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CA D I B V S I N R TER NA DUIS : Pour calmer un mal de dents qui dure depuis neuf jours, on écrit ces lettres sur du papier un samedi soir. Bien que ce ne soit pas précisé ici, d’autres prescriptions indiquent qu’on plaque ensuite ce papier sur la joue ou sur la dent.
Illustration ATHAGON.
Illustration Bang n° 1120.
CAIO LAIO QUAQUE : Pour guérir le mal de dents, il faut chanter la formule : Caio laio quaque uoaque ofer sæloficia sleah manna wyrm.
Le vieil anglais sleah manna wyrm se traduit par « frappe le ver de l’homme » ; selon une croyance très ancienne, on pensait en effet qu’un ver rongeait la dent. On la rencontre en Babylonie, en Grèce dans l’hymne à Déméter, par Homère, et Shakespeare faire dire à Benedict : « J’ai un mal de dents qui me tourmente », ce à quoi son ami répond : « Quoi ! soupirer ainsi pour un léger mal de dents qui n’est qu’un vers ou un catarrhe ! » (Much Ado about Nothing III, 2).
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 94 ; 473 sq. ; Storms n° 65.
CALAMARIS : C’est le terme que les Scandinaves utilisaient comme Abracadabra pour guérir la fièvre. On écrit ce mot en retranchant une lettre à chaque fois (voir formule réductrice).
Illustration
Grimoire de Jeløen
(Norvège).
Le terme a joui d’une énorme popularité, comme en témoigne le nombre de ses variantes : Kalamaris, Kalameres, Kalemeres, Kalemeris, Kalamarum, Kalminius, Karemerou, Kulumaris, Calæmarem, Halamitis.
Illustration Ohrt II, 110-112 ; Espeland n° 28.
CANCKERA : Pour guérir les chancres, on en énumère toutes les sortes sous la forme d’une formule allitérée : Canckera canckere canckere cankeri canckero canckero canckera canckerum.
Illustration Braekman 148.
VI CAPTOS. SADUCES : Pour guérir la fièvre, on écrit ces mots sur un pain d’orge que l’on donne à manger au malade.
Illustration Grimoires n° 48.
CARA CARICE : Au Moyen Âge, ces mots protègent des hémorragies. Au XVIe siècle, on trouve la forme suivante : In nomine Patris & filij & spiritus sancti, curat cara sarite confirma consana imaholite.
Illustration CATO ; CHIMRAT.
Illustration Franz 2, 174 ; Braekman 10 ; Jean Wier IV, 7.
CARADO : Premier mot magique d’une conjuration de la tempête que l’on date du XIIIe siècle : Carado sancte Enoch sancta Fides me benedicat, ce qui signifierait : « Carado, que saint Énoch et sainte Foi me bénissent. » On peut sans doute rapprocher carado de l’ancien français caraude, « sorcellerie, sort, charme ».
Illustration Franz II, 62.
CA ROI : Pour se protéger de la fièvre quotidienne, il faut écrire ces deux mots sur une feuille d’olivier cueillie avant le lever du soleil, et la porter au cou.
Illustration Thiers I, 417.
CATANOMARE : Mot utilisé en 1789, dont une lettre doit être retranchée, parfois chaque jour, et qui, par magie sympathique, fait disparaître la fièvre froide. Le mot n’est qu’un des très nombreux exemples de ce que l’on appelle une formule réductrice.
Illustration CATTALIBUSANTRAKUS ; CALAMARIS ; ABRACADABRA.
Illustration Bang n° 1047.
CATATIMUS : Contre les maux de dents, il faut écrire trois fois ces mots.
Illustration Bang n° 1102.
CATO CARUCE : Mots magiques d’un charme destiné à guérir les morsures de serpent, datant du XIIe siècle : Cato, caruce, sanum reduce, reduce sanum, Emmanuel Paraclitus. On rencontre, à la même époque : Cara, caruce, senael, emmanuel, paraclitus, etc., qui s’éclaire grâce à une conjuration de l’hémorragie : + Caro + Cruce + fac restringere ysmahelite. famule tue N. Amen. Senaël est le nom d’un ange ; l’Ismaélite est Hagar (Gen. 16, 11) et le Paraclet et Emmanuel viennent de la Bible (Isaïe 7,14 ; Jean 14,16).
Illustration Cara carice.
Illustration Franz II, 175 ; Heim 555 ; Thiers I, 357.
CATTATIBUSANTRAKUS : Exemple d’une formule réductrice des fièvres ; elle fut utilisée vers 1780. En retranchant une lettre à chaque fois qu’on recopie le mot, on fait disparaître progressivement la fièvre.
Illustration CATANOMARE.
Illustration Bang n° 1048.
CE :Illustration CONSUMMATUM EST.
CELAS CELIAR CELIAS : Formule de conjuration des fièvres aux Xe ou XIe siècles.
Illustration Franz 2, 483.
† CHAMACHA, † AMACHA : Afin de recouvrer un bien dérobé, on écrit les mots suivants au-dessus de la porte de la maison : † Chamacha, † Amacha, † Amschala, † Waystou, † Alam, † † Elast Lamach.
Illustration Secrets égyptiens 2, 157.
CHEILEI. CECCE : Début d’une incantation destinée à guérir le mal de dents : Cheilei. cecce. becce. upseruicce. slamone. wuerm. naco. dicapron. s ; noli. coli hyt an yerthe hates byrnet. Il s’agit d’une variante deIllustration CAIO LAIO.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 217.
Illustration CHIMRAT, CHARA : Pour arrêter le sang qui coule d’une plaie, on récitait la formule suivante :Illustration Chimrat, chara, sarite, confirma, consona, Imohalite. C’est une variante deIllustration CARA CARICE.
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 18.
X : I : P : S : D : : Début d’une formule cryptée qui clôt une conjuration des fièvres et date du début du XVIe siècle : χ : i : p : s : d : e : σ : d. χ : rl : e : que : o. . σ. σ. p : q : d : n : y : χ : σ : b : a. a. a. χ : σ : d :
Elle énumère les sept fièvres sœurs. Derrière les trois a, se lit sans doute un triple agios, le χ est peut-être l’abréviation de Christ.
Illustration SICILIA.
Illustration Ohrt n° 1143.
CHRISME : Symbole chrétien formé des deux lettres grecques X et P désignant le Christ. On le retrouve sur de nombreuses amulettes. Les lettres Alpha et Omega (A, Ω) expriment la notion du tout et renvoient à sa divinité.
Illustration
† CHRISTUS BRUTUS ET DUTUS EST VANUM : En disant ces mots et en touchant le dessous des mâchoires avec un doigt trempé d’eau bénite, on guérit le godron.
Illustration Honorius, p. 109.
CHRISTUS NATUS † CHRISTUS PASSUS EST : « Le Christ est né, le Christ est mort » est une formule de libération de la fièvre quotidienne. Elle est suivie d’un ordre : « Libère N. des fièvres ! Amen. » Au XIVe siècle, en Italie, pour guérir la fièvre, on écrivait la formule sur une feuille de sauge que l’on faisait ingérer au malade († nato è Christo † morto è Christo † e risuscitato è Christo). En Sicile, on utilisait une formule un peu plus développée, écrite en caractères grecs, pour se préserver du feu : « Le Christ naquit, fut baptisé et crucifié ; il ressuscita et fut enterré. Fuis, feu, loin de ce serviteur du Christ... » (Christû fu nnatu e fu baptizzatu e ffu crucificatu e rrisursitatu e fu sultirratu. Fui focu arestu di lu servu di Christu...) ; on faisait alors appel à l’esprit de saint Luc et aux évangélistes Marc, Jean et Matthieu.
Illustration JHESU.
Illustration Franz 2, 105 ; 199 ; Braekman n° 78 ; G. Amati, Ubbie, ciancioni e ciarpe del secolo XIV, Bologne, Romagnoli, 1866, p. 105 ; Heinrich Schneegans, « Sizilianische Gebete und Rezepte in griechischer Umschrift », Zeitschrift für romanische philologie 32 (1908), p. 585.
CHRISTUS NATUS EST † : La formule suivante fut très répandue et utilisée pour différentes affections. Elle vaut notamment pour les saignements et les épines :
Christus natus est † Christus passus est †
Christus crucifixus est † Christus lancea perforatus est.
Quand on remplace les croix par aaius (= agios, « saint ») et qu’on modifie la dernière partie en Christus resurrexit a mortuum, elle est utilisée pour conjurer l’érysipèle. En supprimant le verbe « être » (est) et en remplaçant lancea perforatus est par Cristus venturus, on bannit les frissons et les fièvres. En ne gardant que les deux premières séquences et en y ajoutant « et libère N. des fièvres », on obtient une amulette contre la fièvre quotidienne. Aujourd’hui, on utilise la formule pour guérir coupures et plaies, échardes et épines.
Illustration Hunt, p. 9, n° 67 ; Grimoires n° 278 et 284 ; Storms n° 27 ; Berthouin-Mathieu, p. 130 ; p. 62 ; Braekman n° 78 ; Camus 1990, n° 50 ; 52 ; 92 & 93.
CHRISTUS TE VOCAT : « Le Christ t’appelle » est une adjuration pour faciliter un accouchement.
Illustration Braekman n° 49.
CHRISTUS TONAT : Pour guérir la fièvre, on écrit trois jours de suite sur une feuille de sauge « le Christ tonne » le premier jour, « l’ange annonce » le deuxième, puis « Jean prêche » le troisième : Christus tonat † Angelus nunciat † Johannes predicat †
Puis on récite, le premier jour un, le deuxième, deux, et le troisième trois Notre-Père, trois Ave et trois Credo ; on fait dire une messe du Saint-Esprit, une de saint Michel et une de saint Jean-Baptiste.
Illustration Bibl. Royale de Stockholm, ms XIV in kl. 4°, fol. 35 ; Braekman p 112.
CHRISTUS VAINCUS : Pour empêcher les loups de pénétrer sur le terrain où paissent les moutons, on se tourne vers l’est en récitant une prière comportant une conjuration — « Va au loin chercher ta proie. Loup, louve, louveteau... » — qui se clôt par « ainsi va, de retrot, Satana » (sic), puis on répète ce rituel vers les autres points cardinaux et on jette du sel en disant : « Vanus vanes, Christus vaincus, attaquez saint Sylvain au nom de Jésus. » Les fautes qui se relèvent portent la marque de l’oralité.
Illustration Honorius, p. 94.
CHRISTUS VINCIT † CHRISTUS REGNAT † CHRISTUS IMPERAT † : « Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ ordonne » ; cette formule se rencontre, dès le Xe siècle, dans les Laudes seu acclamationes de la liturgie spéciale de Reims, avec une quatrième proposition : « Que le Christ nous protège de tout mal » (Christus ab omni malo nos defendat). Un manuscrit datant de la fin de la période carolingienne et conservé à Metz donne les premiers termes de la formule en grec.
Cette formule servit de cri de guerre à l’armée de Frédéric Ier et fut utilisée à différentes fins : contre les fistules, les furoncles, les chancres, le farcin, les maux d’yeux ; elle aide les femmes enceintes ; pour un accouchement, on y ajoute Christus te vocat ut nascaris ; contre les fièvres, on dit cette formule en traçant trois croix sur la paume de la main droite du malade, puis on écrit on Pater † on † Filius † on Spiritus sanctus sur le dos de la main, on efface enfin la formule avec de l’eau qu’on lui donne à boire ; le deuxième jour, on écrit on aries † on [...] en agnus † et on procède de même ; le troisième jour, on trace on leo † on vitulus † on vermis †, et on répète l’opération. La formule a valeur d’amulette et préserve de tous les maux. Si l’on y ajoute Christus sanat, la formule arrête les hémorragies, à condition de tremper son pouce dans le sang et d’écrire : consummatum est, sinon elle vaut contre les fièvres, froides notamment, les douleurs oculaires et pour découvrir un voleur. Alliée à des noms divins, aux évangélistes et aux Trois Rois, elle permet d’être apprécié et d’avoir les faveurs de son Seigneur. Vers 1815, elle se réduit à la triple répétition Christus vinset (Bang n° 1074).
On retrouve la formule dans une prescription contre la mammite et dans le Charme de sainte Suzanne précédée de : « et libère ta servante de cette douleur † au nom du Père † et du fils † et du Saint-Esprit † amen. » Contre la peste, on l’écrit sur un parchemin vierge suffisamment long pour entourer le cou et lié avec un fil de lin, après avoir récité le Notre-Père et le Credo.
Contre les météores, la formule est complétée par « de dissoudre les nuées et les tempêtes » (Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat vobis nubes et tempestates ut dissolvamini). En Islande, on la trouve abrégée en Christus Imperad.
Dans le grimoire de Vinje, la formule apparaît dans un charme destiné à découvrir l’identité d’un voleur dans de l’eau. Dans Le Médecin des pauvres, livre de colportage de la Bibliothèque bleue de Troyes, la formule est placée en exergue.
Illustration Braekman n° 148 ; n° 151 sq. ; Ohrt n° 1156 ; Hunt, p. 98 ; Braekman n° 73 ; n° 148, 17 ; Ohrt n° 1144 ; Braekman n° 164 ; n° 49 ; n° 90 ; Hunt, p. 84 ; 234 ; Ohrt n° 266 ; n° 269 ; n° 329-330 ; n° 974 ; Braekman n° 234 & 101 ; Galdrakver, p. 50 ; Vinje n° 10 ; Bang n° 1287. Autres attestations : Franz 2, 87 ; 96 ; 106 ; 497 ; Ohrt n° 1087 (dans une inscription runique du XIIIe siècle) ; 1088 (dans le Charme de sainte Agathe) ; JVH n° 549 ; Aymar, p. 325, p. 334.
† ch. u. r. k. X. σ. r. d. er. y : Ces characteres forment la clôture du Charme de sainte Élisabeth dans un manuscrit d’Utrecht.
CHUCH BACHUCH BAKACHUCH : Sur une tablette de plomb découverte en Palestine et écrite en grec, se lit un long texte magique destiné à lier un certain Sarmation et qui s’ouvre ainsi :
CHUCH BACHUCH BAKACHUCH BAKAXICH UCH BAZABACHUCH BENNEBECHUCH BADETOPHOTH BAINCHOOOCH
Dans le corps du texte se rencontrentIllustration EULAMÔN, la formule MASKELLI MASKELLÔ et des noms de divinités de divers pays du Moyen-Orient.
Illustration John G. Gager, Curse tablets..., p. 108 sq. ; Lexa, t. 1, p. 89.
CHUOCH EDAMINOPH (χυοχ εδαμινοϕ) : Si l’on écrit ces mots sur la langue d’une grenouille et que l’on dépose celle-ci sur la poitrine d’une dormeuse, cette dernière révélera aussitôt tout ce qu’elle a fait dans sa vie.
Variantes : χουοχ ; cuceh, cuchos ; eola poø edaminoph.
Illustration Cyranides II, B.
C. I. M. B. V. (= Conceptio immaculata beatae Mariae virginis) : Autrefois, on écrivait cette formule en entier ou en abrégé et on la déposait dans les poulaillers afin d’obtenir une bonne ponte.
CINIUM † CINIUM † GOSSIUM † STRASSUS † GOD † STRASSUS : Quand un chien a été mordu par un autre chien enragé, il faut lui donner ces mots à boire, c’est-à-dire après les avoir dissous dans de l’eau.
Illustration Secrets égyptiens 2, 161.
CINQ PLAIES DU CHRIST (LES) : De très nombreux charmes de guérison font appel à la formule : « que les cinq plaies du Christ me / lui soient un remède » (Vulnera quinque Dei sint medicina mei / sui), que Claire d’Assise (XIIIe siècle), dit-on, récitait fréquemment. Nous la rencontrons pour guérir fistules, chancres, blessures, « toutes manières de plaies ouvertes » et maladies contagieuses, et pour se protéger de tous les mauvais esprits et démons. En général, d’autres références au Nouveau Testament, comme la croix et la passion du Christ, viennent renforcer la formule. Le Livre des incantations présente une curieuse invocation dans une séance d’onychomancie : « [...] par les 1006 blessures de notre seigneur Jésus-Christ, par les 106 blessures de notre seigneur Jésus-Christ, par les cinquante-six blessures de notre Seigneur Jésus-Christ. »
Illustration
L’Enchiridion nous a transmis le charme suivant contre « couteaux, épées, lances, flèches et toutes sortes d’armes » : « Heli, heloy, hat, clavis, hegon, heth, hue. Proth, Ceteras, feros, homo. Que les cinq plaies du Christ me gardent ! »
Nous avons essentiellement des noms de Dieu (Hely, Heloy, Heth), mêlés à du latin (clé, autres, homme) qui ne donnent pas de sens.
Illustration Liber incantationum folio 98 v° ; Hunt, p. 226 sq. ; p. 98 ; autres références : Ohrt n° 116 ; 263 (avec Ananzapta) ; 265 ; 266 (avec Christus vincit) ; 812 (pour rendre un fusil inutilisable) ; D. Gray « The five Wounds of Our Lord », Notes and Queries 208 (1963), pp. 50-59 ; pp. 82-89 ; pp. 127-134 ; 163-168 ; Schulz, p. 313 sq. ; 352 sq. ; Camus 2002, p. 331.
CIOÉ SU MUGE DUÈ : Pour qu’une parturiente accouche rapidement, il fallait prononcer ces paroles sur elle.
Illustration Libro de segretto e di magia, p. 4.
C KORSMISE DEN I MAY : On récite trois fois ces mots sur de la farine et du sel pour paralyser les rapaces afin qu’ils ne nuisent pas aux vaches. Korsmise signifie « messe de la Sainte Croix », et le reste peut être une date, le 1er mai.
Illustration Bang n° 1169.
CMB / KMB : Initiales du nom des Rois mages, Caspar, Melchior, Balthazar. On les inscrivait sur la porte des demeures, des écuries et des étables avec de la craie consacrée, en général pour les protéger du feu et/ou de l’eau. Ainsi la nuit des Rois, en Styrie, on écrivait sur toutes les portes :
Illustration
En juillet 2012, dans le bourg de Haslach, vallée de la Kinzig (Forêt noire), nous avons relevé ce type d’inscriptions sur de nombreuses maisons, accompagné du millésime de l’année (illustration ci-dessous), ce qui suggère qu’il fallait renouveler cette formule de protection tous les ans.
Illustration
On a aussi interprété ces initiales comme Christus Mansionem Benedicat (« Que le Christ bénisse cette maison »). Un document de 1566 recommande de couper une pomme en deux, d’inscrire CMB sur chacune des moitiés et de les donner à manger à la femme enceinte : cela évitera qu’elle mette au monde un enfant mort. Selon le pape Jean XXI (1276), celui qui porte les noms des Rois sur soi est préservé du mal caduc.
La formule se rencontre aussi sur des billets protecteurs, comme celui-ci, mêlant INRI et d’autres symboles chrétiens :
Illustration
Les Rois mages se retrouvent aussi sur un bref qui protégea, dit-on, un chevalier que le comte Philippe de Flandres voulait faire exécuter pour ses méfaits ; comme ce brigand ne pouvait être blessé, on l’interrogea et il montra le bref où était écrit : † Iehus christus † deus fortis † Protege † Salva † Benedic † Sanctifica † Persignum sancte crucis de inimicis nostris Amen † Kaspar † Balthasar † Melchior † Jhus autem transiens permedium ibat † Vade inpace Amen (« Jésus-Christ, Dieu fort, protège, sauve, bénis, sanctifie (-nous) par le signe de la croix contre nos ennemis † Mais Jésus passa parmi eux † Allez en paix, Amen. »)
Illustration TROIS ROIS ; JESUS AUTEM TRANSIENS.
Illustration Wilhelm Wackernagel, Altdeutsche Predigten und Gebete aus Handschriften, Bâle, 1876, p. 611 ; Th. Vernaleken, Mythen und Bräuche des Volkes in Österreich, Vienne, 1859, p. 342.
C. M. B. †† ABI MASSA DENTI LANTIEN J. J. J. : Formule destinée à protéger le bétail de toute sorcellerie.
Illustration HABI MASSA.
Illustration Spamer, p. 380.
COHIZIARA OFFINA ALTA NETERA FUARA MENUET : Répétée trois fois, cette formule était censée contraindre un esprit à l’obéissance.
Illustration Verus Jesuitarvm libellus, Paris, 1508.
COMPTA OCOΓMA : Formule d’une prière destinée à arrêter un saignement ; elle mêle caractères latins et grecs :
Compta Ocoγma Ctyγontoema Ektytoπo † Beronice.
Illustration Storms n° 60.
CONSUMATUM EST : cette parole du Christ sur la croix (Jean 19, 30) est utilisée comme formule de clôture de charmes contre les vers : une croix s’intercale alors entre chaque syllabe.
Elle sert pour arrêter les hémorragies et doit être écrite sur le front du patient : la veine doit se « fixer » comme Jésus fut fixé sur la croix, le sang s’arrêter de couler —, les saignements des chevaux et les épistaxis. Elle est parfois associée à Agla. En fin de charme ou de prière, sa valeur sémantique équivaut à fiat.
Associée à des characteres que l’on grave au couteau sur la porte derrière laquelle couche un couple, la formule empêche la copulation.
Sur les amulettes chrétiennes, elle a été abrégée en CE, et elle fait partie de l’Oraison des sept paroles, attribuée à Bède, qui assurait la protection contre tous les maux et empêchait de mourir sans confession.
Sous la forme ego mago et super magnum consummatum est et répétée trois fois, la formule empêchait une arme de faire long feu.
En Colombie, ces mots entrent dans une prière destinée à se mettre à l’abri des accidents.
Variantes : consummactum est ; consumativi est ; Kunsumantm mest ; con sum actus ; † Con † Su † Ma † Tuen † est.
Illustration CHRISTUS VINCIT.
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 18 ; Braekman 147 ; 12 ; 13 ; 18 ; 164 ; Ohrt n° 173 ; Dragon noir, p. 165 ; Enchisidion Leonis papae, Ancône, 1667, p. 104 ; Thiers I, 377 ; 413. Ohrt n° 267 ; Jvh n° 682 (contre le feu) ; Secrets magiques pour l’amour n° LXI ; Werner n° 11, p. 199 ; Libro de segretto e di magia, p. 6.
CORIDAL NARDAC DEGON : On prononce ces mots pour empêcher quelqu’un de manger à table ; sous celle-ci, il faut planter une aiguille ayant servi à coudre le linceul d’un mort et dans la chair duquel elle est entrée.
Illustration Honorius, p. 68.
COVELTHO : Si on prononce ce mot sur un épileptique en crise, en même temps qu’on pose sur lui un chat vivant, il se remet aussitôt.
Variantes : covelcho, convertho, conveltho, condito ; κoβελθω.
Illustration Cyranides II, E.
CRÉON : Mot magique d’une conjuration salomonienne du Grimorium verum ; répété trois fois, il permet de faire apparaître trois femmes ou trois hommes dans votre chambre après dîner !
CROSTES FURINOT KATIPA GARINOS : En plaçant sur le cœur le talisman qui porte ces mots, on reconnaît ou on frappe de stupeur les personnes malintentionnées ; elles ne retrouvent l’usage de leurs membres que si l’on dit : Tonirut.
Illustration Trésor, p. 183 a.
CRUX CHRISTI REDUCAT : Cette formule, « que la croix du Christ rapporte », est couramment utilisée pour obtenir le retour de quelque chose qui a disparu, par suite d’un vol ou autre. Lorsque c’est du bétail, on la prononce trois fois en direction de chaque point cardinal. Référence est faite au bois de la croix qui fut cachée puis retrouvée. La même formule sert quand une bête a été volée. Quand elle est complète, elle fait intervenir les quatre points cardinaux :
Crux Christi ab oriente reducat
Crux Christi ab occidente reducat
Crux Christi ab meridie reducat
Crux Christi ab aqvilone reducat.
Voici ce qu’elle devient au XVe siècle :
Crux Christi rolucat te aberinte
Crux Christi ruolucat te ab oe siolente
Crux Christi reducat teameriolie
Crux Christi reolucattem abaqvilone.
On voit que la source manuscrite de ce charme a été mal déchiffrée, en témoignent les confusions entre d et ol, s et r, etc.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 140 ; p. 162 ; p. 166 ; p. 178 ; p. 204 ; p. 218 ; Ohrt n° 924 ; W. O. Stevens, The Cross in the Life and Literature of the Anglo-Saxon, New York, 1904 (Yale Studies in English, 23).
CRUX SACRA : On invoqua fréquemment la croix du Christ pour se préserver des fièvres, en se servant de la formule Crux sacra † Crux splendida † suivie de la demande : « Croix, sauve et libère ce serviteur de Dieu N. de toutes les fièvres et des maux, présents, passés et à venir. » Les témoins manuscrits sont innombrables.
La croix s’allie à des mots magiques et à Sator Arepo dans une recette pour savoir si une personne est une sorcière. On écrit ce qui suit sur un morceau de papier auquel on ajoute une herbe de la Saint-Jean :
SATOR †
Crux Jesu Christi mildepos
AREPO †
Crux Jesu Christi mesepos
TENET †
Crux Jesu Christi Habenepos
OPERA
ROTAS
Il faut coudre papier et herbe dans un morceau de cuir. Si l’on veut voir la sorcière, qu’on porte le tout sur soi quand sort le quatrième quartier de la lune : aucune sorcière ne pourra rester dans la même pièce que vous.
Illustration SAINTE CROIX.
Illustration British Library, manuscrit Arundel 2558 in quart, fol. 195, XVe siècle ; Secrets égyptiens 2, 69.
CUIGEU : Sur une tablette opisthographe d’Hadrumète (Afrique romaine), se lit un charme visant à provoquer la mort de conducteurs de chars et de leurs chevaux lors d’une course dans le cirque. Il comporte une série de mots magiques placés en colonne à côté du démon Antmoaraitto : Cuigeu Censeu Cinbeu Perfleu Diarunco Deasta bescu berebescu arurara baζagra.
L’adjuration du démon se clôt par Iαω Iαsdαω ooριω. αηια.
Illustration
Illustration Audollent, p. 396 sq.
77 7 C T A N E A E G C X † X † C T H’: Pour qu’une femme ait un bon accouchement, lui suspendre ces characteres au cou ; si l’on veut expérimenter leur vertu, qu’on les attache à un arbre fruitier stérile et il portera des fruits.
Illustration Hunt, p. 31.
CURU CUS CO CAL : Formule norvégienne utilisée pour guérir l’épistaxis vers 1800.
Illustration Bang n° 1103.
CUZO. : Si l’on veut guérir de la morsure d’un serpent, il faut inscrire la formule suivante sur un papier que l’on avale : Cuzo ouzuze sanum redire reputa sanum Emmanuël Paraclitus, etc.
Illustration CARA CAPICE, CATO CARUCE.
Illustration Thiers I, 411.
CYPRIANUS : Le Grimoire de Cyprien (Cyprianus kunstbok, Cyprianus Frikonst) aurait été découvert à l’Académie de Wittemberg, en Allemagne, certains disent vers 1520, d’autres 1722. Il s’agissait d’un manuscrit sur parchemin enfermé dans une cassette de marbre. Ce grimoire d’origine danoise fut répandu dans toute la Scandinavie. On y trouve des recettes pour acquérir la connaissance de l’avenir, la réalisation des désirs ainsi que des formules de guérison, etc. Les dates des éditions sont peu fiables, et vont de 1516 au XIXe siècle, avec un pic de production au XVIIIe siècle. Le contenu diffère sans cesse selon les manuscrits et les éditions.
Au Schleswig, vers 1920, on contait l’histoire suivante :
« Cyprianus fut un Danois vivant sur une île, si mauvais qu’à sa mort le diable le rejeta de l’enfer et le renvoya chez lui. Là, il écrivit neuf livres en vieux-danois, remplis de sorts et de charmes. Celui qui les lit devient la proie du diable.
On dit qu’un moine les recopia en trois ou neuf exemplaires et les diffusa partout. Le comte de Plön en aurait possédé un, enchaîné et enfoui sous son château, parce qu’il eut si peur après en avoir lu les huit premiers livres qu’il décida de les cacher aux yeux du monde. Un autre exemplaire existe encore à Flensburg. Quelques charmes et prescriptions de ces livres sont encore connus des vieux. Qui veut y être initié doit abjurer sa foi. »
Illustration
Illustration Oslo, collection de manuscrits de la Nasjonalbiblioteket : Ms. 8° 10 : Cyprianus, copié vers 1790 ; Ms. 4° 832 ; Ms. 8° 81 : Cyprianus-Formaning, 29 p., copié vers 1650-1700, de Tinn, dans le Telemark, découvert en 1868 ; Ms. 4° 279 : Extract aus dem Cypriano, 18 p., vers 1700 ; Ms. 8° 640 a : Cyprianus Fsikonst..., 1719, 10 + 1 p., de Galgum, dans le Romedal, vers 1780. Ms. 8° 640 e : Cyprianus... imprimé à Wittenberg en 1509, 34 p., de Moland, dans le Telemark ; Ms. 4° 832 : Cyprianus, den over ald Verden viit berømte Sorte-Konstner..., Stavanger anno 1699, 53 p., vers 1750 ; Ms. 8° 2062 b : Den anden Del af Cyprianis skrifter..., 8 p., pp. 6-8, vers 1790-1800, découvert à Vingrom, paroisse de Fâberg ; Ms. 8° 3136 : Cyprianus’Trekandt. Ret forklaring holdende inde formaninger og frie Konster Iligemaade Konste bog og Charactererne..., Copenhague, 2. nov. 1760, 8 p. Trondheim, Gunnerusbiblioteket-Universitetsbiblioteket : Gunnerus, XA HA, Qv. 62 : Cyprianus eller Swart-Bogen / med Anmærkninger til Oplysning anførte og tilsatte af Chr. Hammer, daté du 17 avril 1793, 55 p. ; Gunnerus, LibR, oct. 5342 : Cyprianus eller Svartebogen. Forfattet av Cyprianus fra Antiokhia. Fortale av Willum Stephanson, Trondhjem, 1798, 48 p. ; Gunnerus, GO, Ky2f8 Cyp : Mester Cyprianus eller Svartbogen. Forfattet av Cyprianus fra Antiokhia, Lillehammer, imprimé par M. Urdal, 1850, 43 p ; Bang, pp. III, X-XIII, XVI-XXIII, XXVIII sq., XXXIV sq. ; Willum Stephanson, Cyprianus eller Svartebogen, Trond-hjem, 1798 ; Mester Cyprianus eller Svartebogen, Lillehammer, 1850 ; Louis Pio, Cyprianus : Inde holder mange adskillige viddenschabe..., Copenhague, 1870 ; K. Müllenhoff, Sagen, Märchen und Lieder aus Schleswig, Holstein und Lauenburg, Schleswig, 1921, p. 201 ; A. Bugge Amundsen, « A Genre in the Making. The first Study of Charms in Norway », in : J. Kapaló, E. Pócs, W. Ryan (éd.), The Power of Words. Studies on Charms and Charming in Europe, Budapest, 2012 ; sur Cyprien comme magicien, cf. L. Thorndike, A History of Magic and experimental Science, New York, Macmillan, 1923, t. 1, pp. 428-433.
CYRANIDES : Ouvrage grec composé au IVe siècle sur l’ordre de Kyranos, roi de Perse, comportant des recettes de médecine et de magie, composé de quatre livres. Dans le premier, sous chaque lettre de l’alphabet, sont groupés un oiseau, un poisson, une plante et une pierre, et leurs vertus thérapeutiques ou magiques sont décrites. Les trois autres livres notent les remèdes que l’on peut tirer des quadrupèdes, des oiseaux et des poissons. Il fut traduit en latin en 1169 à Constantinople, sous le titre Liber Kirannidarum, et il en existe onze manuscrits. Le texte grec s’est conservé dans des manuscrits datant du XIVe au XVIe siècle.
Illustration AULU ; CHUOCH ; COVELTHO ; IOA ; NAM ; PIRAN ; TIN.
Illustration D. Kaimikis, Die Kyraniden, Meisenheim am Glan, 1976 ; L. Delatte, Textes latins et vieux français relatifs aux Cyranides, Paris, 1942 ; Maryse Waegeman, Amulet and Alphabet : Magical Amulets in the First Book of Cyranides, Amsterdam, 1987.
CA D I B V S I N R TER NA DUIS : Pour calmer un mal de dents qui dure depuis neuf jours, on écrit ces lettres sur du papier un samedi soir. Bien que ce ne soit pas précisé ici, d’autres prescriptions indiquent qu’on plaque ensuite ce papier sur la joue ou sur la dent.
Illustration ATHAGON.
Illustration Bang n° 1120.
CAIO LAIO QUAQUE : Pour guérir le mal de dents, il faut chanter la formule : Caio laio quaque uoaque ofer sæloficia sleah manna wyrm.
Le vieil anglais sleah manna wyrm se traduit par « frappe le ver de l’homme » ; selon une croyance très ancienne, on pensait en effet qu’un ver rongeait la dent. On la rencontre en Babylonie, en Grèce dans l’hymne à Déméter, par Homère, et Shakespeare faire dire à Benedict : « J’ai un mal de dents qui me tourmente », ce à quoi son ami répond : « Quoi ! soupirer ainsi pour un léger mal de dents qui n’est qu’un vers ou un catarrhe ! » (Much Ado about Nothing III, 2).
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 94 ; 473 sq. ; Storms n° 65.
CALAMARIS : C’est le terme que les Scandinaves utilisaient comme Abracadabra pour guérir la fièvre. On écrit ce mot en retranchant une lettre à chaque fois (voir formule réductrice).
Illustration
Grimoire de Jeløen
(Norvège).
Le terme a joui d’une énorme popularité, comme en témoigne le nombre de ses variantes : Kalamaris, Kalameres, Kalemeres, Kalemeris, Kalamarum, Kalminius, Karemerou, Kulumaris, Calæmarem, Halamitis.
Illustration Ohrt II, 110-112 ; Espeland n° 28.
CANCKERA : Pour guérir les chancres, on en énumère toutes les sortes sous la forme d’une formule allitérée : Canckera canckere canckere cankeri canckero canckero canckera canckerum.
Illustration Braekman 148.
VI CAPTOS. SADUCES : Pour guérir la fièvre, on écrit ces mots sur un pain d’orge que l’on donne à manger au malade.
Illustration Grimoires n° 48.
CARA CARICE : Au Moyen Âge, ces mots protègent des hémorragies. Au XVIe siècle, on trouve la forme suivante : In nomine Patris & filij & spiritus sancti, curat cara sarite confirma consana imaholite.
Illustration CATO ; CHIMRAT.
Illustration Franz 2, 174 ; Braekman 10 ; Jean Wier IV, 7.
CARADO : Premier mot magique d’une conjuration de la tempête que l’on date du XIIIe siècle : Carado sancte Enoch sancta Fides me benedicat, ce qui signifierait : « Carado, que saint Énoch et sainte Foi me bénissent. » On peut sans doute rapprocher carado de l’ancien français caraude, « sorcellerie, sort, charme ».
Illustration Franz II, 62.
CA ROI : Pour se protéger de la fièvre quotidienne, il faut écrire ces deux mots sur une feuille d’olivier cueillie avant le lever du soleil, et la porter au cou.
Illustration Thiers I, 417.
CATANOMARE : Mot utilisé en 1789, dont une lettre doit être retranchée, parfois chaque jour, et qui, par magie sympathique, fait disparaître la fièvre froide. Le mot n’est qu’un des très nombreux exemples de ce que l’on appelle une formule réductrice.
Illustration CATTALIBUSANTRAKUS ; CALAMARIS ; ABRACADABRA.
Illustration Bang n° 1047.
CATATIMUS : Contre les maux de dents, il faut écrire trois fois ces mots.
Illustration Bang n° 1102.
CATO CARUCE : Mots magiques d’un charme destiné à guérir les morsures de serpent, datant du XIIe siècle : Cato, caruce, sanum reduce, reduce sanum, Emmanuel Paraclitus. On rencontre, à la même époque : Cara, caruce, senael, emmanuel, paraclitus, etc., qui s’éclaire grâce à une conjuration de l’hémorragie : + Caro + Cruce + fac restringere ysmahelite. famule tue N. Amen. Senaël est le nom d’un ange ; l’Ismaélite est Hagar (Gen. 16, 11) et le Paraclet et Emmanuel viennent de la Bible (Isaïe 7,14 ; Jean 14,16).
Illustration Cara carice.
Illustration Franz II, 175 ; Heim 555 ; Thiers I, 357.
CATTATIBUSANTRAKUS : Exemple d’une formule réductrice des fièvres ; elle fut utilisée vers 1780. En retranchant une lettre à chaque fois qu’on recopie le mot, on fait disparaître progressivement la fièvre.
Illustration CATANOMARE.
Illustration Bang n° 1048.
CE :Illustration CONSUMMATUM EST.
CELAS CELIAR CELIAS : Formule de conjuration des fièvres aux Xe ou XIe siècles.
Illustration Franz 2, 483.
† CHAMACHA, † AMACHA : Afin de recouvrer un bien dérobé, on écrit les mots suivants au-dessus de la porte de la maison : † Chamacha, † Amacha, † Amschala, † Waystou, † Alam, † † Elast Lamach.
Illustration Secrets égyptiens 2, 157.
CHEILEI. CECCE : Début d’une incantation destinée à guérir le mal de dents : Cheilei. cecce. becce. upseruicce. slamone. wuerm. naco. dicapron. s ; noli. coli hyt an yerthe hates byrnet. Il s’agit d’une variante deIllustration CAIO LAIO.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 217.
Illustration CHIMRAT, CHARA : Pour arrêter le sang qui coule d’une plaie, on récitait la formule suivante :Illustration Chimrat, chara, sarite, confirma, consona, Imohalite. C’est une variante deIllustration CARA CARICE.
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 18.
X : I : P : S : D : : Début d’une formule cryptée qui clôt une conjuration des fièvres et date du début du XVIe siècle : χ : i : p : s : d : e : σ : d. χ : rl : e : que : o. . σ. σ. p : q : d : n : y : χ : σ : b : a. a. a. χ : σ : d :
Elle énumère les sept fièvres sœurs. Derrière les trois a, se lit sans doute un triple agios, le χ est peut-être l’abréviation de Christ.
Illustration SICILIA.
Illustration Ohrt n° 1143.
CHRISME : Symbole chrétien formé des deux lettres grecques X et P désignant le Christ. On le retrouve sur de nombreuses amulettes. Les lettres Alpha et Omega (A, Ω) expriment la notion du tout et renvoient à sa divinité.
Illustration
† CHRISTUS BRUTUS ET DUTUS EST VANUM : En disant ces mots et en touchant le dessous des mâchoires avec un doigt trempé d’eau bénite, on guérit le godron.
Illustration Honorius, p. 109.
CHRISTUS NATUS † CHRISTUS PASSUS EST : « Le Christ est né, le Christ est mort » est une formule de libération de la fièvre quotidienne. Elle est suivie d’un ordre : « Libère N. des fièvres ! Amen. » Au XIVe siècle, en Italie, pour guérir la fièvre, on écrivait la formule sur une feuille de sauge que l’on faisait ingérer au malade († nato è Christo † morto è Christo † e risuscitato è Christo). En Sicile, on utilisait une formule un peu plus développée, écrite en caractères grecs, pour se préserver du feu : « Le Christ naquit, fut baptisé et crucifié ; il ressuscita et fut enterré. Fuis, feu, loin de ce serviteur du Christ... » (Christû fu nnatu e fu baptizzatu e ffu crucificatu e rrisursitatu e fu sultirratu. Fui focu arestu di lu servu di Christu...) ; on faisait alors appel à l’esprit de saint Luc et aux évangélistes Marc, Jean et Matthieu.
Illustration JHESU.
Illustration Franz 2, 105 ; 199 ; Braekman n° 78 ; G. Amati, Ubbie, ciancioni e ciarpe del secolo XIV, Bologne, Romagnoli, 1866, p. 105 ; Heinrich Schneegans, « Sizilianische Gebete und Rezepte in griechischer Umschrift », Zeitschrift für romanische philologie 32 (1908), p. 585.
CHRISTUS NATUS EST † : La formule suivante fut très répandue et utilisée pour différentes affections. Elle vaut notamment pour les saignements et les épines :
Christus natus est † Christus passus est †
Christus crucifixus est † Christus lancea perforatus est.
Quand on remplace les croix par aaius (= agios, « saint ») et qu’on modifie la dernière partie en Christus resurrexit a mortuum, elle est utilisée pour conjurer l’érysipèle. En supprimant le verbe « être » (est) et en remplaçant lancea perforatus est par Cristus venturus, on bannit les frissons et les fièvres. En ne gardant que les deux premières séquences et en y ajoutant « et libère N. des fièvres », on obtient une amulette contre la fièvre quotidienne. Aujourd’hui, on utilise la formule pour guérir coupures et plaies, échardes et épines.
Illustration Hunt, p. 9, n° 67 ; Grimoires n° 278 et 284 ; Storms n° 27 ; Berthouin-Mathieu, p. 130 ; p. 62 ; Braekman n° 78 ; Camus 1990, n° 50 ; 52 ; 92 & 93.
CHRISTUS TE VOCAT : « Le Christ t’appelle » est une adjuration pour faciliter un accouchement.
Illustration Braekman n° 49.
CHRISTUS TONAT : Pour guérir la fièvre, on écrit trois jours de suite sur une feuille de sauge « le Christ tonne » le premier jour, « l’ange annonce » le deuxième, puis « Jean prêche » le troisième : Christus tonat † Angelus nunciat † Johannes predicat †
Puis on récite, le premier jour un, le deuxième, deux, et le troisième trois Notre-Père, trois Ave et trois Credo ; on fait dire une messe du Saint-Esprit, une de saint Michel et une de saint Jean-Baptiste.
Illustration Bibl. Royale de Stockholm, ms XIV in kl. 4°, fol. 35 ; Braekman p 112.
CHRISTUS VAINCUS : Pour empêcher les loups de pénétrer sur le terrain où paissent les moutons, on se tourne vers l’est en récitant une prière comportant une conjuration — « Va au loin chercher ta proie. Loup, louve, louveteau... » — qui se clôt par « ainsi va, de retrot, Satana » (sic), puis on répète ce rituel vers les autres points cardinaux et on jette du sel en disant : « Vanus vanes, Christus vaincus, attaquez saint Sylvain au nom de Jésus. » Les fautes qui se relèvent portent la marque de l’oralité.
Illustration Honorius, p. 94.
CHRISTUS VINCIT † CHRISTUS REGNAT † CHRISTUS IMPERAT † : « Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ ordonne » ; cette formule se rencontre, dès le Xe siècle, dans les Laudes seu acclamationes de la liturgie spéciale de Reims, avec une quatrième proposition : « Que le Christ nous protège de tout mal » (Christus ab omni malo nos defendat). Un manuscrit datant de la fin de la période carolingienne et conservé à Metz donne les premiers termes de la formule en grec.
Cette formule servit de cri de guerre à l’armée de Frédéric Ier et fut utilisée à différentes fins : contre les fistules, les furoncles, les chancres, le farcin, les maux d’yeux ; elle aide les femmes enceintes ; pour un accouchement, on y ajoute Christus te vocat ut nascaris ; contre les fièvres, on dit cette formule en traçant trois croix sur la paume de la main droite du malade, puis on écrit on Pater † on † Filius † on Spiritus sanctus sur le dos de la main, on efface enfin la formule avec de l’eau qu’on lui donne à boire ; le deuxième jour, on écrit on aries † on [...] en agnus † et on procède de même ; le troisième jour, on trace on leo † on vitulus † on vermis †, et on répète l’opération. La formule a valeur d’amulette et préserve de tous les maux. Si l’on y ajoute Christus sanat, la formule arrête les hémorragies, à condition de tremper son pouce dans le sang et d’écrire : consummatum est, sinon elle vaut contre les fièvres, froides notamment, les douleurs oculaires et pour découvrir un voleur. Alliée à des noms divins, aux évangélistes et aux Trois Rois, elle permet d’être apprécié et d’avoir les faveurs de son Seigneur. Vers 1815, elle se réduit à la triple répétition Christus vinset (Bang n° 1074).
On retrouve la formule dans une prescription contre la mammite et dans le Charme de sainte Suzanne précédée de : « et libère ta servante de cette douleur † au nom du Père † et du fils † et du Saint-Esprit † amen. » Contre la peste, on l’écrit sur un parchemin vierge suffisamment long pour entourer le cou et lié avec un fil de lin, après avoir récité le Notre-Père et le Credo.
Contre les météores, la formule est complétée par « de dissoudre les nuées et les tempêtes » (Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat vobis nubes et tempestates ut dissolvamini). En Islande, on la trouve abrégée en Christus Imperad.
Dans le grimoire de Vinje, la formule apparaît dans un charme destiné à découvrir l’identité d’un voleur dans de l’eau. Dans Le Médecin des pauvres, livre de colportage de la Bibliothèque bleue de Troyes, la formule est placée en exergue.
Illustration Braekman n° 148 ; n° 151 sq. ; Ohrt n° 1156 ; Hunt, p. 98 ; Braekman n° 73 ; n° 148, 17 ; Ohrt n° 1144 ; Braekman n° 164 ; n° 49 ; n° 90 ; Hunt, p. 84 ; 234 ; Ohrt n° 266 ; n° 269 ; n° 329-330 ; n° 974 ; Braekman n° 234 & 101 ; Galdrakver, p. 50 ; Vinje n° 10 ; Bang n° 1287. Autres attestations : Franz 2, 87 ; 96 ; 106 ; 497 ; Ohrt n° 1087 (dans une inscription runique du XIIIe siècle) ; 1088 (dans le Charme de sainte Agathe) ; JVH n° 549 ; Aymar, p. 325, p. 334.
† ch. u. r. k. X. σ. r. d. er. y : Ces characteres forment la clôture du Charme de sainte Élisabeth dans un manuscrit d’Utrecht.
CHUCH BACHUCH BAKACHUCH : Sur une tablette de plomb découverte en Palestine et écrite en grec, se lit un long texte magique destiné à lier un certain Sarmation et qui s’ouvre ainsi :
CHUCH BACHUCH BAKACHUCH BAKAXICH UCH BAZABACHUCH BENNEBECHUCH BADETOPHOTH BAINCHOOOCH
Dans le corps du texte se rencontrentIllustration EULAMÔN, la formule MASKELLI MASKELLÔ et des noms de divinités de divers pays du Moyen-Orient.
Illustration John G. Gager, Curse tablets..., p. 108 sq. ; Lexa, t. 1, p. 89.
CHUOCH EDAMINOPH (χυοχ εδαμινοϕ) : Si l’on écrit ces mots sur la langue d’une grenouille et que l’on dépose celle-ci sur la poitrine d’une dormeuse, cette dernière révélera aussitôt tout ce qu’elle a fait dans sa vie.
Variantes : χουοχ ; cuceh, cuchos ; eola poø edaminoph.
Illustration Cyranides II, B.
C. I. M. B. V. (= Conceptio immaculata beatae Mariae virginis) : Autrefois, on écrivait cette formule en entier ou en abrégé et on la déposait dans les poulaillers afin d’obtenir une bonne ponte.
CINIUM † CINIUM † GOSSIUM † STRASSUS † GOD † STRASSUS : Quand un chien a été mordu par un autre chien enragé, il faut lui donner ces mots à boire, c’est-à-dire après les avoir dissous dans de l’eau.
Illustration Secrets égyptiens 2, 161.
CINQ PLAIES DU CHRIST (LES) : De très nombreux charmes de guérison font appel à la formule : « que les cinq plaies du Christ me / lui soient un remède » (Vulnera quinque Dei sint medicina mei / sui), que Claire d’Assise (XIIIe siècle), dit-on, récitait fréquemment. Nous la rencontrons pour guérir fistules, chancres, blessures, « toutes manières de plaies ouvertes » et maladies contagieuses, et pour se protéger de tous les mauvais esprits et démons. En général, d’autres références au Nouveau Testament, comme la croix et la passion du Christ, viennent renforcer la formule. Le Livre des incantations présente une curieuse invocation dans une séance d’onychomancie : « [...] par les 1006 blessures de notre seigneur Jésus-Christ, par les 106 blessures de notre seigneur Jésus-Christ, par les cinquante-six blessures de notre Seigneur Jésus-Christ. »
Illustration
L’Enchiridion nous a transmis le charme suivant contre « couteaux, épées, lances, flèches et toutes sortes d’armes » : « Heli, heloy, hat, clavis, hegon, heth, hue. Proth, Ceteras, feros, homo. Que les cinq plaies du Christ me gardent ! »
Nous avons essentiellement des noms de Dieu (Hely, Heloy, Heth), mêlés à du latin (clé, autres, homme) qui ne donnent pas de sens.
Illustration Liber incantationum folio 98 v° ; Hunt, p. 226 sq. ; p. 98 ; autres références : Ohrt n° 116 ; 263 (avec Ananzapta) ; 265 ; 266 (avec Christus vincit) ; 812 (pour rendre un fusil inutilisable) ; D. Gray « The five Wounds of Our Lord », Notes and Queries 208 (1963), pp. 50-59 ; pp. 82-89 ; pp. 127-134 ; 163-168 ; Schulz, p. 313 sq. ; 352 sq. ; Camus 2002, p. 331.
CIOÉ SU MUGE DUÈ : Pour qu’une parturiente accouche rapidement, il fallait prononcer ces paroles sur elle.
Illustration Libro de segretto e di magia, p. 4.
C KORSMISE DEN I MAY : On récite trois fois ces mots sur de la farine et du sel pour paralyser les rapaces afin qu’ils ne nuisent pas aux vaches. Korsmise signifie « messe de la Sainte Croix », et le reste peut être une date, le 1er mai.
Illustration Bang n° 1169.
CMB / KMB : Initiales du nom des Rois mages, Caspar, Melchior, Balthazar. On les inscrivait sur la porte des demeures, des écuries et des étables avec de la craie consacrée, en général pour les protéger du feu et/ou de l’eau. Ainsi la nuit des Rois, en Styrie, on écrivait sur toutes les portes :
Illustration
En juillet 2012, dans le bourg de Haslach, vallée de la Kinzig (Forêt noire), nous avons relevé ce type d’inscriptions sur de nombreuses maisons, accompagné du millésime de l’année (illustration ci-dessous), ce qui suggère qu’il fallait renouveler cette formule de protection tous les ans.
Illustration
On a aussi interprété ces initiales comme Christus Mansionem Benedicat (« Que le Christ bénisse cette maison »). Un document de 1566 recommande de couper une pomme en deux, d’inscrire CMB sur chacune des moitiés et de les donner à manger à la femme enceinte : cela évitera qu’elle mette au monde un enfant mort. Selon le pape Jean XXI (1276), celui qui porte les noms des Rois sur soi est préservé du mal caduc.
La formule se rencontre aussi sur des billets protecteurs, comme celui-ci, mêlant INRI et d’autres symboles chrétiens :
Illustration
Les Rois mages se retrouvent aussi sur un bref qui protégea, dit-on, un chevalier que le comte Philippe de Flandres voulait faire exécuter pour ses méfaits ; comme ce brigand ne pouvait être blessé, on l’interrogea et il montra le bref où était écrit : † Iehus christus † deus fortis † Protege † Salva † Benedic † Sanctifica † Persignum sancte crucis de inimicis nostris Amen † Kaspar † Balthasar † Melchior † Jhus autem transiens permedium ibat † Vade inpace Amen (« Jésus-Christ, Dieu fort, protège, sauve, bénis, sanctifie (-nous) par le signe de la croix contre nos ennemis † Mais Jésus passa parmi eux † Allez en paix, Amen. »)
Illustration TROIS ROIS ; JESUS AUTEM TRANSIENS.
Illustration Wilhelm Wackernagel, Altdeutsche Predigten und Gebete aus Handschriften, Bâle, 1876, p. 611 ; Th. Vernaleken, Mythen und Bräuche des Volkes in Österreich, Vienne, 1859, p. 342.
C. M. B. †† ABI MASSA DENTI LANTIEN J. J. J. : Formule destinée à protéger le bétail de toute sorcellerie.
Illustration HABI MASSA.
Illustration Spamer, p. 380.
COHIZIARA OFFINA ALTA NETERA FUARA MENUET : Répétée trois fois, cette formule était censée contraindre un esprit à l’obéissance.
Illustration Verus Jesuitarvm libellus, Paris, 1508.
COMPTA OCOΓMA : Formule d’une prière destinée à arrêter un saignement ; elle mêle caractères latins et grecs :
Compta Ocoγma Ctyγontoema Ektytoπo † Beronice.
Illustration Storms n° 60.
CONSUMATUM EST : cette parole du Christ sur la croix (Jean 19, 30) est utilisée comme formule de clôture de charmes contre les vers : une croix s’intercale alors entre chaque syllabe.
Elle sert pour arrêter les hémorragies et doit être écrite sur le front du patient : la veine doit se « fixer » comme Jésus fut fixé sur la croix, le sang s’arrêter de couler —, les saignements des chevaux et les épistaxis. Elle est parfois associée à Agla. En fin de charme ou de prière, sa valeur sémantique équivaut à fiat.
Associée à des characteres que l’on grave au couteau sur la porte derrière laquelle couche un couple, la formule empêche la copulation.
Sur les amulettes chrétiennes, elle a été abrégée en CE, et elle fait partie de l’Oraison des sept paroles, attribuée à Bède, qui assurait la protection contre tous les maux et empêchait de mourir sans confession.
Sous la forme ego mago et super magnum consummatum est et répétée trois fois, la formule empêchait une arme de faire long feu.
En Colombie, ces mots entrent dans une prière destinée à se mettre à l’abri des accidents.
Variantes : consummactum est ; consumativi est ; Kunsumantm mest ; con sum actus ; † Con † Su † Ma † Tuen † est.
Illustration CHRISTUS VINCIT.
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 18 ; Braekman 147 ; 12 ; 13 ; 18 ; 164 ; Ohrt n° 173 ; Dragon noir, p. 165 ; Enchisidion Leonis papae, Ancône, 1667, p. 104 ; Thiers I, 377 ; 413. Ohrt n° 267 ; Jvh n° 682 (contre le feu) ; Secrets magiques pour l’amour n° LXI ; Werner n° 11, p. 199 ; Libro de segretto e di magia, p. 6.
CORIDAL NARDAC DEGON : On prononce ces mots pour empêcher quelqu’un de manger à table ; sous celle-ci, il faut planter une aiguille ayant servi à coudre le linceul d’un mort et dans la chair duquel elle est entrée.
Illustration Honorius, p. 68.
COVELTHO : Si on prononce ce mot sur un épileptique en crise, en même temps qu’on pose sur lui un chat vivant, il se remet aussitôt.
Variantes : covelcho, convertho, conveltho, condito ; κoβελθω.
Illustration Cyranides II, E.
CRÉON : Mot magique d’une conjuration salomonienne du Grimorium verum ; répété trois fois, il permet de faire apparaître trois femmes ou trois hommes dans votre chambre après dîner !
CROSTES FURINOT KATIPA GARINOS : En plaçant sur le cœur le talisman qui porte ces mots, on reconnaît ou on frappe de stupeur les personnes malintentionnées ; elles ne retrouvent l’usage de leurs membres que si l’on dit : Tonirut.
Illustration Trésor, p. 183 a.
CRUX CHRISTI REDUCAT : Cette formule, « que la croix du Christ rapporte », est couramment utilisée pour obtenir le retour de quelque chose qui a disparu, par suite d’un vol ou autre. Lorsque c’est du bétail, on la prononce trois fois en direction de chaque point cardinal. Référence est faite au bois de la croix qui fut cachée puis retrouvée. La même formule sert quand une bête a été volée. Quand elle est complète, elle fait intervenir les quatre points cardinaux :
Crux Christi ab oriente reducat
Crux Christi ab occidente reducat
Crux Christi ab meridie reducat
Crux Christi ab aqvilone reducat.
Voici ce qu’elle devient au XVe siècle :
Crux Christi rolucat te aberinte
Crux Christi ruolucat te ab oe siolente
Crux Christi reducat teameriolie
Crux Christi reolucattem abaqvilone.
On voit que la source manuscrite de ce charme a été mal déchiffrée, en témoignent les confusions entre d et ol, s et r, etc.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 140 ; p. 162 ; p. 166 ; p. 178 ; p. 204 ; p. 218 ; Ohrt n° 924 ; W. O. Stevens, The Cross in the Life and Literature of the Anglo-Saxon, New York, 1904 (Yale Studies in English, 23).
CRUX SACRA : On invoqua fréquemment la croix du Christ pour se préserver des fièvres, en se servant de la formule Crux sacra † Crux splendida † suivie de la demande : « Croix, sauve et libère ce serviteur de Dieu N. de toutes les fièvres et des maux, présents, passés et à venir. » Les témoins manuscrits sont innombrables.
La croix s’allie à des mots magiques et à Sator Arepo dans une recette pour savoir si une personne est une sorcière. On écrit ce qui suit sur un morceau de papier auquel on ajoute une herbe de la Saint-Jean :
SATOR †
Crux Jesu Christi mildepos
AREPO †
Crux Jesu Christi mesepos
TENET †
Crux Jesu Christi Habenepos
OPERA
ROTAS
Il faut coudre papier et herbe dans un morceau de cuir. Si l’on veut voir la sorcière, qu’on porte le tout sur soi quand sort le quatrième quartier de la lune : aucune sorcière ne pourra rester dans la même pièce que vous.
Illustration SAINTE CROIX.
Illustration British Library, manuscrit Arundel 2558 in quart, fol. 195, XVe siècle ; Secrets égyptiens 2, 69.
CUIGEU : Sur une tablette opisthographe d’Hadrumète (Afrique romaine), se lit un charme visant à provoquer la mort de conducteurs de chars et de leurs chevaux lors d’une course dans le cirque. Il comporte une série de mots magiques placés en colonne à côté du démon Antmoaraitto : Cuigeu Censeu Cinbeu Perfleu Diarunco Deasta bescu berebescu arurara baζagra.
L’adjuration du démon se clôt par Iαω Iαsdαω ooριω. αηια.
Illustration
Illustration Audollent, p. 396 sq.
77 7 C T A N E A E G C X † X † C T H’: Pour qu’une femme ait un bon accouchement, lui suspendre ces characteres au cou ; si l’on veut expérimenter leur vertu, qu’on les attache à un arbre fruitier stérile et il portera des fruits.
Illustration Hunt, p. 31.
CURU CUS CO CAL : Formule norvégienne utilisée pour guérir l’épistaxis vers 1800.
Illustration Bang n° 1103.
CUZO. : Si l’on veut guérir de la morsure d’un serpent, il faut inscrire la formule suivante sur un papier que l’on avale : Cuzo ouzuze sanum redire reputa sanum Emmanuël Paraclitus, etc.
Illustration CARA CAPICE, CATO CARUCE.
Illustration Thiers I, 411.
CYPRIANUS : Le Grimoire de Cyprien (Cyprianus kunstbok, Cyprianus Frikonst) aurait été découvert à l’Académie de Wittemberg, en Allemagne, certains disent vers 1520, d’autres 1722. Il s’agissait d’un manuscrit sur parchemin enfermé dans une cassette de marbre. Ce grimoire d’origine danoise fut répandu dans toute la Scandinavie. On y trouve des recettes pour acquérir la connaissance de l’avenir, la réalisation des désirs ainsi que des formules de guérison, etc. Les dates des éditions sont peu fiables, et vont de 1516 au XIXe siècle, avec un pic de production au XVIIIe siècle. Le contenu diffère sans cesse selon les manuscrits et les éditions.
Au Schleswig, vers 1920, on contait l’histoire suivante :
« Cyprianus fut un Danois vivant sur une île, si mauvais qu’à sa mort le diable le rejeta de l’enfer et le renvoya chez lui. Là, il écrivit neuf livres en vieux-danois, remplis de sorts et de charmes. Celui qui les lit devient la proie du diable.
On dit qu’un moine les recopia en trois ou neuf exemplaires et les diffusa partout. Le comte de Plön en aurait possédé un, enchaîné et enfoui sous son château, parce qu’il eut si peur après en avoir lu les huit premiers livres qu’il décida de les cacher aux yeux du monde. Un autre exemplaire existe encore à Flensburg. Quelques charmes et prescriptions de ces livres sont encore connus des vieux. Qui veut y être initié doit abjurer sa foi. »
Illustration
Illustration Oslo, collection de manuscrits de la Nasjonalbiblioteket : Ms. 8° 10 : Cyprianus, copié vers 1790 ; Ms. 4° 832 ; Ms. 8° 81 : Cyprianus-Formaning, 29 p., copié vers 1650-1700, de Tinn, dans le Telemark, découvert en 1868 ; Ms. 4° 279 : Extract aus dem Cypriano, 18 p., vers 1700 ; Ms. 8° 640 a : Cyprianus Fsikonst..., 1719, 10 + 1 p., de Galgum, dans le Romedal, vers 1780. Ms. 8° 640 e : Cyprianus... imprimé à Wittenberg en 1509, 34 p., de Moland, dans le Telemark ; Ms. 4° 832 : Cyprianus, den over ald Verden viit berømte Sorte-Konstner..., Stavanger anno 1699, 53 p., vers 1750 ; Ms. 8° 2062 b : Den anden Del af Cyprianis skrifter..., 8 p., pp. 6-8, vers 1790-1800, découvert à Vingrom, paroisse de Fâberg ; Ms. 8° 3136 : Cyprianus’Trekandt. Ret forklaring holdende inde formaninger og frie Konster Iligemaade Konste bog og Charactererne..., Copenhague, 2. nov. 1760, 8 p. Trondheim, Gunnerusbiblioteket-Universitetsbiblioteket : Gunnerus, XA HA, Qv. 62 : Cyprianus eller Swart-Bogen / med Anmærkninger til Oplysning anførte og tilsatte af Chr. Hammer, daté du 17 avril 1793, 55 p. ; Gunnerus, LibR, oct. 5342 : Cyprianus eller Svartebogen. Forfattet av Cyprianus fra Antiokhia. Fortale av Willum Stephanson, Trondhjem, 1798, 48 p. ; Gunnerus, GO, Ky2f8 Cyp : Mester Cyprianus eller Svartbogen. Forfattet av Cyprianus fra Antiokhia, Lillehammer, imprimé par M. Urdal, 1850, 43 p ; Bang, pp. III, X-XIII, XVI-XXIII, XXVIII sq., XXXIV sq. ; Willum Stephanson, Cyprianus eller Svartebogen, Trond-hjem, 1798 ; Mester Cyprianus eller Svartebogen, Lillehammer, 1850 ; Louis Pio, Cyprianus : Inde holder mange adskillige viddenschabe..., Copenhague, 1870 ; K. Müllenhoff, Sagen, Märchen und Lieder aus Schleswig, Holstein und Lauenburg, Schleswig, 1921, p. 201 ; A. Bugge Amundsen, « A Genre in the Making. The first Study of Charms in Norway », in : J. Kapaló, E. Pócs, W. Ryan (éd.), The Power of Words. Studies on Charms and Charming in Europe, Budapest, 2012 ; sur Cyprien comme magicien, cf. L. Thorndike, A History of Magic and experimental Science, New York, Macmillan, 1923, t. 1, pp. 428-433.
CYRANIDES : Ouvrage grec composé au IVe siècle sur l’ordre de Kyranos, roi de Perse, comportant des recettes de médecine et de magie, composé de quatre livres. Dans le premier, sous chaque lettre de l’alphabet, sont groupés un oiseau, un poisson, une plante et une pierre, et leurs vertus thérapeutiques ou magiques sont décrites. Les trois autres livres notent les remèdes que l’on peut tirer des quadrupèdes, des oiseaux et des poissons. Il fut traduit en latin en 1169 à Constantinople, sous le titre Liber Kirannidarum, et il en existe onze manuscrits. Le texte grec s’est conservé dans des manuscrits datant du XIVe au XVIe siècle.
Illustration AULU ; CHUOCH ; COVELTHO ; IOA ; NAM ; PIRAN ; TIN.
Illustration D. Kaimikis, Die Kyraniden, Meisenheim am Glan, 1976 ; L. Delatte, Textes latins et vieux français relatifs aux Cyranides, Paris, 1942 ; Maryse Waegeman, Amulet and Alphabet : Magical Amulets in the First Book of Cyranides, Amsterdam, 1987.
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- ↳ Metal symphonique, metal death mélodique et metal alternatif
- ↳ Metal plus rude, hard rock et doc
- ↳ Stars faisant le signe d'allégeance à la loge noire - Musique sataniques et illuminatis
- 4.1 Les notions fondamentales de la gnose (2e Cercle : mésotérique)
- ↳ Préambule à la révolution de conscience
- ↳ La conscience
- ↳ Eveil de la conscience, auto-observation psychologique, méditation active
- ↳ Niveau d'Être - types d'humains
- ↳ Plans de notre "micro-cosmos" ou parties de notre Être
- ↳ La triade divine
- ↳ Notre Père Divin
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- ↳ Les 12 apôtres ou puissances de notre Être
- ↳ Notre Divine Mère Kundalini
- ↳ Notre Intime
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- ↳ Notre Lucifer
- ↳ La Bouddhi
- ↳ Le Manas
- ↳ Le Mental
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- ↳ L'Eden
- ↳ Séphiroth
- ↳ Ce qui ne survit pas à la mort
- ↳ Rapport microcosme au macrocosme
- ↳ Intégration, cristallisation et autres sujets
- ↳ Enfer, Abîme et sphères submergées
- ↳ Autres parties méconnues de notre Être
- ↳ Cartographie de l'Être
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- ↳ Apparitions mariales
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- ↳ Dico des symboles
- ↳ Éducation des Enfants
- ↳ Évangiles apocryphes
- ↳ Jours saints ou jours de fête ?
- ↳ Karma, réincarnation et vies antérieures
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- ↳ Groupements sataniques, magiciens noirs, démons et sorcières
- ↳ Médiums de qualité et contacts avec les esprits
- ↳ Activités et lieux ténébreux
- ↳ Règne animal
- ↳ Types planétaires d'êtres humains
- ↳ Types planétaires des membres du forum
- ↳ Les fronts problématiques des célébrités
- 4.2 Devenir Initié (2e Cercle : mésotérique)
- ↳ Initiations, voies, embûches et présentation des 3 facteurs
- ↳ Chemin initiatique
- ↳ Voies possibles
- ↳ Embûches sur le chemin de l'autoréalisation de l'Être
- ↳ Vision d'ensemble sur les 3 facteurs
- ↳ Premier facteur de la révolution de conscience : mourir
- ↳ Présentation générale des égos
- ↳ Egos mis en lumière
- ↳ Identification de nos ego et confession publique
- ↳ Identification des ego de Marie, conte inspiré et carnet de route
- ↳ Les 5 cylindres de la machine humaine
- ↳ Manifestation et gestion des égos dans le rapport à l'autre
- ↳ Effigies et impressions
- ↳ Méditation passive
- ↳ Facteur n°1 : Mourir
- ↳ Eliminer le Vice pour gagner la vertu
- ↳ Deuxième facteur de la révolution de conscience : naître
- ↳ Facteur n°2 : naître ou fabriquer les corps existentiels de l'Être
- ↳ Alchimie dévoilée (Mercure, sel et soufre)
- ↳ Fondamentaux du tantrisme blanc
- ↳ Monographies et dessins extraits des livres d'alchimie
- ↳ Sujets de synthèse sur le tantrisme blanc
- ↳ Points secondaires du tantrisme blanc
- ↳ Tantrisme noir ou gris et pratiques nuisibles
- ↳ Troisième facteur de la révolution de conscience : sacrifice pour l'humanité
- ↳ Facteur n°3 : sacrifice pour l'humanité
- ↳ Gnostiques de coeur, diffusez la gnose
- 5.1 Les pratiques gnostiques (2e Cercle : mésotérique)
- ↳ Accompagnement personnalisé
- ↳ Adoration
- ↳ Astrologie ésotérique
- ↳ Astrologie noire
- ↳ Concentration
- ↳ Exercices d'introduction
- ↳ Formules magiques
- ↳ Grimoires
- ↳ Mantras et vocalisation
- ↳ Méditation
- ↳ Numérologie ésotérique
- ↳ Premiers ressentis
- ↳ Prières, conjurations et exorcisme
- ↳ Rêves
- ↳ Rites enseignés, exercices de lamaserie
- ↳ Runes
- ↳ Talismans et amulettes
- ↳ Tarot : les arcanes majeurs
- ↳ Tarot : les arcanes mineurs
- ↳ Tarots ou oracles, et leur apparition au cours des âges
- ↳ Visions
- ↳ Visualisations
- ↳ Voyager dans l'astral
- ↳ Expériences stimulantes de voyages astraux
- ↳ Voyager en jinas
- ↳ Discussions générales
- ↳ Autres techniques ou pratiques
- 5.2 Autres guides spirituels et pratiques ésotériques (2e Cercle : mésotérique)
- 6. Partage entre les membres avancés (3e Cercle : ésotérique)
- 7. Forum d'approfondissement (3e Cercle : ésotérique)