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Hors ligne Pascal
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I
IALDABRAE : Contre la toux, il faut écrire ce mot sur un parchemin vierge, prendre une fibre d’éponge et se l’attacher au cou.
Illustration Önnerfors 13.

IAO : Translittération grecque du tétragramme YHWH (YEHOWAH) et nom du dieu suprême des gnostiques. Il apparaît sur les amulettes grecques découvertes en Égypte et accompagne souvent la représentation d’Abrasax.
Illustration ABRASAX.
Illustration
Au revers d’un jaspe vert, il entre dans la composition d’une formule obscure : iaôanarabaranaôai sthombaolê baol sthombalakamoth ombalê. Il est associé aux noms de Sabaoth et de Michael. Sur un papyrus de défixion grecque daté du IIe-IVe siècle et découvert en Égypte, se lit une très longue conjuration de divers dieux, démons ou esprits, à l’intérieure de laquelle on voit : Iaô Sabaôth Iaeô pakenpsôth pakenbraôth sabarbatiaôth sabarbatianê sabarbaphai. Iaô et Iaeô se retrouvent, par exemple, sur une tablette grecque d’origine égyptienne, qui contient un charme pour calmer la colère d’un certain Paômis et donne la formule : IAO EIO IAE OUIABOR.
Illustration YAO.
Illustration C. Bonner, Studies in Magical Amulets chiefly Graeco-Egyptian, Ann Arbor, Chicago, 1950, n° 17 ; 173 ; 237 (Iaô eulamô Abrasax) ; 254 ; 299 et 309 (Iaô Sabaôth Michael) ; 361 ; W. Fauth, « Arbath Jao. Zur mystischen Vierheit in griechischen und koptischen Zaubertexten und in gnostischen oder apokryphen Schriften des christlichen Orients », Oriens Christianus 67 (1983), pp. 65-103 ; D. G. Martinez, A Greek Love Charm from Egypt, Ann Arbor, 1991, PMich 757 ; A. Bernand, Sorciers grecs, Paris, 1995, p. 342.

IAO AÏO AÏO PHNEOS : Début de la formule de clôture d’une conjuration grecque de la myrrhe. On s’adresse à Adonaï par ces mots :

Iaô aïô aïô phneôs sphintes Arbathiao Iaô iae ioa ai
(Iάω αιω ϕνεωσ σϕιντεσ Aρβαθιαo Iαω ιαε ιoα αι)

Un autre charme porte une séquence proche : Iaô, abriaô, arbathiaô, adonaï sabaô, où l’on remarque des variations sur Iaô.
Illustration PGM I, 122 ; A. Audolent, Defixionum tabellae, Paris, 1904, p. 9.

IBAT × THE OVAT : À la fin du XVIIIe siècle, un grimoire du canton de Vaud indique comment faire une amulette pour empêcher que quelqu’un ne vous batte. Il faut porter ceci sur soi :

Ibat × the ovat X poc X en X
Sabaot e fro. ooo l. a. e. b. y.
Emanuel × Adonnay. L. u. b. b. b. b. b.

Illustration Hervé, p. 364.

† BEL † LABES † CHABEL † HABEL † RABEL : Les soldats conservaient cette formule sur eux au XVIIe siècle pour se rendre invulnérable aux balles. Elle devait être écrite sur un parchemin vierge, dit un grimoire suisse. On l’utilise aussi pour gagner aux cartes. Selon le Grimoire du pape Honorius, la formule + Ibel + Laber + Chabel + Habet + Rabel écrite sur un parchemin vierge et portée sur soi permet de gagner aux cartes, et si on les écrit en croix, on rompt et détruit tous les maléfices.
Variantes : † Ibel † Laber † Chabel † Staber † Rabel ; † Ibel † Ebel † Abel.
Illustration Thiers 1, 356 ; Honorius, p. 64 (Ibel, Ebel, Abel) ; p. 72 ; Enchiridion 1633, p. 164 ; Hervé, p. 359 ; Werner n° 23, p. 201.

IBI CECIDERUNT, EXPULSI SUNT INIMICI MEI : Cette phrase tirée du Psaume 35, 13, et qui signifie « ils mourront là, mes ennemis sont expulsés », doit être écrite sur des billets de papier que l’on place aux quatre coins du grenier où il y a du blé, ou dans le blé même, pour en chasser les charançons. La variante Expulsi sunt quia non poterunt stare, « ils sont expulsés parce qu’ils n’ont pu rester », s’utilise de la même façon et dans le même but.
Illustration Thiers I, 410.

IBRIS, PALAMITIS, CAUDEBAT : On renvoie un esprit par la formule suivante :

Ibris, Palamitis, Caudebat, Saudebat, Pagas orbat, orbot. Amen.
Illustration Thiers I, 190.

ICHTYOS / ICHTUS : C’est l’un des noms attribués à Dieu dans les bénédictions et dans quelques conjurations.
Illustration
À l’origine, il s’agit d’une abréviation de cinq mots grecs (Iesu Khristus Theoû Uios Sôter / IΗΣΟYΣ XPIΣΤΟΣ ΘΕΟY YΙΟΣ ΣΩΤΗΡ), dont on ne conserve que l’initiale, signifiant : « Jésus-Christ, Dieu, saint, sauveur. » C’est Clément d’Alexandrie († 220) qui, le premier, demanda aux chrétiens de graver un poisson (ichtyos) sur un sceau (Paidagogós III, 9).
Illustration Dornseiff, p. 137.

ICUCUMA / SICYCUMA : Selon Marcellus, médecin de Bordeaux (IVe siècle), ce nom magique devait être porté en amulette contre les hémorragies. On peut aussi, dit-il, l’écrire sur du parchemin vierge, l’envelopper dans un linge et ceindre le tout au malade, quelle que soit la partie du corps concernée. Le terme doit suivre un schéma réducteur :
Illustration
Le même médecin ajoute qu’on peut arrêter les épistaxis en le murmurant à l’oreille du patient. Chez J.-B. Thiers, le terme est déformé en Su camy dur et doit être murmuré à l’oreille de la parturiente en difficulté.
Illustration Marcellus, De medicamentis chap. 10 ; Heim 491 ; Thiers 417.

IEPPEL PAAIL IAIAS CHER : Pour amener un voleur à se dénoncer, il faut dessiner quatre yeux derrière un mur, prendre un petit clou, le placer sur le troisième œil, frapper dessus avec un marteau en disant les mots ci-dessus, et on connaîtra son identité. Ce charme très corrompu se poursuit ainsi :

« Alors [mot incompréhensible : Sorbup] tu veux que st. Paul et st. Goliath, toi qui as laissé tenter Adam à manger le fruit de l’arbre défendu, tu forceras ce voleur à confesser. Mais Dieu (†††) ne sera pas présent ; alors il fera sa confession. Lis après Dieu (†††) à l’envers ainsi : Dnaa gillih ned go nos redaf dug. Si l’on rétablit l’ordre de la formule danoise de clôture, on obtient : « Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit. »

Variantes : Ieppel lauischer gaar gaait ; Jeppel, Jaliischer, gaar, gaail.
Illustration Ohrt n° 971 ; II, 106 ; Bang n° 1377.

I ERBUM DIE MANET ME TERUNEM : Ces mots inscrits sur la porte d’une maison qui brûle arrêtent l’incendie. Grâce à d’autres variantes nous savons que ces mots signifient : « Que le Verbe divin demeure pour l’éternité. »
Illustration WERBOM.
Illustration BBE, p. 81.

IHESUS FILI DOMINUS : Ouverture d’une prière de Salomon. On la récite devant un malade et on lui demande comment il se porte. S’il répond positivement, il guérira, sinon, il mourra.

IHesus fili Dominus Incomprehensibilis : Ancor, Anacor, Anylos, Zohorna, Theodonos, hely otes Phagor, Norizane, Corichito, Anosae, Helse Tonope, Phagora.
Elleminator Candones helosi, Tephagain, Tecendum, Thaones, Behelos, Belhoros, Hocho Phagan, Corphandonos, Humanæ natus & vos Eloytus Phugora. Anges saints, soyez présents et apprenez-moi s’il se remettra ou mourra de cette maladie.

Illustration ARS NOTORIA.
Illustration Ars notoria, p. 24.

I H S : L’un des deux monogrammes du Christ, très employé sur les amulettes et souvent en liaison avec d’autres sigles et characteres.
Illustration
Illustration TROIS Rois (illustration).

I H V H : Ce tétragramme représente Yahvé. Il fut très utilisé sur les amulettes, dans les charmes, bénédictions et conjurations. Il figure ainsi sur le premier pentacle de la lune, qui permet d’invoquer l’esprit de cet astre, et sur le quatrième qui sert à obtenir une réponse quand on dort. On le trouve sur les quatrième et cinquième pentacles de Mercure des Clavicules de Salomon, le premier servant à acquérir la connaissance de toutes choses créées, le second à ouvrir les portes.

† IGNARUM † IGNILUM : Pour guérir l’entorse d’un cheval, on pose ses pouces sur le membre en disant † IGNARUM † IGNILUMIllustration JUGO DESERTATUMIllustration et en se signant, puis il faut réciter cinq Pater et cinq Ave.
Illustration Vinje n° 26.

. II. R. ƎF. S. F. D. G. : Pour se faire aimer, il faut porter sur soi ces lettres écrites sur un parchemin vierge.
Illustration Secrets magiques pour l’amour n° XXX, p. 18.

ILAT GATOI ILLOY : Vers 1650, on écrivait ces mots sur la main d’une femme pour savoir si elle était vierge ; elle vous révélait la vérité aussitôt.
Illustration Ohrt II, 107.

ILLUSIABO : Pour obtenir quelque grâce d’un grand, il faut faire un anneau d’or dans la première mansion de la lune et y enchâsser une pierre blanche gravée du signe ci-dessous ; sous la pierre, on met ce mot écrit avec du sang de colombe blanche sur un parchemin vierge.
Illustration
Illustration British Library, manuscrit Landsdowne 1202 4to, folio 176 sq.

I. M. L. K. I. B. : Pour arrêter une hémorragie, on écrit sur un billet ces characteres tels que reproduits ci-dessous, avec jeu de majuscules et de minuscules :

I. m. L. K. I. B. I. P. a. x. v. ss. St. vas I. P. O. unay. Lit. Dom. mper vobism.

Si l’on doute de leur efficacité, qu’on les inscrive sur un couteau que l’on plantera « dans une bête brute » ; elle ne saignera pas. En outre, ils permettent de résister à tous ses ennemis, d’apaiser les douleurs de l’accouchement et le mal de cœur. La finale signifie « que le Seigneur soit toujours avec vous » ; unay est sans doute mis pour Adonay, IPO pour Christo. Cette séquence donne une bonne idée de ce que nous appellerons « rétention d’information » ; l’auteur a tout abrégé et lui seul est capable de savoir ce que cache cette succession de lettres.
L’ensemble du charme a été récrit de mémoire :

Magia. Afabi, eiya yeramil ihl latebi damnar irsano loi leai ibi irl yaul marl siam abil vano. J. m J. K. J. B. P. A x v st. St. Vas J. P. Q. Undy Lit. Dommper vocis m.

J. m. J. K. J. B. représente sans doute Jesus meus, Jesus Kristus, Jesus benedictus.
Illustration Grimoires n° 257 ; Johanna Jaenecke-Nickel, « Schutzzauber im Jahre 1967 », Schweizerisches Archiv für Volkskunde 64 (1968), pp. 163-167.

IMOI SIDEON GIRICION : Formule que l’on devait écrire sur une vessie de brochet séchée puis présentée à la lune en même temps qu’on lui adressait un charme, et on se l’attachait au bras pour gagner au jeu.
Illustration Württembergisches Jahrbuch 13 (1890), p. 216, n° 253.

I NAVSITUS DAUS : Incipit d’un charme destiné à vous protéger des balles :

I Navsitus Daus Petrus leus Silis Deus Spyritus Kanali †

Une fois cette formule écrite, on l’enterre trois jours et trois nuits dans une tombe fraîche puis on le porte ; on doit se le dire in petto quand on est en danger. On reconnaît la formule « au nom de Dieu le Père, de Dieu le Fils et de Dieu le Saint-Esprit » très déformée. Navsitus est ainsi forgé sur le norvégien navn, « nom », latinisé. Notons que le In nomine est même défiguré au point de ne plus être identifiable : in Noralni Patri.
Illustration Ohrt n° 815 ; Bang n° 1376 d.

IN CARO JN CARNE : Pour guérir celui qui a été mordu par un serpent, on écrit ce qui suit sur sa main : In caro jn carne in caricie in carstira infirmo ananizepta
Puis on dissout ces mots dans de l’eau bénite qu’on lui donne à boire. On reconnaît une variation sur le terme caro, « chair », et l’Antidote de Nicolas.
Illustration ANANIZEPTA.
Illustration Ohrt II, 108.

INDOMO : Début de la formule Indomo mamosin inchorna meoti. Otimeoti quoddealde otuvotiva elmarethin que l’on doit chanter neuf fois le soir et le matin dans une eau courante pour guérir l’érysipèle. Si un cheval est malade, on le chante dans son oreille gauche, si c’est un homme, au-dessus de sa tête. La formule mêle grec et latin.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 152 ; Storms n° 67.

I. N. G. D. V. D. S. U. D. HL. G. : Abréviation allemande de « au nom de Dieu le Père, Dieu le Fils et le Saint-Esprit » qui clôt souvent les charmes. On la rencontre aussi sous la forme :

n † des v. † v. d. s. † v. d. h. g. amen †

Illustration Schulz, Magie..., p. 104 ; K. Müllenhoff, « Segen und Gebete », Zeitschrift für deutsches Altertum 8 (1876), p. 24, note 2.

INGODUM ENGLABIS PROMODUM : Invocation de Lucifer selon le Gran Grimorio. On la prononce entre vingt-trois heures et minuit, après avoir tracé un cercle magique avec du charbon consacré...

I N G T G OG H. A. : Abréviation danoise fautive de « au nom de Dieu le Père, Dieu le Fils et le Saint-Esprit ». Le /T/ représente en fait /F/.
Illustration Ohrt n° 433.

I. N. I. P. S. O. I. : Lorsque le beurre ou le fromage ne se font pas, pour savoir si le lait d’une vache est ensorcelé, on prend un fromage, on y trace une croix et on écrit sur le premier quart I. N. I. P. S. O., sur le deuxième C. U. M. I. P. S. O., sur le troisième P. E. R. I. P. S. U. M., et en un cercle entourant la croix, S. U. M. O. M. N. I. A.
Malgré la présentation à la façon des textes amulettiques, on reconnaît le latin : in ipso, cum ipso, per ispum et sum omnia, « en lui, avec lui, par lui, je suis toutes choses », ce qui démarque les paroles de l’Évangile selon saint Jean (I, 3).
Illustration Bang n° 1296.

INOMINE : Cette déformation de In nomine (« au nom de ») est très fréquente dans les charmes. En janvier 1955, une habitante de La Bâtie-Neuve (Hautes-Alpes) confia à Charles Joisten la formule suivante destinée à guérir l’œil d’un cheval :

Guérissez, Vierge, l’œil de notre jument, et faites le signe de la croix ; et prononcez trois fois les paroles suivantes : Inomine Jesus, haec sanguis ob haec formula veli pace formili. Laissez faire ; faites le bien. Quiconque vous méprisera, plus tard s’en repentira. Et dire cinq Pater et cinq Ave.

L’informatrice, âgée de soixante-cinq ans environ, dit l’avoir recopiée dans le Livre du bon Dieu qu’on lui avait prêté.
Illustration Joisten, Carnet 13, p. 210, communiqué par Alice Joisten.

INQUINSINTAS, INIHSINTAS : Lorsqu’un cheval s’est fait une entorse, il faut mettre les pouces en croix sur le membre et dire les mots suivants pour le rétablir : Inquinsintas, inihsintas, sorubas, cnitas.
Illustration Braekman n° 159.

I. N. R. I. : Ces quatre lettres signifient « Jésus de Nazareth roi des juifs ». En latin, c’est le titre triomphal du Christ (titulus triumphalis) qui s’écrit aussi J. R. N. R. J, « Jésus Roi, Nazaréen, Roi des Juifs ». Elles se rencontrent fréquemment dans les bénédictions et, notamment dans le Billet de saint Luc, une amulette chrétienne utilisée autrefois en Bavière contre la fièvre. On donnait à manger au malade le billet où était inscrit :

J + N + R + J
et verbum ca
ro factum est
et habitavit
in nobis.

C’est-à-dire le titulus triumphalis du Christ et les paroles de l’Évangile selon saint Jean (I, 14). Au Tyrol, dans la vallée de l’Inn, la formule écrite en croix sur la porte de la maison protégeait des fantômes et des sorcières :
Illustration
Les inquisiteurs Jacques Sprenger et Henry Institoris, actifs en Rhénanie au XVe siècle, écrivent ceci dans le Marteau des sorcières : « La plus sûre protection cependant pour les lieux, les hommes et les bêtes, ce sont les mots du titre glorieux de notre Sauveur inscrit aux quatre angles de la maison en forme de croix : Jésus † Nazaréen Roi † des Juifs †. On peut d’ailleurs y adjoindre le nom de la Vierge Marie, des évangélistes ou les paroles de Jean : « Le Verbe s’est fait chair. » On porte ces lettres sur soi pour obtenir justice au tribunal ou pour écarter le malheur et le danger de la maison, associées àIllustration ITA, ALO. Pour arrêter une perte de sang, on écrit INRI sur un papier avec du sang et on le plaque sur le front, mais on peut remplacer le titre triomphal du Christ par consummatum est. Marqué au fer rouge sur la porte des écuries, J. N. R. J. protège du mauvais œil au Tyrol, et sur la baratte, ces lettres facilitent la formation de beurre.
Allié à Sator, etc., et aux Rois mages (Illustration CMB), INRI vaut pour toutes sortes de maléfices envers les hommes et les bêtes ; on la suspend à ceux qui ont dû être ensorcelés pendant une heure impaire ; suit une recette pour faire apparaître le sorcier :
Illustration
Illustration Franz 2, 12 ; 64 ; 107 ; Malleus maleficarum II, 1 ; Grimoires n° 253 ; n° 231 ; Honorius, p. 66 ; Secrets égyptiens 2, 349 ; Ohrt n° 269 ; 1089 ; Werner n° 24, p. 201 ; I. V Zingerle, Sitten, Bräuche und Meinungen des Tiroler Volkes, Innsbruck 18712, p. 39, n° 323, 326.

IN TES DALAME BOUIS, VINS DIVERNAS SATHAN : Pour guérir une bête souffrant du levretin, on prononce ces paroles trois fois sur sa tête.
Illustration Honorius, p. 109.

IOA OIA RAUIO UOI CHOOX (Iωα ωαι ραυιω υοι χοοξ) : Pour éviter de concevoir lors de rapports sexuels, on écrit ces mots sur la peau d’un mulet enveloppant le testicule gauche d’une belette. Le scribe fait suivre chaque mot latin du grec, mais les manuscrits grecs, plus tardifs de trois siècles, offrent la leçon : IΩΑ′ ΩΙΑ′ PAΓΙΩ′ ΟΓ῍ OI῍KOOXP.
Illustration Cyranides II, G.

† IOB † VEMES † SICHAVI : Sur un bref destiné à protéger les enfants des vers, se lit la formule suivante :

† Iob † ve(r)mes † sichavi
† mortui † sunt † per manum
† domini nostri † Iesus
† Christi † si sunt † in massa
† deficiant † et † in aqua
† revertetur † ame †

On suspendait l’écrit à leur cou et on récitait un Pater noster et un Ave Maria. « Vemes » est mis pour vermes, et « ame » pour amen.
Illustration Roberta Astori, Formule magiche. Invocazioni, giuramenti, litanie, legature, gesti rituali, filtri, incantesimi, lapidari dall’Antichità al Medioevo, Milano, 2000, p. 113.

IPA : PIPA : EDÜLA : VEL : EDULA : Ces mots provoquent le sommeil de vos hôtes, mais le charme ne nous dit pas dans quel but.
Illustration BaK n° 68.

IRAM, QUIRAM FRAN FRATEM FRATRESQUE : Formule utilisée contre les coups d’épée au XVIIIe siècle, notamment en Suisse. Outre-Rhin, la variante Iria Kiria Critha X Katfer Furias Drach X vaut pour la morsure des chiens enragés. On l’écrit sur du pain et on la mange. En Saxe, elle prend la forme Uram Eviram Cafram, Cafratem Cafratosque et semble avoir parfois été abrégée en Ira bira lira pira. Certains érudits pensent que toutes ces formes doivent être rapprochées deIllustration IRIONI KHIRIONI. Un grimoire suisse du XVIIIe siècle cite la formule sous le titre « pour se battre », et précise qu’il faut la prononcer en tirant l’épée du fourreau.
Illustration Thiers 1, 376 ; Hervé, p. 362.

IRAN + TIRAN + CASTAN : En Prusse orientale et occidentale et en Lituanie a été notée une formule de protection contre les maladies de toutes sortes :

Jran + Tiran + castan
+ cacasten + Eremiton
+ in + nomine + Patris
+ et + Filii et + spiri.
+ sanct. + Amen +

Il s’agit sans doute de la forme brève de la formule suivante qui se rencontre dans la même région :

Aron + y aran +
Syran + cyron +
Ceraston + crisan
Castan + Bastan +
Syran + castan +
Operam + catha +
Eron + et stacyden +
Tetragramatan + et ay +
Ab onay + ostanum +
Ab unos + avit + militia +
Et + lingua + continuab +
+ davin + et + verbum +
curo + factum + et XXXXXX
et habitavi + + et XXXXXX

On reconnaît des noms de Dieu (Ab onay = Adonai ; Ab unos = sans doute Athanatos ; tetragrammaton), agios abrégé en « ay », et le début de l’Évangile selon saint Jean. Ostanum Ab unos... continuab est la déformation du Psaume 49, 19 (os tuum abundavit malitia et lingua tua concinnabat dolos [ « tu livres ta bouche au mal et ta langue trame la tromperie » ]).
Illustration Tettau, Temme, Die Volkssagen Ostpreussens, Litauens und Westpreussens, Berlin, 1837, p. 270 sq.

IRE † AREX † XRE : Pour se protéger des fièvres, on utilisait en Angleterre, vers le XIe-XIIe siècle, la formule :

Ire † Arex † Xre † Rauex † Filiax † Arafax †

Il fallait la porter sur soi. D’autres manuscrits offrent :

1. † Christus † rex † yre † artifex † ranx † yriorum ;
2. + Ire. + arex. + xpe. + ravex. + filiax +

La comparaison des graphies indique que xpe est l’abréviation de Christ(e), arafax la déformation d’artifex (« artisan »), que filiax devrait représenter filius (« fils »), et arex quelque chose comme o rex (« ô roi ») ; quant à Ire, ce peut être Jesus rex.
Dans le Rituel de haute magie, attribué à Henri Corneille Agrippa, nous avons la formule Omax Opax Olifax, qui doit être écrite sur les parts d’une galette pour découvrir un voleur.
Illustration Storms n° 80 ; Gand, Bibliothèque de l’Université, ms. 697, fol. 6 r° ; Londres, British Library, Cotton Caligula A. XV, fol. 129 r° : Cambridge, Corpus Christi College ms 367, fol. 52.

IRE VRE ARE : Sur une amulette contre la fièvre quarte, se lit : Ire Vre Are Wire Christus Filanx Artifex. Amen.
C’est en fait le résultat de la fusion de deux formules distinctes, ire arex xre et eax filiax artifex.
Illustration Braekman n° 81.

IRIONI KHIRIONI : Au XVIe siècle, pour guérir la morsure des chiens enragés, on utilisait : Irioni Khirioni Esser Khuder Feres. Thiers note la formule sous la forme : Izioni Khirioni esseza kuder feze, ce qui remonte à une erreur de lecture d’un manuscrit : une des formes du r ressemble en effet à un z, et qui n’est pas paléographe peut se tromper facilement.
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 14 ; Thiers 1, 376.

IRLY, TERLY, ERLY : Dans un rituel de fabrication d’une jarretière permettant de voyager sans se fatiguer, se relève la formule : Irly, Terly, Erly, Balthazard, Melchior, Gaspard, Marchons ! Elle s’accompagne d’un sacrifice de pain trempé dans du vin aux trois esprits nommés en début de l’adjuration. Erly est aussi appelé Firly !
Illustration GASPARD.
Illustration Dragon noir, p. 163.

ISEÊ IAÔ : Dans un charme grec daté du IVe siècle et destiné à obtenir l’amour d’une femme, il faut fabriquer un voult (une effigie de la cible) et écrire certains mots sur le corps :
ISEE IAO ITHI OUNE BRIDO LOTHION
NEBOUTOSOUALETH sur la tête ;
OUER MECHAN sur l’oreille droite ;
LIBABA OIMATHOTHO sur l’oreille gauche ;
AMOUNABREO sur le front ;
ORORMOTHIO AETH sur l’œil droit ;
CHOBOUE sur l’œil gauche ;
ADETA MEROU sur l’épaule droite ;
ENE PSA ENESGAPH sur le bras droit ;
MELCHIOU MELCHIEDIA sur le bras gauche ;
MELCHAMELCHOU AEL sur les mains ;
BALAMINTHOOUTH sur le coeur ;
AOBES AOBAR sous l’estomac ;
BLICHIANEOI OUEIA sur le sexe ;
PISSADARA sur les fesses ;
ELO sur la plante du pied droit ;
ALOAIOE sur la plante du pied gauche.
Illustration
Sur la poitrine, on inscrit le nom de la femme désirée. Puis on prend treize aiguilles de cuivre que l’on plante dans la tête, la bouche, les mains, le sexe, deux dans l’estomac et deux dans la plante des pieds, en disant : « Je perce ces diverses parties afin qu’elle ne se souvienne de nul autre que de moi. » On dépose enfin le voult au coucher du soleil dans la tombe d’un mort prématuré, avec quelques fleurs de saison. Cette très longue opération de magie amoureuse fait intervenir des divinités, dont Abrasax, Adônai et Sabaôth.
Illustration John G. Gager, Curse tablets..., p. 94 sq.

ISUS HRISTOS NIKA : L’inscription « Jésus-Christ victorieux » se relève fréquemment sur les amulettes d’Europe du Sud-Est ; on les utilisait pour préserver ou guérir les maladies. La formule s’écrit aussi : Iis. Chr. Na. Vi., et encore : IS HS NI KA.
Illustration Timotin, p. 237.

ISVOLE, IO, NACULTE : Dans un charme roumain contre les fièvres, on écrit une longue suite de mots sur une pomme que l’on fait manger au malade : isvole, io, naculte, iavoleiog, să şezi, isvoleio, vogronai, tolejea, itrize nevşico, voscrişenia ianco sileschi, iar trisavita procleora, orarabo, boţueo, inumele vreime, otgaisima isfetago duha, amin.
On reconnaît « Assieds-toi » (să şezi) et le slavon « [au nom] du Saint-Esprit, amen » (i sfetago duha, amin).
Illustration Bucarest, manuscrit roumain BAR 4458, folio 94 r°.

ITE NERON (ITE NEPΩN) : Pour guérir une maladie de foie, on gravait cela sur une lamelle d’étain avec, dessous, le nom du patient.
Illustration Marcellus, De medicamentis XXII, 10.

ITO, ALOS MASS : Une formule ouvre le Charme de Tobie, qui vise à préserver la ferme et la maison des maladies et des vols :

Ito, Alos Mass Dandi Bando. III. Amen I. N. R. I.

Très populaire, elle a surtout été transmise par le Livret de Romain et comporte de nombreuses variantes ; en voici une : Ito, alo Maffa Dandi Bando Amen. Au Tyrol, dans la basse vallée de l’Inn, on l’utilisait contre la maladie et le vol.
Illustration Spamer, p. 158 ; Grimoires n° 223 ; I. V Zingerle, Sitten, Bräuche und Meinungen des Tiroler Volkes, Innsbruck 18712, p. 459, n° 1041.

IWORXIS CARO PER : Ces mots gravés à l’avers d’un sceau d’or à l’heure du soleil, la lune étant dans le signe du Lion, guérissent la lèpre.
Illustration Archidoxis magica I, 16.

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