, naît à son tour un état d’esprit épris de considération intérieure.
Comme les tendances s’accentuent (Gnôsis, passim), cette attitude intérieure se consolide et, à la longue, peut prendre le caractère d’une véritable obsession.
Cela est d’autant plus dangereux qu’avec le temps, le malheureux s’isole de plus en plus des humains puisque vus à travers ce complexe ainsi constitué, ils lui semblent des ennemis potentiels. L’esprit à l’origine ouvert se ferme. Une cristallisation du moins partielle peut s’ensuivre. Dans ce cas, le sujet du complexe d’infériorité ainsi constitué et consolidé éprouve un besoin de compensation qui, parfois est poussé très loin et prend la forme d’un soi-disant complexe de supériorité, avec, comme corollaire, le manque accentué de considération extérieure.
On prend souvent des personnes souffrant de cela pour des agressifs et des arrogants. Si l’on savait voir leur état psychique intérieur, on verrait combien ils sont malheureux et combien leur agressivité et leur arrogance sont artificielles. En réalité, ils vivent en eux-mêmes comme des bêtes traquées.
27. Le sens ainsi que la méthode rationnelle de la lutte psychologique contre ces complexes découle de ce qui précède. Cette lutte doit être dirigée à la racine du phénomène qui est double :
a) l’orgueil, comme base générale, et
b) la considération intérieure comme artisan de la superstructure psychique qui est le complexe.
Cependant, avant d’organiser la lutte contre l’ennemi, il faut bien le reconnaître.
En discernant dans la vie les influences « B » et en les accumulant progressivement, l’homme commence à reconnaître le fait qu’il existe dans le monde autre chose que la vie basée sur l’égoïsme et l’égocentrisme dans toute leur variété infinie. Autrement dit qu’il existe encore une autre base de l’existence en dehors de l’orgueil. Cette prise de conscience fait de l’homme extérieur un Néophyte aspirant à la Vie.
A l’épreuve soutenue au 1er Seuil — première victoire sinon encore sur l’orgueil, du moins sur les réactions commandées par son orgueil — le Néophyte devient Fidèle et pose le pied sur l’Escalier.
S’il retient le goût de cette victoire, il pourra déjà s’attaquer à la superstructure.
Pour cela, il doit tenir présent à l’esprit le souvenir de cette nouvelle forme de conscience qu’il a goûtée avec sa victoire et qui se distingue nettement de la conscience coutumière de veille. S’appuyant sur cela, il pourra — et devra — étouffer dans chaque cas qui se présente la tendance à la considération intérieure tout en multipliant en même temps la manifestation de la considération extérieure.
Il ne doit pas se décourager si cela ne lui arrive pas tout de suite. Il aura nécessairement des oublis et même des insuccès lorsque la langue exprimera les attitudes commandées par la considération intérieure qu’il a décidé de ne plus suivre. La parole de saint Paul : Je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais (Romains, VII, 15) deviendra désormais pour lui vivante.
Agis, toujours agis, même si tu n’atteins ni fruit, ni savoir-faire !
L’année passera sans résultat voulu ;
cependant en un seul instant le travailleur infatigable
obtiendra sa satisfaction (Philocalie).
Annexe au Chapitre II
EXERCICE II
Question 1 :
La formation du complexe suit-elle la gamme ascendante ou descendante ?
Question 2 :
Disposer le développement de la formation du complexe, par étapes, selon la gamme.
- Hors ligne Fanny
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Bonsoir à vous,
Encore un immense merci et gratitude Pascal pour partager ces écrits si précieux.
Comme Jerome, je me suis arrêtée à Gnôsis mais je les ai lu il n’y a pas si longtemps comparé à vous deux où ça fait des années. Ce qui a intensément résonné en moi et a été une confirmation de mes ressentis c’est lorsqu’il parle des êtres polaires ou prétendument polaires car depuis toujours, j’attends cet être avec qui avoir une relation complètement différente de ceux que la majorité des couples vivent, un amour superficiel et intéressé.
Je suis une romantique dans l’âme, j’ai aimé un garçon de tout mon être de la 6ème à la 3ème sans jamais avoir aucune relation avec lui alors que lui aussi voulait « sortir » avec moi mais je savais déjà que si je me mettais en couple avec lui, que ça n’allait pas marcher parce qu’avec lui, ça aurait été un couple d’amoureux comme les autres couples non évolués et ordinaires.
Je n’ai jamais eu de relation de couple, jamais eu de relation sexuelle, je me suis toujours préservée et pas laissée corrompre pour me donner seulement à un homme avec qui je pourrais vivre cet Amour Courtois que j’ai toujours espéré.
C’est l’homme qui m’a fait connaître Gnôsis de Mouravieff que mon cœur attend car je lui dois tant, ce garçon là est un génie avec des prédispositions extraordinaires mais ses souffrances l’ont égaré, je crois qu’il a opéré en lui un retournement vers son vrai être, j’en suis pas certaine, mais je veux l’attendre quand même pour faire ce travail ésotérique.
Je me suis pas encore mise à la pratique car je suis pas encore centrée comme il faut mais les stromates vont me donner la force qu’il me manque !
Soyez bénis !
( Je lirai aussi l’ouvrage « récits d’un pèlerin Russe » ! )
Encore un immense merci et gratitude Pascal pour partager ces écrits si précieux.
Comme Jerome, je me suis arrêtée à Gnôsis mais je les ai lu il n’y a pas si longtemps comparé à vous deux où ça fait des années. Ce qui a intensément résonné en moi et a été une confirmation de mes ressentis c’est lorsqu’il parle des êtres polaires ou prétendument polaires car depuis toujours, j’attends cet être avec qui avoir une relation complètement différente de ceux que la majorité des couples vivent, un amour superficiel et intéressé.
Je suis une romantique dans l’âme, j’ai aimé un garçon de tout mon être de la 6ème à la 3ème sans jamais avoir aucune relation avec lui alors que lui aussi voulait « sortir » avec moi mais je savais déjà que si je me mettais en couple avec lui, que ça n’allait pas marcher parce qu’avec lui, ça aurait été un couple d’amoureux comme les autres couples non évolués et ordinaires.
Je n’ai jamais eu de relation de couple, jamais eu de relation sexuelle, je me suis toujours préservée et pas laissée corrompre pour me donner seulement à un homme avec qui je pourrais vivre cet Amour Courtois que j’ai toujours espéré.
C’est l’homme qui m’a fait connaître Gnôsis de Mouravieff que mon cœur attend car je lui dois tant, ce garçon là est un génie avec des prédispositions extraordinaires mais ses souffrances l’ont égaré, je crois qu’il a opéré en lui un retournement vers son vrai être, j’en suis pas certaine, mais je veux l’attendre quand même pour faire ce travail ésotérique.
Je me suis pas encore mise à la pratique car je suis pas encore centrée comme il faut mais les stromates vont me donner la force qu’il me manque !
Soyez bénis !
( Je lirai aussi l’ouvrage « récits d’un pèlerin Russe » ! )
Modifié en dernier par Fanny le 28 janvier 2021, 21:09, modifié 3 fois.
- Hors ligne Pascal
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Fanny, ton histoire intime entre en résonance avec la mienne et je vais me confier un peu.
Je te remercie de m'avoir fait relire Mouravieff, j'ai mieux compris en le relisant ce que je n'avais pas capté et m'a permis de mieux appréhender le sens de tes messages.
Mouravieff s'exprime par des mots justes et respecte la Divinité cachée dans la Femme, la Mère Divine.
Le texte de Napoléon Hill aussi d'ailleurs que j'ai trouvé juste à propos de la Femme.
Si je reformule un peu ton vécu, je dirais que ton Coeur s'est embrasé en 6ème pour un garçon et ne s'est pas éteint depuis.
Tu attends que ton prince charmant, qui s'est égaré, comprenne la pureté, la beauté de la flamme qui brûle en silence et agisse pour votre épanouissement intérieur.
Car comme tout prince, il possède des prédispositions exceptionnelles ainsi que sa princesse qu'il ne connaît pas encore.
Sa princesse est restée pure comme un diamant pour Lui.
C'est merveilleux !
Depuis mon jeune âge j'ai des prédispositions mais mon existence a commencé par un père qui me frappait la nuit pour me "calmer" lorsque je rencontrais en astral mes "monstres" presque toutes les nuits lorsque j'étais petit. J'ai appris à sombrer dans le sommeil de la conscience pour échapper à l'astral conscient, ignorant que j'étais à cause de mon petit âge.
En 6ème, j'ai rencontré une fille merveilleuse à qui je n'ai jamais déclaré ma flamme (réciproque) à cause de ma timidité.
A 11 ans lors de ma communion je n'ai pas voulu me confesser à un curé, je l'ai fait à mon coeur et dit à ma mère qui m'attendait en dehors de l'église que je l'avais fait.
En 3ème, j'ai "osé" pleuré en classe lors d'une étude de film avec des chevaux de Camargue "Crinc Blanc", tous les élèves se sont moqués de ma sensibilité. Je me suis dit que la sensibilité était un défaut et j'ai commencé à étouffer ma sensibilité.
Mon adolescence a été éprouvante, pénible et je me suis dégradé un peu plus. Puis le service militaire est venu, puis les années 80 qui ont culminé avec la fréquentation de milieux sulfureux.
J'étais égaré et j'ai rencontré par hasard dans le métro à Montreuil-sous-Bois une demoiselle avec laquelle j'ai senti quelque chose de différent et d'inexprimable.
Cette demoiselle qui est devenu mon Epouse était pure, un joyau.
Mais le prince charmant n'était plus qu'une apparence de prince.
Un jour 3 hommes se sont présentés en même temps devant elle et elle a dû choisir entre 2 ex dont elle connaissait les qualités et la nouveauté.
Elle a choisi la nouveauté et nous avons commencé à vivre ensemble.
Je l'ai fait beaucoup souffrir, je lui ai presque brisé le coeur mais nous sommes encore ensemble depuis 1987 et je ne l'ai jamais trompée malgré tous mes défauts que je dissous lentement.
Elle s'est sacrifiée pour ma petite personne, le Sacrifice est la Qualité extraordinaire de la Femme en laquelle se reflète la Mère Divine.
Je t'avoue que mon épouse m'a sauvé des flammes de l'enfer qui commençait à s'ouvrir devant moi.
Il y a l'histoire du prince charmant qui occulte toujours l'histoire de la Fée merveilleuse, la Guide du Coeur Repenti.
Chère Fanny, tu es devant le choix de te dévoiler un peu à Lui ou pas.
S'il s'est égaré, il a besoin de Toi.
Fanny, avec affection pour la Femme que tu peux devenir pour Lui et transformer l'Amour Courtois en l'Amour Réel.
Pascal.
Je te remercie de m'avoir fait relire Mouravieff, j'ai mieux compris en le relisant ce que je n'avais pas capté et m'a permis de mieux appréhender le sens de tes messages.
Mouravieff s'exprime par des mots justes et respecte la Divinité cachée dans la Femme, la Mère Divine.
Le texte de Napoléon Hill aussi d'ailleurs que j'ai trouvé juste à propos de la Femme.
Si je reformule un peu ton vécu, je dirais que ton Coeur s'est embrasé en 6ème pour un garçon et ne s'est pas éteint depuis.
Tu attends que ton prince charmant, qui s'est égaré, comprenne la pureté, la beauté de la flamme qui brûle en silence et agisse pour votre épanouissement intérieur.
Car comme tout prince, il possède des prédispositions exceptionnelles ainsi que sa princesse qu'il ne connaît pas encore.
Sa princesse est restée pure comme un diamant pour Lui.
C'est merveilleux !
Depuis mon jeune âge j'ai des prédispositions mais mon existence a commencé par un père qui me frappait la nuit pour me "calmer" lorsque je rencontrais en astral mes "monstres" presque toutes les nuits lorsque j'étais petit. J'ai appris à sombrer dans le sommeil de la conscience pour échapper à l'astral conscient, ignorant que j'étais à cause de mon petit âge.
En 6ème, j'ai rencontré une fille merveilleuse à qui je n'ai jamais déclaré ma flamme (réciproque) à cause de ma timidité.
A 11 ans lors de ma communion je n'ai pas voulu me confesser à un curé, je l'ai fait à mon coeur et dit à ma mère qui m'attendait en dehors de l'église que je l'avais fait.
En 3ème, j'ai "osé" pleuré en classe lors d'une étude de film avec des chevaux de Camargue "Crinc Blanc", tous les élèves se sont moqués de ma sensibilité. Je me suis dit que la sensibilité était un défaut et j'ai commencé à étouffer ma sensibilité.
Mon adolescence a été éprouvante, pénible et je me suis dégradé un peu plus. Puis le service militaire est venu, puis les années 80 qui ont culminé avec la fréquentation de milieux sulfureux.
J'étais égaré et j'ai rencontré par hasard dans le métro à Montreuil-sous-Bois une demoiselle avec laquelle j'ai senti quelque chose de différent et d'inexprimable.
Cette demoiselle qui est devenu mon Epouse était pure, un joyau.
Mais le prince charmant n'était plus qu'une apparence de prince.
Un jour 3 hommes se sont présentés en même temps devant elle et elle a dû choisir entre 2 ex dont elle connaissait les qualités et la nouveauté.
Elle a choisi la nouveauté et nous avons commencé à vivre ensemble.
Je l'ai fait beaucoup souffrir, je lui ai presque brisé le coeur mais nous sommes encore ensemble depuis 1987 et je ne l'ai jamais trompée malgré tous mes défauts que je dissous lentement.
Elle s'est sacrifiée pour ma petite personne, le Sacrifice est la Qualité extraordinaire de la Femme en laquelle se reflète la Mère Divine.
Je t'avoue que mon épouse m'a sauvé des flammes de l'enfer qui commençait à s'ouvrir devant moi.
Il y a l'histoire du prince charmant qui occulte toujours l'histoire de la Fée merveilleuse, la Guide du Coeur Repenti.
Chère Fanny, tu es devant le choix de te dévoiler un peu à Lui ou pas.
S'il s'est égaré, il a besoin de Toi.
Fanny, avec affection pour la Femme que tu peux devenir pour Lui et transformer l'Amour Courtois en l'Amour Réel.
Pascal.
- Hors ligne Paulin
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Au frère Jerôme a propos "Nous avons ici la survivance de la branche gnostique chrétienne. Celle qui n'a pas été brûlée par les romains." Lisant Saint Yves Alveydre vous aller voir que c'était necessaire pour réocculter certains enseignement qui ont été donné LA MISSION DE L'INDE EN EUROPE "Et si l’on me demande pourquoi, sans pitié pour les gigantesques efforts d’une grande partie de notre Race, les Pontifes de la Paradésa (Royaume des cieux dans la bible ) ont dérobé aux regards de l’Humanité leur Université religieuse, je répondrai :
Ils ont eu raison de le faire, parce que leurs sciences formidables auraient, comme les nôtres, armé contre l’Humanité le Mal, l’Anti-Dieu, l’Anti-Christ, le Gouvernement général de l’Anarchie. Oui, ils ont eu raison, tant que les conditions de la Synarchie universelle n’étaient point suffisamment renouvelées sur la entière du Globe, grâce à l’initiative des Abramides, de Moïse et de Jésus.
De part cette citation de l'initié « La magie noire n’est pas un art fondamental, c’est l’abus d’un art. Par conséquent, il n’a pas de symbole propre. Elle prend simplement les figures emblématiques de la magie blanche, et en les inversant, cela signifie qu’il est de la main gauche. » —Manly P. Hall Exemple l'inversion de la CROIX GAMMÉE , L'ARC EN CIEL ...
EXEMPLE AVEC LES PAROLES DU V.M.SAMAËL AUN WEOR sur nos certains frères resistants utilisant le Sahaja maithuna avec plusieurs filles .
Voici l'une des raisons certaines ennemis du maitre stipulent dorénavant que Krumm Heller et SAW a copier la liturgie de A.C dans son livre de la loi .
Saint Yves Alveydre
Enfin, en ce qui concerne l’ésotérisme chrétien, je n’ajouterai qu’un
mot pour en démontrer la réalité, et je l’emprunterai aux divines lèvres de Notre-Seigneur
Jésus-Christ : « Ses disciples s’approchant lui dirent :
Pourquoi leur parlez-vous en paraboles ? » Et il leur répondit, disant : « À vous il a été donné de connaître les
mystères du Royaume des Cieux ; à eux cela n’a pas été donné. C’est pourquoi je leur parle en paraboles. » Ces graves paroles se trouvent dans saint Matthieu (ch. XIII, versets
10,11, 12)
« Celui qui augmente la Sagesse augmente la douleur ». Arrière, les curieux !, arrière, les profanateurs !. La Gnose est une épée à deux tranchants. Les humbles et les vertueux, elle les défend et leur donne vie ; les curieux et les impurs, elle les blesse et les détruit.
PAIX INVÉRENTIELLE .
Ils ont eu raison de le faire, parce que leurs sciences formidables auraient, comme les nôtres, armé contre l’Humanité le Mal, l’Anti-Dieu, l’Anti-Christ, le Gouvernement général de l’Anarchie. Oui, ils ont eu raison, tant que les conditions de la Synarchie universelle n’étaient point suffisamment renouvelées sur la entière du Globe, grâce à l’initiative des Abramides, de Moïse et de Jésus.
De part cette citation de l'initié « La magie noire n’est pas un art fondamental, c’est l’abus d’un art. Par conséquent, il n’a pas de symbole propre. Elle prend simplement les figures emblématiques de la magie blanche, et en les inversant, cela signifie qu’il est de la main gauche. » —Manly P. Hall Exemple l'inversion de la CROIX GAMMÉE , L'ARC EN CIEL ...
EXEMPLE AVEC LES PAROLES DU V.M.SAMAËL AUN WEOR sur nos certains frères resistants utilisant le Sahaja maithuna avec plusieurs filles .
Voici l'une des raisons certaines ennemis du maitre stipulent dorénavant que Krumm Heller et SAW a copier la liturgie de A.C dans son livre de la loi .
Saint Yves Alveydre
Enfin, en ce qui concerne l’ésotérisme chrétien, je n’ajouterai qu’un
mot pour en démontrer la réalité, et je l’emprunterai aux divines lèvres de Notre-Seigneur
Jésus-Christ : « Ses disciples s’approchant lui dirent :
Pourquoi leur parlez-vous en paraboles ? » Et il leur répondit, disant : « À vous il a été donné de connaître les
mystères du Royaume des Cieux ; à eux cela n’a pas été donné. C’est pourquoi je leur parle en paraboles. » Ces graves paroles se trouvent dans saint Matthieu (ch. XIII, versets
10,11, 12)
« Celui qui augmente la Sagesse augmente la douleur ». Arrière, les curieux !, arrière, les profanateurs !. La Gnose est une épée à deux tranchants. Les humbles et les vertueux, elle les défend et leur donne vie ; les curieux et les impurs, elle les blesse et les détruit.
PAIX INVÉRENTIELLE .
- Hors ligne jerome
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Merci Paulin, très intéressant!
Oui certainement. De toute façon ce qui est est, si c'est arrivé c'est que ça le devait. Je disais "malheureusement" à cause des nombreuses souffrances, et des multitudes égarées par de mauvais bergers et par un enseignement adultéré.
Tout a sa raison d'être et je ne suis certainement pas en mesure d'appréhender la totalité, seulement d'accepter éventuellement ce qui est sans formuler de jugement. Et même en renonçant à être capable d'appréhender le Tout, il reste encore suffisamment d'orgueil et d'arrogance à combattre
Quant à la Parole de Jésus, ce n'est pas parce que des personnes n'ont pas d'oreilles pour entendre, qu'il en sera fatalement ainsi durant toutes leurs vies. Alors si l'Enseignement dispensé à ce moment-là est correct, ça peut aider...
Paix Invérentielle !
Oui certainement. De toute façon ce qui est est, si c'est arrivé c'est que ça le devait. Je disais "malheureusement" à cause des nombreuses souffrances, et des multitudes égarées par de mauvais bergers et par un enseignement adultéré.
Tout a sa raison d'être et je ne suis certainement pas en mesure d'appréhender la totalité, seulement d'accepter éventuellement ce qui est sans formuler de jugement. Et même en renonçant à être capable d'appréhender le Tout, il reste encore suffisamment d'orgueil et d'arrogance à combattre
Quant à la Parole de Jésus, ce n'est pas parce que des personnes n'ont pas d'oreilles pour entendre, qu'il en sera fatalement ainsi durant toutes leurs vies. Alors si l'Enseignement dispensé à ce moment-là est correct, ça peut aider...
Paix Invérentielle !
"Avec toutes mes excuses pour le profond orgueil qui m'habite, et avec tout l'amour que je puis manifester en cet instant. Vive le Christ ! "
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Pascal,
Merci de partager ton histoire qui me touche profondément.
Ton épouse fait donc partie de ces femmes missionnées et prédisposées pour élever l’homme qu’elle aura choisit avec conscience.
J’ai lu un livre de Julius Evola « le yoga tantrique » où il avait écrit :
« Le rôle que joua la femme dans la littérature des chevaliers et des troubadours, dans les "cours d'Amour" et dans la troupe des poètes qui furent justement appelés les Fidèles d'Amour est bien connu. Mais les histoires courantes de la littérature n'ont pas même pressenti, à cause de l'esprit académique et profane de leurs auteurs, l'ésotérisme que présentait une partie de cette matière, et qui est comme de l'eau entre les doigts. Il n'a servi de rien qu'Aroux et G.Rossettti aient attiré l'attention sur le contenu caché de bien des compositions et sur leur langage polyvalent. En Italie, un ouvrage fondamental comme celui de Luigi Valli sur Dante e il linguaggio segreto dei fedeli d'Amore, conduit avec une rigueur critique et analytique, n'existe pas plus pour les milieux officiels que s'il n'avait pas été écrit.
Le point essentiel est le suivant : il existe incontestablement des cas où les femmes dont parlait cette littérature, qu'elle a exaltées de façon diverses, ne sont pas des "sublimations", des figures allégoriques et des abstractions théologiques personnifiées ; quelque nom qu'elles aient et quelque aspect extérieur qu'elles présentent, elles ne sont qu'une seule femme, dont le sens et la fonction correspondent en général à ceux de la çakti, de la femme initiatique ou de la femme initiatrice dans le tantrisme. Là où des femmes réelles sont entrées en jeu, elles n'y sont entrées que dans la mesure où elles ont incarné cette femme conçue comme le principe d'une illumination (la "sainte sagesse"), d'une vivification transcendante, voire d'une "immortalisation" du Fidèle d'Amour, ou lui ont servi de support. La correspondance se limite toutefois à ce que nous avons appelé le plan "platonique" ou subtil de l'emploi tantrique de la femme. Il n'apparait pas qu'on soit allé au-delà dans les milieux occidentaux en question, que la femme ait servi aussi au niveau du pancatattva tantrique où l'on se serait uni à son corps çaktisé, ou on aurait évoqué et éveillé la "femme absolue" dans le corps d'une femme particulière.
La première chose à souligner, c'est que dans les aspects les plus significatifs de cette littérature, pour notre point de vue, "l'amour" a un double sens. Le premier est en rapport avec l'immortalité, avec l'élément "sans mort" ; c'est celui qu'exprime de façon explicite Jacques de Baisieux, par exemple, lorsqu'il interprète amor comme a-mors, c'est-à-dire, exactement, "sans mort", de telle sorte qu'il fait rigoureusement correspondre l'Amour à amrta, au "non mort" (ambroisie) que nous avons souvent vu revenir dans les textes hindous. Le deuxième sens se rapporte au transport que suscite la "femme" chez l'homme, transport dont on considère qu'il a des effets extatiques et qu'il conduit à l'expérience du "sans-mort", à l'obtention de la "salute" (dans "salute", salut, on peut voir l'équivalent occidental de la "libération" hindoue). Il arrive, en rapport avec le premier sens, que dans la littérature des Fidèles d'Amour, l'Amour personnifiée soit présenté avec des traits "çivaiques" ; il se sépare nettement et clairement des images doucereuses et stéréotypées des Cupidons et des Amours.
Ceci, chez Dante aussi. Non seulement Dante appelle Amour, "le glorieux sire" (Vita Nova II, 22), mais voici les mots qu'il place sur les lèvres : "Ego tamquam centrum circuli, cui simili modo se habent circumferentiae partes ; tu non sic" (ibid, I, 12). "Amour" possède donc en propre - à l'encontre de celui qui n'est qu'un homme - "la centralité", représente celui qui est central par rapport à soi-même, offre les caractères de stabilité et d'immutabilité qui sont attribués dans le tantrisme au principe çivaique par rapport çaktique. Ainsi Amour apparait à toute nature périssable et fuyante comme quelque chose qui terrifie, qui suscite l'effroi à cause précisément de sa centralité et de sa transcendance. Amour renvoie la "femme", offre la "femme" pour l'expérience initiatique mais justement comme quelque chose de dangereux, comme quelque chose qui impose presque l'épreuve de la mort car on n'a pas le choix qu'entre se réveiller et être frappé d'une façon létifère. C'est pourquoi Amour dit : "Fuis si périr te soucie" (I,15). "Amour m'apparut subitement, dit Dante (I,13) et son essence est telle que la contempler m'emplit d'horreur". Dans une vision, Amour se présente sous les traits d'un "seigneur d'aspect terrible", qui est le maitre intérieur : "ego dominus tuus". Dans ses bras il me semblait voir une personne dormir nue, enveloppée simplement, me parut-il, dans un voile légèrement "sanguin" ; et je sus... qu'elle était la dame du salut qui avait daigné me saluer le jour précédent. Et il me semblait qu'elle tenait dans une de ses mains une chose qui brulait entièrement ; et il me sembla qu'elle me dit ces mots : "Vide cor tuum" (Vita Nova, I, 3 ; c'est nous qui avons souligné).
Le "salut" de la femme, dans la littérature des Fidèles d'Amour, a un sens chiffré basé sur l'amphibologie des termes "salut" et "santé" [1]. Que n'espère jamais avoir pour compagne la "femme", "Béatrice", est-il dit (I,8),qui "ne mérite pas la santé", c'est-à- dire "qui ne mérite pas le salut", la libération. La femme qui "salue" est la femme qui donne le salut ou, pour mieux dire, qui suscite une crise et une expérience d'où peut jaillir le "salut". C'est ainsi que Dante peut parler des effets du "salut", qui dépassent souvent ses forces (I,12). Mais déjà, au fond, la vision de la "femme" agit dans ce sens ; la voir est comme mourir. Dante dit à ce sujet : "j'ai posé les pieds dans cette partie de la vie au-delà de laquelle on ne peut plus avancer si on a l'intention de revenir" (I,14). Et, plus clairement encore (II, 19):
Qui est capable de soutenir sa vue deviendra chose noble ou mourra et quand elle trouve quelqu'un qui est digne de la voir, celui-là témoigne sa valeur ; Et il arrive qu'elle lui accorde la santé.
Le thème général des Fidèles d'Amour est, comme dans le çaktisme initiatique, qu' "amour" et "femme" activent quelque chose qui dans l'homme est en puissance ou dort (cf Vita Nova II, 20-21). C'est en termes aristotéliciens, l'"intellect possible" (car il n'est pas donné ; c'est seulement une possibilité) et, en termes tantriques, l'élément çivaique, qui avant l'union avec la "femme", est inerte. Eveillé, il s'impose à tout ce qui est humain et samsârique.
Au début même de la Vita Nova (I,2) il est fait allusion à l'expérience du "contact". Dante parle justement de l'apparition de la "glorieuse dame de mon esprit" qui "fut nommée Béatrice par beaucoup, qui ne savaient la nommer autrement" (qui ne savaient pas de quoi il s'agissait vraiment). Et c'est le moment d'une transformation de l'être humain : "En ce point, je dis vraiment que l'esprit de vie qui réside dans la chambre très secrète du cœur [c'est l'Atman, avec la même localisation que donnent les Upanishad mais conçu comme principe individuel : jivatman] commença à trembler si fortement que ses tempes battaient horriblement et, tremblant, il dit ces mots : "Ecce Deus fortior me, qui veniens dominabitur mihi". S'annonce ainsi le réveil du maître intérieur, du "seigneur du sceptre". Et l'"esprit animal", qui équivaut ici au principe vital, s'étonne et pressent déjà la transfiguration : Apparuit jam beatitudo vestra. Enfin "l'esprit naturel" - que l'on pourrait faire correspondre à la nature samsârique - commence à pleurer, disant : "Heu miser ! Quia frequenter impeditus ero deinceps" : il voit qu'il lui reste peu de chances de diriger encore l'être humain dans le Fidèle d'Amour. Et Dante ajoute : "Dès lors je dis qu'Amour fut le maître de mon âme qui devint immédiatement son épouse". De plus, dans le passage cité plus haut, la "femme" est mise en relation avec la "connaissance du cœur" comme quelque chose qui "brule toute entière": centre d'un feu magique animateur. Tout cela donne un sens extrêmement profond au titre du traité de Dante : Vita Nova. Le femme nue, endormie, enveloppée seulement d'un léger voile "sanguin" pourrait cacher elle aussi une allusion importante. On pourrait la approcher de celle, enclose dans le sang, à laquelle en appelle le divya tantrique qui affirme ne pas avoir besoin d'une femme extérieure.
Comme celle des adeptes du çaktisme, l'expérience initiatique des Fidèles d'Amour et des courants occidentaux semblables s'appuie donc sur les points suivants :
1) l'Amour provoque une crise profonde, éveille une puissance qui "tue" presque le vivant et rend actif un principe actif un principe supérieur latent chez l'homme ;
2) la "femme" engendre ainsi un être nouveau, ce qui entraine une hiérarchie nouvelle de toutes les puissances de la nature humaine ; c'est l'élément supranaturel çivaique qui domine maintenant ;
3) c'est là la "santé" (le salut) et le début d'une nouvelle existence.
Dans quelles situations existentielles réelles tout cela a pu, dans des cas divers, être réalisé, il est naturellement difficile de le déterminer. Au fond, une sorte d'évocation et de contact sur le plan suprasensible, "subtil", a du entrer en jeu, même si, comme on l'a dit, quelque dame réelle peut avoir servi de point d'appui. Probablement, comme dans certains aspects de la pratique tantrique, on a pu aussi provoquer des situations où un désir exaspéré et rendu subtil en inhibant toute décharge matérielle a fini par se consumer lui-même en débouchant sur une expérience supérieure (ce n'est donc pas à tort qu'on a parlé du "Mystère" de l'Amour platonique au Moyen Age). Une autre correspondance, lourde de sens, mérite d'être signalée. Qu'on se souvienne de ce rituel tantrique où l'homme, tout d'abord et pour une longue période divisée en trois parties, doit passer des nuits dans la même chambre que la jeune fille qu'il a choisie comme çakti et doit dormir avec elle sans la posséder charnellement (cf. p.204). Nous avons cru reconnaitre là le degré préliminaire constitué par une "union subtile". Or, non parmi les Fidèles d'Amour mais dans la chevalerie qui professait le culte de la "femme", l'épreuve ultime du chevalier, appelée asag, consistait à passer une nuit au lit avec la femme complètement nue sans accomplir aucun acte charnel, non pas comme une discipline de chasteté mais pour exaspérer le désir. »
Ton Épouse, est-elle aussi sur la voie Gnostique ?
Le fait que je ń’ai pas eu de relation sexuelle ne veut toutefois pas dire que je suis pure car j’ai aussi mes démons, des choses que j’ai faites et qui rend impossible de me prétendre sainte et pure.
Je pense qu’il y a une nécessité et un laisse faire par les forces spirituelles de nous laisser expérimenter le Mal même à nous, qui ont été soumis à une prédisposition.
Je sais même pas si le garçon que j’attends, se moque de moi ou pas...il est parti tellement loin dans l’égarement des certitudes absolutistes et faussées que
je suis pas sûre qu’il me veuille et pourtant il a en lui toute la compréhension et Connaissance nécessaire pour être une aide pour l’humanité et répondre aux attentes divines...j’espère que je lui ai ouvert son cœur et qu’il n’est plus sectaire dans sa vision...
Je verrai bien...mais je crois fermement en lui.
Il a perdu confiance dans les humains car comme toute personne sensible il a souffert des pires côtés des humains, du coup il en a carrément conclu, à tort, qu’il doit fonctionner sans états d’âme, en fermant son cœur.
J'espère qu’il a enfin compris qu’il pouvait avoir confiance en moi.
Mais il n’est pas un saint non plus, je sais sans savoir exactement quoi, qu’il a fait des choses graves mais je suis sûre que c’est rien pour les forces spirituelles comparé à ce qui serait pire s’il abandonnait et renierait la tâche qu’elles lui ont assignée.
Sois béni Pascal, ainsi que ton Épouse !
À bientôt
Merci de partager ton histoire qui me touche profondément.
Ton épouse fait donc partie de ces femmes missionnées et prédisposées pour élever l’homme qu’elle aura choisit avec conscience.
J’ai lu un livre de Julius Evola « le yoga tantrique » où il avait écrit :
« Le rôle que joua la femme dans la littérature des chevaliers et des troubadours, dans les "cours d'Amour" et dans la troupe des poètes qui furent justement appelés les Fidèles d'Amour est bien connu. Mais les histoires courantes de la littérature n'ont pas même pressenti, à cause de l'esprit académique et profane de leurs auteurs, l'ésotérisme que présentait une partie de cette matière, et qui est comme de l'eau entre les doigts. Il n'a servi de rien qu'Aroux et G.Rossettti aient attiré l'attention sur le contenu caché de bien des compositions et sur leur langage polyvalent. En Italie, un ouvrage fondamental comme celui de Luigi Valli sur Dante e il linguaggio segreto dei fedeli d'Amore, conduit avec une rigueur critique et analytique, n'existe pas plus pour les milieux officiels que s'il n'avait pas été écrit.
Le point essentiel est le suivant : il existe incontestablement des cas où les femmes dont parlait cette littérature, qu'elle a exaltées de façon diverses, ne sont pas des "sublimations", des figures allégoriques et des abstractions théologiques personnifiées ; quelque nom qu'elles aient et quelque aspect extérieur qu'elles présentent, elles ne sont qu'une seule femme, dont le sens et la fonction correspondent en général à ceux de la çakti, de la femme initiatique ou de la femme initiatrice dans le tantrisme. Là où des femmes réelles sont entrées en jeu, elles n'y sont entrées que dans la mesure où elles ont incarné cette femme conçue comme le principe d'une illumination (la "sainte sagesse"), d'une vivification transcendante, voire d'une "immortalisation" du Fidèle d'Amour, ou lui ont servi de support. La correspondance se limite toutefois à ce que nous avons appelé le plan "platonique" ou subtil de l'emploi tantrique de la femme. Il n'apparait pas qu'on soit allé au-delà dans les milieux occidentaux en question, que la femme ait servi aussi au niveau du pancatattva tantrique où l'on se serait uni à son corps çaktisé, ou on aurait évoqué et éveillé la "femme absolue" dans le corps d'une femme particulière.
La première chose à souligner, c'est que dans les aspects les plus significatifs de cette littérature, pour notre point de vue, "l'amour" a un double sens. Le premier est en rapport avec l'immortalité, avec l'élément "sans mort" ; c'est celui qu'exprime de façon explicite Jacques de Baisieux, par exemple, lorsqu'il interprète amor comme a-mors, c'est-à-dire, exactement, "sans mort", de telle sorte qu'il fait rigoureusement correspondre l'Amour à amrta, au "non mort" (ambroisie) que nous avons souvent vu revenir dans les textes hindous. Le deuxième sens se rapporte au transport que suscite la "femme" chez l'homme, transport dont on considère qu'il a des effets extatiques et qu'il conduit à l'expérience du "sans-mort", à l'obtention de la "salute" (dans "salute", salut, on peut voir l'équivalent occidental de la "libération" hindoue). Il arrive, en rapport avec le premier sens, que dans la littérature des Fidèles d'Amour, l'Amour personnifiée soit présenté avec des traits "çivaiques" ; il se sépare nettement et clairement des images doucereuses et stéréotypées des Cupidons et des Amours.
Ceci, chez Dante aussi. Non seulement Dante appelle Amour, "le glorieux sire" (Vita Nova II, 22), mais voici les mots qu'il place sur les lèvres : "Ego tamquam centrum circuli, cui simili modo se habent circumferentiae partes ; tu non sic" (ibid, I, 12). "Amour" possède donc en propre - à l'encontre de celui qui n'est qu'un homme - "la centralité", représente celui qui est central par rapport à soi-même, offre les caractères de stabilité et d'immutabilité qui sont attribués dans le tantrisme au principe çivaique par rapport çaktique. Ainsi Amour apparait à toute nature périssable et fuyante comme quelque chose qui terrifie, qui suscite l'effroi à cause précisément de sa centralité et de sa transcendance. Amour renvoie la "femme", offre la "femme" pour l'expérience initiatique mais justement comme quelque chose de dangereux, comme quelque chose qui impose presque l'épreuve de la mort car on n'a pas le choix qu'entre se réveiller et être frappé d'une façon létifère. C'est pourquoi Amour dit : "Fuis si périr te soucie" (I,15). "Amour m'apparut subitement, dit Dante (I,13) et son essence est telle que la contempler m'emplit d'horreur". Dans une vision, Amour se présente sous les traits d'un "seigneur d'aspect terrible", qui est le maitre intérieur : "ego dominus tuus". Dans ses bras il me semblait voir une personne dormir nue, enveloppée simplement, me parut-il, dans un voile légèrement "sanguin" ; et je sus... qu'elle était la dame du salut qui avait daigné me saluer le jour précédent. Et il me semblait qu'elle tenait dans une de ses mains une chose qui brulait entièrement ; et il me sembla qu'elle me dit ces mots : "Vide cor tuum" (Vita Nova, I, 3 ; c'est nous qui avons souligné).
Le "salut" de la femme, dans la littérature des Fidèles d'Amour, a un sens chiffré basé sur l'amphibologie des termes "salut" et "santé" [1]. Que n'espère jamais avoir pour compagne la "femme", "Béatrice", est-il dit (I,8),qui "ne mérite pas la santé", c'est-à- dire "qui ne mérite pas le salut", la libération. La femme qui "salue" est la femme qui donne le salut ou, pour mieux dire, qui suscite une crise et une expérience d'où peut jaillir le "salut". C'est ainsi que Dante peut parler des effets du "salut", qui dépassent souvent ses forces (I,12). Mais déjà, au fond, la vision de la "femme" agit dans ce sens ; la voir est comme mourir. Dante dit à ce sujet : "j'ai posé les pieds dans cette partie de la vie au-delà de laquelle on ne peut plus avancer si on a l'intention de revenir" (I,14). Et, plus clairement encore (II, 19):
Qui est capable de soutenir sa vue deviendra chose noble ou mourra et quand elle trouve quelqu'un qui est digne de la voir, celui-là témoigne sa valeur ; Et il arrive qu'elle lui accorde la santé.
Le thème général des Fidèles d'Amour est, comme dans le çaktisme initiatique, qu' "amour" et "femme" activent quelque chose qui dans l'homme est en puissance ou dort (cf Vita Nova II, 20-21). C'est en termes aristotéliciens, l'"intellect possible" (car il n'est pas donné ; c'est seulement une possibilité) et, en termes tantriques, l'élément çivaique, qui avant l'union avec la "femme", est inerte. Eveillé, il s'impose à tout ce qui est humain et samsârique.
Au début même de la Vita Nova (I,2) il est fait allusion à l'expérience du "contact". Dante parle justement de l'apparition de la "glorieuse dame de mon esprit" qui "fut nommée Béatrice par beaucoup, qui ne savaient la nommer autrement" (qui ne savaient pas de quoi il s'agissait vraiment). Et c'est le moment d'une transformation de l'être humain : "En ce point, je dis vraiment que l'esprit de vie qui réside dans la chambre très secrète du cœur [c'est l'Atman, avec la même localisation que donnent les Upanishad mais conçu comme principe individuel : jivatman] commença à trembler si fortement que ses tempes battaient horriblement et, tremblant, il dit ces mots : "Ecce Deus fortior me, qui veniens dominabitur mihi". S'annonce ainsi le réveil du maître intérieur, du "seigneur du sceptre". Et l'"esprit animal", qui équivaut ici au principe vital, s'étonne et pressent déjà la transfiguration : Apparuit jam beatitudo vestra. Enfin "l'esprit naturel" - que l'on pourrait faire correspondre à la nature samsârique - commence à pleurer, disant : "Heu miser ! Quia frequenter impeditus ero deinceps" : il voit qu'il lui reste peu de chances de diriger encore l'être humain dans le Fidèle d'Amour. Et Dante ajoute : "Dès lors je dis qu'Amour fut le maître de mon âme qui devint immédiatement son épouse". De plus, dans le passage cité plus haut, la "femme" est mise en relation avec la "connaissance du cœur" comme quelque chose qui "brule toute entière": centre d'un feu magique animateur. Tout cela donne un sens extrêmement profond au titre du traité de Dante : Vita Nova. Le femme nue, endormie, enveloppée seulement d'un léger voile "sanguin" pourrait cacher elle aussi une allusion importante. On pourrait la approcher de celle, enclose dans le sang, à laquelle en appelle le divya tantrique qui affirme ne pas avoir besoin d'une femme extérieure.
Comme celle des adeptes du çaktisme, l'expérience initiatique des Fidèles d'Amour et des courants occidentaux semblables s'appuie donc sur les points suivants :
1) l'Amour provoque une crise profonde, éveille une puissance qui "tue" presque le vivant et rend actif un principe actif un principe supérieur latent chez l'homme ;
2) la "femme" engendre ainsi un être nouveau, ce qui entraine une hiérarchie nouvelle de toutes les puissances de la nature humaine ; c'est l'élément supranaturel çivaique qui domine maintenant ;
3) c'est là la "santé" (le salut) et le début d'une nouvelle existence.
Dans quelles situations existentielles réelles tout cela a pu, dans des cas divers, être réalisé, il est naturellement difficile de le déterminer. Au fond, une sorte d'évocation et de contact sur le plan suprasensible, "subtil", a du entrer en jeu, même si, comme on l'a dit, quelque dame réelle peut avoir servi de point d'appui. Probablement, comme dans certains aspects de la pratique tantrique, on a pu aussi provoquer des situations où un désir exaspéré et rendu subtil en inhibant toute décharge matérielle a fini par se consumer lui-même en débouchant sur une expérience supérieure (ce n'est donc pas à tort qu'on a parlé du "Mystère" de l'Amour platonique au Moyen Age). Une autre correspondance, lourde de sens, mérite d'être signalée. Qu'on se souvienne de ce rituel tantrique où l'homme, tout d'abord et pour une longue période divisée en trois parties, doit passer des nuits dans la même chambre que la jeune fille qu'il a choisie comme çakti et doit dormir avec elle sans la posséder charnellement (cf. p.204). Nous avons cru reconnaitre là le degré préliminaire constitué par une "union subtile". Or, non parmi les Fidèles d'Amour mais dans la chevalerie qui professait le culte de la "femme", l'épreuve ultime du chevalier, appelée asag, consistait à passer une nuit au lit avec la femme complètement nue sans accomplir aucun acte charnel, non pas comme une discipline de chasteté mais pour exaspérer le désir. »
Ton Épouse, est-elle aussi sur la voie Gnostique ?
Le fait que je ń’ai pas eu de relation sexuelle ne veut toutefois pas dire que je suis pure car j’ai aussi mes démons, des choses que j’ai faites et qui rend impossible de me prétendre sainte et pure.
Je pense qu’il y a une nécessité et un laisse faire par les forces spirituelles de nous laisser expérimenter le Mal même à nous, qui ont été soumis à une prédisposition.
Je sais même pas si le garçon que j’attends, se moque de moi ou pas...il est parti tellement loin dans l’égarement des certitudes absolutistes et faussées que
je suis pas sûre qu’il me veuille et pourtant il a en lui toute la compréhension et Connaissance nécessaire pour être une aide pour l’humanité et répondre aux attentes divines...j’espère que je lui ai ouvert son cœur et qu’il n’est plus sectaire dans sa vision...
Je verrai bien...mais je crois fermement en lui.
Il a perdu confiance dans les humains car comme toute personne sensible il a souffert des pires côtés des humains, du coup il en a carrément conclu, à tort, qu’il doit fonctionner sans états d’âme, en fermant son cœur.
J'espère qu’il a enfin compris qu’il pouvait avoir confiance en moi.
Mais il n’est pas un saint non plus, je sais sans savoir exactement quoi, qu’il a fait des choses graves mais je suis sûre que c’est rien pour les forces spirituelles comparé à ce qui serait pire s’il abandonnait et renierait la tâche qu’elles lui ont assignée.
Sois béni Pascal, ainsi que ton Épouse !
À bientôt
- Hors ligne Pascal
- #14
-
- Messages : 2674
- Enregistré le : 01 septembre 2015
Message le
Bonsoir Fanny,
Je te répondrai dans quelques jours après avoir lu ton message avec concentration.
Juste pour te/vous informer qu'il existe un troisième chapitre au premier stromate.
Mouravieff s'est donc arrêté au premier stromate, dommage.
Premier stromate
chapitre 1 : le but du travail ésotérique individuel est d'embrasser le passé et l'avenir dans un présent (à vérifier ce que j'ai envoyé)
chapitre 2 : l'étudiant doit discipliner son intellect et l'utiliser, entraîné, pour alléger le travail de son coeur (à vérifier ce que j'ai envoyé)
chapitre 3 : l'étudiant doit bien se rendre compte de ce qu'est le "film" et de ce qu'est la réincarnation individuelle.
Fin
Il y a d'autres textes méconnus de Mouravieff.
Au sujet de ta question sur mon épouse, oui on a (re)commencé ensemble la voie gnostique que j'ai (re)découverte sur une affiche dans une rue de Paris en décembre 1988. Dés le début elle savait... tandis que je (re)découvrai ébloui et enthousiasmé cet enseignement.
Tu pourrais inviter ou faire connaître ce forum à ton élu.
Je te répondrai dans quelques jours après avoir lu ton message avec concentration.
Juste pour te/vous informer qu'il existe un troisième chapitre au premier stromate.
Mouravieff s'est donc arrêté au premier stromate, dommage.
Premier stromate
chapitre 1 : le but du travail ésotérique individuel est d'embrasser le passé et l'avenir dans un présent (à vérifier ce que j'ai envoyé)
chapitre 2 : l'étudiant doit discipliner son intellect et l'utiliser, entraîné, pour alléger le travail de son coeur (à vérifier ce que j'ai envoyé)
chapitre 3 : l'étudiant doit bien se rendre compte de ce qu'est le "film" et de ce qu'est la réincarnation individuelle.
Fin
Il y a d'autres textes méconnus de Mouravieff.
Au sujet de ta question sur mon épouse, oui on a (re)commencé ensemble la voie gnostique que j'ai (re)découverte sur une affiche dans une rue de Paris en décembre 1988. Dés le début elle savait... tandis que je (re)découvrai ébloui et enthousiasmé cet enseignement.
Tu pourrais inviter ou faire connaître ce forum à ton élu.
Modifié en dernier par Pascal le 30 janvier 2021, 00:34, modifié 2 fois.
- Hors ligne Fanny
- #15
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- recrue du 2e Cercle
- Messages : 91
- Enregistré le : 22 avril 2020
- Localisation : Sud-ouest
- Sexe :
- Zodiaque :
Message le
Bonsoir cher Pascal,
Oui, dommage qu’il n’y a qu’un Stromate...
Magnifique que vous travaillez ensemble avec ton Épouse !!
Je lui avais envoyé le lien du forum mais je sais pas s’il l’a vu. Je vais re essayer par un autre biais.
À bientôt !
Oui, dommage qu’il n’y a qu’un Stromate...
Magnifique que vous travaillez ensemble avec ton Épouse !!
Je lui avais envoyé le lien du forum mais je sais pas s’il l’a vu. Je vais re essayer par un autre biais.
À bientôt !
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- ↳ Stars faisant le signe d'allégeance à la loge noire - Musique sataniques et illuminatis
- 4.1 Les notions fondamentales de la gnose (2e Cercle : mésotérique)
- ↳ Préambule à la révolution de conscience
- ↳ La conscience
- ↳ Eveil de la conscience, auto-observation psychologique, méditation active
- ↳ Niveau d'Être - types d'humains
- ↳ Plans de notre "micro-cosmos" ou parties de notre Être
- ↳ La triade divine
- ↳ Notre Père Divin
- ↳ Notre Christ Intime
- ↳ Les 12 apôtres ou puissances de notre Être
- ↳ Notre Divine Mère Kundalini
- ↳ Notre Intime
- ↳ L'âme
- ↳ Notre Lucifer
- ↳ La Bouddhi
- ↳ Le Manas
- ↳ Le Mental
- ↳ L'Astral
- ↳ L'Eden
- ↳ Séphiroth
- ↳ Ce qui ne survit pas à la mort
- ↳ Rapport microcosme au macrocosme
- ↳ Intégration, cristallisation et autres sujets
- ↳ Enfer, Abîme et sphères submergées
- ↳ Autres parties méconnues de notre Être
- ↳ Cartographie de l'Être
- ↳ Sujets majeurs de l'ésotérisme
- ↳ Amour
- ↳ Apparitions mariales
- ↳ Chakras
- ↳ Concepts et interprétations
- ↳ Dico des symboles
- ↳ Éducation des Enfants
- ↳ Évangiles apocryphes
- ↳ Jours saints ou jours de fête ?
- ↳ Karma, réincarnation et vies antérieures
- ↳ La Loi de Dieu
- ↳ Pistis-Sophia
- ↳ Prophéties
- ↳ Races-racines
- ↳ Résurrection
- ↳ Autres sujets
- ↳ Les êtres qu'il est possible de croiser sur le chemin initiatique
- ↳ Anges, dieux, génies planétaires et calculatrice tattvique
- ↳ Élémentaux, essences et monades
- ↳ Magie élémentale
- ↳ Grands maîtres réalisés
- ↳ Hommage aux saints
- ↳ Humains désincarnés
- ↳ Intelligences extra-terrestres
- ↳ Jésus Christ, sa vie revisitée
- ↳ Nos grands frères des espèces tribales
- ↳ Groupements sataniques, magiciens noirs, démons et sorcières
- ↳ Médiums de qualité et contacts avec les esprits
- ↳ Activités et lieux ténébreux
- ↳ Règne animal
- ↳ Types planétaires d'êtres humains
- ↳ Types planétaires des membres du forum
- ↳ Les fronts problématiques des célébrités
- 4.2 Devenir Initié (2e Cercle : mésotérique)
- ↳ Initiations, voies, embûches et présentation des 3 facteurs
- ↳ Chemin initiatique
- ↳ Voies possibles
- ↳ Embûches sur le chemin de l'autoréalisation de l'Être
- ↳ Vision d'ensemble sur les 3 facteurs
- ↳ Premier facteur de la révolution de conscience : mourir
- ↳ Présentation générale des égos
- ↳ Egos mis en lumière
- ↳ Identification de nos ego et confession publique
- ↳ Identification des ego de Marie, conte inspiré et carnet de route
- ↳ Les 5 cylindres de la machine humaine
- ↳ Manifestation et gestion des égos dans le rapport à l'autre
- ↳ Effigies et impressions
- ↳ Méditation passive
- ↳ Facteur n°1 : Mourir
- ↳ Eliminer le Vice pour gagner la vertu
- ↳ Deuxième facteur de la révolution de conscience : naître
- ↳ Facteur n°2 : naître ou fabriquer les corps existentiels de l'Être
- ↳ Alchimie dévoilée (Mercure, sel et soufre)
- ↳ Fondamentaux du tantrisme blanc
- ↳ Monographies et dessins extraits des livres d'alchimie
- ↳ Sujets de synthèse sur le tantrisme blanc
- ↳ Points secondaires du tantrisme blanc
- ↳ Tantrisme noir ou gris et pratiques nuisibles
- ↳ Troisième facteur de la révolution de conscience : sacrifice pour l'humanité
- ↳ Facteur n°3 : sacrifice pour l'humanité
- ↳ Gnostiques de coeur, diffusez la gnose
- 5.1 Les pratiques gnostiques (2e Cercle : mésotérique)
- ↳ Accompagnement personnalisé
- ↳ Adoration
- ↳ Astrologie ésotérique
- ↳ Astrologie noire
- ↳ Concentration
- ↳ Exercices d'introduction
- ↳ Formules magiques
- ↳ Grimoires
- ↳ Mantras et vocalisation
- ↳ Méditation
- ↳ Numérologie ésotérique
- ↳ Premiers ressentis
- ↳ Prières, conjurations et exorcisme
- ↳ Rêves
- ↳ Rites enseignés, exercices de lamaserie
- ↳ Runes
- ↳ Talismans et amulettes
- ↳ Tarot : les arcanes majeurs
- ↳ Tarot : les arcanes mineurs
- ↳ Tarots ou oracles, et leur apparition au cours des âges
- ↳ Visions
- ↳ Visualisations
- ↳ Voyager dans l'astral
- ↳ Expériences stimulantes de voyages astraux
- ↳ Voyager en jinas
- ↳ Discussions générales
- ↳ Autres techniques ou pratiques
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