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Hors ligne Pascal
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E
E + E : Cette abréviation signifie Enoch + Elias. Elle possède la même vertu que C. M. B. ; c’est une protection pour les biens et les personnes.

EAX. FILIAX. ARTIFEX. AMEN : Formule de clôture d’un charme destiné à guérir la dysenterie. Elle renvoie aux trois personnes de la Trinité.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 193.

EBAT † H CON : « Pour se battre à la colère », dit un grimoire suisse du XVIIIe siècle, il faut porter ceci sur soi :

Ebat † h con † plion † en † sobot † Emmanuel Adonnay.

Sobot représente Sabaoth, et ebat est sans doute ibat, « il allait ».
Illustration Hervé, p. 364.

EBER DIABER : Formule faite de l’initiale du mot commençant chaque vers d’une oraison latine contre la peste.
Illustration HEBER ; HABI.
Illustration C. W. King, « Mediaeval Talismans », Archeological Journal 101 (1869), , p. 229.

† EBREA † EBREMON † EBRENAC † : Début d’une formule contenue par un bref provençal de la fin du XIVe siècle, destiné à protéger de toutes sortes de fièvres : † Ebrea † Ebremon † Ebrenac † Christus natus est † Christus mortuus fuit † Christus ressuscitus est † Christus vincit † Christus imperat † Christus ab omni malo eum liberet. (« Christ est né † Christ est mort † Christ est ressuscité † Christ vainc † Christ ordonne † Que le Christ le libère de tout mal. ») Après avoir écrit ces mots que l’on portera sur soi, il faut faire une aumône pour les âmes du purgatoire et brûler un cierge à la Vierge.
Illustration ABREMONTE.
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 18 (en anglais) ; D. Le Blevec, « Pharmacopée populaire en Comtat Venaissin : les recettes du notaire Jean Vital (1395) », Razo 4 (1984), pp. 127-131.

ECCE CRUCEM DOMINI : « Voici la croix du Seigneur. » Antienne de l’office de la sainte Croix (Ecce crucem Dei / Domini, fugite partes aduerse) fréquemment utilisée en magie, notamment dans les charmes météorologiques (on la prononce aux quatre points cardinaux), dans les exorcismes et dans les ordalies, sur les amulettes, ainsi que pour guérir les yeux et faciliter un accouchement. En répétant ces paroles trois fois, on se délivre de la maladie. Liée ou non à d’autres extraits de la Bible, l’antienne Ecce crucem fut appelée « Bénédiction de saint Antoine (de Padoue) » et utilisée comme charme contre les esprits malins ; on la retrouve dans l’exorcisme du pape Léon XIII (Exorcismus in satanam et angelos apostaticos), et même sur la cloche des heures, datée de 1357, de l’église de Corneilla-de-Conflent, ainsi que sur un reliquaire byzantin offert à l’une des filles d’Alexis Comnène. Elle entre dans la composition d’amulettes norvégiennes du XIIIe siècle et dans les charmes de guérison. Pour guérir une maladie appelée dysiaticum, il faut prendre du plomb, y tracer une petite croix et y écrire cette formule en tête, et Pax tibi att à la fin, puis l’attacher sur le malade. Un charme danois de 1350 environ présente la leçon Pax tibi Alleluia. Associée aux quatre évangélistes et à la Vierge, la formule sert contre la taie sur l’œil.
Un manuscrit de la Bibliothèque municipale de Dijon (448, fol. 181) renferme une recette contre la fièvre tierce, qui associe Ecce crucem à d’autres formules chrétiennes intéressantes : Ecce crucem Domini triunius. Christus natus est. on. bon. jon. Christus passus, don. ron. con. Christe resurrexit, ton. son. yon (« Voici la croix du Seigneur trinitaire. Le Christ est né. on. bon. jon. Le Christ est mort, don. ron. con. Le Christ est ressuscité, ton. son. yon »).
Pour donner une idée des déformations dues à une longue transmission, voici ce que T. Kristensen a trouvé dans un manuscrit dont il ne précise pas la date : Kyhhe Christe domine, fuate patris adiva, sed bede trebed Suda, fon Davut, in nomina †††. Derrière le latin déformé se reconnaît : (ecce) crucem Christi Domini, fugite partes adverse, de tribu Iuda, son David.
Dans une conjuration des esprits des nuées et du vent datant du XIIe siècle et transmise par un rituel, la formule Ecce crucem est associée aux formules Crux † Christi. Crux Chri†sti. Cr†ux Christi, et àIllustration VICIT LEO DE TRIBU IUDA.
Illustration Franz 2, 80 ; 87 ; 92 ; 94 ; 114 ; Hunt, p. 135 ; Bang n° 1067 ; 1068 ; Heim 552 ; Ohrt n° 1086 ; Braekman 95 ; Ohrt n° 328 ; 332, ici répétée deux fois ; Braekmann donne une liste de manuscrits où apparaît la formule (p. 119, note 241) ; Camus 2002, p. 297 ; Codex Florianus XI 467, folio 161 r°.

ECCE CRUCIS HOC SIGNUM : Début d’une formule qu’il faut prononcer trois fois sur de l’eau que l’on donne à boire à celui qui est atteint de furoncles, trois jours de suite. Le texte latin dit : « La croix est le remède des choses ; par ce signe de la croix, tout mal s’enfuit aussitôt, et par le même signe, celui qui portera la croix de Jésus-Christ sera sauvé. Le Christ vainc, règne et ordonne. »
Illustration Braekman n° 151 ; Franz 2, 91 ; 97. Enchiridion, p. 60 ; p. 78 ; p. 95 ; p. 100 s. ; p. 138.

ECCE DOLGULA MEDIT DUDUM : Ouverture d’une incantation magique transmise par un charme en vieil anglais. Il faut la chanter neuf fois sur ce que l’homme boira et chanter neuf fois le Notre-Père :

Ecce dolgula medit dudum bedegunga bredegunda elecunda eleuahia mottem meerenum orþa fueþa letaues noeues terre dolge drore uhic alleluiah.

Le but de l’opération n’est pas précisé ici mais un parallèle fourni par un autre manuscrit suggère que le mal combattu est la diarrhée.
Illustration Berthouin-Mathieu, p. 152 ; Storms n° 83.

ECCE LIGNUM CRUCEM : Début d’une formule destinée à faire que les moutons deviennent beaux et forts :

Ecce Lignum Crucem in que Salus Mundi Crucem.

Avec des fautes et une modification en finale, elle est empruntée à la liturgie du vendredi saint, qui offre in quo salus mundi pepedit.
Illustration Werner n° 17, p. 200.

† EDOAE † VEOAFP † BEOAEV † : Pour faire cesser les crampes, il faut attacher ces mots sur le patient jusqu’à ce qu’elles s’arrêtent.
Illustration Secrets égyptiens 3, 123.

EFFATA EFFATA EFFATA : Effata (hephphatha) est emprunté à l’Évangile selon saint Marc (7, 34) où le Christ guérit un sourd bègue en utilisant cet ordre qui signifie « ouvre-toi ! ». En répétant trois fois le mot, on peut ouvrir toutes les portes si on les touche avec du millefeuille cueilli avant l’aube, un vendredi, sur lequel on a fait dire deux messes. Le terme sert aussi à guérir les maux de bouche, d’yeux, d’oreilles, le trisme (contraction des maxillaires) des animaux, à découvrir des trésors, à arrêter un voleur, et même pour les hernies, mais la formule varie ainsi :

Hepheta ouvre-toi ! † † † A. O. B. Tibas.

Pour guérir le tétanos chez un animal, on lui met « le majeur et les trois index » (sic) dans la bouche et l’on dit trois fois : Hefeda, Hefeda, Hefeda ouvre, sois ouverte. † † †.
Illustration Braekman n° 253 ; Ohrt n° 222 ; Franz 2, 492 ; 2, 98 ; Secrets égyptiens 1, 175 n ; 2, 188.

E F T : Abréviation de ecce filius tuus (« voici ton fils ») — paroles tirées de l’Évangile selon saint Jean (19, 26) et utilisées sur les amulettes chrétiennes comme sur celle conservée à Genève au musée d’Art et d’Histoire. Ces mots font partie de l’Oraison des sept paroles, attribuée à Bède, qui assurait la protection contre tous les maux et empêchait de mourir sans confession.

EGIPPIA BENOHAM : Pour découvrir un voleur, on utilise l’ongle de la main gauche d’un enfant auquel on attache les noms suivants :

egippia. benoham. beanke ou beanre. reraresessym. alredessym. ebemidiri. fetolinie. dysi. medyrini. alhea. heresim.
egippia. benoham. haham. ezirohias. bohodi. hohada. aan. hohanna. ohereo. metaliceps. aregereo. agercho. aliberri. Halba.

Puis on prononce une conjuration faisant intervenir les noms de Dieu (Alpha et O, Messyas, Sother, etc.) et les deux mots — Joth et Nabonoth — par lesquels Salomon enferma les démons dans des ampoules de verre (in vase vitreo).
Illustration Liber incantationum fol. 44 v°-45 r°.

E H T : À la fin du XVIIIe siècle, un grimoire suisse donne une curieuse formule « pour se battre à la colère », incluant le symbole de Vénus ; il faut la porter sur soi :

Eht † ♀ 5e con † pnon † en † Serbort † Emmanuel Adonnay.

Illustration Hervé, p. 364.

EGO SUM ALPHA ET O † PRINCIPIUM ET FINIS † : « Je suis l’alpha et l’oméga, le début et la fin » ; ces paroles tirées de l’Apocalypse (21, 5-6) servent à guérir une femme malade dans un charme des Pays-Bas ; il faut prendre neuf hosties et écrire ce qui précède sur les trois premières, puis † Et fuit mortuus † Et ecce sum vivens † (« et il a été mort † et me voici vivant ») sur les trois autres, et enfin † Et habeo claves mortis † Et miserui † (« et j’ai la clé de la mort † et j’ai eu pitié »), éléments tirés de l’Apocalypse (I, 18).
Illustration Braekman n° 24.

EIS PNEUMATON : Pour les personnes souffrant de la rate, on écrivait la formule suivante que l’on posait sur leur peau nue en récitant trois Notre-Père et trois Ave Maria en l’honneur de saint Roch :

eis pneumaton acharton legetai en tô ôtis.

Toute la prescription est écrite en italien avec des caractères grecs.
Illustration F. Pradel, Griechische und süditalienische Gebete, Beschwörungen und Rezepte des Mittelalters, Giessen, 1907, p. 31.

ELEC, OMSIDES, ABENEGOD : Mots de clôture d’une conjuration des loups et des corbeaux utilisée en Norvège en 1815. Il faut la lire trois fois.
Illustration Bang n° 1195.

ELE. ERAPE. HEBE : Début d’un long texte amulettique que l’on doit porter sur soi pour se protéger du poison et des venins :

Ele. erape. hebe. occentimos. ioth. hey. a. io. hoccayethos. ya. slay. amorona. asar. sycon. goyces. Beley. latem. sanctus. anon. raba. mefenecon. oncantia. tol. fa. tel. Ella. Sabira. Seda. Adonay. aaa. camsi. ayada. Maus. princeps. veni est. Emanuel. Adonay. Bethpha. Adonay. qm. hoy. hoy. aanai. Nanay. Sede Adonay. asamilias Ehur.

On reconnaît des noms divins — Adonay, ioth, « commencement », princeps — et la triple répétition de agios, « aaa ».
Illustration Aymar, p. 345.

† EL † ELOY † : Contre les douleurs de l’utérus, on recommandait aux femmes de porter écrite sur un parchemin vierge la formule suivante :

† el † eloy † eloe † anxi † andriary † N. von † compunctary † ammenn.

Illustration Oswald Zingerle, « Segen und Heilmittel aus einer Wolfsthurner Handschrift des 15. Jahrhunderts », Zeitschrift des Verreins für Volkskunde 1 (1891), p. 176 sq.

EL EV : Vers 1350, pour arrêter un saignement on écrit ces deux mots que l’on suspend au cou du patient.
Illustration Ohrt II, 118.

ELEYSON YMAS : Cette formule, qui signifie « aie pitié de moi », se rencontre dans de nombreux charmes et oraisons, toujours liés à d’autres d’origine chrétienne, comme dans cette prescription danoise du début du XVIe siècle, pour gagner l’amitié de quelqu’un :

Agnos otheos † agnos yskios † agnos attannatos eleyson ymas. Amen.

On retrouve eleyson ymas dans un rituel destiné à désensorceler le lait. Variante : Ymoh eleyson. Cette formule est la partie finale de l’hymne liturgique Trisagion : Agios o Theos, Agios Ischyros, Agios Athahatos, eleison imas Aghios (« Saint Dieu, Saint [et] Fort, Saint [et] Immortel, aie pitié de nous »).
Illustration Ohrt n° 871 ; Braekman 375 ; Franz 2, 111.

ELI. EL. I ÆM. 6 AGIAN VRANATUN : Pour faire danser tous les habitants d’une maison, il faut écrire cela sur une feuille de tremble et la déposer sous le seuil. Le 6 devrait représenter la lettre F.
Illustration ELLON ; ERAS ; L+.
Illustration Espeland n° 1.

ELIAON YOENA ADONAY CADAS EBREEL : Début du septièmeIllustration SEMIPHORAS DE SALOMON, qui renferme les noms de Dieu devant être prononcés avant toute opération magique :

Eliaon yoena adonay cadas ebreel, eloy ela agiel, ayoni, Sachado, essuselas eloym, delion iau elynla, delia yazi Zazael, paliel man, umiel onela dilatan saday alma paneim alym, canal dens Usami yaras calipix calfas sasna saffa saday aglata panteomel auriel arion phaneton secare panerion ys emanuel Joth Jalaph amphia, than demisrael mu all le Leazyns ala phonar aglacyel qyol paeriteron theferoym, barimel, Jael haryon ya apiolell echet

Illustration NOMS DE DIEU.

ELI, LAMMA SABACTHANI : « Seigneur ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? » Très répandues dans les exorcismes et dans les charmes météorologiques, ces paroles de Jésus (Matth. 27, 46 ; Marc 15, 34) sont déformées la plupart du temps mais toujours identifiables. Par exemple : heloi leba sabactani ; lama asabatani.
Dans deux pratiques de divination en usage en Norvège de 1650 à 1880, se retrouvent ces paroles qui servent à découvrir un voleur. La première inscrit un cœur barré en diagonale de gauche à droite dans un carré, et transpercé d’une flèche empennée aux deux extrémités ; dans le triangle gauche ainsi délimité, on écrit trois fois Eli, dans celui de droite lama et, en bas du triangle, asabatani, le a de ba surmonté d’une croix. Sur une variante, on procède de même, mais avec deux grandes diagonales se coupant au centre d’un cœur, et il y a quatre cœurs aux angles externes du carré ; dans le rectangle gauche, il n’y a que deux Eli et il manque la croix au-dessus du a de ba.
En 1850, à gauche du carré, il y a trois Eli les uns sous les autres qui correspondent à droite à lama Hala Jani, et, au centre, un cœur transpercé de deux flèches dont la pointe est orientée à droite.
Illustration
Illustration HELY, SDS.
Illustration Franz 2, 80 ; Galdrakver, p. 30 ; Bang n° 1294 a-b.

ELIPHAMASAY, GELONUCOA : Dans une prière salomonienne permettant d’obtenir une bonne mémoire se relève la formule : Eliphamasay, Gelonucoa, Gebeche Banai, Gerabcai, Elomnit.
On invoque Dieu, les archanges et, pour finir, « les anges dont les noms sont si sacrés que nous ne pouvons les prononcer : Do. Hel. X. P. A. Li. O. F. ». Plus loin, dans ce grimoire, la formule se lit : Eliphamasay, Gelomiros, Gedo bonay, Saranana, Elomnia, et les noms sacrés et imprononçables : « de. el. x p n k h t li g y y. »
Illustration ARS NOTORIA.
Illustration Ars notoria, p. 21 et p. 117.

EL KOS : Pour se faire aimer d’une femme, on lit les mots suivants sur une cruche ou sur un pichet rempli de bière, on souffle dessus et, ce qui n’est pas dit, on la faisait boire :

El Kos gui sen gued
Gvara lige ami

Illustration Bang n° 1168 d.

ELLIEUE X LU M : Quand une vache a mis bas, il faut lui faire avaler la formule ci-dessous, et quand elle a de la fièvre, la lui attacher autour du cou un vendredi entre onze heures et midi, puis la lui faire manger avant qu’elle ingère tout autre aliment, le matin à une heure impaire, trois jours de suite. On répétera l’opération durant une semaine :

Ellieue X Lu m Z u n d w v Meillum X
Lume Z im s v E v X eill im X Luie Z
un d v s r x.

Illustration Secrets égyptiens 2, 331.

ELLON AGRON GRAMATON : Pour faire danser autant d’hôtes qu’il y a dans une maison, il faut écrire la formule sur une feuille de tremble et la déposer sous le seuil. Agron Gramaton représente « Tetragrammaton ». Variante : Elo Elleam Fagiam Grantem.
Illustration ERAS ; ELI.
Illustration Ohrt II, 99 ; BBE, p. 61.

ELOHIM / ELOHYM (Illustration) : L’un des dix noms de Dieu. C’est le pluriel de majesté d’Eloah (Illustration). Il est très utilisé dans les conjurations.
Variantes : Heloym, Heloïm.
Illustration Heim 523 ; Franz II, 92 passim ; Isidore de Séville, Etymologiae VII, 1, 5 ; Agrippa III, 54 sq. ; Thiers I, 355.

ELØN ELØNE ELONORUM : Pour qu’une femme vous aime, il faut écrire ces mots sur une pomme et la lui donner à manger.
Variante : EZon EZone Ezonorum.
Illustration Bang n° 1154.

ELOY † ELOY † ELYON : Il faut porter ces mots au cou pour se garder de la fièvre quarte :

ELOY † ELOY † ELYON † ADONAY † SABAOTH † MESSIAS † PATIOR †
La formule est renforcée par le carré magique Sator.
Illustration Braekman n° 83.

ELOY † TETRAGAMATHON † MESSIAS † OTHRES † YSKIROS † : Ces noms divins, où l’on reconnaît Elohim et Sother (« Sauveur ») déformés, sont courants dans les charmes et dans les oraisons. Au XVe siècle, on les utilise surtout pour découvrir un voleur auquel on fait subir le test du fromage. En écrivant cette formule sur un fromage, on le conjure ensuite de la façon suivante : « Je te conjure, N., si tu es coupable, par le Dieu un, le Dieu saint et par les noms précédents, de ne pas manger ce fromage ! »
Illustration Ohrt n° 949.

E † M N Z S : Début d’un bref de protection contre les balles en usage au Danemark au XVIIe siècle :

E † M N Z S †Illustration S A T A N T perire nvnqve potrit sagit lider B G K. † albra † grama † tamar † alion † plonsit † tamar † firar † s 6 † nay emander † transiens † yfy init Zalio † ibat † † levi † vieder † Meits † leits † olianti † ely † O Z † dales † plato Zator naty † mesias einarder † adochy † mei. mn.

On reconnaît des noms divins très déformés (Tetragrammaton, Ely, Elyon, Adonay...), un fragment de Jesus autem transiens, amen (mn).
Nous retrouvons ce bref en Norvège vers 1850 mais avec des modifications :

L L m m 3 Z L X S A T A N G Rerive Nau Zwa Peitril suc git lederi DLX L obrat gevma Gj Kainor Juaret 2e6 flia auderli Fransius Gaepaud 3 Aletib Z L X Leva L Rumret mei gt Lecly Xv aliatili Lei X B 3 X daliIllustration Paler audoi a y mei Z Z Z Z Z omp L L L m L L Vor3 X L P 5 R ip C + Rmo.

On reconnaît une demande en latin ressemblant à « Père écoutezmoi », suivie d’un nom propre (Fransius Gaepaud). La comparaison avec le texte danois suggère que les Z représentent Zator (= Sator), m messias, obrat gevma Tetragrammaton, mais l’ensemble ne produit guère de sens. Heureusement, une partie du bref s’éclaire à l’aide d’un grimoire daté de 1789, qui propose :

L + M N 22 + X : S : I A N + peviro Nun qve peteit Sangit bidere Ed : G : X. + Abra + Grama + Famar Abion Plons stit lamar firar + 2 b + Nay.

Ce qui semble être une formule d’arrêt des saignements.
Illustration Bang n° 1105 ; Bang n° 1085.

E M T : Abréviation de la formule chrétienne ecce mater tua, tirée de l’Évangile selon saint Jean (19, 27) et utilisée sur les amulettes, par exemple sur celle conservée à Genève au musée d’Art et d’Histoire. Ces mots font partie de l’Oraison des sept paroles, attribuée à Bède, qui assurait la protection contre tous les maux et empêchait de mourir sans confession.

EON EOTH RABBONS EC ORCISIOTH OPAGS : Formule utilisée en Italie pour convoquer des esprits qui mettront en fuite ceux qui vous affligent. Elle est écrite en caractères grecs (εoν εóδ ραββóνs εχ óρχίσιóδ óπάγs).
Illustration F. Pradel, Griechische und süditalienische Gebete, Beschwörungen und Rezepte des Mittelalters, Giessen, 1907, p. 31.

EONE GION ARGION TERRA GRAMATER : Pour arrêter un incendie, on écrivait ces mots sur une plaque de plomb d’église (kirkebly) et on traçait un signe de croix sur le feu. On reconnaît les vestiges du Trisagion accompagnés de la déformation de Tetragrammaton.
Illustration R. Grambo, « Guddommers navn. Magi og ordets makt », Folkeminner 59 (2012), p. 31.

EPAS NEBAS EPIN NEBENNE TENDULA :Illustration JHESUS CHRISTUS QVI EST.

ERAS. NIRAS. PIRALLA : Pour faire danser quelqu’un contre sa volonté, il faut écrire ces mots sur une toile cirée et la placer sous le seuil (de la maison) au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Illustration Bang n° 1141.

ERERET JONER FORLIS : Inscrite sur un billet, la formule suivante protège des balles si on la porte sur soi : Ereret Joner Forlis Skdomin Bon † et Tyla † et Spatbus † Kant † Aaua.
« Forlis » doit se lire fortis, « Skdomin », Sanctus Dominus, « Spatbus », Spiritus. Ces erreurs parlent en faveur d’une transcription faite de mémoire.
Illustration Ohrt 2, p. 100.

+ ERI GERARI : Un manuscrit anglais du XIVe siècle comporte une recette contre l’épilepsie disant qu’il faut graver + Eri Gerari à l’extérieur d’un anneau, et, à l’intérieur, + ON THEBAL GUTGUTHANI.
Illustration J. Evans, Magical Jewels, p. 123.

† ERPA † AGALERPA : Au XVIe siècle, pour guérir celui qui a été mordu par un chien enragé, il faut écrire ce qui suit sur du pain et le lui faire manger : † erpa † agalerpa † erpa † galerpa † diptoni † bristoni † bersis † rami †
Illustration Braekman 104.

† EREX † AREX † RYMEX † : Formule d’un charme destiné à faciliter un accouchement et venant appuyer des formules chrétiennes bien connues :

In nomine Lazarus et filij veni foras et speritus scantus Christus te vocat † Christus stonat † Iesus predicat † Christus regnat † Erex † Arex † Rymex † Christi eleyzon † EEEEEEEEE.
(« Au nom du Père Lazare et du Fils, sors ! et du Saint-Esprit, Jésus t’appelle, le Christ tonne, Jésus prêche, Jésus règne. »)

On relèvera les fautes (« stonat » pour tonat, « speritus » pour spiritus...).
Illustration British Library, manuscrit Sloane 3160, folio 129 v°.

ERXELL † AMALL † ARTISELL : Formule amulettique qui, écrite sur du parchemin et portée sur soi, protège des balles.
Variante : Escell † amel † artisell.
Illustration Ohrt II, 100.

† ESA † HIS † MASMO : Pour susciter l’amour de la personne convoitée, on écrit ceci sur un œuf pondu la nuit de la nouvelle lune :

† esa † his † masmo † caldi † male † am † es.

Puis on le jette au feu en disant : « Que tu brûles autant pour moi que cet oeuf dans le feu, que tu n’aies nul repos jusqu’à ce que tu sois venue à moi et aies accompli ma volonté. »
Illustration Spamer, p. 266.

ESCHEREIA, ESCHEREYEE (Illustration) : C’est, selon saint Jérôme, l’un des dix noms mystiques de Dieu. Le terme vient d’une formule de la Bible hébraïque (Ex. 3, 14) : « Je suis celui qui suis », très répandue en magie et sur les amulettes. Le vocable est souvent méconnaissable tant il fut déformé, ainsi dans l’inscription suivante :

Gug Gug Baltebani Alpha et Omega Ezer ave Eger Ave Ezeam.

E S P A S F A C T U M : Quand un fusil a été ensorcelé, il faut le charger puis tirer sur une pierre bien fixée dans la terre en disant ces mots en même temps. Le maléficier n’aura plus de repos, viendra vous voir et demandera pardon.
Illustration Bang n° 1165.

ESPRITS INFÉRIEURS : Le Grimorium Verum, prétendument publié à Memphis en 1517, donne une liste des esprits inférieurs : Bechaud, Bucon, Clisthert, Frucissiere, Guland, Morail, Hicpacth, Frutimiere, Huictiigaras, Humots, Khil, Klepoth, Mersilde, Minoson, Musisin, Segal, Sirchade, Surgat. Ils sont subordonnés « au duc Sirach ». On les convoque à l’aide la conjuration suivante :

Osurmy + Delmusan + Atalsloym + Charusihoa + Melany + Liamintho + Colehon + Paron + Madoin + Merloy + Bulerator + Donmedo + Hone + Peloym + Ibasil + Meon + Alymdrictels + Person + Crisolsay + Lemon Sessle Nidar Horiel Peunt + Halmon + Asophiel + Ilnostreon + Baniel + Vermias + Slevor + Noelma + Dorsamot + Lhavala + Omor + Framgam + Beldor + Dragin + Viens, N

Guland, Surgat et Morail aident à fixer, le texte dit « clouer », c’est-à-dire à paralyser, un ennemi, à le « clouer sur place ». Le signe (le symbole) de Frutimiere tracé sur un parchemin vierge avec le sang d’une chauve-souris permet de faire danser une fille nue.
« Pour faire danser une fille nue » se rencontre aussi dans le Trésor des émerveillables secrets du petit Albert (Genève, 1675), mais là on utilise des plantes : marjolaine, thym sauvage, verveine, des feuilles de myrte ; trois feuilles de noyer et trois petites souches de fenouil, cueillies la veille de la Saint-Jean, avant l’aube.
Illustration NOMS DES DÉMONS.

ETTIFIA NERUM INVIOLO : Par ces mots, on était censé se rendre invisible et pouvoir pénétrer partout. Ettifia est sans doute la déformation d’Illustration EPHATA, et le sens de la formule devrait être : « Je ne viole rien, ouvre-toi ! »
Illustration Trésor, p. 177 a.

EULAMÔ (ευλαµω) : Très courant dans les charmes grecs, ce mot a été mis en relation avec le dieu égyptien Ammon ; on a pensé à l’inversion de l’impératif sôma lue, « détruis le corps », sous-entendu « de mon ennemi ». D’autres chercheurs le font dériver de l’assyrien ullamu, « éternel ». Eulamô a été utilisé comme formule régressive, à l’endroit ou à rebours (de eulamô à ô, ou de sômaluel à s) et en changeant l’ordre des lettres : EULAMO ULAMOE LAMOEU AMOEUL MOEULA OEULAM, comme sur une tablette de défixion trouvée en Égypte.
Illustration John G. Gager, Curse tablets..., p. 55, p. 70, p. 74, p. 198, p. 212.

EULOGUMEN PATERA : Ces mots, qui font partie d’une formule d’exorcisme et qui sont les vestiges d’une prière grecque, se rencontrent sur une amulette du VIIIe ou IXe siècle destinée à un possédé. Il est remarquable que le diable conjuré soit appelé « elfe ». En Angleterre, au XIe siècle, elle se lit : Eulogumen patera cae yo. Cae agion. Pneuma. Cae nym. Cae ia. Cae iseonas nenonamini.
Illustration Franz 2, 578 ; Storms n° 61.

ÉVANGILE DE SAINT JEAN : On a sans cesse utilisé le prologue de cet Évangile (I, 1-14) en magie. Il est porté en amulette et, selon saint Augustin, on le plaçait sur la tête des fébriles pour les guérir. Inscrit sur du parchemin vierge, enfermé dans un sachet, une noisette, une capsule d’or ou d’argent, il agit contre les céphalées, les maux de dents, les démons et les sorcières ; il protège les blés du feu, les cultures de la tempête et rend même invulnérable. Dans ses Propos de table (n° 5503), Martin Luther rapporte l’anecdote suivante : trois cavaliers entendent une voix dire une fois « frappe ! » et l’un tombe et meurt ; cela se répète une deuxième fois, et un second tombe et succombe ; elle parle une troisième fois, mais une autre voix dit : « Ne frappe pas car il a écouté aujourd’hui l’Évangile selon saint Jean », et le dernier cavalier est épargné.
Les soldats auvergnats qui tentèrent une attaque surprise contre Genève en 1602 étaient munis de charmes avec In principio erat Verbum accompagné de characteres ; au bas du parchemin était écrit : « Quiconque possédera cette cédule ne pourra périr aujourd’hui ni par l’eau ni par le glaive. »
Illustration Ohrt n° 1198 ; Bang n° 1071 ; Franz 2, 101 passim ; Aymar, p. 300, p. 317, p. 340 ; Vinje n° 49 ; JvH n° 651-658, 1017 ; E. Le Blant, « Le premier chapitre de saint Jean et la croyance à ses vertus secrètes », Revue archéologique 25 (1894), pp. 9-13.

EXGVEDIA / EXQEIDAX : Mot magique utilisé dans deux prescriptions pour découvrir un voleur.
Illustration Pax ; NEGUBA.

EXI FORAS, SOL TE VOCAT : « Sors, le soleil t’appelle ! » On trouve cette formule destinée à procurer un bon accouchement au moins dès le IVe siècle de notre ère, chez le médecin grec Oribase (Eup. IV, 115), que le Pseudo-Priscien modifie en « Sors ! Tes frères t’appellent à la lumière » (éd. Rose, p. 365).
La formule est une variante du veni foras de Jean II, 43.
Illustration Grimoires, p. 104.

EXMAEL EXMAEL : Pour faire bien dormir, il faut écrire ces paroles et les placer sur la tête de l’insomniaque. Exmael n’est autre qu’Ismaël, le fils d’Abraham.
Illustration Grimoires n° 27.

E X S : Contre l’insomnie, un charme postbyzantin recommande de prendre un morceau de tuile d’une église, d’y écrire avec un stylet consacré une prière rappelant des célèbres sommeils, ceux d’Adam, d’Abimelech dans les vignes d’Agrippa, des sept Dormants d’Éphèse, puis le quatrième Psaume de David en même temps que les characteres ci-dessous et, enfin, de déposer le tout sous le seuil de la maison en invoquant « Diomides, Eugeneios, Symvatios, Stephanos, Provatios et le dieu Sabaoth ».

ε ξ σ χ ϕ σ κ θ
Illustration Tselikas, p. 74 sq.

EXTABOR HETABOR SITTACIBOR : Lorsqu’on utilise de la cire ou de la terre pour une opération magique, elles doivent être sanctifiées et bénies pour acquérir le pouvoir désiré ; il faut donc les exorciser en utilisant la formule suivante :

Extabor Hetabor Sittacibor Adonai Onzo Zomen Menor Asmodai Ascobai Comatos Erionas Profas Alkomas Conamas Papuendos Osiandos Espacient Damnath Eheres Golades Telantes Cophi Zades.

En outre, il faut réciter dans cet ordre les Psaumes 121, 15, 102, 8, 84, 68, 72, 133, 113, 126, 46, 47, 22, 51, 130, 139, 49, 110 et 53. Il s’agirait de noms d’anges selon le texte.
Illustration Clavicules II, 18.

+ EZERA EZERA ERAVERAGAN : Début de l’inscription magique sur une broche d’argent conservée au Collegio Romano de la Compagnie de Jésus, à Rome :
EZERA EZERA ERAVERAGAN + GVGVRALTERANI ALPHA ET ω

Au revers, elle porte : + AOTVONO OIO MO OOIO AV.
Illustration THEBAL.
Illustration King, p. 229.

EZOMAMOS, HAZALAT, EZITYNE : Début d’une oraison du XIIIe siècle, destinée à assimiler plus facilement la théologie, quatrième partie des arts libéraux. Il faut la dire avant d’examiner une certaine figure géométrique appelée « note » pour obtenir l’illumination de l’intellect :

Ezomamos, Hazalat, Ezityne, Hezemechel, Czemomechel, Zamay, Zaton, Ziamy Nayzaton, Hyzemogoy, Jeccomantha, Jaraphy, Phalezeton, Sacramphal, Sagamazaim, Secranale, Sacramathan ; Jezennalaton Hacheriatos, Jetelemathon, Zaymazay, Zamaihay, Gigutheio Geurlagon, Garyos, Megalon Hera Cruhic, Crarihuc, Amen.

Comme la philosophie comporte plusieurs figures, il y a plusieurs oraisons.
Illustration GEZOMELION ; LEMOGETHOM ; ARS NOTORIA.
Illustration Ars notoria, p. 78.
Illustration
Amulettes,
Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584.

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