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Hors ligne Pascal
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D
DABI : Ce terme entre dans la fabrication d’une amulette destinée à protéger des balles et des coups d’épée ; on l’écrit sur une pièce que l’on se suspend au cou, sur la poitrine ou sous le bras gauche :
Illustration
Pour guérir le mal caduc, il faut dire : Dabit, habet debet, ou bien porter au doigt un anneau d’argent à l’intérieur duquel est inscrit : + Dabi + habi + haber + hebr.
Dasn un charme pour l’amour, la formule se lit : Daby † Daby † Daby † Huber † Tuber ; on fabrique un anneau d’argent à l’intérieur duquel on trace cette formule pour qu’elle touche la chair de la personne dont on requiert l’amour.
Illustration Bang n° 1117 ; Thiers I, 407 ; Secrets magiques pour l’amour n° XIX.

DAIMON (δαíμων) : Dans certains charmes grecs, le sens de daimon, « dieu, divinité, âme d’un mort, génie », ne correspond pas à celui de « démon » mais plutôt à celui d’« esprit. » Un ruban d’argent, trouvé dans une tombe près de Beyrouth, que l’on portait autour du cou en amulette contre toute une variété de maux, de sortilèges et de daimones, en cite une pléiade et donne des indications sur leur situation :

« Marmariôth, Ouriêl, Aêl, Gabriêl, Chaêl, Moriath et Cachth règnent chacun sur l’un des sept cieux ; Riopha sur les éclairs [la foudre], Zonchar sur le tonnerre, Tebriêl sur la pluie, Tobriêl sur la neige, Thadama sur les forêts, Sioracha sur les séismes, Souriêl sur la mer, Eithabira sur les serpents, Bêllia sur les rivières, Phasousouêl sur les routes, Eistochama sur les villes, Nouchaël sur les fonds, et Apraphês sur toutes les formes de voyage. »

Illustration John G. Gager, Curse tablets..., p. 233 sq.

DALET : Pour lever un cerf à la chasse et le poursuivre avec ses chiens, il faut faire un anneau de cuivre dans la troisième mansion de la lune, y enchâsser un lapis-lazuli gravé du signe ci-dessous et, sous la pierre, placer ce mot écrit avec du sang de colombe blanche sur du parchemin vierge parfumé d’aloès, nous disent Les Vraies Clavicules du roi Salomon.
Illustration
Illustration British Library, manuscrit Landsdowne 1202 4to, folio 172.

DAM PREIRE CLAUSES LA BOCA : Début d’une formule occitane transmise par un exemplum provençal du XIIIe siècle, qui signifie : « Sire prêtre, fermez la bouche et liez le pied, de céans vous ne tirerez jamais rien. » Alors que de nombreuses personnes mouraient à Draguignan, une femme proposa à une voisine dont le mari était gravement malade de lui indiquer comment faire pour que nul ne décède dans sa maison. La voisine ayant accepté, elle lui livra une formule magique à prononcer quand le prêtre viendrait donner la communion à son époux :

Dam preire clauses la boca e lias lo pe, de sains non traires mai ren.
Illustration I. Rava, « Un recueil provençal d’exempla du XIIIe siècle », Provence historique 159 (1989), p. 550.

DANATA, DARIES, DARDARIES, ASTRARIES : Formule permettant de remettre les membres disloqués. Elle est déjà attestée par Caton l’Ancien (234-149 av. J.-C.) dans son Traité sur l’agriculture, sous la forme : Motas Vaeta Daries Dardares Astataries Dissunapiter.
Et l’opération se clôt par l’incantation suivante : Huat Haut Haut Istasis Tarsis Ardannabou Dannaustra. En 1675, elle s’écrit : Donatos, Daries, Dardaries, Astaries, selon le Traité de la fascination de J. Chr. Frommann, publié à Nuremberg en 1675.
Illustration Heim 533 sq. ; Wessely, p. 34, n° 447 ; 566 ; Thiers I, 415 ; JvH n° 492.

DANI ZUMECH AGALMATUROD : Lorsqu’on utilise des objets de fer servant à graver — burin, épingle... — pour une opération magique, on fait une fumigation sur eux, on les arrose d’eau bénite et l’on invoque : Dani Zumech Agalmaturo Gadiel Pani Canelosas Merod Gamidoi Baldoi Metatror. Après avoir récité les Psaumes 3, 9, 31, 42, 60, 61 et 130.
Illustration Clavicules II, 19.

† DANT † DANT † DANT † SANT † HELIOT ET VALIOT : Pour protéger ses champs des dégâts causés par les lapins, on prend des fientes de ces animaux et cinq morceaux de tuile ramassés au passage d’une procession ou dans un cimetière, puis, tête nue et à l’angle du terrain situé du côté de l’est, on dira ces paroles qui introduisent une longue conjuration.
Illustration Honorius, p. 99.

DANUCOS, TENUS, AGIHE, AGIOS, AGIOTHET : Pour se faire aimer d’une femme, il faut tirer du sang de son petit doigt de la main gauche, et toucher la main ou le bras de la demoiselle en récitant un charme qui se clôt par cette formule.
Illustration Secrets magiques pour l’amour n° XII, p. 8.

DA SA LA MA RUKKA, FIKKA : Pour lier, c’est-à-dire paralyser un voleur, il faut, juste avant la Saint-Jean, arracher la racine de la Cirsium heterophyllum maculée (une plante de la famille des composées), et réciter, en même temps, ces mots trois fois. Après on met un schilling d’argent là où était la racine et on couvre le trou. Si on cache cette racine parmi les choses que l’on craint devoir être volées, le larron ne peut se mouvoir avant que le possesseur ne vienne et ne le laisse aller en silence.
Illustration Bang n° 1166.

DAS. BAGUS † DE GLUTIN : La prescription où se rencontre cette formule dit qu’il faut ingérer ces mots quand on a de la fièvre ; si on le fait, on guérira.
Illustration Aymar, p. 343.

DAYABEL : Une amulette zodiacale, celle du Scorpion, décrite par Arnaud de Villeneuve (1235-1311), médecin et astrologue, porte ce mot, qui ressemble à un nom d’ange ; elle protège son porteur des maladies nerveuses, ainsi que des maux du ventre et de la vessie.
Illustration Arnaldus de Villanova, Opera, Lyon, 1509, folio 302 r°.

DAYADEBUÇ, HEAYDIÇ : Dans un traité de magie astrale traduit de l’arabe en espagnol au XIIIe siècle, ces mots forment le début d’une conjuration de Mars lorsqu’on veut rentrer en possession d’un objet qui vous a été dérobé : Dayadebuç, Heaydiç, Mahydebiç, Haudabuç, Maharaç, Ardauç, Beydehydiç, Deheydemiç.
La source arabe, la Ġāyat al-Hakîm, nous apprend qu’il s’agit des esprits (pneumata) de Mars et offre cette leçon : Daġidûs, Hâġidis, Ġîdijûs, Maġdâs, Ardaġûs, Hîdaġidîs, Mahandâs, Dahîdamâs.
Illustration PICATRIX.
Illustration Astromagia, p. 266 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 249.

† DEALBAGNETH † DEBAGNETH † DEGLUTHUM : Un charme contre l’épilepsie, trouvé dans le Coucher Book de l’abbaye de Kirkstall (comté d’York), indique que le malade doit porter un phylactère avec ces mots.
Illustration The Coucher Book of the Cistercian Abbey of Kirkstall, in the West Riding of the County of York, éd. W. T. Lancaster & W. P. Baildon, Publications of the Thoresby Society 8 (1904), p. 40.

DEBRA EBRA : Dans son Livre de tous les arts interdits, de la mécréance et de la magie (puch aller verpoten kunst, ungelaubens und der zaubrey) écrit en 1455, le médecin bavarois Johannes Hartlieb (1410-1468) évoque cette formule dans le contexte suivant : « Un homme monte sur un cheval et parcourt en très peu de temps des espaces immenses ; quand il veut descendre, il retient la bride, et quand il veut monter de nouveau, il la secoue et le cheval revient. Celui-ci n’est au fond que le diable. Ces gens emploient pour cela du sang de chauve-souris, mais il faut encore qu’ils se donnent au diable avec des mots qui n’ont point de sens, comme ceux-ci par exemple : Debra Ebra. »
Illustration
Illustration Heidelberg, Universitätsbibliothek, manuscrit Cpg 478, fol. 38 v°.

DEDRA : Ouverture d’un charme destiné à avoir un cheval qui vous porte en une nuit là où vous voulez. Au crépuscule et en silence, il faut se rendre dans une maison inhabitée, écrire sur le mur, avec du sang de chauve-souris : Dedra, syola dracon, draconco. Gramenkios. Kien. Belsebuuc. Astaroth, egipia, barrabas, puis conjurer tous les démons aux quatre points cardinaux, et on verra arriver la bête désirée.
Illustration Braekman n° 251.

DE. EL. X : Selon l’Art notoire (XIIIe siècle), lorsqu’on procède à une opération magique à la nouvelle lune, on adresse des prières à Dieu et on lui demande de purifier sa conscience et de raffermir sa compréhension afin de se souvenir de ce qu’on a appris par une oraison qui comporte Ses « noms sacrés, imprononçables et inintelligibles à l’entendement humain » : de. el. x p n k h t li g y y.
Illustration ARS NOTORIA.
Illustration Ars notoria, p. 117.

DEFFAUS DIFFAUS MAX : Cette formule s’accompagne de « Tu es juste, Seigneur, et ton jugement est juste ». Rien n’indique à quoi ces paroles peuvent servir :

Deffaus Diffaus Max pax Vucax Max pax verax.
Illustration Ohrt n° 975.

DE LATERE EIUS : Pour arrêter une hémorragie, en touchant la plaie on reprend les paroles de l’Évangile de Jean (19, 34) : De latere eius exivit sanguis et aqua (« De son flanc jaillit du sang et de l’eau »).
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 18.

DELEQUIS, GRELIIS, MALIIS, CONTEMPLIS : Quand on veut être aimé par une femme, on prononce cette formule et on la nomme.
Illustration Secrets magiques pour l’amour n° VII.

DELO X : OAGIATO X PANC HO X : Contre la consomption, il faut graver cette formule à l’avers d’un sceau fait de quatre métaux fondus à la nouvelle lune, entourant SEPP VED ARG et des characteres. Au revers, ARZEL ERGIMOX SALEL παχωσ.
Illustration Archidoxis magica I, 5.

DEUS ABEAT PARTEN : Début d’une prière que l’on devait réciter en croisant la jambe gauche par-dessus la jambe droite afin que des armes à feu ne tirent point : Deus abeat parten et utecio a remone. Non tradus Dominun Nostrum Jehun Christum Matón. Amen.
Illustration Werner n° 13, p. 199.

DEUS MEUS : Ces mots (« mon Dieu ») tirés des Psaumes (22, 2 sq. ; 40, 18 ; 42, 7 ; 71, 12) ou de l’Évangile selon saint Marc (15, 34) font régulièrement partie des charmes, des bénédictions et des conjurations du Moyen Âge.
Illustration PSAUME.
Illustration Franz 2, 264 ; 281.

DEYTUZ : Dans le Picatrix, nom d’une composition magique destinée à fabriquer un voult pour obtenir l’amour des femmes. On mélange de la moelle de gazelle, de la graisse de mouton, du camphre, de la cervelle de lièvre, puis on fait une figurine de cire vierge, on la perce d’un trou à hauteur du ventre et on y verse le mélange en disant : Dahyeliz, Hanimidiz, Naffayz, Dabrayliz. On pique alors une épingle d’argent dans la poitrine et on ajoute : Hedurez, Tameruz, Hetaytoz, Femurez ; on enveloppe le tout dans un linge blanc qu’on lie avec un fil de soie sur lequel on fait sept nœuds ; au-dessus de chacun, on prononce ces paroles : Hayranuz, Hedefiuz Faytamurez, puis on place l’ensemble dans un pot que l’on enterre dans la maison du commanditaire de l’opération et on procède à une fumigation en utilisant ces paroles magiques : Beheymerez, Aumaliz, Menemeyduz, Caynairez. Voici, dans l’ordre, les leçons de la source arabe, la Ġâyat al-Hakîm (XIe siècle) :
1. Dahjâjas, Ganamawâdas, Nagajâjas, Dîrûlâjas
2. Hâdurâs, Tîmârûs, Hânîtûs, Wâmûrâs
3. Arġûnâs, Hâdamijûs, Finûras, Armitâs
4. Bahîmarâs, Ûmaralîs, Qadâmîdus, Fînûrâs
Illustration BEHEYMERUZ.
Illustration Picatrix III, 10 ; Ġâyat al-Hakîm, p. 260 sq.

DEFX : C’est sans doute l’abréviation de defixio, « envoûtement » ; on la rencontre sur une tablette découverte à Bath (Angleterre), comportant l’inscription ABCDEFX. L’utilisation de l’alphabet, complet ou en partie, dans l’ordre ou le désordre, est une pratique courante en magie.
Illustration D. Ogden, « Voces magicae, Letters, Shapes and Images », in : Valerie Flint, Witchcraft and Magic in Europe : Ancient Greece and Rome, Londres, 1999, p. 48 sq.

DELIATUS-DEMERIATUS-AMORTITUS : Pour attirer à soi la personne désirée, homme, jeune fille ou femme, et la soumettre à votre volonté, une longue recette fait intervenir une pièce d’argent blanc, une épingle de laiton jaune, du sang, les démons Belzébud (sic) et Domon ; cette formule ci-dessus permet de renvoyer la personne une fois votre désir satisfait. Variante : Taliy. Taliy. Taliy.
Illustration Secrets magiques pour l’amour n° XLI et LIX.

D F W S H H : Début d’une longue suite de characteres dont le mode d’emploi n’est pas précisé. Le titre du charme indique simplement : « pour un animal qui a perdu son utilité » :

D F W S H H D E S S Z Uz eo W V T V T D V I 1 7 F 9
W I X S V † † †

Illustration Secrets égyptiens 2, 284.

DIABOLO DIABOLICZO, SATANA SATHANICZOS : Un manuscrit allemand du XVe siècle donne cette formule dans une conjuration du diable dont une partie est cryptée par des runes.
Illustration H. Beckers, « Eine spätmittelalterliche deutsche Anleitung zur Teufelsbeschwörung mit Runen-Schriftverwendung », Zeitschrift für deutsches Altertum 113 (1984), pp. 136-145.

DIC CUR HIC : Quand un père envoyait son fils en apprentissage au loin, il écrivait sur le linteau de la porte de sa chambre cette formule qui signifie : « Dis, pourquoi ceci ? » Le but est de le faire revenir sain et sauf.
Illustration Schmidt I, 21.

DIDAY PATY ATON ESBREY : Selon l’oraison Ecce crucem ou Crux Christi, utilisée comme conjuration de la tempête, ce seraient des noms de Jésus-Christ. Si on les porte sur soi, on est aimé de tous et on connaît le succès. Esbrey devrait être la déformation de Eschereia / Eschereyeye (Illustration, Ex. 3, 14) signifiant « Je suis celui qui suis ». On retrouve ces noms dans l’Enchiridion.
Illustration Franz 2, 92 ; Enchiridion, p. 74.

DIES MIES YES-CHET : Pour découvrir un voleur à l’aide d’un crible suspendu à la corde d’un pendu, on utilise la formule : Dies Mies Yes-Chet Bene Done Fet Donnima Metemauz.
Variante du manuscrit Lansdowne 1203 : Dies mies jeschet bene deafet dovvima énétémans.
Illustration Clavicula (I, 9), p. 49.

DIS, BIZ, ON, DABULB, CHERIB : Pour guérir la pleurésie, il faut écrire ceci dans un verre. Variante : Dia, Biz, On, Dabulh, Cherih.
Illustration Honorius, p. 65 et p. 69.

DISMAS : Nom d’un des larrons crucifiés avec le Christ. Pour se protéger des voleurs, on récitait la formule suivante :

Disparibus meritis pendent tria corpora ramis
Dismas & Gesmas medio divina potestas
Alta petit Dismas infelix infima Gesmas
Haec versus discas ne furto ne tua perdas

Viennent ensuiteIllustration JESUS AUTEM TRANSIENS (Luc 4, 30), Irruat super eos formido... (Exode 15, 16),Illustration CHRISTUS VINCIT..., et la demande.
Selon Jean Wier, les sorciers se plongent dans un sommeil profond qui leur permet de résister à la torture, en disant :

Imparibus meritis tria pendent corpora ramis,
Dismas & Gestas, in media est diuina potestas :
Dismas damnatur, Gestas ad astra leuatur.
(« De mérites dissemblables, trois corps pendaient aux branches [de la croix], Dismas et Gestas, et la divine puissance [Jésus] au milieu ; Dismas fut damné, Gestas élevé aux cieux ». )

Il est intéressant de noter que la formule se retrouve dans le Petit Albert, dans le Grimoire du pape Honorius — « Pour éviter de souffrir à la question : Avalez un billet où soit écrit de votre propre sang, ce qui suit : Aglas, Aglanos, Algadenas, Imperiequeritis, tria perdent corpora ramis dis meus et gesias in medio et divina potestas dimeas clamator, sed jestas ad astra levatur, ou bien Tel, Bel, Quel, Caro, Man, Aqua » — et dans une compilation connue sous le nom de Rituel de Haute Magie, faussement attribuée à Henri Corneille Agrippa. Ces trois vers sont accompagnés de mots magiques et permettent de ne point ressentir les douleurs de la question :

Alas, Aglanas, Algadena
Imperubi es meritis, tria pendant corpora ramis
Dismeus et gestus in medio et divina potestas
Dimeas clamator sed jestas ad astra levatur

On remarquera les déformations auxquelles a été soumise la formule originelle. Au XVIe siècle, le médecin R. A. Anglo donne une formule plus longue, destinée à se protéger des voleurs et à assurer la sécurité du bétail :

Imparibus meritis pendent tria corpora ramis,
dismas & gesmas, medio diuina potestas,
Alta petit dismas, infœlix infima gesmas,
nos et res nostras, conferuet summa potestas,
hos versus dicas, ne tu furto tua perdas.

Dans le Grand Grimoire italien, la formule est modifiée en :

In paribus meritis, fria pendent corpora ramis.
Dismas et gestas damnatur potestas.
Disma et gestas damnatur.
Ad astra levatur.

Illustration British Library, manuscrit Arundel 36674, folio 89 r° ; 2584, folio 73 v° ; Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 17 ; Jean Wier IV, 10 ; Ricardo Argentino Anglo, De praestigiis et incantationibvs daemonvm et necromanticorvm, chap. 17, Bâle, R. Silver, 1568 ; Gran Grimorio, p. 53.

† DISTON † GRATON † BORSIBS †† : Au XVIe siècle, quand la maladie rend fou quelqu’un, on doit écrire ces mots sur du pain et le lui faire manger. Parfois la formule est rallongée, comme ci-dessous :
Illustration
« Diston » est peut-être la déformation du grec dison (« divisé »), et « graton » celle de craton (« force »).
Illustration Heidelberg, Bibl. universitaire, Cpg 268, fol. 24 r°.

† DITEM † PRISCOM : On guérissait les morsures de chiens enragés par cette formule écrite sur du pain :

† ditem † priscom † dryxom † pi isco † brisum † sic greco remani.
Illustration Grimoires n° 18.

DITAU RIDAS ATROSIS : Formule utilisée sur un talisman permettant de commander aux éléments. Ditau sert pour la foudre, Hurandos pour la grêle, Ridas Talimol pour les séismes, Atrosis Narpida pour les trombes de mer, Unsur Itar pour les trombes terrestres, Hispen Tromador pour les ouragans, Parenthes Istanos pour les inondations. Pour annihiler les effets, déposer le talisman et dire Finulem.
Illustration Trésor, p. 178 a-b.

DMVODM : Abréviations des paroles de l’Évangile de saint Jean (15, 34 : Deus meus, ut quid dereliquisti me ? « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ») utilisées sur les amulettes chrétiennes, comme celle conservée à Genève au musée d’Art et d’Histoire. Ces mots font partie de l’Oraison des sept paroles, attribuée à Bède, qui assurait la protection contre tous les maux et empêchait de mourir sans confession.

DO. HEL. X. P. A. LI. O. F. : Une oraison du XIIIe siècle présente ces initiales comme celles de noms d’anges si sacrés qu’on ne peut les prononcer et que l’esprit humain ne peut comprendre.
Illustration Ars notaria, p. 20.

DOLEFECH : Pour guérir la vue, il faut faire un anneau d’argent dans la neuvième mansion de la lune et y enchâsser une pierre blanche gravée de la figure ci-dessous, puis placer sous la pierre le mot « Dolefech » écrit avec le sang d’une colombe blanche sur du parchemin vierge parfumé de jusquiame.
Illustration
Illustration British Library, manuscrit Landsdowne 1202 4to, folio 175.

DRAGNE DRAGNE : Dans « le secret de la main de gloire », qui permet d’obtenir de l’or ou de l’argent, on prononce ces mots en arrachant un poil, avec la racine, d’une jument en chaleur. On le place dans un pot de terre neuf que l’on remplit d’eau et, neuf jours plus tard, on y trouvera une petite bête à la forme serpentine avec qui on conclura un pacte...
Illustration Honorius, p. 49 sqq.

DRAS FIERNEL FLA YA CERMEL FLITZUEL FLEUTZUEL : On prononce ces mots à l’oreille gauche d’un cheval si l’on veut qu’il coure.
Illustration Einsiedeln, Stiftsbibliothek, ms. 731, folio 64 v°.

DROCH : Selon Jean Wier († 1588), ce mot cabalistique est utilisé pour enchanter un bâton de noisetier coupé selon un rite précis ; il ira frapper au loin un voleur ou un malfaiteur ; sa première attestation remonte à 1563 :

Droch, Myr(r)roch, esanaroth + betu + baroch + ass maarot(h). Sancta trinitas puni hunc qui id mali designarit, utque hoc aufer per magnam iustitiam tuam + eson + elion + emaris rales ege.

Les mots magiques sont de l’hébreu très déformé, et la formule devrait signifier : « Frappe bien, sois fort, rameau, sois confiant ! Louée soit la parole du rameau [...] Sois fort, tout-puissant. Dis-le trois fois à voix basse. » On demande à la sainte Trinité de punir la personne désignée. Elion est l’hébreu Illustration, « suprême ». On la retrouve outre-Rhin au XVIIIe siècle dans l’opuscule Magia de furto sous la forme : Droch, Myrroch, Esenaroth † Betu † Baroch † Ars † Haaroth. It.
Elle est même abrégée en Esem, Eli, Eljon.
Illustration Wier V, 5 ; Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 18 ; Spamer, p. 364.

† DUFA † FADIA † ABA : Pour que nul ne puisse tirer sur vous, il faut écrire ce qui suit et le porter sur soi : † dufa † fadia † aba † franest † pene † pliata.
Illustration Ohrt II, 98.

DURGOS : Mot répété trois fois dans l’Oraison des sept nœuds (Oración de los siete nudos) alors que l’on nouait neuf fois une ficelle à des fins magiques.
Illustration Werner n° 16, p. 200.

D. Y. I. T. OB. Y : Pour qu’une personne qui vous est hostile soit contrainte à la bienveillance envers vous, il faut graver son nom et ces characteres sur du plomb ou sur un autre support.
Illustration Heidelberg, Cpg 214, folio 43 v°.
Illustration

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