Traduction d'une conférence intitulée "LA RAZÓN DE SER DE LA JUSTICIA OBJETIVA"
Conférence-interview - Mexico D. F.- 1975
Ce thème de la justice est important. Il est clair qu'il existe deux types de justice et c'est ce qui doit, tout d'abord, être classifié parce que la justice subjective est une chose et la justice objective en est une autre. La justice de ce monde, les tribunaux subjectifs, c'est une chose et les Tribunaux de la Justice Céleste, c'en est une autre ; ils sont différents.
Donc, il faut faire une pleine différenciation entre cette justice subjective qui s'achète et qui se vend et la justice objective, où il est impossible de soudoyer le juge ; les Tribunaux de la Justice Céleste sont complètement différents. Il vaut la peine de comprendre ce thème de la justice.
Mais bon, que peuvent-ils savoir, les gens communs et ordinaires, sur la justice ? Absolument rien. Qu'est-ce qu'ils savent de la justice ? Que peuvent savoir les gens à la Conscience endormie sur ce qui est juste, sur ce qui est injuste ? Sur ce qui est bon et sur ce qui est mauvais ? Ils ne savent rien de rien. Une chose est bonne quand ça leur convient et mauvaise quand ça ne leur convient pas. Voilà comment sont les concepts du bien et du mal chez les gens à la psyché subjective, chez les gens de la justice subjective.
Mais avoir conscience du bien et du mal, ils n'ont pas conscience de cela. Ils ne savent rien de ce qui est bon, ils ne savent rien de ce qui est mauvais. Ils dorment profondément, ce sont des machines, des machines qui agissent mues par des forces qu'ils ignorent.
Si, par exemple, une catastrophe se produit dans le Cosmos, le type d'ondulations vibratoires qui arrive et touche les machines humaines produit des choses terribles, et alors, ces machines humaines se lancent à la guerre par millions contre d'autres millions de machines. Machines contre machines. Que vont-elles savoir du bien et du mal ? Elles arborent des drapeaux, des devises, disent qu'elles vont se battre pour la liberté, pour la justice, pour la démocratie. Elles ignorent ce que sont les forces cosmiques d'une catastrophe à un niveau cosmique qui a réglé l'horloge.
Que peuvent-ils savoir, ces gens, sur ce qui est bon, sur ce qui est mauvais ? Indubitablement, dans tout le bon, il y a quelque chose de mauvais et dans tout le mauvais il y a quelque chose de bon. Il y a beaucoup de vertu chez les méchants et il y a beaucoup de méchanceté chez les vertueux. Pourraient-ils savoir cela les endormis ?
Alors, même avec les vertus on peut faire du mal aux autres ! Vous voulez connaître un cas où j'ai fait quelque chose de mal ? Quelqu'un, dont je ne mentionnerai pas le nom, a édité certaines de mes œuvres, non pas dans sa propre imprimerie, mais dans l'imprimerie du Gouvernement. Il ne l'a pas fait à mauvais escient, mais à bon escient; mais, il se trouve que le Gouvernement l'a su. Étant donné que cette personne était l'administrateur de cette imprimerie, évidemment, le Gouvernement a protesté, et lui a fait un procès, mais il fallait un motif d'accusation et un témoin. L'accusé a désigné comme témoin un ex-juré. Étant Il a dit qu'il pourrait affirmer que cette personne X l'avait chargé d'éditer ces œuvres. Ces œuvres étaient financées par de dernier, par conséquent, ce n'était pas le Gouvernement qui avait été le "débiteur" dans l'édition de ces œuvres.
Mais, il se trouve que cette personne, le témoin en question, n'avait rien à voir avec l'affaire. Cependant, comme c'était un homme qui aimait la vérité, la justice et la droiture, il m'a dit : "Que dois-je faire ? Je considère que cet homme m'a injustement nommé témoin. Il a dit, pour se défendre, que je l'avais chargé d'imprimer des œuvres, mais je ne lui ai pas demandé de les imprimer. Si je dis non, c'est la prison, si je dis oui, il ne va pas en prison, mais comment puis-je mentir alors que je suis habitué à dire la vérité et rien que la vérité ? Comment puis-je dire que je lui ai demandé d'éditer tel ou tel livre si je ne le lui en ai jamais demandé de le faire ? Ce serait une farce, un mensonge. Je suis gnostique et je suis sur le chemin de la droiture, par conséquent, je ne vais pas mentir".
Incontestablement, avec la vertu de la sincérité et de la vérité, cet homme, en fait, allait faire condamner un malheureux à la prison qui sait pour combien d'années, non ? Il m'a demandé conseil. Que je lui ai-je dit ? Je lui ai dit :
- Allons, avec les vertus, on peut faire aussi beaucoup de dégâts, ne faites pas de dégâts avec les vertus ! Une vertu mal placée devient injuste.
- Et alors ?
- Oui, dites que vous avez demandé d'éditer ces livres.
C'étaient des livres pour la Grande Cause, pour le bien de l'humanité. Des livres, les nôtres...
Bon, il a écouté le conseil. Là, il a admis qu'il ne causait de tort à personne avec ce mensonge, à qui ? En revanche, bien sûr, il lui aura évité d'aller en prison et de laisser femme et enfants.
Par conséquent, avec les vertus on peut également faire du mal, c'est clair. Il est injuste de mal utiliser les vertus, parce qu'avec les vertus, on peut faire du tort aux autres. Pensez-vous qu'ils n'ont pas été honnêtes les bourreaux de l'Histoire ? Pensez-vous que, par exemple, les bourreaux de la guillotine, là-bas en France, ils ne l'ont pas fait en accomplissant pleinement leur devoir ? C'était des hommes qui faisaient leur devoir à la lettre. Et certains d'entre eux faisaient même leur devoir avec un horrible sacrifice : laisser tomber la lame de "Guillotin" sur la tête des nobles, mais ils n'accomplissaient que leur devoir, leur vertu était impeccable, ça oui. Mais quel dégât ont-ils fait avec cette vertu de l'accomplissement du devoir ? Combien de juges apparemment justes, en accomplissant leur devoir de juge, ont envoyé beaucoup d'innocents en prison !
Bon : c'est tout ce qui est à sa place, mauvais : ce qui n'est pas à sa place ; juste : c'est ce qui est à sa place, injuste : ce qui n'est pas à sa place. Le feu, par exemple, est juste et bon, où ça ? Dans la cuisine. Mais qu'en est-il du feu dans le salon, brûlant les rideaux ? Cela n'est plus juste ni bon, n'est-ce pas ? C'est mauvais et injuste. L'eau dans l'évier est juste, elle est bonne ; mais hors de l'évier, inondant les pièces, elle n'est pas à sa place, elle est injuste, elle est mauvaise. Voilà comment sont les vertus.
Être tolérant, par exemple, avec les idées des autres est correct, mais la tolérance hors de sa place nous rend complices du délit.
Que dire, par exemple, d'un père de famille, gnostique à cent pour cent, qui a une femme et des filles, et qui accomplit ses devoirs pour sa femme et pour ses filles ? Tolérant au maximum, il a pris l'habitude de respecter les paroles de l'Évangile qui disent : "Si on te frappe sur la joue droite, tends la gauche pour qu'ils te frappent plus fort".
Bon, supposons qu'un désastre se produise, et qu'un groupe de bandits attaquent cette maison pour tuer sa femme et violer ses filles, etc. Mais, l'Évangile lui a enseigné à tendre la joue droite et à bénir ceux qui blessent, à aimer ceux qui haïssent. Alors, au lieu de défendre sa femme et ses filles, il bénit les voleurs, les bandits : "Oh, voleurs ! Oh, bandits ! Ne faites pas ça, ne recommencez jamais ça, parce qu'avec ça, vous subirez un grand karma, je vous pardonne !" tandis que les bandits violent ses filles ou tuent sa pauvre femme.
Que dire d'un homme comme ça ? Il accomplit apparemment l'Évangile, avec la tolérance et le pardon des offenses, n'est-ce pas ? C'est une vertu qui n'est pas à sa place. Alors, que faire dans ce cas-là ?
On a posé la même question à Krishnamurti ; il n'a pas su répondre correctement. On lui a dit:
- Bon, et si tu étais avec ta sœur et qu'on essaie de la violer que ferais-tu ?
Il a dit :
- Je ne suis pas dans cette situation.
- Et si un jour, tu te retrouvais dans cette situation ?
- Je saurai alors quoi faire à ce moment-là.
Il a pris la tangente, mais il n'a pas répondu comme il aurait dû le faire. La crue réalité des faits, c'est que si un homme, à ce moment-là, n'agit pas avec énergie, s'il ne dégaine pas l'épée, s'il n'a pas recours aux armes et ne s'engage pas à lutter à mort contre les assaillants, de toute évidence, non seulement il devient complice du délit, mais il se retrouve mal "là-haut", et il se retrouve mal aussi ici en bas avec les juges de la Terre, parce qu'il y a des lois qui le condamneraient dans les codes pénaux.
Par exemple, ici au Mexique, dans le Code pénal, c'est bien stipulé. Je ne sais pas au Venezuela, mais ici, il y a un article qui le considérerait comme complice et il irait en prison pour complicité du délit. Je ne sais pas là-bas, dans votre pays, au Venezuela, mais ici, c'est un délit.
Bon, alors que faut-il faire dans ce cas-là ? Eh bien s'il faut mourir, mourir en se battant, n'est-ce pas ? Il vaut mieux mourir en se battant pour défendre sa famille, tomber dans la lutte, que de devenir complice du délit. Ainsi, une vertu hors de sa place est injuste et mauvaise, et pourtant c'est une vertu ! Mais, elle est mauvaise.
Apprendre à vivre avec justice, c'est important. La plupart des gens ne savent pas vivre justement. Ils font ce qu'ils ne devraient pas faire en voulant être justes. Réclamer ses droits est correct. Ne pas les réclamer, c'est devenir complice du délit.
Si une personne X ou Y, par exemple, nous doit une grosse somme d'argent : nous sommes dans le besoin et il nous la doit. Il a de quoi payer, nous sommes sûrs qu'il a de quoi, mais supposons qu'il ne veuille pas payer, qu'il n'en ait pas envie. Nous avons le devoir de demander, de réclamer nos droits devant la justice, devant les tribunaux, devant la loi. N'importe qui dirait : "Mais c'est absurde. En étant gnostique, comment oser l'accuser ?" Mais, il ne s'agit pas d'accuser, il s'agit de réclamer ses droits, ce qui est différent.
Vous voyez donc ce qu'est la justice. Un gnostique pourrait dire : "Moi, je pardonne". A qui pardonne-t-il ? À un monsieur qui a suffisamment d'argent et qui ne veut pas payer ? C'est un pardon hors de sa place. Mais, si nous sommes sûrs qu'il n'a pas d'argent, les choses sont différentes : nous devrons peut-être pardonner cette dette. Mais, qu'il ne veuille pas alors qu'il a des conditions magnifiques dont il jouit, là, c'est un devoir de réclamer son dû.
Savoir vivre en accord avec cette Loi de l'Équilibre, voilà ce qui est fondamental. Très peu de gens savent vivre en accord avec la Loi de la Balance. Quant à faire la justice à l'intérieur de soi-même, il faut savoir la faire ; il faut apprendre à devenir justes.
Il y a par-là, une ancienne sculpture qui représente la Justice comme une dame ineffable avec l'épée dégainée, debout sur une pierre cubique. Dans la main droite, elle tient l'épée, dans la main gauche, la balance, et sur les plateaux de la balance, "les poids de la balance". Comme vêtement : une couronne en or, qui touche sa tête, elle porte une tunique blanche et couvrant ses épaules la cape de pourpre. C'est la Justice. [...]
Mais, faire la justice à l'intérieur de soi-même, voilà qui est difficile ; il est nécessaire d'être alchimiste. Il faut commencer par savoir ce que signifie ce symbolisme que montre cette sculpture. Mais cela [...] on ne va pas le comprendre si on n'est pas alchimiste.
Tout d'abord, il faut savoir qu'il y a trois substances universelles d'où jaillit tout ce qui est, a été et sera : le sel, le soufre et le mercure. Notre corps physique, en dernière synthèse, se réduit à quoi ? Le soufre est le Feu Sacré et le mercure l'énergie sexuelle.
Est-ce qu'il faut travailler ? Oui, il faut travailler. Comment ? Eh bien avec le soufre et le mercure.
Le soufre est prisonnier du mercure, c'est-à-dire dans les prisons de cette matière vénérable qui est le sperme sacré. Au moyen de la transmutation, on obtient la libération du mercure : une substance fine et délicate avec laquelle on va créer les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être. Le soufre, le Feu, se libère aussi. Ainsi, le soufre féconde le mercure, il le féconde, et le sel, le soufre et le mercure se mélangent, se pénètrent et se compénètrent pour cristalliser les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être. De sorte que les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être se composent de sel, de soufre et de mercure.
Mais posséder ces corps est une chose et les amener à la perfection, c'en est une autre complètement différente. Lorsqu'on veut perfectionner ces corps, il faut alors éliminer tous les éléments indésirables que l'on porte à l'intérieur de soi. Alors, ces corps, en les travaillant ainsi, passent par les quatre couleurs du Grand Œuvre.
D'abord, ils prennent cette forme obscure et ténébreuse de Saturne. Après avoir éliminé les éléments indésirables, ces véhicules deviennent blancs, purs, ineffables.
Beaucoup plus tard, on reçoit le droit de porter le "manteau jaune" ou "tunique jaune". Enfin, ces corps resplendissent en se transformant en véhicules d'or pur, d'or, de l'or de la meilleure qualité.
Quand on possède ces véhicules d'or pur, ils peuvent être recouverts par les différentes parties de l'Être. Alors, le Christ Intime ressuscite en nous, dans notre cœur, pour revêtir ces véhicules, et le Christ, revêtu de ces véhicules, est la Pierre Philosophale. Celui qui possède la Pierre Philosophale, possède "l'Épée de la Justice", et la nature lui obéit.
Voilà les couleurs de la Pierre à l'état brut : le noir, le blanc - de la tunique blanche -, le jaune - comme la cape -, et comme couronne, la pourpre des rois - couleur de celui qui a fait le Grand Œuvre -. Celui-là est juste, parce qu'il a éliminé les Mois, celui-là est juste parce qu'il a créé les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être ; et celui-là est juste parce que le Christ Intime a ressuscité en lui.
Avec la Balance, avec les poids... Ce sont les poids de l'âme. C'est savoir travailler dans le Grand Œuvre, en accord avec certaines règles, suivre ces règles, les poids de l'âme. Il y a les poids de la nature et les poids de l'âme.
De sorte qu'un individu qui est devenu la Justice elle-même est un Maître autoréalisé et parfait. Donc, c'est une chose d'être un Maître de la Justice vrai de vrai, et une autre, très différente, d'appartenir aux tribunaux de la justice subjective. Pour réussir à entrer dans les Tribunaux de la Justice Objective ou Justice Céleste, il est nécessaire d'avoir créé la Justice, d'être devenu un représentant de la justice.
Si on n'a pas éliminé l'Ego, on ne peut pas être un représentant de la Justice. Si on n'a pas créé les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être, on n'est pas un représentant de la Justice. Si on n'a pas donné sa vie pour ses semblables, on n'est pas un représentant de la Justice. Devenir des représentants de la Justice Objective, voilà qui est transcendantal ! Peu y sont parvenus. Voilà ce que j'avais à dire sur la Justice.
Donc, il faut faire une pleine différenciation entre cette justice subjective qui s'achète et qui se vend et la justice objective, où il est impossible de soudoyer le juge ; les Tribunaux de la Justice Céleste sont complètement différents. Il vaut la peine de comprendre ce thème de la justice.
Mais bon, que peuvent-ils savoir, les gens communs et ordinaires, sur la justice ? Absolument rien. Qu'est-ce qu'ils savent de la justice ? Que peuvent savoir les gens à la Conscience endormie sur ce qui est juste, sur ce qui est injuste ? Sur ce qui est bon et sur ce qui est mauvais ? Ils ne savent rien de rien. Une chose est bonne quand ça leur convient et mauvaise quand ça ne leur convient pas. Voilà comment sont les concepts du bien et du mal chez les gens à la psyché subjective, chez les gens de la justice subjective.
Mais avoir conscience du bien et du mal, ils n'ont pas conscience de cela. Ils ne savent rien de ce qui est bon, ils ne savent rien de ce qui est mauvais. Ils dorment profondément, ce sont des machines, des machines qui agissent mues par des forces qu'ils ignorent.
Si, par exemple, une catastrophe se produit dans le Cosmos, le type d'ondulations vibratoires qui arrive et touche les machines humaines produit des choses terribles, et alors, ces machines humaines se lancent à la guerre par millions contre d'autres millions de machines. Machines contre machines. Que vont-elles savoir du bien et du mal ? Elles arborent des drapeaux, des devises, disent qu'elles vont se battre pour la liberté, pour la justice, pour la démocratie. Elles ignorent ce que sont les forces cosmiques d'une catastrophe à un niveau cosmique qui a réglé l'horloge.
Que peuvent-ils savoir, ces gens, sur ce qui est bon, sur ce qui est mauvais ? Indubitablement, dans tout le bon, il y a quelque chose de mauvais et dans tout le mauvais il y a quelque chose de bon. Il y a beaucoup de vertu chez les méchants et il y a beaucoup de méchanceté chez les vertueux. Pourraient-ils savoir cela les endormis ?
Alors, même avec les vertus on peut faire du mal aux autres ! Vous voulez connaître un cas où j'ai fait quelque chose de mal ? Quelqu'un, dont je ne mentionnerai pas le nom, a édité certaines de mes œuvres, non pas dans sa propre imprimerie, mais dans l'imprimerie du Gouvernement. Il ne l'a pas fait à mauvais escient, mais à bon escient; mais, il se trouve que le Gouvernement l'a su. Étant donné que cette personne était l'administrateur de cette imprimerie, évidemment, le Gouvernement a protesté, et lui a fait un procès, mais il fallait un motif d'accusation et un témoin. L'accusé a désigné comme témoin un ex-juré. Étant Il a dit qu'il pourrait affirmer que cette personne X l'avait chargé d'éditer ces œuvres. Ces œuvres étaient financées par de dernier, par conséquent, ce n'était pas le Gouvernement qui avait été le "débiteur" dans l'édition de ces œuvres.
Mais, il se trouve que cette personne, le témoin en question, n'avait rien à voir avec l'affaire. Cependant, comme c'était un homme qui aimait la vérité, la justice et la droiture, il m'a dit : "Que dois-je faire ? Je considère que cet homme m'a injustement nommé témoin. Il a dit, pour se défendre, que je l'avais chargé d'imprimer des œuvres, mais je ne lui ai pas demandé de les imprimer. Si je dis non, c'est la prison, si je dis oui, il ne va pas en prison, mais comment puis-je mentir alors que je suis habitué à dire la vérité et rien que la vérité ? Comment puis-je dire que je lui ai demandé d'éditer tel ou tel livre si je ne le lui en ai jamais demandé de le faire ? Ce serait une farce, un mensonge. Je suis gnostique et je suis sur le chemin de la droiture, par conséquent, je ne vais pas mentir".
Incontestablement, avec la vertu de la sincérité et de la vérité, cet homme, en fait, allait faire condamner un malheureux à la prison qui sait pour combien d'années, non ? Il m'a demandé conseil. Que je lui ai-je dit ? Je lui ai dit :
- Allons, avec les vertus, on peut faire aussi beaucoup de dégâts, ne faites pas de dégâts avec les vertus ! Une vertu mal placée devient injuste.
- Et alors ?
- Oui, dites que vous avez demandé d'éditer ces livres.
C'étaient des livres pour la Grande Cause, pour le bien de l'humanité. Des livres, les nôtres...
Bon, il a écouté le conseil. Là, il a admis qu'il ne causait de tort à personne avec ce mensonge, à qui ? En revanche, bien sûr, il lui aura évité d'aller en prison et de laisser femme et enfants.
Par conséquent, avec les vertus on peut également faire du mal, c'est clair. Il est injuste de mal utiliser les vertus, parce qu'avec les vertus, on peut faire du tort aux autres. Pensez-vous qu'ils n'ont pas été honnêtes les bourreaux de l'Histoire ? Pensez-vous que, par exemple, les bourreaux de la guillotine, là-bas en France, ils ne l'ont pas fait en accomplissant pleinement leur devoir ? C'était des hommes qui faisaient leur devoir à la lettre. Et certains d'entre eux faisaient même leur devoir avec un horrible sacrifice : laisser tomber la lame de "Guillotin" sur la tête des nobles, mais ils n'accomplissaient que leur devoir, leur vertu était impeccable, ça oui. Mais quel dégât ont-ils fait avec cette vertu de l'accomplissement du devoir ? Combien de juges apparemment justes, en accomplissant leur devoir de juge, ont envoyé beaucoup d'innocents en prison !
Bon : c'est tout ce qui est à sa place, mauvais : ce qui n'est pas à sa place ; juste : c'est ce qui est à sa place, injuste : ce qui n'est pas à sa place. Le feu, par exemple, est juste et bon, où ça ? Dans la cuisine. Mais qu'en est-il du feu dans le salon, brûlant les rideaux ? Cela n'est plus juste ni bon, n'est-ce pas ? C'est mauvais et injuste. L'eau dans l'évier est juste, elle est bonne ; mais hors de l'évier, inondant les pièces, elle n'est pas à sa place, elle est injuste, elle est mauvaise. Voilà comment sont les vertus.
Être tolérant, par exemple, avec les idées des autres est correct, mais la tolérance hors de sa place nous rend complices du délit.
Que dire, par exemple, d'un père de famille, gnostique à cent pour cent, qui a une femme et des filles, et qui accomplit ses devoirs pour sa femme et pour ses filles ? Tolérant au maximum, il a pris l'habitude de respecter les paroles de l'Évangile qui disent : "Si on te frappe sur la joue droite, tends la gauche pour qu'ils te frappent plus fort".
Bon, supposons qu'un désastre se produise, et qu'un groupe de bandits attaquent cette maison pour tuer sa femme et violer ses filles, etc. Mais, l'Évangile lui a enseigné à tendre la joue droite et à bénir ceux qui blessent, à aimer ceux qui haïssent. Alors, au lieu de défendre sa femme et ses filles, il bénit les voleurs, les bandits : "Oh, voleurs ! Oh, bandits ! Ne faites pas ça, ne recommencez jamais ça, parce qu'avec ça, vous subirez un grand karma, je vous pardonne !" tandis que les bandits violent ses filles ou tuent sa pauvre femme.
Que dire d'un homme comme ça ? Il accomplit apparemment l'Évangile, avec la tolérance et le pardon des offenses, n'est-ce pas ? C'est une vertu qui n'est pas à sa place. Alors, que faire dans ce cas-là ?
On a posé la même question à Krishnamurti ; il n'a pas su répondre correctement. On lui a dit:
- Bon, et si tu étais avec ta sœur et qu'on essaie de la violer que ferais-tu ?
Il a dit :
- Je ne suis pas dans cette situation.
- Et si un jour, tu te retrouvais dans cette situation ?
- Je saurai alors quoi faire à ce moment-là.
Il a pris la tangente, mais il n'a pas répondu comme il aurait dû le faire. La crue réalité des faits, c'est que si un homme, à ce moment-là, n'agit pas avec énergie, s'il ne dégaine pas l'épée, s'il n'a pas recours aux armes et ne s'engage pas à lutter à mort contre les assaillants, de toute évidence, non seulement il devient complice du délit, mais il se retrouve mal "là-haut", et il se retrouve mal aussi ici en bas avec les juges de la Terre, parce qu'il y a des lois qui le condamneraient dans les codes pénaux.
Par exemple, ici au Mexique, dans le Code pénal, c'est bien stipulé. Je ne sais pas au Venezuela, mais ici, il y a un article qui le considérerait comme complice et il irait en prison pour complicité du délit. Je ne sais pas là-bas, dans votre pays, au Venezuela, mais ici, c'est un délit.
Bon, alors que faut-il faire dans ce cas-là ? Eh bien s'il faut mourir, mourir en se battant, n'est-ce pas ? Il vaut mieux mourir en se battant pour défendre sa famille, tomber dans la lutte, que de devenir complice du délit. Ainsi, une vertu hors de sa place est injuste et mauvaise, et pourtant c'est une vertu ! Mais, elle est mauvaise.
Apprendre à vivre avec justice, c'est important. La plupart des gens ne savent pas vivre justement. Ils font ce qu'ils ne devraient pas faire en voulant être justes. Réclamer ses droits est correct. Ne pas les réclamer, c'est devenir complice du délit.
Si une personne X ou Y, par exemple, nous doit une grosse somme d'argent : nous sommes dans le besoin et il nous la doit. Il a de quoi payer, nous sommes sûrs qu'il a de quoi, mais supposons qu'il ne veuille pas payer, qu'il n'en ait pas envie. Nous avons le devoir de demander, de réclamer nos droits devant la justice, devant les tribunaux, devant la loi. N'importe qui dirait : "Mais c'est absurde. En étant gnostique, comment oser l'accuser ?" Mais, il ne s'agit pas d'accuser, il s'agit de réclamer ses droits, ce qui est différent.
Vous voyez donc ce qu'est la justice. Un gnostique pourrait dire : "Moi, je pardonne". A qui pardonne-t-il ? À un monsieur qui a suffisamment d'argent et qui ne veut pas payer ? C'est un pardon hors de sa place. Mais, si nous sommes sûrs qu'il n'a pas d'argent, les choses sont différentes : nous devrons peut-être pardonner cette dette. Mais, qu'il ne veuille pas alors qu'il a des conditions magnifiques dont il jouit, là, c'est un devoir de réclamer son dû.
Savoir vivre en accord avec cette Loi de l'Équilibre, voilà ce qui est fondamental. Très peu de gens savent vivre en accord avec la Loi de la Balance. Quant à faire la justice à l'intérieur de soi-même, il faut savoir la faire ; il faut apprendre à devenir justes.
Il y a par-là, une ancienne sculpture qui représente la Justice comme une dame ineffable avec l'épée dégainée, debout sur une pierre cubique. Dans la main droite, elle tient l'épée, dans la main gauche, la balance, et sur les plateaux de la balance, "les poids de la balance". Comme vêtement : une couronne en or, qui touche sa tête, elle porte une tunique blanche et couvrant ses épaules la cape de pourpre. C'est la Justice. [...]
Mais, faire la justice à l'intérieur de soi-même, voilà qui est difficile ; il est nécessaire d'être alchimiste. Il faut commencer par savoir ce que signifie ce symbolisme que montre cette sculpture. Mais cela [...] on ne va pas le comprendre si on n'est pas alchimiste.
Tout d'abord, il faut savoir qu'il y a trois substances universelles d'où jaillit tout ce qui est, a été et sera : le sel, le soufre et le mercure. Notre corps physique, en dernière synthèse, se réduit à quoi ? Le soufre est le Feu Sacré et le mercure l'énergie sexuelle.
Est-ce qu'il faut travailler ? Oui, il faut travailler. Comment ? Eh bien avec le soufre et le mercure.
Le soufre est prisonnier du mercure, c'est-à-dire dans les prisons de cette matière vénérable qui est le sperme sacré. Au moyen de la transmutation, on obtient la libération du mercure : une substance fine et délicate avec laquelle on va créer les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être. Le soufre, le Feu, se libère aussi. Ainsi, le soufre féconde le mercure, il le féconde, et le sel, le soufre et le mercure se mélangent, se pénètrent et se compénètrent pour cristalliser les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être. De sorte que les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être se composent de sel, de soufre et de mercure.
Mais posséder ces corps est une chose et les amener à la perfection, c'en est une autre complètement différente. Lorsqu'on veut perfectionner ces corps, il faut alors éliminer tous les éléments indésirables que l'on porte à l'intérieur de soi. Alors, ces corps, en les travaillant ainsi, passent par les quatre couleurs du Grand Œuvre.
D'abord, ils prennent cette forme obscure et ténébreuse de Saturne. Après avoir éliminé les éléments indésirables, ces véhicules deviennent blancs, purs, ineffables.
Beaucoup plus tard, on reçoit le droit de porter le "manteau jaune" ou "tunique jaune". Enfin, ces corps resplendissent en se transformant en véhicules d'or pur, d'or, de l'or de la meilleure qualité.
Quand on possède ces véhicules d'or pur, ils peuvent être recouverts par les différentes parties de l'Être. Alors, le Christ Intime ressuscite en nous, dans notre cœur, pour revêtir ces véhicules, et le Christ, revêtu de ces véhicules, est la Pierre Philosophale. Celui qui possède la Pierre Philosophale, possède "l'Épée de la Justice", et la nature lui obéit.
Voilà les couleurs de la Pierre à l'état brut : le noir, le blanc - de la tunique blanche -, le jaune - comme la cape -, et comme couronne, la pourpre des rois - couleur de celui qui a fait le Grand Œuvre -. Celui-là est juste, parce qu'il a éliminé les Mois, celui-là est juste parce qu'il a créé les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être ; et celui-là est juste parce que le Christ Intime a ressuscité en lui.
Avec la Balance, avec les poids... Ce sont les poids de l'âme. C'est savoir travailler dans le Grand Œuvre, en accord avec certaines règles, suivre ces règles, les poids de l'âme. Il y a les poids de la nature et les poids de l'âme.
De sorte qu'un individu qui est devenu la Justice elle-même est un Maître autoréalisé et parfait. Donc, c'est une chose d'être un Maître de la Justice vrai de vrai, et une autre, très différente, d'appartenir aux tribunaux de la justice subjective. Pour réussir à entrer dans les Tribunaux de la Justice Objective ou Justice Céleste, il est nécessaire d'avoir créé la Justice, d'être devenu un représentant de la justice.
Si on n'a pas éliminé l'Ego, on ne peut pas être un représentant de la Justice. Si on n'a pas créé les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être, on n'est pas un représentant de la Justice. Si on n'a pas donné sa vie pour ses semblables, on n'est pas un représentant de la Justice. Devenir des représentants de la Justice Objective, voilà qui est transcendantal ! Peu y sont parvenus. Voilà ce que j'avais à dire sur la Justice.