CONFÉRENCE N°267 : LE MENTAL ET L'ÉTHIQUE DES ADEPTES RESSUSCITÉS
Traduction d'une conférence intitulée "LA MENTE Y LA ÉTICA DE LOS ADEPTOS RESURRECTOS (12/12/1973)"
Incontestablement, l'Autoréalisation intime de l'Être est le plus important. S'il y a quelque chose qui doit véritablement nous intéresser, c'est notre propre Être. L'argent, les positions sociales, les choses matérielles sont vraiment vaines et passagères. La crue réalité des faits, c'est que souvent la mort survient quand on ne s'y attend pas. À quoi servent les vanités de ce monde ? À quoi servent les choses passagères ? Tout cela est vain et stupide. Nous devons nous préoccuper davantage de notre propre Être. La réévaluation de l'Être provoque une joie profonde, et il est certain que de telles réévaluations sont fondamentales et revêtent les caractéristiques transcendantales d'éternité.
Évidemment, nous devons faire la distinction entre ce qu'est l'Être et ce qu'est le non-Être de la philosophie. Indiscutablement, le Moi psychologique n'est pas l'Être ; beaucoup de gens confondent le Moi, le Moi-même avec l'Être. Il faut savoir que le Moi psychologique a un début et une fin. Évidemment, tout ce qui a un début doit avoir une fin. Ainsi, le Moi n'est pas éternel. Ce qui doit nous intéresser avant tout, c'est ce qui est éternel, à savoir l'Être, mais nous devons éliminer ce qui n'est pas éternel, nous devons désintégrer l'Ego.
Assurément, cet Ego n'est rien de plus que le résultat de toutes nos erreurs, de toutes nos aberrations, nos vices et nos passions. Franchement, l'Ego est un ensemble de défauts : colère, convoitise, luxure, envie, orgueil, paresse, gourmandise, etc. Dans leur ensemble, ils constituent le Soi-même.
L'Ego ne peut évidemment pas nous donner l'authentique félicité, puisqu'il est lui-même le résultat de l'erreur. S'il ne provenait pas d'erreurs, le Moi n'existerait pas. Non seulement nous commettons des erreurs dans le présent, mais nous les avons aussi commises dans le passé et il est clair que les erreurs du passé tendent à se projeter vers le futur, à travers le couloir du présent.
Dans des vies antérieures, chacun de nous a commis des méprises regrettables, des erreurs regrettables, et celles-ci n'ont pas disparu, nous les portons au fond même du subconscient. Et le pire, je répète, c'est qu'elles veulent se réactualiser à l'heure actuelle pour se projeter dans le futur.
Malheureusement, nous sommes tous conditionnés par nos propres erreurs. Nous n'avons pas encore appris à nous ouvrir au nouveau. Quand quelque chose se présente à nous, quand une pure vérité vient à notre rencontre au bord du chemin, nous ne savons pas la recevoir comme quelque chose de nouveau, et nous faisons immédiatement appel à ce que nous avons accumulé dans le mental, dans le but, bien entendu, d'interpréter ce qui nous est présenté. C'est-à-dire que nous ne sommes pas capables de voir une chose telle qu'elle est en elle-même, mais il nous faut l'interpréter à notre façon, selon nos profondeurs psychologiques, selon nos préjugés, nos idées préconçues et nos conditionnements. Nous ne sommes en aucune manière capables de nous ouvrir au nouveau avec un mental pur, intégral, spontané et parfait.
Nous sommes malheureusement conditionnés par l'erreur. Nous sommes malheureusement conditionnés par nos propres défauts. Chacun de nous a une caractéristique spéciale pleinement représentée par un défaut de type psychologique. Chacun de nous est, pour ainsi dire, aveuglé par un jugement de type très erroné. Nous n'avons, en aucun cas, acquis la capacité de voir les choses de façon nouvelle. Malheureusement, nous portons à l'intérieur de nous beaucoup d'anciennes erreurs, et cela nous conditionne défavorablement.
Il est nécessaire, mes chers frères, d'avoir un mental plus élastique, plus ductile ; un mental qui soit toujours ouvert aux vérités nouvelles ; un mental perspicace, compréhensif, intègre.
Il est urgent, avant tout, que nous libérions le mental qui, malheureusement, se trouve dans le moule de tant et tant d'hier ; nous avons besoin de le libérer de ces moules, de ces formules du passé ; nous devons transformer le mental en un instrument merveilleux capable de recevoir les grandes vérités.
Actuellement, mes chers frères, nous sommes tous formés par l'erreur, nous sommes le produit de nombreuses méprises, et le plus grave, c'est que nous ne voulons pas voir nos propres erreurs, nous ne voulons pas voir nos propres méprises. Chacun de nous se complaît dans l'erreur, vit dans l'erreur, et meurt dans l'erreur.
Si nous comprenions tout cela, si nous étions capables d'éliminer les éléments indésirables que nous portons en nous, la vie serait très différente. Mais, nous ne voulons pas voir nos propres erreurs, malheureusement nous trouvons toujours des justifications pour n'importe quelle mauvaise action. Nous sommes comme Pilate, nous vivons sans cesse en nous lavant les mains et en disant : "Non, ce n'est pas moi le fautif.'" Nous ne voulons jamais reconnaître nos erreurs, nous ne sommes jamais les fautifs.
Il convient, mes chers frères, qu'avant la fin de cette année, nous ayons plus de réflexion, que nous acquérions plus d'individualité dans notre propre mental.
De nos jours, malheureusement, nous agissons et réagissons sans cesse comme des animaux : si on nous frappe, nous frappons ; si on nous maudit, nous maudissons ; si on nous déteste, nous détestons. D'autant plus que nous sommes habitués à nous identifier aux faits et aux événements qui arrivent à nous de manière mécanique. Nous nous identifions aux actions erronées des autres et nous réagissons là où nous n'avons pas à mettre notre nez ; et c'est grave. Mais malheureusement, nous n'avons pas compris la nécessité d'individualiser un peu plus notre mental.
Nous nous mêlons toujours des affaires des autres, nous allons toujours par ici ou par là, nous sommes toujours identifiés, ici ou là, à des scénarios qui n'ont rien à voir avec notre vie, qui ne nous concernent pas ; nous donnons notre opinion là où il n'y a pas à donner son opinion ; nous parlons quand nous devrions nous taire, et nous allons jusqu'à réagir contre les faits d'autrui qui ne nous concernent absolument pas.
Observons les gens dans la rue, sur les marchés publics : il arrive souvent une erreur, quelqu'un attaque quelqu'un d'autre, il y a tout un tapage immédiatement, nous prenons parti, nous allons à l'encontre de celui qui nous apparaît injuste, et nous allons même jusqu'à réagir de manière violente alors qu'on ne nous demandait rien.
Notre mental est devenu, eh bien, une espèce de caisse de résonance pour les actions des autres ; mais il n'est pas devenu, véritablement, un instrument ductile, élastique et individuel pour nos propres auto-réflexions.
Les gens font ce qu'ils veulent avec nous parce que nous n'avons pas d'individualité mentale. Ils jouent tous avec nous. Ils peuvent, à leur guise, nous faire passer du plaisir à la douleur et de la douleur au plaisir. Ils peuvent nous faire commettre les plus grandes sottises ; ils peuvent même nous faire réagir de manière violente et même nous transformer en criminels ; et à cause de tous ces gens, nous pouvons aller en prison. Nous n'avons pas un mental correspondant à une authentique individualité ; nous n'avons malheureusement pas un mental individuel.
Observons les foules, regardons-les dans une manifestation publique de haine : combien y en a-t-il qui, dans leur vie, n'auraient jamais été capables de lancer une pierre contre la maison du voisin et qui là, mêlé à la foule, non seulement lancent des pierres, mais en plus insultent, et vont même jusqu'à tuer au nom de nombreux slogans et de beaucoup de choses qui leur paraissent justes.
Des individus qui, seuls, sont incapables de commettre un délit, mais qui, entraînés par la foule dans une manifestation publique, lapident, se battent, insultent. Des individus qui n'auraient jamais prononcé la moindre parole à la maison, lancent toute leur bave diffamatoire contre les dirigeants, ou contre les personnes du Gouvernement, ou contre les gens qu'ils détestent, etc.
En public, beaucoup font des choses qu'ils ne feraient jamais dans leur vie privée. Tout cela nous démontre qu'il n'existe pas de véritable individualité mentale chez les gens ; nous sommes simplement des machines qui allons de-ci, de-là, sans but précis, sans direction, sans orientation, nous sommes des ânes.
Pour conclure ces travaux, je veux vous inviter à réfléchir, à être davantage individuels, à vous préoccuper davantage de vos propres processus psychiques. Il faut apprendre à diriger ses propres processus psychiques. Il faut devenir maître de nos propres processus. Pourquoi les autres ont-ils le pouvoir de gouverner notre psyché ?
Qu'est-ce qu'un fornicateur ? Un individu qui se laisse gouverner par qui ? Par la psyché d'autrui, et qui commet des crimes horribles, il pèche contre lui-même. Qu'est-ce qu'un ivrogne ? Une entité mécanique qui se laisse gouverner par les autres. On lui offre un verre de vin et, renonçant à ses meilleures intentions, il se saoule et commet toute espèce de sottises. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas de véritable individualité consciente. Qu'est-ce qu'un coléreux ? Un individu manipulé par les autres : il suffit qu'on lui dise une petite parole désagréable pour qu'immédiatement, il réagisse violemment. Qu'est-ce qu'un envieux ? Une pauvre victime ! De qui ? Des autres. Il suffit que les autres lui montrent leur belle voiture ou la belle maison qu'ils ont achetée pour qu'il soit mort d'envie. Et qu'est-ce qu'un jaloux ? Une victime des autres, les autres jouent avec lui. Si la femme veut le voir souffrir, il suffit qu'elle fasse de l'œil au voisin pour qu'aussitôt, il soit mort de jalousie. Cela veut dire qu'il ne possède pas une authentique individualité ; tous jouent avec lui ; il est totalement faible.
Mes chers frères, il est nécessaire que nous soyons plus forts et que nous cessions nos propres faiblesses. On devient plus fort précisément lorsqu'on élimine ses erreurs. Comment peut-il être fort, celui qui est victime des autres ? Un ballon de football serait-il fort, peut-être ? Chacun de nous est comme un ballon de football, tout le monde joue avec notre psyché. Vous en voulez la preuve ? Ici même nous pouvons le prouver. Dites une "parole qui fâche" à un acteur comique ou à un acteur dramatique et vous allez voir ce qui se passe. Est-ce que vous avez déjà fait le test ? Il est évident que ceux qu'on appelle les grands artistes, en cette époque de décadence de l'art, ont terriblement déformé la vérité. Ils sont amoureux d'eux-mêmes, ils sont narcissiques à cent pour cent.
Si quelqu'un blessait leur vanité, que se passerait-il ? Ils deviendraient ennemis de cette personne, n'est-ce pas ? Alors, est-ce que ce sont ces messieurs qui dirigent les multiples maîtres à l'intérieur d'eux-mêmes ? Ont-ils un mental individuel ? Il est clair que non, n'importe qui peut jouer avec eux. Mais, si nous adressons un petit mot flatteur à l'un de ces représentants de l'art moderne, que se passe-t-il ? Ils sont tout contents, n'est-ce pas ? Pourquoi ? Parce que nous les avons flattés. Un public qui n'applaudit pas un artiste le tue, parce que cet artiste n'a pas d'individualité, il dépend du public. C'est ainsi que dans chaque situation, en toute chose, nous démontrons nos propres faiblesses.
Les affections, que sont les affections ? Un signe de faiblesse. L'affectueux souffre horriblement quand la femme ne le caresse pas, quand le fils ne l'embrasse pas. Où est sa force ? Quelle est son individualité ? Si sa femme veut le faire souffrir, il suffit qu'elle cesse de lui prodiguer des caresses. Mais, si quelqu'un d'autre veut le voir content, si un fils veut lui soutirer un peu d'argent par exemple, il lui suffit de lui donner quelques petites tapes sur l'épaule en lui disant : "Papa". Alors il sort son portefeuille : "De combien as-tu besoin, mon fils ? Tant que ça ! Tiens voilà pour toi".
Évidemment, nous devons faire la distinction entre ce qu'est l'Être et ce qu'est le non-Être de la philosophie. Indiscutablement, le Moi psychologique n'est pas l'Être ; beaucoup de gens confondent le Moi, le Moi-même avec l'Être. Il faut savoir que le Moi psychologique a un début et une fin. Évidemment, tout ce qui a un début doit avoir une fin. Ainsi, le Moi n'est pas éternel. Ce qui doit nous intéresser avant tout, c'est ce qui est éternel, à savoir l'Être, mais nous devons éliminer ce qui n'est pas éternel, nous devons désintégrer l'Ego.
Assurément, cet Ego n'est rien de plus que le résultat de toutes nos erreurs, de toutes nos aberrations, nos vices et nos passions. Franchement, l'Ego est un ensemble de défauts : colère, convoitise, luxure, envie, orgueil, paresse, gourmandise, etc. Dans leur ensemble, ils constituent le Soi-même.
L'Ego ne peut évidemment pas nous donner l'authentique félicité, puisqu'il est lui-même le résultat de l'erreur. S'il ne provenait pas d'erreurs, le Moi n'existerait pas. Non seulement nous commettons des erreurs dans le présent, mais nous les avons aussi commises dans le passé et il est clair que les erreurs du passé tendent à se projeter vers le futur, à travers le couloir du présent.
Dans des vies antérieures, chacun de nous a commis des méprises regrettables, des erreurs regrettables, et celles-ci n'ont pas disparu, nous les portons au fond même du subconscient. Et le pire, je répète, c'est qu'elles veulent se réactualiser à l'heure actuelle pour se projeter dans le futur.
Malheureusement, nous sommes tous conditionnés par nos propres erreurs. Nous n'avons pas encore appris à nous ouvrir au nouveau. Quand quelque chose se présente à nous, quand une pure vérité vient à notre rencontre au bord du chemin, nous ne savons pas la recevoir comme quelque chose de nouveau, et nous faisons immédiatement appel à ce que nous avons accumulé dans le mental, dans le but, bien entendu, d'interpréter ce qui nous est présenté. C'est-à-dire que nous ne sommes pas capables de voir une chose telle qu'elle est en elle-même, mais il nous faut l'interpréter à notre façon, selon nos profondeurs psychologiques, selon nos préjugés, nos idées préconçues et nos conditionnements. Nous ne sommes en aucune manière capables de nous ouvrir au nouveau avec un mental pur, intégral, spontané et parfait.
Nous sommes malheureusement conditionnés par l'erreur. Nous sommes malheureusement conditionnés par nos propres défauts. Chacun de nous a une caractéristique spéciale pleinement représentée par un défaut de type psychologique. Chacun de nous est, pour ainsi dire, aveuglé par un jugement de type très erroné. Nous n'avons, en aucun cas, acquis la capacité de voir les choses de façon nouvelle. Malheureusement, nous portons à l'intérieur de nous beaucoup d'anciennes erreurs, et cela nous conditionne défavorablement.
Il est nécessaire, mes chers frères, d'avoir un mental plus élastique, plus ductile ; un mental qui soit toujours ouvert aux vérités nouvelles ; un mental perspicace, compréhensif, intègre.
Il est urgent, avant tout, que nous libérions le mental qui, malheureusement, se trouve dans le moule de tant et tant d'hier ; nous avons besoin de le libérer de ces moules, de ces formules du passé ; nous devons transformer le mental en un instrument merveilleux capable de recevoir les grandes vérités.
Actuellement, mes chers frères, nous sommes tous formés par l'erreur, nous sommes le produit de nombreuses méprises, et le plus grave, c'est que nous ne voulons pas voir nos propres erreurs, nous ne voulons pas voir nos propres méprises. Chacun de nous se complaît dans l'erreur, vit dans l'erreur, et meurt dans l'erreur.
Si nous comprenions tout cela, si nous étions capables d'éliminer les éléments indésirables que nous portons en nous, la vie serait très différente. Mais, nous ne voulons pas voir nos propres erreurs, malheureusement nous trouvons toujours des justifications pour n'importe quelle mauvaise action. Nous sommes comme Pilate, nous vivons sans cesse en nous lavant les mains et en disant : "Non, ce n'est pas moi le fautif.'" Nous ne voulons jamais reconnaître nos erreurs, nous ne sommes jamais les fautifs.
Il convient, mes chers frères, qu'avant la fin de cette année, nous ayons plus de réflexion, que nous acquérions plus d'individualité dans notre propre mental.
De nos jours, malheureusement, nous agissons et réagissons sans cesse comme des animaux : si on nous frappe, nous frappons ; si on nous maudit, nous maudissons ; si on nous déteste, nous détestons. D'autant plus que nous sommes habitués à nous identifier aux faits et aux événements qui arrivent à nous de manière mécanique. Nous nous identifions aux actions erronées des autres et nous réagissons là où nous n'avons pas à mettre notre nez ; et c'est grave. Mais malheureusement, nous n'avons pas compris la nécessité d'individualiser un peu plus notre mental.
Nous nous mêlons toujours des affaires des autres, nous allons toujours par ici ou par là, nous sommes toujours identifiés, ici ou là, à des scénarios qui n'ont rien à voir avec notre vie, qui ne nous concernent pas ; nous donnons notre opinion là où il n'y a pas à donner son opinion ; nous parlons quand nous devrions nous taire, et nous allons jusqu'à réagir contre les faits d'autrui qui ne nous concernent absolument pas.
Observons les gens dans la rue, sur les marchés publics : il arrive souvent une erreur, quelqu'un attaque quelqu'un d'autre, il y a tout un tapage immédiatement, nous prenons parti, nous allons à l'encontre de celui qui nous apparaît injuste, et nous allons même jusqu'à réagir de manière violente alors qu'on ne nous demandait rien.
Notre mental est devenu, eh bien, une espèce de caisse de résonance pour les actions des autres ; mais il n'est pas devenu, véritablement, un instrument ductile, élastique et individuel pour nos propres auto-réflexions.
Les gens font ce qu'ils veulent avec nous parce que nous n'avons pas d'individualité mentale. Ils jouent tous avec nous. Ils peuvent, à leur guise, nous faire passer du plaisir à la douleur et de la douleur au plaisir. Ils peuvent nous faire commettre les plus grandes sottises ; ils peuvent même nous faire réagir de manière violente et même nous transformer en criminels ; et à cause de tous ces gens, nous pouvons aller en prison. Nous n'avons pas un mental correspondant à une authentique individualité ; nous n'avons malheureusement pas un mental individuel.
Observons les foules, regardons-les dans une manifestation publique de haine : combien y en a-t-il qui, dans leur vie, n'auraient jamais été capables de lancer une pierre contre la maison du voisin et qui là, mêlé à la foule, non seulement lancent des pierres, mais en plus insultent, et vont même jusqu'à tuer au nom de nombreux slogans et de beaucoup de choses qui leur paraissent justes.
Des individus qui, seuls, sont incapables de commettre un délit, mais qui, entraînés par la foule dans une manifestation publique, lapident, se battent, insultent. Des individus qui n'auraient jamais prononcé la moindre parole à la maison, lancent toute leur bave diffamatoire contre les dirigeants, ou contre les personnes du Gouvernement, ou contre les gens qu'ils détestent, etc.
En public, beaucoup font des choses qu'ils ne feraient jamais dans leur vie privée. Tout cela nous démontre qu'il n'existe pas de véritable individualité mentale chez les gens ; nous sommes simplement des machines qui allons de-ci, de-là, sans but précis, sans direction, sans orientation, nous sommes des ânes.
Pour conclure ces travaux, je veux vous inviter à réfléchir, à être davantage individuels, à vous préoccuper davantage de vos propres processus psychiques. Il faut apprendre à diriger ses propres processus psychiques. Il faut devenir maître de nos propres processus. Pourquoi les autres ont-ils le pouvoir de gouverner notre psyché ?
Qu'est-ce qu'un fornicateur ? Un individu qui se laisse gouverner par qui ? Par la psyché d'autrui, et qui commet des crimes horribles, il pèche contre lui-même. Qu'est-ce qu'un ivrogne ? Une entité mécanique qui se laisse gouverner par les autres. On lui offre un verre de vin et, renonçant à ses meilleures intentions, il se saoule et commet toute espèce de sottises. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas de véritable individualité consciente. Qu'est-ce qu'un coléreux ? Un individu manipulé par les autres : il suffit qu'on lui dise une petite parole désagréable pour qu'immédiatement, il réagisse violemment. Qu'est-ce qu'un envieux ? Une pauvre victime ! De qui ? Des autres. Il suffit que les autres lui montrent leur belle voiture ou la belle maison qu'ils ont achetée pour qu'il soit mort d'envie. Et qu'est-ce qu'un jaloux ? Une victime des autres, les autres jouent avec lui. Si la femme veut le voir souffrir, il suffit qu'elle fasse de l'œil au voisin pour qu'aussitôt, il soit mort de jalousie. Cela veut dire qu'il ne possède pas une authentique individualité ; tous jouent avec lui ; il est totalement faible.
Mes chers frères, il est nécessaire que nous soyons plus forts et que nous cessions nos propres faiblesses. On devient plus fort précisément lorsqu'on élimine ses erreurs. Comment peut-il être fort, celui qui est victime des autres ? Un ballon de football serait-il fort, peut-être ? Chacun de nous est comme un ballon de football, tout le monde joue avec notre psyché. Vous en voulez la preuve ? Ici même nous pouvons le prouver. Dites une "parole qui fâche" à un acteur comique ou à un acteur dramatique et vous allez voir ce qui se passe. Est-ce que vous avez déjà fait le test ? Il est évident que ceux qu'on appelle les grands artistes, en cette époque de décadence de l'art, ont terriblement déformé la vérité. Ils sont amoureux d'eux-mêmes, ils sont narcissiques à cent pour cent.
Si quelqu'un blessait leur vanité, que se passerait-il ? Ils deviendraient ennemis de cette personne, n'est-ce pas ? Alors, est-ce que ce sont ces messieurs qui dirigent les multiples maîtres à l'intérieur d'eux-mêmes ? Ont-ils un mental individuel ? Il est clair que non, n'importe qui peut jouer avec eux. Mais, si nous adressons un petit mot flatteur à l'un de ces représentants de l'art moderne, que se passe-t-il ? Ils sont tout contents, n'est-ce pas ? Pourquoi ? Parce que nous les avons flattés. Un public qui n'applaudit pas un artiste le tue, parce que cet artiste n'a pas d'individualité, il dépend du public. C'est ainsi que dans chaque situation, en toute chose, nous démontrons nos propres faiblesses.
Les affections, que sont les affections ? Un signe de faiblesse. L'affectueux souffre horriblement quand la femme ne le caresse pas, quand le fils ne l'embrasse pas. Où est sa force ? Quelle est son individualité ? Si sa femme veut le faire souffrir, il suffit qu'elle cesse de lui prodiguer des caresses. Mais, si quelqu'un d'autre veut le voir content, si un fils veut lui soutirer un peu d'argent par exemple, il lui suffit de lui donner quelques petites tapes sur l'épaule en lui disant : "Papa". Alors il sort son portefeuille : "De combien as-tu besoin, mon fils ? Tant que ça ! Tiens voilà pour toi".