Merci pour ton intérêt cher Jeff.
Ce travail fantastique de recueil a été réalisé par Claude Lecouteux, docteur en études germaniques et docteur ès lettres.
Ses axes de recherches sont :
Les êtres de la mythologie populaire
Les croyances touchant aux morts et à la mort
Les mythes, contes et légendes
La magie.
J'aime les personnes qui font un travail objectif de recherche, sans juger.
J'ai acheté 3 de ses livres :
- Le Livre des grimoires
- Le Livre des talismans et des amulettes
- Dictionnaire des formules magiques.
que je souhaite vous faire connaître en privé.
Il n'a rien à voir avec un mage noir et respecte intuitivement l'expression du VM qui est chère à mon coeur : être mathématique dans l'investigation et exigeant dans l'expression.
- Index du forum 5.1 Les pratiques gnostiques (2e Cercle : mésotérique) Formules magiques
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Un charme Vaudou n'étant pas dans cette liste.
POUR GUÉRIR LES MALADIES
Ingrédients et accessoires
feuille de papier blanc
Rituel
Écrivez le charme suivant sur une feuille de papier blanc, en partant du bas vers le haut :
ABRACALAM
ABRACALA
ABRACAL
ABRACA
ABRAC
ABRA
ABR
AB
A
La puissance de ce charme, élaboré dans les temps anciens, est reconnue pour guérir les maladies et toutes formes de désordres physiques. Vous pouvez aussi le graver sur une amulette et le porter en tout temps autour de votre cou.
POUR GUÉRIR LES MALADIES
Ingrédients et accessoires
feuille de papier blanc
Rituel
Écrivez le charme suivant sur une feuille de papier blanc, en partant du bas vers le haut :
ABRACALAM
ABRACALA
ABRACAL
ABRACA
ABRAC
ABRA
ABR
AB
A
La puissance de ce charme, élaboré dans les temps anciens, est reconnue pour guérir les maladies et toutes formes de désordres physiques. Vous pouvez aussi le graver sur une amulette et le porter en tout temps autour de votre cou.
Modifié en dernier par Pascal le 20 juin 2023, 00:25, modifié 1 fois.
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Les images sont dans un message plus haut
A
A A A B E D E Y E O H R A T T : Pour qu’une femme vous coure après, il faut écrire ces lettres sur ses vêtements.
Illustration Ohrt II, 79.
A A G G : Inscrites en croix sur de la cire, ces lettres permettent à un prisonnier de se libérer de ses liens ; on porte aussi ce sceau lorsque l’on veut être invincible.
Illustration Heidelberg, Cpg 369, folio 168 r°.
Illustration
A : 2 X3 : H : X : I : R : 2 : m : Pour découvrir qui vous a dérobé un bien, il faut écrire ces mots et les déposer sous sa tête toute la nuit ; le visage du larron apparaîtra.
Illustration Ohrt n° 438.
ABA : Le terme entre dans la formule + Aba + Aluy + Abafroy + Agera + Procha, etc., que l’on doit prononcer lorsqu’on veut gagner au jeu, ou qu’il faut porter sur soi, écrites sur un parchemin vierge.
Illustration Thiers I, 356 ; 410.
A B A D E P G P Ψ † † 2 A † P † ß X : Pour trouver l’amour, il faut écrire ces lettres sur sa main.
Illustration Ohrt II, 79.
A. B. A. G. A. P. : Afin d’être aimé d’une femme, écrire ces lettres sur sa main droite un jeudi soir, puis prendre la main de la demoiselle et la plaquer sur sa poitrine.
Illustration Bang n° 1123.
ABARA BARBARICA BORDON CABRADU BRABARASABA : On utilise cette formule pour soigner les douleurs de la vessie. On l’écrit sur une vessie de porc mâle pour un homme, d’une truie pour une femme, puis on l’attache sur le ventre. C’est une variante d’Abracadabra.
Illustration Önnerfors 27.
ABAS † ELIM † ABRATO † AGEBAT PROCHA : Il faut écrire ceci sur une pièce d’étain et la poser sous le chevet de la personne dont on veut se faire aimer.
Illustration Secrets magiques pour l’amour n° XVII.
ABBAC, ABDAC, ISTAC : Début d’une longue formule de convocation des esprits lorsqu’on ne veut plus être raillé ou dédaigné : Abbac, Abdac, Istac, Audac, Castrac, Cuac, Cusor, Tristator, Derisor, Detestator, Incantator. On peut sans doute prendre les noms en -or pour ceux de démons et comprendre « Afflicteur, Railleur, Imprécateur, Enchanteur ».
Illustration Clavicules chap. 16.
ABBA † THEOS † BEHETIMYHAT : Incipit de la vingt-deuxième oraison du Livre des consécrations, par laquelle on demande à Dieu d’être raffermi dans son discernement et dans son âme : abba † theos † behetimyhat † hehem † ruhos † bethar † husurnhunt † hetarius † theos †
On reconnaît quelques mots grecs (abba, « père », theos, « dieu ») ; ruhos devrait être l’hébreu ruach (Illustration), « esprit », grécisé.
Illustration Liber iuratus chap. 33.
ABEK / HABEK : Mot magique qui apparaît au XIe siècle dans une conjuration de l’épilepsie (morbus comitialis) : Horner Larci Habek Cisius elaoro hodier laciaon Virtus coeli libera pellet. On le retrouve plus tard dans des formules destinées à arrêter une hémorragie.
Illustration ABEK WABEK.
Illustration Heim 226.
A B G D K E : Ces characteres forment le début d’une longue suite qui se trouve dans le Billet ou le Bref de Charlemagne, un texte qui aurait été composé par le pape Léon III ( ?) et donné à Charlemagne afin de se protéger « des ennemis, des épées, des philtres, des serpents et des poisons », cette formule revenant dans plusieurs charmes latins, notamment dans le Billet de saint Colomban. Dieu l’aurait remis à l’abbé Colomban, dit-on, dont le père réclamait la bénédiction avant de partir à la guerre ; sceptique, le père expérimenta la vertu du billet sur un malfaiteur qui sortit indemne des épreuves imposées. Par l’intermédiaire du pape Léon, une copie en parvint à Charlemagne. Le billet de saint Colomban protège des voleurs, des maléfices, des intempéries, de l’épilepsie et du feu. Au Tyrol, celui qui portait sur lui le livret intitulé Colomani Segen (Bénédiction de saint Colomban) était protégé des esprits, des fantômes et des sorcières.
Ces characteres sont absents des rédactions italiennes du Bref.
Illustration
Illustration ARE.
Illustration Galdrakver fol. 9r°-10 v° ; Aymar, p. 331 sq. ; 335 ; 339 ; Franca Romano, « Guaritrici tradizionali nel Bresciano », Lares 48/4 (1982), pp. 521-543 ; I. V. Zingerle, Sitten, Bräuche und Meinungen des Tiroler Volkes, Innsbruck 18712, p. 67, n° 573.
ABEK, WABEK, FABEK : Formule d’ouverture du Charme des trois roses aux Pays-Bas et en Allemagne ; on doit la répéter trois fois pour arrêter un saignement.
Illustration JvH n° 40.
A B H Z P O B L 9 H B M G N : Première partie d’une prescription pour apaiser les douleurs de l’enfantement, il faut écrire ceci sur un papier avec le nom de la parturiente au centre :
A b h z P O b L 9 h b m g n
Subratum nome nex gr.
puis ces autres mots : † Ecgitar † circabato † Bessiabato † Argon † vigora † tänet. On place le papier dans un sachet de cuir dont la couture doit se trouver sur le côté droit et ne doit comporter ni nœud ni ruban, puis on le lui attache pendant une heure impaire.
Illustration Secrets égyptiens 2, 138.
ABIA : Vocable utilisé dans des formules allitérées telles que Abia Obia Sabia, ou bien Abia Dabia Fabia, qui doivent être inscrites sur un bâton lorsqu’on veut frapper quelqu’un à distance, notamment une sorcière qui s’attaque au bétail (Secrets : Abiam, Dabiam, Fabiam) ou lorsqu’on ferre un cheval sauvage. Abia est sans doute l’abréviation d’une sentence biblique ou de noms de Dieu. Au début du XVIIIe siècle, on trouve, dans une conjuration de la grêle : † AB †† IA † joint à SAB † Z, NDSMB et Agla. On croit que Z renvoie à Zacharie et B à Benoît. J.-B. Thiers, qui vivait au XVIIe siècle, est d’avis que ce mot vient d’Abraxas, mais d’autres savants pensent qu’il vient de l’hébreu et proposent de lire : A(b), « père », B(en), « fils », et Rua(ch) (Illustration), « esprit ».
En Suisse et en Allemagne, au début du XIXe siècle, Abia, Dabia, Fabia s’inscrit sur le canon du fusil lorsqu’on veut être sûr de toucher ce qu’on a visé.
Illustration HOLA NOA.
Illustration Secrets égyptiens 1, 221 ; 1, 149 ; Thiers I, 364 ; Spamer, p. 369.
ABLA, GOT, BATA, BLEU : Pour qu’une arme fasse long feu, il faut prononcer ces mots. Abla peut représenter les quatre lettres du début de la prière juive du matin : aleph, beth, lamed et aleph.
Illustration Honorius, p. 65.
ABLANATHANALBA : Mot signifiant « Tu es notre père », revêtu d’un caractère magique et couramment utilisé dans les papyrus et les amulettes grecques. L’une de la Bibliothèque nationale (n° 177) montre, d’un côté, un génie anguipède cuirassé avec une tête de coq et le palindrome Ablanathanalba, et de l’autre, un dieu ailé debout sur le dos d’un lion couché et des lettres magiques, l’ensemble étant destiné à se protéger des peurs. Un papyrus grec de défixion, datant du IIe-IVe siècle, le place en tête d’une série de mots magiques disposés en triangle par réduction d’une lettre par ligne : ablanathanalba ; aeêiouô ; iaeôbaphrenemoun ; ôuoiêea ; akrammachamarei.
Le terme s’utilise aussi en formule réductrice contre la fièvre :
Illustration
Il se retrouve dans un charme grec pour obtenir la victoire, dans la formule : ABLANATHANALBA AKRAMMACHAMARI PEPHNA PHO’ZA PHNEBENNOUNI NAACHTHIP... OUNORBA.
Illustration
Une amulette copte sur papyrus datant peut-être du IVe siècle, trouvée en Égypte, porte : AKRAMMAJAMARI AABLANAPHANALBAA. Sur une gemme devant susciter l’amour, Ablanathanalba est écrit en cercle autour du prénom Faustina. Une tablette d’exécration trouvée à Chypre présente le composé ABLANATHANALBASISOPETRON. Sur un phylactère en or retrouvé en Allemagne et destiné à protéger plusieurs personnes, se lit : OYDAEAGANFOZL... UNI Ia Ia Iai Sabaôth Adônai Ablanathanalba Akramachari Semeseilam Sêsêngembarpharangês, io io io.
Variante : Ablanaianabla.
Illustration PGM III, 633 sq. ; IV, 307 sqq. ; XIc, 107-121 ; XII, 107-121 ; XXXIII, 1-25 ; XXXVI, 187 sq. & 211-30 ; XCI, 1-14 ; D. G. Martinez, A Greek Love Charm from Egypt, Ann Harbor, 1991, PMich 757 ; A. Mastrocinque, « Metamorfosi di Kronos su una gemma di Bologna », in : A. Mastrocinque (éd.), Gemme gnostiche e cultura ellenistica, Bologne, 2002, p. 118.
ABRA : Terme d’une formule destinée à se préserver d’un nain qui, croyait-on, envoyait des maladies. † Abra Iesus † Alabra Iesus † Galabra Iesus. Cette formule est précédée d’une autre très répandue : thebal guttatim.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 155 ; Deonna, W., « Abra, Abraca. La croix talisman de Lausanne », Geneva 22 (1944), pp. 115-137.
AB : RA : CA ≡ D. A : — B. R : A. : Pour chasser la fièvre froide, on écrit ces mots sur du pain et on le donne à manger au malade. Les lettres forment le mot Abracadabra !
Illustration Bang n° 1150.
ABRAC : Pour réconcilier ceux qui se haïssent, il faut écrire sur du pain : Abrac, amon, filon, et le leur donner à manger.
Illustration
Illustration ARAC.
Illustration Jean Wier IV, 7.
ABRACADABRA : Ce terme cabalistique est déjà connu au IIe siècle avant notre ère comme mot magique : il apparaît sur une amulette sous la forme a ba ga da, en caractères grecs. Selon les uns, il pourrait être l’acrostiche de l’hébreu Ha brakha dabra, « la bénédiction a parlé » (Illustration) ; selon d’autres, il proviendrait d’Illustration ABRAXAS. Il s’utilise selon un schéma réducteur contre fièvres et douleurs. De même que le mot est de plus en plus court, de même les maux disparaissent peu à peu :
Illustration
Les papyrus magiques grecs en proposent des variantes intéressantes, dont les séries sur AKRAKANARBAIllustration Illustration Illustration
Abracadabra a été transmis essentiellement par le médecin de Sulpice Sévère (IIIe siècle), Quintus Serenus Sammonicus, dans son Liber medicinalis (v. 935-939), qui prescrit de le porter quand on est atteint de fièvre demi-tierce. Notons que la formule fut très largement utilisée durant la grande peste de Londres (1665-1666).
En Italie médiévale, en Vénétie, se relève la formule : † Arabra † Arabrum † Brototin † Soromi † Bretotiamin †. Et en Colombie, nous rencontrons Brac Cabrac Cabra Cadabrac Cabracam.
Les Clavicules de Salomon (II, 8) offrent la variante suivante : Abrahach, Abrach, Abracadabra, utilisée dans la conjuration de l’épée qui sert aux opérations magiques. On la retrouve dans la « Consécration de l’athamé » du Livre des Ombres (Book of Shadows), appartenant au mouvement néopaïen Wicca, créé par Gerald Brousseau Gardner, vers 1940-1950 :
« Je te conjure,
ô athamé,
par les noms d’Abrahach, Abrach et Abracadabra,
afin que tu serves de force dans tous mes travaux magiques
et de défense contre mes ennemis visibles et invisibles... »
Pour le romancier Dan Brown, le terme « provient d’une ancienne formule magique araméenne — Avrah Ka Dabra —, qui signifie “je crée en parlant” » (The Lost Symbol, chap. 111. 3.) Chacun voit midi à sa porte...
Illustration TRIANGLE.
Illustration Dornseiff 64 ; Heim 491 ; PGM II, 1 sqq. ; 64 sqq. ; Werner n° 8, p. 197.
ABRACH : Sur une amulette à porter au cou contre la fièvre, se lit la variante suivante de la formule Abracadabra : † Abrach † lam † Abrahc † la † Abrach † l † Abrach † Abrach † Abrac † Abr † † ab † A † B †
Illustration
Illustration Heidelberg, Cpg 267, folio 11 r°.
ABRACHA † ABRAC LAUS : Invocation adressée à Dieu pour guérir les fièvres. On prononce la formule sur le malade et on ajoute un Notre-Père : Abracha † Abrac Laus † Agyos † Sanctus † Sanctus † Sanctus Fortis Et Immortalis
On la retrouve dans le Sachet accoucheur sous la forme :
plenesmo. AbrocalaIllustration AbraIllustration AbracaIllustration AbracalapsIllustration AbralapsIllustration AbracalasIllustration IllustrationIllustration AbracalapsIllustration Abrocalaps. AbracaIllustration AbracalaIllustration Abra. F. G.Illustration IllustrationIllustration Naqui nostros castatunta mihi Jhesus Christus bris quod dedit bris quod tulitz bris quod deditIllustration Christus ursim in nomine Domini. Que le Seigneur soit avec toi, le Père, le Fils et l’Esprit saint. Celui qui portera ce bref sur lui, les fièvres le fuiront, et s’il est atteint, la fièvre diminuera aussitôt.
Illustration Braekman 66 ; Aymar, p. 334.
ABRACULA/ABRACULUS : Mot entrant dans une formule réductrice destinée à guérir de la fièvre ; il faut l’écrire sur un billet et la suspendre au cou. On la rencontre de diverses façons dans les manuscrits. Une conjuration du Livre des incantations offre un terme apparenté — Abracalos — dans la formule : abini abyndo abyncola abracalos pyel thyel i (folio 49 v°).
Illustration Heidelberg, Cpg 267, folio 12 r° ; 16 v°.
Illustration
ABRAHAM JULITA : Mots magiques à utiliser contre les fièvres selon le même schéma réducteur qu’Abracadabra.
ABRAHAM TE ALLIGAT : « Qu’Abraham te lie, i te tienne, Jacob te montre. » Pour qu’un voleur ne puisse pas s’éloigner, il faut tracer quatre croix aux quatre coins des portes, sur le côté extérieur, et la formule ci-dessous à l’intérieur : Abraham Te Alligat † Ysaac Te Teneat † Iacob Te Ostendat †
Elle date de 1500 environ. Variantes :
1. † Abraham † liga † Isacc † Retinet † Jacob † Retuzet
2. Enovia Abraham ligarit Jsacia Jacobs et ußit Redutaat. Illustration Ohrt n° 1246 ; Spamer, p. 248.
ABRAXAS, ABRASAX : Nom divin et cosmique apparaissant dans les papyrus magiques de la Grèce antique et sur de très nombreuses amulettes, au point qu’il est synonyme de ce terme. Sous la forme Abrasax, qui désigne le dieu de l’année, il comporte sept lettres, c’est-à-dire les sept jours de la semaine, dont le pséphos, à savoir la somme des chiffres représentés par les lettres qui le composent, est 365, soit le nombre des jours de l’année. Son utilisation remonte à la secte des Basilidiens (IIe siècle).
Illustration
Une tablette de plomb conservée au musée du Louvre comporte une adjuration de l’esprit d’un mort « par Barbaratham Cheloumbra Barouch Adonaï et par Abraxas... » ; on reconnaît un fragment de la prière juive barouch aththa Adonai (« Sois béni Seigneur »). Une autre, conservée au musée du Caire, contient un charme et l’adjuration « par Abrathabrasax ». Une dernière, datée du Ve siècle, comporte la formule : « Seigneur Sisirô Sisiphermou Cnouôr Abrasax... »
On retrouve le nom sur un phylactère destiné à protéger des fièvres et des démons : ABRASAX ABRASICHO’OU.
Voici ce que nous apprend François-André-Adrien Pluquet (1716-1790), archevêque d’Albi puis de Cambrai, dans son Dictionnaire des hérésies :
« Basilide, qui avoit adopté la philosophie Pythagoricienne, conclud que rien n’étoit plus propre à attirer les influences bienfaisantes de cette Intelligence, que l’expression du nombre trois cens soixante-cinq ; & comme on exprimoit les nombres par les lettres de l’alphabet, il choisit dans l’alphabet les lettres dont la suite pourroit exprimer trois cens soixante-cinq, & cette suite de lettres forma le mot Abraxas. Le mot Abraxas ayant la vertu d’attirer puissamment les influences de l’intelligence productrice du monde, on fit graver ce nom sur des pierres qu’on nomma des Abraxas, dont les différents cabinets de l’Europe contiennent un nombre prodigieux. Comme Pythagore avoit supposé que l’intelligence productrice du monde résidoit dans le soleil, on joignit au mot Abraxas l’image du soleil, pour expliquer la vertu qu’on lui attribuoit. On était alors fort entêté de la vertu des Talismans, ainsi les Abraxas se répandirent presque par tout, & au lieu du soleil, on grava sur les Abraxas les différens symboles propres à la caractériser, & enfin les différentes faveurs qu’on en attendoit, & qu’on vouloit obtenir : comme on le voit par un Abraxas qui présente un homme monté sur un taureau avec cette inscription : remettez la matrice de cette femme en son lieu vous qui reglez le cours du soleil. »
Illustration PGM LXXXIX. 1-27 ; Heim 481 ; 537 ; 542 sq. ; Sorciers grecs, p. 289 ; p. 291 ; p. 341 sq. ; Dieterich, Abraxas, Studien zur Religionsgeschichte des späteren Altertums, Leipzig, 1891 ; Pluquet, Mémoires pour servir à l’histoire des égarements de l’esprit humain par rapport à la religion chrétienne 1764, t. 1, p. 471 ; A. Barb, « Abraxas-Studien », in : Hommages à W. Deonna, Latomus 28 (1957), pp. 67-86 ; Ch. Harrauer, Meliouchios. Studien zur Entwicklung religiöser Vorstellungen in griechischen synkretistschen Zaubertexten, Vienne, 1987 (Wiener Studien, Beiheft 1, Arbeiten zur antiken Religionsgeschichte, 1) ; Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, éd. J.-M. Sallmann, Paris, le Livre de Poche, 2006 (La Pochothèque), p. 17 sq.
ABRE ET ABREMON : On suspendait cette formule au cou des femmes et des hommes craintifs : Abre et Abremon et Abrende et Consecramina. Abrende est la déformation d’Illustration ABREMONTE.
Illustration Aymar, p. 346.
ABREMONTE : Début d’un exorcisme destiné à libérer un possédé. L’exorciste pose la main gauche sur la tête de l’homme, et la main droite sur sa bouche, puis dit ceci à ses deux oreilles (ambas aures) :
Abremonte Abrya, Abremonte consacramentaria, Ypar Ypar Ytumba opote celacent alaphie.
Alors, tenant le possédé fermement, il déclame l’incantation qui commence ainsi : « Je vous conjure, esprit malin, par le terrible nom de Dieu Agla et par Agla Helene, tout-puissant nom de Dieu... »
Illustration ABRE.
Illustration Franz 2, 569.
ABRIA SOLLITIE OAT : Pour faire revenir un bien volé, on écrit les mots suivants sur un morceau de plomb, on le rompt en deux et l’on en place un bout au-dessus de la porte et l’autre au-dessous : Abria Sollitie Oat I Sachi Redempt, Jacob Vomum, Redugbit.
La première partie de la « phrase » peut se comprendre ainsi : « Tu dois rapporter le bien / la chose. »
Illustration Bang n° 1118.
ABRIDO ÆRIGETU SAEP : Afin d’arrêter les saignements, un charme en vieil anglais propose la formule suivante : Abrido Ærigetu Saep Rete Obrigat.
Au Xe siècle, elle se rencontre aussi dans un charme d’outre-Manche en latin sous la forme : abrido ærigetu saep rete obrigate.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 155 sq.
ABRUTIM ABRUTIM GEBRUTIM GEBRUTIM : Cette formule fait partie d’un rituel complexe qui se déroule quand la lune est en Gémeaux et elle doit être répétée vingt fois ; elle s’accompagne du sacrifice d’un coq et de fumigations. Elle a pour but de faire apparaître une « figure » à laquelle on adresse sa demande, et elle se réalisera.
Dans la source arabe, la Ġāyat al-Hakîm (But du sage [dans la magie]), le but est d’attirer la force de la lune et la formule se lit ainsi : Hirût hirût ğarût ğarût.
Illustration Picatrix IV, 4 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 311.
ABTAN, ABYNISTAN, ZORATAN : Dieu aurait dit les paroles suivantes à Moïse quand celui-ci gagnait la montagne : Abtan, Abynistan, Zoratan Juran Nondieras, Potarte Faijs Alapeina Pohnij Sacrofcium.
Par ces mots, le prophète s’adresse aux anges qui scellent les quatre parties du monde. Si l’on veut accomplir des miracles, il faut jeûner trois jours, être chaste et pur avant de les prononcer.
Illustration Semiphoras 2, 2.
ABUENOP : Lorsqu’on réduit en poudre l’hippomane du poulain pour obtenir l’amour de quelqu’un, on remplit une pomme de cette poudre, lève tout autour une pelure sur laquelle on écrit le nom de la personne avec ce mot et un character.
Illustration Les Véritables Clavicules de Salomon, p. 66.
AB UMASIS : Pour faire une jarretière permettant de parcourir sept lieues en une heure, il fallait prendre un jeune loup que l’on égorgeait avec un couteau neuf à l’heure de Mars ; on coupait sa peau en jarretières larges d’un pouce et on y écrivait sur l’une avec le sang de la bête, et sur l’autre avec son propre sang : ab umasis cadis anba cavit in fortitudine cibi illius. Ce qui est la déformation d’une phrase de la Bible (1 Rois 19, 1 : qui cum surrexisset comedit et bibit et ambulavit in fortitudine cibi illius). Variante du Dragon rouge : Adhumatis cados ambulavit in fortitudine cibi ilius.
Illustration Libro de segretto e di magia, p. 5.
AC : P : X :Illustration : Quand on veut découvrir les trésors cachés, il faut avoir une baguette de noisetier coupée deux jours avant la nouvelle lune, avec laquelle on trace un cercle avec des croix sur le pourtour (cf. illustration).
Illustration
Pour se protéger du diable ou de l’esprit qui viendra à votre requête, il faut porter sur soi une longue suite de characteres :
Ac : P : X :Illustration : y3 : V : N : y : Ac : y : Z : X : M : A : 4 : K : y : 72 K 36 X Ø : X. .B.
Illustration
Illustration Grimoire de Jeløen ; Bang n° 1443.
ACCOUCHEMENT : Pour le faciliter, on a, dès l’Antiquité, utilisé maints charmes. Depuis le XIIIe siècle, le plus répandu est :
De viro vir virgo de virgine. Vicit leo de tribu Juda, radix David. Maria peperit Christum, Elisabet sterilis Johannem Baptistam. Adiurate, infans, per patrem, etc., sive sis masculus an femina, ut exeas de uulua ista. Exinanite. Exinanite (cf. Psaume 136, 7).
On rencontre d’autres formes de ce charme, outre-Manche, depuis le XIe siècle. On utilise aussi les mots du Psaume I, 3-4 et de Jean II, 43 (veni foras), dès le Xe siècle. Notons que, cent ans auparavant, on se réfère à I Deutéronome II, 21 sq., et même à des vers de l’Énéide virgilienne (X, 1 et XI, 1). On croit que la Vierge, Dieu et sainte Marguerite président aux accouchements. Au XIIe siècle, les chrétiens utilisent aussi le charme suivant, écrit sur du pain :
† Adam † Adam † Adam † viens dehors † Dieu t’appelle † sainte Marie, libère ta servante N. Par la bouche des enfants et des nourrissons, tu as achevé la gloire sur ton nom afin de détruire l’ennemi et que survive l’enfant.
On donne alors le pain à manger à la parturiente qui est vite délivrée.
Illustration BORO BERTO ; A B H Z P O B L 9 H B M G N ; EXI FORAS ; MARIA PEPERIT.
Illustration Thiers I, 472 (Anna peperit...) ; Mircea Eliade, « Adam, le Christ et la mandragore », in : Mélanges d’histoire des religions offerts à Henri-Charles Puech, Paris, 1974, pp. 611-615.
†. A. C. D. A. S. †. : Selon une légende très répandue dans les grimoires, le pape Léon aurait composé un bref comportant des characteres protégeant de la peste, des démons, des poisons, des serpents et des maléfices, et il l’aurait envoyé à Charlemagne. Voici la version du sachet accoucheur :
†. a. c. d. a. s. † p. c. e. aa. N. S. e. b. a. n. m. a. e. n. p. ofc. n. n. p. ofc. n ; p. el. x. p. h. Celui qui portera sur lui ces characteres ne mourra pas par les armes † Jotha † Adonai † Christus † Job † Ethaphon. t. x. o. a. n. e. p. p. t. m. a. ee. x. Christ vainc † Christ règne † Christ ordonne † le seigneur Dieu est mon aide, [mon] fondement †. R. † R. X.
Un manuscrit de la British Library de Londres donne une rédaction totalement différente et ne comportant pas ces lettres mais uniquement des noms et épithètes divins.
Illustration Aymar, p. 331 ; p. 339 ; British Library, Sloane 2584, folio 45 v°.
ACE ROMEIE ECLENN NECEROM : Contre le mal de dents, on écrit ces mots puis on les jette à un chien.
Illustration Bang n° 1108.
ACHIT, PACKEIT, ALMACIT : Ces trois mots font partie d’un rituel daté des environs de 1752 et destiné à recouvrer un bien volé. On les écrit sur un billet, on prend un peu de lard fumé qu’on transperce d’un couteau et on place le billet dans l’incision, puis on brûle le tout avec une bougie en prononçant cinq fois la conjuration. On répète l’opération cinq jours durant, chaque matin cinq fois, et on écrit au-dessus de la porte de sa maison : Peda peet moum Segem Calia, et sous la porte : omnes morche.
Illustration Spamer, p. 236.
ACHIZECH : Pour empêcher que les oiseaux ne mangent les grains semés, on enferme un crapaud et une chauve-souris dans un pot de terre neuf et, avec du sang de corbeau, on écrit ce mot à l’intérieur du couvercle, puis on enterre le tout dans le champ ensemencé.
Illustration Petit Albert, p. 335.
ACOTOS EXFETEN CANABO : Formule d’un rituel destiné à faire venir la personne dont on souhaite la présence.
Variantes : Actor ; Actus ; Exfeton ; Canaba.
Illustration Werner n° 1, p. 195.
ACRÆ. ÆRCRE. ÆRNEM. : Incipit d’une longue formule devant protéger d’un souffle empoisonné et de toute boursouflure due au poison. Il faut, un vendredi, baratter du beurre non mêlé d’eau, venant d’une vache ou d’une biche unicolore, chanter dessus la litanie, neuf fois le Notre-Père et neuf fois ce qui suit :
Acræ. ærcre ærnem. nadre. ærcuna hel. ærnem. niþærn. ær ; asan ; buiþine. adcrice. ærnem. meodre. ærnem. æþern. em. allum. honor. ucus. idar adceri. cunolari. raticamo. helæ. icas cpita. hæle. tobær ; tera. fueli. cui ; robater plana. uili.
Les trois premiers termes pourraient signifier « protestation contre le sang, contre le poison », et nadre ærcuna hel, « tuer la vipère avec une formule magique ». Les érudits ont proposé la traduction suivante : « Puisse ma formule magique guérir, laquelle guérit, le Christ en qui est la formule, lui qui a eu toutes les douleurs » pour raticamo... tera fueli.
Sous une forme abrégée et offrant des variantes, on retrouve cette incantation dans la fabrication d’un « saint onguent » : Acre arcre arnem nona ærnem beoðor arnem nidren arcun cunað ele harassan fidine.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 56 ; p. 106.
ACRIUZ, FENDEYUZ : Pour obtenir l’amour d’un souverain, on confectionne un voult de cire à son nom et on y plante une aiguille d’argent neuve en disant : Acriuz, Fendeuyz, Nephalez, Feyeduz.
On l’enterre et on procède à une fumigation sur place ; quand s’élève la fumée, on prononce ces mots : Acderuz, Madurez, Feyleuz, Hueryreliz. Puis on demande l’aide d’esprits afin de susciter amour et amitié du roi.
Dans la source arabe du Picatrix, la Ġāyat al-Hakîm, les paroles magiques possèdent la forme suivante :
1. Aqarjûs, Ġîdâjûs, Jâlihâs, Jahîdûs
2. Akrârûs, Mandûrâs, Fîlâhûs, Warmâlîs
Illustration Picatrix III, 10, 14 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 266.
ACTATOS : Premier mot de la formule Actatos Catipla Bejouran Itapah Marnutus, à prononcer pour connaître les projets des puissances infernales et obtenir les moyens de les combattre et de les vaincre. Il faut être en possession d’un talisman où est gravé Actatos Bejouran Marnutus.
Illustration Trésor, pp. 184b-185 b.
† ADA † † ABA EBE † : En écrivant ces mots sur un parchemin avec du sang de loup, en l’enveloppant dans un chiffon avec du mercure argental et en le portant sur soi, on sera honoré et toutes ses demandes seront exaucées : † Ada †† Aba ebe †† thanat do † Zoncha Agola † Zaboha †.
Si on présente le tout devant une serrure, elle s’ouvrira. Cette recette se retrouve dans le Cyprianus danois, un grimoire très répandu, mais les mots ne sont pas découpés de la même façon : † Ada † A Ba † ebe †† Tanat do † Zoncha Agola † Za Boha †.
Illustration Secrets égyptiens 2, 123.
ADABRA † DRABRA † RABRA † ABRA † BRA † RA † A : Formule valable pour toutes sortes d’affections ; on doit la porter au cou pendant cinq, six ou neuf jours, et dire sept patenôtres chaque jour. C’est une des nombreuses variantes d’Abracadabra.
Voir aussi Aladabra qui relève de la même veine.
Illustration Braekman n° 76.
ADAM : Le nom du premier homme, selon la tradition biblique, entre dans de nombreuses conjurations et il a servi autrefois d’amulette. On le trouve aussi dans une bénédiction destinée à procurer une bonne naissance :
Adam Bedam Alam Betur Alam Botum, ou encore : † Adam † Adam † Adam † veni foras † Christi te vocat † sancta Maria, libera ancillam tuam N.
Chez Marcellus de Bordeaux, le terme sert à protéger les pigeonniers, et les Geoponika de l’empereur Porphyrogénète précisent qu’Adam doit, dans ce cas, être écrit aux quatre coins de l’édifice. Selon Thiers, il était encore utilisé au XVIIe siècle. D’après Maiolus (1520-1599), quand une femme est en couches, les Juifs écrivent Adam havah Chutz Lilith sur tous les murs de sa chambre, et Senoi, Sansenoi, Samangeloph, noms de trois anges, sur le dedans de la porte. Ce nom se rencontre associé à celui d’Élie dans une prescription pour se protéger de toute inimitié, alliant signes cabalistiques, les trois Rois mages et l’incipit de Luc 4, 30 : Jesus autem transiens per medium horum ibat.
Illustration ACCOUCHEMENT.
Illustration Franz II, 201 ; Heim 353 ; Thiers I, 361 ; 413 ; Bang n° 1089.
† A DANDA † † LIBERANDA † PRO VERMIS † ESTOMACA † : Formule d’une prescription médicale occitane datant du XIVe siècle, destinée à guérir le mal de dents. On l’écrit sur du papier, puis on la dissout dans de l’eau, et la douleur disparaît à mesure que s’effacent les lettres. Notons qu’il n’y a aucun rapport entre la formule et le but visé. En effet, on peut la traduire ainsi : « À donner pour délivrer du ver de l’estomac. »
Illustration Manuscrit de Princeton, Garret 80, fol. 5 v°-6r°.
AD : CER : RUB : Pour voir en songe la personne qui vous a volé, il faut écrire cela sur un papier que l’on place sous son oreille droite.
Illustration Bang n° 1091.
ADHUMALIS CADOS : Début d’une formule à prononcer lorsqu’on fabrique un ruban qui permet de parcourir sept milles en une heure : Adhuma lis cados ambulavit in fortitudine cibiulius
On reconnaît un passage du Livre des Rois III, 19 : Et ambulavit in fortitudine cibi illius usque ad montem Dei (« Et s’étant levé, il mangea et but, et étant fortifié par cette nourriture, il marcha ») où a été introduit cados, hébreu kadosh, « saint », et où a été retranché quadraginta diebus et quadraginta noctibus usque ad montem Dei Horeb (« quarante jours et quarante nuits, jusqu’à Horeb, la montagne de Dieu »).
Illustration Werner n° 2, p. 195 sq.
ADIBAGA SABAOTH ADONAY : Début d’une formule destinée à détruire tous les sorts et à faire venir la personne qui a causé le mal. On prend le cœur d’une des bêtes mortes, on le place sur une assiette propre et on plante dedans neuf piquants d’aubépine en disant : Adibaga Sabaoth Adonay contrà ratout prisons prerunt fini unixio paracle gossum.
Puis on plante deux autres piquants en disant : Qui fussum mediator agros gaviol valax, deux autres en déclamant : Landa zazar valoi sator saluxio paracle gossum, les deux suivants avec les paroles : Mortus cum fine sunt et pert flagellationem Domini noseri Jesu Christi, et les deux derniers en prononçant : Avir sunt devnat vous paracletur strator verbonum offisum fidando. On formule alors sa demande et on perce le cœur d’un clou.
Illustration Honorius, p. 80.
ADNÂLÎS : Pour séparer un homme d’une femme et susciter de l’inimitié entre eux, on confectionne deux voults creux portant leur nom et on prépare une mixture pour chacun à base de bile de chat noir et de porc, etc., que l’on y verse. Pour celle de la femme, on mélange divers ingrédients que l’on fait fondre, puis on transperce la poitrine du voult avec une aiguille en disant : ‘Adnâlîs, Baljûrâs, Mandûris, Ba ‘jûlis.
On prépare alors du bdellium, de l’opoponax (des résines) et de la graisse d’un chat noir et d’un chien noir, et on fumige le voult en prononçant une conjuration qui s’ouvre par Mimûrâs, Handânûs, Bahwâlûs.
Illustration O HÛDÎS.
Illustration Ġāyat al-Hakîm, pp. 269-271.
ADONAI, ADONAY (Illustration) : « Maître suprême », en hébreu. C’est l’un des noms de Dieu dans l’Ancien Testament, et les juifs prononçaient Adonaï le tétragramme ineffable : YHWH. Il est très utilisé en magie à l’époque hellénique et encore de nos jours. Il apparaît fréquemment dans les listes de noms divins des invocations. On l’emploie par exemple dans une formule guérissant les maux d’yeux : « [...] souffle alors sur ses yeux et dis : Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat. Ayos Ayos Ayos, Adonay Sabaoth, Adonay Emmanuel. Benedictio partis, etc., descendat, et introeat spiritus tecum et liberet te ab omni malo. Amen. Sana, domine, oculos famuli tui N sicut sanasti oculos Tobye » (XVe siècle).
Illustration Heim n° 523 ; 532 ; Franz I, 409 ; 430 ; II, 169 ; 497. G. Dalman, Der Gottesname Adonaj eine seine Geschichte, Berlin, 1889.
ADONAY SABAOTH, CADAS ADONAY AMARA : C’est la troisième Semiphoras de Salomon. Adam l’utilisait quand il parlait avec les esprits et les morts ; quand il les interrogeait, contraints par ces mots, ils lui donnaient une réponse satisfaisante.
On retrouve la formule bien plus complète et comportant deux séquences dans la « Conjuration du lundi » du Livre des incantations :
Illustration
1. Adonay. Adonay. Adonay. Eye. Eye. Eye. Cados. Cados. Cados. Hatyn. Hatyn. Hatyn. va. va.
2. ya. Adonay. Saday. Sabaoth. Hanath. hu. Haxi. ya. ya. ya. Marmalita. Abym. yea.
Illustration Liber incantationum, Bibliothèque nationale bavaroise, manuscrit Clm 809, fol. 88 v°.
ADRA ADRATA ADRATTA : Au XVe siècle, pour qu’un prisonnier se débarrasse de ses chaînes, il doit écrire avec sa salive cette formule sur un maillon et la faire suivre des characteres : . f. A. K. O. q. t.
Illustration
Illustration Heidelberg, Bibl. universitaire, Cpg 369, fol. 168 r°.
ADRA ADRATA, ASDRA, BILLAL BELIAL, ALIAL : Cette formule est incluse dans une prière dont le but est d’éloigner de la maison tous les esprits malins, « les maudits enchanteurs et ensorceleuses ». La conjuration qui suit se fait avec des noms divins.
Illustration JvH n° 1031.
ÆAS AIAET AIAS IN AOM INI IL BULI : Formule à écrire sur un papier que l’on place sous son oreiller pour découvrir qui est le voleur ; il apparaîtra en songe.
Illustration AD.
Illustration Espeland § 7.
AEEIOUO : Mot magique gravé sur de nombreuses amulettes grecques découvertes en Égypte.
Illustration C. Bonner, Studies in Magical Amulets chiefly Graeco-Egyptian, Ann Arbor, Chicago, 1950, n° 2.
† ÆGRIN THON STRUHT : Dans un charme en vieil anglais, ces mots introduisent une longue formule destinée à arrêter un saignement de nez :
† Ægrin thonn struht fola ærgren. tart strut onntria enn piathu morfona onnhel. ara ca leo þ gruth veron. + + +. fil cron /> </ inro cron aer crio ærmio aær leno.
Quelques termes ont pu être identifiés comme étant du vieil irlandais très déformé : sruth fola, « saignements » ; gruth, « lait caillé » ; le vieil anglais onhæl, « malade ». Quant à +++, c’est une graphie irlandaise pour ni ou in.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 154 ; Storms n° 77.
AETE BANDTE, ZU BRANTE BEDE. † † † : Quand un cheval a buté, il faut dire doucement trois fois ces mots en passant le pied gauche sur la douleur.
Illustration Secrets égyptiens 2, 163.
AFA AFCA NOSTRA : Pour que les fusils et mousquets fassent long feu, il faut dire ces mots lorsqu’on est en mesure de regarder dans leur canon ; en disant ces mots à l’envers, on annule ce que l’on a fait.
Illustration Secrets égyptiens 2, 32.
AFRIASS, AESTEIAS : Début d’une formule visant à tuer le « ver » qui ronge le doigt de l’homme ou du cheval, on écrit la formule suivante sur un papier que l’on enroule autour du membre malade :
Afriass, aesteias, Srus, Srus, Sras,
Atestoos, Xaaja † se do † da da †
Abia Am bles † Greem Er A. ran † C y y † Um † † †
Le ver est l’interprétation donnée de l’origine de la maladie et représente toujours une entité maléfique.
Illustration Secrets égyptiens 2, 108.
A. F. S. : Pour faire disparaître la fièvre froide, on écrit les lettres ci-dessous sur trois amandes ; le malade doit les manger une par une dès que débute la maladie :
Illustration
Ces lettres devraient être, avec une faute, l’abréviation de Artus, Pratus, Sartus, formule que l’on rencontre en 1790 dans une prescription contre l’apoplexie.
Illustration ARTUS.
Illustration Bang n° 1157.
AGALRIA PIDHOL GARIA ANANUS QEPTA : Afin d’empêcher un ennemi de répliquer, lui dire ces mots. Le premier terme est la déformation d’AGLA, abréviation de quatre mots hébreux — aieth, gadol, leolam, Adonaï — formant la phrase : « Tu règnes pour l’éternité, Seigneur », qui provient de la prière juive Shemoneh esreh (les dix-huit bénédictions), les deux derniers sans doute celle de ANANIZEPTA, acrostiche de la formule : Antidotum Nazareni auferat necem intoxicationis santificet alimenta poculaque trinitas Amen, qui est notamment une formule de protection contre la peste. Sur un pendentif du XVe siècle en forme de losange, trouvée en 1985 près du château de Middleham, on lit : Ecce agnus dei qui tollit peccata mundi-Tetragrammaton-Ananizapta.
Illustration ANANIZEPTA ; AGLA.
Illustration BaK n° 75 ; J. Cherry, The Middleham Jewel and Ring, York, The Yorkshire Museum, 1994.
AGATA + SAGATA + AMEN : Contre le mal de dents, il faut écrire « ces lettres ou ces characteres » sur un morceau de pain beurré et le donner à manger au patient le soir.
Illustration Bang n° 1148.
1 AGERAM 2 SARAGOEN 3 ALAGON 4 SALAGON : Contre les douleurs dentaires, on écrivait ces mots sur du pain que l’on faisait manger au patient quatre matins de suite, c’est pourquoi le Grimoire de Fron (Norvège) les numérote.
Illustration
ADRA ADRATA ADRATTA : Au XVe siècle, pour qu’un prisonnier se débarrasse de ses chaînes, il doit écrire avec sa salive cette formule sur un maillon et la faire suivre des characteres : . f. A. K. O. q. t.
AGERIN NAGERIN VAGERIN JAGERIN IPAGRIN SIPIA : Contre le mal de dents, on doit écrire ces mots sur du papier, couper celui-ci en trois morceaux, placer le premier sur la dent du malade le soir, cracher le papier le matin dans le feu, répéter l’opération avec les deux autres morceaux, et la dent sera guérie. Cette prescription se retrouve dans différents grimoires scandinaves depuis 1780, avec Spagerin-Sepia comme derniers mots. Une autre ordonne d’écrire sur du pain Jageron le premier jour, Ageron, le deuxième, Nageron le troisième, Vageron le quatrième et Sepio le cinquième jour, et de jeter le dernier dans la forêt ou de le donner à un chien.
Illustration AGERON.
Illustration BBE, p. 85 ; Bang n° 998 ; 1016 ; n° 1022 ; Espeland n° 31.
Illustration
AGERON JEGEROM NEGEROM SIPIA : Ces mots sont à écrire sur un billet de banque, à placer sur la dent malade afin de la guérir, puis on jette le mot Sipia à un chien. On utilise aussi la formule sous la forme Ageront Nageront Sebeont contre l’apoplexie.
Illustration AGERIN ; ARTUS.
Illustration BBE, p. 87 ; Bang n° 1127.
AGIA : ADULLA AULLA : Formule destinée à se faire aimer d’une femme ; on l’écrit sur un ruban que l’on tend à la personne avec sa main droite.
Illustration Bang n° 1129.
A. G. J. A. B. J. C. A. E. S. Q. S. L’: Pour guérir un épileptique, il faut tracer ces characteres sur un anneau d’argent et le porter à l’index de la main droite. Les quatre premières lettres sont la déformation d’AGLA, l’un des noms secrets de Dieu.
Illustration Braekman n° 35.
AGLA : On sait que ces quatre lettres sont sans doute les initiales de quatre mots hébreux — aieth, gadol, leolam, Adonaï, ou Atlah Gabor Leolam Adonay — qui forment une phrase signifiant : « Tu règnes pour l’éternité, Seigneur » et qui est tirée d’une prière juive, le Shemoneh esreh (les dix-huit bénédictions). On prétend que Loth aurait entendu le terme, ce qui le sauva avec sa famille. Comme de nombreux mots magiques, AGLA se rencontre dans de nombreuses formules — au Xe siècle, on la trouve sous la forme OGLA dans une formule d’ordalie — dans l’exorcisme des possédés et il entre dans la confection de phylactères divers. Sur une bague d’argent du XVe siècle, on lit :
Illustration
Sur une autre bague, d’origine anglaise, est inscrit : AGLA. THALCVT. CALCVT. CATTAMA. Sur un anneau d’or italien du XIVe siècle, est gravé : + AGLA + AD///OS + VDROS + IDROS + THEBAL + GVT + G////////
Le mot sert dans les charmes contre les sorts, contre les fièvres, — auquel cas on l’écrit sur une hostie — et contre les esprits immondes (ibid.). Contre l’épistaxis, on inscrit AGLA sur le front du patient et on récite une prière à la Vierge.
— Pour arrêter une hémorragie, il faut écrire, par exemple : Consummatum est † agla, avec son propre sang, ce que l’on retrouve dans le Charme de Longin où il faut l’écrire sur la main et accompagné de deux croix : † agla †.
— AGLA sert contre les fièvres de la façon suivante. Il faut prendre trois hosties et écrire au dos de la première et sur le pourtour : † on † Jhesus † on † leo † on † filius † ; puis † A † g † l † a au centre ; sur la deuxième, † on † omg † on † arie † on † agnus †, et au milieu : † te † tra † gra † ma † ton † ; sur la troisième : † on † pater † on † gloria † on † mundus, avec au dos : Jhesus nazarenus † crucifixus † Rex † judeorum † sit medicina mea ; « tu réciteras chaque jour cinq Notre-Père et cinq Ave Maria. »
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Un manuscrit allemand du XVe siècle comporte la prescription magique suivante contre l’empoisonnement :
« Pour qui est empoisonné. Écris les mots suivants sur trois feuillets de parchemin vierge et avales-en un le matin, un le midi et un le soir. Et si on a voulu l’empoisonner, le poison le quittera aussitôt, il guérira. Voici les mots : † Agla ††† effrecga ††† agla † refoa ††† »
Dans Les Clavicules de Salomon, AGLA apparaît aussi sur le quatrième pentacle de Mars. Pour un accouchement difficile, AGLA se rencontre dans le Charme de sainte Suzanne, lié à une formule très courante : Christus vincit † Christus regnat † Christus imperat † a † g † l † a † Amen. Un sachet accoucheur de Haute-Auvergne, dont le contenu date en partie du bas Moyen Âge, fut ouvert en 1925 et on y trouve notre formule sous la forme suivante : † a † G † l a agyos † o theos † yskyros † emanuel † omnipotens virtus in terra celum omnipotens olimphi [...].
Illustration
Dans le Charme de saint Job destiné à tuer les vers, c’est-à-dire certaines formes de l’entité maladie, AGLA entre dans la formule conclusive : in nomine Patris alaia agla † et filij messyas†et Spiritus sancti†sorchistin†Amen.
Contre le feu sacré, il faut dire : Jot † het † agla † hayman † hewaw†, mots qui délivrèrent les enfants dans la fournaise (Daniel 3, 51-90).
Au XVIIe siècle, dans un rituel de divination cité par J.-B. Thiers, il faut prononcer Aglati, Aglata, Calin, Cala, lorsqu’on convoque le séraphin Uriel. Thiers donne aussi d’autres formules où entre AGLA. Ainsi pour être préservé de toutes sortes de dangers :
† Agla Pentagrammaton † On † Athanatos † Anafarcon †, des armes Barnasa † Leutias † Bucella † Agla † Agla † Tetragrammaton † etc. Conjuro vos omnia arma, etc. Obsecro te Domine Fili Dei, etc. Abba Pater miserere mei, etc.
On utilise AGLA pour émousser le tranchant d’une épée ; après avoir prononcé la conjuration au nom du sang du Seigneur, il faut dire quatre fois : † panthon † genton † Aglay † pater noster.
Depuis le Moyen Âge, on inscrit AGLA sur des amulettes pour se protéger du feu. Dans une formule néerlandaise contre l’incendie, AGLA entre dans l’invocation et il est l’un des noms de Dieu : Heli, Heloim, Sothar, Emanuël, Saboath, Agla, Tetragrammaton, Hagios, Othuos, Ischyros, Athanatos, Jehova, Adonai, Sasay, Messias, invocation qui doit être écrite sur la maison et aspergée d’eau bénite. Mais la même formule, un peu plus riche, se trouve dans le Thesaurus exorcismorum et sert à déterminer si une personne est torturée par des esprits impurs (vexatur a spiritibus immundis). Au XIVe-XVe siècle, se lit la conjuration suivante dans un manuscrit allemand rédigé en latin :
« Prends la tête du possédé dans la main gauche et pose le pouce de la main droite dans sa bouche en disant les mots suivants dans ses deux oreilles : Abremonte abrya, abremonte consacramentaria ypar ypar ytumba opote alacent alaphie.
Puis tiens-le fermement et récite ces conjurations : “Je vous conjure, esprits maudits, par le terrible nom de Dieu Agla et par le très puissant nom de Dieu Agla Helene...” »
Dans un autre rituel d’exorcisme du XVe siècle, il faut placer le possédé sur une croix tracée à la craie devant l’autel et entourée des noms magiques : Agla, Gaba, Emanuel.
AGLA est utilisé contre les sorts et les démons ; on lit dans un long charme : agla † ende tetragrammaton †, heijlich woort (les mots sacrés).
Illustration
Pour communiquer avec un esprit, on le conjure et on « prononce les mots sacrés : ala drabra ladra dabra rabra afra brara agla et alpha et omega. »
On guérit le mal de dents en portant au cou un billet avec † Agla † Tetragaramaton † Emanuel † suivis de « le Christ vainc », etc.
Au XVIe siècle, un charme utilise le mot magique pour découvrir un voleur à l’aide d’un crible ou d’une passoire et de ciseaux. L’opérateur adresse à l’ustensile une triple conjuration, aux trois personnes de la Trinité puis à la Vierge Marie, aux patriarches, aux prophètes, apôtres, évangélistes, martyrs, confesseurs, vierges et veuves, enfin aux quatre éléments et aux quatre points cardinaux ; vient alors la formule coercitive : « Je te l’ordonne par le puissant nom Agla... »
L’Agrippa, opuscule de magie très répandu autrefois dans les campagnes françaises et objet de légendes, nous a transmis un « Exorcisme des esprits aériens » qui nous livre deux informations intéressantes : Loth aurait entendu AGLA, ce qui l’aurait sauvé ainsi que sa famille (per nomen Dei Agla quod Loth audivit, et factus salvus cum sua familia) ; AGLA ferait partie des trois noms secrets (per haec tria nomina secreta Agla, On, Tetragrammaton). Ces deux précisions se trouvent aussi dans le Gremoire du pape Honorius, imprimé à Rome en 1670. AGLA intervient aussi, dans l’Agrippa, pour invoquer les anges des quatre parties du monde ; il faut inscrire leurs noms dans le cercle magique et dire :
O vos omnes, adjuro atque contestor per sedem Adonay, per Agios, Otheos, Ischyros, Athanatos, Paracletus, Alpha et Omega, et per haec tria nomina secreta, Agla, On, Tetragrammaton, quod hodie teneatis adimplere quod cupio.
(« Je vous adjure, ô vous tous, et vous appelle par le trône d’Adonay, par Agios, Otheos, Ischiros, Athanatos, Paracletus, Alpha et Oméga, et par ces trois noms secrets Agla, On, Tetragrammaton, que vous ayez à paraître aujourd’hui pour accomplir ma volonté. »)
L’Agrippa utilise enfin notre vocable magique, déformé en Agia, dans un charme destiné à protéger le troupeau : il faut faire un pentacle sur du parchemin vierge, y écrire Autheos, Anastros, Noxio, Bay, Gloy, Aper, Agia, Agios, Hischiros, et une oraison, puis dire une messe dessus, « en froisser les moutons, puis le mettre entre deux planches au sortir de la bergerie, afin que le troupeau passe dessus, puis retirer ledit parchemin et le conserver proprement ».
L’Enchiridion du pape Léon, généralement attribué à Léon III, élu au Saint-Siège en 795, utilise AGLA dans un charme destiné à procurer un bon voyage, qui s’ouvre ainsi : Agla, Tetragrammaton, on athanatos, Anasarcon, on, Pantateon, Janua... Une oraison du même recueil est précédée de la précision suivante : « [...] et il faut remarquer qu’en ceci est contenu le nom de Christ, qui est Agla, qui sert pour être ferré à glace contre toutes les adversités, lequel étant vu, dit-on, porté chaque jour, il ne pourra mourir de male mort ni subitement. » Avec d’autres noms sacrés, AGLA sert aussi, selon le Gremoire du pape Honorius, à expulser les démons en enfer, à convoquer Béchet, le démon du vendredi, à faire apparaître Lucifer ou l’un de ses acolytes « en belle forme humaine, sans aucun accident ni laideur, pour répondre à la réelle volonté de tout ce que je lui demanderai sans avoir pouvoir de me nuire tant au corps qu’à l’âme ». Le Libro de segretto e di magia (p. 9), qui dit se référer à la Grande Clavicule de Salomon, fait intervenir AGLA dans la conjuration d’un esprit :
agla tagla Mathon oarios almonsin arios menbrot varios pithonco magots salphe gabats salamandre tabots [ou jabots] quomas lerve celis godens aqua quinqua sama eritscamus zariat nat mik E per.
Suivie de characteres :
Illustration
L’utilisation fréquente du mot a entraîné des déformations comme : Aiglo, Aglodt, Aglati / Aglata, Abgla. Pour les musulmans, AGLA permet de connaître l’avenir et de retrouver des objets perdus si on le prononce, la figure tournée vers l’Orient.
AGLA intervient aussi dans une procédure pour éborgner un voleur ; l’opérateur utilise le matériel et les characteres suivants :
Illustration
Ce simple relevé d’AGLA dans les grimoires et les grandes collections de charmes recueillis en Europe occidentale nous apprend que ce nom de Dieu issu d’une phrase peut être utilisé dans de nombreuses situations. Il entre dans des énumérations et sert de renfort à l’invocation car c’est un nom sacré. On notera qu’AGLA est absent des charmes en vieil anglais et en vieil allemand et qu’il a dû être introduit dans la culture magique après l’an mille. Nous en avons une preuve dans un charme du XIe siècle qui est parallèle à celui que nous avons cité plus haut et qui doit être écrit sur quatre hosties :
Scribe in. IIII. oblatis contra febres
† Hely. †† Heloy. †
† Heloe. †† Heloen. †
† ye ; †† ya. †
† Sabaoth. †† adonai. †
Illustration Franz I, 294 ; 2, 397 ; 369 ; 2, 65 ; 569 note 3 ; Hunt, p. 98 ; 360 ; 284 ; Braekman n° 5 ; Londres, British Library, ms. Royal 12 G IV, fol. 175 v° ; Karlsruhe, Badische Landesbibliothek, Donaueschingen 792, fol. 138 v° ; Heidelberg, Cpg 369, folio 168 v° ; Braekman n° 49 ; n° 145 ; Ohrt n° 315 ; Thiers I, 142 ; Sébillot III, 133 [Abgla] ; JVH n° 679 ; 483 ; 1016 ; Braekman n° 388 ; Dresde, Sâchsische Landesbibliothek, manuscrit M. 206, fol. 66 r° ; Paris, Bibliothèque nationale, Nouvelle acquisition latine 7743, fol. 251 ; Grimoires n° 22 ; 33 ; 77 ; 108 ; 148 ; 191 ; 198 ; 302. Clavicula, p. 32 ; 55 (répété quatre fois).
† AGLA † AGLALA : Pour arrêter une hémorragie, il faut écrire ceci sur le front du patient avec son propre sang :
Illustration
Illustration G. Amati, Ubbie, ciancioni e ciarpe del sec. XIV, Bologne 1866, p. 31.
AGLA, GARNAZE, EGLATUS, EGLA : Pour se protéger de toutes les fièvres, il faut écrire ces mots sur un billet que l’on avale trois jours de suite.
Illustration Honorius, p. 65.
AGLAS, AGLANOS, ALGADENAS : Début d’une formule faisant intervenir Jésus et les deux larrons en croix, qu’il faut écrire avec son propre sang et avaler pour éviter de souffrir sous la question, c’est-à-dire sous la torture.
Illustration Honorius, p. 72 ; Enchiridion 1633, p. 166.
AGLATHEOS : Une amulette zodiacale, celle des Poissons, décrite par Arnaud de Villeneuve (1235-1311), médecin et astrologue, porte ce mot (Agla † Theos [Dieu]) en son centre et elle est entourée par « Celui qui croit en moi, même s’il était mort, il vivrait. Tout est consommé », en latin. Ce phylactère est utile contre toutes les maladies de peau (chancres, fistules, etc.).
Illustration Arnaldus de Villanova, Opera, Lyon, 1509, folio 302 r°.
AGLATI : Dans un rituel destiné à appeler et à fixer Uriel, le premier Séraphin, ainsi que d’autres génies, on lit : Aglati Aglata Calin Cala. Pour que ces êtres vous disent la vérité, il faut que la lune soit en conjonction avec Saturne.
Illustration Thiers I, 189 et 191.
AGLOROS + THEOMYTHOS + THEMYROS : Ouverture de la vingt-troisième oraison du Livre des consécrations (Liber iuratus) :
Agloros † theomythos † themyros † sehocodothos † zehocodos † hattihamel † sozena † haptamygel † sozihenzia † hemya † gettahol † helyna † sothoneya † geherahel † halimyz † zezoray † gezetiz † gerehona † hazihal † hazai † megnos † megalos. usyon † saduht. Amen.
On reconnaît deux mots grecs : megalos (grand) et theomythos (mythe, discours divin).
Illustration Liber iuratus chap. 34.
AGLOTAS : C’est l’un des soixante-douze noms de Dieu. Il entre dans l’exorcisme d’Uriel : « Je t’exorcise, Uriel, par les soixante-douze noms de Dieu, par Agios, Adonaï, Celin, Celes, Potas, Aglotas... »
Illustration Thiers I, 190.
AGNA AGILLA AGILLA : Pour se faire aimer d’une femme, on écrit ces mots sur un morceau de parchemin que l’on pique dans sa joue droite, et elle fera votre volonté.
Illustration Bang n° 116.
A
A A A B E D E Y E O H R A T T : Pour qu’une femme vous coure après, il faut écrire ces lettres sur ses vêtements.
Illustration Ohrt II, 79.
A A G G : Inscrites en croix sur de la cire, ces lettres permettent à un prisonnier de se libérer de ses liens ; on porte aussi ce sceau lorsque l’on veut être invincible.
Illustration Heidelberg, Cpg 369, folio 168 r°.
Illustration
A : 2 X3 : H : X : I : R : 2 : m : Pour découvrir qui vous a dérobé un bien, il faut écrire ces mots et les déposer sous sa tête toute la nuit ; le visage du larron apparaîtra.
Illustration Ohrt n° 438.
ABA : Le terme entre dans la formule + Aba + Aluy + Abafroy + Agera + Procha, etc., que l’on doit prononcer lorsqu’on veut gagner au jeu, ou qu’il faut porter sur soi, écrites sur un parchemin vierge.
Illustration Thiers I, 356 ; 410.
A B A D E P G P Ψ † † 2 A † P † ß X : Pour trouver l’amour, il faut écrire ces lettres sur sa main.
Illustration Ohrt II, 79.
A. B. A. G. A. P. : Afin d’être aimé d’une femme, écrire ces lettres sur sa main droite un jeudi soir, puis prendre la main de la demoiselle et la plaquer sur sa poitrine.
Illustration Bang n° 1123.
ABARA BARBARICA BORDON CABRADU BRABARASABA : On utilise cette formule pour soigner les douleurs de la vessie. On l’écrit sur une vessie de porc mâle pour un homme, d’une truie pour une femme, puis on l’attache sur le ventre. C’est une variante d’Abracadabra.
Illustration Önnerfors 27.
ABAS † ELIM † ABRATO † AGEBAT PROCHA : Il faut écrire ceci sur une pièce d’étain et la poser sous le chevet de la personne dont on veut se faire aimer.
Illustration Secrets magiques pour l’amour n° XVII.
ABBAC, ABDAC, ISTAC : Début d’une longue formule de convocation des esprits lorsqu’on ne veut plus être raillé ou dédaigné : Abbac, Abdac, Istac, Audac, Castrac, Cuac, Cusor, Tristator, Derisor, Detestator, Incantator. On peut sans doute prendre les noms en -or pour ceux de démons et comprendre « Afflicteur, Railleur, Imprécateur, Enchanteur ».
Illustration Clavicules chap. 16.
ABBA † THEOS † BEHETIMYHAT : Incipit de la vingt-deuxième oraison du Livre des consécrations, par laquelle on demande à Dieu d’être raffermi dans son discernement et dans son âme : abba † theos † behetimyhat † hehem † ruhos † bethar † husurnhunt † hetarius † theos †
On reconnaît quelques mots grecs (abba, « père », theos, « dieu ») ; ruhos devrait être l’hébreu ruach (Illustration), « esprit », grécisé.
Illustration Liber iuratus chap. 33.
ABEK / HABEK : Mot magique qui apparaît au XIe siècle dans une conjuration de l’épilepsie (morbus comitialis) : Horner Larci Habek Cisius elaoro hodier laciaon Virtus coeli libera pellet. On le retrouve plus tard dans des formules destinées à arrêter une hémorragie.
Illustration ABEK WABEK.
Illustration Heim 226.
A B G D K E : Ces characteres forment le début d’une longue suite qui se trouve dans le Billet ou le Bref de Charlemagne, un texte qui aurait été composé par le pape Léon III ( ?) et donné à Charlemagne afin de se protéger « des ennemis, des épées, des philtres, des serpents et des poisons », cette formule revenant dans plusieurs charmes latins, notamment dans le Billet de saint Colomban. Dieu l’aurait remis à l’abbé Colomban, dit-on, dont le père réclamait la bénédiction avant de partir à la guerre ; sceptique, le père expérimenta la vertu du billet sur un malfaiteur qui sortit indemne des épreuves imposées. Par l’intermédiaire du pape Léon, une copie en parvint à Charlemagne. Le billet de saint Colomban protège des voleurs, des maléfices, des intempéries, de l’épilepsie et du feu. Au Tyrol, celui qui portait sur lui le livret intitulé Colomani Segen (Bénédiction de saint Colomban) était protégé des esprits, des fantômes et des sorcières.
Ces characteres sont absents des rédactions italiennes du Bref.
Illustration
Illustration ARE.
Illustration Galdrakver fol. 9r°-10 v° ; Aymar, p. 331 sq. ; 335 ; 339 ; Franca Romano, « Guaritrici tradizionali nel Bresciano », Lares 48/4 (1982), pp. 521-543 ; I. V. Zingerle, Sitten, Bräuche und Meinungen des Tiroler Volkes, Innsbruck 18712, p. 67, n° 573.
ABEK, WABEK, FABEK : Formule d’ouverture du Charme des trois roses aux Pays-Bas et en Allemagne ; on doit la répéter trois fois pour arrêter un saignement.
Illustration JvH n° 40.
A B H Z P O B L 9 H B M G N : Première partie d’une prescription pour apaiser les douleurs de l’enfantement, il faut écrire ceci sur un papier avec le nom de la parturiente au centre :
A b h z P O b L 9 h b m g n
Subratum nome nex gr.
puis ces autres mots : † Ecgitar † circabato † Bessiabato † Argon † vigora † tänet. On place le papier dans un sachet de cuir dont la couture doit se trouver sur le côté droit et ne doit comporter ni nœud ni ruban, puis on le lui attache pendant une heure impaire.
Illustration Secrets égyptiens 2, 138.
ABIA : Vocable utilisé dans des formules allitérées telles que Abia Obia Sabia, ou bien Abia Dabia Fabia, qui doivent être inscrites sur un bâton lorsqu’on veut frapper quelqu’un à distance, notamment une sorcière qui s’attaque au bétail (Secrets : Abiam, Dabiam, Fabiam) ou lorsqu’on ferre un cheval sauvage. Abia est sans doute l’abréviation d’une sentence biblique ou de noms de Dieu. Au début du XVIIIe siècle, on trouve, dans une conjuration de la grêle : † AB †† IA † joint à SAB † Z, NDSMB et Agla. On croit que Z renvoie à Zacharie et B à Benoît. J.-B. Thiers, qui vivait au XVIIe siècle, est d’avis que ce mot vient d’Abraxas, mais d’autres savants pensent qu’il vient de l’hébreu et proposent de lire : A(b), « père », B(en), « fils », et Rua(ch) (Illustration), « esprit ».
En Suisse et en Allemagne, au début du XIXe siècle, Abia, Dabia, Fabia s’inscrit sur le canon du fusil lorsqu’on veut être sûr de toucher ce qu’on a visé.
Illustration HOLA NOA.
Illustration Secrets égyptiens 1, 221 ; 1, 149 ; Thiers I, 364 ; Spamer, p. 369.
ABLA, GOT, BATA, BLEU : Pour qu’une arme fasse long feu, il faut prononcer ces mots. Abla peut représenter les quatre lettres du début de la prière juive du matin : aleph, beth, lamed et aleph.
Illustration Honorius, p. 65.
ABLANATHANALBA : Mot signifiant « Tu es notre père », revêtu d’un caractère magique et couramment utilisé dans les papyrus et les amulettes grecques. L’une de la Bibliothèque nationale (n° 177) montre, d’un côté, un génie anguipède cuirassé avec une tête de coq et le palindrome Ablanathanalba, et de l’autre, un dieu ailé debout sur le dos d’un lion couché et des lettres magiques, l’ensemble étant destiné à se protéger des peurs. Un papyrus grec de défixion, datant du IIe-IVe siècle, le place en tête d’une série de mots magiques disposés en triangle par réduction d’une lettre par ligne : ablanathanalba ; aeêiouô ; iaeôbaphrenemoun ; ôuoiêea ; akrammachamarei.
Le terme s’utilise aussi en formule réductrice contre la fièvre :
Illustration
Il se retrouve dans un charme grec pour obtenir la victoire, dans la formule : ABLANATHANALBA AKRAMMACHAMARI PEPHNA PHO’ZA PHNEBENNOUNI NAACHTHIP... OUNORBA.
Illustration
Une amulette copte sur papyrus datant peut-être du IVe siècle, trouvée en Égypte, porte : AKRAMMAJAMARI AABLANAPHANALBAA. Sur une gemme devant susciter l’amour, Ablanathanalba est écrit en cercle autour du prénom Faustina. Une tablette d’exécration trouvée à Chypre présente le composé ABLANATHANALBASISOPETRON. Sur un phylactère en or retrouvé en Allemagne et destiné à protéger plusieurs personnes, se lit : OYDAEAGANFOZL... UNI Ia Ia Iai Sabaôth Adônai Ablanathanalba Akramachari Semeseilam Sêsêngembarpharangês, io io io.
Variante : Ablanaianabla.
Illustration PGM III, 633 sq. ; IV, 307 sqq. ; XIc, 107-121 ; XII, 107-121 ; XXXIII, 1-25 ; XXXVI, 187 sq. & 211-30 ; XCI, 1-14 ; D. G. Martinez, A Greek Love Charm from Egypt, Ann Harbor, 1991, PMich 757 ; A. Mastrocinque, « Metamorfosi di Kronos su una gemma di Bologna », in : A. Mastrocinque (éd.), Gemme gnostiche e cultura ellenistica, Bologne, 2002, p. 118.
ABRA : Terme d’une formule destinée à se préserver d’un nain qui, croyait-on, envoyait des maladies. † Abra Iesus † Alabra Iesus † Galabra Iesus. Cette formule est précédée d’une autre très répandue : thebal guttatim.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 155 ; Deonna, W., « Abra, Abraca. La croix talisman de Lausanne », Geneva 22 (1944), pp. 115-137.
AB : RA : CA ≡ D. A : — B. R : A. : Pour chasser la fièvre froide, on écrit ces mots sur du pain et on le donne à manger au malade. Les lettres forment le mot Abracadabra !
Illustration Bang n° 1150.
ABRAC : Pour réconcilier ceux qui se haïssent, il faut écrire sur du pain : Abrac, amon, filon, et le leur donner à manger.
Illustration
Illustration ARAC.
Illustration Jean Wier IV, 7.
ABRACADABRA : Ce terme cabalistique est déjà connu au IIe siècle avant notre ère comme mot magique : il apparaît sur une amulette sous la forme a ba ga da, en caractères grecs. Selon les uns, il pourrait être l’acrostiche de l’hébreu Ha brakha dabra, « la bénédiction a parlé » (Illustration) ; selon d’autres, il proviendrait d’Illustration ABRAXAS. Il s’utilise selon un schéma réducteur contre fièvres et douleurs. De même que le mot est de plus en plus court, de même les maux disparaissent peu à peu :
Illustration
Les papyrus magiques grecs en proposent des variantes intéressantes, dont les séries sur AKRAKANARBAIllustration Illustration Illustration
Abracadabra a été transmis essentiellement par le médecin de Sulpice Sévère (IIIe siècle), Quintus Serenus Sammonicus, dans son Liber medicinalis (v. 935-939), qui prescrit de le porter quand on est atteint de fièvre demi-tierce. Notons que la formule fut très largement utilisée durant la grande peste de Londres (1665-1666).
En Italie médiévale, en Vénétie, se relève la formule : † Arabra † Arabrum † Brototin † Soromi † Bretotiamin †. Et en Colombie, nous rencontrons Brac Cabrac Cabra Cadabrac Cabracam.
Les Clavicules de Salomon (II, 8) offrent la variante suivante : Abrahach, Abrach, Abracadabra, utilisée dans la conjuration de l’épée qui sert aux opérations magiques. On la retrouve dans la « Consécration de l’athamé » du Livre des Ombres (Book of Shadows), appartenant au mouvement néopaïen Wicca, créé par Gerald Brousseau Gardner, vers 1940-1950 :
« Je te conjure,
ô athamé,
par les noms d’Abrahach, Abrach et Abracadabra,
afin que tu serves de force dans tous mes travaux magiques
et de défense contre mes ennemis visibles et invisibles... »
Pour le romancier Dan Brown, le terme « provient d’une ancienne formule magique araméenne — Avrah Ka Dabra —, qui signifie “je crée en parlant” » (The Lost Symbol, chap. 111. 3.) Chacun voit midi à sa porte...
Illustration TRIANGLE.
Illustration Dornseiff 64 ; Heim 491 ; PGM II, 1 sqq. ; 64 sqq. ; Werner n° 8, p. 197.
ABRACH : Sur une amulette à porter au cou contre la fièvre, se lit la variante suivante de la formule Abracadabra : † Abrach † lam † Abrahc † la † Abrach † l † Abrach † Abrach † Abrac † Abr † † ab † A † B †
Illustration
Illustration Heidelberg, Cpg 267, folio 11 r°.
ABRACHA † ABRAC LAUS : Invocation adressée à Dieu pour guérir les fièvres. On prononce la formule sur le malade et on ajoute un Notre-Père : Abracha † Abrac Laus † Agyos † Sanctus † Sanctus † Sanctus Fortis Et Immortalis
On la retrouve dans le Sachet accoucheur sous la forme :
plenesmo. AbrocalaIllustration AbraIllustration AbracaIllustration AbracalapsIllustration AbralapsIllustration AbracalasIllustration IllustrationIllustration AbracalapsIllustration Abrocalaps. AbracaIllustration AbracalaIllustration Abra. F. G.Illustration IllustrationIllustration Naqui nostros castatunta mihi Jhesus Christus bris quod dedit bris quod tulitz bris quod deditIllustration Christus ursim in nomine Domini. Que le Seigneur soit avec toi, le Père, le Fils et l’Esprit saint. Celui qui portera ce bref sur lui, les fièvres le fuiront, et s’il est atteint, la fièvre diminuera aussitôt.
Illustration Braekman 66 ; Aymar, p. 334.
ABRACULA/ABRACULUS : Mot entrant dans une formule réductrice destinée à guérir de la fièvre ; il faut l’écrire sur un billet et la suspendre au cou. On la rencontre de diverses façons dans les manuscrits. Une conjuration du Livre des incantations offre un terme apparenté — Abracalos — dans la formule : abini abyndo abyncola abracalos pyel thyel i (folio 49 v°).
Illustration Heidelberg, Cpg 267, folio 12 r° ; 16 v°.
Illustration
ABRAHAM JULITA : Mots magiques à utiliser contre les fièvres selon le même schéma réducteur qu’Abracadabra.
ABRAHAM TE ALLIGAT : « Qu’Abraham te lie, i te tienne, Jacob te montre. » Pour qu’un voleur ne puisse pas s’éloigner, il faut tracer quatre croix aux quatre coins des portes, sur le côté extérieur, et la formule ci-dessous à l’intérieur : Abraham Te Alligat † Ysaac Te Teneat † Iacob Te Ostendat †
Elle date de 1500 environ. Variantes :
1. † Abraham † liga † Isacc † Retinet † Jacob † Retuzet
2. Enovia Abraham ligarit Jsacia Jacobs et ußit Redutaat. Illustration Ohrt n° 1246 ; Spamer, p. 248.
ABRAXAS, ABRASAX : Nom divin et cosmique apparaissant dans les papyrus magiques de la Grèce antique et sur de très nombreuses amulettes, au point qu’il est synonyme de ce terme. Sous la forme Abrasax, qui désigne le dieu de l’année, il comporte sept lettres, c’est-à-dire les sept jours de la semaine, dont le pséphos, à savoir la somme des chiffres représentés par les lettres qui le composent, est 365, soit le nombre des jours de l’année. Son utilisation remonte à la secte des Basilidiens (IIe siècle).
Illustration
Une tablette de plomb conservée au musée du Louvre comporte une adjuration de l’esprit d’un mort « par Barbaratham Cheloumbra Barouch Adonaï et par Abraxas... » ; on reconnaît un fragment de la prière juive barouch aththa Adonai (« Sois béni Seigneur »). Une autre, conservée au musée du Caire, contient un charme et l’adjuration « par Abrathabrasax ». Une dernière, datée du Ve siècle, comporte la formule : « Seigneur Sisirô Sisiphermou Cnouôr Abrasax... »
On retrouve le nom sur un phylactère destiné à protéger des fièvres et des démons : ABRASAX ABRASICHO’OU.
Voici ce que nous apprend François-André-Adrien Pluquet (1716-1790), archevêque d’Albi puis de Cambrai, dans son Dictionnaire des hérésies :
« Basilide, qui avoit adopté la philosophie Pythagoricienne, conclud que rien n’étoit plus propre à attirer les influences bienfaisantes de cette Intelligence, que l’expression du nombre trois cens soixante-cinq ; & comme on exprimoit les nombres par les lettres de l’alphabet, il choisit dans l’alphabet les lettres dont la suite pourroit exprimer trois cens soixante-cinq, & cette suite de lettres forma le mot Abraxas. Le mot Abraxas ayant la vertu d’attirer puissamment les influences de l’intelligence productrice du monde, on fit graver ce nom sur des pierres qu’on nomma des Abraxas, dont les différents cabinets de l’Europe contiennent un nombre prodigieux. Comme Pythagore avoit supposé que l’intelligence productrice du monde résidoit dans le soleil, on joignit au mot Abraxas l’image du soleil, pour expliquer la vertu qu’on lui attribuoit. On était alors fort entêté de la vertu des Talismans, ainsi les Abraxas se répandirent presque par tout, & au lieu du soleil, on grava sur les Abraxas les différens symboles propres à la caractériser, & enfin les différentes faveurs qu’on en attendoit, & qu’on vouloit obtenir : comme on le voit par un Abraxas qui présente un homme monté sur un taureau avec cette inscription : remettez la matrice de cette femme en son lieu vous qui reglez le cours du soleil. »
Illustration PGM LXXXIX. 1-27 ; Heim 481 ; 537 ; 542 sq. ; Sorciers grecs, p. 289 ; p. 291 ; p. 341 sq. ; Dieterich, Abraxas, Studien zur Religionsgeschichte des späteren Altertums, Leipzig, 1891 ; Pluquet, Mémoires pour servir à l’histoire des égarements de l’esprit humain par rapport à la religion chrétienne 1764, t. 1, p. 471 ; A. Barb, « Abraxas-Studien », in : Hommages à W. Deonna, Latomus 28 (1957), pp. 67-86 ; Ch. Harrauer, Meliouchios. Studien zur Entwicklung religiöser Vorstellungen in griechischen synkretistschen Zaubertexten, Vienne, 1987 (Wiener Studien, Beiheft 1, Arbeiten zur antiken Religionsgeschichte, 1) ; Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, éd. J.-M. Sallmann, Paris, le Livre de Poche, 2006 (La Pochothèque), p. 17 sq.
ABRE ET ABREMON : On suspendait cette formule au cou des femmes et des hommes craintifs : Abre et Abremon et Abrende et Consecramina. Abrende est la déformation d’Illustration ABREMONTE.
Illustration Aymar, p. 346.
ABREMONTE : Début d’un exorcisme destiné à libérer un possédé. L’exorciste pose la main gauche sur la tête de l’homme, et la main droite sur sa bouche, puis dit ceci à ses deux oreilles (ambas aures) :
Abremonte Abrya, Abremonte consacramentaria, Ypar Ypar Ytumba opote celacent alaphie.
Alors, tenant le possédé fermement, il déclame l’incantation qui commence ainsi : « Je vous conjure, esprit malin, par le terrible nom de Dieu Agla et par Agla Helene, tout-puissant nom de Dieu... »
Illustration ABRE.
Illustration Franz 2, 569.
ABRIA SOLLITIE OAT : Pour faire revenir un bien volé, on écrit les mots suivants sur un morceau de plomb, on le rompt en deux et l’on en place un bout au-dessus de la porte et l’autre au-dessous : Abria Sollitie Oat I Sachi Redempt, Jacob Vomum, Redugbit.
La première partie de la « phrase » peut se comprendre ainsi : « Tu dois rapporter le bien / la chose. »
Illustration Bang n° 1118.
ABRIDO ÆRIGETU SAEP : Afin d’arrêter les saignements, un charme en vieil anglais propose la formule suivante : Abrido Ærigetu Saep Rete Obrigat.
Au Xe siècle, elle se rencontre aussi dans un charme d’outre-Manche en latin sous la forme : abrido ærigetu saep rete obrigate.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 155 sq.
ABRUTIM ABRUTIM GEBRUTIM GEBRUTIM : Cette formule fait partie d’un rituel complexe qui se déroule quand la lune est en Gémeaux et elle doit être répétée vingt fois ; elle s’accompagne du sacrifice d’un coq et de fumigations. Elle a pour but de faire apparaître une « figure » à laquelle on adresse sa demande, et elle se réalisera.
Dans la source arabe, la Ġāyat al-Hakîm (But du sage [dans la magie]), le but est d’attirer la force de la lune et la formule se lit ainsi : Hirût hirût ğarût ğarût.
Illustration Picatrix IV, 4 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 311.
ABTAN, ABYNISTAN, ZORATAN : Dieu aurait dit les paroles suivantes à Moïse quand celui-ci gagnait la montagne : Abtan, Abynistan, Zoratan Juran Nondieras, Potarte Faijs Alapeina Pohnij Sacrofcium.
Par ces mots, le prophète s’adresse aux anges qui scellent les quatre parties du monde. Si l’on veut accomplir des miracles, il faut jeûner trois jours, être chaste et pur avant de les prononcer.
Illustration Semiphoras 2, 2.
ABUENOP : Lorsqu’on réduit en poudre l’hippomane du poulain pour obtenir l’amour de quelqu’un, on remplit une pomme de cette poudre, lève tout autour une pelure sur laquelle on écrit le nom de la personne avec ce mot et un character.
Illustration Les Véritables Clavicules de Salomon, p. 66.
AB UMASIS : Pour faire une jarretière permettant de parcourir sept lieues en une heure, il fallait prendre un jeune loup que l’on égorgeait avec un couteau neuf à l’heure de Mars ; on coupait sa peau en jarretières larges d’un pouce et on y écrivait sur l’une avec le sang de la bête, et sur l’autre avec son propre sang : ab umasis cadis anba cavit in fortitudine cibi illius. Ce qui est la déformation d’une phrase de la Bible (1 Rois 19, 1 : qui cum surrexisset comedit et bibit et ambulavit in fortitudine cibi illius). Variante du Dragon rouge : Adhumatis cados ambulavit in fortitudine cibi ilius.
Illustration Libro de segretto e di magia, p. 5.
AC : P : X :Illustration : Quand on veut découvrir les trésors cachés, il faut avoir une baguette de noisetier coupée deux jours avant la nouvelle lune, avec laquelle on trace un cercle avec des croix sur le pourtour (cf. illustration).
Illustration
Pour se protéger du diable ou de l’esprit qui viendra à votre requête, il faut porter sur soi une longue suite de characteres :
Ac : P : X :Illustration : y3 : V : N : y : Ac : y : Z : X : M : A : 4 : K : y : 72 K 36 X Ø : X. .B.
Illustration
Illustration Grimoire de Jeløen ; Bang n° 1443.
ACCOUCHEMENT : Pour le faciliter, on a, dès l’Antiquité, utilisé maints charmes. Depuis le XIIIe siècle, le plus répandu est :
De viro vir virgo de virgine. Vicit leo de tribu Juda, radix David. Maria peperit Christum, Elisabet sterilis Johannem Baptistam. Adiurate, infans, per patrem, etc., sive sis masculus an femina, ut exeas de uulua ista. Exinanite. Exinanite (cf. Psaume 136, 7).
On rencontre d’autres formes de ce charme, outre-Manche, depuis le XIe siècle. On utilise aussi les mots du Psaume I, 3-4 et de Jean II, 43 (veni foras), dès le Xe siècle. Notons que, cent ans auparavant, on se réfère à I Deutéronome II, 21 sq., et même à des vers de l’Énéide virgilienne (X, 1 et XI, 1). On croit que la Vierge, Dieu et sainte Marguerite président aux accouchements. Au XIIe siècle, les chrétiens utilisent aussi le charme suivant, écrit sur du pain :
† Adam † Adam † Adam † viens dehors † Dieu t’appelle † sainte Marie, libère ta servante N. Par la bouche des enfants et des nourrissons, tu as achevé la gloire sur ton nom afin de détruire l’ennemi et que survive l’enfant.
On donne alors le pain à manger à la parturiente qui est vite délivrée.
Illustration BORO BERTO ; A B H Z P O B L 9 H B M G N ; EXI FORAS ; MARIA PEPERIT.
Illustration Thiers I, 472 (Anna peperit...) ; Mircea Eliade, « Adam, le Christ et la mandragore », in : Mélanges d’histoire des religions offerts à Henri-Charles Puech, Paris, 1974, pp. 611-615.
†. A. C. D. A. S. †. : Selon une légende très répandue dans les grimoires, le pape Léon aurait composé un bref comportant des characteres protégeant de la peste, des démons, des poisons, des serpents et des maléfices, et il l’aurait envoyé à Charlemagne. Voici la version du sachet accoucheur :
†. a. c. d. a. s. † p. c. e. aa. N. S. e. b. a. n. m. a. e. n. p. ofc. n. n. p. ofc. n ; p. el. x. p. h. Celui qui portera sur lui ces characteres ne mourra pas par les armes † Jotha † Adonai † Christus † Job † Ethaphon. t. x. o. a. n. e. p. p. t. m. a. ee. x. Christ vainc † Christ règne † Christ ordonne † le seigneur Dieu est mon aide, [mon] fondement †. R. † R. X.
Un manuscrit de la British Library de Londres donne une rédaction totalement différente et ne comportant pas ces lettres mais uniquement des noms et épithètes divins.
Illustration Aymar, p. 331 ; p. 339 ; British Library, Sloane 2584, folio 45 v°.
ACE ROMEIE ECLENN NECEROM : Contre le mal de dents, on écrit ces mots puis on les jette à un chien.
Illustration Bang n° 1108.
ACHIT, PACKEIT, ALMACIT : Ces trois mots font partie d’un rituel daté des environs de 1752 et destiné à recouvrer un bien volé. On les écrit sur un billet, on prend un peu de lard fumé qu’on transperce d’un couteau et on place le billet dans l’incision, puis on brûle le tout avec une bougie en prononçant cinq fois la conjuration. On répète l’opération cinq jours durant, chaque matin cinq fois, et on écrit au-dessus de la porte de sa maison : Peda peet moum Segem Calia, et sous la porte : omnes morche.
Illustration Spamer, p. 236.
ACHIZECH : Pour empêcher que les oiseaux ne mangent les grains semés, on enferme un crapaud et une chauve-souris dans un pot de terre neuf et, avec du sang de corbeau, on écrit ce mot à l’intérieur du couvercle, puis on enterre le tout dans le champ ensemencé.
Illustration Petit Albert, p. 335.
ACOTOS EXFETEN CANABO : Formule d’un rituel destiné à faire venir la personne dont on souhaite la présence.
Variantes : Actor ; Actus ; Exfeton ; Canaba.
Illustration Werner n° 1, p. 195.
ACRÆ. ÆRCRE. ÆRNEM. : Incipit d’une longue formule devant protéger d’un souffle empoisonné et de toute boursouflure due au poison. Il faut, un vendredi, baratter du beurre non mêlé d’eau, venant d’une vache ou d’une biche unicolore, chanter dessus la litanie, neuf fois le Notre-Père et neuf fois ce qui suit :
Acræ. ærcre ærnem. nadre. ærcuna hel. ærnem. niþærn. ær ; asan ; buiþine. adcrice. ærnem. meodre. ærnem. æþern. em. allum. honor. ucus. idar adceri. cunolari. raticamo. helæ. icas cpita. hæle. tobær ; tera. fueli. cui ; robater plana. uili.
Les trois premiers termes pourraient signifier « protestation contre le sang, contre le poison », et nadre ærcuna hel, « tuer la vipère avec une formule magique ». Les érudits ont proposé la traduction suivante : « Puisse ma formule magique guérir, laquelle guérit, le Christ en qui est la formule, lui qui a eu toutes les douleurs » pour raticamo... tera fueli.
Sous une forme abrégée et offrant des variantes, on retrouve cette incantation dans la fabrication d’un « saint onguent » : Acre arcre arnem nona ærnem beoðor arnem nidren arcun cunað ele harassan fidine.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 56 ; p. 106.
ACRIUZ, FENDEYUZ : Pour obtenir l’amour d’un souverain, on confectionne un voult de cire à son nom et on y plante une aiguille d’argent neuve en disant : Acriuz, Fendeuyz, Nephalez, Feyeduz.
On l’enterre et on procède à une fumigation sur place ; quand s’élève la fumée, on prononce ces mots : Acderuz, Madurez, Feyleuz, Hueryreliz. Puis on demande l’aide d’esprits afin de susciter amour et amitié du roi.
Dans la source arabe du Picatrix, la Ġāyat al-Hakîm, les paroles magiques possèdent la forme suivante :
1. Aqarjûs, Ġîdâjûs, Jâlihâs, Jahîdûs
2. Akrârûs, Mandûrâs, Fîlâhûs, Warmâlîs
Illustration Picatrix III, 10, 14 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 266.
ACTATOS : Premier mot de la formule Actatos Catipla Bejouran Itapah Marnutus, à prononcer pour connaître les projets des puissances infernales et obtenir les moyens de les combattre et de les vaincre. Il faut être en possession d’un talisman où est gravé Actatos Bejouran Marnutus.
Illustration Trésor, pp. 184b-185 b.
† ADA † † ABA EBE † : En écrivant ces mots sur un parchemin avec du sang de loup, en l’enveloppant dans un chiffon avec du mercure argental et en le portant sur soi, on sera honoré et toutes ses demandes seront exaucées : † Ada †† Aba ebe †† thanat do † Zoncha Agola † Zaboha †.
Si on présente le tout devant une serrure, elle s’ouvrira. Cette recette se retrouve dans le Cyprianus danois, un grimoire très répandu, mais les mots ne sont pas découpés de la même façon : † Ada † A Ba † ebe †† Tanat do † Zoncha Agola † Za Boha †.
Illustration Secrets égyptiens 2, 123.
ADABRA † DRABRA † RABRA † ABRA † BRA † RA † A : Formule valable pour toutes sortes d’affections ; on doit la porter au cou pendant cinq, six ou neuf jours, et dire sept patenôtres chaque jour. C’est une des nombreuses variantes d’Abracadabra.
Voir aussi Aladabra qui relève de la même veine.
Illustration Braekman n° 76.
ADAM : Le nom du premier homme, selon la tradition biblique, entre dans de nombreuses conjurations et il a servi autrefois d’amulette. On le trouve aussi dans une bénédiction destinée à procurer une bonne naissance :
Adam Bedam Alam Betur Alam Botum, ou encore : † Adam † Adam † Adam † veni foras † Christi te vocat † sancta Maria, libera ancillam tuam N.
Chez Marcellus de Bordeaux, le terme sert à protéger les pigeonniers, et les Geoponika de l’empereur Porphyrogénète précisent qu’Adam doit, dans ce cas, être écrit aux quatre coins de l’édifice. Selon Thiers, il était encore utilisé au XVIIe siècle. D’après Maiolus (1520-1599), quand une femme est en couches, les Juifs écrivent Adam havah Chutz Lilith sur tous les murs de sa chambre, et Senoi, Sansenoi, Samangeloph, noms de trois anges, sur le dedans de la porte. Ce nom se rencontre associé à celui d’Élie dans une prescription pour se protéger de toute inimitié, alliant signes cabalistiques, les trois Rois mages et l’incipit de Luc 4, 30 : Jesus autem transiens per medium horum ibat.
Illustration ACCOUCHEMENT.
Illustration Franz II, 201 ; Heim 353 ; Thiers I, 361 ; 413 ; Bang n° 1089.
† A DANDA † † LIBERANDA † PRO VERMIS † ESTOMACA † : Formule d’une prescription médicale occitane datant du XIVe siècle, destinée à guérir le mal de dents. On l’écrit sur du papier, puis on la dissout dans de l’eau, et la douleur disparaît à mesure que s’effacent les lettres. Notons qu’il n’y a aucun rapport entre la formule et le but visé. En effet, on peut la traduire ainsi : « À donner pour délivrer du ver de l’estomac. »
Illustration Manuscrit de Princeton, Garret 80, fol. 5 v°-6r°.
AD : CER : RUB : Pour voir en songe la personne qui vous a volé, il faut écrire cela sur un papier que l’on place sous son oreille droite.
Illustration Bang n° 1091.
ADHUMALIS CADOS : Début d’une formule à prononcer lorsqu’on fabrique un ruban qui permet de parcourir sept milles en une heure : Adhuma lis cados ambulavit in fortitudine cibiulius
On reconnaît un passage du Livre des Rois III, 19 : Et ambulavit in fortitudine cibi illius usque ad montem Dei (« Et s’étant levé, il mangea et but, et étant fortifié par cette nourriture, il marcha ») où a été introduit cados, hébreu kadosh, « saint », et où a été retranché quadraginta diebus et quadraginta noctibus usque ad montem Dei Horeb (« quarante jours et quarante nuits, jusqu’à Horeb, la montagne de Dieu »).
Illustration Werner n° 2, p. 195 sq.
ADIBAGA SABAOTH ADONAY : Début d’une formule destinée à détruire tous les sorts et à faire venir la personne qui a causé le mal. On prend le cœur d’une des bêtes mortes, on le place sur une assiette propre et on plante dedans neuf piquants d’aubépine en disant : Adibaga Sabaoth Adonay contrà ratout prisons prerunt fini unixio paracle gossum.
Puis on plante deux autres piquants en disant : Qui fussum mediator agros gaviol valax, deux autres en déclamant : Landa zazar valoi sator saluxio paracle gossum, les deux suivants avec les paroles : Mortus cum fine sunt et pert flagellationem Domini noseri Jesu Christi, et les deux derniers en prononçant : Avir sunt devnat vous paracletur strator verbonum offisum fidando. On formule alors sa demande et on perce le cœur d’un clou.
Illustration Honorius, p. 80.
ADNÂLÎS : Pour séparer un homme d’une femme et susciter de l’inimitié entre eux, on confectionne deux voults creux portant leur nom et on prépare une mixture pour chacun à base de bile de chat noir et de porc, etc., que l’on y verse. Pour celle de la femme, on mélange divers ingrédients que l’on fait fondre, puis on transperce la poitrine du voult avec une aiguille en disant : ‘Adnâlîs, Baljûrâs, Mandûris, Ba ‘jûlis.
On prépare alors du bdellium, de l’opoponax (des résines) et de la graisse d’un chat noir et d’un chien noir, et on fumige le voult en prononçant une conjuration qui s’ouvre par Mimûrâs, Handânûs, Bahwâlûs.
Illustration O HÛDÎS.
Illustration Ġāyat al-Hakîm, pp. 269-271.
ADONAI, ADONAY (Illustration) : « Maître suprême », en hébreu. C’est l’un des noms de Dieu dans l’Ancien Testament, et les juifs prononçaient Adonaï le tétragramme ineffable : YHWH. Il est très utilisé en magie à l’époque hellénique et encore de nos jours. Il apparaît fréquemment dans les listes de noms divins des invocations. On l’emploie par exemple dans une formule guérissant les maux d’yeux : « [...] souffle alors sur ses yeux et dis : Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat. Ayos Ayos Ayos, Adonay Sabaoth, Adonay Emmanuel. Benedictio partis, etc., descendat, et introeat spiritus tecum et liberet te ab omni malo. Amen. Sana, domine, oculos famuli tui N sicut sanasti oculos Tobye » (XVe siècle).
Illustration Heim n° 523 ; 532 ; Franz I, 409 ; 430 ; II, 169 ; 497. G. Dalman, Der Gottesname Adonaj eine seine Geschichte, Berlin, 1889.
ADONAY SABAOTH, CADAS ADONAY AMARA : C’est la troisième Semiphoras de Salomon. Adam l’utilisait quand il parlait avec les esprits et les morts ; quand il les interrogeait, contraints par ces mots, ils lui donnaient une réponse satisfaisante.
On retrouve la formule bien plus complète et comportant deux séquences dans la « Conjuration du lundi » du Livre des incantations :
Illustration
1. Adonay. Adonay. Adonay. Eye. Eye. Eye. Cados. Cados. Cados. Hatyn. Hatyn. Hatyn. va. va.
2. ya. Adonay. Saday. Sabaoth. Hanath. hu. Haxi. ya. ya. ya. Marmalita. Abym. yea.
Illustration Liber incantationum, Bibliothèque nationale bavaroise, manuscrit Clm 809, fol. 88 v°.
ADRA ADRATA ADRATTA : Au XVe siècle, pour qu’un prisonnier se débarrasse de ses chaînes, il doit écrire avec sa salive cette formule sur un maillon et la faire suivre des characteres : . f. A. K. O. q. t.
Illustration
Illustration Heidelberg, Bibl. universitaire, Cpg 369, fol. 168 r°.
ADRA ADRATA, ASDRA, BILLAL BELIAL, ALIAL : Cette formule est incluse dans une prière dont le but est d’éloigner de la maison tous les esprits malins, « les maudits enchanteurs et ensorceleuses ». La conjuration qui suit se fait avec des noms divins.
Illustration JvH n° 1031.
ÆAS AIAET AIAS IN AOM INI IL BULI : Formule à écrire sur un papier que l’on place sous son oreiller pour découvrir qui est le voleur ; il apparaîtra en songe.
Illustration AD.
Illustration Espeland § 7.
AEEIOUO : Mot magique gravé sur de nombreuses amulettes grecques découvertes en Égypte.
Illustration C. Bonner, Studies in Magical Amulets chiefly Graeco-Egyptian, Ann Arbor, Chicago, 1950, n° 2.
† ÆGRIN THON STRUHT : Dans un charme en vieil anglais, ces mots introduisent une longue formule destinée à arrêter un saignement de nez :
† Ægrin thonn struht fola ærgren. tart strut onntria enn piathu morfona onnhel. ara ca leo þ gruth veron. + + +. fil cron /> </ inro cron aer crio ærmio aær leno.
Quelques termes ont pu être identifiés comme étant du vieil irlandais très déformé : sruth fola, « saignements » ; gruth, « lait caillé » ; le vieil anglais onhæl, « malade ». Quant à +++, c’est une graphie irlandaise pour ni ou in.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 154 ; Storms n° 77.
AETE BANDTE, ZU BRANTE BEDE. † † † : Quand un cheval a buté, il faut dire doucement trois fois ces mots en passant le pied gauche sur la douleur.
Illustration Secrets égyptiens 2, 163.
AFA AFCA NOSTRA : Pour que les fusils et mousquets fassent long feu, il faut dire ces mots lorsqu’on est en mesure de regarder dans leur canon ; en disant ces mots à l’envers, on annule ce que l’on a fait.
Illustration Secrets égyptiens 2, 32.
AFRIASS, AESTEIAS : Début d’une formule visant à tuer le « ver » qui ronge le doigt de l’homme ou du cheval, on écrit la formule suivante sur un papier que l’on enroule autour du membre malade :
Afriass, aesteias, Srus, Srus, Sras,
Atestoos, Xaaja † se do † da da †
Abia Am bles † Greem Er A. ran † C y y † Um † † †
Le ver est l’interprétation donnée de l’origine de la maladie et représente toujours une entité maléfique.
Illustration Secrets égyptiens 2, 108.
A. F. S. : Pour faire disparaître la fièvre froide, on écrit les lettres ci-dessous sur trois amandes ; le malade doit les manger une par une dès que débute la maladie :
Illustration
Ces lettres devraient être, avec une faute, l’abréviation de Artus, Pratus, Sartus, formule que l’on rencontre en 1790 dans une prescription contre l’apoplexie.
Illustration ARTUS.
Illustration Bang n° 1157.
AGALRIA PIDHOL GARIA ANANUS QEPTA : Afin d’empêcher un ennemi de répliquer, lui dire ces mots. Le premier terme est la déformation d’AGLA, abréviation de quatre mots hébreux — aieth, gadol, leolam, Adonaï — formant la phrase : « Tu règnes pour l’éternité, Seigneur », qui provient de la prière juive Shemoneh esreh (les dix-huit bénédictions), les deux derniers sans doute celle de ANANIZEPTA, acrostiche de la formule : Antidotum Nazareni auferat necem intoxicationis santificet alimenta poculaque trinitas Amen, qui est notamment une formule de protection contre la peste. Sur un pendentif du XVe siècle en forme de losange, trouvée en 1985 près du château de Middleham, on lit : Ecce agnus dei qui tollit peccata mundi-Tetragrammaton-Ananizapta.
Illustration ANANIZEPTA ; AGLA.
Illustration BaK n° 75 ; J. Cherry, The Middleham Jewel and Ring, York, The Yorkshire Museum, 1994.
AGATA + SAGATA + AMEN : Contre le mal de dents, il faut écrire « ces lettres ou ces characteres » sur un morceau de pain beurré et le donner à manger au patient le soir.
Illustration Bang n° 1148.
1 AGERAM 2 SARAGOEN 3 ALAGON 4 SALAGON : Contre les douleurs dentaires, on écrivait ces mots sur du pain que l’on faisait manger au patient quatre matins de suite, c’est pourquoi le Grimoire de Fron (Norvège) les numérote.
Illustration
ADRA ADRATA ADRATTA : Au XVe siècle, pour qu’un prisonnier se débarrasse de ses chaînes, il doit écrire avec sa salive cette formule sur un maillon et la faire suivre des characteres : . f. A. K. O. q. t.
AGERIN NAGERIN VAGERIN JAGERIN IPAGRIN SIPIA : Contre le mal de dents, on doit écrire ces mots sur du papier, couper celui-ci en trois morceaux, placer le premier sur la dent du malade le soir, cracher le papier le matin dans le feu, répéter l’opération avec les deux autres morceaux, et la dent sera guérie. Cette prescription se retrouve dans différents grimoires scandinaves depuis 1780, avec Spagerin-Sepia comme derniers mots. Une autre ordonne d’écrire sur du pain Jageron le premier jour, Ageron, le deuxième, Nageron le troisième, Vageron le quatrième et Sepio le cinquième jour, et de jeter le dernier dans la forêt ou de le donner à un chien.
Illustration AGERON.
Illustration BBE, p. 85 ; Bang n° 998 ; 1016 ; n° 1022 ; Espeland n° 31.
Illustration
AGERON JEGEROM NEGEROM SIPIA : Ces mots sont à écrire sur un billet de banque, à placer sur la dent malade afin de la guérir, puis on jette le mot Sipia à un chien. On utilise aussi la formule sous la forme Ageront Nageront Sebeont contre l’apoplexie.
Illustration AGERIN ; ARTUS.
Illustration BBE, p. 87 ; Bang n° 1127.
AGIA : ADULLA AULLA : Formule destinée à se faire aimer d’une femme ; on l’écrit sur un ruban que l’on tend à la personne avec sa main droite.
Illustration Bang n° 1129.
A. G. J. A. B. J. C. A. E. S. Q. S. L’: Pour guérir un épileptique, il faut tracer ces characteres sur un anneau d’argent et le porter à l’index de la main droite. Les quatre premières lettres sont la déformation d’AGLA, l’un des noms secrets de Dieu.
Illustration Braekman n° 35.
AGLA : On sait que ces quatre lettres sont sans doute les initiales de quatre mots hébreux — aieth, gadol, leolam, Adonaï, ou Atlah Gabor Leolam Adonay — qui forment une phrase signifiant : « Tu règnes pour l’éternité, Seigneur » et qui est tirée d’une prière juive, le Shemoneh esreh (les dix-huit bénédictions). On prétend que Loth aurait entendu le terme, ce qui le sauva avec sa famille. Comme de nombreux mots magiques, AGLA se rencontre dans de nombreuses formules — au Xe siècle, on la trouve sous la forme OGLA dans une formule d’ordalie — dans l’exorcisme des possédés et il entre dans la confection de phylactères divers. Sur une bague d’argent du XVe siècle, on lit :
Illustration
Sur une autre bague, d’origine anglaise, est inscrit : AGLA. THALCVT. CALCVT. CATTAMA. Sur un anneau d’or italien du XIVe siècle, est gravé : + AGLA + AD///OS + VDROS + IDROS + THEBAL + GVT + G////////
Le mot sert dans les charmes contre les sorts, contre les fièvres, — auquel cas on l’écrit sur une hostie — et contre les esprits immondes (ibid.). Contre l’épistaxis, on inscrit AGLA sur le front du patient et on récite une prière à la Vierge.
— Pour arrêter une hémorragie, il faut écrire, par exemple : Consummatum est † agla, avec son propre sang, ce que l’on retrouve dans le Charme de Longin où il faut l’écrire sur la main et accompagné de deux croix : † agla †.
— AGLA sert contre les fièvres de la façon suivante. Il faut prendre trois hosties et écrire au dos de la première et sur le pourtour : † on † Jhesus † on † leo † on † filius † ; puis † A † g † l † a au centre ; sur la deuxième, † on † omg † on † arie † on † agnus †, et au milieu : † te † tra † gra † ma † ton † ; sur la troisième : † on † pater † on † gloria † on † mundus, avec au dos : Jhesus nazarenus † crucifixus † Rex † judeorum † sit medicina mea ; « tu réciteras chaque jour cinq Notre-Père et cinq Ave Maria. »
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Un manuscrit allemand du XVe siècle comporte la prescription magique suivante contre l’empoisonnement :
« Pour qui est empoisonné. Écris les mots suivants sur trois feuillets de parchemin vierge et avales-en un le matin, un le midi et un le soir. Et si on a voulu l’empoisonner, le poison le quittera aussitôt, il guérira. Voici les mots : † Agla ††† effrecga ††† agla † refoa ††† »
Dans Les Clavicules de Salomon, AGLA apparaît aussi sur le quatrième pentacle de Mars. Pour un accouchement difficile, AGLA se rencontre dans le Charme de sainte Suzanne, lié à une formule très courante : Christus vincit † Christus regnat † Christus imperat † a † g † l † a † Amen. Un sachet accoucheur de Haute-Auvergne, dont le contenu date en partie du bas Moyen Âge, fut ouvert en 1925 et on y trouve notre formule sous la forme suivante : † a † G † l a agyos † o theos † yskyros † emanuel † omnipotens virtus in terra celum omnipotens olimphi [...].
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Dans le Charme de saint Job destiné à tuer les vers, c’est-à-dire certaines formes de l’entité maladie, AGLA entre dans la formule conclusive : in nomine Patris alaia agla † et filij messyas†et Spiritus sancti†sorchistin†Amen.
Contre le feu sacré, il faut dire : Jot † het † agla † hayman † hewaw†, mots qui délivrèrent les enfants dans la fournaise (Daniel 3, 51-90).
Au XVIIe siècle, dans un rituel de divination cité par J.-B. Thiers, il faut prononcer Aglati, Aglata, Calin, Cala, lorsqu’on convoque le séraphin Uriel. Thiers donne aussi d’autres formules où entre AGLA. Ainsi pour être préservé de toutes sortes de dangers :
† Agla Pentagrammaton † On † Athanatos † Anafarcon †, des armes Barnasa † Leutias † Bucella † Agla † Agla † Tetragrammaton † etc. Conjuro vos omnia arma, etc. Obsecro te Domine Fili Dei, etc. Abba Pater miserere mei, etc.
On utilise AGLA pour émousser le tranchant d’une épée ; après avoir prononcé la conjuration au nom du sang du Seigneur, il faut dire quatre fois : † panthon † genton † Aglay † pater noster.
Depuis le Moyen Âge, on inscrit AGLA sur des amulettes pour se protéger du feu. Dans une formule néerlandaise contre l’incendie, AGLA entre dans l’invocation et il est l’un des noms de Dieu : Heli, Heloim, Sothar, Emanuël, Saboath, Agla, Tetragrammaton, Hagios, Othuos, Ischyros, Athanatos, Jehova, Adonai, Sasay, Messias, invocation qui doit être écrite sur la maison et aspergée d’eau bénite. Mais la même formule, un peu plus riche, se trouve dans le Thesaurus exorcismorum et sert à déterminer si une personne est torturée par des esprits impurs (vexatur a spiritibus immundis). Au XIVe-XVe siècle, se lit la conjuration suivante dans un manuscrit allemand rédigé en latin :
« Prends la tête du possédé dans la main gauche et pose le pouce de la main droite dans sa bouche en disant les mots suivants dans ses deux oreilles : Abremonte abrya, abremonte consacramentaria ypar ypar ytumba opote alacent alaphie.
Puis tiens-le fermement et récite ces conjurations : “Je vous conjure, esprits maudits, par le terrible nom de Dieu Agla et par le très puissant nom de Dieu Agla Helene...” »
Dans un autre rituel d’exorcisme du XVe siècle, il faut placer le possédé sur une croix tracée à la craie devant l’autel et entourée des noms magiques : Agla, Gaba, Emanuel.
AGLA est utilisé contre les sorts et les démons ; on lit dans un long charme : agla † ende tetragrammaton †, heijlich woort (les mots sacrés).
Illustration
Pour communiquer avec un esprit, on le conjure et on « prononce les mots sacrés : ala drabra ladra dabra rabra afra brara agla et alpha et omega. »
On guérit le mal de dents en portant au cou un billet avec † Agla † Tetragaramaton † Emanuel † suivis de « le Christ vainc », etc.
Au XVIe siècle, un charme utilise le mot magique pour découvrir un voleur à l’aide d’un crible ou d’une passoire et de ciseaux. L’opérateur adresse à l’ustensile une triple conjuration, aux trois personnes de la Trinité puis à la Vierge Marie, aux patriarches, aux prophètes, apôtres, évangélistes, martyrs, confesseurs, vierges et veuves, enfin aux quatre éléments et aux quatre points cardinaux ; vient alors la formule coercitive : « Je te l’ordonne par le puissant nom Agla... »
L’Agrippa, opuscule de magie très répandu autrefois dans les campagnes françaises et objet de légendes, nous a transmis un « Exorcisme des esprits aériens » qui nous livre deux informations intéressantes : Loth aurait entendu AGLA, ce qui l’aurait sauvé ainsi que sa famille (per nomen Dei Agla quod Loth audivit, et factus salvus cum sua familia) ; AGLA ferait partie des trois noms secrets (per haec tria nomina secreta Agla, On, Tetragrammaton). Ces deux précisions se trouvent aussi dans le Gremoire du pape Honorius, imprimé à Rome en 1670. AGLA intervient aussi, dans l’Agrippa, pour invoquer les anges des quatre parties du monde ; il faut inscrire leurs noms dans le cercle magique et dire :
O vos omnes, adjuro atque contestor per sedem Adonay, per Agios, Otheos, Ischyros, Athanatos, Paracletus, Alpha et Omega, et per haec tria nomina secreta, Agla, On, Tetragrammaton, quod hodie teneatis adimplere quod cupio.
(« Je vous adjure, ô vous tous, et vous appelle par le trône d’Adonay, par Agios, Otheos, Ischiros, Athanatos, Paracletus, Alpha et Oméga, et par ces trois noms secrets Agla, On, Tetragrammaton, que vous ayez à paraître aujourd’hui pour accomplir ma volonté. »)
L’Agrippa utilise enfin notre vocable magique, déformé en Agia, dans un charme destiné à protéger le troupeau : il faut faire un pentacle sur du parchemin vierge, y écrire Autheos, Anastros, Noxio, Bay, Gloy, Aper, Agia, Agios, Hischiros, et une oraison, puis dire une messe dessus, « en froisser les moutons, puis le mettre entre deux planches au sortir de la bergerie, afin que le troupeau passe dessus, puis retirer ledit parchemin et le conserver proprement ».
L’Enchiridion du pape Léon, généralement attribué à Léon III, élu au Saint-Siège en 795, utilise AGLA dans un charme destiné à procurer un bon voyage, qui s’ouvre ainsi : Agla, Tetragrammaton, on athanatos, Anasarcon, on, Pantateon, Janua... Une oraison du même recueil est précédée de la précision suivante : « [...] et il faut remarquer qu’en ceci est contenu le nom de Christ, qui est Agla, qui sert pour être ferré à glace contre toutes les adversités, lequel étant vu, dit-on, porté chaque jour, il ne pourra mourir de male mort ni subitement. » Avec d’autres noms sacrés, AGLA sert aussi, selon le Gremoire du pape Honorius, à expulser les démons en enfer, à convoquer Béchet, le démon du vendredi, à faire apparaître Lucifer ou l’un de ses acolytes « en belle forme humaine, sans aucun accident ni laideur, pour répondre à la réelle volonté de tout ce que je lui demanderai sans avoir pouvoir de me nuire tant au corps qu’à l’âme ». Le Libro de segretto e di magia (p. 9), qui dit se référer à la Grande Clavicule de Salomon, fait intervenir AGLA dans la conjuration d’un esprit :
agla tagla Mathon oarios almonsin arios menbrot varios pithonco magots salphe gabats salamandre tabots [ou jabots] quomas lerve celis godens aqua quinqua sama eritscamus zariat nat mik E per.
Suivie de characteres :
Illustration
L’utilisation fréquente du mot a entraîné des déformations comme : Aiglo, Aglodt, Aglati / Aglata, Abgla. Pour les musulmans, AGLA permet de connaître l’avenir et de retrouver des objets perdus si on le prononce, la figure tournée vers l’Orient.
AGLA intervient aussi dans une procédure pour éborgner un voleur ; l’opérateur utilise le matériel et les characteres suivants :
Illustration
Ce simple relevé d’AGLA dans les grimoires et les grandes collections de charmes recueillis en Europe occidentale nous apprend que ce nom de Dieu issu d’une phrase peut être utilisé dans de nombreuses situations. Il entre dans des énumérations et sert de renfort à l’invocation car c’est un nom sacré. On notera qu’AGLA est absent des charmes en vieil anglais et en vieil allemand et qu’il a dû être introduit dans la culture magique après l’an mille. Nous en avons une preuve dans un charme du XIe siècle qui est parallèle à celui que nous avons cité plus haut et qui doit être écrit sur quatre hosties :
Scribe in. IIII. oblatis contra febres
† Hely. †† Heloy. †
† Heloe. †† Heloen. †
† ye ; †† ya. †
† Sabaoth. †† adonai. †
Illustration Franz I, 294 ; 2, 397 ; 369 ; 2, 65 ; 569 note 3 ; Hunt, p. 98 ; 360 ; 284 ; Braekman n° 5 ; Londres, British Library, ms. Royal 12 G IV, fol. 175 v° ; Karlsruhe, Badische Landesbibliothek, Donaueschingen 792, fol. 138 v° ; Heidelberg, Cpg 369, folio 168 v° ; Braekman n° 49 ; n° 145 ; Ohrt n° 315 ; Thiers I, 142 ; Sébillot III, 133 [Abgla] ; JVH n° 679 ; 483 ; 1016 ; Braekman n° 388 ; Dresde, Sâchsische Landesbibliothek, manuscrit M. 206, fol. 66 r° ; Paris, Bibliothèque nationale, Nouvelle acquisition latine 7743, fol. 251 ; Grimoires n° 22 ; 33 ; 77 ; 108 ; 148 ; 191 ; 198 ; 302. Clavicula, p. 32 ; 55 (répété quatre fois).
† AGLA † AGLALA : Pour arrêter une hémorragie, il faut écrire ceci sur le front du patient avec son propre sang :
Illustration
Illustration G. Amati, Ubbie, ciancioni e ciarpe del sec. XIV, Bologne 1866, p. 31.
AGLA, GARNAZE, EGLATUS, EGLA : Pour se protéger de toutes les fièvres, il faut écrire ces mots sur un billet que l’on avale trois jours de suite.
Illustration Honorius, p. 65.
AGLAS, AGLANOS, ALGADENAS : Début d’une formule faisant intervenir Jésus et les deux larrons en croix, qu’il faut écrire avec son propre sang et avaler pour éviter de souffrir sous la question, c’est-à-dire sous la torture.
Illustration Honorius, p. 72 ; Enchiridion 1633, p. 166.
AGLATHEOS : Une amulette zodiacale, celle des Poissons, décrite par Arnaud de Villeneuve (1235-1311), médecin et astrologue, porte ce mot (Agla † Theos [Dieu]) en son centre et elle est entourée par « Celui qui croit en moi, même s’il était mort, il vivrait. Tout est consommé », en latin. Ce phylactère est utile contre toutes les maladies de peau (chancres, fistules, etc.).
Illustration Arnaldus de Villanova, Opera, Lyon, 1509, folio 302 r°.
AGLATI : Dans un rituel destiné à appeler et à fixer Uriel, le premier Séraphin, ainsi que d’autres génies, on lit : Aglati Aglata Calin Cala. Pour que ces êtres vous disent la vérité, il faut que la lune soit en conjonction avec Saturne.
Illustration Thiers I, 189 et 191.
AGLOROS + THEOMYTHOS + THEMYROS : Ouverture de la vingt-troisième oraison du Livre des consécrations (Liber iuratus) :
Agloros † theomythos † themyros † sehocodothos † zehocodos † hattihamel † sozena † haptamygel † sozihenzia † hemya † gettahol † helyna † sothoneya † geherahel † halimyz † zezoray † gezetiz † gerehona † hazihal † hazai † megnos † megalos. usyon † saduht. Amen.
On reconnaît deux mots grecs : megalos (grand) et theomythos (mythe, discours divin).
Illustration Liber iuratus chap. 34.
AGLOTAS : C’est l’un des soixante-douze noms de Dieu. Il entre dans l’exorcisme d’Uriel : « Je t’exorcise, Uriel, par les soixante-douze noms de Dieu, par Agios, Adonaï, Celin, Celes, Potas, Aglotas... »
Illustration Thiers I, 190.
AGNA AGILLA AGILLA : Pour se faire aimer d’une femme, on écrit ces mots sur un morceau de parchemin que l’on pique dans sa joue droite, et elle fera votre volonté.
Illustration Bang n° 116.
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AGO, MAGO, MAGOLA : Contre le feu de saint Antoine du bétail, c’est-à-dire l’érésipèle, il faut écrire ces mots sur un morceau de papier et le donner à manger à l’animal.
Illustration Secrets égyptiens 2, 245.
AGULA IGULA AGULET : Il faut écrire ces mots sur du fromage et le donner à manger à celui qu’on soupçonne de vol ; il ne pourra l’avaler s’il est coupable.
Illustration Ohrt n° 952.
AGUSTI, DECH, REGRITIOR : Pour gagner un procès devant un tribunal, il faut sortir de chez soi avant le lever du soleil et se rendre devant la porte de son adversaire, prendre un petit chiffon, cracher dessus trois fois et dire : Non me Astarot. Quand on comparaît devant le tribunal, on doit tenir le chiffon dans la main droite, mettre le pouce dans la main et regarder directement son ennemi puis dire :
« Moi, NN, te regarde avec 6 yeux
Deux sont les miens,
Deux sont les tiens,
Deux sont ceux du diable,
Tu te tairas.
Moi, je veux parler,
Avec les chaînes de Lucifer,
Je lie ta bouche et langue
Afin que tu ne sois pas libre
Avant que je ne le veuille ;
Dommage pour toi,
Avantage pour moi
Au nom de
Agusti, Dech, Regritor et marti Pication Hadoch Sagene. »
Si on suit les conseils de la prescription, on gagne le procès et on est acquitté du crime ou du forfait dont on est coupable.
Illustration Bang n° 1409.
† AHA † MAHY † FROHA : Inscrits sur un œuf dur dont on a retiré la coquille et que l’on doit manger en trois bouchées, ces mots guérissent de la fièvre.
Illustration Secrets égyptiens 2, 154.
AILIF, CASYL ZAZEHIT MEL MELAS : Pour frapper qui l’on veut par le biais d’un voult, on fait une effigie humaine en cire où l’on inscrit cette formule, puis on l’enterre. Reginald Scot indique qu’il faut aussi y ajouter des characteres particuliers qu’il ne reproduit pas.
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 16.
A. K. K. L. R. R. U. C. G. D. A. B. I. : Pour voir un voleur en songe, c’est-à-dire pour découvrir son identité, on écrit ces lettres un mercredi matin et on les dépose sous son oreille droite pendant la nuit.Illustration DABI intervient dans d’autres charmes pour guérir le mal caduc.
Illustration Bang n° 1109.
AKRAMMACHAMARI : Dérivant sans doute d’une expression araméenne, ce mot signifie « arrache le charme magique » et se rencontre associé àIllustration ABLANATHANALBA et àIllustration SESENGENBARPHARANGES. Sur une tablette découverte en Afrique du Nord, il est écrit Achramachamarei, « le dieu du firmament ».
Illustration John G. Gager, Curse tablets..., p. 55, p. 63, p. 104, p. 226.
ALADABRA † LADABRA † : Contre la fièvre quarte, on utilisait la formule régressive suivante : aladabra † ladabra † adabra † dabra † abra † ra † a † abraca †. Elle doit être écrite sur un bref que l’on suspend au cou du malade en y ajoutant son nom ; elle guérit aussi la fièvre tierce.
C’est une des très nombreuses variantes d’Abracadabra. Dans une instruction magique donnant la façon de parler avec les esprits, la formule est : ala drabra ladr(a) dabra rabra afra brara agla et alpha omega, merveilleuse variation sur quelques phonèmes, qui demande à être déclamée !
Illustration Braekman n° 82 ; 388 ; Grimoires n° 50 ; JvH n° 270.
ALAN : Ce mot entre dans une formule de protection des porcs : Alan Tabalim Fugan ab omni malo. Exaudita est oracio tua, ou encore : Alan Fugan Saladdiel. On pense qu’Alan est la déformation d’Alam, acrostiche cabaliste, mais ce peut être aussi l’araméen alan, « arbre » ; correctement écrit, Tabalim (Tob El) signifie « Dieu est bon ». Quant à fugan, on le rapproche du grec pyknos, « sage, habile ».
Illustration Franz II, 139.
ALAY † CALAN † FARAN † ETAN † : Ces noms portés sur soi protègent de la tempête, du poison et guérissent de la maladie, nous dit un manuscrit du XIIIe siècle. Notons que le /n/ des trois derniers termes pourrait être un /u/.
Illustration Berlin, ms. lat. quart. 2, fol. 25 r°.
ALBELLA : Pour guérir un cheval, il faut lui murmurer à l’oreille † albella † abella † alpha † eloij, réciter trois patenôtres et trois Ave Maria en l’honneur de la sainte Trinité.
Illustration Braekman 213.
† ALBO † ALBOUT : Dans la Bénédiction ou le Charme de Job, on relève plusieurs formules de conjuration des vers, dont celle-ci :
† albo † albout † albubue † Zabulantes † ypedie † Transonie † abantroste.
ALEDAR, LIIAZISLEA : Formule de clôture d’un charme roumain contre la fièvre, écrit en 1882 : Aledar, liiazislea, nomuserli, apcea, ebalt, şegoraba bojii NN. Elle relève des voces magicae incompréhensibles et suit immédiatement le fragment d’une prière grecque : « Tenons-nous bien, tenons-nous avec crainte, amen. »
Illustration STOMEN CALCOS.
Illustration Bucarest, Bibliothèque de l’Académie roumaine, manuscrit 4458, fol. 97 r°.
ALES-DALES-TOLAS : Selon les uns, il fallait graver ces mots sur son bras droit pour se protéger dans les rixes ; selon d’autres, on les prononçait lors d’une séance de divination.
Variante : † Ales † Dales † Tales.
Illustration Enchiridion 1663, p. 158 ; Werner n° 2, p. 196.
ALGA ACEKITA AULA : Vers 1735, pour obtenir l’amour d’une personne, on écrit cette formule sur sa main droite avec son propre sang.
Illustration Bang n° 1039.
ALGA † ALGAT : Premier terme d’une formule pour se protéger de tous projectiles et sorts ; il faut écrire les mots suivants sur un morceau de parchemin et le porter sous son aisselle droite :
† Alga † Algas † Algat † Ana
† Sekretum † Essolatum † Dragor
† Mecsit † Arnols † Artesie
† Arthimei
Illustration Bang n° 1041.
ALGA ALGATEM : En Norvège, de 1750 à 1850 environ, pour préserver ses moutons de la mort, on écrit la formule suivante sur autant de papiers qu’on a de bêtes, et on les leur attache : Alaga algatem algus alge gogye algeti algoe algitind algtin alpha.
Un autre grimoire offre la variante : Alga Algatem Algus Alge, Gagye, Agetie, Algna, Algitin, Dalgatie, Alpha, et un troisième : Alga Algatum alge Sago algaa algatim dalgetur siphe.
Illustration Bang n° 1040.
ALGALAT. ESTNU : Pour séparer une femme que l’on aime de quelqu’un d’autre, on écrit ces mots avec son propre sang sur sa main et on la lui tend.
Illustration Bang n° 1130.
4. ALGAR. 4 ALTUM H. EBREH. H. GRAMMAH AH : Si on écrit cette formule et qu’on la porte sur soi, on se rend invisible, croit-on au XVIIe siècle. On identifie un fragment de Tetragrammaton.
Illustration Ohrt II, p. 131.
† ALIA † NEC GLIA † NEC ALMA † : Formule d’ouverture d’un charme de guérison des maux d’yeux et plus précisément de la taie.
Illustration Ohrt n° 1158.
ALIF LAFEIL ZAZAHIT MEL MELTAT LEUATAM LEUTACE : Cette formule maléfique doit être écrite sur un voult (dagyde) — c’est-à-dire une poupée d’envoûtement —, sur la tête et sur les côtés, qui est enterré dans une tombe.
Illustration Wier III, 9.
ALLAS, GALLI YNOMINAM : On écrit ces mots dans sa main droite pour parler à quelqu’un en songe. On distingue les vestiges d’un « Au nom de (saint) Gall ».
Illustration Bang n° 1097.
ALOURI : Pour guérir un enfant qui est en chartre (maladie de langueur), faire un signe de croix sur la pâte à pain, en prendre une poignée au milieu, en faire un petit pain, le faire cuire au four, puis le donner au premier pauvre que l’on rencontre, en disant : « Au nom de Dieu et de M. S. Alouri. » L’enfant sera guéri.
Illustration Thiers I, 381 sq.
ALPHA ET OMEGA : Selon la Bible (Jean. I, 8, 11 ; 21, 6 ; 22, 13), c’est le nom de Dieu. Il désigne la divinité comme embrassant le tout (Aion) de même qu’alpha et omega embrassent tout l’alphabet grec. La magie utilise très souvent les deux lettres grecques dans les charmes, sur les amulettes et sur les pentacles.
Illustration Franz I, 351 ; 430 ; II, 95 ; 482 sq. ; 587 ; Heim 543 ; 551.
ALRAX, ALGASMA, IURCHA, SYORCHA : Pour faire apparaître le démon qui répond à ces noms, on le conjure au nom de Dieu de se montrer sous une bonne apparence. Une nuit de Noël, on gagne un carrefour et, au nom de la Trinité, on trace deux cercles concentriques, avec deux diamètres formant une croix ; dans le cercle intérieur, on inscrit chaque lettre de I. N. R. I. dans un quart délimité par la croix, et sur le pourtour de l’autre cercle, les quatre noms ci-dessus ; on se tient au milieu du cercle et, tandis qu’on a sous son pied droit, dans sa chaussure, le sang et le corps du Christ, on prononce la conjuration : « Je te conjure Alrax, Algasma, Iurcha, Syorcha, au nom de Dieu ††† de te montrer ici dans une bonne figure et sans fracas ni horreur, hors de ce cercle. »
Illustration Ohrt n° 988.
ALU : Mot magique runique dont on possède vingt témoins s’étageant du IIIe au VIIIe siècle.
Il est seul ou associé à d’autres vocables magiques comme lauþu, laukaR (« poireau »). Les philologues l’apparentent au hittite alwanzahh, « enchanter ». Alu est peut-être à rapprocher des « runes de la bière » (ölrúnar), cette boisson provoquant une exstase tenue pour magique.
Illustration J. McKinnell, R. Simek, Runes, Magic and Religion : a Sourcebook, Vienne, 2004 ; L. Sulveit, « Litt mer om laukaR og alu », Maal og Minne, 1992, pp. 150-156.
AMACHA BORUM : Formule régressive utilisée contre les maux de dents et les fièvres. Ces deux mots sont la déformation de deux termes hébreux signifiant « maladie, blessure », Illustration, Illustration, et « santé ». Thiers cite la formule Boris Borus pour arrêter l’épistaxis. Voici comment il faut écrire la formule :
Illustration
Illustration Thiers I, 365.
AMADAM, TAUSTOS, TAUSTAZO, BARACHETA, MEMOR, GEDITA : Mots magiques apparaissant dans l’oraison Misericordissime Domine, par le pape Léon. Barach est glosé en latin par fulgurans.
Illustration Enchiridion p. 61.
AMALOR / AMELOR : Terme d’une formule destinée à guérir le farcin des chevaux. Thiers nous l’a transmise de façon incomplète. Il faut prendre trois petits morceaux de cire vierge, les placer dans un morceau de... — certainement un linge propre —, les lier par trois nœuds à une corde de chanvre et dire cinq fois à chaque nœud : Pater et Ave Maria, Christus † Christus vincit † Christus † Christus abicit † Amelor † Alcinor † descendat † in nomine, etc.
Illustration Thiers I, 217.
AMAPOYLFAE / AMAPOLYLL AE : Pour obtenir l’amour d’une personne, il faut faire une médaille de cuivre sur laquelle on grave sur l’avers des characteres et, sur le revers, Ieova. Ae Nonna ; puis on la pend à son cou et on dira ce mot douze fois chaque jour d’octobre devant la porte de l’objet de son amour.
Illustration Les Véritables Clavicules de Salomon, p. 67 sq.
AMARA : On utilise régulièrement ce mot dans les charmes, depuis l’Antiquité classique, et il entre dans des compositions inintelligibles telles que :
Amara † Tanta † Cyri ; Amara † Thanta † Thirin
Amara Tinta post hos...
Au Moyen Âge, la formule est déformée, comme dans cette prescription allemande de délivrance d’un possédé du diable :
Illustration
En 1237, un exorcisme italien de Filippo di Greve se conclut par AMARA TANTA TYRI SYCALOS SYCALIRI.
Amara se rencontre aussi parmi les noms de Dieu, dans le début de cette énumération, par exemple : Tetragrammaton, Adonai, Agla, Sabaoth, Lali, Amara, Eli...
Illustration Heim 558. Heidelberg, Cpg 268, folio 26 v° ; Roberta Astori, Formule magiche. Invocazioni, giuramenti, litanie, legature, gesti rituali, filtri, incantesimi, lapidari dall’Antichità al Medioevo, Milano, 2000, p. 99.
† AMARITUDINE † FULGUR : Début d’une formule attestée dans un long rituel daté de 1702, visant à faire venir une sorcière :
† Amaritudine † fulgur † Ador ††† queso † fulgur † fulgoris † Amen.
Les mots latins (« amertume », « éclair », « demander ») ne produisent pas de sens.
Illustration JvH n° 1006.
AMICO CAPDINOPO ΦIΦPON IΔPACACIMO : Accompagnée d’un triple appel au secours du Christ (Christus adjuva) et d’un autre à Beronice/Véronique, cette formule mêlant caractères latins et grecs date du XIe siècle et vise à arrêter les saignements.
Illustration Storms n° 59.
AMISTA ASTERIT : Pour qu’une femme lève sa chemise, on écrit ces mots sur un morceau de parchemin que l’on dépose sous le seuil de sa maison.
Illustration Bang n° 1111.
AMMARA SONTHA : On croyait, au XVe siècle, qu’il suffisait de montrer ces mots à un fou pour qu’il guérisse.
Illustration Heidelberg, Bibl. universitaire, manuscrit Cpg 369.
AMMATIA + VRA + VRI + CEDAT (αμματία + υρα + υρι + τζεδάδ) : « Pour paralyser le bras de son ennemi afin que son poignard ne te blesse pas », il fallait dire trois fois ces mots. La formule était utilisée en Sicile au bas Moyen Âge, écrite en grec ou en latin.
Illustration Heinrich Schneegans, « Sizilianische Gebete und Rezepte in griechischer Umschrift », Zeitschrift für romanische philologie 32 (1908), p. 586 ; F. Pradel, Griechische und süditalienische Gebete, Beschwörungen und Rezepte des Mittelalters, Giessen, 1907, p. 32.
AMOL. ARIBILOP. ARNOL : Texte amulettique ; pour être préservé de tous les projectiles, on écrit ceci sur un bout de parchemin que l’on porte sur soi.
Illustration Bang n° 1112.
AMOUZIN ABBO MATANOS : Pour guérir les blessures sans baume, on écrit ceci, on déchausse son pied gauche, on se tient sur le pied droit, on étend le pied nu puis on fait une croix sur la blessure en disantIllustration † ANTE, une deuxième croix avec † Ante te, et une troisième avec † Super ante te.
Illustration ANTE.
Illustration JvH n° 364.
† AMPLOTONN † RACHAS † VRIEL † : Début d’une formule destinée à éborgner un voleur. On dessine un œil que l’on pique avec un clou en disant :
† Amplotonn † Rachas † Vriel † Vintarton † veh † Gabriel † Tetragon † Holltih † Rapahel † Tetragon † Richtor † Michael †.
Puis on récite trois Notre-Père et trois Ave Maria, et on répète trois fois ce rituel. On reconnaît les noms d’anges. Richtor, forgé sur l’allemand Richter, « juge » ; Rachas renvoie sans doute à Rache, « vengeance ».
Illustration
Illustration Magia de furto, Leipzig, Stadtsbibliothek, ms. C. M. 66, fol. 16 r° ; Ohrt n° 966-967.
ANAFARCON : Ce nom surgit dans la formule † Agla Pentagrammaton † On † Athanatos † Anafarcon †, que cite l’abbé Thiers et qui préserve de toutes sortes de dangers. On le trouve déjà dans un charme écrit en Angleterre au XIe siècle.
Illustration ARCUM CONTERET.
ANACHI JEHOVA, HŒLERSA : Début d’une longue formule destinée à donner l’illusion qu’on est accompagné de plusieurs personnes. Il faut prendre une poignée de sable fin et la conjurer ainsi : Anachi Jéhova, Hœlersa, Azarbel, rets caras sapor aye pora cacotamo lopidon ardagal margas poston eulia Kephar, solzeth Karne phaca ghedolos salesetata.
Puis on mélange le sable avec de la peau de serpent réduite en poudre et on place le tout dans une boîte d’ivoire. Quand on voudra produire cette illusion, on jettera en l’air une pincée de sable en répétant la conjuration. Une variante intercale le mot buget entre eulia et Kephar.
Illustration Honorius, p. 63 sq.
ANAL AVNOL ARBITNPS PROLET UM : Pour vaincre les ennemis, on écrit ces mots sur un parchemin que l’on garde sur soi.
Illustration Bang n° 1115.
ANANI : Ce terme apparaît dans un rituel de guérison de la fièvre datant du début du XVIe siècle. On écrit Anani trois fois sur la main droite du malade en disant à chaque fois « Christ vainc, Christ règne, Christ ordonne », puis on écrit trois fois sur la paume de la main on pater on filius on spiritus sanctus, on lave l’inscription avec de l’eau bénite que doit boire l’homme fébrile. Le deuxième jour, on écrit on aries on ouis on agnus, et on répète la même opération. Le troisième jour, on écrit on leo on vitulus on on vermis. Une fois ces noms divins bus, le malade est guéri.
Illustration Ohrt n° 1144.
ANANIS ARSIMUS ARABOR EISUNUS : Pour gagner aux cartes ou aux dés, prendre le sang d’un chien noir pour écrire ces mots et se les attacher avec un fil de chanvre filé pendant le sermon du dimanche.
Sous une forme proche — Aranis † Arsimus † Arabor † Ausus † — et en prenant le sang d’un chat noir pour écrire cette formule que l’on s’attache sous le bras gauche, on se désensorcelle.
Illustration AROLS.
Illustration Bang n° 1137 ; 1139.
ANANIA † ANASSIA † EMISAEL † LIBERA NOS † DOMINE : Pour éteindre le feu, il faut prononcer trois fois ces paroles en se signant là où il y a les croix. Les trois noms sont ceux des trois Hébreux dans la fournaise, la tradition ayant légué deux séries de noms, dont une qui les désigne respectivement comme Ananias, Azarias et Misaël, et l’autre comme Shadrac, Méshac et Abed-Nego. Le mot intervient aussi dans une procédure d’ordalie par l’eau bouillante.
Illustration Honorius, p. 69. Franz 2, 62.
ANANIZEPTA : On pense, à la suite de Guarinius (1491), qu’il s’agit là de l’acrostiche de la formule : Antidotum Nazareni auferat necem intoxicationis santificet alimenta poculaque trinitas Amen (« que l’antidote du Nazaréen éloigne le meurtre par empoisonnement et que la Trinité sanctifie aliments et boissons »), ce qui est notamment une formule de protection contre la peste. Ce mot protège du mal caduc, notamment lorsqu’il est gravé sur une bague. Sur un anneau d’or du XIVe siècle conservé au British Museum, on lit :
Dum dicitur Ananis3ata est mala mors capta
Ananis3atam ferit ile quem ledere querit.
Dans une incantation contre la peste, Ananizapta est répété cinq fois. Sur un camée devant être porté pour se protéger des maladies, le terme est associé à T :
T
Anazapta Dei-Emanuel
Le T représente le Tau grec, qui est lui-même le hiéroglyphe égyptien « signe de vie », la croix ansée. Ce mot est entré dans les lexiques du bas Moyen Âge, dans le Liber ordinis rerum par exemple.
Illustration
On notera les variantes : AMAZAPTA, ANANIGEPTUS ; An An Jzapla ; An An Qepta ; Ananus Qepta.
Illustration Bibl. Royale de Stockholm, ms XIV in kl. 4°, fol. 35 ; Ohrt n° 263 (Ananzapta avec les cinq plaies du Christ) ; Dalton n° 718 ; 870 ; 875 ; Londres, British Library, Sloane 73, fol. 189 v° ; Sloane 389, fol. 92 v° ; Sloane 1315, fol. 97 v° ; Sloane 2187, fol. 17 r° ; Oxford, Bodleian Library, Rawlinson C. 668, fol. 74 r° ; Thiers I, 355 ; Braekman n° 98 ; Grimoires n° 45 ; 108. K. Seligman, « Ananisapta und Sator », Hessische Blätter für Volkskunde 20 (1921), pp. 1-25.
ANASAGES : Vocable à prononcer pour guérir du mal de dents. On rencontre aussi les variantes : AMAZAPTA, ANANIGEPTUS, An An Jzapla, An An Qepta, Ananus Qepta.
Illustration Thiers I, 361.
A. N. D. T. P. E. : Abréviation de « Au nom des trois princes de l’enfer », utilisée dans les Secrets magiques pour l’amour (p. 27).
ANEL ARTUS DUN : Écrits et portés sur soi, ces mots protègent des balles.
Illustration BBE, p. 15.
ANEX ANEXIS ARABS : On gagnera aux cartes et aux dés en écrivant ces mots le soir avec le sang d’une tasse en bois (sic) et en les attachant sous son bras droit.
Illustration Bang n° 1142.
ANOEAM EMANEAN NATAN : Pour éteindre le feu, écrire ces mots sur une feuille de plomb et la jeter dans les flammes.
Illustration ANSRAND.
Illustration BBE, p. 19.
ANSA : Ce terme apparaît dans une formule du XIe siècle destinée à protéger l’homme des flèches du diable, en fait des démons : O ligeo. ansa. amur. eus. Hieus. hus. Nom. liberatius. Geratius. Ce charabia se retrouve dans un charme contre la fièvre que l’on date du Xe ou du XIe siècle : ansa amuhus deus, hus mun, hus anger, liberazius ierosus.
Illustration Franz II, 484 ; Heim 551.
ANSRAND, EMANSRAN, NOTAN : Pour arrêter un incendie, écrire ces mots sur un morceau de plomb que l’on jette dans le feu. Les variantes sont nombreuses :
Anoran, Emaran Notan ;
AmiorIllustration Nator ;
Amior † Natan ;
† amiorant † Emanuron † Nator ;
Notan se transforme peu à peu en Natanieel.
Illustration ANOEAM.
Illustration Bang n° 1118.
ANTE SUPERANTE : Pour guérir le membre déboîté d’un cheval, on dit : Ante, patante, suparante in nomine Patris, etc. D. Camus a recueilli une autre formule encore utilisée il y a quelques années et destinée à protéger le bétail :
Ante †
Superante † †
Superante te † † †
Une autre formule plus courte prescrit de faire le signe de croix avec du sel sur chaque bête ou à l’entrée de l’étable, de la porcherie, du poulailler ou du clapier. En disant simplement Ante, Ante te, Superante te et en signant une entorse, on la guérit. La plus ancienne attestation se rencontre en Angleterre dans un charme du XVe siècle contre l’entorse d’un cheval (Illustration ZINUPT). Aux Pays-Bas, † Ante † Sus ante † Per Ante † guérit la goutte.
On prétendait encore que, pour rendre un coq immortel, il fallait écrire sur un papier Ante, Ante te, super Ante te, le lui faire avaler, dire trois fois cette formule sur son bec, lui clouer la tête sur la table avec un clou neuf puis retirer le clou !
Illustration AMOUZIN.
Illustration Thiers I, 361 sq. ; JvH n° 491 ; Camus 1990, n° 77 ; 79 ; 81 ; 87 sqq. ; Camus 2001, pp. 101-104 ; Hunt, p. 96 ; JvH n° 231.
ANTHOS, ANOSTROS : Pour se faire aimer de tout le monde, il faut porter au cou un billet où est écrit : Anthos, Anostros, Noxio, Bay, Gloy, Apen.
Anthos est aussi l’un des termes devant être inscrits sur un billet que l’on porte avec des reliques et qui sert de phylactère.
Variante : † Anthos † â aortoo † noxio † bay † gloy † aperit.
Illustration Thiers I, 410 ; I, 313.
ANULA. SINULA. ADEA : Ces mots sont utilisés dans une conjuration de la fièvre datant du Xe siècle et renforcent, ou sont renforcés, par vincit leo et Christus natus (voir ces entrées). Le récitant demande à Dieu d’en délivrer son serviteur. Anula est peut-être l’hébreu Ani El, « Je suis Dieu ».
Illustration Franz II, 481.
ANUOLL, AORDA : Pour découvrir un larron, il faut écrire cette formule sur du fromage que l’on donne à celui qu’on soupçonne de vous avoir volé : Anuoll, Aorda, Laboro Dolor Paupertin. Giam Tuam.
Il ne pourra en avaler une bouchée. Les mots latins ne donnent pas de sens : Giam devrait être l’accusatif de Gloria, laboro, « je travaille », dolor, « douleur », paupertin, « pauvre ».
Illustration Bang n° 1144.
† A. Π : Pour faciliter un accouchement, il faut écrire ces lettres sur un parchemin et le poser sur la parturiente, puis dire « au commencement était le Verbe » (début de l’Évangile selon saint Jean) suivi de : † soter zz, Dieu était le Verbe † sauveur. Cela était au commencement. † agio † en Dieu † allocax.
Illustration Aymar, p. 340.
APPACION : Un manuscrit de Cambridge daté de 1044 contient une formule contre la goutte : + Appacion ++ Appria + Appremont et qua settuena +. Il faut l’écrire sur un parchemin et la porter autour du cou pour se protéger de la maladie. Appremont est certainement apparenté à IllustrationABREMONTE.
Illustration Tony Hunt, p. 73 & 144.
ARA : C’est l’un des composants de la formule magique suivante, dont les neuf termes forment un carré :
Ara Ira Ora
Ora Ara Ira
Ira Ora Ara
On rapproche Ara d’A(b)rac, mot entrant dans la formule Abrac Abeor Aberer, et qui se trouve dans l’Heptamaeron de l’astronome Pierre d’Abano (mort en 1316). J.-B. Thiers note une formule semblable : Abrac Amon...
Illustration Thiers I, 361.
ARABA OMEL ALIFAL : Portés sur soi, les mots suivants protègent des flèches et des projectiles : Araba Omel alifal Cuttar uden et armoen Trola Coblamot Fasteanus.
La variante suivante date de 1750 environ : Araba. Omet. Arliful Cultaru om et Aruoru, Prole. Kablamat y all canus.
Un autre charme recommande à qui est blessé de porter sur soi une longue formule incompréhensible dans laquelle se retrouvent les éléments ci-dessus : Ababaomel Arli Ssus / Culteaum Armoem / Proba Cablanis / Wartilnum.
La comparaison des variantes ne permet pas, hélas, de reconstituer les graphies originelles.
Illustration BBE, p. 15 ; Bang n° 1095 ; n° 1113.
ARARACARARA : Mot magique gravé sur une tablette d’envoûtement découverte dans l’amphithéâtre de Carthage, et inséré dans la formule : araracarara eptisicere cycbacyc bacacicyχ bacaχieyc obrimemao saum obriulem patatnaχ apomspsesro iaω iossef ioerbet ioparcebet bolcoset.
Selon un autre témoin, bacacicyχ bacaχieyc serait le nom d’un démon : erecisipte araracarara eptisicere coggens enim vos enim et reges demoniorum bacaχicyχdemenon bacaχicyχ cogens enim vos et iudices exsenγium animarum qui vos in tachymorey vite iodicaveunt criny. arinchor...
Illustration Audollent, p. 345 sq.
ARAGON SARAGON ATRAGON SUTAGON : Pour guérir le mal de dents, il faut écrire ces mots sur quatre morceaux de pain et en donner un au patient chaque matin.
Variantes : Ageram Saragoen Alagon Salagon ; Arego Saragoen Alagon Salagon.
Quant au Grimoire de Jeløen, compilé en Norvège vers 1750, il présente la formule ainsi :
Illustration
Illustration Bang n° 1152.
ARAKHA ARAKHA, ARAKHAËL : Formule d’exorcisme de la « Prière de saint Gregorios » copte.
Illustration Lexa, t. 1, p. 109.
ARA LIEA : Pour guérir trois types de fièvres, les Roumains du XIXe siècle écrivaient cette longue formule sur du papier que le malade devait conserver sur lui : ara liea, sadeleia, tracu, leovitu, inelegami, naşegon, isu : islugi, vaşah, abaset, bluşiaia, nemulea raboja. Le patient devait les lire trois fois par jour.
Illustration Manuscrit roumain BAR 4458, folio 94 r°.
ARAPS IASPER SCRIP : Pour capturer des serpents, on utilisait en Angleterre la formule suivante « au nom du Père, etc. » : Araps Iasper Scrib Porro Pontem Zoro Zehebete Zaraf Maras Spiritus Praclitus.
Illustration British Library, Royal 12 B. XXV, folio 62 v°.
ARARITA : Acrostiche d’une transcription de l’hébreu Achad Rosh Achadotho Rosh Ichuto Tamaratho Achad, Illustration, qui se lit aujourd’hui Ekhad rosh, Akhduto rosh, yekhudo temurahzo (« Un est son commencement ; une est son individualité ; sa permutation est une »). Le mot fait partie des formules régressives ; on le copie en retranchant une lettre à chaque fois :
Illustration
Il faut faire une croix sur le front du malade avec un couteau, dire consummatum est, couper ensuite lettre après lettre avec le couteau. Henri Corneille Agrippa cite Ararita comme un nom divin. Porté gravé sur une lamelle d’or, le mot protège de la mort subite (Semiphoras). Dans Les Clavicules de Salomon, c’est un nom divin orthographié Araritha et il est accompagné des characteres suivants :
Illustration
Illustration Grimoires n° 11 ; Agrippa, De occulta philosophia III, 11 ; Clavicula, p. 28 ; Schemhamphoras, éd. Schäuble, p. 300.
ARATALY : Au XIIIe siècle, en Angleterre, on attachait au bras d’un malade cette formule régressive écrite sur un feuillet, on l’y laissait pendant neuf jours, récitant chaque jour trois Notre-Père en l’honneur des apôtres Pierre et Paul, puis on ôtait la feuille et le patient était guéri.
Illustration
Illustration K. Thomas, La Religione e il declino della magia. Le credenze popolari nell’Inghilterra del Cinquecento e del Seicento, Milan, 1985.
ARATO : Début d’un charme destiné à ouvrir les portes et rapporté par Jean Wier (XVIe siècle) : « Pour ouvrir les portes fermees, il faut prendre un morceau du cierge dont on s’est aidé à baptiser, & y imprimer des fleurs que l’on nomme clochettes de nostre dame, & attacher le tout en la partie de deuant de la chemise. Puis quand vous coudrés ouurir il faudra souffler par trois fois en disant ces paroles : Arato hoc partiko, hoc maratarikin, en ton nom j’ouvre ceste porte, laquelle ie suis contraint de rompre, tout ainsi comme tu romps les enfers, In nominé Patris, & filij, & Spiritus sancti. Amen. »
Le dernier mot est aussi écrit maratarykin.
Illustration Wier III, 9 ; Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 14.
ARC : Pour empêcher un chien de mordre et d’aboyer, on dit trois fois ce qui suit en le regardant : « L’arc barbare, le cœur se fend, la queue se pend, la clef de saint Pierre te ferme la gueule jusqu’à demain. »
Illustration Honorius, p. 70.
ARCHITRICLIN (Architeclinus, Archideclin, Archedechne) : On invoque ce pseudo-saint pour les maladies des chevaux, contre la fièvre. Le nom désignait à l’origine celui qui était chargé de l’ordonnance du festin. L’architriclin des Noces de Cana (Jean 2, 1-11) devint même le nom propre d’un riche seigneur et d’un saint, saint Agrias.
Illustration Braekman, pp. 235-238 ; Bibl. Royale de Stockholm, ms. XIV in kl. 4°, fol. 137 ; Hunt, p. 360.
ARCUM CONTERET & CONFRINGET ARMA &C. : Dans un charme visant à préserver de maints dangers sont accumulées toutes sortes d’emprunts aux Écritures et surtout aux psaumes, aux symboles et aux personnages chrétiens. Arcum... est tiré du psaume 45, 10 :
Arcum conteret & confringet arma, &c. Monstra te esse matrem, &c. Dextera Domini, &c. Miserator & misericors Dominus, &c. Sancte Deux, &c. Deus qui in tot periculis, &c. Deus autem transiens, &c. Domine Iesu Christe Fili Dei vivi qui hora, &c. † Agla Pentagrammaton Illustration OnIllustration AthanatosIllustration AnafarconIllustration &c.Illustration Crux Christi salva meIllustration &c. Perscrutati sunt, &c. Ave Virgo gloriosa, &c. Hagios invisibilis Dominus, &c. Per signumIllustration Domine Tau libera me, In nomine Patris, &c. Adonay Iob Magister dicit, 91. O bone Iesu, &c.Illustration AnanizaptamIllustration IhozathIllustration L A Laus Deo semper O inimici mei ad vos nemo, &c. In nomine Iesu, &c.
On retrouve la formule dans le Grimoire du pape Honorius : « Pour empêcher un chien de mordre et d’aboyer, dites trois fois, regardant le chien : “L’arc barbare, le cœur se fend, la queue se pend, la clef de saint Pierre te ferme la gueule jusqu’à demain. ” »
Monstra te esse matrem (« montre-toi comme mère ») vient du miracle de la lactation de saint Bernard de Clairvaux : quand il prononça ces mots devant une statue de la Vierge, elle s’anima et lui lança du lait dans la bouche. Les peintres ont souvent illustré ce miracle. Dextera Domini (fecit virtutem) vient du psaume 117, 16. Miserator & misericors Dominus est tiré de la Première épître de Jacques (5, 11) ou du psaume 144, 8.
Illustration Grimoires n° 108.
ARCUS SUPED ASSEDIT : Un charme en vieil anglais nous dit que, pour guérir les furoncles du cheval, il faut chanter ceci neuf fois avec un Notre-Père sur un pain d’orge qu’on lui donne ensuite à manger : Arcus suped assedit virgo cannabid lux et ure canabid.
Grâce à trois incantations parallèles des XIVe et XVe siècles, les savants ont découvert qu’il s’agissait ici de la déformation de la phrase : Arcus super nos sedit, uirgo natabit, lux et (h)ora sedebit, « l’arc-en-ciel a reposé sur nous, la Vierge — sans doute le signe zodiacal — a nagé, la lumière [le jour] et l’heure [de la naissance] seront fixées ».
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 152 ; 488-491 ; Storms n° 84 ; Oslan, « The Arcus Charms and Christian Magic », Neophilologus 73 (1989), pp. 438-447.
AREBRODAS : Mot cabalistique protégeant de la morsure des chiens. On le porte sur soi, ainsi écrit :
Illustration
Certains érudits pensent qu’Arebrodas est dérivé de Sator Arepo.
AREX : Au XIIIe siècle, on utilisait la formule suivante contre la fièvre : † Cristus † arex † yre † artifex † ranx † yriorum, et pour ceux qui « sont travaillés de nuit », c’est-à-dire font des cauchemars, en même temps que les noms des sept dormants d’Éphèse.
Illustration Arox.
Illustration Hunt, p. 84.
ARILL. AT. GOLL. GOTTZO : Formule amulettique qu’il faut porter pour se protéger des balles.
Illustration Secret 2, 304.
ARKE PIAS FERDACO SIRCARI : Dans un rituel destiné à apprendre comment va une personne dont on est sans nouvelles, on utilise ces mots.
Illustration Werner n° 5, p. 196 sq.
ARMINI FARINI RESTINGUO : Pour se protéger des armes à feu, on écrivait ceci sur un papier que l’on avalait ; on pouvait aussi prononcer ces mots lorsqu’on était en danger. Ces mots sont sans doute la déformation de Arma ignifera restinguo, « j’éteins les armes à feu ».
Illustration Werner n° 6, p. 197.
AROLS, ARSINE, ARABOR ASASUS : Pour gagner au jeu de cartes ou aux dés, écrire ces mots avec son sang sur un papier que l’on s’attache avec un fil de chanvre filé un dimanche pendant la messe.
Illustration ANANIS.
Illustration Bang n° 1136.
AROS NEMOS HELY : Ces mots doivent être écrits sur une peau de mouton blanc et accompagnés de Jésus, d’Alpha et d’oméga, des noms des Sept Dormants d’Éphèse ; on lave la peau dans de l’eau et on la donne à boire à qui souffre de la fièvre quarte.
Illustration
Illustration Heidelberg, Cpg 267, folio 12 r°.
AROX AXAX APORTAXA : Écrite sur un parchemin vierge et placée sous l’oreiller, cette formule procure un bon sommeil.
Illustration Arex.
Illustration Grimoires n° 29.
ARS NOTORIA : L’Art notoire est un traité de magie du XIIIe siècle, dont cinquante-trois manuscrits nous sont parvenus et qui propose des oraisons permettant d’assimiler les enseignements des Arts libéraux, c’est-à-dire du Trivium (grammaire, rhétorique, logique) et du Quadrivium (musique, géométrie, astronomie / astrologie, théologie). Dieu l’aurait révélé à Salomon, le maître des esprits et le détenteur d’un pouvoir surnaturel.
D’après le témoignage de Flavius Josèphe (Ier siècle), un livre d’incantations circulait sous son nom :
« Comme il avait composé des incantations pour conjurer les maladies, il a laissé des formules d’exorcisme pour enchaîner et chasser les démons, de façon qu’ils ne reviennent plus. Et cette thérapeutique est encore très en vigueur jusqu’ici chez nous. C’est ainsi que j’ai vu un certain Éléazar de ma race qui, en présence de Vespasien, de ses fils, des tribuns et du reste de l’armée, délivrait des gens possédés des démons. Le mode de guérison était celui-ci : il approchait du nez du démoniaque un anneau dont le chaton enfermait une des racines indiquées par Salomon puis, le faisant respirer, il effrayait l’esprit démoniaque par les narines ; l’homme tombait aussitôt et Éléazar adjurait le démon de ne plus revenir en lui, en prononçant le nom de Salomon et les incantations composées par celui-ci. A l’effet de persuader et rendre plus manifeste aux assistants qu’il possédait bien ce pouvoir, Éléazar plaçait à proximité un gobelet plein d’eau ou un bain de pieds et il ordonnait au démon, une fois sorti de l’homme, de renverser ces récipients et de faire ainsi connaître aux spectateurs qu’il avait quitté l’homme. C’est ce qui arriva et ainsi s’affirmèrent l’intelligence et la sagesse de Salomon » (Antiquités judaïques II, 5).
Illustration
Une page de l’Ars notaria copié en 1295.
Selon d’autres, l’auteur en serait Apollonius de Tyane. En récitant des oraisons faites de longues listes de noms divins, d’anges, de mots hébreux, grecs et chaldéens, et en examinant des figures géométriques appelées « notes » (dont le nombre varie de trente-cinq à quarante dans les manuscrits), on obtient l’illumination de l’intellect et on s’approprie le savoir. Ce grimoire comporte deux parties : 1. les Flores aurei, avec deux séries d’oraisons pour développer les facultés intellectuelles et acquérir les disciplines ; cette première partie s’annonce par : « Voici le premier traité de cet art que maître Apollonius a appelé Les Fleurs dorées, introduction générale à toutes les sciences naturelles, ce qui est confirmé par l’autorité de Salomon, de Manichæus et Euduchæus » ; 2. dix oraisons d’acquisition du savoir. En finale, neuf oraisons précèdent les « notes ». Certaines oraisons sont divisées en plusieurs parties ; il est indiqué comment les réciter et elles sont mises en liaison avec les phases de la lune.
Illustration ASSAYLEMATH ; DE. EL. ; ELIPHAMASAY ; EZOMAMOS ; GEZEMOTHON ; GEZOMELION ; HANAZAY ; HANCOR ; HELYSEMATH ; LAMED ; LAMETH ; THEON ; THEOS PATER.
Illustration Julien Véronèse, L’« Ars notoria » au Moyen Âge, Florence, 2007 ; Ars notoria. The Notory Art of Solomon shewing the Cabanistical Key of magical Operations..., Londres, J. Cottrel, 1657 ; sur la formation des noms, et des mots, cf. R. W. Daniel, F. Maltomini, Supplementum magicum I, Opladen, 1990, pp. 4-6 ; F. Dornseiff, Das Alphabet in Mystik und Magie, Leipzig-Berlin, 19252, pp. 63-67.
ARSILIU ARZAMISU : Pour guérir trois types de fièvres, les Roumains du XVIIIe siècle écrivaient cette formule sur du papier que le malade devait conserver sur lui : arsilisu arz misu pe murat, de dat, faraon. Le patient devra les lire trois fois par jour. Dat peut signifier « sortilège » (fapt), et faraon, « pharaon ».
Autre formule pour la même fièvre : ara liea, sadeleia, tracu, leovitu, inelegami, naşegon, isu : islugi, vaşah, abaset, bluşiaia, nemulea raboja.
Illustration Manuscrit roumain BAR 4458, folio 94 r° ; BAR 4743, fol. 184 v°.
ARTUS : Le terme fait partie de deux carrés magiques imparfaits destinés à protéger de l’épilepsie :
Illustration
Ageront Nageront Sebeont
On rencontre Artus dans une collection de recettes anglo-irlandaises du Moyen Âge, où le terme est utilisé dans une prescription contre les fièvres. Sur une cédule, il faut écrire : ††† hympnus † artus † arus † tremens † eloy †, suivi, en latin, de « le vent frotte, l’ange annonce, le Christ libère ††† » ; on le liait à la main droite en récitant plusieurs prières (Notre-Père, Credo, Ave Maria), on le gardait trois jours pendant lesquels on jeûnait, puis on retirait la cédule, on la brûlait et on jetait ses cendres dans l’eau courante qui emportait le mal. On retrouve Artus dans un bref pour se protéger des balles.
Illustration
Illustration ANEL.
Illustration Grimoire de Jeløen ; Bang n° 1127 ; Grimoires n° 53.
ASKION, KATASKION, LIX, TETRAX, DAMNAMENEUS, AISIA : Ephesia grammata que l’on disait être écrits sur la statue d’Artémis à Éphèse. On prononçait cette formule pour se mettre à l’abri du mal. Le dernier mot est asia ou asion. Le plus ancien témoin date du IVe siècle avant notre ère.
Illustration Roy Kotansky, « Incantations and Prayers for Salvation on Inscribed Greek Amulets », in : C. Faraone & D. Obbink (éd.), Magika Hiera. Ancient Greek Magic and Religion, New York, Oxford, 1991, p. 111 ; D. Ogden, « Voces magicae, Letters, Shapes and Images », in : Valerie Flint, Witchcraft and Magic in Europe : Ancient Greece and Rome, Londres, 1999, pp. 46-50.
† ASLA † TARA † PENTA : Formule qui apparaît dans un rituel de fabrication d’une bague donnant la victoire, devant être forgée des sept métaux, fondue sous les sept planètes ; il faut ensuite y graver † Asla † Tara † Penta. Une fois passée à l’annulaire de la main droite un vendredi, il faut dire : O Fuska — Criame — Lera.
Illustration Bang n° 1042.
ASMALIOR : Pour plier une femme à sa volonté, il faut faire un anneau d’or enchâssé d’une pierre jaune dans la treizième mansion de la lune et y graver le caractère ci-dessous ; puis on place sous la pierre le mot Asmalior écrit avec du sang de colombe blanche sur un parchemin vierge parfumé d’aloès.
Illustration
Illustration British Library, manuscrit Landsdowne 1202 4to, folio 173.
ASMOT : Le Libro de segretto e di magia (p. 5) offre cette formule de protection destinée à paralyser les ennemis qui vous veulent du mal : Asmot † Deo Vir † Birtir † Ligete in omnibus membris tujs quia te corumpere volo.
ASSAYLEMATH : Début d’une oraison attribuée à Salomon au XIIIe siècle. Elle fait que Dieu accroît la mémoire, la raison et l’éloquence du récitant ; elle est d’abord donnée sous une forme abrégée :
Assaylemath, assay, Lemeth, Azzabue
AZzaylemath, Lemath Azacgessenio
Lemath, Sebanche, Ellithy, Aygezo
puis in extenso :
Ars notoria p. 14 sq.
Azay lemach azae gessemon thelamech azabhaihal sezyon traheo emagal gyeotheon samegon pamphilos sitragramon limpda jachim alna hasios genonagal samalayp camiel secal hanagogan heselemach getal sam sademon sebmassan traphon oriaglpan thonagas tyngen amissus coysodaman assonnap senaly sodan alup theonantriatos copha anaphial Azathon azaza hamel hyala saraman gelyor synon banadacha gennam sassetal maga halgozaman setraphangon zegelune Athanathay senach zere zabal somayel leosamach githacal halebriatos Jaboy del masan negbare phacamech schon nehooz cherisemach gethazayhy amilya semem ames gemay passaynach tagayl agamal fragal mesi themegemach samalacha nabolem zopmon usyon felam semessi theon, Amen
Liber iuratus chap. XXI
Hazailzemaht uel Hasaylemath lemaht azac gessemon thelamoht hazab habatal haebal sezior sicromagal gigoro mogal gielotheon samagoy haphiles pamphilos sicragalmon lanpda iothun halnal hailos halna genenogal samanlay tacayhel thamiel secalmana hoesemolas hesemelaht gesatham cethal stilmon saibaiol semalsay crathon hanagnil panconuegos tyngeny hamyssitoy sebarnay hassinilop thenaly soday henaly halaco meahil crihicos sepha caphanal hazaron tezamahal haila saraumay gelior synoy bariachacha gehemizay ietrafagon. legelyme hathamathay senac gromyazay sothalmagaal iemazai zehemphagon hasihezamay legelime hacama ieizobol ierozabal symalyel seymaly seihel leosamaht gemyhacal halabre cyophagros theos phabos ycolmazay negen pharamepht nehihahon sehon gethorem nehehom helisemaht saratihai ierasiai hynaliha sememamos gezamay iecremai passamaht thagail hagamal fagamesy fagamesym themegoman zemegamary salamatha salamothono bon lon. sepizihon harion vsyon semession tegon. amen
Liber iuratus chap. XX
Assaylemaht uel Assailamath rasay semaht azahat araaht lameth hazabat hamat hamae gesemon grephemyon zelamye hazatha hamatha hazaremehal hazanebal helial zebial seziol semyhor hamissiton fintiugon tintiugethe hamissirion sebarnay halmoth alymyon gemail halimot sadail hehomail neomail cristos thiothot sepha taphamal paphalios sicromemior laupdau laupta iothileta lazahemor iemeamor letahemor saromegall haemor giseleccor gihelerathon glereleon gamasgay semagar semalgay semasgyy balna atheton iesamahel gegemahelay hala hela iemay semethay may semnay geles syney iolehelney iesmar samennay bariaccoca cariactera tharietha socalmata getymay socalma socagamal helgezamay balma hailos halos zaynos ienenegal sarimalip sacramalaip tamygell thamal sathabynhel sathabmal samal maga samalanga saminaga satalmagu silymal salmana sagnaht silymythu semalsay gahit galiht gezamanay sabal zegahaton zehanphaton iezamycrathon iecnaphaton iezemo iezelem ioselimen hatanathos hathanathay semaht zemehet iezorahel chetorab helgezorabal craton hariobal hariagal hanagai hariagil parithomegos samaziel simazihel leosemaht leosamaty thenuathol genynatol gemizacol hebalthe halabee hamysschon sebanay halmye gemail sadail neomahil cristolepha caphanial hazaron gezamel haymal haihala sememay geliesmoy thanccha gemiazay zohanphaton ielesamen hathanathay gemaht iesomabelhaynosiel halabethen iabaioge halabeht ebalohe myphos phabos phelior phobos ydolmassay predolmassay pholior negioggen neginather pharamnee pharanhe stomicopten sohomythepoten hymaliassenon ymiamos manyhas geromay yemay ierathay-
azai passamaht thon beht bon sathamac hagynol naragal semozihot nerothinay ragnathi ranal ragnali ragahal hagmal hagamal sagomossyn. agemesym domogetha theomegen theromagen salmatha salamaht zalamatha hon bolon lialon sephezium sapinon saphiamon hamon harion vsyon gemessyon sepha phalymyt sebanay hamyssithon thnitingren harcon rogonbon vsyon amen.
On reconnaît notamment le grec crathon, « pouvoir, puissance », theon / theos, « dieu », hathanathay pour athanathos, « immortel »...
Illustration ARS NOTORIA ; ORAISON.
Illustration Ars notoria, p. 14 sq. et 106 sq.
ASTAROTH : Ce nom ne désigne pas seulement le prince de l’enfer tirant son nom de la déesse-mère sémitique Ashtoreth, l’Astarté phénicienne, l’Ishtar babylonienne, c’est aussi un mot magique que l’on trouve sur un anneau attribué à Salomon. Le premier, en or, fabriqué dans la deuxième mansion de la lune, porte une pierre jaune gravée du signe ci-dessous ; sous la pierre, on place « Astarot » écrit avec du sang de colombe blanche sur du parchemin vierge parfumé d’ambre, ce qui permet d’obtenir un esprit familier.
Illustration
Illustration British Library, manuscrit Landsdowne 1202 4to, folio 172 sq.
ATAY DE SATAY SURATAY AVALDE, MARCHE : Répétée trois fois, cette formule sert à guérir la foulure et l’entorse des hommes et des animaux.
Illustration Honorius, p. 108.
ATHAGON : Pour faire disparaître le mal de dents, écrire ce mot sur un bout de pain et le placer sur la dent ; quand la douleur est calmée, le cracher dans le feu et expectorer trois fois après.
Illustration Bang n° 1151.
ATHENA : Écrit sur une feuille d’olivier que l’on attache à sa tête, ce nom est efficace contre les céphalées. Le rapport avec la déesse de l’Antiquité est sans doute le suivant : Héphaïstos fendit le crâne de Zeus d’un coup de hache et Athéna jaillit tout armée.
ATRACATETRACATI : Mot magique gravé sur une tablette d’envoûtement censée protéger une tombe des violeurs de sépulture, et inséré dans la formule : Atracatetracati gallara precata egdarat hehes celata mentis ablata.
Illustration Audollent, p. 168 sq.
† AUGUSTI † DECH † : Pour rester très fort, c’est-à-dire empêcher que quiconque puisse vous nuire, il faut prononcer ce qui suit en demandant à Lucifer de lier pieds et poings de l’ennemi potentiel : † Augusti † Dech † Reqvition † et Morti † Fischation † Itadoch † Segene † Amen x.
Illustration
Illustration Grimoire de Jeløen ; Bang n° 1371.
AULU SAURE (αυλoυ σαυρε) : Pour être à l’abri des maladies graves et des infirmités, on grave ces mots sur un tube en or où l’on place la patte droite d’un lézard, et on porte ce phylactère au bras gauche, nous disent les Cyranides latins au XIIe siècle. Les manuscrits byzantins de ce texte donnent : Eβλoὐ Σαυρε.
Illustration Cyranides II, Z.
AURATABUL : En écrivant trois fois cette formule réductrice au-dessus de la porte de la maison visitée par un voleur, on oblige celui-ci à revenir et on peut s’en emparer :
Illustration
Illustration BBE, p. 29.
AVIGAZITOR : Ce mot magique peut dénouer l’aiguillette (magie sexuelle) si on l’écrit sur un parchemin vierge avant le lever du soleil. Dans l’Archidoxis magica (I, 8) du Pseudo-Paracelse, le mot est écrit AVGALIRTOR et accompagné des caractères grecs Cαλιχoμϕιλα, le tout devant être attaché autour du pénis.
Illustration Thiers I, 359 ; 413 ; 4, 590.
AVIS GRAVIS SEPS SIPA : Ces termes sont la déformation d’une invocation grecque de Dieu. Selon Arnaud de Villeneuve, elle dénoue l’aiguillette si on l’écrit dans les angles d’une croix entourée du début de l’Évangile selon saint Jean ; on dilue les tracés avec de l’eau bénite, ou dans du vin, que l’on boit. On trouve aussi ces mots sous la forme : Anis otheus aius ageatus eleison, etc., plus intelligible.
Illustration Franz II, 481 ; Arnaldus de Villanova, Opera, Lyon, 1509, fol. 215 v°.
Illustration
A X : Pour éviter d’être enceintes, les Byzantines avaient recours à la magie. Au décours de la lune, elles écrivaient les lettres suivantes qu’elles portaient sur elles. L’auteur de la prescription leur propose même de vérifier leur efficacité : « Attachez-les à un arbre, il sera stérile ou se desséchera. » α ξ β δ χ σ θ ω ξ η θ γ ω π ϕ ε γ χ
Illustration Tselikas, p. 73.
AXTU SVATUS : Pour guérir un cochon malade, on lui faisait manger cette formule : Axtu svatus sutus eiortus fiilkout ertratus.
Illustration Espeland § 13.
AZARIEL ! CAKARIEL ! MESCA ! : Pour éteindre un incendie, il faut jeter du gros sel bénit aux quatre coins du feu et dire quatre fois ces mots en étendant les bras devant lui. Ces trois noms sont la déformation de ceux des trois Hébreux dans la fournaise — Shadrac, Meshac, Abednego —, régulièrement invoqué dans les incendies.
Illustration ANANIA.
Illustration JvH n° 684.
Illustration
Amulette scandinave.
Illustration Secrets égyptiens 2, 245.
AGULA IGULA AGULET : Il faut écrire ces mots sur du fromage et le donner à manger à celui qu’on soupçonne de vol ; il ne pourra l’avaler s’il est coupable.
Illustration Ohrt n° 952.
AGUSTI, DECH, REGRITIOR : Pour gagner un procès devant un tribunal, il faut sortir de chez soi avant le lever du soleil et se rendre devant la porte de son adversaire, prendre un petit chiffon, cracher dessus trois fois et dire : Non me Astarot. Quand on comparaît devant le tribunal, on doit tenir le chiffon dans la main droite, mettre le pouce dans la main et regarder directement son ennemi puis dire :
« Moi, NN, te regarde avec 6 yeux
Deux sont les miens,
Deux sont les tiens,
Deux sont ceux du diable,
Tu te tairas.
Moi, je veux parler,
Avec les chaînes de Lucifer,
Je lie ta bouche et langue
Afin que tu ne sois pas libre
Avant que je ne le veuille ;
Dommage pour toi,
Avantage pour moi
Au nom de
Agusti, Dech, Regritor et marti Pication Hadoch Sagene. »
Si on suit les conseils de la prescription, on gagne le procès et on est acquitté du crime ou du forfait dont on est coupable.
Illustration Bang n° 1409.
† AHA † MAHY † FROHA : Inscrits sur un œuf dur dont on a retiré la coquille et que l’on doit manger en trois bouchées, ces mots guérissent de la fièvre.
Illustration Secrets égyptiens 2, 154.
AILIF, CASYL ZAZEHIT MEL MELAS : Pour frapper qui l’on veut par le biais d’un voult, on fait une effigie humaine en cire où l’on inscrit cette formule, puis on l’enterre. Reginald Scot indique qu’il faut aussi y ajouter des characteres particuliers qu’il ne reproduit pas.
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 16.
A. K. K. L. R. R. U. C. G. D. A. B. I. : Pour voir un voleur en songe, c’est-à-dire pour découvrir son identité, on écrit ces lettres un mercredi matin et on les dépose sous son oreille droite pendant la nuit.Illustration DABI intervient dans d’autres charmes pour guérir le mal caduc.
Illustration Bang n° 1109.
AKRAMMACHAMARI : Dérivant sans doute d’une expression araméenne, ce mot signifie « arrache le charme magique » et se rencontre associé àIllustration ABLANATHANALBA et àIllustration SESENGENBARPHARANGES. Sur une tablette découverte en Afrique du Nord, il est écrit Achramachamarei, « le dieu du firmament ».
Illustration John G. Gager, Curse tablets..., p. 55, p. 63, p. 104, p. 226.
ALADABRA † LADABRA † : Contre la fièvre quarte, on utilisait la formule régressive suivante : aladabra † ladabra † adabra † dabra † abra † ra † a † abraca †. Elle doit être écrite sur un bref que l’on suspend au cou du malade en y ajoutant son nom ; elle guérit aussi la fièvre tierce.
C’est une des très nombreuses variantes d’Abracadabra. Dans une instruction magique donnant la façon de parler avec les esprits, la formule est : ala drabra ladr(a) dabra rabra afra brara agla et alpha omega, merveilleuse variation sur quelques phonèmes, qui demande à être déclamée !
Illustration Braekman n° 82 ; 388 ; Grimoires n° 50 ; JvH n° 270.
ALAN : Ce mot entre dans une formule de protection des porcs : Alan Tabalim Fugan ab omni malo. Exaudita est oracio tua, ou encore : Alan Fugan Saladdiel. On pense qu’Alan est la déformation d’Alam, acrostiche cabaliste, mais ce peut être aussi l’araméen alan, « arbre » ; correctement écrit, Tabalim (Tob El) signifie « Dieu est bon ». Quant à fugan, on le rapproche du grec pyknos, « sage, habile ».
Illustration Franz II, 139.
ALAY † CALAN † FARAN † ETAN † : Ces noms portés sur soi protègent de la tempête, du poison et guérissent de la maladie, nous dit un manuscrit du XIIIe siècle. Notons que le /n/ des trois derniers termes pourrait être un /u/.
Illustration Berlin, ms. lat. quart. 2, fol. 25 r°.
ALBELLA : Pour guérir un cheval, il faut lui murmurer à l’oreille † albella † abella † alpha † eloij, réciter trois patenôtres et trois Ave Maria en l’honneur de la sainte Trinité.
Illustration Braekman 213.
† ALBO † ALBOUT : Dans la Bénédiction ou le Charme de Job, on relève plusieurs formules de conjuration des vers, dont celle-ci :
† albo † albout † albubue † Zabulantes † ypedie † Transonie † abantroste.
ALEDAR, LIIAZISLEA : Formule de clôture d’un charme roumain contre la fièvre, écrit en 1882 : Aledar, liiazislea, nomuserli, apcea, ebalt, şegoraba bojii NN. Elle relève des voces magicae incompréhensibles et suit immédiatement le fragment d’une prière grecque : « Tenons-nous bien, tenons-nous avec crainte, amen. »
Illustration STOMEN CALCOS.
Illustration Bucarest, Bibliothèque de l’Académie roumaine, manuscrit 4458, fol. 97 r°.
ALES-DALES-TOLAS : Selon les uns, il fallait graver ces mots sur son bras droit pour se protéger dans les rixes ; selon d’autres, on les prononçait lors d’une séance de divination.
Variante : † Ales † Dales † Tales.
Illustration Enchiridion 1663, p. 158 ; Werner n° 2, p. 196.
ALGA ACEKITA AULA : Vers 1735, pour obtenir l’amour d’une personne, on écrit cette formule sur sa main droite avec son propre sang.
Illustration Bang n° 1039.
ALGA † ALGAT : Premier terme d’une formule pour se protéger de tous projectiles et sorts ; il faut écrire les mots suivants sur un morceau de parchemin et le porter sous son aisselle droite :
† Alga † Algas † Algat † Ana
† Sekretum † Essolatum † Dragor
† Mecsit † Arnols † Artesie
† Arthimei
Illustration Bang n° 1041.
ALGA ALGATEM : En Norvège, de 1750 à 1850 environ, pour préserver ses moutons de la mort, on écrit la formule suivante sur autant de papiers qu’on a de bêtes, et on les leur attache : Alaga algatem algus alge gogye algeti algoe algitind algtin alpha.
Un autre grimoire offre la variante : Alga Algatem Algus Alge, Gagye, Agetie, Algna, Algitin, Dalgatie, Alpha, et un troisième : Alga Algatum alge Sago algaa algatim dalgetur siphe.
Illustration Bang n° 1040.
ALGALAT. ESTNU : Pour séparer une femme que l’on aime de quelqu’un d’autre, on écrit ces mots avec son propre sang sur sa main et on la lui tend.
Illustration Bang n° 1130.
4. ALGAR. 4 ALTUM H. EBREH. H. GRAMMAH AH : Si on écrit cette formule et qu’on la porte sur soi, on se rend invisible, croit-on au XVIIe siècle. On identifie un fragment de Tetragrammaton.
Illustration Ohrt II, p. 131.
† ALIA † NEC GLIA † NEC ALMA † : Formule d’ouverture d’un charme de guérison des maux d’yeux et plus précisément de la taie.
Illustration Ohrt n° 1158.
ALIF LAFEIL ZAZAHIT MEL MELTAT LEUATAM LEUTACE : Cette formule maléfique doit être écrite sur un voult (dagyde) — c’est-à-dire une poupée d’envoûtement —, sur la tête et sur les côtés, qui est enterré dans une tombe.
Illustration Wier III, 9.
ALLAS, GALLI YNOMINAM : On écrit ces mots dans sa main droite pour parler à quelqu’un en songe. On distingue les vestiges d’un « Au nom de (saint) Gall ».
Illustration Bang n° 1097.
ALOURI : Pour guérir un enfant qui est en chartre (maladie de langueur), faire un signe de croix sur la pâte à pain, en prendre une poignée au milieu, en faire un petit pain, le faire cuire au four, puis le donner au premier pauvre que l’on rencontre, en disant : « Au nom de Dieu et de M. S. Alouri. » L’enfant sera guéri.
Illustration Thiers I, 381 sq.
ALPHA ET OMEGA : Selon la Bible (Jean. I, 8, 11 ; 21, 6 ; 22, 13), c’est le nom de Dieu. Il désigne la divinité comme embrassant le tout (Aion) de même qu’alpha et omega embrassent tout l’alphabet grec. La magie utilise très souvent les deux lettres grecques dans les charmes, sur les amulettes et sur les pentacles.
Illustration Franz I, 351 ; 430 ; II, 95 ; 482 sq. ; 587 ; Heim 543 ; 551.
ALRAX, ALGASMA, IURCHA, SYORCHA : Pour faire apparaître le démon qui répond à ces noms, on le conjure au nom de Dieu de se montrer sous une bonne apparence. Une nuit de Noël, on gagne un carrefour et, au nom de la Trinité, on trace deux cercles concentriques, avec deux diamètres formant une croix ; dans le cercle intérieur, on inscrit chaque lettre de I. N. R. I. dans un quart délimité par la croix, et sur le pourtour de l’autre cercle, les quatre noms ci-dessus ; on se tient au milieu du cercle et, tandis qu’on a sous son pied droit, dans sa chaussure, le sang et le corps du Christ, on prononce la conjuration : « Je te conjure Alrax, Algasma, Iurcha, Syorcha, au nom de Dieu ††† de te montrer ici dans une bonne figure et sans fracas ni horreur, hors de ce cercle. »
Illustration Ohrt n° 988.
ALU : Mot magique runique dont on possède vingt témoins s’étageant du IIIe au VIIIe siècle.
Il est seul ou associé à d’autres vocables magiques comme lauþu, laukaR (« poireau »). Les philologues l’apparentent au hittite alwanzahh, « enchanter ». Alu est peut-être à rapprocher des « runes de la bière » (ölrúnar), cette boisson provoquant une exstase tenue pour magique.
Illustration J. McKinnell, R. Simek, Runes, Magic and Religion : a Sourcebook, Vienne, 2004 ; L. Sulveit, « Litt mer om laukaR og alu », Maal og Minne, 1992, pp. 150-156.
AMACHA BORUM : Formule régressive utilisée contre les maux de dents et les fièvres. Ces deux mots sont la déformation de deux termes hébreux signifiant « maladie, blessure », Illustration, Illustration, et « santé ». Thiers cite la formule Boris Borus pour arrêter l’épistaxis. Voici comment il faut écrire la formule :
Illustration
Illustration Thiers I, 365.
AMADAM, TAUSTOS, TAUSTAZO, BARACHETA, MEMOR, GEDITA : Mots magiques apparaissant dans l’oraison Misericordissime Domine, par le pape Léon. Barach est glosé en latin par fulgurans.
Illustration Enchiridion p. 61.
AMALOR / AMELOR : Terme d’une formule destinée à guérir le farcin des chevaux. Thiers nous l’a transmise de façon incomplète. Il faut prendre trois petits morceaux de cire vierge, les placer dans un morceau de... — certainement un linge propre —, les lier par trois nœuds à une corde de chanvre et dire cinq fois à chaque nœud : Pater et Ave Maria, Christus † Christus vincit † Christus † Christus abicit † Amelor † Alcinor † descendat † in nomine, etc.
Illustration Thiers I, 217.
AMAPOYLFAE / AMAPOLYLL AE : Pour obtenir l’amour d’une personne, il faut faire une médaille de cuivre sur laquelle on grave sur l’avers des characteres et, sur le revers, Ieova. Ae Nonna ; puis on la pend à son cou et on dira ce mot douze fois chaque jour d’octobre devant la porte de l’objet de son amour.
Illustration Les Véritables Clavicules de Salomon, p. 67 sq.
AMARA : On utilise régulièrement ce mot dans les charmes, depuis l’Antiquité classique, et il entre dans des compositions inintelligibles telles que :
Amara † Tanta † Cyri ; Amara † Thanta † Thirin
Amara Tinta post hos...
Au Moyen Âge, la formule est déformée, comme dans cette prescription allemande de délivrance d’un possédé du diable :
Illustration
En 1237, un exorcisme italien de Filippo di Greve se conclut par AMARA TANTA TYRI SYCALOS SYCALIRI.
Amara se rencontre aussi parmi les noms de Dieu, dans le début de cette énumération, par exemple : Tetragrammaton, Adonai, Agla, Sabaoth, Lali, Amara, Eli...
Illustration Heim 558. Heidelberg, Cpg 268, folio 26 v° ; Roberta Astori, Formule magiche. Invocazioni, giuramenti, litanie, legature, gesti rituali, filtri, incantesimi, lapidari dall’Antichità al Medioevo, Milano, 2000, p. 99.
† AMARITUDINE † FULGUR : Début d’une formule attestée dans un long rituel daté de 1702, visant à faire venir une sorcière :
† Amaritudine † fulgur † Ador ††† queso † fulgur † fulgoris † Amen.
Les mots latins (« amertume », « éclair », « demander ») ne produisent pas de sens.
Illustration JvH n° 1006.
AMICO CAPDINOPO ΦIΦPON IΔPACACIMO : Accompagnée d’un triple appel au secours du Christ (Christus adjuva) et d’un autre à Beronice/Véronique, cette formule mêlant caractères latins et grecs date du XIe siècle et vise à arrêter les saignements.
Illustration Storms n° 59.
AMISTA ASTERIT : Pour qu’une femme lève sa chemise, on écrit ces mots sur un morceau de parchemin que l’on dépose sous le seuil de sa maison.
Illustration Bang n° 1111.
AMMARA SONTHA : On croyait, au XVe siècle, qu’il suffisait de montrer ces mots à un fou pour qu’il guérisse.
Illustration Heidelberg, Bibl. universitaire, manuscrit Cpg 369.
AMMATIA + VRA + VRI + CEDAT (αμματία + υρα + υρι + τζεδάδ) : « Pour paralyser le bras de son ennemi afin que son poignard ne te blesse pas », il fallait dire trois fois ces mots. La formule était utilisée en Sicile au bas Moyen Âge, écrite en grec ou en latin.
Illustration Heinrich Schneegans, « Sizilianische Gebete und Rezepte in griechischer Umschrift », Zeitschrift für romanische philologie 32 (1908), p. 586 ; F. Pradel, Griechische und süditalienische Gebete, Beschwörungen und Rezepte des Mittelalters, Giessen, 1907, p. 32.
AMOL. ARIBILOP. ARNOL : Texte amulettique ; pour être préservé de tous les projectiles, on écrit ceci sur un bout de parchemin que l’on porte sur soi.
Illustration Bang n° 1112.
AMOUZIN ABBO MATANOS : Pour guérir les blessures sans baume, on écrit ceci, on déchausse son pied gauche, on se tient sur le pied droit, on étend le pied nu puis on fait une croix sur la blessure en disantIllustration † ANTE, une deuxième croix avec † Ante te, et une troisième avec † Super ante te.
Illustration ANTE.
Illustration JvH n° 364.
† AMPLOTONN † RACHAS † VRIEL † : Début d’une formule destinée à éborgner un voleur. On dessine un œil que l’on pique avec un clou en disant :
† Amplotonn † Rachas † Vriel † Vintarton † veh † Gabriel † Tetragon † Holltih † Rapahel † Tetragon † Richtor † Michael †.
Puis on récite trois Notre-Père et trois Ave Maria, et on répète trois fois ce rituel. On reconnaît les noms d’anges. Richtor, forgé sur l’allemand Richter, « juge » ; Rachas renvoie sans doute à Rache, « vengeance ».
Illustration
Illustration Magia de furto, Leipzig, Stadtsbibliothek, ms. C. M. 66, fol. 16 r° ; Ohrt n° 966-967.
ANAFARCON : Ce nom surgit dans la formule † Agla Pentagrammaton † On † Athanatos † Anafarcon †, que cite l’abbé Thiers et qui préserve de toutes sortes de dangers. On le trouve déjà dans un charme écrit en Angleterre au XIe siècle.
Illustration ARCUM CONTERET.
ANACHI JEHOVA, HŒLERSA : Début d’une longue formule destinée à donner l’illusion qu’on est accompagné de plusieurs personnes. Il faut prendre une poignée de sable fin et la conjurer ainsi : Anachi Jéhova, Hœlersa, Azarbel, rets caras sapor aye pora cacotamo lopidon ardagal margas poston eulia Kephar, solzeth Karne phaca ghedolos salesetata.
Puis on mélange le sable avec de la peau de serpent réduite en poudre et on place le tout dans une boîte d’ivoire. Quand on voudra produire cette illusion, on jettera en l’air une pincée de sable en répétant la conjuration. Une variante intercale le mot buget entre eulia et Kephar.
Illustration Honorius, p. 63 sq.
ANAL AVNOL ARBITNPS PROLET UM : Pour vaincre les ennemis, on écrit ces mots sur un parchemin que l’on garde sur soi.
Illustration Bang n° 1115.
ANANI : Ce terme apparaît dans un rituel de guérison de la fièvre datant du début du XVIe siècle. On écrit Anani trois fois sur la main droite du malade en disant à chaque fois « Christ vainc, Christ règne, Christ ordonne », puis on écrit trois fois sur la paume de la main on pater on filius on spiritus sanctus, on lave l’inscription avec de l’eau bénite que doit boire l’homme fébrile. Le deuxième jour, on écrit on aries on ouis on agnus, et on répète la même opération. Le troisième jour, on écrit on leo on vitulus on on vermis. Une fois ces noms divins bus, le malade est guéri.
Illustration Ohrt n° 1144.
ANANIS ARSIMUS ARABOR EISUNUS : Pour gagner aux cartes ou aux dés, prendre le sang d’un chien noir pour écrire ces mots et se les attacher avec un fil de chanvre filé pendant le sermon du dimanche.
Sous une forme proche — Aranis † Arsimus † Arabor † Ausus † — et en prenant le sang d’un chat noir pour écrire cette formule que l’on s’attache sous le bras gauche, on se désensorcelle.
Illustration AROLS.
Illustration Bang n° 1137 ; 1139.
ANANIA † ANASSIA † EMISAEL † LIBERA NOS † DOMINE : Pour éteindre le feu, il faut prononcer trois fois ces paroles en se signant là où il y a les croix. Les trois noms sont ceux des trois Hébreux dans la fournaise, la tradition ayant légué deux séries de noms, dont une qui les désigne respectivement comme Ananias, Azarias et Misaël, et l’autre comme Shadrac, Méshac et Abed-Nego. Le mot intervient aussi dans une procédure d’ordalie par l’eau bouillante.
Illustration Honorius, p. 69. Franz 2, 62.
ANANIZEPTA : On pense, à la suite de Guarinius (1491), qu’il s’agit là de l’acrostiche de la formule : Antidotum Nazareni auferat necem intoxicationis santificet alimenta poculaque trinitas Amen (« que l’antidote du Nazaréen éloigne le meurtre par empoisonnement et que la Trinité sanctifie aliments et boissons »), ce qui est notamment une formule de protection contre la peste. Ce mot protège du mal caduc, notamment lorsqu’il est gravé sur une bague. Sur un anneau d’or du XIVe siècle conservé au British Museum, on lit :
Dum dicitur Ananis3ata est mala mors capta
Ananis3atam ferit ile quem ledere querit.
Dans une incantation contre la peste, Ananizapta est répété cinq fois. Sur un camée devant être porté pour se protéger des maladies, le terme est associé à T :
T
Anazapta Dei-Emanuel
Le T représente le Tau grec, qui est lui-même le hiéroglyphe égyptien « signe de vie », la croix ansée. Ce mot est entré dans les lexiques du bas Moyen Âge, dans le Liber ordinis rerum par exemple.
Illustration
On notera les variantes : AMAZAPTA, ANANIGEPTUS ; An An Jzapla ; An An Qepta ; Ananus Qepta.
Illustration Bibl. Royale de Stockholm, ms XIV in kl. 4°, fol. 35 ; Ohrt n° 263 (Ananzapta avec les cinq plaies du Christ) ; Dalton n° 718 ; 870 ; 875 ; Londres, British Library, Sloane 73, fol. 189 v° ; Sloane 389, fol. 92 v° ; Sloane 1315, fol. 97 v° ; Sloane 2187, fol. 17 r° ; Oxford, Bodleian Library, Rawlinson C. 668, fol. 74 r° ; Thiers I, 355 ; Braekman n° 98 ; Grimoires n° 45 ; 108. K. Seligman, « Ananisapta und Sator », Hessische Blätter für Volkskunde 20 (1921), pp. 1-25.
ANASAGES : Vocable à prononcer pour guérir du mal de dents. On rencontre aussi les variantes : AMAZAPTA, ANANIGEPTUS, An An Jzapla, An An Qepta, Ananus Qepta.
Illustration Thiers I, 361.
A. N. D. T. P. E. : Abréviation de « Au nom des trois princes de l’enfer », utilisée dans les Secrets magiques pour l’amour (p. 27).
ANEL ARTUS DUN : Écrits et portés sur soi, ces mots protègent des balles.
Illustration BBE, p. 15.
ANEX ANEXIS ARABS : On gagnera aux cartes et aux dés en écrivant ces mots le soir avec le sang d’une tasse en bois (sic) et en les attachant sous son bras droit.
Illustration Bang n° 1142.
ANOEAM EMANEAN NATAN : Pour éteindre le feu, écrire ces mots sur une feuille de plomb et la jeter dans les flammes.
Illustration ANSRAND.
Illustration BBE, p. 19.
ANSA : Ce terme apparaît dans une formule du XIe siècle destinée à protéger l’homme des flèches du diable, en fait des démons : O ligeo. ansa. amur. eus. Hieus. hus. Nom. liberatius. Geratius. Ce charabia se retrouve dans un charme contre la fièvre que l’on date du Xe ou du XIe siècle : ansa amuhus deus, hus mun, hus anger, liberazius ierosus.
Illustration Franz II, 484 ; Heim 551.
ANSRAND, EMANSRAN, NOTAN : Pour arrêter un incendie, écrire ces mots sur un morceau de plomb que l’on jette dans le feu. Les variantes sont nombreuses :
Anoran, Emaran Notan ;
AmiorIllustration Nator ;
Amior † Natan ;
† amiorant † Emanuron † Nator ;
Notan se transforme peu à peu en Natanieel.
Illustration ANOEAM.
Illustration Bang n° 1118.
ANTE SUPERANTE : Pour guérir le membre déboîté d’un cheval, on dit : Ante, patante, suparante in nomine Patris, etc. D. Camus a recueilli une autre formule encore utilisée il y a quelques années et destinée à protéger le bétail :
Ante †
Superante † †
Superante te † † †
Une autre formule plus courte prescrit de faire le signe de croix avec du sel sur chaque bête ou à l’entrée de l’étable, de la porcherie, du poulailler ou du clapier. En disant simplement Ante, Ante te, Superante te et en signant une entorse, on la guérit. La plus ancienne attestation se rencontre en Angleterre dans un charme du XVe siècle contre l’entorse d’un cheval (Illustration ZINUPT). Aux Pays-Bas, † Ante † Sus ante † Per Ante † guérit la goutte.
On prétendait encore que, pour rendre un coq immortel, il fallait écrire sur un papier Ante, Ante te, super Ante te, le lui faire avaler, dire trois fois cette formule sur son bec, lui clouer la tête sur la table avec un clou neuf puis retirer le clou !
Illustration AMOUZIN.
Illustration Thiers I, 361 sq. ; JvH n° 491 ; Camus 1990, n° 77 ; 79 ; 81 ; 87 sqq. ; Camus 2001, pp. 101-104 ; Hunt, p. 96 ; JvH n° 231.
ANTHOS, ANOSTROS : Pour se faire aimer de tout le monde, il faut porter au cou un billet où est écrit : Anthos, Anostros, Noxio, Bay, Gloy, Apen.
Anthos est aussi l’un des termes devant être inscrits sur un billet que l’on porte avec des reliques et qui sert de phylactère.
Variante : † Anthos † â aortoo † noxio † bay † gloy † aperit.
Illustration Thiers I, 410 ; I, 313.
ANULA. SINULA. ADEA : Ces mots sont utilisés dans une conjuration de la fièvre datant du Xe siècle et renforcent, ou sont renforcés, par vincit leo et Christus natus (voir ces entrées). Le récitant demande à Dieu d’en délivrer son serviteur. Anula est peut-être l’hébreu Ani El, « Je suis Dieu ».
Illustration Franz II, 481.
ANUOLL, AORDA : Pour découvrir un larron, il faut écrire cette formule sur du fromage que l’on donne à celui qu’on soupçonne de vous avoir volé : Anuoll, Aorda, Laboro Dolor Paupertin. Giam Tuam.
Il ne pourra en avaler une bouchée. Les mots latins ne donnent pas de sens : Giam devrait être l’accusatif de Gloria, laboro, « je travaille », dolor, « douleur », paupertin, « pauvre ».
Illustration Bang n° 1144.
† A. Π : Pour faciliter un accouchement, il faut écrire ces lettres sur un parchemin et le poser sur la parturiente, puis dire « au commencement était le Verbe » (début de l’Évangile selon saint Jean) suivi de : † soter zz, Dieu était le Verbe † sauveur. Cela était au commencement. † agio † en Dieu † allocax.
Illustration Aymar, p. 340.
APPACION : Un manuscrit de Cambridge daté de 1044 contient une formule contre la goutte : + Appacion ++ Appria + Appremont et qua settuena +. Il faut l’écrire sur un parchemin et la porter autour du cou pour se protéger de la maladie. Appremont est certainement apparenté à IllustrationABREMONTE.
Illustration Tony Hunt, p. 73 & 144.
ARA : C’est l’un des composants de la formule magique suivante, dont les neuf termes forment un carré :
Ara Ira Ora
Ora Ara Ira
Ira Ora Ara
On rapproche Ara d’A(b)rac, mot entrant dans la formule Abrac Abeor Aberer, et qui se trouve dans l’Heptamaeron de l’astronome Pierre d’Abano (mort en 1316). J.-B. Thiers note une formule semblable : Abrac Amon...
Illustration Thiers I, 361.
ARABA OMEL ALIFAL : Portés sur soi, les mots suivants protègent des flèches et des projectiles : Araba Omel alifal Cuttar uden et armoen Trola Coblamot Fasteanus.
La variante suivante date de 1750 environ : Araba. Omet. Arliful Cultaru om et Aruoru, Prole. Kablamat y all canus.
Un autre charme recommande à qui est blessé de porter sur soi une longue formule incompréhensible dans laquelle se retrouvent les éléments ci-dessus : Ababaomel Arli Ssus / Culteaum Armoem / Proba Cablanis / Wartilnum.
La comparaison des variantes ne permet pas, hélas, de reconstituer les graphies originelles.
Illustration BBE, p. 15 ; Bang n° 1095 ; n° 1113.
ARARACARARA : Mot magique gravé sur une tablette d’envoûtement découverte dans l’amphithéâtre de Carthage, et inséré dans la formule : araracarara eptisicere cycbacyc bacacicyχ bacaχieyc obrimemao saum obriulem patatnaχ apomspsesro iaω iossef ioerbet ioparcebet bolcoset.
Selon un autre témoin, bacacicyχ bacaχieyc serait le nom d’un démon : erecisipte araracarara eptisicere coggens enim vos enim et reges demoniorum bacaχicyχdemenon bacaχicyχ cogens enim vos et iudices exsenγium animarum qui vos in tachymorey vite iodicaveunt criny. arinchor...
Illustration Audollent, p. 345 sq.
ARAGON SARAGON ATRAGON SUTAGON : Pour guérir le mal de dents, il faut écrire ces mots sur quatre morceaux de pain et en donner un au patient chaque matin.
Variantes : Ageram Saragoen Alagon Salagon ; Arego Saragoen Alagon Salagon.
Quant au Grimoire de Jeløen, compilé en Norvège vers 1750, il présente la formule ainsi :
Illustration
Illustration Bang n° 1152.
ARAKHA ARAKHA, ARAKHAËL : Formule d’exorcisme de la « Prière de saint Gregorios » copte.
Illustration Lexa, t. 1, p. 109.
ARA LIEA : Pour guérir trois types de fièvres, les Roumains du XIXe siècle écrivaient cette longue formule sur du papier que le malade devait conserver sur lui : ara liea, sadeleia, tracu, leovitu, inelegami, naşegon, isu : islugi, vaşah, abaset, bluşiaia, nemulea raboja. Le patient devait les lire trois fois par jour.
Illustration Manuscrit roumain BAR 4458, folio 94 r°.
ARAPS IASPER SCRIP : Pour capturer des serpents, on utilisait en Angleterre la formule suivante « au nom du Père, etc. » : Araps Iasper Scrib Porro Pontem Zoro Zehebete Zaraf Maras Spiritus Praclitus.
Illustration British Library, Royal 12 B. XXV, folio 62 v°.
ARARITA : Acrostiche d’une transcription de l’hébreu Achad Rosh Achadotho Rosh Ichuto Tamaratho Achad, Illustration, qui se lit aujourd’hui Ekhad rosh, Akhduto rosh, yekhudo temurahzo (« Un est son commencement ; une est son individualité ; sa permutation est une »). Le mot fait partie des formules régressives ; on le copie en retranchant une lettre à chaque fois :
Illustration
Il faut faire une croix sur le front du malade avec un couteau, dire consummatum est, couper ensuite lettre après lettre avec le couteau. Henri Corneille Agrippa cite Ararita comme un nom divin. Porté gravé sur une lamelle d’or, le mot protège de la mort subite (Semiphoras). Dans Les Clavicules de Salomon, c’est un nom divin orthographié Araritha et il est accompagné des characteres suivants :
Illustration
Illustration Grimoires n° 11 ; Agrippa, De occulta philosophia III, 11 ; Clavicula, p. 28 ; Schemhamphoras, éd. Schäuble, p. 300.
ARATALY : Au XIIIe siècle, en Angleterre, on attachait au bras d’un malade cette formule régressive écrite sur un feuillet, on l’y laissait pendant neuf jours, récitant chaque jour trois Notre-Père en l’honneur des apôtres Pierre et Paul, puis on ôtait la feuille et le patient était guéri.
Illustration
Illustration K. Thomas, La Religione e il declino della magia. Le credenze popolari nell’Inghilterra del Cinquecento e del Seicento, Milan, 1985.
ARATO : Début d’un charme destiné à ouvrir les portes et rapporté par Jean Wier (XVIe siècle) : « Pour ouvrir les portes fermees, il faut prendre un morceau du cierge dont on s’est aidé à baptiser, & y imprimer des fleurs que l’on nomme clochettes de nostre dame, & attacher le tout en la partie de deuant de la chemise. Puis quand vous coudrés ouurir il faudra souffler par trois fois en disant ces paroles : Arato hoc partiko, hoc maratarikin, en ton nom j’ouvre ceste porte, laquelle ie suis contraint de rompre, tout ainsi comme tu romps les enfers, In nominé Patris, & filij, & Spiritus sancti. Amen. »
Le dernier mot est aussi écrit maratarykin.
Illustration Wier III, 9 ; Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 14.
ARC : Pour empêcher un chien de mordre et d’aboyer, on dit trois fois ce qui suit en le regardant : « L’arc barbare, le cœur se fend, la queue se pend, la clef de saint Pierre te ferme la gueule jusqu’à demain. »
Illustration Honorius, p. 70.
ARCHITRICLIN (Architeclinus, Archideclin, Archedechne) : On invoque ce pseudo-saint pour les maladies des chevaux, contre la fièvre. Le nom désignait à l’origine celui qui était chargé de l’ordonnance du festin. L’architriclin des Noces de Cana (Jean 2, 1-11) devint même le nom propre d’un riche seigneur et d’un saint, saint Agrias.
Illustration Braekman, pp. 235-238 ; Bibl. Royale de Stockholm, ms. XIV in kl. 4°, fol. 137 ; Hunt, p. 360.
ARCUM CONTERET & CONFRINGET ARMA &C. : Dans un charme visant à préserver de maints dangers sont accumulées toutes sortes d’emprunts aux Écritures et surtout aux psaumes, aux symboles et aux personnages chrétiens. Arcum... est tiré du psaume 45, 10 :
Arcum conteret & confringet arma, &c. Monstra te esse matrem, &c. Dextera Domini, &c. Miserator & misericors Dominus, &c. Sancte Deux, &c. Deus qui in tot periculis, &c. Deus autem transiens, &c. Domine Iesu Christe Fili Dei vivi qui hora, &c. † Agla Pentagrammaton Illustration OnIllustration AthanatosIllustration AnafarconIllustration &c.Illustration Crux Christi salva meIllustration &c. Perscrutati sunt, &c. Ave Virgo gloriosa, &c. Hagios invisibilis Dominus, &c. Per signumIllustration Domine Tau libera me, In nomine Patris, &c. Adonay Iob Magister dicit, 91. O bone Iesu, &c.Illustration AnanizaptamIllustration IhozathIllustration L A Laus Deo semper O inimici mei ad vos nemo, &c. In nomine Iesu, &c.
On retrouve la formule dans le Grimoire du pape Honorius : « Pour empêcher un chien de mordre et d’aboyer, dites trois fois, regardant le chien : “L’arc barbare, le cœur se fend, la queue se pend, la clef de saint Pierre te ferme la gueule jusqu’à demain. ” »
Monstra te esse matrem (« montre-toi comme mère ») vient du miracle de la lactation de saint Bernard de Clairvaux : quand il prononça ces mots devant une statue de la Vierge, elle s’anima et lui lança du lait dans la bouche. Les peintres ont souvent illustré ce miracle. Dextera Domini (fecit virtutem) vient du psaume 117, 16. Miserator & misericors Dominus est tiré de la Première épître de Jacques (5, 11) ou du psaume 144, 8.
Illustration Grimoires n° 108.
ARCUS SUPED ASSEDIT : Un charme en vieil anglais nous dit que, pour guérir les furoncles du cheval, il faut chanter ceci neuf fois avec un Notre-Père sur un pain d’orge qu’on lui donne ensuite à manger : Arcus suped assedit virgo cannabid lux et ure canabid.
Grâce à trois incantations parallèles des XIVe et XVe siècles, les savants ont découvert qu’il s’agissait ici de la déformation de la phrase : Arcus super nos sedit, uirgo natabit, lux et (h)ora sedebit, « l’arc-en-ciel a reposé sur nous, la Vierge — sans doute le signe zodiacal — a nagé, la lumière [le jour] et l’heure [de la naissance] seront fixées ».
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 152 ; 488-491 ; Storms n° 84 ; Oslan, « The Arcus Charms and Christian Magic », Neophilologus 73 (1989), pp. 438-447.
AREBRODAS : Mot cabalistique protégeant de la morsure des chiens. On le porte sur soi, ainsi écrit :
Illustration
Certains érudits pensent qu’Arebrodas est dérivé de Sator Arepo.
AREX : Au XIIIe siècle, on utilisait la formule suivante contre la fièvre : † Cristus † arex † yre † artifex † ranx † yriorum, et pour ceux qui « sont travaillés de nuit », c’est-à-dire font des cauchemars, en même temps que les noms des sept dormants d’Éphèse.
Illustration Arox.
Illustration Hunt, p. 84.
ARILL. AT. GOLL. GOTTZO : Formule amulettique qu’il faut porter pour se protéger des balles.
Illustration Secret 2, 304.
ARKE PIAS FERDACO SIRCARI : Dans un rituel destiné à apprendre comment va une personne dont on est sans nouvelles, on utilise ces mots.
Illustration Werner n° 5, p. 196 sq.
ARMINI FARINI RESTINGUO : Pour se protéger des armes à feu, on écrivait ceci sur un papier que l’on avalait ; on pouvait aussi prononcer ces mots lorsqu’on était en danger. Ces mots sont sans doute la déformation de Arma ignifera restinguo, « j’éteins les armes à feu ».
Illustration Werner n° 6, p. 197.
AROLS, ARSINE, ARABOR ASASUS : Pour gagner au jeu de cartes ou aux dés, écrire ces mots avec son sang sur un papier que l’on s’attache avec un fil de chanvre filé un dimanche pendant la messe.
Illustration ANANIS.
Illustration Bang n° 1136.
AROS NEMOS HELY : Ces mots doivent être écrits sur une peau de mouton blanc et accompagnés de Jésus, d’Alpha et d’oméga, des noms des Sept Dormants d’Éphèse ; on lave la peau dans de l’eau et on la donne à boire à qui souffre de la fièvre quarte.
Illustration
Illustration Heidelberg, Cpg 267, folio 12 r°.
AROX AXAX APORTAXA : Écrite sur un parchemin vierge et placée sous l’oreiller, cette formule procure un bon sommeil.
Illustration Arex.
Illustration Grimoires n° 29.
ARS NOTORIA : L’Art notoire est un traité de magie du XIIIe siècle, dont cinquante-trois manuscrits nous sont parvenus et qui propose des oraisons permettant d’assimiler les enseignements des Arts libéraux, c’est-à-dire du Trivium (grammaire, rhétorique, logique) et du Quadrivium (musique, géométrie, astronomie / astrologie, théologie). Dieu l’aurait révélé à Salomon, le maître des esprits et le détenteur d’un pouvoir surnaturel.
D’après le témoignage de Flavius Josèphe (Ier siècle), un livre d’incantations circulait sous son nom :
« Comme il avait composé des incantations pour conjurer les maladies, il a laissé des formules d’exorcisme pour enchaîner et chasser les démons, de façon qu’ils ne reviennent plus. Et cette thérapeutique est encore très en vigueur jusqu’ici chez nous. C’est ainsi que j’ai vu un certain Éléazar de ma race qui, en présence de Vespasien, de ses fils, des tribuns et du reste de l’armée, délivrait des gens possédés des démons. Le mode de guérison était celui-ci : il approchait du nez du démoniaque un anneau dont le chaton enfermait une des racines indiquées par Salomon puis, le faisant respirer, il effrayait l’esprit démoniaque par les narines ; l’homme tombait aussitôt et Éléazar adjurait le démon de ne plus revenir en lui, en prononçant le nom de Salomon et les incantations composées par celui-ci. A l’effet de persuader et rendre plus manifeste aux assistants qu’il possédait bien ce pouvoir, Éléazar plaçait à proximité un gobelet plein d’eau ou un bain de pieds et il ordonnait au démon, une fois sorti de l’homme, de renverser ces récipients et de faire ainsi connaître aux spectateurs qu’il avait quitté l’homme. C’est ce qui arriva et ainsi s’affirmèrent l’intelligence et la sagesse de Salomon » (Antiquités judaïques II, 5).
Illustration
Une page de l’Ars notaria copié en 1295.
Selon d’autres, l’auteur en serait Apollonius de Tyane. En récitant des oraisons faites de longues listes de noms divins, d’anges, de mots hébreux, grecs et chaldéens, et en examinant des figures géométriques appelées « notes » (dont le nombre varie de trente-cinq à quarante dans les manuscrits), on obtient l’illumination de l’intellect et on s’approprie le savoir. Ce grimoire comporte deux parties : 1. les Flores aurei, avec deux séries d’oraisons pour développer les facultés intellectuelles et acquérir les disciplines ; cette première partie s’annonce par : « Voici le premier traité de cet art que maître Apollonius a appelé Les Fleurs dorées, introduction générale à toutes les sciences naturelles, ce qui est confirmé par l’autorité de Salomon, de Manichæus et Euduchæus » ; 2. dix oraisons d’acquisition du savoir. En finale, neuf oraisons précèdent les « notes ». Certaines oraisons sont divisées en plusieurs parties ; il est indiqué comment les réciter et elles sont mises en liaison avec les phases de la lune.
Illustration ASSAYLEMATH ; DE. EL. ; ELIPHAMASAY ; EZOMAMOS ; GEZEMOTHON ; GEZOMELION ; HANAZAY ; HANCOR ; HELYSEMATH ; LAMED ; LAMETH ; THEON ; THEOS PATER.
Illustration Julien Véronèse, L’« Ars notoria » au Moyen Âge, Florence, 2007 ; Ars notoria. The Notory Art of Solomon shewing the Cabanistical Key of magical Operations..., Londres, J. Cottrel, 1657 ; sur la formation des noms, et des mots, cf. R. W. Daniel, F. Maltomini, Supplementum magicum I, Opladen, 1990, pp. 4-6 ; F. Dornseiff, Das Alphabet in Mystik und Magie, Leipzig-Berlin, 19252, pp. 63-67.
ARSILIU ARZAMISU : Pour guérir trois types de fièvres, les Roumains du XVIIIe siècle écrivaient cette formule sur du papier que le malade devait conserver sur lui : arsilisu arz misu pe murat, de dat, faraon. Le patient devra les lire trois fois par jour. Dat peut signifier « sortilège » (fapt), et faraon, « pharaon ».
Autre formule pour la même fièvre : ara liea, sadeleia, tracu, leovitu, inelegami, naşegon, isu : islugi, vaşah, abaset, bluşiaia, nemulea raboja.
Illustration Manuscrit roumain BAR 4458, folio 94 r° ; BAR 4743, fol. 184 v°.
ARTUS : Le terme fait partie de deux carrés magiques imparfaits destinés à protéger de l’épilepsie :
Illustration
Ageront Nageront Sebeont
On rencontre Artus dans une collection de recettes anglo-irlandaises du Moyen Âge, où le terme est utilisé dans une prescription contre les fièvres. Sur une cédule, il faut écrire : ††† hympnus † artus † arus † tremens † eloy †, suivi, en latin, de « le vent frotte, l’ange annonce, le Christ libère ††† » ; on le liait à la main droite en récitant plusieurs prières (Notre-Père, Credo, Ave Maria), on le gardait trois jours pendant lesquels on jeûnait, puis on retirait la cédule, on la brûlait et on jetait ses cendres dans l’eau courante qui emportait le mal. On retrouve Artus dans un bref pour se protéger des balles.
Illustration
Illustration ANEL.
Illustration Grimoire de Jeløen ; Bang n° 1127 ; Grimoires n° 53.
ASKION, KATASKION, LIX, TETRAX, DAMNAMENEUS, AISIA : Ephesia grammata que l’on disait être écrits sur la statue d’Artémis à Éphèse. On prononçait cette formule pour se mettre à l’abri du mal. Le dernier mot est asia ou asion. Le plus ancien témoin date du IVe siècle avant notre ère.
Illustration Roy Kotansky, « Incantations and Prayers for Salvation on Inscribed Greek Amulets », in : C. Faraone & D. Obbink (éd.), Magika Hiera. Ancient Greek Magic and Religion, New York, Oxford, 1991, p. 111 ; D. Ogden, « Voces magicae, Letters, Shapes and Images », in : Valerie Flint, Witchcraft and Magic in Europe : Ancient Greece and Rome, Londres, 1999, pp. 46-50.
† ASLA † TARA † PENTA : Formule qui apparaît dans un rituel de fabrication d’une bague donnant la victoire, devant être forgée des sept métaux, fondue sous les sept planètes ; il faut ensuite y graver † Asla † Tara † Penta. Une fois passée à l’annulaire de la main droite un vendredi, il faut dire : O Fuska — Criame — Lera.
Illustration Bang n° 1042.
ASMALIOR : Pour plier une femme à sa volonté, il faut faire un anneau d’or enchâssé d’une pierre jaune dans la treizième mansion de la lune et y graver le caractère ci-dessous ; puis on place sous la pierre le mot Asmalior écrit avec du sang de colombe blanche sur un parchemin vierge parfumé d’aloès.
Illustration
Illustration British Library, manuscrit Landsdowne 1202 4to, folio 173.
ASMOT : Le Libro de segretto e di magia (p. 5) offre cette formule de protection destinée à paralyser les ennemis qui vous veulent du mal : Asmot † Deo Vir † Birtir † Ligete in omnibus membris tujs quia te corumpere volo.
ASSAYLEMATH : Début d’une oraison attribuée à Salomon au XIIIe siècle. Elle fait que Dieu accroît la mémoire, la raison et l’éloquence du récitant ; elle est d’abord donnée sous une forme abrégée :
Assaylemath, assay, Lemeth, Azzabue
AZzaylemath, Lemath Azacgessenio
Lemath, Sebanche, Ellithy, Aygezo
puis in extenso :
Ars notoria p. 14 sq.
Azay lemach azae gessemon thelamech azabhaihal sezyon traheo emagal gyeotheon samegon pamphilos sitragramon limpda jachim alna hasios genonagal samalayp camiel secal hanagogan heselemach getal sam sademon sebmassan traphon oriaglpan thonagas tyngen amissus coysodaman assonnap senaly sodan alup theonantriatos copha anaphial Azathon azaza hamel hyala saraman gelyor synon banadacha gennam sassetal maga halgozaman setraphangon zegelune Athanathay senach zere zabal somayel leosamach githacal halebriatos Jaboy del masan negbare phacamech schon nehooz cherisemach gethazayhy amilya semem ames gemay passaynach tagayl agamal fragal mesi themegemach samalacha nabolem zopmon usyon felam semessi theon, Amen
Liber iuratus chap. XXI
Hazailzemaht uel Hasaylemath lemaht azac gessemon thelamoht hazab habatal haebal sezior sicromagal gigoro mogal gielotheon samagoy haphiles pamphilos sicragalmon lanpda iothun halnal hailos halna genenogal samanlay tacayhel thamiel secalmana hoesemolas hesemelaht gesatham cethal stilmon saibaiol semalsay crathon hanagnil panconuegos tyngeny hamyssitoy sebarnay hassinilop thenaly soday henaly halaco meahil crihicos sepha caphanal hazaron tezamahal haila saraumay gelior synoy bariachacha gehemizay ietrafagon. legelyme hathamathay senac gromyazay sothalmagaal iemazai zehemphagon hasihezamay legelime hacama ieizobol ierozabal symalyel seymaly seihel leosamaht gemyhacal halabre cyophagros theos phabos ycolmazay negen pharamepht nehihahon sehon gethorem nehehom helisemaht saratihai ierasiai hynaliha sememamos gezamay iecremai passamaht thagail hagamal fagamesy fagamesym themegoman zemegamary salamatha salamothono bon lon. sepizihon harion vsyon semession tegon. amen
Liber iuratus chap. XX
Assaylemaht uel Assailamath rasay semaht azahat araaht lameth hazabat hamat hamae gesemon grephemyon zelamye hazatha hamatha hazaremehal hazanebal helial zebial seziol semyhor hamissiton fintiugon tintiugethe hamissirion sebarnay halmoth alymyon gemail halimot sadail hehomail neomail cristos thiothot sepha taphamal paphalios sicromemior laupdau laupta iothileta lazahemor iemeamor letahemor saromegall haemor giseleccor gihelerathon glereleon gamasgay semagar semalgay semasgyy balna atheton iesamahel gegemahelay hala hela iemay semethay may semnay geles syney iolehelney iesmar samennay bariaccoca cariactera tharietha socalmata getymay socalma socagamal helgezamay balma hailos halos zaynos ienenegal sarimalip sacramalaip tamygell thamal sathabynhel sathabmal samal maga samalanga saminaga satalmagu silymal salmana sagnaht silymythu semalsay gahit galiht gezamanay sabal zegahaton zehanphaton iezamycrathon iecnaphaton iezemo iezelem ioselimen hatanathos hathanathay semaht zemehet iezorahel chetorab helgezorabal craton hariobal hariagal hanagai hariagil parithomegos samaziel simazihel leosemaht leosamaty thenuathol genynatol gemizacol hebalthe halabee hamysschon sebanay halmye gemail sadail neomahil cristolepha caphanial hazaron gezamel haymal haihala sememay geliesmoy thanccha gemiazay zohanphaton ielesamen hathanathay gemaht iesomabelhaynosiel halabethen iabaioge halabeht ebalohe myphos phabos phelior phobos ydolmassay predolmassay pholior negioggen neginather pharamnee pharanhe stomicopten sohomythepoten hymaliassenon ymiamos manyhas geromay yemay ierathay-
azai passamaht thon beht bon sathamac hagynol naragal semozihot nerothinay ragnathi ranal ragnali ragahal hagmal hagamal sagomossyn. agemesym domogetha theomegen theromagen salmatha salamaht zalamatha hon bolon lialon sephezium sapinon saphiamon hamon harion vsyon gemessyon sepha phalymyt sebanay hamyssithon thnitingren harcon rogonbon vsyon amen.
On reconnaît notamment le grec crathon, « pouvoir, puissance », theon / theos, « dieu », hathanathay pour athanathos, « immortel »...
Illustration ARS NOTORIA ; ORAISON.
Illustration Ars notoria, p. 14 sq. et 106 sq.
ASTAROTH : Ce nom ne désigne pas seulement le prince de l’enfer tirant son nom de la déesse-mère sémitique Ashtoreth, l’Astarté phénicienne, l’Ishtar babylonienne, c’est aussi un mot magique que l’on trouve sur un anneau attribué à Salomon. Le premier, en or, fabriqué dans la deuxième mansion de la lune, porte une pierre jaune gravée du signe ci-dessous ; sous la pierre, on place « Astarot » écrit avec du sang de colombe blanche sur du parchemin vierge parfumé d’ambre, ce qui permet d’obtenir un esprit familier.
Illustration
Illustration British Library, manuscrit Landsdowne 1202 4to, folio 172 sq.
ATAY DE SATAY SURATAY AVALDE, MARCHE : Répétée trois fois, cette formule sert à guérir la foulure et l’entorse des hommes et des animaux.
Illustration Honorius, p. 108.
ATHAGON : Pour faire disparaître le mal de dents, écrire ce mot sur un bout de pain et le placer sur la dent ; quand la douleur est calmée, le cracher dans le feu et expectorer trois fois après.
Illustration Bang n° 1151.
ATHENA : Écrit sur une feuille d’olivier que l’on attache à sa tête, ce nom est efficace contre les céphalées. Le rapport avec la déesse de l’Antiquité est sans doute le suivant : Héphaïstos fendit le crâne de Zeus d’un coup de hache et Athéna jaillit tout armée.
ATRACATETRACATI : Mot magique gravé sur une tablette d’envoûtement censée protéger une tombe des violeurs de sépulture, et inséré dans la formule : Atracatetracati gallara precata egdarat hehes celata mentis ablata.
Illustration Audollent, p. 168 sq.
† AUGUSTI † DECH † : Pour rester très fort, c’est-à-dire empêcher que quiconque puisse vous nuire, il faut prononcer ce qui suit en demandant à Lucifer de lier pieds et poings de l’ennemi potentiel : † Augusti † Dech † Reqvition † et Morti † Fischation † Itadoch † Segene † Amen x.
Illustration
Illustration Grimoire de Jeløen ; Bang n° 1371.
AULU SAURE (αυλoυ σαυρε) : Pour être à l’abri des maladies graves et des infirmités, on grave ces mots sur un tube en or où l’on place la patte droite d’un lézard, et on porte ce phylactère au bras gauche, nous disent les Cyranides latins au XIIe siècle. Les manuscrits byzantins de ce texte donnent : Eβλoὐ Σαυρε.
Illustration Cyranides II, Z.
AURATABUL : En écrivant trois fois cette formule réductrice au-dessus de la porte de la maison visitée par un voleur, on oblige celui-ci à revenir et on peut s’en emparer :
Illustration
Illustration BBE, p. 29.
AVIGAZITOR : Ce mot magique peut dénouer l’aiguillette (magie sexuelle) si on l’écrit sur un parchemin vierge avant le lever du soleil. Dans l’Archidoxis magica (I, 8) du Pseudo-Paracelse, le mot est écrit AVGALIRTOR et accompagné des caractères grecs Cαλιχoμϕιλα, le tout devant être attaché autour du pénis.
Illustration Thiers I, 359 ; 413 ; 4, 590.
AVIS GRAVIS SEPS SIPA : Ces termes sont la déformation d’une invocation grecque de Dieu. Selon Arnaud de Villeneuve, elle dénoue l’aiguillette si on l’écrit dans les angles d’une croix entourée du début de l’Évangile selon saint Jean ; on dilue les tracés avec de l’eau bénite, ou dans du vin, que l’on boit. On trouve aussi ces mots sous la forme : Anis otheus aius ageatus eleison, etc., plus intelligible.
Illustration Franz II, 481 ; Arnaldus de Villanova, Opera, Lyon, 1509, fol. 215 v°.
Illustration
A X : Pour éviter d’être enceintes, les Byzantines avaient recours à la magie. Au décours de la lune, elles écrivaient les lettres suivantes qu’elles portaient sur elles. L’auteur de la prescription leur propose même de vérifier leur efficacité : « Attachez-les à un arbre, il sera stérile ou se desséchera. » α ξ β δ χ σ θ ω ξ η θ γ ω π ϕ ε γ χ
Illustration Tselikas, p. 73.
AXTU SVATUS : Pour guérir un cochon malade, on lui faisait manger cette formule : Axtu svatus sutus eiortus fiilkout ertratus.
Illustration Espeland § 13.
AZARIEL ! CAKARIEL ! MESCA ! : Pour éteindre un incendie, il faut jeter du gros sel bénit aux quatre coins du feu et dire quatre fois ces mots en étendant les bras devant lui. Ces trois noms sont la déformation de ceux des trois Hébreux dans la fournaise — Shadrac, Meshac, Abednego —, régulièrement invoqué dans les incendies.
Illustration ANANIA.
Illustration JvH n° 684.
Illustration
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Bonjour,
Un grand Merci Pascal pour tout ce travail que tu as fait à seule fin de nous surprendre sur les possibilités infinies de la magie et dont on ignore les possibilités dans ce monde matérialiste qui ne nous pousse pas à y croire mais plutôt à ricaner sous nos capes d'indifférence froide, les gens ne visant généralement que l'intérêt matériel pour le plus grand nombre. Et parmi les puissants, beaucoup ont recours à la magie mais ne le disent pas publiquement.
Pascal m'apparait comme un tentateur et il le ressent sans le moindre doute, il nous livre des clefs en connaissance de causes et si nous osons choisir certaines d'entre elles, nous risquons de tomber dans la magie noire dont il faut pourtant absolument se préserver pour ne pas ensuite souffrir des millénaires durant dans l'Averne.
Par exemple, il y a comment gagner au jeu, ou comment gagner un procès bien qu'on soit coupable ou comment rendre amoureux la femme dont on s'est épris. Si vous tombez dans ses écueils pour vous satisfaire égoïstement, vous faites appel à certains démons qui par la suite vous entraveront à perpétuité. Je ne vous parle pas de mon expérience personnelle car je n'ai pas conscience de tous ces dangers qui semblent si loin de la réalité de notre vie de tous les jours dans notre monde si matérialiste ou la moindre chose est validée ou rejetée par la science des hommes, petite science si restrictive qui a dépossédé les gens de tous les pouvoirs magiques que certains d'entre nous savaient utiliser dans les siècles où cette connaissance était transmise sous le manteau et dans la forêt dans d'étrange cahutes de sorciers et sorcières qui ne sont pas tous à ranger dans le même panier que l'a fait l'inquisition qui a outrepassé sa fonction, compromise par les gens de pouvoir de l'époque qui ont désigné des gens qui n'avaient rien de sorcier juste pour se venger ou parce qu'elles avaient refuser de leur accorder leurs faveurs sexuelles!
Il ne faut jamais imposer sa volonté à autrui. Et il ne faut pas jouer à la magie inconsidérément sans voir les ressorts sur lesquels on agit. Il faut demander aussi toujours la permission au Père avant de formuler le moindre d'acte de Magie comme le VM le faisait lui-même, ne serait-ce que pour demander la dissolution d'un nuage et même de demander toujours l’assentiment du Père avant même de propulser "sa jambe gauche par devant l'autre".
J'aime bien le choix que Pascal a fait de nous donner ces formules sans retirer celles qui relèvent de la magie noire, bien qu'il apparaisse déroutant. Je sais que si Paul revenait s'exprimer parmi nous, peut-être qu'il n'apprécierait toujours pas ce choix et ne manquerait pas de s'exprimer là-dessus, parlant du danger de plonger en magie noire, s'en prenant violemment à Pascal à moins qu'il se soit assagi car il a beaucoup travaillé sur lui-même ces dernières années pour réviser son jugement et la manière de vouloir imposer sa volonté aux autres certain de son bon goût.
C'est à chacun d'entre vous de faire le bon choix selon les circonstances. Il faut parfois aussi agir comme un démon pour les tromper ou peut-être venir en aide à certains qui sont perdus. Ce sont peut-être les seuls cas où l'on peut faire appel à la magie noire, pour agir conformément à ce qu'il est dit sur celui qui se tient droit sur le chemin du milieu tel un rebelle face aux démons et aux agneaux, au delà du bien et du mal. C'est un chemin qui est tellement difficile et pourtant qui apparait comme passionnant à arpenter. Plus gros seront les risques de tomber, plus grandes seront les récompenses qu'on recevra jusqu'à atteindre un jour la libération finale dans cette vie ou dans une prochaine pour de très rares parmi nous. Je m'ôte de ce lot pour cette vie en toute connaissance de causes. Mission trop lourde et qui ne semble pas être la mienne pour cette vie.
Pascal a ouvert une grande porte qui mènera les uns à devenir des mages blancs mais d'autres à se voir à fouler la grande porte des Enfers dont Samael Sabaoth a les clefs. Ainsi en sera-t-il si votre choix est égoïste et malencontreux dans le seul but de vous grandir, de vous propulser devant les autres, d'acquérir plus de pouvoir, plus de richesse au détriment des autres sans discernement. Pascal prend ici une lourde responsabilité mais il ne voulait pas garder ces merveilles pour lui tout seul, c'est le propre du frère qui tend la main, sachant que très peu d'entre nous seraient allés d'eux-même lire les livres dont cela est extrait, non seulement parce qu'ils ne sont pas faciles à trouver mais aussi parce que peu auraient eu le courage d'imiter Pascal dans sa démarche généreuse et d'en prendre la lourde responsabilité sur les épaules. D'ailleurs, des craintes l'ont souvent poussé à retirer les formules magiques de notre vue.
Perso, j'ai toujours eu peur de la magie et de commencer à l'employer. J'aimerais mieux par exemple invoquer les anges ou Samael Aun Weor ou Samael Sabaoth ou encore Ma Mère Divine, mon Intime, Mon Père pour qu'ils viennent s'entretenir avec moi et m'aider personnellement à résister à certaines tentations qui me mettent à mal si encore, je suis digne d'être aidé aujourd'hui avec mes éboulement passés et actuels, ce dont je doute fortement mais ils ne faut pas l'écouter sinon on ne fait plus rien entre le doute et la culpabilité qui sont des écueils, mais je ne suis ici que dans l'intellectualisme et pas dans l'action malheureusement. Le meilleur est d'agir dans le bon sens, conduit sereinement par sa conscience qui sait toujours reconnaître le droit chemin, c'est une petite voix intérieure qui nous le dit toujours tant qu'on ne la perd pas. Nous savons très bien au fond de nous-même la reconnaître et je vous souhaite qu'elle reste toujours présente en vous.
Je crois que si j'avais opté pour la magie, j'aurais pu discerner plus tôt la v raie nature de mon débiteur et cela m'aurait préservé d elui et cela m'aurait éviter de lui prêter autant d'argent dans ce que je croyais un acte de bienveillance alors que j'étais complice du délit qui le menait à consommer plus de drogue, ce qu'il faisait dans mon dos mais que je n'ai su qu'après.
Un grand Merci Pascal pour tout ce travail que tu as fait à seule fin de nous surprendre sur les possibilités infinies de la magie et dont on ignore les possibilités dans ce monde matérialiste qui ne nous pousse pas à y croire mais plutôt à ricaner sous nos capes d'indifférence froide, les gens ne visant généralement que l'intérêt matériel pour le plus grand nombre. Et parmi les puissants, beaucoup ont recours à la magie mais ne le disent pas publiquement.
Pascal m'apparait comme un tentateur et il le ressent sans le moindre doute, il nous livre des clefs en connaissance de causes et si nous osons choisir certaines d'entre elles, nous risquons de tomber dans la magie noire dont il faut pourtant absolument se préserver pour ne pas ensuite souffrir des millénaires durant dans l'Averne.
Par exemple, il y a comment gagner au jeu, ou comment gagner un procès bien qu'on soit coupable ou comment rendre amoureux la femme dont on s'est épris. Si vous tombez dans ses écueils pour vous satisfaire égoïstement, vous faites appel à certains démons qui par la suite vous entraveront à perpétuité. Je ne vous parle pas de mon expérience personnelle car je n'ai pas conscience de tous ces dangers qui semblent si loin de la réalité de notre vie de tous les jours dans notre monde si matérialiste ou la moindre chose est validée ou rejetée par la science des hommes, petite science si restrictive qui a dépossédé les gens de tous les pouvoirs magiques que certains d'entre nous savaient utiliser dans les siècles où cette connaissance était transmise sous le manteau et dans la forêt dans d'étrange cahutes de sorciers et sorcières qui ne sont pas tous à ranger dans le même panier que l'a fait l'inquisition qui a outrepassé sa fonction, compromise par les gens de pouvoir de l'époque qui ont désigné des gens qui n'avaient rien de sorcier juste pour se venger ou parce qu'elles avaient refuser de leur accorder leurs faveurs sexuelles!
Il ne faut jamais imposer sa volonté à autrui. Et il ne faut pas jouer à la magie inconsidérément sans voir les ressorts sur lesquels on agit. Il faut demander aussi toujours la permission au Père avant de formuler le moindre d'acte de Magie comme le VM le faisait lui-même, ne serait-ce que pour demander la dissolution d'un nuage et même de demander toujours l’assentiment du Père avant même de propulser "sa jambe gauche par devant l'autre".
J'aime bien le choix que Pascal a fait de nous donner ces formules sans retirer celles qui relèvent de la magie noire, bien qu'il apparaisse déroutant. Je sais que si Paul revenait s'exprimer parmi nous, peut-être qu'il n'apprécierait toujours pas ce choix et ne manquerait pas de s'exprimer là-dessus, parlant du danger de plonger en magie noire, s'en prenant violemment à Pascal à moins qu'il se soit assagi car il a beaucoup travaillé sur lui-même ces dernières années pour réviser son jugement et la manière de vouloir imposer sa volonté aux autres certain de son bon goût.
C'est à chacun d'entre vous de faire le bon choix selon les circonstances. Il faut parfois aussi agir comme un démon pour les tromper ou peut-être venir en aide à certains qui sont perdus. Ce sont peut-être les seuls cas où l'on peut faire appel à la magie noire, pour agir conformément à ce qu'il est dit sur celui qui se tient droit sur le chemin du milieu tel un rebelle face aux démons et aux agneaux, au delà du bien et du mal. C'est un chemin qui est tellement difficile et pourtant qui apparait comme passionnant à arpenter. Plus gros seront les risques de tomber, plus grandes seront les récompenses qu'on recevra jusqu'à atteindre un jour la libération finale dans cette vie ou dans une prochaine pour de très rares parmi nous. Je m'ôte de ce lot pour cette vie en toute connaissance de causes. Mission trop lourde et qui ne semble pas être la mienne pour cette vie.
Pascal a ouvert une grande porte qui mènera les uns à devenir des mages blancs mais d'autres à se voir à fouler la grande porte des Enfers dont Samael Sabaoth a les clefs. Ainsi en sera-t-il si votre choix est égoïste et malencontreux dans le seul but de vous grandir, de vous propulser devant les autres, d'acquérir plus de pouvoir, plus de richesse au détriment des autres sans discernement. Pascal prend ici une lourde responsabilité mais il ne voulait pas garder ces merveilles pour lui tout seul, c'est le propre du frère qui tend la main, sachant que très peu d'entre nous seraient allés d'eux-même lire les livres dont cela est extrait, non seulement parce qu'ils ne sont pas faciles à trouver mais aussi parce que peu auraient eu le courage d'imiter Pascal dans sa démarche généreuse et d'en prendre la lourde responsabilité sur les épaules. D'ailleurs, des craintes l'ont souvent poussé à retirer les formules magiques de notre vue.
Perso, j'ai toujours eu peur de la magie et de commencer à l'employer. J'aimerais mieux par exemple invoquer les anges ou Samael Aun Weor ou Samael Sabaoth ou encore Ma Mère Divine, mon Intime, Mon Père pour qu'ils viennent s'entretenir avec moi et m'aider personnellement à résister à certaines tentations qui me mettent à mal si encore, je suis digne d'être aidé aujourd'hui avec mes éboulement passés et actuels, ce dont je doute fortement mais ils ne faut pas l'écouter sinon on ne fait plus rien entre le doute et la culpabilité qui sont des écueils, mais je ne suis ici que dans l'intellectualisme et pas dans l'action malheureusement. Le meilleur est d'agir dans le bon sens, conduit sereinement par sa conscience qui sait toujours reconnaître le droit chemin, c'est une petite voix intérieure qui nous le dit toujours tant qu'on ne la perd pas. Nous savons très bien au fond de nous-même la reconnaître et je vous souhaite qu'elle reste toujours présente en vous.
Je crois que si j'avais opté pour la magie, j'aurais pu discerner plus tôt la v raie nature de mon débiteur et cela m'aurait préservé d elui et cela m'aurait éviter de lui prêter autant d'argent dans ce que je croyais un acte de bienveillance alors que j'étais complice du délit qui le menait à consommer plus de drogue, ce qu'il faisait dans mon dos mais que je n'ai su qu'après.
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Je comprends ce que tu exprimes concernant les risques perçus autour de la magie et de l’usage des pratiques mystérieuses. Cette crainte n’est pas une faiblesse, elle montre au contraire un sens de la responsabilité et une conscience morale éveillée.
Je ne me considère pas comme un tentateur ni comme quelqu’un qui souhaite entraîner qui que ce soit sur une voie dangereuse. Mon intention n’est pas de pousser à l’action, mais de partager des connaissances qui existent, afin que chacun puisse réfléchir, discerner et choisir avec lucidité. La liberté intérieure ne peut se développer que si l’on connaît les possibilités, les bonnes comme les mauvaises, et si l’on comprend les conséquences des choix que l’on fait.
Tu as raison de rappeler qu’il ne faut jamais imposer sa volonté à autrui ni rechercher des avantages égoïstes en utilisant des forces que l’on comprend mal. Le chemin le plus sûr est celui où l’on agit en accord avec la conscience et le respect du libre arbitre. L’essentiel est d’être honnête avec soi-même et de rester fidèle à ce que l’on sait être juste.
Le doute, la culpabilité ou la peur de mal faire sont des obstacles courants. Pourtant, la petite voix intérieure que tu mentionnes est souvent la meilleure boussole. Chacun avance à son rythme, dans cette vie ou dans une autre, et personne n’est obligé de forcer une étape pour laquelle il ne se sent pas prêt.
Je ne prétends pas ouvrir des portes pour que certains chutent et que d’autres s’élèvent. Je souhaite simplement que ceux qui cherchent puissent trouver des éléments utiles à leur réflexion. Ce que chacun en fera dépend uniquement de lui-même, et je respecte toutes les démarches, y compris celles qui préfèrent la prudence et la contemplation.
Je ne me considère pas comme un tentateur ni comme quelqu’un qui souhaite entraîner qui que ce soit sur une voie dangereuse. Mon intention n’est pas de pousser à l’action, mais de partager des connaissances qui existent, afin que chacun puisse réfléchir, discerner et choisir avec lucidité. La liberté intérieure ne peut se développer que si l’on connaît les possibilités, les bonnes comme les mauvaises, et si l’on comprend les conséquences des choix que l’on fait.
Tu as raison de rappeler qu’il ne faut jamais imposer sa volonté à autrui ni rechercher des avantages égoïstes en utilisant des forces que l’on comprend mal. Le chemin le plus sûr est celui où l’on agit en accord avec la conscience et le respect du libre arbitre. L’essentiel est d’être honnête avec soi-même et de rester fidèle à ce que l’on sait être juste.
Le doute, la culpabilité ou la peur de mal faire sont des obstacles courants. Pourtant, la petite voix intérieure que tu mentionnes est souvent la meilleure boussole. Chacun avance à son rythme, dans cette vie ou dans une autre, et personne n’est obligé de forcer une étape pour laquelle il ne se sent pas prêt.
Je ne prétends pas ouvrir des portes pour que certains chutent et que d’autres s’élèvent. Je souhaite simplement que ceux qui cherchent puissent trouver des éléments utiles à leur réflexion. Ce que chacun en fera dépend uniquement de lui-même, et je respecte toutes les démarches, y compris celles qui préfèrent la prudence et la contemplation.
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- 3.5 Musiques plutôt "saines" (1e Cercle : exotérique)
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- 3.6 Musique moderne qui alimente les ego et la passion animale (1e Cercle : exotérique)
- ↳ Country, soul, gospel, funk & jazz
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- ↳ Metal symphonique, metal death mélodique et metal alternatif
- ↳ Metal plus rude, hard rock et doc
- ↳ Stars faisant le signe d'allégeance à la loge noire - Musique sataniques et illuminatis
- 4.1 Les notions fondamentales de la gnose (2e Cercle : mésotérique)
- ↳ Préambule à la révolution de conscience
- ↳ La conscience
- ↳ Eveil de la conscience, auto-observation psychologique, méditation active
- ↳ Niveau d'Être - types d'humains
- ↳ Plans de notre "micro-cosmos" ou parties de notre Être
- ↳ La triade divine
- ↳ Notre Père Divin
- ↳ Notre Christ Intime
- ↳ Les 12 apôtres ou puissances de notre Être
- ↳ Notre Divine Mère Kundalini
- ↳ Notre Intime
- ↳ L'âme
- ↳ Notre Lucifer
- ↳ La Bouddhi
- ↳ Le Manas
- ↳ Le Mental
- ↳ L'Astral
- ↳ L'Eden
- ↳ Séphiroth
- ↳ Ce qui ne survit pas à la mort
- ↳ Rapport microcosme au macrocosme
- ↳ Intégration, cristallisation et autres sujets
- ↳ Enfer, Abîme et sphères submergées
- ↳ Autres parties méconnues de notre Être
- ↳ Cartographie de l'Être
- ↳ Sujets majeurs de l'ésotérisme
- ↳ Amour
- ↳ Apparitions mariales
- ↳ Chakras
- ↳ Concepts et interprétations
- ↳ Dico des symboles
- ↳ Éducation des Enfants
- ↳ Évangiles apocryphes
- ↳ Jours saints ou jours de fête ?
- ↳ Karma, réincarnation et vies antérieures
- ↳ La Loi de Dieu
- ↳ Pistis-Sophia
- ↳ Prophéties
- ↳ Races-racines
- ↳ Résurrection
- ↳ Autres sujets
- ↳ Les êtres qu'il est possible de croiser sur le chemin initiatique
- ↳ Anges, dieux, génies planétaires et calculatrice tattvique
- ↳ Élémentaux, essences et monades
- ↳ Magie élémentale
- ↳ Grands maîtres réalisés
- ↳ Hommage aux saints
- ↳ Humains désincarnés
- ↳ Intelligences extra-terrestres
- ↳ Jésus Christ, sa vie revisitée
- ↳ Nos grands frères des espèces tribales
- ↳ Groupements sataniques, magiciens noirs, démons et sorcières
- ↳ Médiums de qualité et contacts avec les esprits
- ↳ Activités et lieux ténébreux
- ↳ Règne animal
- ↳ Types planétaires d'êtres humains
- ↳ Types planétaires des membres du forum
- ↳ Les fronts problématiques des célébrités
- 4.2 Devenir Initié (2e Cercle : mésotérique)
- ↳ Initiations, voies, embûches et présentation des 3 facteurs
- ↳ Chemin initiatique
- ↳ Voies possibles
- ↳ Embûches sur le chemin de l'autoréalisation de l'Être
- ↳ Vision d'ensemble sur les 3 facteurs
- ↳ Premier facteur de la révolution de conscience : mourir
- ↳ Présentation générale des égos
- ↳ Egos mis en lumière
- ↳ Identification de nos ego et confession publique
- ↳ Identification des ego de Marie, conte inspiré et carnet de route
- ↳ Les 5 cylindres de la machine humaine
- ↳ Manifestation et gestion des égos dans le rapport à l'autre
- ↳ Effigies et impressions
- ↳ Méditation passive
- ↳ Facteur n°1 : Mourir
- ↳ Eliminer le Vice pour gagner la vertu
- ↳ Deuxième facteur de la révolution de conscience : naître
- ↳ Facteur n°2 : naître ou fabriquer les corps existentiels de l'Être
- ↳ Alchimie dévoilée (Mercure, sel et soufre)
- ↳ Fondamentaux du tantrisme blanc
- ↳ Monographies et dessins extraits des livres d'alchimie
- ↳ Sujets de synthèse sur le tantrisme blanc
- ↳ Points secondaires du tantrisme blanc
- ↳ Tantrisme noir ou gris et pratiques nuisibles
- ↳ Troisième facteur de la révolution de conscience : sacrifice pour l'humanité
- ↳ Facteur n°3 : sacrifice pour l'humanité
- ↳ Gnostiques de coeur, diffusez la gnose
- 5.1 Les pratiques gnostiques (2e Cercle : mésotérique)
- ↳ Accompagnement personnalisé
- ↳ Adoration
- ↳ Astrologie ésotérique
- ↳ Astrologie noire
- ↳ Concentration
- ↳ Exercices d'introduction
- ↳ Formules magiques
- ↳ Grimoires
- ↳ Mantras et vocalisation
- ↳ Méditation
- ↳ Numérologie ésotérique
- ↳ Premiers ressentis
- ↳ Prières, conjurations et exorcisme
- ↳ Rêves
- ↳ Rites enseignés, exercices de lamaserie
- ↳ Runes
- ↳ Talismans et amulettes
- ↳ Tarot : les arcanes majeurs
- ↳ Tarot : les arcanes mineurs
- ↳ Tarots ou oracles, et leur apparition au cours des âges
- ↳ Visions
- ↳ Visualisations
- ↳ Voyager dans l'astral
- ↳ Expériences stimulantes de voyages astraux
- ↳ Voyager en jinas
- ↳ Discussions générales
- ↳ Autres techniques ou pratiques
- 5.2 Autres guides spirituels et pratiques ésotériques (2e Cercle : mésotérique)
- 6. Partage entre les membres avancés (3e Cercle : ésotérique)
- 7. Forum d'approfondissement (3e Cercle : ésotérique)