CONFÉRENCE N°285 : EXCELLENCE ET TRANSCENDANCE DE LA VÉRITÉ
Traduction d'une conférence intitulée "EXCELENCIA Y TRASCENDENCIA DE LA VERDAD" (1971)
Conférence de troisième chambre - Mexico D.F.
Traduction d'une conférence intitulée "EXCELENCIA Y TRASCENDENCIA DE LA VERDAD" (1971)
Conférence de troisième chambre - Mexico D.F.
Bien, mes frères, réunis ici, en Troisième Chambre, nous allons un peu converser.
Je vous ai parlé hier soir de la nécessité d'incarner la vérité. Il est nécessaire de réfléchir un peu sur ce terme : la vérité. Quand Pilate interrogea Jésus en disant : "Qu'est-ce que la vérité ?" il a gardé le silence. Et quand on a posé la même question au Bouddha Gautama Sakyamuni, il a tourné le dos et s'est en allé. Il est urgent, mes frères, que nous méditions sur cela.
Certaines religions mortes nous parlent d'un Dieu anthropomorphe, assis là-bas sur un trône de tyrannie, derrière les nuages, tonnant et tonitruant contre cette triste fourmilière humaine. Indéniablement, ce Dieu anthropomorphe est une idole mentale. Je veux que vous sachiez qu'il existe non seulement des idoles dans le matériel, ici, mais qu'il y en a aussi des mentales. Il vaut mieux penser au Démiurge Architecte, Unité Multiple Parfaite, l'Armée de la Voix, la Grande Parole, le Verbe.
À juste titre, l’Évangile de saint Jean commence en disant : "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Tout a été fait par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui". Quand nous prononçons ce que tout le monde appelle vérité, nous devons réfléchir. Pourrions-nous montrer la vérité ? Évidemment que non. C'est pourquoi Jésus garda le silence. Pourrions-nous exposer la vérité ? Bien sûr que non, c'est pourquoi le Bouddha Gautama Sakyamuni tourna le dos et s'en alla. Mais si nous disons que la vérité est le Verbe, nous n'affirmons rien d'erroné. C'est vraiment ainsi. Ce qui ne relève pas du temps, ce qui est au-delà du corps, des affects et du mental c'est le Verbe.
Ceux qui supposent que l'Univers a été créé par cette idole mentale, erronément appelée Dieu, se trompent. Ceux qui nient Dieu se trompent.
Le gars sceptique est démoniaque par nature, pervers et médiocre. Les hommes de génie, que l'Histoire a connus, sont des hommes de foi. Aucun sceptique n'a été génial. Les sceptiques sont toujours médiocres.
Cependant, il ne s'agit pas de croire ou de ne pas croire en un Dieu, car beaucoup se contentent de la croyance seule, ils se cachent derrière elle, et échouent. Au final, ils s'enfoncent dans les Mondes infernaux, ils involuent dans le temps. Ils disent : "Je crois en Dieu", mais ils ne font rien pour se connaître eux-mêmes. D'autres disent : "Je ne crois pas en Dieu", mais ils ne savent rien sur eux-mêmes non plus.
Nous pouvons aussi dire que la Terre tourne autour de son axe, ou nous pouvons dire qu'elle ne tourne pas, et cela ne modifie en rien la course de notre planète autour du Soleil. Rappelons-nous lorsqu'on fit jurer Galilée devant la Bible. Les inquisiteurs lui dirent : "Jurez-vous que la Terre n'est pas ronde et qu'elle ne tourne pas ?". Et Galilée, étendant sa main sur la Bible, dit : "Je le jure ! Eppur si muove, si muove" "Et pourtant, elle tourne, elle tourne". Donc, ce que l'on croit ou ce que l'on ne croit pas ne change rien aux choses.
Ce dont nous avons vraiment profondément besoin, c'est d'un changement. Nous avons besoin d'expérimenter la vérité, et c'est ce qu'il faut faire. Bien sûr, pour arriver à l'expérience du réel, on a besoin de la méditation, du calme et du silence du mental. Ce n'est que lorsque s'arrête le processus de la pensée que nous pouvons arriver à expérimenter ce qui ne relève pas du temps. Donc, réfléchissons.
Dans l'Ésotérisme, on nous parle beaucoup de l'Ineffable Absolu, Sat, l'Immanifesté, qui est au-delà de l'esprit et de la matière, bien au-delà du silence et du son et des oreilles pour le percevoir, au-delà de la pensée, du verbe profane et de l'acte, au-delà du nombre, mesure, poids, côté par côté, quantité, qualité, avant, après, etc. Paranishpana est l'Absolu lui-même, Paranishpana est ce qui n'a pas de nom, ce qui est encore au-delà de ce que nous pourrions appeler Maha-Paranirvana.
Pouvoir parvenir un jour au but, c'est ce que nous espérons. C'est pour cela que nous sommes réunis ici, pour étudier, méditer, nous préparer ; nous voulons atteindre un jour la Libération finale. Mais, Paranishpana sans Paramartha n'est pas la félicité. Paranishpana et Absolu, c'est pareil, mais Paramartha, en pur sanscrit, c'est la vérité absolue.
Tels que nous sommes, si on nous mettait au sein de l'ineffable Absolu, si tels que nous sommes, une main puissante nous lançait au plus profond du Paranishpana, nous tomberions dans le plus épouvantable désespoir. Nous hurlerions, nous pleurerions, nous supplierions qu'on nous ramène à nouveau ici, sur Terre. Et, cependant, au fond, chacun d'entre nous veut parvenir à l'Absolu. Vous voyez comme tout est paradoxal. Si on nous déposait instantanément dans l'Absolu, nous ne voudrions pas y rester.
Que serait pour nous l'Absolu en cet instant ? On dit que c'est la Lumière Incréée. Et vous que diriez-vous ? Que penseriez-vous ? Que ce n'est pas la Lumière Incréée ! Car, de toute évidence, pour vous, l'Absolu, en cet instant, ce serait des ténèbres effroyables, un abîme insupportable ; les ténèbres du "Non-Être", ces ténèbres de l'Abîme où se trouvent les origines de la lumière. Et, cependant, nous voulons l'Absolu.
Mais pour pouvoir réellement jouir de l'Absolu, nous avons besoin du Paramartha, la vérité absolue. À quoi nous sert-il d'entrer dans le Paranishpana si nous ne possédons pas la vérité ? À quoi nous servirait-il de nous perdre au sein de ce qui n'a pas de nom si nous n'avons pas de Paramartha ? Mais, il est nécessaire d'éclaircir et indispensable de préciser un peu pour pouvoir mieux comprendre. Qu'est-ce que le Paramartha ? Nous l'avons déjà dit, et il importe que nous le répétions : la vérité absolue.
Mais, si nous nous auto-explorons profondément, dans quel recoin de nous-mêmes trouvons-nous cette vérité absolue ? Est-elle dans le physique ? Est-elle dans l'astral, dans le mental, dans le causal, dans le bouddhique, dans l'atmique ? Où est-elle ? Où est sa place ? Jésus a dit : "Connaissez la vérité, et elle vous rendra libres". Mais, quelle est la vérité ? Où est-elle ? L'intellect ne l'a jamais trouvée et ne pourra jamais la reconnaître, parce qu'il ne l'a jamais connue. Vous pouvez reconnaître un ami que vous connaissez, que vous avez connu. Mais, comment pourriez-vous reconnaître un ami que vous ne connaissez pas ?
Qui pourrait reconnaître la vérité s'il ne l'a jamais connue ? Car la vérité n'est pas de l'intellect, elle n'est pas du mental, elle n'est pas du temps. Où se trouve la vérité ? Est-elle là-haut ?
Est-elle en bas ? À droite ? À gauche ? Devant ? Derrière ? Où ? On nous a dit à l'intérieur de nous-mêmes, mais, dans quel recoin ? Dans quel corps ? C'est quelque chose dont nous devons nous enquérir par nous-mêmes, mais ce n'est pas l'intellect qui va la découvrir. Elle peut venir à nous sans que nous ayons besoin de l'inviter quand le mental est tranquille, quand le mental est en silence. Mais, c'est une chose qu'elle vienne à nous et c'en est une autre de l'incarner. "À celui qui sait, la parole donne pouvoir ; personne ne l'a prononcée, personne ne la prononcera, si ce n'est celui qui l'a incarnée".
Alors, la vérité est le Verbe, et celui qui l'incarne, incarne, par conséquent, la vérité.
Je vous ai parlé hier soir au sujet du cygne Kalahamsa, ou de cet autre, du chevalier Lohengrin, ce cygne volant sur les eaux pures de la vie. Il est aussi l'Ibis miraculeux, cette blanche colombe avec sa tête d'ancien vénérable, l'Archimage, l'Archi-Hiérophante qui jadis a ressuscité en lui-même le Mage Merlin pour étonner le roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde.
L'Esprit Saint, le Troisième Logos, la Monade particulière : voilà le Verbe. Cependant, lui, malgré toute sa grandeur et sa splendeur, n'est rien d'autre qu'un dédoublement du Deuxième Logos. Lorsque nous pensons au Deuxième Logos, il nous vient à l'esprit le Christ Cosmique, le Maître des Maîtres, le Fils, Vishnou, celui qui s'exprima avec tant de puissance à travers le Grand Kabîr Jésus, celui qui parla au travers du larynx de Jean le Baptiste, celui qui fit des merveilles et des prodiges au travers de Fu-Hsi ou Quetzalcoatl.
Le Grand Nazaréen a dit : "Celui qui a vu le Fils a vu le Père, parce que le Père est un avec le Fils et le Fils un avec le Père". Donc, le Fils, le Christ, à son tour est une manifestation, un dédoublement grandiose du Père. Lui, en lui-même, le Père, est le Premier Logos, Brahma, émanant directement du Soleil Central Spirituel, émanant directement du resplendissant Soleil Absolu. Ce Soleil Absolu, ce Soleil Central, est grandiose en soi-même, car de là partent toutes les lois qui soutiennent l'Univers fermement dans sa course. Dans ce Soleil Central Spirituel, il y a une particule personnelle, la nôtre, profondément nôtre, de laquelle a émané le Père, car les Trois Logos ont émané du resplendissant Soleil Absolu ; la Trinité à l'intérieur de l'Unité de l'Abîme, le Tetragrammaton, les Quatre.
Celui qui a incarné en lui-même le Logos, a incarné la vérité. Celui qui a incarné en lui-même le Troisième, le Deuxième et le Premier Logos, et, enfin, a fusionné avec le Soleil Central, a incarné la vérité absolue, s'est transformé en la vérité absolue, a atteint le Paramartha. Dans ces conditions, il peut parfaitement se submerger dans cet état grandiose de l'Absolu. Dans ces conditions de béatitude, il est parvenu à la Libération.
C'est seulement ainsi, mes chers frères, en apprenant ce qu'est le Paranishpana, c'est seulement ainsi que vous arriverez à connaître ce qu'est la félicité. Mais Paranishpana sans Paramartha n'est pas la félicité. C'est-à-dire que si l'on n'a pas réussi la fusion avec le Logos, même en se submergeant dans le Paranishpana, on ne connaîtra pas la félicité. Mais si on s'est fondu dans le Logos, si on s'est transformé en le Logos lui-même, en se submergeant dans le Paranishpana, on sait ce qu'est la félicité. Le Logos est la vérité, c'est le Paramartha. Sans le Logos, la félicité est impossible.
Un jour, me trouvant parmi un groupe d'Archanges, me vint à l'esprit de discuter avec le plus amical, et je lui dis : "Cela fait plusieurs Mahamanvantaras que je travaille pour l'humanité ; je souhaite maintenant du repos, une longue pause au sein de la félicité". Il me répondit alors : "La plus grande félicité est d'avoir Dieu en soi", c'est-à-dire, avoir le Logos en soi, avoir la vérité en soi.
Je vous ai parlé hier soir de la nécessité d'incarner la vérité. Il est nécessaire de réfléchir un peu sur ce terme : la vérité. Quand Pilate interrogea Jésus en disant : "Qu'est-ce que la vérité ?" il a gardé le silence. Et quand on a posé la même question au Bouddha Gautama Sakyamuni, il a tourné le dos et s'est en allé. Il est urgent, mes frères, que nous méditions sur cela.
Certaines religions mortes nous parlent d'un Dieu anthropomorphe, assis là-bas sur un trône de tyrannie, derrière les nuages, tonnant et tonitruant contre cette triste fourmilière humaine. Indéniablement, ce Dieu anthropomorphe est une idole mentale. Je veux que vous sachiez qu'il existe non seulement des idoles dans le matériel, ici, mais qu'il y en a aussi des mentales. Il vaut mieux penser au Démiurge Architecte, Unité Multiple Parfaite, l'Armée de la Voix, la Grande Parole, le Verbe.
À juste titre, l’Évangile de saint Jean commence en disant : "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Tout a été fait par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui". Quand nous prononçons ce que tout le monde appelle vérité, nous devons réfléchir. Pourrions-nous montrer la vérité ? Évidemment que non. C'est pourquoi Jésus garda le silence. Pourrions-nous exposer la vérité ? Bien sûr que non, c'est pourquoi le Bouddha Gautama Sakyamuni tourna le dos et s'en alla. Mais si nous disons que la vérité est le Verbe, nous n'affirmons rien d'erroné. C'est vraiment ainsi. Ce qui ne relève pas du temps, ce qui est au-delà du corps, des affects et du mental c'est le Verbe.
Ceux qui supposent que l'Univers a été créé par cette idole mentale, erronément appelée Dieu, se trompent. Ceux qui nient Dieu se trompent.
Le gars sceptique est démoniaque par nature, pervers et médiocre. Les hommes de génie, que l'Histoire a connus, sont des hommes de foi. Aucun sceptique n'a été génial. Les sceptiques sont toujours médiocres.
Cependant, il ne s'agit pas de croire ou de ne pas croire en un Dieu, car beaucoup se contentent de la croyance seule, ils se cachent derrière elle, et échouent. Au final, ils s'enfoncent dans les Mondes infernaux, ils involuent dans le temps. Ils disent : "Je crois en Dieu", mais ils ne font rien pour se connaître eux-mêmes. D'autres disent : "Je ne crois pas en Dieu", mais ils ne savent rien sur eux-mêmes non plus.
Nous pouvons aussi dire que la Terre tourne autour de son axe, ou nous pouvons dire qu'elle ne tourne pas, et cela ne modifie en rien la course de notre planète autour du Soleil. Rappelons-nous lorsqu'on fit jurer Galilée devant la Bible. Les inquisiteurs lui dirent : "Jurez-vous que la Terre n'est pas ronde et qu'elle ne tourne pas ?". Et Galilée, étendant sa main sur la Bible, dit : "Je le jure ! Eppur si muove, si muove" "Et pourtant, elle tourne, elle tourne". Donc, ce que l'on croit ou ce que l'on ne croit pas ne change rien aux choses.
Ce dont nous avons vraiment profondément besoin, c'est d'un changement. Nous avons besoin d'expérimenter la vérité, et c'est ce qu'il faut faire. Bien sûr, pour arriver à l'expérience du réel, on a besoin de la méditation, du calme et du silence du mental. Ce n'est que lorsque s'arrête le processus de la pensée que nous pouvons arriver à expérimenter ce qui ne relève pas du temps. Donc, réfléchissons.
Dans l'Ésotérisme, on nous parle beaucoup de l'Ineffable Absolu, Sat, l'Immanifesté, qui est au-delà de l'esprit et de la matière, bien au-delà du silence et du son et des oreilles pour le percevoir, au-delà de la pensée, du verbe profane et de l'acte, au-delà du nombre, mesure, poids, côté par côté, quantité, qualité, avant, après, etc. Paranishpana est l'Absolu lui-même, Paranishpana est ce qui n'a pas de nom, ce qui est encore au-delà de ce que nous pourrions appeler Maha-Paranirvana.
Pouvoir parvenir un jour au but, c'est ce que nous espérons. C'est pour cela que nous sommes réunis ici, pour étudier, méditer, nous préparer ; nous voulons atteindre un jour la Libération finale. Mais, Paranishpana sans Paramartha n'est pas la félicité. Paranishpana et Absolu, c'est pareil, mais Paramartha, en pur sanscrit, c'est la vérité absolue.
Tels que nous sommes, si on nous mettait au sein de l'ineffable Absolu, si tels que nous sommes, une main puissante nous lançait au plus profond du Paranishpana, nous tomberions dans le plus épouvantable désespoir. Nous hurlerions, nous pleurerions, nous supplierions qu'on nous ramène à nouveau ici, sur Terre. Et, cependant, au fond, chacun d'entre nous veut parvenir à l'Absolu. Vous voyez comme tout est paradoxal. Si on nous déposait instantanément dans l'Absolu, nous ne voudrions pas y rester.
Que serait pour nous l'Absolu en cet instant ? On dit que c'est la Lumière Incréée. Et vous que diriez-vous ? Que penseriez-vous ? Que ce n'est pas la Lumière Incréée ! Car, de toute évidence, pour vous, l'Absolu, en cet instant, ce serait des ténèbres effroyables, un abîme insupportable ; les ténèbres du "Non-Être", ces ténèbres de l'Abîme où se trouvent les origines de la lumière. Et, cependant, nous voulons l'Absolu.
Mais pour pouvoir réellement jouir de l'Absolu, nous avons besoin du Paramartha, la vérité absolue. À quoi nous sert-il d'entrer dans le Paranishpana si nous ne possédons pas la vérité ? À quoi nous servirait-il de nous perdre au sein de ce qui n'a pas de nom si nous n'avons pas de Paramartha ? Mais, il est nécessaire d'éclaircir et indispensable de préciser un peu pour pouvoir mieux comprendre. Qu'est-ce que le Paramartha ? Nous l'avons déjà dit, et il importe que nous le répétions : la vérité absolue.
Mais, si nous nous auto-explorons profondément, dans quel recoin de nous-mêmes trouvons-nous cette vérité absolue ? Est-elle dans le physique ? Est-elle dans l'astral, dans le mental, dans le causal, dans le bouddhique, dans l'atmique ? Où est-elle ? Où est sa place ? Jésus a dit : "Connaissez la vérité, et elle vous rendra libres". Mais, quelle est la vérité ? Où est-elle ? L'intellect ne l'a jamais trouvée et ne pourra jamais la reconnaître, parce qu'il ne l'a jamais connue. Vous pouvez reconnaître un ami que vous connaissez, que vous avez connu. Mais, comment pourriez-vous reconnaître un ami que vous ne connaissez pas ?
Qui pourrait reconnaître la vérité s'il ne l'a jamais connue ? Car la vérité n'est pas de l'intellect, elle n'est pas du mental, elle n'est pas du temps. Où se trouve la vérité ? Est-elle là-haut ?
Est-elle en bas ? À droite ? À gauche ? Devant ? Derrière ? Où ? On nous a dit à l'intérieur de nous-mêmes, mais, dans quel recoin ? Dans quel corps ? C'est quelque chose dont nous devons nous enquérir par nous-mêmes, mais ce n'est pas l'intellect qui va la découvrir. Elle peut venir à nous sans que nous ayons besoin de l'inviter quand le mental est tranquille, quand le mental est en silence. Mais, c'est une chose qu'elle vienne à nous et c'en est une autre de l'incarner. "À celui qui sait, la parole donne pouvoir ; personne ne l'a prononcée, personne ne la prononcera, si ce n'est celui qui l'a incarnée".
Alors, la vérité est le Verbe, et celui qui l'incarne, incarne, par conséquent, la vérité.
Je vous ai parlé hier soir au sujet du cygne Kalahamsa, ou de cet autre, du chevalier Lohengrin, ce cygne volant sur les eaux pures de la vie. Il est aussi l'Ibis miraculeux, cette blanche colombe avec sa tête d'ancien vénérable, l'Archimage, l'Archi-Hiérophante qui jadis a ressuscité en lui-même le Mage Merlin pour étonner le roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde.
L'Esprit Saint, le Troisième Logos, la Monade particulière : voilà le Verbe. Cependant, lui, malgré toute sa grandeur et sa splendeur, n'est rien d'autre qu'un dédoublement du Deuxième Logos. Lorsque nous pensons au Deuxième Logos, il nous vient à l'esprit le Christ Cosmique, le Maître des Maîtres, le Fils, Vishnou, celui qui s'exprima avec tant de puissance à travers le Grand Kabîr Jésus, celui qui parla au travers du larynx de Jean le Baptiste, celui qui fit des merveilles et des prodiges au travers de Fu-Hsi ou Quetzalcoatl.
Le Grand Nazaréen a dit : "Celui qui a vu le Fils a vu le Père, parce que le Père est un avec le Fils et le Fils un avec le Père". Donc, le Fils, le Christ, à son tour est une manifestation, un dédoublement grandiose du Père. Lui, en lui-même, le Père, est le Premier Logos, Brahma, émanant directement du Soleil Central Spirituel, émanant directement du resplendissant Soleil Absolu. Ce Soleil Absolu, ce Soleil Central, est grandiose en soi-même, car de là partent toutes les lois qui soutiennent l'Univers fermement dans sa course. Dans ce Soleil Central Spirituel, il y a une particule personnelle, la nôtre, profondément nôtre, de laquelle a émané le Père, car les Trois Logos ont émané du resplendissant Soleil Absolu ; la Trinité à l'intérieur de l'Unité de l'Abîme, le Tetragrammaton, les Quatre.
Celui qui a incarné en lui-même le Logos, a incarné la vérité. Celui qui a incarné en lui-même le Troisième, le Deuxième et le Premier Logos, et, enfin, a fusionné avec le Soleil Central, a incarné la vérité absolue, s'est transformé en la vérité absolue, a atteint le Paramartha. Dans ces conditions, il peut parfaitement se submerger dans cet état grandiose de l'Absolu. Dans ces conditions de béatitude, il est parvenu à la Libération.
C'est seulement ainsi, mes chers frères, en apprenant ce qu'est le Paranishpana, c'est seulement ainsi que vous arriverez à connaître ce qu'est la félicité. Mais Paranishpana sans Paramartha n'est pas la félicité. C'est-à-dire que si l'on n'a pas réussi la fusion avec le Logos, même en se submergeant dans le Paranishpana, on ne connaîtra pas la félicité. Mais si on s'est fondu dans le Logos, si on s'est transformé en le Logos lui-même, en se submergeant dans le Paranishpana, on sait ce qu'est la félicité. Le Logos est la vérité, c'est le Paramartha. Sans le Logos, la félicité est impossible.
Un jour, me trouvant parmi un groupe d'Archanges, me vint à l'esprit de discuter avec le plus amical, et je lui dis : "Cela fait plusieurs Mahamanvantaras que je travaille pour l'humanité ; je souhaite maintenant du repos, une longue pause au sein de la félicité". Il me répondit alors : "La plus grande félicité est d'avoir Dieu en soi", c'est-à-dire, avoir le Logos en soi, avoir la vérité en soi.