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Hors ligne Pascal
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H
Illustration HABAYIllustration HABARIllustration HELIARIllustration : Pour guérir de la morsure d’un chien enragé, on passe un anneau d’argent à son doigt, où est gravée cette formule, et on prononce le charme ad hoc.
Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII, 14.

HABER ANDAVEX O VORT : Pour se protéger des maléfices, il faut écrire ces mots et les porter sur soi.
Variante : Haber Avavex Drei.
Illustration Bang n° 1101.

HABERE DABERE SACHERE : Écrits sur une croûte de pain, ces mots écartent fièvre, mal caduc et envoûtements. Ils permettent aussi de découvrir les voleurs. Ils nous ont été transmis sous de nombreuses variantes. Sur un anneau magique d’argent trouvé en Italie, se lit la formule :

MEL + GEREL + GOT + GVT + HΛI + DABIR + HABER + HEBER.

Le terme EBERDIABER étant un aide-mémoire composé du premier mot de chaque vers d’une prière latine contre la peste.
Variante : Hapora Fapora Sapora.
Illustration Thiers I, 354-356 ; Ohrt II, 97 ; 104 ; 123.

H. A. B. I. :Illustration DABI.

HABI MASSA DENTI LANTIEN. J. J. J. : Pour venir à bout d’un homme plus fort que soi, on disait : « Je te souffle au visage, je te tire trois gouttes de sang, la première du cœur, la deuxième du foie, la troisième de ta force vitale, je te prive ainsi de ta force et de ton courage », et on récitait la formule. Rendue très populaire depuis le XVIIIe siècle par le Livrent de Romain, elle a connu bien des variantes selon les éditions, dont celle-ci :

H bbi Masra danti Santien. †††

Illustration C. M. B.
Illustration Spamer, p. 379.

HABOR AHTLOGER : Afin de se protéger des sorts des sorciers et sorcières, il faut s’attacher ces mots :

Habor Ahtloger Æratin in somiso Pstres I : T : S : Amen.

Illustration HAFEL.
Illustration Bang n° 1093.

HACEDION : D’après le Schemhamphoras, nom révélé par Dieu à Moïse sur le Sinaï ; il a le pouvoir de dissiper la tristesse. C’est peut-être la déformation d’acedia qui désigne le dégoût, la tristesse.
Illustration Schemhamphoras, éd. Schäuble, p. 300.

HAFEL, AGELTOR, HAFEL : Pour retrouvrer ce qu’un voleur a emporté, il faut prononcer ces mots cinq fois en faisant tourner de la main gauche, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, un broyeur de graines de moutarde dans lequel on a déposé des braises. Il s’agit manifestement d’une variante de Habor. Autres variantes :

††† Hafel, Agel lol, Hafel ;
Horel, Agel, Tarvel ;
Safel, Agel, Tallafell, Seffel, Agel, Seffel, Egellugalet ell.

Illustration HABOR.
Illustration BBE, p. 63 ; Bang n° 1392.

HAEPHATHA :Illustration EFFATA.

HAFIT AGAL FASU : Début d’un charme destiné à obliger un voleur à rapporter son larcin. « Prends un tison et mets-le sur l’œil du moulin à café, tourne la manivelle à l’envers et lis ces mots trois fois : Hafit Sagal Fasu. De même que ce moulin tourne à l’envers avec ce charbon, que cet homme retourne aussi au même lieu. Ainsi de même que ce moulin tourne à l’envers avec ce charbon, que de même brûle l’âme de cet homme et ne jamais refroidisse avant qu’il ne rapporte ce qu’il a volé. »
Illustration Ohrt n° 934.

HALL. BIB ARTAMATI. ADONAY ALEONO. FLORIT : Cette formule était censée rendre son porteur invulnérable.
Illustration Schulz, p. 191, note 638.

HAMMANYEL : C’est ainsi que les Anglo-Saxons écrivent Emmanuel dans des charmes du Xe siècle.

+ HANA + GINY HAT QUAL + : On répétait trois fois cette formule pour gagner au jeu. Les deux derniers mots allemands signifient « il souffre ».
Illustration Württembergisches Jahrbuch 18 (1890), p. 198, n° 185.

HANAZAY, SAZHAON, HUBI : Ouverture d’une oraison salomonienne que l’on doit réciter quand on se livre aux opérations magiques afin d’obtenir la sagesse et la connaissance de ce que l’on demande :

hanazay zarahoren hubisenaar ghu hirbaionay gynbar zanaile selchora zelmora hiramay iethohal yfaramel hamatha mathois iaboha gechors cozomerag zosomeraht hamy phodel denos gerot haoalos meliha tagahel sechamþ salyhelethon monocogristes lemenron hachagnon hamyhon. Amen.

Au XIIIe siècle, l’Ars notoria donne la variante suivante :

Hanazay, Sazhaon, Hubi, Sene, Hay, Ginbar Ronail, Selmora, Hyramay, Lohal, Yzazamael, Amathomatois, Yaboageyors, Sozomcrat, Ampho, Delmedos, Geroch, Agalos, Meihatagiel, Secamai, Saheleton, Mechogrisces, Lerirencrhon.

On notera d’une part les omissions, d’autre part le découpage différent de certains vocables.
Illustration ARS NOTORIA.
Illustration Liber iuratus chap. 60 ; Ars notoria, p. 69 sq.

HANCOR HANACOR HAMYLOS : Incipit de la dix-septième oraison du Livre des consécrations, qui s’adresse à Jésus, « fils du Dieu incompréhensible ». Elle comporte deux parties, mais on en ignore le but :

1. hancor hanacor hamylos iehorna theodonos heliothos phagor corphandonos norizane corithico hanosae helsezope phagora.
2. Eleminator candones helos helee resphaga thephagayn thetendyn thahonos micemya hehortahonas nelos behebos belhores hacaphagan belehothol ortophagon corphandonos.

Eliminator doit représenter Illuminator, épithète de Dieu. Hancor se rencontre sous la forme ACHO’R dans l’invocation divine d’un charme grec ; heliothos est la contraction de helios et theos, « dieu soleil ». L’Ars notoria du XIIIe siècle propose la lecture suivante des formules :

1. Ancor Anacor Anylos, Zohorna, Theodonos, hely otes Phagor Norizane, Corichito, Anosae, Helse Tonope, Phagora.
2. Elleminator Candones helosi, Tephagain, Tecendum, Thaones, Behelos, Belhoros, Hocho Phagan, Corphandonos, Humanæ natus & vos Eloytus Phugora.

Illustration ARS NOTORIA.
Illustration Liber iuratus chap. 57 ; PGM VII, 149 sq. ; Ars notoria, p. 24.

HANTARACERET, HANTARACERET : Pour faire apparaître un homme qui exaucera votre demande, il faut, quand la lune est en Verseau, suivre un rituel compliqué faisant intervenir trois têtes de jars, du feu, du vin, des épices : on cuit et on broie le tout pour en faire quarante pilules, etc., et on prononce ces mots.
Dans la source arabe, la Ġāyat al-Hakîm, la formule se présente ainsi : Hantar asrak hantar asrak.
Illustration Picatrix IV, 16 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 319.

HAPHOT HAPHOT : Cette formule fait partie d’un rituel complexe qui se déroule quand la lune est en Vierge. Il s’accompagne du sacrifice de trente grives et de fumigations. Sur une lame de plomb, on grave la figure de son choix avec une aiguille d’or puis on l’enterre ; la demande que l’on fait sera exaucée.
Dans la source arabe, la Ġāyat al-Hakîm, la formule est : ‘Afût ‘fût.
Illustration Picatrix IV, 7 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 313.

HAPORA FAPORA SAPORA :Illustration HABERE DABERE SACHERE.

HARMUM HARMUM : Dans une très longue opération lors de laquelle, quand la lune est en Sagittaire, il faut sacrifier une brebis en face de quinze arbres, on répète cinq fois ces mots devant chaque arbre. Un homme au bel aspect et bien mis apparaîtra pour emmener l’opérateur là où il le désire.
Le chapitre correspondant de la Ġāyat al-Hakîm n’offre pas la formule.
Illustration
Illustration Picatrix IV, 10.

HAROMEMYÇ : Selon le Livre de Mercure (Libro de Mercurio), traité de magie astrale du XIIIe siècle, il faut dire trois fois ce mot quand on s’adresse à Mercure, lorsque cette planète est dans le signe des Poissons.
Illustration Astromagia, p. 285.

HARYM, HARYM, LAYAR, LAYAR : D’après un livre de magie astrale traduit de l’arabe au XIIIe siècle, il faut utiliser cette formule si l’on veut parler à Mars, lorsque cette planète est dans le signe du Scorpion.
Illustration Astromagia, p. 281.

HASTA, HAVA, SHAVER : Pour guérir la fièvre, il faut écrire ces mots sur trois amandes et en manger une chaque jour.
Illustration Secrets égyptien 1, 181.

HAT × HEON X L. N × SABAOT × EMANUEL : En écrivant cela avec son propre sang sur un billet que l’on portera sur l’estomac, on sera à l’abri des coups.
Illustration Hervé, p. 364.

HAX : Ce mot entre dans un rituel de préparation d’une amulette. Il faut prendre le cœur d’un corbeau et d’une taupe, les porter sur soi et dire : Hax Fax mensik asin lakom mano gievfe.
Illustration Bang n° 1059.

HAX PAA SI MAX : Pour guérir un malade, il faut écrire ces mots sur du pain et le lui faire manger. La formule exacte est : HAX PAX MAX DEUS ADIMAX. Répandue depuis le XVIe siècle, elle est encore plus ancienne puisqu’on en trouve des fragments dès le XIVe siècle, dans une conjuration du sang et dans un charme contre la fièvre. On pense qu’il s’agit d’une extrapolation de la formule liturgique pax tecum (« la paix soit avec toi »), élargie par homophonie. Au XIVe siècle, on dit : Pax Max Vax. Jean Wier rapporte la formule entière :

O rex gloriae Jesus Christe, veni cum pace in nomine Patris + max in nomine Filii + in nomine spiritus sancti + pax Caspar Melchior Balthasar + prax + max + Deux ymax +.

Pour se protéger des morsures d’un chien enragé, il faut écrire ces mots sur un billet que l’on portera sur soi. Inscrite sur du pain, une hostie, du papier, un quartier de pomme, en entier ou en abrégé (H. P. M. Deux adimax), la formule protège de la rage, des fièvres et des maux de dents, à condition de l’avaler. Lors de la restauration de la basilique Saint-Georges, à Prague, on a trouvé sous l’enduit d’une niche une bande de parchemin demandant la guérison de la fièvre quinte pour une certaine Dobrozlava, et la prière s’achevait par : « Que Pax † nax vax soit le remède de cette servante de Dieu, Amen. » Parfois, seuls les deux premiers termes se rencontrent, parfois ils sont déformés en Hak Pak ou en Kak Pak.
Illustration PAX, MAX.
Illustration Espeland § 30 ; Schmidt I, 69 ; I, 396 ; Franz 2, 202 ; 430 ; 469 ; 477 ; Heim 537 ; Bang n° 1058-1064 ; Wier V, 8 ; Martin Delrio, Disquisitionum Magicarum Libri Sex, Cologne, 1679, p. 493 ; Thiers I, 355 sq. ; Ohrt I, 438 ; II, 108 ; 116 ; 121 passim ; Werner n° 21, p. 201.

HAYRAHAB, HAYRAHAB : Selon le Livre de Mercure, traité de magie astrale traduit d’arabe en espagnol au XIIIe siècle, il faut répéter cela quatre fois lorsqu’on s’adresse à Mercure en Bélier.
Illustration Astromagia, p. 273.

HAYA : Mot magique intervenant souvent dans les conjurations ayant subi l’influence du Semiphoras. Le Livre des incantations, par exemple, offre la séquence suivante dans celle de la « Conjuration du mardi » :

ya. ya. ya. A ; A. va. hy. hy. Haa. Haai. va. va. Han. Han. Hon. hy. Hyen. Haya. Haya. Hol. Hol. Hay. Hael. Hon. Par les noms du Seigneur Adonay. haya. Hol. Plasmator seculorum. Cados. Cados. Cados. Ebel. el. ya. ya. Eloy. Arar Eloym. Eloym.

Haya est peut-être un nom de Dieu.

HAZARAM † HIHEL † HEHELILEM : Début de la trente et unième oraison magique du Livre des consécrations :

Hazaram † hihel † hehelilem † hethelilem † thelihem † hazagatha † agrnazcor † hizguor † hazaheimn † iesan † zezor † iesar † ysail † et vous, saints anges dont les noms sont écrits dans le Livre de Vie, et qu’ils soient ici répétés : iasym † horos † helsa † heremogos † myrecagil † resaym † lemay † lemar † rasamen † lemar † themamoht † irasim † iemamoht † themamoht † secray † sotthaht † sehan † hanathar † thansethay † helymaht † iosoihel † helymoht † saccamaht † helymyhot † iosey † theodony † iasamaht † pharene † panetheneos † phateneynehos † haramen † theos † hathanaym † hanataiphar † hatanazar † basiactor † iesenamay † iesamana † iesamanay † haziactor † hamynosia † zezamanay † hamos † hamynos † hiatregilos † cahegilihos † zaguhel † zatahel. Amen.

Contrairement à ce qui est dit, cette énumération ne comprend apparemment que peu de noms d’anges, peut-être Myrecagil, Iosoihel, Zaguhel, Zatahel. L’adjonction de suffixes grecs sur des mots sans doute hébreux et le mélange de grec et d’hébreu ne produisent pas de sens.

H B R H C H T H B R H : Contre la fièvre, il fallait, entre huit et neuf heures, attacher au cou du malade un bref contenant la formule régressive :
Illustration
Il s’agit en fait d’Abracadabra qui a été crypté par substitution d’A par H et de D par T ! Cette façon de faire est révélatrice des méthodes utilisées pour dissimuler une formule ou en « fabriquer » une nouvelle à partir d’une ancienne.
Illustration Secrets égyptiens 1, 222.

HEBER † NABI † ΘAVL † HASE : Formule protégeant du mal caduc si on l’écrit sur un parchemin que l’on porte au bras puis que l’on brûle.
Illustration Ohrt II, 104.

HELL, BEFF. CLETEMATI : En portant ces mots sur soi, on est invulnérable aux balles : Hell, beff. Cletemati, Sobath, Adonay, Eleona, Florit. « Sobath » est Sabaoth, et « Florit » une épiclèse de Dieu. Il s’agit sans doute ici d’une variante deIllustration HALL BIß ARTAMATI...
Illustration Secrets égyptiens 2, 51.

HELY AZELACHIAS : Début d’une oraison du Livre des consécrations demandant à Dieu d’illuminer le cœur et de fortifier l’esprit : hely azelechias neloreos mohan zama sarnelohatehus saguaht adonay zoma lenezothos lithon ietemothon sabahot. Les quelques mots identifiables indiquent que nous avons là des noms et des épithètes de Dieu.
Illustration Liber iuratus chap. 63.

HELY HELY LAMAZABATHANI : Sur le sceau de la Balance, une amulette zodiacale qui protège des maladies du sang, des vents violents, des inondations maritimes, des douleurs rénales et, dans une maison, des maléfices et des sorts, on inscrit sur le pourtour cette formule tirée de la Bible et signifiant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné », accompagnée de Consummatum est et du titre triomphal du Christ (I. N. R. I.), nous dit Arnaud de Villeneuve. Hely est aussi associé à d’autres noms de Dieu (illustration ci-dessous).
Illustration
Aux Pays-Bas, on se sert de cette phrase pour faire venir une sorcière et le dernier mot est écrit : Lamasabatay. Dans les énumérations de noms divins, Hely se rencontre seul. Un triple Heli se rencontre aussi à la fin d’un charme destiné à la fabrication d’« l’encre de sympathie ».
Illustration ELY ; SDS.
Illustration Arnaud de Villeneuve, Opera, Lyon, 1509, fol. 301v° sq. ; Jvh n° 1006 ; Secrets magiques pour l’amour n° XIV.

HELY SCEMATH : Début d’une oraison magique que Salomon appela « la première Révélation ». Nous en possédons deux versions qui diffèrent dans le détail. Voici celle du XIVe siècle :

Helysemath. hasaram. hemel. saduch. theou. heloy. zamaram. zoma. iecromaym. theos. deus pie et fortis hamathamal. iecronamayhala. zanay. hacronaaz. zay. colnaphan. salmazaiz. ayhal. gemelam. haymasa. ramay. genzi. zamath. helyemath. semay. selmar. ie crosamay. iachar. lemar. harnany. memothemath. hemelamp. et toi, saint père tout-puissant et Dieu incompréhensible dans toutes tes oeuvres qui sont saintes, justes et bonnes. magalhamethor. semassaer. zamachamar. geogremay. megus. monorail. hamezeaza. hillebata. maraama. iehenas. iehemia. malamay. sephormay. zemonoma. melas. hemay. hemesna. iecormay. lemesey. senosecari. heltamay. calion. tharathos. vsyon. geysethon. semyna. themas. zezehas. thaman. helomany. hamel. amen.

L’Ars notoria (XIIIe siècle) affirme qu’elle vient « des profondeurs des langues grecque, hébraïque et chaldéenne », la nomme « Oraison des quatre langues » et la note ainsi :

Hely, Schemat, Azatan, honiel sichut, tam, imel, Iatatandema, Jetromiam, Theos : Ô Dieu saint et fort, Hamacha, mal, Gottneman, Alazaman, Actuaar, Secheahal, Salmazan, zay, zojeracim, Lam hay, Masaraman, grensi zamach, heliamat, seman, selmar, yetrosaman muchaer, vesar, hasarian Azaniz, Azamet, Amathemach, hersomini.
« Et tu es saint et juste, incompréhensible dans toutes tes œuvres, qui sont saintes, justes et bonnes ; Magol, Achelmetor, samalsace, yana, Eman, and cogige, maimegas, zemmail, Azanietan, illebatha sacraman, reonas, grome, zebaman, zeyhoman, zeonoma, melas, heman, hathoterma, yatarmam, semen, semetary, Amen. »

Variante de l’incipit : HEly, Scemath, Amazaz, Hemel ; Sathusteon, hheli Tamazam.
Illustration ARS NOTORIA.
Illustration Liber iuratus chap. 45 ; Ars notoria, p. 115 et p. 7.

HENDEB HENDEB : Cette formule fait partie d’un rituel complexe qui se déroule quand la lune est en Lion, et il faut la répéter quinze fois. Elle s’accompagne du sacrifice d’un coq et de fumigations. Elle a pour but de faire apparaître « une forme humaine » à laquelle on adresse sa demande qui sera réalisée.
Dans la source arabe, la Ġāyat al-Hakîm, la formule se lit : ‘Andab ‘Andab.
Illustration Picatrix IV, 6 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 313.

HEPHATA :Illustration EFFATA.

HEREGO GO MET HUNC : En France, au XXe siècle, pour protéger ses bêtes, on disait sur elle : Herego Go met hunc Gueridans Sesserant Deliberant Amen. Et, en même temps, on traçait une croix avec du sel sur chacune d’elles. Le sens de l’ensemble est à peu près : « Moi, je demande par ceci que cessent [les maux] et qu’elles [mes bêtes] soient délivrées. »
Illustration Camus 1990, p. 107.

H. E. R. E. R. I :Illustration DABI.

HEURAXDAX : Mot magique utilisé en Moyenne-Franconie lors des feux de la Saint-Jean afin que le chanvre pousse bien.
Illustration Fr. Panzer, Beiträge zur deutschen Mythologie II, Munich, 1855, p. 550.

† H. G. D. A. QQ. S. P. P. S. S. 9. F. G. A. S. S. N. : Formule cryptée de la Lettre que le pape Léon aurait composée — un bref comportant des characteres protégeant de la peste, des démons, des poisons, des serpents, des maléfices — et qu’il aurait envoyée à Charlemagne.
Illustration Aymar, p. 331, p. 339.

HEYERIM HEYERIM : Pour faire apparaître un homme qui exaucera vos désirs, il faut, quand la lune est en Capricorne, dire Heyerim heyerim falsari falsari tifrat tifrat, puis sortir d’une maison où seuls deux hommes peuvent se tenir, en faire soixante-dix fois le tour sans arrêt, faire une fumigation, sacrifier un coq. On notera la répétition de chaque mot, qui est caractéristique des grimoires traduits de l’arabe.
Dans la source arabe, la Ġāyat al-Hakîm, la formule est : Hajâwam hajâwam balġâr balġâr naqarâw naqarâw.
Illustration Picatrix IV, 12 ; Ġāyat al-Hakîm, p. 317.

HIELMA † HELMA † HELIMAT : Commencement de la vingt et unième oraison du Livre des consécrations (Liber iuratus) :

Hielma † helma † helimat † herina † hytanathas † hemyna † hitanathois † helsa † hebos † hiebros † helda † hagasa † hoccomegos † raitotagum † coictagon † myheragyn. Amen.

On notera les variantes d’athanatos (« immortel ») : hytanathas, hitanathois, qui donne une idée de la façon dont on « fabrique » des formules magiques.
Illustration Liber iuratus chap. 32.

H M E I F : Abréviation des paroles du Christ, hodie mecum eris in paradiso (« aujourd’hui, tu seras en paradis avec moi »), avec F pour P, tirées de l’Évangile selon saint Luc (23, 43) et utilisées sur les amulettes chrétiennes, par exemple sur celle conservée à Genève au musée d’Art et d’Histoire. Ces mots font partie de l’Oraison des sept paroles, attribuée à Bède, qui assurait la protection contre tous les maux et empêchait de mourir sans confession.

HOCATOS MARKILA ESTUPIT : Ces mots protègent des bêtes féroces le porteur du talisman où ils sont gravés, et éloignent de lui les animaux enragés qu’il pourra tuer en disant : Tramantram Ricona Estupit. S’il se trouve au milieu de bêtes féroces, il dira : Hocatos Imorad Surater Markila, en leur présentant l’anneau talismanique.
Illustration Trésor, p. 182 a.

HOCUS POCUS : C’est l’un des plus célèbres mots cabalistiques, attesté en tant que formule magique dès 1632. Il a même servi de titre à un film de Kenny Ortega, sorti en 1993. Pour John Tillotson († 1694), archevêque de Canterbury, le terme était la déformation d’une phrase de la messe : Hoc est (enim) corpus (meum). On le rencontre pour la première fois dans le Giardino di Ricreatione de Giovanni Florio, paru à Londres en 1501, puis chez de nombreux auteurs, sous la forme d’un proverbe : Occus boccus, chi nazze pazzo, non guarisce mai, « Occus boccus, celui qui naît fou est incurable ». On le retrouve dans le titre d’un manuel publié à Londres en 1634 : Hocus Pocus junior the anatomie of legerdemain, traduit en allemand en 1667. Dans le langage courant, Hocus Pocus désigne les tours d’un prestidigitateur, d’un magicien, une illusion. Il fait partie du langage pseudo-ésotérique des mages et sorciers. En Scandinavie, on complète parfois Hocuspocus par filiokus. En danois, en norvégien et en suédois, hocuspocus signifie toujours « tour de passe-passe ». Aux Pays-Bas, on utilise Hoctus Boctus, variante Oktus Barreboktus, pour se protéger des esprits nocturnes qui affligent les gens. Pour la petite histoire, notons qu’un prestidigitateur de la cour de Jacques Ier d’Angleterre s’était affublé du sobriquet Hocus Pocus.
Illustration JvH n° 974 ; A. Wesselski, Hokuspokus oder Geborener Narr ist unheilbar, Prague, 1926.

HOERBAE ETHO ORAS : Pour guérir la migraine, on pose la main sur la tête du patient et on dit trois fois : Hoerbae etho oras erbe bo Abraxat boetite. Abraxat est la déformation d’Abraxas.
Illustration Önnerfors 3.

† HOL † HELO † JOEL † : Au XIVe siècle, on composait un bref avec les mots suivants afin de ne pas périr dans le feu, l’eau, à la guerre ou suite à une ordalie :

† Hol † Helo † Joel † Hic † Adonay † Sabahot †
Tetanugiacon sive Migraton † Hely † Thoma

Si une femme enceinte portait ce bref, elle accoucherait aussitôt et sans péril.
Illustration D. Le Blevec, « Pharmacopée populaire en Comtat Venaissin : les recettes du notaire Jean Vital (1395) », Razo 4 (1984), pp. 127-131, ici p. 129.

HOLA NOA, MASSA : En 1920, on utilisait cette formule pour que son fusil ne rate pas son coup. En se levant, on prenait son arme à la main et disait : « Fusil, moi N. N. je te prends au nom de Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit », puis on passait le plat de la main sur le canon en poursuivant : « Tu dois m’obéir, quoi qu’il arrive, à l’affût ou pour tuer un gibier, afin que tu ne rates pas et touches avec sûreté ce que je vise, au nom de †††. » On répétait cinq fois cela et on écrivait la formule sur le canon. Lorsqu’on veut fustiger une personne à distance, on coupe un bâton de noisetier un mardi avant le lever du soleil et on dit ces trois mots.
Illustration ABIA.
Illustration Spamer, p. 369 ; Secrets égyptiens 2, 85.

HOL HAMA NEBANDAD :Illustration MINATE.

HOLOMAATI, BEKAHU AYALO INARE : Par ces mots s’ouvre une formule que l’on utilise lorsqu’on a perdu les grâces de son Seigneur ou pour gagner celles de quelqu’un : Holomaati, bekahu ayalo inare asmia baene hieha yfale malieha arnya aramebolona queleye Lineno feyano, yoye malac babona nethee hycere.
Illustration Semiphoras 2, 3.

HORNER LARCI HABEK : Incipit d’une conjuration de l’épilepsie (morbus comitialis) du XIe siècle :

Horner Larci Habek Cisius elaoro hodier laciaon Virtus coeli libera pellet.

Le texte donne à comprendre que l’on demande au pouvoir céleste de vous délivrer aussitôt des rets de la maladie.
Illustration Heim 226.

HOSALA DIESLA EUGA : Ces trois mots font partie d’un rituel destiné à découvrir qui a ensorcelé vos animaux ; il faut les répéter trois fois.
Illustration BBE, p. 13.

HOSCARAA RABRI MILAS : Début d’une formule préservant des maléfices, des philtres herbés et empoisonnés, des démons, des serpents et de la peste :

Hoscaraa Rabri milas filio. Aabonac. Baracha. Baracha abeba asar mesonor flotem bethel behon. Sethen. Teon. Yham. Tehos † an. Dieu tout-puissant garde-moi, ton serviteur.

Teon et tehos sont sans doute la déformation de theos, « Dieu », et an, celle d’« amen » ; bethel (Illustration) signifie « maison de Dieu », barach, « fulgurant ».
Illustration Aymar, p. 336.

HOSTIE :Illustration EGO SUM ; RECIPE.
Illustration Braekman, p. 63.

HUAT HAUAT ISTA : Pour soulager les fractures, on utilisait la formule suivante qui remonte à l’Antiquité classique :

Huat hauat ista pista sista dannabo dannaustra.

Chez Jean de Renou, on relève la même formule que chez Thiers, mais elle est censée soigner la sciatique. Selon Jean-Baptiste Thiers, elle valait pour les maux des cuisses lorsqu’on l’écrivait ainsi :

Sista Pista Rista Xista.

Illustration Heim 534 ; Thiers I, 361 ; Jean de Renou, Œuvres pharmaceutiques, chez Antoine Chard, Lyon, 1626.

HUM, OTUM, UTUM. † † † : On dit ces mots pour réparer des préjudices et on se signe.
Illustration Secrets égyptiens 2, 344.

H V T Y : Pour être fortuné dans les jeux d’adresse et de hasard, il faut se faire un bracelet en peau d’anguille séchée, dans laquelle on aura mis du fiel de taureau, du sang de vautour, et qu’on liera avec de la corde de pendu, puis on inscrira ces characteres avec son propre sang.
Illustration Petit Albert, p. 31.

HYLA HYLARIA DULIA MALASINALA : Au Xe siècle, la formule se rencontre dans une bénédiction des yeux. Dans un charme allemand du XVe siècle, elle prend la forme Nilaria dulcia filana, et Nilaria del indena, dulta mila velena, déformations qui témoignent de la fréquence de son utilisation.
Illustration Franz 2, 496.
Illustration
Sceaux des jours.

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