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Hors ligne Pascal
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O
OAX MAX WAX : Formule utilisée en Norvège pour « fixer » un oiseau ou un volatile, c’est-à-dire pour le paralyser.
Variantes : oax moax voax ; ax : max : vaax.
Illustration Bang n° 1354 c.

OCOPO OXΦ. E. Γ. E. I. : Cette formule met en fuite les démons ; on l’utilise afin qu’ils n’approchent pas des lunatiques.
Illustration Önnerfors 36.

OCURIA : Premier terme d’une formule magique d’envoûtement romaine découverte sur des tablettes de la province de Byzacène (Afrique romaine). Elle ouvre et clôt le charme :

Ocuria anoχ oton barnion formione efecebul.

L’adjuration du démon, « quel qu’il soit », est suivie d’une autre formule :
Illustration
Illustration Audollent pp. 405-408.

ODRUS † ODRUS † ODRUS EDRUSIA HENSELL : Formule destinée à protéger des fièvres.
Illustration Heidelberg, Cpg 267, folio 14 v°.
Illustration
OFANO, OBLAMO, OSPERGO : Ces trois mots forment l’explicit d’une prière demandant la réduction d’une fracture ou la guérison d’une blessure.
Illustration Secrets égyptiens 2, 82.

O FUSA : Début de la formule suivante qui permet d’émousser les épées, « au nom du Père, etc. » :

O ffusa + o Amplustra + o geninistra in nomine patris et f. e. s. S. Amen.

Illustration Bang n° 1161.

OGER † SUGER † : Mots magiques que l’on dissout dans de l’eau que l’on donnait à boire à une parturiente pour faciliter son accouchement.
Illustration OGOR.
Illustration Braekman n° 53.

OGGO. † ET B. I. O. : Pour être aimé d’un homme ou d’une femme, il faut écrire ces characteres sur un parchemin vierge, en respectant majuscules et minuscules, avec son nom et porter celui-ci tous les jours :

OGGO. † et B. I. o. p. n. GG† [] O [] z. v. c. a. o. p. n. G. t. o. l.

Les crochets carrés indiquent l’emplacement de signes que nous n’avons pu reproduire.
Illustration Aymar, p. 346.

OGLA :Illustration AGLA.
Illustration Franz 2, 397.

OGOOEEE LO : À la fin du XVIIIe siècle, un grimoire suisse donne une curieuse formule intitulée « pour se battre à la colère », incluant le symbole de Vénus. Il faut la porter sur soi :

oGooeee lo ce 9 ♀ vo766 IGIG 66.

Illustration Hervé, p. 364.

OGOR SECOR VAGOR : Cette formule apparaît dans le Charme de sainte Anne destiné à faciliter un accouchement.
Illustration OGER.
Illustration Hunt, p. 361.

O. H. R. : Vers la fin du XVIIIe siècle, on écrivait avec son sang ce qui suit, et on le portait sur l’estomac pour se protéger de toutes blessures :

o. h. R. o. b. h. l. a. o. z. g. f. m.
a. b. b. h. b. b.

Illustration Hervé, p. 363.

O HÛDIS : Pour séparer un homme d’une femme et susciter de l’inimitié entre eux, on confectionne deux voults creux portant leur nom et on prépare une mixture à base de bile de chat noir et de porc, etc., que l’on verse dans la bouche de l’effigie de l’homme. On prépare une seconde mixture composée de graisse et de bile de chien noir qui vient boucher le creux de la clavicule, puis on transperce la poitrine du voult avec une aiguille en disant : O Hûdis, ‘Amjâlûs, Halwânîs, Bîhawâras. On répète cette opération pour la figurine de la femme (Illustration ADNÂLÎS) avec une autre composition, on fumige alors les effigies et on formule le sortilège.
Illustration Ġāyat al-Hakîm, pp. 269-271.

O I P U L U : Écrit sur l’écorce d’un arbre avec le sang qui coule, ce mot arrête les épistaxis. On le trouve sous les formes : O. I. P. U. L. O en 1847, et O : I : P : U : L : O en 1885.
Le médecin rhénan G. S. Bäumler indique, en 1736, que certains écrivent ces lettres, avec une paille trempée dans le sang du patient, sur le front de celui qui souffre d’une hémorragie. En 1643, Jean Agricola fait de même.
On rencontre aussi la formule notée OIPULK et OPVLVS.
Illustration Bang n° 1056.

OKILIM KARIPATA : Incipit d’une formule de congédiement des esprits. Une fois lue cette formule, les esprits deviennent invisibles et le maître peut sortir du cercle après une bénédiction :

Okilim Karipata Prince Amabosar lugosto horitus kikaym lutintos Parsas.

Illustration Herpentil, Grimoires, p. 285.

OMIS : Ce mot fait partie d’un groupe de cinq qui interviennent dans une thérapie italienne contre les vers. Sur la tête du malade, on écrit Omis sur le téton droit, Et Manuel, sur la cuisse, sonos, sur le genou droit Gob et sur le pied droit, Vermis.
Un autre manuscrit du XIVe siècle propose la variante : Ono sur le front, manovello sur la poitrine, manasti sur la main, gobo sur le genou et vermi sur le pied.
Illustration G. Amati, Ubbie, ciancioni e ciarpe del secolo XIV, Bologne, Romagnoli, 1866, p. 31 ; G. Giannini, Una raccolta di segreti e di pratiche superstiziose fatta da un popolano fiorentino del secolo XIV, Città di Castello, 1838, p. 32.

OMNIS SPIRITUS : Pour chasser les esprits hantant une maison, on place aux quatre coins de la demeure les extraits suivants de la Bible écrits sur du parchemin vierge :

Omnis spiritus laudet Dominum, Mosen habent et prophetas, Exurgat Deus & dissipentur (« Que tout ce qui respire loue Dieu » [Psaume 150, 6] ; « ils ont Moïse et les prophètes » [Luc 16, 29] ; « que Dieu se lève et ils se dispersent » [Psaume 67, 2]).

Illustration Reginald Scot, Discoverie of witchcraft, Londres, 1584, XII14.

ON : C’est, dit-on, le premier nom de Dieu, et en grec o ών signifie « celui qui est ». On le rencontre dans les charmes grecs, notamment dans de longues formules d’ensorcellement comme lampsoure othikalak aiphhosabao steseon uellaphonta sankiste chphuris on.
Au Moyen Âge, On entre dans les charmes météorologiques et dans les conjurations de l’épilepsie, comme + On confortat + panton durat quod tedet + detragrammaton reconciliat quod discordat.
On sert aussi dans les conjurations des fièvres en Angleterre au XIIIe siècle ; il doit être alors écrit, le premier jour, sur la main du malade ainsi + on Pater + on Filius + on Spiritus Sanctus ; puis, au deuxième jour : + on ovis + on aries + on angnus ; et le troisième jour + on leo + on vitulus + on vermis.
Dans les énumérations de noms divins, On est pratiquement toujours présent. Dans une conjuration pour l’amour, ceux-ci sont évoqués de la façon suivante :

On, onon, aneo, femiton, socumon, os sabaoth, adonai, el, ely, elyon, agla, tetragrammaton, akana, agya, egessie, alphano.

Au XIIIe siècle, On apparaît aussi dans une formule guérissant les maux de dents + on + in + in + in + on + bon + bin + bin + bon. Il faut la réciter trois fois sur la dent malade, puis l’écrire et la suspendre au cou du patient.
Une amulette zodiacale, celle du Taureau, décrite par Arnaud de Villeneuve (1235-1311), médecin et astrologue, porte, au centre, On. Joseph. Oytheon, entourés de : Benedictum sit nomen Domini Jesu Christi (« Béni soit le nom du seigneur Jésus-Christ ») ; cette amulette protège de toutes les maladies oculaires.
Illustration CHRISTUS VINCIT.
Illustration Franz II, 87 ; 101 ; 503 ; Ohrt II, 32 ; 118 ; Thiers I, 355 ; Braekman n° 361 ; Hunt, p. 96 ; Arnaldus de Villanova, Opera, Lyon, 1509, folio 302 r° ; D. Ogden, « Voces magicae, Letters, Shapes and Images », in : Valerie Flint, Witcheraft and Magic in Europe : Ancient Greece and Rome, Londres, 1999, p. 46.

ONAÏM PERANTES RASONASTOS : Ces mots doivent être gravés sur un anneau, dont le chaton sera rond et à facettes, qui permettra de découvrir des trésors.
Illustration Trésor, p. 176 b.

ON † JHESUS † ON † LEO † ON † FILIUS : Cette formule est un remède contre les fièvres. On prend trois hosties, on écrit ce qui précède sur le pourtour postérieur de la première, puis, au milieu, †A†G†L†A ; sur la deuxième : †on†omg†on†aries†on†agnus†, et au milieu : †te†tra†gra†ma†ton† ; sur la troisième : †on†pater†on†gloria †on†mundus†, avec, au dos, Jhesus nazarenus † crucifixus † Rex † judeorum † sit medicina mei. Il faut enfin réciter chaque jour cinq patenôtres et cinq Ave.
Illustration Londres, British Library, manuscrit Royal 12 G IV, fol. 175 v°.

ONYSOMA † EPYN † SEGOK † : Pour mettre en fuite un esprit ou le renvoyer si on l’a convoqué, il faut dire :

Onysoma † Epyn † Segok † Satany † Degony † Eparygon † Galligonon † Zogogen † Ferstigon †

Illustration Verus Jesuitarvm libellus, Paris, 1508.

ORAISON : Les anciennes prières aux dieux païens et même aux démons et aux anges planétaires ont été peu à peu remplacées par des oraisons magiques chrétiennes, encore appelées « prières apotropaïques ». Les plus anciennes sont les Loricae (Cuirasses) celtiques, invocations énumérant les parties du corps et appelant la bénédiction du ciel ou d’un saint sur elles afin qu’elles soient protégées. La Lorica attribuée à Bède le Vénérable s’ouvre ainsi : « Que Gabriel soit ma cuirasse, Michaël mon baudrier, Raphaël mon bouclier, Uriel mon protecteur, Rumiel mon défenseur... »
Les clercs ont composé les oraisons — on les retrouve dans les livres d’heures et les psautiers — à l’aide d’extraits des Saintes Écritures, de cantiques, auxquels ils ont souvent mêlé des mots et des formules cabalistiques. En prenant pour référence un passage biblique, on crée une prière ; ainsi, par exemple, à l’aide de Jesus autem transiens, on obtient une bonne protection pour les voyageurs.
Sur une amulette conservée à Genève et destinée à protéger de tous les maux, une oraison est ainsi faite de formules tirées du Credo et d’autres comme Christus vincit et Crux Christi, de l’Évangile de saint Jean ; on y retrouve l’Oraison des sept paroles, attribuée à Bède le Vénérable, qui assure la protection et évite à son porteur de mourir sans confession. Reginald Scot (vers 1538-1599) reproduit un certain nombre d’oraisons dans son traité Révélation sur la sorcellerie (The Discoverie of witchcraft, 1584), dont celles ci-dessous :
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Parmi les oraisons les plus répandues, il faut citer celle à la Sacrosanctae et individuae Trinitati, condamnée par les théologiens, celle de saint Antoine pour retrouver les objets perdus, celle de sainte Apolline pour guérir des maux de dents — on l’écrivait sur un support que l’on tenait entre ses dents —, celle de Bède pour se préserver des naufrages et celle de saint Gérald contre les périls de la mer, celle d’Adam contre les blessures, celle de saint Cyprien « afin que nul esprit immonde, nulle souillure ni rompure, ni œil mauvais, ni mauvaise langue, ni aucune persécution ne nous puise nuire », celle de saint Augustin pour être à l’abri des menées hostiles et de la haine d’autrui, des quatre évangélistes pour être préservé des blessures de l’esprit malin, des fantômes nocturnes, de tout péril et accident, etc. Certaines portent des titres indiquant leur origine, par exemple l’Oraison très précieuse « trouvée sur le sépulcre de Jésus-Christ », qui s’adresse à la Vierge afin qu’elle obtienne de son Fils qu’on ne meure « ni en justice, ni en prison, ni inconfès. » La plus célèbre oraison reste celle du pape Léon, étonnant phylactère qui promet une protection totale. La collecte du dimanche de l’octave de Noël, Omnipotens sempiterne Deus, est utilisée comme oraison et demande d’éviter de mourir sans confession ; la péricope de l’Évangile de Jean (1, 1-14) l’est aussi et doit être récitée trois fois quand on passe près de ses ennemis. L’Enchiridion Leonis papae se présente ainsi comme un recueil de très nombreuses oraisons magiques.
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Le Liber iuratus, un grimoire salomonien mentionné pour la première fois au XIIIe siècle, comporte de très nombreuses oraisons que l’on retrouve en partie dans l’Ars notoria.
On a aussi utilisé le Notre-Père à rebours, notamment en nécromancie. Au XIXe siècle, Jón Árnason a tiré de livres de magie un récit indiquant ce qu’il faut faire pour éveiller un mort, le faire revenir afin de l’utiliser comme « Émissaire » (sendingr) ou comme zombie (upvakningr : « Éveillé ») :

« On doit graver des runes sur un cylindre [morceau de bois rond] et se rendre avec ces deux choses dans le cimetière, à minuit, se diriger vers une tombe quelconque, selon son goût, pourtant il serait plus prudent de s’attaquer aux plus petites [tombes]. On doit ensuite poser le cylindre sur la tombe et le rouler en avant et en arrière sur celle-ci, en récitant entre-temps le Notre-Père à l’envers d’après la feuille [sur laquelle il est écrit] et, en plus, quelques formules magiques que peu de gens connaissent à part le sorcier, pendant que le revenant remonte lentement, car cela ne va pas vite, et les revenants se font beaucoup prier et disent : “Laisse-moi reposer en paix. ” » (J. Árnason, Islenzkar Þióðsögur og aefintyri I, p. 317 sqq.)

Dans une conjuration contre un voleur, on lit : Dnaa. Gilleh. Go Nøs, Redaf Dug, c’est-à-dire : gud fader, søn og hellig aand (« Dieu le Père, le Fils et le saint-Esprit »). Un Credo très corrompu et comportant des fragments du Notre-Père a été tenu pour une formule magique : Kredor nijande potamen Amen, etc.
Dans les écrits cabalistiques, se rencontrent aussi des oraisons comme la « Prière de Vihi Noam », due au rabbin Isaac Luria et transmise par le Sepher Shimmush Tehillim (XIIIe siècle). On l’utilisait en temps de peste. Elle se compose des quarante et un noms sacrés du Psaume 68 et devait être récitée sept fois par jour :
Illustration
Elle était associée au dessin d’un candélabre doré fait de ces noms :
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Ensuite, il fallait réciter les versets 21-28 du chapitre 12 de l’Exode...
La littérature de colportage a contribué à diffuser les oraisons comme en témoigne un petit livret de douze pages, Le Médecin des Pauvres, ou Recueil de Prières pour le soulagement des Maux d’estomac, Charbon, Pustule, Fièvres, Plaie, &c, Troyes, chez Baudot, s. d.
Illustration L. Gougaud, « Études sur les Loricae celtiques et sur les prières qui s’en approchent », Bulletin d’ancienne Littérature et Archéologie chrétiennes 1 (1911), pp. 265-281 ; 2 (1912), pp. 33-41 & pp. 101-127 ; du même : Dévotions et Pratiques religieuses du Moyen Âge, Paris, 1925 ; P. Rézeau, Les Prières aux saints en français à la fin du Moyen Âge, Genève, 1983 (Publications romanes et françaises, CLXVI) ; A. Le Blant, « De l’ancienne croyance à des moyens secrets de défier la torture », Mémoires de l’Institut national de France 34 (1892), pp. 289-300 ; V Leroquais, Les Livres d’heures manuscrits de la Bibliothèque nationale, Paris, 1927, t. 1, p. 151 ; t. 2, pp. 237-241 ; P. Saintyves, Les Grimoires à oraisons magiques, Paris, 1926 ; Bang n° 1339 ; 1377 ; 1451 ; J. M. Pedrosa, Entre la magia y la religión : oraciones, conjuros, ensalmos, Sendoa, Gipuzkoa, 2000.

ORSA-FORSA-FORSMA : Pour éveiller l’amour, écrire avec son propre sang ces mots sur une pomme rouge avec son nom ; on peut aussi écrire S iop f g li — sur un morceau de pain et le donner à manger à la personne désirée.
Illustration BaK n° 65.

ORTUS † MORTUUS † CRISTUS † SURREXIT : « Né, mort, le Christ est ressuscité. » Il faut écrire ces mots sur neuf feuilles de sauge pour guérir un malade de la fièvre ; il doit en manger trois par jour, trois jours de suite.
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Illustration JESUS NATUS ; CHRISTUS NATUS.
Illustration Heidelberg, Cpg 267, folio 11 r° ; H. Marzell, Geschichte und Volkskunde der deutschen Heilpflanzen, Darmstadt, 19672, p. 199.

OS NON COMMINUETIS EX EO : « On ne lui brisera pas un os. » Cette formule tirée de l’Évangile selon saint Jean (19, 36) est censée guérir les maux de dents.
Illustration Ohrt n° 443.

OSO OSI OSIAN : Pour qu’une vipère ne vous morde pas, il faut prononcer ces mots lorsqu’on la voit et on pourra même la prendre dans ses mains. Un manuscrit de Dresde indique qu’un preneur de serpent doit gagner la forêt avec une flûte faite d’un os de chat et se tenir dans un cercle où est écrit + o sy + o sy + o sya + tetragrammaton + Sabaoth, et attirer toutes les vipères en jouant. Quand elles sont rassemblées, il prononce la formule de conjuration suivante :

+ o sy + o sy + o sya, toi serpent sans salut et diabolique, écoute et tiens-toi aussi tranquille que l’eau du Jourdain dans laquelle saint Jean baptisa le Christ, notre Seigneur + o sy + o sy + o toi serpent diabolique, Thetragramaton gea Sabaoth Emanuel.

Cette formule est suivie d’une autre invitant le reptile à cracher son venin, puis du treizième verset du Psaume 90. La formule est alors répétée et se clôt par Tetragramathon Adonay Alpha et O. Après une deuxième conjuration, le serpent est invité à abandonner son venin au nom d’Ely Eloy. Au XVIe siècle, au Tyrol, Osia est répété trois fois et accompagné d’une exécration destinée à paralyser le serpent (Siller s. v. Osia). Dans Les Merveilleux Secrets du Petit Albert, la formule se lit Osy, Osya, Osy, et on nous dit que les serpents bouchent une de leurs oreilles avec le bout de leur queue et collent l’autre à la terre pour ne pas l’entendre et, stupéfiés, sont incapables de nuire aux hommes.
Variante hispanophone : Osi Osoa ; italienne : ausi osià ausi.
Variante des Pays-Bas : osi † osi † osi † ave admissiva serpens stes in verbis die sicut ab ea in Jordano cum Johannes Xristum baptizavit. † tetragramaton † adonay † alpha † et o †
Illustration Ohrt II, 119 ; A. E. Schönbach, « Eine Auslese altdeutscher Segensformeln », in : Analecta Graecensia. Festschsift zur 42. Versammlung deutscher Philologen und Schulmänner in Wien, Graz 1893, pp. 37-39 ; Werner n° 36, p. 204 ; J. H. Gallée, « Segensprüche », Germania 32 (1887), p. 452 ; Libro de segretto e di magia, p. 4.

OSTHARIMAN VISANTIPAROS NOCTATUR : On prononce ces mots pour diriger les puissances infernales contre ceux qui vous veulent nuire, et on annihile leur effet par Abibale Necum.
Illustration Trésor, p. 184 a-b.

OSURMY + DELMUSAN + ATALSLOYM + : Pour conjurer les esprits inférieurs, le Grimorium verum (livre III) donne la formule :

Osurmy + Delmusan + Atalsloym + Charusihoa + Melany + Liamintho + Colehon + Paron + Madoin + Merloy + Bulerator + Donmedo + Hone + Peloym + Ibasil + Meon + Alymdrictels + Person + Crisolsay + Lemon Sessle Nidar Horiel Peunt + Halmon + Asophiel + Ilnostreon + Baniel + Vermias + Slevor + Noelma + Dorsamot + Lhavala + Omor Framgam + Beldor + Dragin + Viens, N.

OTA : Mot magique runique que l’on traduit par « terreur ». On l’a découvert sur des bractéates du VIe siècle. Il est associé une fois àIllustration ALU, ce qui pourrait renvoyer à une fonction amulettique.
Illustration G. Fingerlin, J. F. Fischer, K. Düwel, « Alu und o. Runenbeschriftete Münznachahmungen der Merowingerzeit auf Hüfingen », Germania 76 (1998), pp. 789-822.

Ô TAROT NISTA XATROS : Gravés sur un anneau, ces mots permettent de lire les pensées des personnes qu’on approche et, sans y entrer, de voir ce qui se passe dans une maison. Il faut souffler sur l’anneau en disant : Ô Tarot Nezael Estarnas Tantarez. Pour favoriser quelqu’un, on dira : Nista Saper Vinos, et pour nuire à ses ennemis, Xatros Nifer Roxas Tortos. « Tarot » est sans doute la déformation d’Astaroth.
Illustration Trésor, p. 180 a-b.

OTHINEL PHAREL : Dans un rituel destiné à permettre de se rendre instantanément là où l’on veut et qui fait appel aux herbes des sept planètes, l’opérateur s’adresse à Pharel, démon ou ange, en utilisant cette formule :

Othinel Pharel Clemosiel Pharel. Adromaniel Pharel.

Puis il nomme le lieu qu’il veut gagner. Les autres noms désignent soit des auxiliaires de Pharel, soit sont des qualificatifs auxquels on a donné l’apparence de noms d’anges par adjonction du suffixe -el.
Illustration Braekman n° 250.

OUBAIX : Pour guérir l’ophthalmie, il faut écrire ce mot sur un parchemin vierge et l’attacher au cou avec la chaîne d’un métier à tisser. On obtient le même résultat, dit Marcellus de Bordeaux (IVe siècle), avec le mot phurphuran (ϕυρϕυραν).
Illustration Marcellus Empiricus, De medicamentis VIII, 56 sq.

† OX † ROX † RONEN † UPERNINEN PATERNAM : Vers 1350, cette formule protégeait de la goutte ou la guérissait.
Illustration Ohrt II, p. 119.

OXILA ENGLABIS PROMODUM : Formule du Gran Grimorio ; elle permet de se faire obéir de Guland, esprit du samedi. Bien que les esprits des jours de la semaine se trouvent dans Le Véritable Dragon noir et La Poule noire, ces mots en sont absents.
Illustration
Grimoire de Jeløen (Norvège).

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