Commençant par un Y

Hors ligne Pascal
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Y
YAO : Variante de Iαω que l’on rencontre dans les charmes coptes. Ainsi un manuscrit nous a transmis une longue malédiction d’un certain Jacob qui veut se venger d’une famille et demande à Dieu, aux anges, etc., de la frapper :

Adonaï ; Eloë, Eloi, Eloi, Eloi, Eloi, Yao, Yao, Yao, Yao, Sabaoth, Emanuel, el, el, el, el, el, el, el, Emanuel, Michaël, Gabriel, Raphaël, Rakouël, Souriël, Anaël, Ananaël, Fanouël, Fremouël, Abrasaxsax.

Comme dans les prescriptions magiques grecques, la malédiction se clôt par une série de sons :

B. A, A, A, A, A, A, A, E, E, E, E, E, E, E, E, É É É, É É, É, É I, I, I, I, I, I, I, O, O, O, O, O, O, O, Y, Y, Y, Y, Y, Y, Y, Ô, Ô, Ô, Ô, Ô, Ô, Ô.

Illustration IAÔ.
Illustration Lexa, t. 1, p. 106 sq.

YAFAA : Dans une conjuration destinée à procurer une bonne entente entre un homme et une femme, que l’on nommera, on fait une image de bronze jaune ou de cire jaune un jeudi, teinte en vert, et on s’adresse à Dieu en rappelant la concorde qu’il établit entre Adam et Ève, Jacob et Rachel, Michel et Gabriel, puis on conjure les anges par ces mots :

yafaa safaa alleya hayala haya halix hayul ataya hytoia saffebata colfossol remlestar

Enfin on enterre l’image là où passent l’homme et la femme.
Illustration Liber incantationum folio 89 r°-v°.

YANE MARE SYAM : Lorsque Moïse fit le serpent d’airain et détruisit le Veau d’or, aux dires des mages, son bâton portait écrit : Yane mare syam, abyl alia, nano, hya actenal tijogas ijana, eloim ija nehn ijane hay ijanehu, abijaco mea.
Ces mots ont la propriété de chasser toute magie et tous les maux.
Illustration Semiphoras 2, 6.

Y. B. A. : Il faut écrire ces characteres en minuscules avec du sang sur le nombril de la parturiente pour qu’elle soit délivrée.
Illustration Braekman n° 46.

YE DELUZ MENYDEZ : Pour obtenir l’amour d’une femme, on prépare un plat où entrent du sang de lièvre coagulé, de la cervelle de loup, du suif de mouton liquide, de l’ambre, du musc, du camphre et du sang du demandeur ; on chauffe le tout puis on le mélange à de la boisson, à de la viande ou à de la volaille. On jette ensuite un peu d’encens et de galbanum dans le feu et, quand la fumée s’élève, on dit : « Ye Deluz, Menydez, Catrudiz, Mebduliz, Huenehenilez, je trouble le cœur et l’esprit de la femme N par la vertu de ces esprits et de cette composition [...] », et on conclut par Hueheyulyez, Heyediz, Cayimuz, Hendeliz. Si cela ne suffit pas, on remplacera le sang du demandeur par celui de la cible, en disant : Adyeruz, Metayruz, Beryudez, Fardaruz lors de la fumigation, puis on invoquera les esprits Vemedeyz, Audurez, Meyurneyz et Sandaruz. On donne la préparation à manger à la femme que l’on désire, on fait une nouvelle fumigation en prononçant ces noms : Hamurez, Heydurehiz, Heldemiz, Hermeniz.
Voici les leçons du Ġāyat al-Hakîm (XIe siècle), source du Picatrix :

1. O Dîlûs, Ahîdâs, Batrûdalîs, Bandûlîs, Wajâgîlâs
2. Adirûs, Bâtîrûs, Barjûdîs, Fardarûs
3. Anamûrâs, Habwâlûs, Fânîs, Badrûlâs
4. Hânûdîs, Mahrijâs, Tidûras, Ûmîrûs

Illustration Picatrix III, 10 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 262 sq.

YESERAYE : Second Semiphoras de Salomon, qu’Adam reçut des anges avec lesquels il s’entretenait ; il est interprété « Dieu sans début ni fin ». On ne doit le prononcer que lorsqu’on s’adresse aux anges, quand on veut obtenir des réponses à ses questions et que ses vœux soient exaucés (Semiphoras).

YETAYROZ : Dans une opération destinée à obtenir l’amour des femmes, on procède à une fumigation du demandeur en disant : Yetayroz, Maharahetym, Faytoliz, Andararuz.
Puis on invoque quatre esprits. Avec une huile composée de plusieurs ingrédients (musc, ambre, sang de lièvre...), on enduit la femme désirée, si on le peut, dit le texte. Le Ġāyat al-Hakîm (XIe siècle), source du Picatrix, offre la leçon : Jâtirûs, Fihârîs, Fîtûlîs, Andarawâs.
Illustration Picatrix III, 10, 12 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 264.

† YGOS. : Pour savoir si un malade se relèvera, on prend l’œuf qu’une poule a pondu le jour même où la maladie a frappé, on écrit dessus avec de la cire : † YGOS. S. FF. X. G. Y. X. G. 9. Puis on dépose l’œuf devant la porte où il reste toute la nuit à l’air libre. On l’ouvre le lendemain : si du sang en sort, le malade mourra. Une autre formule très proche —. i. so. S. p. q. x. s. y. s. 9. o. —, ayant le même but et devant relever de la même source, ajoute qu’il faut donner à boire du vin avec de l’armoise au patient.
Illustration Hunt, p. 139.

YRYRR : Début d’un mot magique gravé sur un anneau du XIVe, siècle conservé à Berne : YRYRRAGVTVBERALTERAMIALPLAEZERAE
On distingue des mots italiens déformés (altera mi al plaezerae / piacere).
Illustration King, p. 229 ; J. Evans, Magical Jewels, p. 123.

YSA. BASA. OLEA. BASOLEA. : Cette formule ouvre une bénédiction des jardins ; elle est destinée à chasser les vers tandis qu’on arrose les légumes d’eau bénite. Ysa n’est autre que le nom grec de « Jésus ».
Illustration Franz 2, 168.

YVE : Selon le Livre des incantations (folio 63 r°-64 v°), Moïse aurait entendu ce nom de Dieu (Yaweh) et l’aurait prononcé. Ce terme se rencontre dans une énumération de personnages bibliques — Noé, Abraham, Jacob, Aaron, Josué, Salomon, Élie — ayant eu la révélation des théonymes Genery, Joth, Eyaserie, Anathematon, Sabaoth, Oristion, Eloy, Artifontice, Yephaton, Arbitros, Elyon, Adonay, Pantheon, Arimon, Geremon, Yegeron, Ysiston, Anabona, Egyryon, Patheon, Eya, Gabaon, Pantraton, Symayon...
Variantes : Yvex, VX.
Illustration
Bénédiction de Zacharie.

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