CONFÉRENCE N°292 : AVANTAGES ET MERVEILLES DU SILENCE MENTAL
Traduction d'une conférence intitulée "SOBRE LA TERCERA CÁMARA" (1971)
Conférence-Interview - Mexico D. F.
Traduction d'une conférence intitulée "SOBRE LA TERCERA CÁMARA" (1971)
Conférence-Interview - Mexico D. F.
Frères gnostiques salvadoriens, nous allons parler aujourd'hui de la Troisième Chambre.
Si l'on étudie attentivement le Manifeste Gnostique imprimé en Colombie, on peut clairement observer que nous y mentionnons une Troisième Chambre. Entrons, donc, mes chers frères, dans le sujet.
Réunis dans la salle de méditation, nous devons avant tout étudier profondément le sujet qui nous intéresse : celui de la concentration, le Dhyana, ce qu'est le Samadhi, etc. Pensons un instant que nous sommes maintenant ici, tous réunis en Troisième Chambre. Je vais détailler l'ordre du jour et ensuite, évidemment, nous ferons la pratique, mes chers frères.
Qu'est-ce que le mental ? Nous avons vraiment de nombreuses personnes, car nous avons de nombreux Mois. Vous savez déjà que les Mois personnifient nos défauts de type psychologique. Chacun de ces Mois-démons a son propre mental. Par conséquent, quand on parle d'un mental, on ne parle pas de façon très claire ; mieux vaut penser aux nombreux mentals et ainsi la compréhension devient plus évidente.
Il est certain que chacun de nous ressemble à un bateau chargé de nombreux membres d'équipage, de nombreux passagers. Chacun de ces Mois est un passager. Et chaque passager a son propre critère, son propre mental, ses propres idées, ses propres concepts, etc.
Lorsque n'importe lequel de ces Mois s'enthousiasme, par exemple, pour la Gnose, il jure loyauté ; malheureusement, beaucoup plus tard, il est remplacé par un autre Moi qui n'est pas intéressé par la Gnose, et alors, naturellement, l'individu quitte notre Mouvement. Quand l'un de ces Mois jure un amour éternel à une femme, il semble que tout va bien marcher, non ? Mais plus tard, il arrive qu'un autre Moi remplace celui qui a juré, et ce serment n'intéresse pas du tout ce nouveau Moi ; alors il quitte la pauvre femme et celle-ci se retrouve, évidemment, déçue.
Par conséquent, mes chers frères, en comprenant que le mental est multiple parce que nous avons de nombreux mentals, nous allons approfondir un peu plus ce sujet.
De quoi avons-nous réellement besoin pour pouvoir arriver à expérimenter le réel, la vérité, à travers l'Extase, le Samadhi ? Comment atteindre cet état de ravissement mystique transcendantal ? Cela est très intéressant, mes chers frères, très intéressant.
Réfléchissez, s'il vous plaît, réfléchissez.
Il s'agit, avant tout, d'atteindre le calme et le silence du mental. C'est seulement ainsi qu'on peut atteindre l'Extase, le Samadhi. Cependant, comment pourrions-nous atteindre ce calme, ce silence ? À l'intérieur de nous-mêmes, nous avons de multiples Mois qui vivent en se disputant la suprématie. Dans ces conditions, évidemment, il devient difficile d'atteindre ce silence et ce calme, car les Mois - querelleurs et criards - ne le permettent pas vraiment.
Alors, que faire ? Il faut donc, mes chers frères, se mettre, avant tout, dans une position confortable. Je sais que dans le Lumisial, dans la salle de méditation, il faut être assis, oui, mais avec le corps physique relaxé ; aucun muscle ne doit être en tension. À la maison c'est différent : là on peut s'allonger sur son lit, en forme d'étoile flammigère, position à cinq pointes, c'est-à-dire jambes et bras écartés, corps relaxé et entrer en méditation ; ou position de l'homme mort, la fameuse "savasana" orientale, la posture du cadavre : talons joints, bras le long du corps, le corps complètement relaxé, etc. Mais je répète, dans le Lumisial, en salle de méditation, nous devons être assis, évidemment oui, mais avec le corps relaxé. Cela étant compris, mes chers frères, entrons donc dans la technique proprement dite de la méditation.
Fermons les yeux. Il est préférable qu'ils soient fermés pour que les sensations du monde extérieur, les perceptions, enfin, tous les objets du monde physique, les personnes, les choses, ne nous distraient pas. Maintenant, il convient d'être attentif, d'avoir le mental calme, en silence à l'intérieur et à l'extérieur.
Je répète : cela n'est possible qu'en étant attentif à ce que nous sommes en train de faire, n'est-ce pas, parce que si vous n'êtes pas attentifs, comment votre mental va-t-il être calme et en silence ? Une pensée vous arrive, il vous en arrive une autre, un désir, n'importe quoi, et le mental n'est plus calme ni en silence. Malheureusement, frères, être attentifs n'est pas si facile. Ce que nous pourrions appeler "inattention" arrive inévitablement.
Il y a donc deux états : celui de l'attention et celui de l'inattention, compris ? Si nous voulons être attentifs, l'opposé arrive, l'inattention. Et qu'est-ce qui cause l'inattention ? Évidemment, les Mois que nous portons en nous, n'est-ce pas ? Des souvenirs, des désirs, des émotions, des passions, des événements de la journée, du mois ou de l'année, des rappels, des rancœurs, des ressentiments, etc. ; c'est évident. Que faire alors avec toute cette multiplicité du Moi ? Que faire avec cette inattention ? Observez-la, mes chers frères, observez-la.
Quand on observe, sereinement, toutes les phases de l'inattention, quand on les regarde vraiment de façon détaillée et sans prendre parti pour ceci ou pour cela, dans cette même observation de ce qui est inattentif, survient l'attention réelle. Quand celle-ci surgit, le mental reste calme et en silence.
Je veux que vous sachiez que quand le mental est calme, que quand le mental est en silence, advient le nouveau, c'est clair. Dans ces instants-là, l'Essence se désembouteille pour vivre des expériences dans le monde du réel. Dans ces états de pleine lucidité, nous expérimentons un élément qui transforme radicalement, qui nous donne de la motivation, qui nous renforce pour la bataille, pour la lutte, compris ?
Il y a un vieux dicton qui dit : "Nosce te ipsum" - Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux -. Quand on observe ce qu'il y a d'inattentif, diverses choses arrivent naturellement. N'importe quelle pensée doit être dûment comprise et oubliée ; tout désir, tout sentiment, tout ce qui apparaît, après avoir été profondément compris, doit être oublié.
Il est clair que cette procession de désirs, de pensées, d'émotions, etc., a un début et une fin. Réellement, cette procession est composée de tous les Mois : les Mois de la colère, les Mois de l'envie, les Mois de la haine, les Mois de la luxure, les Mois du ressentiment, les Mois de telles ou telles scènes du passé, etc. En voyant tout cela, en comprenant chacun de ces détails, on est en train de se connaître soi-même, n'est-ce pas ? C'est seulement en se connaissant soi-même qu'on peut connaître l'Univers et les Dieux, selon la maxime de Thalès de Milet, là-bas dans l'ancienne Grèce, quand les Mystères d’Éleusis existaient encore dans le monde physique.
Il n'est pas possible de parvenir à l'expérience du réel sans se connaître profondément soi- même. C'est ce qu'on fait quand on est en méditation : on est en train de se connaître, intégralement, profondément, tel qu'on est. Résultat : l'expérience du réel arrive, car se connaissant soi-même, on connaît tout ce qui existe dans l'Infini, c'est évident.
Faites une distinction entre un mental calmé de force, violemment, c'est-à-dire calmé de façon forcée, dirons-nous, et un mental qui est réellement calme de façon spontanée et pure. Faites une distinction entre un mental qu'on fait taire de force, violemment, et un mental qui est en silence.
Quand le mental est violemment calmé, il n'est pas calme : il lutte pour s'activer dans ses profondeurs les plus profondes ; et quand on fait taire violemment le mental, il n'est pas non plus en silence : il crie dans ses profondeurs. Bref, ce chemin s'avère ainsi stérile.
Le calme et le silence doivent survenir de façon pure et spontanée. Ils surviennent quand cette procession de souvenirs, de passions, de désirs, de défauts, etc., s'achève. Alors, c'est dans ces moments-là que la Conscience parvient à sortir de la bouteille pour expérimenter ce qui est réel, ce qu'est la vérité. Ainsi, mes chers frères, en connaissant cette technique, tous réunis en plein sanctuaire, nous devons méditer.
Je ne veux pas vous dire que le travail est facile. Il est évident que ce travail est difficile, néanmoins il n'est pas impossible, et il conduit ostensiblement à l'Illumination mystique. Celui qui se connaît lui-même, ne l'oubliez pas, connaît l'Univers et les Dieux.
On doit se libérer du mental, mes chers frères, et ce n'est possible que par la méditation profonde. Malheureusement, la Conscience est emprisonnée dans la prison du mental. Évidemment, tant que la Conscience est enfermée, l'expérience du réel s'avère impossible. Nous devons lutter pour notre liberté, mes chers frères. Rappelez-vous que chacun de vous est emprisonné, et ce qui est grave, c'est que vous ne vous rendez pas compte que vous êtes emprisonnés ; vous croyez être libres, mais vous ne l'êtes pas, car vous êtes emprisonnés.
La prison du mental est horrible. Là, dans cette prison, est enfermée la Conscience, l’Âme, l'animique, ce qui vaut vraiment la peine en nous. Vous êtes dans une situation difficile, et vous ne vous rendez pas compte que vous êtes dans une situation difficile.
Voyez combien de gens se consacrent à fortifier les barreaux de cette prison. Ils mettent des annonces dans les journaux : que telle école vous confère des pouvoirs extraordinaires sur le mental, qu'on nous développe la force mentale, qu'ils ont des techniques extraordinaires pour dominer tout le monde, au moyen du mental, etc.
C'est-à-dire que ceux qui sont prisonniers font de la publicité pour que les autres restent prisonniers, quelle horreur ! Malheureusement, c'est comme ça.
Vous tous, mes chers frères, devez comprendre intégralement la nécessité de vous libérer du mental pour expérimenter dans le domaine du réel ; et cela, je répète, n'est possible que lorsque le mental est calme, lorsque le mental est en silence.
Je ne cesse de clarifier - et en cela je ne veux économiser aucune sorte d'efforts - que le problème de chacun de vous, assis ici dans la salle de méditation, consiste, précisément, en l'inattention. Vous voulez tous être attentifs. Malheureusement, nous n'y arrivez pas ; n'importe quoi vous distrait : le chant d'un grillon jusqu'au boulet de canon, une voiture qui passe dans la rue, ou le dernier souvenir d'il y a un instant à peine, probablement, quand vous étiez en train de parler avec votre copine ou avec votre copain, ou peut-être avec une fiancée, etc.
Généralement, l'agitation de la journée laisse tant de traces au fond du mental que quand vient l'heure d'être attentif, on n'y arrive pas ; et c'est là que nous devons vraiment comprendre cette technique : observer l'inattention, c'est-à-dire observer attentivement ce qu'il y a d'inattentif en nous. Quand on observe, je répète, même si je suis las de répéter autant, tous les détails de l'inattention, il est évident qu'il y a par conséquent l'attention.
Or, la pleine attention, mes chers frères, nous donne précisément la lucidité de l'Esprit ; la pleine attention nous mène à un calme naturel, spontané en soi, du mental ; la pleine attention nous mène à un silence très beau, très profond du mental. Ce qui est curieux, c'est que quand on est vraiment attentif, quand on est réellement en silence, on ne se rend même pas compte qu'on est en méditation. Ce calme et ce silence sont si naturels qu'on oublie qu'on est en train de pratiquer un exercice. Oubli béni, car quand cela arrive, survient l'Illumination, le Samadhi.
Voyez, par exemple, frères, ce qui arrive quand on s'extasie en contemplant un tableau de la nature, ou un film qui nous intéresse, ou une femme bien-aimée, ou une aube, un crépuscule. Si on y est vraiment plongé, en ces instants-là, il y a pleine attention.
Ce sont ces moments-là dont nous avons besoin pour parvenir réellement à l'Illumination. Il faut créer, dans la méditation, le contexte favorable pour une telle attention, si pleine, et on crée ce milieu favorable lorsqu'on observe profondément l'inattentif. Alors ainsi arrive l'attention naturelle, et c'est ce qui est indispensable pour atteindre la véritable Illumination intérieure mystique, profonde.
Je veux, mes chers frères, que vous compreniez tout cela, mais que vous le compreniez profondément. Nous devons tous, tous, nous libérer des entraves du mental, de l'horrible bataille des concepts opposés ; nous devons nous échapper de tout ce fatras d'opinions, de théories, d'auteurs, etc.
Si l'on étudie attentivement le Manifeste Gnostique imprimé en Colombie, on peut clairement observer que nous y mentionnons une Troisième Chambre. Entrons, donc, mes chers frères, dans le sujet.
Réunis dans la salle de méditation, nous devons avant tout étudier profondément le sujet qui nous intéresse : celui de la concentration, le Dhyana, ce qu'est le Samadhi, etc. Pensons un instant que nous sommes maintenant ici, tous réunis en Troisième Chambre. Je vais détailler l'ordre du jour et ensuite, évidemment, nous ferons la pratique, mes chers frères.
Qu'est-ce que le mental ? Nous avons vraiment de nombreuses personnes, car nous avons de nombreux Mois. Vous savez déjà que les Mois personnifient nos défauts de type psychologique. Chacun de ces Mois-démons a son propre mental. Par conséquent, quand on parle d'un mental, on ne parle pas de façon très claire ; mieux vaut penser aux nombreux mentals et ainsi la compréhension devient plus évidente.
Il est certain que chacun de nous ressemble à un bateau chargé de nombreux membres d'équipage, de nombreux passagers. Chacun de ces Mois est un passager. Et chaque passager a son propre critère, son propre mental, ses propres idées, ses propres concepts, etc.
Lorsque n'importe lequel de ces Mois s'enthousiasme, par exemple, pour la Gnose, il jure loyauté ; malheureusement, beaucoup plus tard, il est remplacé par un autre Moi qui n'est pas intéressé par la Gnose, et alors, naturellement, l'individu quitte notre Mouvement. Quand l'un de ces Mois jure un amour éternel à une femme, il semble que tout va bien marcher, non ? Mais plus tard, il arrive qu'un autre Moi remplace celui qui a juré, et ce serment n'intéresse pas du tout ce nouveau Moi ; alors il quitte la pauvre femme et celle-ci se retrouve, évidemment, déçue.
Par conséquent, mes chers frères, en comprenant que le mental est multiple parce que nous avons de nombreux mentals, nous allons approfondir un peu plus ce sujet.
De quoi avons-nous réellement besoin pour pouvoir arriver à expérimenter le réel, la vérité, à travers l'Extase, le Samadhi ? Comment atteindre cet état de ravissement mystique transcendantal ? Cela est très intéressant, mes chers frères, très intéressant.
Réfléchissez, s'il vous plaît, réfléchissez.
Il s'agit, avant tout, d'atteindre le calme et le silence du mental. C'est seulement ainsi qu'on peut atteindre l'Extase, le Samadhi. Cependant, comment pourrions-nous atteindre ce calme, ce silence ? À l'intérieur de nous-mêmes, nous avons de multiples Mois qui vivent en se disputant la suprématie. Dans ces conditions, évidemment, il devient difficile d'atteindre ce silence et ce calme, car les Mois - querelleurs et criards - ne le permettent pas vraiment.
Alors, que faire ? Il faut donc, mes chers frères, se mettre, avant tout, dans une position confortable. Je sais que dans le Lumisial, dans la salle de méditation, il faut être assis, oui, mais avec le corps physique relaxé ; aucun muscle ne doit être en tension. À la maison c'est différent : là on peut s'allonger sur son lit, en forme d'étoile flammigère, position à cinq pointes, c'est-à-dire jambes et bras écartés, corps relaxé et entrer en méditation ; ou position de l'homme mort, la fameuse "savasana" orientale, la posture du cadavre : talons joints, bras le long du corps, le corps complètement relaxé, etc. Mais je répète, dans le Lumisial, en salle de méditation, nous devons être assis, évidemment oui, mais avec le corps relaxé. Cela étant compris, mes chers frères, entrons donc dans la technique proprement dite de la méditation.
Fermons les yeux. Il est préférable qu'ils soient fermés pour que les sensations du monde extérieur, les perceptions, enfin, tous les objets du monde physique, les personnes, les choses, ne nous distraient pas. Maintenant, il convient d'être attentif, d'avoir le mental calme, en silence à l'intérieur et à l'extérieur.
Je répète : cela n'est possible qu'en étant attentif à ce que nous sommes en train de faire, n'est-ce pas, parce que si vous n'êtes pas attentifs, comment votre mental va-t-il être calme et en silence ? Une pensée vous arrive, il vous en arrive une autre, un désir, n'importe quoi, et le mental n'est plus calme ni en silence. Malheureusement, frères, être attentifs n'est pas si facile. Ce que nous pourrions appeler "inattention" arrive inévitablement.
Il y a donc deux états : celui de l'attention et celui de l'inattention, compris ? Si nous voulons être attentifs, l'opposé arrive, l'inattention. Et qu'est-ce qui cause l'inattention ? Évidemment, les Mois que nous portons en nous, n'est-ce pas ? Des souvenirs, des désirs, des émotions, des passions, des événements de la journée, du mois ou de l'année, des rappels, des rancœurs, des ressentiments, etc. ; c'est évident. Que faire alors avec toute cette multiplicité du Moi ? Que faire avec cette inattention ? Observez-la, mes chers frères, observez-la.
Quand on observe, sereinement, toutes les phases de l'inattention, quand on les regarde vraiment de façon détaillée et sans prendre parti pour ceci ou pour cela, dans cette même observation de ce qui est inattentif, survient l'attention réelle. Quand celle-ci surgit, le mental reste calme et en silence.
Je veux que vous sachiez que quand le mental est calme, que quand le mental est en silence, advient le nouveau, c'est clair. Dans ces instants-là, l'Essence se désembouteille pour vivre des expériences dans le monde du réel. Dans ces états de pleine lucidité, nous expérimentons un élément qui transforme radicalement, qui nous donne de la motivation, qui nous renforce pour la bataille, pour la lutte, compris ?
Il y a un vieux dicton qui dit : "Nosce te ipsum" - Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux -. Quand on observe ce qu'il y a d'inattentif, diverses choses arrivent naturellement. N'importe quelle pensée doit être dûment comprise et oubliée ; tout désir, tout sentiment, tout ce qui apparaît, après avoir été profondément compris, doit être oublié.
Il est clair que cette procession de désirs, de pensées, d'émotions, etc., a un début et une fin. Réellement, cette procession est composée de tous les Mois : les Mois de la colère, les Mois de l'envie, les Mois de la haine, les Mois de la luxure, les Mois du ressentiment, les Mois de telles ou telles scènes du passé, etc. En voyant tout cela, en comprenant chacun de ces détails, on est en train de se connaître soi-même, n'est-ce pas ? C'est seulement en se connaissant soi-même qu'on peut connaître l'Univers et les Dieux, selon la maxime de Thalès de Milet, là-bas dans l'ancienne Grèce, quand les Mystères d’Éleusis existaient encore dans le monde physique.
Il n'est pas possible de parvenir à l'expérience du réel sans se connaître profondément soi- même. C'est ce qu'on fait quand on est en méditation : on est en train de se connaître, intégralement, profondément, tel qu'on est. Résultat : l'expérience du réel arrive, car se connaissant soi-même, on connaît tout ce qui existe dans l'Infini, c'est évident.
Faites une distinction entre un mental calmé de force, violemment, c'est-à-dire calmé de façon forcée, dirons-nous, et un mental qui est réellement calme de façon spontanée et pure. Faites une distinction entre un mental qu'on fait taire de force, violemment, et un mental qui est en silence.
Quand le mental est violemment calmé, il n'est pas calme : il lutte pour s'activer dans ses profondeurs les plus profondes ; et quand on fait taire violemment le mental, il n'est pas non plus en silence : il crie dans ses profondeurs. Bref, ce chemin s'avère ainsi stérile.
Le calme et le silence doivent survenir de façon pure et spontanée. Ils surviennent quand cette procession de souvenirs, de passions, de désirs, de défauts, etc., s'achève. Alors, c'est dans ces moments-là que la Conscience parvient à sortir de la bouteille pour expérimenter ce qui est réel, ce qu'est la vérité. Ainsi, mes chers frères, en connaissant cette technique, tous réunis en plein sanctuaire, nous devons méditer.
Je ne veux pas vous dire que le travail est facile. Il est évident que ce travail est difficile, néanmoins il n'est pas impossible, et il conduit ostensiblement à l'Illumination mystique. Celui qui se connaît lui-même, ne l'oubliez pas, connaît l'Univers et les Dieux.
On doit se libérer du mental, mes chers frères, et ce n'est possible que par la méditation profonde. Malheureusement, la Conscience est emprisonnée dans la prison du mental. Évidemment, tant que la Conscience est enfermée, l'expérience du réel s'avère impossible. Nous devons lutter pour notre liberté, mes chers frères. Rappelez-vous que chacun de vous est emprisonné, et ce qui est grave, c'est que vous ne vous rendez pas compte que vous êtes emprisonnés ; vous croyez être libres, mais vous ne l'êtes pas, car vous êtes emprisonnés.
La prison du mental est horrible. Là, dans cette prison, est enfermée la Conscience, l’Âme, l'animique, ce qui vaut vraiment la peine en nous. Vous êtes dans une situation difficile, et vous ne vous rendez pas compte que vous êtes dans une situation difficile.
Voyez combien de gens se consacrent à fortifier les barreaux de cette prison. Ils mettent des annonces dans les journaux : que telle école vous confère des pouvoirs extraordinaires sur le mental, qu'on nous développe la force mentale, qu'ils ont des techniques extraordinaires pour dominer tout le monde, au moyen du mental, etc.
C'est-à-dire que ceux qui sont prisonniers font de la publicité pour que les autres restent prisonniers, quelle horreur ! Malheureusement, c'est comme ça.
Vous tous, mes chers frères, devez comprendre intégralement la nécessité de vous libérer du mental pour expérimenter dans le domaine du réel ; et cela, je répète, n'est possible que lorsque le mental est calme, lorsque le mental est en silence.
Je ne cesse de clarifier - et en cela je ne veux économiser aucune sorte d'efforts - que le problème de chacun de vous, assis ici dans la salle de méditation, consiste, précisément, en l'inattention. Vous voulez tous être attentifs. Malheureusement, nous n'y arrivez pas ; n'importe quoi vous distrait : le chant d'un grillon jusqu'au boulet de canon, une voiture qui passe dans la rue, ou le dernier souvenir d'il y a un instant à peine, probablement, quand vous étiez en train de parler avec votre copine ou avec votre copain, ou peut-être avec une fiancée, etc.
Généralement, l'agitation de la journée laisse tant de traces au fond du mental que quand vient l'heure d'être attentif, on n'y arrive pas ; et c'est là que nous devons vraiment comprendre cette technique : observer l'inattention, c'est-à-dire observer attentivement ce qu'il y a d'inattentif en nous. Quand on observe, je répète, même si je suis las de répéter autant, tous les détails de l'inattention, il est évident qu'il y a par conséquent l'attention.
Or, la pleine attention, mes chers frères, nous donne précisément la lucidité de l'Esprit ; la pleine attention nous mène à un calme naturel, spontané en soi, du mental ; la pleine attention nous mène à un silence très beau, très profond du mental. Ce qui est curieux, c'est que quand on est vraiment attentif, quand on est réellement en silence, on ne se rend même pas compte qu'on est en méditation. Ce calme et ce silence sont si naturels qu'on oublie qu'on est en train de pratiquer un exercice. Oubli béni, car quand cela arrive, survient l'Illumination, le Samadhi.
Voyez, par exemple, frères, ce qui arrive quand on s'extasie en contemplant un tableau de la nature, ou un film qui nous intéresse, ou une femme bien-aimée, ou une aube, un crépuscule. Si on y est vraiment plongé, en ces instants-là, il y a pleine attention.
Ce sont ces moments-là dont nous avons besoin pour parvenir réellement à l'Illumination. Il faut créer, dans la méditation, le contexte favorable pour une telle attention, si pleine, et on crée ce milieu favorable lorsqu'on observe profondément l'inattentif. Alors ainsi arrive l'attention naturelle, et c'est ce qui est indispensable pour atteindre la véritable Illumination intérieure mystique, profonde.
Je veux, mes chers frères, que vous compreniez tout cela, mais que vous le compreniez profondément. Nous devons tous, tous, nous libérer des entraves du mental, de l'horrible bataille des concepts opposés ; nous devons nous échapper de tout ce fatras d'opinions, de théories, d'auteurs, etc.