ANNEXE I
Utilisation des characteres en magie
Les signes appelés characteres font partie des formules magiques mais ils ne se laissent pas ordonner dans un dictionnaire. Voici donc quelques prescriptions disant ce qu’il faut dessiner et pourquoi.
A. SIGNES ASTROLOGIQUES
1.
Illustration
Sur une baguette qui a été cueillie au soir d’un jeudi saint ou un dimanche matin avant le lever du soleil, on écrit ces signes avec le sang de la crête d’un coq blanc ; lorsque l’on passe cette baguette au-dessus de l’endroit où des trésors sont cachés, elle se tord d’elle-même dans la main, croyait-on en Suède dans la première moitié du XVIIIe siècle. Derrière ces characteres se cachent les symboles des planètes.
Illustration Bak n°67.
2.
Illustration
Pour acquérir la sagesse ou la connaissance du futur, il faut écrire ces « lettres de Wittemberg » avec le sang d’un coq, les placer sous son flanc gauche lorsqu’on va se coucher, alors se révélera ce qui se produira et arrivera pendant le mois qui suivra. Les « lettres de Wittemberg font allusion au grimoire le plus célèbre et le plus répandu dans les pays scandinaves, le Grimoire de Cyprien (Cyprianus kunstbok) qui aurait été découvert à l’Académie de Wittemberg, en Allemagne, certains disent vers 1520, d’autres vers 1722 ; il s’agissait d’un manuscrit sur parchemin enfermé dans une cassette de marbre...
Illustration Bak n° 69.
3.
Illustration
Pour obtenir la réalisation de tout ce que l’on souhaite, il faut respecter un rituel faisant intervenir le cœur d’une taupe, du miel, un morceau de papier que l’on brûle et l’expression du souhait, accompagnée de ces characteres. De gauche à droite, nous avons le symbole de Jupiter, du soleil et le nom de l’archange Michel. La source des characteres est l’Heptameron de Pierre d’Abano, sans doute transmis par la Philosophie occulte de Cornelius Agrippa, dont on trouve trace dans les Cyprianus (grimoires scandinaves). À comparer avec la figure ci-dessous.
Illustration
Illustration Bang n° 1175.
4.
« Écrivez de votre sang sur une feuille de laurier ces lettres ou caractères, puis l’enterrez sous la porte de la fille ou de la femme », telle est une des recettes des Secrets magiques pour l’amour en nombre de Octante et trois (n° XXV).
B. RUNES
5.
Illustration
Pour gagner l’amour d’une jeune fille, quand on la salue, il faut faire sur sa main ces signes avec sa salive, en jeûnant. C’est avec la main droite qu’on la salue.
Illustration Saemundsson, Galdrur 7.
6.
Illustration
Pour faire peur à son ennemi quand il vous voit, on doit écrire ces lettres sur un morceau de chêne et le porter entre ses seins, et il faut qu’on le voie avant qu’il ne vous voie. Cette dernière recommandation s’applique en général à la rencontre avec un loup qui perd sa « voix » si l’homme l’aperçoit le premier.
Illustration Saemundsson, Galdrur 8.
7.
Illustration
Pour protéger sa maison des esprits impurs, on grave cette rune au-dessus de la porte d’entrée avec une pointe de genévrier ou d’argent.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
8.
Illustration
Pour calmer toute colère, tracer une rune sur le front avec son index, littéralement : « avec le doigt à lécher », de la main gauche et dire : « Je porte un heaume de terreur (Ægishjálmr) entre mes yeux. Colère disparais, inimitié arrête ! Que chaque homme devienne bon envers moi comme Maria fut bonne envers son fils bénit quand elle l’a trouvé sur la dalle de victoire. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Dans la mythologie germanique, le dragon Fafnir est le possesseur du heaume de terreur, puis Siegfried l’en dépouille. Dans sigurhellinu (la dalle de victoire), nous choisissons de traduire hella par « dalle », bien que le terme signifie aussi « montagne, pierre plate, tuile, caverne », car il est peut-être fait allusion ici à l’épisode où Jésus donne des réponses sages aux érudits du temple. Mais il faut aussi penser à la rencontre de Jésus et de Satan dans le désert, sur la montagne. Jésus ne se laisse pas tenter par Satan, c’est donc une victoire.
Illustration Saemundsson, Galdrur 41.
9.
Illustration
Voici un charme qui s’intitule Runes contre les vents du ventre (Fretrúnir), c’est-à-dire les gaz, et qui met en scène des divinités germaniques en même temps que Dieu et des diables : « Écris ces lettres sur une peau de veau blanche avec ton sang. Prends du sang d’un chien et dis : “Je grave [écris] huit dieux, neuf esprits rudes, treize trolls, que chacun donne de la peine à ton ventre avec des excréments et diarrhée, et que tous tourmentent ton ventre avec de formidables éruptions de vent. Laisse tes étalons périr, tes intestins crever, laisse ton vent [de ventre] ne jamais se calmer, ni le jour, ni la nuit. Il faut que tu deviennes complètement fou et l’ennemi de Loki qui, parmi tous les dieux, était le plus malicieux. Au nom de notre Seigneur, de l’Esprit, du Créateur, d’Odin, de Thor, du Sauveur, de Freyr, de Freyja, d’Oper, de Satan, de Belsebub, aide, puissant Dieu, qui protège tes croyants, Uteos, Morss, Noht, Vitales”. » Uteos est la déformation de o theos (« ô Dieu »), morss est sans doute le latin mors (« mort ») et Noht, (« nuit »). Nous n’avons pu identifier Oper qui s’intercale entre les dieux et les diables.
Illustration Saemundsson, Galdrur 44.
10.
Illustration
« Celui qui porte cet ensemble de signes sur lui, rien ne lui causera de tort ce jour-là, et ses ennemis ne pourront avoir de pouvoir sur lui. »
Illustration Saemundsson, Galdrur 12.
11.
Illustration
« Si un homme ou une femme porte sur lui ces signes, rien ne pourra lui nuire. Et nulle épée, aucun de ses ennemis, et nul poison dans sa boisson ou dans sa nourriture ne le pourra. Il faut graver cela et l’avoir sur toi et les hommes ne vous en aimeront que plus. »
Illustration Saemundsson, Galdrur 12.
12.
Illustration
« Grave cela, dit le charme, et porte-le sur toi, tu n’en seras que plus aimé. »
Illustration Saemundsson, Galdrur 14.
13.
Illustration
Pour échapper à ce qui est mauvais, il convient de porter ces lettres sur soi, ainsi personne ne pourra vous nuire, ni épée, ni peine, ni serpents, ni poison, ni dans la nourriture, ni dans la boisson. On a lu ces vingt-quatre runes ainsi : D h m p s s a h h o h h d d m m o s d k.
Illustration Saemundsson, Galdrur 17.
14.
Illustration
Quand on porte ces signes (des runes) sur soi, vos ennemis vous redoutent, disait-on au XVIIe siècle en Islande.
Illustration Saemundsson, Galdrur 18.
15.
Illustration
Pour gagner l’amour de la personne désirée, on écrit ces signes (des runes) sur une hostie ou sur un poisson, qu’on lui donne à manger.
Illustration Stokkhólmsskræðan. Cf. Saemundsson, Galdrur 27.
16.
Illustration
Pour tuer : il faut tracer ces runes sur du papier que l’on jette sur les traces du cheval de son ennemi ; si l’une de ses bêtes pose son sabot dessus, elle mourra.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
17.
Illustration
Pour obtenir l’amour d’une femme, il faut écrire ceci avec son sang un vendredi matin, avant le lever du soleil, sur sa main droite. Les characteres semblent être une variante des runes arborescentes et correspondraient à trois þ, lettre appelée « thorn ».
Illustration Bang n° 1128.
18.
Illustration
Cette rune protège de toute magie et sorcellerie. Il faut la tracer sur l’omoplate d’un phoque avec le sang d’une souris et la porter sur soi.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
19.
Illustration
Vers 1627, pour protéger sa ferme de tout dommage, il faut écrire cette lettre sur un sorbier, quand le soleil brille à midi, et il faut faire trois fois le tour de la ferme dans le sens du soleil et trois fois en sens inverse, puis s’arrêter aux petits plants de sorbier où l’on doit écrire et aiguiser les églantines, et mettre sorbier et églantine à la barrière de ses animaux.
Illustration Stokkhólmsskrsæðan. Cf. Saemundsson, Galdrur 29.
20.
Illustration
Pour être victorieux à la lutte, il faut conserver ces deux runes dans ses chaussures, Gapaldur sous le talon du pied droit, Ginfaxi sous les orteils du pied gauche. Regarder la lune croissante, découper un morceau de gazon avec le couteau dont on use pour manger, l’arroser de son sang, le mettre dans sa chaussure et dire : « Ginfaxi sous le talon, / Gapandi sur l’orteil, / œuvrez comme avant / il en est grand besoin maintenant. »
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
C. Characteres : Scandinavie
21.
Illustration
On doit écrire ces lettres sur un papier et le jeter là où va son cheval ; « s’il vous heurte quand vous n’avez fait aucun mal, alors tous ces animaux domestiques meurent ; cache l’écriture là où va le cheval. »
Illustration Saemundsson, Galdrur 30.
22.
Illustration
Si l’on veut être craint de ses ennemis, on doit toujours porter ce signe sous la main gauche.
Illustration Saemundsson, Galdrur 15.
23.
Illustration
Pour faire dormir un homme, écrire ces lettres sur un copeau d’aulne et le mettre sous sa tête ; il dormira certainement jusqu’à ce que l’on l’éloigne.
Illustration Saemundsson, Galdrur 32.
24.
Illustration
Figure contenue dans un charme contre le vol, datée de 1281. Écrire ces lettres dans un vase de frêne, y mettre de l’eau, ajouter de la farine et du millefeuille puis dire : « Par la force [surnaturelle] de la plante et la puissance de la lettre, je désire qu’on me montre le voleur dans l’eau. Écris ces noms sur un os de baleine avec les sortilèges de géants et dis : “Odin, Loki, Frey, Baldur, Mardur, Týr, Birgir, Hænir, Freyja, Gefjun, Gusta et tous ceux qui ont bâti le Walhalla et qui ont bâti depuis l’origine du monde. Alors, fais-moi obtenir ce que je désire. ” »
Odin est le maître des dieux du panthéon scandinave, Baldur est son fils, Freyja son épouse ; Tyr est le dieu du droit, Hænir une divinité secondaire sur laquelle on sait peu de chose ; Gefjun une géante, Gusta sûrement un géant : le nom est tiré du substantif gust qui signifie « souffle d’air » ; Birgir possède un nom parlant : « celui qui aide. »
Illustration Saemundsson, Galdrur 33. C. Lecouteux, Dictionnaire de mythologie germanique : Odin, Thor et Cie, 3e éd., Paris, Imago, 2014.
25.
Illustration
En 1554, pour ensorceler une femme afin qu’elle ne vous nuise pas ou ne vous vole pas, il faut faire un trou dans le plancher où elle va et mettre dedans du sang de l’épieu du géant, le terme utilisé, Jötungeirablod, se compose de trois mots jötunn = géant, troll ; geirr = épieu ; blód = sang ; il faut peut-être comprendre du sang tiré d’un géant par un épieu. On écrit dehors son nom et ces lettres : « un peu de terre et homme trois fois baptisé (man priteypta), feuille, détresse, houblon, et du très long temps [éternité ? ] et tu lis ces imprécations-là. » C’est à Ronald Grambo que revient le mérite d’avoir, le premier, déchiffré l’hapax legomenon man priteypta. Teypta est le participe passé du verbe deypa, « baptisé », et pris signifie « trois fois ». Cette énumération sibylline reste sans explication à ce jour.
Illustration Saemundsson, Galdrur 34.
26.
Illustration
Ces signes accompagnent une curieuse recommandation : « Écris ceci sur les traces [des pieds] de l’homme ; il vient à toi et vomit comme un fou. »
Illustration Saemundsson, Galdrur 35.
27.
Illustration
« Veux-tu à l’aide de la sorcellerie savoir qui te vole ? Prends un petit buisson d’épines et porte-le sur toi afin de ne pas le perdre. Ensuite, prends un petit piquet de cuivre et un marteau de cuivre. Laisse ce bâton qui a été fait heurter le voleur, lance ainsi le piquet dans l’œil droit et dis en même temps : In Buskan Lucanus Stafurinn. » Il s’agit peut-être de deux noms de démons ; le dernier terme signifie « signe, lettre, bâtonnet » ; il faut comprendre : « par le bâtonnet de Buskan Lucanus. » La procédure peu claire se comprend si l’on sait qu’on traçait un œil que l’on crevait ensuite.
Illustration Saemundsson, Galdrur 44.
28.
Illustration
Figures utilisées vers 1780 pour découvrir l’identité d’un voleur dans de l’eau.
Illustration Bang, n° 1381 d.
29.
Illustration
Caractères magiques destinés à fixer, c’est-à-dire à paralyser, un oiseau ou un animal.
Illustration Bang n° 1354 b.
30.
Illustration
Celui qui portera ce « signe » sur lui ne se noiera jamais.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
31.
Illustration
Pour que les brebis aient des jumeaux, il faut tracer ce signe sur le fumier des moutons avec la côte d’une souris et avec le sang d’un corbeau sur une dalle de basalte, puis le brûler sur le seuil de la bergerie pour que la fumée enveloppe les bêtes ; le tout doit être fait le jour de la Saint-Jean.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
32.
Illustration
Pour obtenir l’amour d’une fille, on trace ce signe sur du pain ou sur du fromage qu’on lui fait manger.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
33.
Illustration
« Pour gagner l’amour d’une femme, écris ce signe sur la paume de ta main droite avec le sang tiré du sommet du pouce de ta main gauche, prends sa main et dis : “Ma main est dans la tienne, ma volonté est sur toi. Que tes os brûlent si tu ne m’aimes pas autant que je t’aime. Que ces paroles soient aussi passionnées et puissantes que l’éternité ! Que toute la magie et la sorcellerie poussent ton esprit à m’aimer, et que tous les habitants du monde supérieur m’aident en cela ! ” »
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
34.
Illustration
Pour éviter d’être volé, il faut graver le premier signe le jour, le second, la nuit, à l’intérieur du couvercle (entendons « le coffre ») où l’on conserve ses richesses. Ces characteres se nomment repectivement « Bœuf de sang » et « Bœuf de terre » (Blóðuxi, Molduxi).
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
35.
Illustration
Pour rêver à ce que l’on désire, il faut tracer ces signes sur de l’argent ou du cuir blanc la nuit de la Saint-Jean.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
36.
Illustration
Pour gagner dans un procès : on doit tracer ce signe sur du lignite, le teinter du sang de votre nez et le conserver sur la poitrine ; qui redoute de perdre un procès, qu’il en ait un autre dans le dos et il gagnera, même si sa cause est injuste.
Illustration Reykjavik, manuscrit Lbs 4375, fol. 8 v°.
37.
Illustration
Si une vache donne du lait ensanglanté, que l’on grave ce signe sur du bois de chêne et traie la bête au-dessus.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
38.
Illustration
« Si le bétail est enclin aux accidents, gravez ce signe sur du chêne, enterrez-le et faites passer le troupeau dessus. »
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
39.
Illustration
Pour que vos moutons soient dociles, quand le soleil se lève, prenez du genévrier ou du saule poussant face à l’est, gravez ce signe dessus, puis faites passer les bêtes sur lui en été, et sous lui, en hiver.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
40.
Illustration
Pour protéger ses moutons de la noyade, on gravait ce signe sur la corne du plus vieux bélier.
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
41.
Illustration
« Pour éviter d’être volé, gravez ce signe sur le chambranle de la porte et faites un signe de croix de la main gauche. »
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
42.
Illustration
« Pour éviter d’être volé, placez ce signe sous le seuil, et le larron sera bloqué dans la maison. »
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
43.
Illustration
Pour être bon à la lutte, prendre un os humain et tracer ce signe sur sa chaussure ou sur l’orteil du membre avec lequel on se bat, en disant, face au nord-ouest : « J’envoie le diable dans la poitrine et les os de mon adversaire, au nom de Thor et d’Odin. »
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
44.
Illustration
« Pour que les moutons soient dociles, gravez ce signe sur un chêne chétif, enterrez-le sous le seuil de la bergerie avec votre signature. »
Illustration Museum of Icelandic Sorcery & Witchcraft, Strandagaldur, Galdrasyning á Ströndum.
D. CHARACTERES : GRÈCE
45.
Illustration
Gravés sur une lamelle d’or avec un stylet d’airain et portés dans les sandales, ces characteres permettent d’être vainqueur. La recette précise qu’on peut les attacher à un bateau et à un cheval.
Illustration PGM VII, 919-924 ; Preisendanz I, 40.
46.
Illustration
Pour gagner faveur et amitié, on prenait de la racine de pasithea, ou d’armoise, sur laquelle on écrivait ces signes et que l’on portait ; tous ceux qui vous voyaient ne pouvaient s’empêcher de vous aimer.
Illustration PGM XII, 397-400 ; Preisendanz I, 83.
47.
Illustration
Characteres à porter à la craie sur le cercle magique lors d’une opération afin d’être protégé. Couronné d’une queue de chat, on se tourne vers le soleil à la cinquième heure et on prononce une longue incantation.
Illustration GM VII, 846-861 ; Preisendanz I, 37.
48.
Illustration
Figure accompagnant une prière qui demande à Dieu de protéger une certaine Aria des tremblements dus au froid et à la fièvre. Il est écrit : « Père, Fils, Mère, Esprit-Saint, A Ω, Abrasax. »
Illustration Preisendanz I, 192.
Texte d’une amulette contre la fièvre. Il faut l’écrire sur un papier propre et le porter.
Illustration Preisendanz I, 10.
50.
Illustration
Contre la migraine, on portait ceci autour des tempes, écrit sur de l’écarlate.
Illustration PGM VII, 201 sq.
51.
Illustration
Pour qu’un cheval gagne la course, on gravait ce signe sur ses sabots avec un stylet de bronze, et on ajoutait : « Procure-moi la réussite, l’amitié, la célébrité et la faveur du stade. »
Illustration PGM VII, 390-393 ; Preisendanz I, 390.
Pour lier et soumettre, on prenait du plomb d’une canalisation d’eau froide, on en faisait une lamelle sur laquelle on gravait ces characteres et ces noms : Bαχυχ, ααλoυγικι ἘΛωαι Bαινχωωωχ, εὐλαμo ϕνoυβενε Illustration
Illustration PGM VII, 396-404 ; Preisendanz I, 397-404.
53.
Illustration
AΘAΘΛααBZαTIZB Le charme qui comporte ces characteres est intitulé « révélations nocturnes ». On prenait le cœur d’une huppe, de la myrrhe, et on les écrivait sur une feuille de papyrus avec le nom magique ; on enveloppait le cœur dedans et on le posait sur le sexe de la femme qui répondait alors aux questions.
Illustration PGM VII, 411-416 ; Preisendanz I, 413-417.
54.
Illustration
Pour lier, on gravait ces characteres sur une lamelle d’étain avec un stylet de bronze, avant l’aube, accompagné des noms : ‘χρημιλλoν’ Moυλoχ καμπυ χρη ωϕθω Mαϲκελλ-λὀγoϲ Έρηκιϲϕθη Ίαβεζβυθ, puis on la jetait à la mer en demandant aux dieux de retenir la cible.
Illustration PGM VII, 417-422 ; Preisendanz I, 418-422.
55.
Illustration
Ces characteres accompagnent un charme amoureux destiné à faire venir près de soi la femme que l’on désire, même si elle se refuse. Ils sont précédés de : ΔAMNIΠΠH ΠHΠH.
Illustration PGM XVIIa, 1-25 ; Preisendanz I, 138.
56.
Illustration
Texte amulettique à écrire sur une lamelle d’or, d’argent, d’étain, ou sur une feuille de papyrus pour se préserver des fantômes et des démons, des maladies et des souffrances. Il contient le « nom et la puissance du grand dieu : Kmêphis, Chphyris, Iaô, oω, Aiôn, Iaeô, Baphrênêmoun, othilarikriphiaêuêai phirkira lithanuome nerphabôêai.
Illustration PGM VII, 579-590 ; Preisendanz I, 26.
57.
Illustration
Characteres accompagnant un charme d’amour. On les grave sur une tablette d’étain avec le clou de cuivre d’un navire échoué, et on y ajoute les mots magiques suivants : ιχαναρμεθω χαϲαρ.
Illustration PGM VII, 462-466 ; Preisendanz I, 21.
58.
Illustration
En traçant la figure d’une personne qui tient une torche de la dextre et un couteau de la senestre, avec, sous ses pieds, un scarabée et, sous lui, le serpent qui se mord la queue (Ourobouros), on obtient un contre-charme.
Illustration PGM XXXVI, 178-187.
59.
Illustration
Pour guérir le durcissement des seins, il faut tracer ses signes sur un parchemin de peau d’hyène avec de l’encre noire, et le porter.
Illustration PGM VII, 208-209.
60.
Illustration
Pour guérir une piqûre de scorpion, on trace ces characteres sur une feuille de papyrus dont on enveloppe la blessure.
Illustration PGM VII, 193-196.
61.
Illustration
Amulette de protection contre la toux. On traçait ces characteres sur un parchemin de peau d’hyène et on le portait autour du cou.
Illustration PGM VII, 206 sq.
62.
Illustration
Accompagnés d’un sacrifice, ces characteres écrits sur une tablette d’argent, sur laquelle on dépose de l’encens, permettent de gagner la faveur du peuple et de la foule, mais la magie n’opère que pour la personne persécutée par les démons.
Illustration PGM XXXVI, 275-283.
63.
Illustration
Ceci servait pour rendre une personne malade. Avec le sang d’une belette, on l’écrivait sur un pot triangulaire que l’on enterrait dans sa maison. Peu clair, le texte du maléfice semble indiquer qu’on faisait une figurine placée dans un pot que l’on remplissait d’eau afin de la couvrir tout entière.
Illustration PGM CXXIV, 1-43.
64.
Illustration
Characteres gravés sur des tablettes comportant une défixion en latin trouvées à Hadrumète et destinées à provoquer la chute des conducteurs de char et de leurs chevaux lors d’une course dans le cirque. Sur les n° 276 et 277, ils sont répétés alors que, sur le n° 278, leur seconde mention est remplacée au revers par :
Illustration
Notons que la formule d’envoûtement s’axe autour de trois verbes : tomber (cadere), renverser (vertere) et briser (frangere). Dans le n° 276, le premier est répété vingt-neuf fois, le deuxième sept fois et le dernier deux fois. Le plus souvent se rencontre la paire cadat vertat (cinq occurrences en début de charme) et une fois cadant frangant ; dans le n° 277, fragmentaire, seul cadat vertat est utilisé alors que, dans l’ouverture du n° 279, nous avons trois fois cadat vertat frangat et une fois cadat frangat vertat.
Illustration Audollent pp. 386-389.
E. CHARACTERES : ANGLETERRE
65.
Illustration
Pour découvrir un trésor, il faut inscrire ces characteres sur un papier un samedi, puis le déposer là où l’on croit que se trouve le trésor ; s’il est là, le papier s’enflammera :
Illustration Reginald Scot, Discovery of witchcraft, Londres, 1584, XV, 10.
Illustration