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JAGERON. AGERON. NAGERON. VAGERON. SEPIO : Contre le mal de dents, on écrit chaque jour ces mots sur du pain que l’on mange ; le dernier mot doit être jeté dans un bois le cinquième jour. Il s’agit là d’une variante deIllustration AGERIN-NAGERIN, et de AGERANI † JEGERINI.
Illustration Bang n° 1022.

JAKEPTA VIRTUTOS SPIRITUS INVISIBILIS : Le magicien doit prononcer cette formule lorsqu’il efface le cercle magique qui lui a servi à convoquer les esprits et la compléter par : Horepta Kaminecka priosa labiratam Imperite band solventi. On comprend qu’on ordonne (imperare) de dissoudre (solvere) le lien (band) créé. Aux trois mots magiques s’ajoute la dissolution du lien représenté par le cercle et donc une libération des esprits.
Illustration Herpentil, Grimoires, p. 285.

JAMPELUCH : Pour capturer les oiseaux sauvages, on fait un anneau d’étain dans la cinquième mansion de la lune, on y enchâsse un cristal gravé du signe ci-dessous, et on place le mot Jampeluch tracé avec du sang de colombe blanche sur du parchemin vierge parfumé d’ambre.
Illustration
Illustration British Library, manuscrit Landsdowne 1202 4to, folio 176.

† JANNA † SARULT † DUTTER † JER † OR : Pour écarter les lutins voleurs du lait des vaches, il faut écrire trois fois cette formule sur du papier et le clouer en lieu sûr dans l’étable.
Illustration Secrets égyptiens 1, 226.

JAWEL JOEL † SALUATOR AGEA : Celui qui portera ces noms sur lui sera à l’abri des armes, de la noyade, etc., dit un charme des environs de 1450. Il est précisé qu’Agea représente la vie humaine et la vraie foi. Jawel peut représenter Dieu — Jaweh / Yaveh + el — et Joël est un petit prophète. On prie donc le Sauveur de nous conserver en vie.
Illustration Ohrt n° 1089.

JEBELA : Mot magique formé par la contraction du début d’une phrase d’un charme allemand du XIVe siècle, disant : « Job gisait dans le fumier » (Job der lak in dem miste). On l’utilisait pour conjurer le trichocéphale, ver parasite de l’homme et des mammifères.
Illustration Anzeiger für Kunde der deutschen Vorzeit 3, p. 279, n° 3. Formule en entier : Heidelberg, Universitätsbibliothek, ms. Cpg. 367, fol. 173 v°.

JESU BRASIN : Une amulette zodiacale, celle du Capricorne, décrite par Arnaud de Villeneuve (1235-1311), médecin et astrologue, porte ces mots entourés de « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » en latin ; elle protège de la morsure des bêtes venimeuses, des chiens enragés, et de la goutte des genoux.
Illustration Arnaldus de Villanova, Opera, Lyon, 1509, folio 302 r°.

JESUS AUTEM TRANSIENS : « Mais Jésus passant. » Ces paroles empruntées à l’Évangile selon saint Luc (4, 30) sont utilisées dans de très nombreux charmes, notamment de voyage, et pour se protéger des armes blanches, des ennemis et des meurtriers, des voleurs et autres gens de sac et de corde. Contre le mal caduc, ces mots sont associés aux trois Rois mages dans une formule aux déformations remarquables :

Cas Ber † Balcer † Milcorium. Jesus antrocius † per medium † senum.

Alors qu’il assiste à la mise à la question d’un « larron rusé coupable de deux crimes », Jean Wier s’étonne de voir l’homme comme endormi et ne ressentant aucune souffrance :

« Ce qui me feit douter incontinent que par auanture il auoit sus soy quelques sorcelleries ou charme : ou bien que par ces paroles il receuoit quelque aide. Ie cherchay doncques diligemment par toutes les parties de son corps, & trouuay en la fin vn petit billet dedans ses cheueux, soubz sa coiffe, dedans lequel il y auoit escrit † Iesus autem † transiens † per medium illorum ibat † os non comminuetis ex eo †. Il estoit ainsi marqué de croix. le lui ostay incontinent ce billet, & encores qu’il s’en pleignit fort : toutesfois estant remis sur la torture & de rechef esleué, il ne laissa pas de faire comme deuant, ayant des le commencement dit quelques parolles si bas que ie ne peux oncques les entendre, & de faict il ne confessa rien. »

Pour voyager en toute sécurité, un auteur du XVIe siècle recommande ceci :

Irruat super eos pauor & formido in magnitudine brachy tui. Fiant immobiles quasi lapis, donec pertranseat populus tuus domine, donec pertranseat populus tuus quem formasti. lesus autem transiens per medium illorum ibat, Obscurentur oculi eorum ne videant, & corda eorum ne mala cogitent, & dorsa eorum semper incurua, in quibus & similibus sapiens discutit quod audit & probat quod credat.

La première phrase est tirée de l’Exode (15, 16), avec modification de la fin : populus tuus quem formasti au lieu de populus tuus iste quem possedisti. Puis obscurentur... incurva vient du Psaume 68, 24, mais avec un élément étranger (&... cogitent).
Dans l’Enchiridion Leonis papae espagnol, Jesus autem transiens entre dans une oraison pour se préserver de tous périls et la formule est liée à des noms d’anges et de Dieu :

Y Jesús, pasando por en medio de ellos, se fue. † Vehuiah, † Jeliel, † Sitael, † Elemlah, † Mahasiah, † Selahel, † Jehová.

Vehuiah, Jeliel, Sitael, Elemiah, Mahasiah sont les noms de Séraphins, et Selahel est la graphie fautive de Lelahel, un autre Séraphin.
Une amulette zodiacale, celle du Sagittaire, décrite par Arnaud de Villeneuve (1235-1311), médecin et astrologue, porte Jesus autem transiens entourant Sabaoth. Acathiatos [=Athanatos] ; elle protège de la sciatique, des fièvres colériques, de l’épilepsie, de la possession et de la folie.
Illustration Braekman n° 267 ; 272 ; 277 ; Hunt, p. 94 ; Ohrt n° 230 ; Jean Wier III, 10 ; Ricardo Argentino Anglo, De praestigiis et incantationibvs daemonvm et necromanticorvm chap. 17, Bâle, R. Silver, 1568 ; Arnaldus de Villanova, Opera, Lyon, 1509, folio 302 r° ; Libro de segretto e di magia, p. 6.

J. H. R. : Pour se préserver des balles au XVIIIe siècle, on faisait trois billets, le second jour de la lune, avant le lever du soleil, sur lesquels on inscrivait J H. R. In nomine Patris. Quand on voulait s’en servir, il fallait les manger ! J. H. R. signifie « Christus ».
Illustration Hervé, p. 359.

JESUS NATUS, CHRISTUS MORTUUS, RESURREXIT : Chaque séquence de cette phrase résumant la vie de Jésus doit être écrite sur une feuille de sauge que l’on donne à manger au malade chaque jour pour le guérir de la fièvre. Au XVIe siècle, la formule sert pour la fièvre froide et s’écrit † ortus † mortuus † Cristus † surrexit sur chaque feuille de sauge cette fois-ci que le patient ingère trois par trois. Un charme latin utilise la formule contre toutes les fièvres (quotidienne, tierce, quarte, nocturne et diurne).
La formule est sans doute d’origine byzantine : sur une amulette du VIe siècle contre la fièvre, se lit en effet : XC (le Christ) est apparu / XC a souffert / XC est mort / XC est ressuscité / XC est enlevé (au ciel). ., ce qui est une partie du Credo.
Illustration CHRISTUS NATUS ; ORTUS †.
Illustration Braekman 64 ; British Library, manuscrit Harley 273, fol. 213 r° ; Sloane 2457, fol. 29 v°. E. Boswinkel & P. W. Pestman (éd.), Textes grecs démotiques et bilingues, Leyde, 1978, p. 98.

JHESUS CHRISTUS QVI : Les mots qui scandent toute la vie du Christ en trois temps — présent, passé et futur — se sont alliés à d’autres formules, les unes chrétiennes, les autres païennes, comme dans cette conjuration des douleurs dentaires qui date du XVe siècle :

Jhesus Christus qvi est et qvi erat et qvi venturus est, libère N. de ses maux de dents ! Epas nebas Epin nebenne tendula dragons et vers, au nom du père † pax et du fils et de l’esprit saint, sauveur et remède † au nom †††.

Illustration Ohrt n° 389.

JMPINDIA † PROPENDIA : Si un voleur ne veut pas rendre ce qu’il a dérobé, ou s’il ne veut pas reconnaître son larcin, il faut écrire JMPINDIA † PROPENDIA † JMPEDIAS † PROPENDIAS sur du plomb au nom du diable Lucifer (Jnomine Diaboli Luciferi) et le déposer sous le seuil de sa maison de façon à ce qu’il marche dessus. Les termes sont dérivés des verbes impedio et prepedio, « entraver », et du vocable compedus, « qui attache les pieds ensemble ». On lie les membres du fuyard à distance. La même formule se rencontre en Allemagne au XVe siècle.
Illustration Ohrt II, 108.

JNFANS DIVANS EVAX PAX MAX VIVAX : Pour faire paraître, pour montrer ce qui est perdu ou caché, à côté de chacun de ces mots, on trace un cercle avec deux diamètres formant une croix. Les deux premiers mots signifient « enfant, Dieu vivant ».
Illustration Ohrt II, 108.

JOB GRAX SON MAGULA : Début d’une formule connue sous le nom de Charme de Job, conjurant les vers, c’est-à-dire les causes de certaines affections et douleurs. L’ensemble se présente ainsi :

Job grax son magula, Job guilia † Job sorokamijs Job trahu † gon anacula † conubia macula gula † Job sarobant † In nomine Patris alaia agla † et Filij messyas † et Spiritus sancti † sorchistin † Amen.

La variante danoise Iab † crason † crabson † Corpanisis † Cornobion † Iab est utilisée pour les maux de dents et, ayant manifestement remporté un vif succès, connaît les variantes suivantes :
Illustration
D’après la Bible des Septante (Job 2, 9), Job était couvert d’abcès pleins de vers. Zentobarbarus, que l’on peut traduire par « cent fois sauvage », pourrait y faire allusion. Un manuscrit médical d’Utrecht du XIIe siècle offre la leçon : † Job † trayson † xonbia † zatraya † zorobantis † Job †
Illustration MAGULA.
Illustration Braekman n° 145 ; Ohrt II, 106 ; Vinje n° 40 ; J. H. Gallée, « Segensprüche », Germania 32 (1887), p. 454 ; Utrecht, Bibliothèque universitaire, ms. 1355, folio 47 r°.

† JOB † TRAYZON † CONOBIA † ZATRAYA † ZOROBANTIZ † JOB † : Une autre variante de la formule précédente est utilisée pour chasser les vers. Il faut l’écrire sur du papier avec le nom du malade et la lui attacher autour du cou.
Illustration Utrecht, Bibl. de l’Université, Ms. 1355, 16°, fol. 47 v°-48 r°.

JON KLINGELMANN : Nom donné à un serpent dans les conjurations norvégiennes. Il tire peut-être son nom du verbe klingra, « cercler, se lover ».
Illustration BBE, p. 17. Sur les formules pour chasser ou paralyser les serpents, cf. Ritwa Herjulfsdotter, Jungfru Maria möter ormen - om formlers tolkningar, Göteborg, 2008.

JORSA, MORSA. DORSA : Pour se faire aimer d’une femme, on écrit ces mots sur une coupe ou un gobelet avec son propre sang, et on la fait boire dedans ; elle fera ensuite ce que l’on voudra. On peut aussi les écrire sur un ruban dans cet ordre : Morsa Jorsa Dorsa et toucher sa main de sa main droite.
Illustration Bang n° 1129.

JOVE : PremierIllustration SEMIPHORAS DE SALOMON, qu’Adam apprit lorsqu’il était encore au paradis. Il ne faut le prononcer que dans l’extrême détresse et avec une dévotion suprême envers le Créateur.
Illustration
Liber incantationum, XVe siècle.

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