Conférence 284 : La nécessité de comprendre notre mental

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Conférence 284 : La nécessité de comprendre notre mental

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CONFÉRENCE N°284 : LA NÉCESSITÉ DE COMPRENDRE NOTRE MENTAL

Traduction d'une conférence intitulée "LA NECESIDAD DE COMPRENDER NUESTRA MENTE" (1972)

Conférence de troisième chambre - Mexico D.F.


En réalité, le mental avec son incessante bataille des antithèses maintient la conscience embouteillée, enflaconnée. Quand il s'agit d'atteindre le calme et le silence du mental, nous devons savoir comment faire.

Presque toutes les écoles nous parlent du "mental en blanc", mais nous devons discerner ce qu'est un mental serein et en silence durant la méditation, et ce qu'est le "mental en blanc".

Tout ce qui est du "mental en blanc" s'avère, en fait, vraiment absurde, superficiel. Je suis allé dans des groupes où l'on disait aux assistants : "Frères, mettez le mental en blanc". Pendant cinq ou dix minutes, les assistants mettaient tous le mental en blanc. Au bout de dix minutes : "Maintenant, nous allons commencer une conférence". Total, c'était une question complètement absurde. C'est trop inexact. Ce concept du "mental en blanc" est trop creux, c'est une flaque très peu profonde. Nous, nous allons plus loin dans ce thème. Nous allons à la quiétude et au silence du mental, et ce n'est pas superficiel, mais profond.

Nous devons faire la différence entre un mental calme et un mental calmé. Il faut savoir faire la différence entre un mental en silence et un mental forcé d'être en silence.

Quand le mental est calme, il ne lutte pas, il n'y a pas de batailles en lui, il ne désire se libérer d'aucun type de lien, il se trouve dans une authentique plénitude. En revanche, quand le mental est calmé de force, violenté, il s'efforce de rompre ses liens, ses chaînes. Cette guerre, cette lutte, cette bataille se produisent dans les quarante-neuf niveaux du subconscient, infraconscient et inconscient. Alors, il n'y a pas de calme véritable. Quand le mental est en silence, il ne veut pas crier, il jouit de la sérénité. Mais quand le mental est réduit au silence par la force, alors il veut crier, il désire crier et, au fond, il crie réellement, et ses cris, ses sons, son incessant bavardage se produisent dans les niveaux très profonds de l'inconscient, de l'infraconscient et du subconscient.

Ainsi, nous ne devons pas nous leurrer : faisons la différence entre un mental calme et un mental calmé ; faisons la différence entre un mental silencieux et un mental réduit au silence.

L'important est d'arriver au calme et au silence du mental. Ce calme et ce silence se produisent de manière spontanée, naturelle, pure et simple. Cependant pour parvenir à ce calme et à ce silence, on a véritablement besoin d'une profonde compréhension. Il suffit de se rendre compte que le processus de la pensée est terminé, et de se dire : "Voilà, mon mental est en silence", pour qu'en réalité, il ne soit pas en silence. Il suffit de dire : "Voilà, mon mental est en silence", pour qu'il ne soit plus en silence.

C'est pourquoi je dis que le calme et le silence du mental sont très naturels, très spontanés. Dans ces instants, il advient en nous ce qui est nouveau.

Souvent, nous arrivons au calme et au silence du mental précisément quand nous ne cherchons pas à y arriver. Parfois, nous nous extasions devant un beau coucher de soleil, devant le silence imposant de la nuit, devant le tonnerre de la tempête, devant de magnifiques tableaux, de belles peintures, etc., et en ces instants, réellement, nous parvenons au calme et au silence du mental. Ce qui est curieux est que cela se produit quand nous nous y attendons le moins. Il est donc nécessaire, frères, d'apprécier ces moments de spontanéité naturelle de la vie.

Il y a des moments délicieux, des moments réellement admirables, des secondes, qui semblent des siècles de calme et de silence. Dans ces instants, vient toujours à nous, le nouveau, Cela qui est le réel, Cela qui est au-delà du temps.

Lorsque nous voulons nous manifester, monter en haut de l'échelle, ressentir, le mental n'est alors plus tranquille ni en silence. Quand nous faisons des efforts pour arriver au calme et au silence du mental, dans cette même lutte, dans cet effort, il n'y a ni calme, ni non plus de silence.

Ainsi, pour parvenir au calme et au silence du mental, la lutte ne fonctionne pas et l'effort non plus. La force de la volonté peut-elle être utile pour nous ? Dans ce cas précis, non. Il s'avère que ce calme est si naturel... Vous avez certainement connu, un jour, un beau coucher de soleil, n'est-ce pas ? Une nuit merveilleuse au cours de laquelle vibrent les étoiles dans l'Espace infini. Ce sont des secondes où nous nous sentons enchantés, avec un plaisir exquis là à l'intérieur, avec une étrange volupté spirituelle, des minutes pendant lesquelles nous ne pensons pas, où nous nous trouvons tous dans un état de béatitude profonde et divine.

Dans ces moments-là, il y a du calme en nous. On a besoin de cela, du réel, bien que ce soit sous forme d'intuition, comme l'a dit M. Emmanuel Kant, le philosophe de Königsberg, dans sa Critique de la raison pure. Ces secondes sont, bien sûr, très fugaces, mais elles laissent une marque indélébile dans l'âme. C'est l'instant parfait, celui qui vient servir de braise pour, plus tard, aviver, allumer le feu merveilleux de l'amour. Malheureusement, nous nous éloignons de ces moments de bonheur en raisonnant. L'intellect nous sort de notre état paradisiaque. Voilà le grand malheur.

Nous avons besoin du calme et du silence du mental, mais ce n'est pas possible en luttant, parce que dans la lutte, il n'y a pas de calme et encore moins de silence. Atteindre cet état de calme est indispensable et on l'atteint quand il n'y a pas d'effort ; l'effort est un obstacle au calme. Si nous voulons atteindre ce silence imposant et ce calme, nous n'avons pas besoin de nous diviser en morceaux, car le mental nous joue toujours le mauvais tour de se diviser lui-même sans arrêt. Nous divisons toujours entre ceci et cela ce qui s'est passé, ce qui est arrivé, ce qui viendra, ce qui est à moi, ce qu'ils m'ont dit, ce que j'ai dit. Ainsi divisés en autant de morceaux, il nous est impossible de parvenir au calme et au silence du mental.

Quelquefois, nous obtenons un certain état de calme et de silence, et cependant, nous ne ressentons rien, nous ne voyons rien, nous ne percevons rien. Que faire ? Que s'est-il passé ? Si vous étudiez ce cas pendant un moment, vous réaliserez peut-être que quelque chose ne va pas, que quelque chose vous est inconnu. Tant qu'on ignore quelque chose de soi-même, on n'arrive pas à connaître le réel en profondeur.

Si on se juge sévèrement, on pourra voir dans la méditation de nombreux souvenirs, désirs, passions, émotions qui se succèdent les uns aux autres dans une incessante procession. Les vaines pensées, les souvenirs, les désirs, etc., sont précisément les différents agrégats qui constituent le Moi, le Moi-même, le Soi-même. Au total, en voyant nos propres souvenirs, désirs, émotions et passions, raisonnements, etc., qui surviennent dans le mental durant la méditation, nous sommes en train de nous connaître nous-mêmes. Nous devons comprendre, en particulier, chaque chose qui surgit dans la méditation, chaque idée, chaque désir, chaque souvenir, chaque passion ou émotion, et ensuite, l'oublier, bien sûr. Lorsqu'une chose est correctement comprise, elle disparaît du mental, il ne reste en lui aucun souvenir. Lorsque nous avons compris un désir, une pensée, une émotion, etc., pour le moment, il disparaît du mental.

Quand il s'agit de comprendre tout ce qui émerge dans le mental, nous voyons, en fait, le livre de l'Ego. Ainsi, le Moi est un livre de plusieurs volumes, et à mesure que l'on va se connaître soi-même, on va connaître ce qui est réel. C'est pourquoi je dis que lorsque le mental est "apparemment" immobile et silencieux et que rien ne surgit de nouveau, c'est parce que quelque chose n'a pas été compris, c'est parce que les stimuli des choses luttent encore : sur des concepts, sur des idées, etc., au plus profond de soi, dans les tréfonds les plus intimes, et à cause de cela, l'Illumination ne vient pas. Tant qu'il y a un conflit en soi, il n'est pas possible que le nouveau, le réel, vienne nous rendre visite.

Alors, il est nécessaire de nous auto-explorer plus profondément pour voir ce qui se passe, ce qui existe à l'intérieur de nous, et que nous n'avons pas compris. À la fin, nous découvrons ce que c'est, et lorsque nous découvrons et comprenons, nous pouvons alors voir que quelque chose de nous se dissout ; en quelques secondes, l'expérience et la vision du divin arrivent. Nous avons des moments de béatitude quand on arrive à avoir des moments de calme et de silence.

Il est donc très important de se connaître par la méditation, parce que, dans le temple de Delphes, en Grèce, il était écrit : "Nosce te ipsum" : - Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux -, il n'est pas possible de connaître l'Univers et les Dieux si nous ne nous connaissons pas profondément. Le but de toute cette méditation est de nous connaître nous-mêmes pour ensuite avoir la joie de connaître l'Univers et les Dieux.

Quand nous travaillons sur le processus qui consiste à examiner les désirs, les émotions et les passions qui apparaissent sur l'écran du mental, nous sommes aussi en train de nous connaître nous-mêmes. Par conséquent, la connaissance profonde et non superficielle est essentielle.

Vous voyez tous la différence qu'il y a, entre ce que vous appelez "mental en blanc" et ce qui est l'authentique calme et silence du mental.

Dans toutes les écoles, la première chose qu'ils disent à quelqu'un est : "Bien, petits frères, nous allons mettre notre mental en blanc pendant environ cinq minutes". Vous voyez à quel point ces personnes sont superficielles, elles sont creuses. Ce "mental en blanc" est trop absurde, stupide si vous voulez - même si le terme leur semble dur - mais c'est ainsi. Ce que nous allons découvrir est plus que ça. Tous ces concepts sont trop superficiels, je le répète, c'est comme une flaque d'eau sur le chemin, comme un puits sans fond, trop superficiel, trop peu profond. Donc le calme et le silence du mental, c'est mieux. Il faut être profond.

En fait, dans la vie, dans tout ce qui est lié à l'Autoréalisation intime de l’Être, nous avons nécessairement besoin, non seulement de comprendre, mais aussi de saisir la profonde signification de ce que nous avons compris. Car combien de choses dans la vie pensons-nous avoir comprises, mais avec le temps et la distance, nous nous rendons compte que nous ne les avions pas comprises. Donc, cette compréhension est quelque chose de très élastique. Aujourd'hui, nous pouvons comprendre quelque chose et demain, nous réaliserons que nous n'avons rien compris.

Bon, honnêtement, je tiens vraiment à vous dire ceci : il y a des épreuves ésotériques sur le chemin de l'Initiation - et plus encore, dans la Montagne de la Résurrection - que je n'ai pas pu réussir faute de compréhension. Ce que je vous dis est étrange : que moi, je vous enseigne à comprendre alors que j'ai échoué aux épreuves que je n'ai pas comprises.

Je vais vous donner un exemple. Vous vous souvenez du passage de la Bible, de l'Ancien Testament, dans le livre de Daniel, qui explique comment ce grand Patriarche a été jeté dans la fosse aux lions ; il est resté là, en paix et ne subit aucun mal ; ils l'ont sorti indemne de cette fosse. C'est dans l'Ancien Testament.

Tout maître doit passer par cette épreuve. Deux fois, ils m'ont fait passer l'épreuve. Deux fois, j'ai échoué. Ce n'est pas du tout agréable, frères, de se retrouver ainsi, face à des lions. Vous avez vu les lions de Chapultepec, non ? C'est très joli de les voir à travers les barreaux d'une cage comme ça. C'est autre chose de se retrouver devant eux, face à des lions furieux. Je ne sais pas si vous vous sentez capable d'affronter cela. Que diriez-vous de voir, en ce moment, ici, un de ces fauves ? Si par cette porte, entrait un lion sorti d'une de ces cages. Nous sommes très tranquilles, mais je pense qu'après cela, personne ne serait tranquille, non ? C'est quelque chose de terrifiant. Deux fois, ils m'ont envoyé la même épreuve qu'ils ont envoyée à Daniel. Deux fois j'ai échoué. La première fois, j'ai été menacé d'être châtié. J'ai dit : "Accordez-moi la liberté, nul besoin de châtiment ; je vais prendre conscience de cela avec la méditation, sans besoin de châtiment". Bien, ils m'ont remis l'épreuve une seconde fois, c'était pareil. Avec toutes mes bonnes intentions d'affronter ces "bestioles" - c'est certain, elles ne sont pas agréables -, face à face, au moment même où je les ai vues, mes jambes se sont mises à trembler. Je m'en suis senti incapable. Pas étonnant, non ?

C'est terrible et pourtant, c'est une épreuve que tout Adepte doit passer. J'avoue sincèrement que l'épreuve de Daniel dans la fosse aux lions n'a toujours pas abouti, car je la trouve terrifiante. Faire face à un chien ou à un coyote, mais à un lion ! Et pas un, mais plusieurs lions furieux. Qui de vous réussirait ?

Or, cette épreuve implique certaines vertus, certaines qualités dont il se peut que je n'aie pas encore été autoconscient. De quelles vertus s'agit-il ? Sont-elles liées à la sérénité ? À quoi sont-elles liées ?

Le simple mot "sérénité" ne me semble pas suffisant pour identifier l'épreuve, car l'épreuve est vraiment terrible, n'est-ce pas ? C'est quelque chose que donne l'Être. Je me contente uniquement de mentionner ce point pour vous dire que dans tout le processus lié à mes progrès, j'ai dû avancer en étant de plus en plus conscient, parce que les épreuves ésotériques sont liées, précisément à ce dont je croyais avoir déjà pris conscience. L'épreuve du feu, c'est-à-dire, l'épreuve qu'ils me mirent dans cette vie fut de prendre conscience de la sérénité. Dans chaque épreuve, il faut prendre conscience de ce dont on croit être conscient. Eh bien, vous pourriez me dire que je suis serein, mais voyons au moment d'une bagarre si je ne me transforme pas en un autre.

Dans mon cas, dans la fosse aux lions, j'ignore quand et à quelle époque, je vais en prendre conscience. Je vais devoir travailler sur moi, au moins un an de plus, pour arriver à prendre conscience des vertus qu'implique cette épreuve. Au moment où j'y parviendrai, je vous le ferai savoir ; je n'y suis pas encore arrivé. Quel genre de vertus spécifiques correspondent à cette épreuve ? Parce qu'il n'y a pas de doute que si je n'ai pas réussi cette épreuve, c'est parce que ces vertus spécifiques, soit me manquent, soit je n'en ai pas conscience. Autrement, on n'explique pas pourquoi elles manquent.

J'ai déjà travaillé avec de bonnes intentions avec un Indien aztèque. Ainsi, l'Initié aztèque m'avait promis qu'il me soumettrait à la dure épreuve. Après quelques jours de méditation, six jours, j'étais prêt pour l'épreuve. Plus tard, j'ai dû me rendre à l'évidence que je ne l'étais pas, bien que je pensais que ce n'était qu'une question de courage, de ne pas avoir peur de ces "bestioles", d'entendre leurs rugissements sans broncher, de voir leurs terribles griffes se jeter contre l'insignifiante personne que je suis sans que cela altère mon âme ; je pensais juste que c'était ça. Mais, j'ai dû me rendre à l'évidence qu'il ne s'agit pas seulement d'une question de courage, mais que l'épreuve impliquait des vertus spécifiques que j'ignorais encore.

Naturellement, je dois m'efforcer de prendre conscience de ce type de vertus. J'espère que la troisième fois, elles ne me feront pas défaut à l'heure de me retrouver face à la meute à la crinière, si terrible avec leurs yeux embrasés lançant des flammes et leurs griffes de félin qui veulent détruire notre vie. Si je réussis, je vous raconterai l'histoire ; si je ne réussis pas, je vous la raconterai aussi. Pour l'instant, je n'ai pas réussi. Vous voyez donc que tout est une question de prise de conscience, et c'est extrêmement important, bien sûr.
Modifié en dernier par Gemani le 16 mai 2023, 22:16, modifié 1 fois.
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Par conséquent, quand il s'agit de l'Illumination, il faut commencer par se connaître soi-même, par prendre conscience de que nous avons d'inconscient. Fondamentalement, nous avons tous de nombreuses qualités que nous ignorons et de nombreux défauts que nous ignorons également ; et au moment opportun, nous devrons faire un inventaire de nous-mêmes : acquérir de nombreuses facultés que nous croyons avoir, mais que nous n'avons pas, et éliminer beaucoup de défauts que nous croyons ne pas avoir et que nous avons. En d'autres termes, simplement, se connaître soi-même, respecter la maxime du temple de Delphes : "Nosce te ipsum" : - Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux -.

Dans tout cela, il y a des degrés et des degrés, des niveaux et des niveaux. À mesure que la conscience progresse dans le processus d'auto-développement intérieur profond, nous nous libérons de plus en plus des processus du mental. Quand le mental est réellement illuminé, la seule chose qui est en nous est la conscience. Quand le mental est illuminé, ce qui est en nous est réellement l’Être, et cela est en soi amour et félicité.

Indiscutablement, nous devons tous développer des pouvoirs supérieurs au mental. Krishnamurti a déjà enseigné que l'intuition était la clé de l'intelligence. Mais, mes chers frères, j'ai réfléchi un peu sur cette question de l'intuition.

Vous voyez : lorsqu'un homme perd la vue, il devient aveugle, alors pour se guider, il a besoin d'un bâton, d'une canne. On sait aussi que tout aveugle développe le sens du toucher de façon extraordinaire. Il y a des aveugles qui savent reconnaître à merveille les billets de cinq ou de dix seulement avec le sens du toucher et il y a des aveugles qui, par le simple toucher, peuvent parfaitement lire. Il y a aussi une technique pour lire, bien organisé, à l'Institut pour aveugles. Le sens du toucher se développe à merveille chez un aveugle !

On sait qu'autrefois, l'humanité possédait la polyvoyance. C'est-à-dire, le pouvoir de perception, situé dans la glande pinéale, dans la partie supérieure du cerveau, qui était pleinement développée, et avec cet Œil de Diamant, avec cet Œil de Dangma - comme on voudra bien l'appeler -, ils percevaient les mondes supérieurs, les grandes réalités de l'Esprit.

À cette époque, les archives akashiques de la nature étaient ouvertes à tous. Les êtres humains étaient en contact avec des êtres ineffables et pouvaient parler face à face avec eux. C'était à l'époque où le lait et le miel jaillissaient des fleuves d'eau pure de la vie. C'étaient les temps paradisiaques où il n'existait ni le mien ni le tien, et tout appartenait à tout le monde et tout le monde pouvait prendre de l'arbre du voisin sans aucune crainte. Mais quand l'humanité mangea le fruit dont on lui avait dit "Tu n'en mangeras point !", alors ce sens merveilleux, cette divine polyvoyance se perdit parce que la glande pinéale s'atrophia.

Aujourd'hui, les fonctions de cette glande s'expriment en nous, seulement sous forme d'intuition, de pressentiment, l'intuition en nous comme disent les médecins. Et néanmoins, la télévision, la radio et les ondes tentent de la détruire, en prenant ce "sens délicat" de l'aveugle - de la glande pinéale - comme une simple fantaisie ou hallucination. Vous voyez comment les forces du mal s'efforcent de détruire jusqu'aux résidus de ce qu'était ce merveilleux sens que nous appelons aujourd'hui "l'intuition".

Étant donné que l'humanité est aveugle à ce sens superlatif, transcendantal, divin - comme celui de l'aveugle l'est pour les sens purement tridimensionnels -, il ne reste que le sens du toucher, le pressentiment qu'on appelle "intuition". Je pense que ce sens correspond évidemment plus à son véritable terme de "polyvoyance" plutôt qu'à la simple intuition. Intuition, pour la faculté sans développement ou atrophiée et polyvoyance pour la faculté pleinement active, développée et régénérée au moyen de la transmutation sexuelle. Quand la faculté de cette glande pinéale est dûment régénérée, il y a polyvoyance ; quand elle est dégénérée, il y a intuition.

Ainsi, entre le sens de l'intuition et le sens du toucher des aveugles communs et courants du monde tridimensionnel d'Euclide, il existe un parallèle très intéressant. Quelque chose qui est conforme à la loi de la concomitance, une similitude exacte. Ce qui est intéressant, c'est de revenir à nouveau pour régénérer cette glande pinéale, acquérir une complète polyvoyance, cesser d'être un aveugle de la glande pinéale. Quand cela se produit, alors il n'y a pas d'intuition, mais de la polyvoyance.

C'est quelque chose que très peu ont parfaitement digéré et que nous devons vraiment comprendre. Or, il est certain qu'au moyen de la méditation, à travers le calme et le silence du mental, la glande pinéale va peu à peu s'activer. Il est également très vrai qu'avec la transmutation, à la fin, cette glande se régénère complètement. Alors, il advient l'Illumination qui n'est autre que la récupération de la vue en soi. De même, nous pourrions dire qu'un aveugle commun et ordinaire qui recouvre la vue est parvenu à l'Illumination dans le monde physique, puisqu'il peut voir le monde tridimensionnel. De toute évidence, l'individu qui développe et régénère sa glande pinéale et récupère la vue de l'Esprit, on dit aussi qu'il est parvenu à l'Illumination.

Ainsi, tout ce qui concerne l'Illumination est quelque chose qui mérite vraiment d'être profondément compris. Un moyen pratique d'atteindre cette Illumination est de savoir méditer. C'est pourquoi le Bouddha Gautama Sakyamuni a vécu dans une incessante méditation. Tous les Bouddhas qui ont été illuminés se sont livrés à la méditation. Tous les Bouddhas de Contemplation sont de véritables athlètes de méditation.

Il n'est pas possible de vraiment progresser sans pratiquer la méditation. C'est au moyen de la méditation que l'on doit travailler sur soi-même. Par exemple, je dois maintenant travailler intensément sur moi-même grâce à la méditation. Pour quelle raison ? Pour devenir plus conscient des vertus qui correspondent exactement à l'épreuve de la fosse aux lions. Et bien sûr, j'ai du mal à dire que la simple sérénité est suffisante, ou par simple machisme dire : "Je n'ai pas peur de vous ! Venez !". J'ai compris que cela ne suffit pas, ça suppose des vertus que je ne connais pas pour l'instant.

Tu as la parole, mon frère.

Disciple : Maître, dès que vous parlez de ça, nous nous sommes souvenus du dicton très connu et très populaire qui dit : "La bonté dompte les fauves".

Maître : C'est peut-être celle-là, jusqu'à un certain point, l'une des qualités nécessaires pour dompter ces bêtes. Mais nous devons savoir si c'est celle-là ou s'il s'agit d'une vertu différente, et nous pourrons le savoir, seulement à travers une méditation profonde. Nous devons extraire les valeurs correspondantes à l'épreuve, des profondeurs superlatives de la Conscience. Si nous savons extraire dans le puits le plus profond, si nous extrayons une si petite qualité, une fois obtenue en nous, nous deviendrons grands, non ? En tout cas, il faut lutter pour y arriver.

Y a-t-il des questions, frères ?

Bon, je crois, en tout cas, que vous devriez penser que la connaissance de soi est la base du progrès intérieur profond. Mais, nous croyons nous connaître nous-mêmes, mais nous ne nous connaissons pas, c'est ce qui est le plus grave. Il y a tellement de trésors que nous portons à l'intérieur et que nous ignorons. Nous possédons aussi des défauts que nous ne connaissons pas. Il y a des vertus tellement indispensables qu'il est même possible que nous possédions, mais sans en être conscients.

Sans aucun doute, dans tout cela, nous avons besoin de nous rendre de plus en plus conscients de nous-mêmes. Une chose est de dire : "Il faut que nous devenions plus conscients de nous-mêmes" et autre chose est de devenir réellement conscients de nous-mêmes. Une chose est de dire : "Nous allons devenir plus conscients" et autre chose est d'avoir conscience que nous devons devenir plus conscients. Parce que nous pouvons affirmer intellectuellement : "Nous allons devenir plus conscients", mais c'est autre chose que d'avoir conscience de ce que nous sommes en train de dire. Si nous affirmons consciemment que nous allons devenir plus conscients, véritablement, bien que ça semble un contresens, c'est probablement réel. Mais seulement l'affirmer de manière intellectuelle n'est pas avoir conscience de ce que nous sommes en train d'affirmer. Il se peut que nous échouions dans nos objectifs.

Je reviens encore sur l'histoire en relation avec la fosse aux lions de Daniel. Lorsqu'on m'a soumis à cette épreuve de l'Initiation aztèque, réellement, je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir de la terreur ; ils ne sont pas du tout agréables quand ils viennent te griffer. Bien sûr, pour me convaincre de passer l'épreuve, je me disais : "Tu n'as pas à avoir peur de ces lions".

Bien sûr, il n'est pas nécessaire que je sois puni. Avec la permission de mon Être, que je prenne conscience de cela par la méditation ! Quand on prend conscience de quelque chose grâce à la méditation, la punition est inutile. C'est comme ça. Bon, j'ai pris la résolution de prendre conscience de cette épreuve. J'ai pratiqué la méditation pendant plusieurs jours dans le but évident de triompher. Puis, j'ai arrêté la méditation sur ce sujet, considérant que j'avais pris conscience de l'épreuve.

Mais, la répétition de l'épreuve et de l'échec m'a démontré que je ne m'étais pas encore rendu compte de la signification profonde de cette épreuve.

À présent, je peux vous assurer qu'au moins maintenant, j'ai conscience que je dois devenir plus conscient de l'épreuve. Ce n'est plus une affirmation purement intellectuelle, maintenant, c'est déjà plus profond, je vois que c'est tout un travail, un travail en profondeur. Il faut se plonger dans les puits les plus profonds de l'Univers pour extraire, de ces profondeurs, les vertus dont on a besoin pour devenir conscient de ces vertus et pour, plus tard, pouvoir supporter l'épreuve une troisième fois.

J'ai réussi d'autres épreuves avec succès, c'est sûr : l'épreuve de la justice, bien qu'elle soit par étapes, je l'ai réussie. Mais, je trouve celle de la fosse aux lions très difficile. En cet instant précis, je ne me sens toujours pas prêt à la passer. Elle est dans l'Ancien Testament, vous pouvez le lire dans l'Ancien Testament, dans le livre de Daniel. C'est trop terrible. Ces bestioles n'ont rien d'agréable.

J'ai également pu mettre en évidence, au fil du temps, que lorsqu'on prend conscience de quelque chose, la force de la volonté n'est plus nécessaire.

Normalement, nous disons : Notre lemme-devise est "Thelema", la Volonté, et c'est ainsi. On a besoin de la force de volonté, de la volonté, pour s'auto-juger, pour s'auto-contraindre, pour être déterminé, pour corriger certains défauts, etc. Mais lorsqu'on est déjà vraiment conscient d'un défaut, quand en fait, on est conscient à cent pour cent d'un défaut et de tout ce que ce défaut implique, la compréhension arrive naturellement, sans avoir besoin de se forcer avec la volonté. Dans ce cas, la volonté est mise de côté et une vertu fleurit naturellement à la place du défaut qui a été éliminé, parce que chaque défaut éliminé est remplacé par une nouvelle vertu qui arrive naturellement et spontanément. Quand cela se produit, quand cela apparaît, alors on met de côté la force de volonté.

Je crois que la volonté est nécessaire comme béquilles pour marcher. Quand on a compris quelque chose, quand on est devenu pleinement conscient de ce qu'on a compris, à quoi sert la force de la volonté ? Malheureusement, nous sommes irascibles : par exemple, nous sommes furieux alors, nous avons besoin d'une terrible force de volonté pour ne pas exploser à n'importe quel moment. Par exemple, vous savez que quelqu'un qui a mauvais caractère se bat et se bat encore tout à coup, par là. L'irascible, qui est à l'intérieur, explose. Bon, c'est clair ; alors il a besoin d'une force de volonté terrible pour ne pas exploser. Il se peut que par volonté, il réussisse à ne pas exploser, pour l'instant, il peut réussir. Mais, quand il a éliminé le défaut de la colère, alors il n'a plus besoin de la force de volonté pour ne pas se mettre en colère. Il est doux de nature, il n'a jamais de colère, eh bien, que des gens l'insultent, il ne ressent pas de colère. Alors, pourquoi utiliserait-il la force de la volonté dans ce cas s'il ne ressent pas la colère ?

Quand on est complètement autoconscient de quelque chose, on n'a plus besoin de la force de volonté, on agit naturellement, sans avoir besoin de se pousser, sans avoir à se forcer. Avant, naturellement, c'est beaucoup plus violent. Cependant maintenant, on agit aussi naturellement qu'un arbre solitaire au bord du chemin. Et ce qui est, est.

Alors, mes chers frères, je vous dis tout cela dans le but que vous voyez la nécessité de devenir de plus en plus conscient de soi-même. Ainsi, bien que cela ne semble pas être en relation avec le calme et le silence du mental, eh bien, c'est le cas. À mesure que nous serons de plus en plus conscients de nous-mêmes, le calme et le silence seront de plus en plus réels, profonds. Et quand la totalité est autoconsciente, on atteint aussi le calme et le silence du mental. Nous pouvons donc pratiquer la méditation, bien que ça coûte, avec beaucoup de foi.

Il y a quelque chose qui doit être éliminé dans la méditation, c'est le scepticisme. Non seulement dans la méditation, mais aussi dans la vie pratique, sous tous ses aspects, parce que le scepticisme nuit au mental, empêche le calme, nous entrave. Le sceptique est démoniaque par nature. En tout cas, un médiocre est médiocre ! Aucun grand Homme, au cours de la vie, au cours des siècles, n'a été sceptique. Jusqu'à présent, on sait que tous les grands génies de l'Histoire ont été des hommes de foi. Ceux qui ont excellé en tant que médiocres au cours de la vie font partie de la société composée de sceptiques. Il doit donc y avoir la foi lorsque nous pratiquons la méditation, la foi dans tous nos travaux ésotériques. Ne doutez pas, ayez la foi parce que, comme l'a dit Jésus-Christ, "Ayez la foi comme un grain de moutarde et vous déplacerez des montagnes". La foi fait des miracles, des merveilles. Quand on a foi dans la méditation, on est sur le chemin de l'Illumination et on arrive inévitablement à l'Illumination.

Maintenant je vais répondre aux questions. Il est nécessaire que vous deveniez autoconscients de tout cela et, par conséquent, il convient que vous posiez vos questions pour clarifier. Parle frère :
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D. Vénérable Maître, l'entretien m'a paru merveilleux parce que nous avons entendu à maintes reprises "Connais-toi toi-même", mais sans avoir compris la profonde signification de ce concept. Cependant, maintenant, vous lui avez donné un sens. Il semble que vous nous avez dit que "se connaître soi-même" signifie connaître, précisément, ces vertus et ces défauts que nous ignorons avoir à l'intérieur de nous-mêmes.

M. C'est vrai. Il y a des vertus que nous avons et nous ne savons pas que nous les avons, et il y a en nous des défauts que nous croyons ne pas avoir, et, au moment voulu, il nous faut faire un inventaire de tout cela et le mettre sur le tapis.

D. À ce propos, Maître, j'aimerais que vous nous expliquiez quand nous pouvons envisager une limite à la vertu de l'humilité ; où commence ce que nous pourrions appeler la dignité et où se termine-t-elle ; où commence ce qu'on pourrait appeler la bassesse et où se termine-t-elle ?

M. Dans le monde de la haute société, j'ai connu des gens immensément riches avec des capitaux, de grandes fortunes, qui vivaient dans de très bonnes conditions, ça c'est évident et pourtant, extrêmement humbles ; et j'ai connu beaucoup de misérables terriblement orgueilleux. De sorte que nous devons faire la différence entre être humble et être humilié.

Se vêtir convenablement, vivre élégamment avec belle allure, avoir ce qu'il faut pour vivre, ce n'est pas de l'orgueil, c'est simplement de la dignité. Ainsi, vous comprenez clairement où doit finir l'humilité, où doit commencer la dignité.

Comprenez par dignité ou par personne digne, celle qui sait vivre dans la dignité. Qui vit dans la dignité ? Celui qui possède la manière droite de penser, la manière droite de ressentir, et la manière droite d'agir. Voilà la limite. Une vie droite, des pensées droites, une action droite, un sentiment droit. Celui qui agit ainsi, avec rectitude, est digne. Mais, si quelqu'un dit qu'il est digne et n'agit pas avec rectitude, eh bien, il ne l'est pas.

L'humilité et la rectitude sont intimement liées. On ne pourrait pas vivre d'une manière droite sans être humble ; on ne pourrait pas agir avec une véritable humilité sans être droit. Ainsi, humilité et rectitude vont dans le même sens. L'humilité est la condition indispensable à la vie droite. C'est la condition de l'humilité, la vie droite. Je crois que nous nous sommes expliqués sur cela déjà profondément.

D. Mais, dans un cas concret, par exemple : une personne arrogante en humilie une autre. Est-ce qu'elle ne perd pas un peu de sa dignité en se soumettant, ne tombe-t-elle pas dans la bassesse ?

M. Celui qui vit réellement dans la rectitude ne peut jamais tomber. A-t-on déjà vu Dieu détruire les personnes droites ? Celui qui tombe, c'est l'arrogant qui essaie d'humilier une personne droite. Mais aucune personne droite ne peut jamais tomber.

Souvenez-vous que celui qui veut faire du mal aux autres se fait du mal à lui-même. On peut rester serein devant un insulteur, devant un despote, devant un arrogant. Et celui-ci peut tonner et tonitruer, il est libre de le faire s'il le veut. Mais si on reste ferme dans la rectitude, on ne peut en aucun cas tomber. Celui qui tombe est l'arrogant, devant la Divinité, devant les lois du Cosmos, devant le Karma. Mais celui qui vit dans la rectitude ne tombe pas. Ce n'est pas ignoble que d'être dans la rectitude, l'ignoble serait de ne pas être dans la rectitude.

D. Peut-on comparer cela au sens profond de tendre l'autre joue ?

M. Bien sûr, savoir embrasser le fouet du bourreau, aimer celui qui nous hait, mais l'aimer vraiment, non pas par simple fanatisme religieux, non pas de manière superficielle, mais profondément, sincèrement, spontanément. Voilà ce qui est important. Voilà le sens de "tendre l'autre joue", aimer nos pires ennemis, rendre le bien pour le mal.

J'ai rencontré beaucoup de personnes qui sont d'accord avec la doctrine, avec "tendre l'autre joue", et si on les insulte, elles bénissent, mais elles le font en se forçant, de manière superficielle, par fanatisme, parce qu'elles ne sont pas conscientes de cette vérité. Quand on prend conscience de cette vérité christique évangélique et quand on agit de manière spontanée conformément à cette vérité, on fait un pas de géant sur le chemin de l'autoréalisation intérieure profonde.

Il y a beaucoup de sourires dont le fond est terrible. J'ai connu des gens qui sourient impassiblement devant l'insulteur et ils sourient jusqu'à ce que leurs joues se figent, mais ils le font par fanatisme, parce que dans les tréfonds, il y a de la colère, vraiment terrible ! C'est une étape, certes, mais très superficielle.

Une autre chose est la spontanéité née de la conscience. Celui qui bénit ses pires ennemis avec un véritable amour, non feint, ou masqué, ou artificiel, ou motivé par des incitations religieuses fanatiques, mais d'une façon naturelle, intime, consciente, pleine, née précisément des profondeurs les plus inconnues de l'Être, c'est différent.

Y a-t-il d'autres questions, frères ?

D. Maître, en ce qui concerne la fosse aux lions, doit-on affronter les lions malgré la peur ?

M. Il ne s'agit pas là d'avoir peur ou de ne pas avoir peur. Il s'agit de priorités. J'aimerais te voir dans la fosse aux lions, que ferais-tu ?

D. Je m'évanouirais.

M. L'épreuve est très difficile. Daniel, le Prophète, l'a passée. Quant à moi, ça a été très difficile, je n'ai pas réussi à la passer.

D. Pour la passer, même si on a toujours un peu de peur, on doit les affronter...

M. C'est très joli de dire en théorie qu'on les affronte. C'est autre chose d'être sur le terrain des faits, de voir si c'est sûr que tu vas les affronter. Ça change tout, là, les meilleures théories s'en vont et il ne reste plus que le cru réalisme d'une palpitante actualité. Qu'en penses-tu ?

D. Quand j'étais très jeune, j'ai rêvé de lions pendant de nombreuses années, et l'un d'entre eux m'a griffé, le sang coulait. J'ai eu une peur terrible, horrible. Je me voyais toujours courir, courir, jusqu'à arriver dans une maison dont les lions essayaient d'ouvrir la porte, alors j'ai dit : "Je n'ai plus peur" et je suis sorti pour les affronter, et ils sont partis et je n'ai plus jamais fait ce rêve.

M. Tous ces rêves correspondent à un souvenir de l'auguste Rome des Césars, quand tu étais parmi les gnostiques chrétiens des catacombes et que tu as été jetée dans le cirque aux lions et déchiquetée par eux. Ce n'est pas un rêve vain ni un rêve qui correspond à l'époque actuelle, mais à une tragédie que tu as vécue, c'est complètement différent. J'aimerais te voir maintenant dans la fosse aux lions pour voir ce que tu ferais...

Sans aucun doute, sœurs et frères, prendre conscience de soi-même est très intéressant. Et maintenant que vous vous en rendez compte, il me vient à l'esprit, à cet instant quelque chose de très intéressant. Il se trouve que j'ai toujours été, sur le chemin de la vie, pendant de nombreuses années, constamment assailli par un rêve étrange. Je me voyais entrer dans une très vieille maison, dans un ancien vestibule plutôt classique de l'époque coloniale, ou précoloniale. Ensuite, j'eus des relations amoureuses avec une grande dame, mais cette dame - je le savais dans mes rêves - était mariée. Mais alors, profitant de l'absence de son mari, j'entrai et j'eus des relations sexuelles avec elle. Puis je perçus que l'homme arrivait - le mari - et alors, naturellement, je tentai de fuir. Il me vit bondir de la chambre de la dame, par une vieille fenêtre qui donnait sur un grand patio et l'homme arriva avec son épée de feu. C'était au temps du Moyen Âge.

Je n'aimais pas du tout ce rêve, surtout parce que je suivais le chemin de la Voie Directe, je faisais des efforts pour l'Autoréalisation intime, et tout à coup, je me suis senti adultère avec une dame mariée, et tout ça, et poursuivi par son mari qui voulait m'éliminer. Je pensais que c'était trop désagréable. À la fin, un de ces jours, au moment où l'homme fuyait et arrivait avec son épée - parce que ce rêve se répétait avec une certaine fréquence, toute la vie répétant la même histoire -, à ce moment-là, je m'arrêtai, j'éliminai la peur pendant un moment, et je dis : "Ça suffit, c'est le point final". Lorsque l'homme s'approcha de moi avec son épée dégainée, je lui dis : "Arrêtons ces plaisanteries. Ce qui s'est passé ici, dans le monde astral, correspond à un événement du Moyen Âge, à l'époque où je vivais en Europe. C'est-à-dire que c'est du passé ! La scène s'est répétée dans la lumière astrale sous forme d'un rêve. C'est mieux que nous dissolvions cette forme mentale, dis-je à l'homme.

Alors il a dit : "C'est vrai, c'est comme ça. Moi aussi, toute ma vie, je me suis vu impliqué dans ce rêve, et si c'est toujours une forme mentale, pourquoi devrions-nous continuer à nous tourmenter la vie mutuellement avec ce rêve ? C'est mieux de désintégrer cette forme mentale". Il prit son épée et moi la mienne et, avec la flamme, nous désintégrâmes toutes les formes de ce rêve, nous le réduisîmes en poussière. Nous nous fîmes une grande accolade avec les trois signes des Adeptes, et s'en fut fini à jamais. Cela correspond donc à un fait, oui, qui s'est passé réellement, mais c'est du passé.

Il en a été de même pour le rêve des lions que la sœur a eu. Cela correspond à un fait, oui, où tu as été jetée dans le cirque de Rome et déchiquetée par des lions affamés. Tu étais gnostique, oui. Avec la connaissance, nous sommes tous reliés. Ce n'est pas la première fois que nous sommes ici à étudier la Gnose. Mais, qu'est-ce qui se passe ? La Conscience dort, bien sûr, vous savez que vous me connaissez, car la Conscience le sait. Ce que vous n'avez pas, c'est la pleine Conscience d'où et comment. Mais vous savez que vous me connaissez.

D. Que signifie avoir, pendant quelques brefs instants, la Conscience de l'immensité du Cosmos, de l'Univers et de se sentir dans une terrible solitude ?

M. Quand on est jeté en prison, on a la même sensation : dehors, on voit le ciel ouvert, le paysage, les montagnes, et pourtant on est enfermé dans une prison. C'est ainsi. C'est pareil pour la Conscience qui est mise dans un cachot, l'Ego, le Moi. Elle a toujours eu le sentiment d'être une prisonnière, et elle est vraiment prisonnière. Elle se trouve réellement dans le cachot de l'Ego, et elle veut vivre sa liberté, et elle souffre de cette nostalgie. C'est précisément pour cela qu'il y a des gens qui cherchent une évasion et se noient dans l'alcool, les drogues, la marijuana, bref, dans tous les plaisirs de la Terre, pour en finir avec cette solitude, avec ce sentiment de vacuité, avec cette dépression morale ou cette douleur. Donc, ils ne trouvent pas d'autre moyen que celui des vices. Mais, il faut reconnaître que la Conscience est coincée dans l'Ego qu'il faut affronter, confronter, nous auto-explorer nous-mêmes, nous autoconnaître, pour pouvoir éliminer cette prison, cet Ego, ce Moi dans lequel nous sommes embouteillés.

En fait, l'Ego, c'est les ténèbres en nous, c'est quelque chose de fatal, une harpie laide, horrible. Et tant que nous avons l'Ego à l'intérieur, nous sommes sinistres. Voilà pourquoi tous les petits frères se jugent les uns les autres, en disant : "Untel, ah, c'est un mage noir. Untel est une magicienne noire de Lucifer". C'est faux, parce que tout le monde est un mage noir. Tout être humain, tant qu'il a l'Ego à l'intérieur, est plus ou moins noir.

Blanc, pur, c'est seulement quand on a éliminé l'Ego. C'est la crue réalité.

Eh bien, je pense que nous allons commencer notre méditation, frères.

Paix Invérentielle !
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Español 065 LA NECESIDAD DE COMPRENDER NUESTRA MENTE
Français CONFÉRENCE N°284 : LA NÉCESSITÉ DE COMPRENDRE NOTRE MENTAL

LA NECESIDAD DE COMPRENDER NUESTRA MENTE (1:03:37)

Traduction d'une conférence de Troisième Chambre intitulée « LA NECESIDAD DE COMPRENDER NUESTRA MENTE » (1972, Mexico D.F.)

CONTEXTO: TERCERA CÁMARA / FECHA DE GRABACIÓN: 1972/??/?? (ESTIMADA)


La mente, realmente, con su incesante batallar de antítesis, mantiene a La Conciencia embotellada, enfrascada. Cuando se trate de lograr la quietud y el silencio de la mente, debemos nosotros saber cómo.

En réalité, le mental avec son incessante bataille des antithèses maintient la conscience embouteillée, enflaconnée. Quand il s'agit d'atteindre le calme et le silence du mental, nous devons savoir comment faire.

Casi todas las escuelas nos hablan de la mente en blanco, pero nosotros debemos discernir entre lo que es tener la mente quieta y en silencio durante la meditación y lo que es eso de «mente en blanco».

Presque toutes les écoles nous parlent du « mental en blanc », mais nous devons discerner ce qu'est un mental serein et en silence durant la méditation, et ce qu'est le « mental en blanc ».

Aquello de «mente en blanco» resulta en el fondo demasiado absurdo, algo superficial. Yo he estado en grupos, por ejemplo, donde se les dice a los asistentes: «Hermanos, pongan la mente en blanco». (Durante unos cinco minutos o diez, los asistentes todos ponen la mente en blanco. Pasan los diez minutos ya). «Ahora vamos a entrar en una conferencia». Total, que eso era una cuestión completamente absurda. Es demasiado inexacto. Es demasiado hueco ese concepto de mente en blanco, es un charco de muy poca profundidad. Nosotros vamos más lejos en esta cuestión. Vamos a la quietud y al silencio de la mente, pero eso no es de superficie, sino de fondo.

Tout ce qui est du « mental en blanc » s'avère, en fait, vraiment absurde, superficiel. Je suis allé dans des groupes où l'on disait aux assistants : « Frères, mettez le mental en blanc ». Pendant cinq ou dix minutes, les assistants mettaient tous le mental en blanc. Au bout de dix minutes : « Maintenant, nous allons commencer une conférence ». Total, c'était une question complètement absurde. C'est trop inexact. Ce concept du « mental en blanc » est trop creux, c'est une flaque très peu profonde. Nous, nous allons plus loin dans ce thème. Nous allons à la quiétude et au silence du mental, et ce n'est pas superficiel, mais profond.

Hay que distinguir entre lo que es una mente que está quieta y una mente que está aquietada. Hay que saber hacer distinción entre lo que es una mente que está en silencio y lo que es una mente que está silenciada violentamente.

Nous devons faire la différence entre un mental calme et un mental calmé. Il faut savoir faire la différence entre un mental en silence et un mental forcé d'être en silence.

Cuando la mente está quieta, no lucha, no hay en ella batallas, no desea soltar ninguna clase de amarras, se encuentra en auténtica plenitud. En cambio, cuando la mente está aquietada a la fuerza, violentada, pugna por romper pues, sus amarras, sus cadenas. Tal pugna, tal lucha, tal batallar se procesa en cuarenta y nueve niveles subconscientes, infraconscientes, inconscientes. Entonces no hay verdadera quietud. Cuando la mente está en silencio, no quiere gritar, goza de la serenidad. Pero cuando la mente esta silenciada a la fuerza, entonces quiere gritar, desea gritar y, en el fondo, realmente grita, y sus gritos, sus sonidos, su incesante parloteo, se procesa en niveles muy profundos del inconsciente, del infraconsciente y del subconsciente.

Quand le mental est calme, il ne lutte pas, il n'y a pas de batailles en lui, il ne désire se libérer d'aucun type de lien, il se trouve dans une authentique plénitude. En revanche, quand le mental est calmé de force, violenté, il s'efforce de rompre ses liens, ses chaînes. Cette guerre, cette lutte, cette bataille se produit dans les quarante-neuf niveaux du subconscient, infraconscient et inconscient. Alors, il n'y a pas de calme véritable. Quand le mental est en silence, il ne veut pas crier, il jouit de la sérénité. Mais quand le mental est réduit au silence par la force, alors il veut crier, il désire crier et, au fond, il crie réellement, et ses cris, ses sons, son incessant bavardage se produisent dans les niveaux très profonds de l'inconscient, de l'infraconscient et du subconscient.

Así pues, no debemos engañarnos: Distingamos entre lo que es una mente que está quieta y una mente que está aquietada; distingamos entre lo que es una mente que está en silencio y una mente que está silenciada.

Ainsi, nous ne devons pas nous leurrer : faisons la différence entre un mental calme et un mental calmé ; faisons la différence entre un mental silencieux et un mental réduit au silence.

Lo importante es llegar a la quietud y al silencio de la mente. Esa quietud y ese silencio devienen en forma espontánea, natural, simple y sencilla. Empero para llegar a tal quietud y a tal silencio, se necesita verdaderamente comprensión de fondo. Basta con el hecho de darse uno cuenta de que ya terminó el proceso del pensar, basta con el hecho de decir «ya está quieta mi mente», para que realmente no esté quieta; basta con el hecho de decir «ya está en silencio mi mente», como para que ya no esté en silencio.

L'important est d'arriver au calme et au silence du mental. Ce calme et ce silence se produisent de manière spontanée, naturelle, pure et simple. Cependant pour parvenir à ce calme et à ce silence, on a véritablement besoin d'une profonde compréhension. Il suffit de se rendre compte que le processus de la pensée est terminé, et de se dire : « Voilà, mon mental est en silence », pour qu'en réalité, il ne soit pas en silence. Il suffit de dire : « Voilà, mon mental est en silence », pour qu'il ne soit plus en silence.

Por eso es que, digo que la quietud y el silencio de la mente son muy naturales, muy espontáneos. En esos instantes es cuando adviene a nosotros lo nuevo.

C'est pourquoi je dis que le calme et le silence du mental sont très naturels, très spontanés. Dans ces instants, il advient en nous ce qui est nouveau.

Muchas veces, llegamos a la quietud y al silencio de la mente precisamente cuando no estamos intentando lograrlo. A veces nos extasiamos con un bello atardecer, con el silencio imponente de la noche, con el trueno en la tempestad, con algún cuadro hermosísimo, alguna bella pintura, etc., y en esos instantes, realmente, hemos logrado la quietud y el silencio de la mente. Lo curioso de eso es que se produce cuando menos lo hemos intentado. Es, pues, necesario, hermanos, apreciar esos momentos de espontaneidad natural de la vida.

Souvent, nous arrivons au calme et au silence du mental précisément quand nous ne cherchons pas à y arriver. Parfois, nous nous extasions devant un beau coucher de soleil, devant le silence imposant de la nuit, devant le tonnerre de la tempête, devant de magnifiques tableaux, de belles peintures, etc., et en ces instants, réellement, nous parvenons au calme et au silence du mental. Ce qui est curieux est que cela se produit quand nous nous y attendons le moins. Il est donc nécessaire, frères, d'apprécier ces moments de spontanéité naturelle de la vie.

Hay instantes deliciosos, hay momentos realmente admirables, segundos, dijéramos, que parecen siglos de quietud y silencio. Siempre, en esos momentos, nos visita lo nuevo, eso que es lo real, eso que está más allá del tiempo.

Il y a des moments délicieux, des moments réellement admirables, des secondes, qui semblent des siècles de calme et de silence. Dans ces instants, vient toujours à nous, le nouveau, Cela qui est le réel, Cela qui est au-delà du temps.

Cuando nosotros queremos surgir, trepar al tope de la escalera, hacernos sentir, ya la mente no está quieta ni en silencio. Cuando nosotros nos esforzamos por lograr la quietud y el silencio de la mente, en esa misma lucha, en tal esfuerzo, no hay quietud ni tampoco silencio.

Lorsque nous voulons nous manifester, monter en haut de l'échelle, ressentir, le mental n'est alors plus tranquille ni en silence. Quand nous faisons des efforts pour arriver au calme et au silence du mental, dans cette même lutte, dans cet effort, il n'y a ni calme, ni non plus de silence.

Así pues, para conseguir la quietud y el silencio de la mente, la lucha no sirve ni tampoco el esfuerzo. ¿Servirá acaso la fuerza de la voluntad? En este caso concreto, no. Resulta que tal quietud es tan natural. Ustedes habrán experimentado algún día una bella puesta de sol, ¿verdad?, una noche hermosísima en que las estrellas palpitan en el espacio infinito. Son segundos en que nos sentimos arrobados, con un goce exquisito allá adentro, con una extraña voluptuosidad espiritual, minutos en que no pensamos, en que nos encontramos todos en un estado de beatitud profunda y divinal.

Ainsi, pour parvenir au calme et au silence du mental, la lutte ne fonctionne pas et l'effort non plus. La force de la volonté peut-elle être utile pour nous ? Dans ce cas précis, non. Il s'avère que ce calme est si naturel... Vous avez certainement connu, un jour, un beau coucher de soleil, n'est-ce pas ? Une nuit merveilleuse au cours de laquelle vibrent les étoiles dans l'espace infini. Ce sont des secondes où nous nous sentons enchantés, avec un plaisir exquis là à l'intérieur, avec une étrange volupté spirituelle, des minutes pendant lesquelles nous ne pensons pas, où nous nous trouvons tous dans un état de béatitude profonde et divine.

Hay quietud en esos momentos en nosotros. Uno necesita eso, lo real, aunque sea en forma de intuitos, como dijera don Emanuel Kant, el filósofo de Königsberg, en su Crítica de La Razón Pura. Son, ciertamente, muy fugaces esos segundos, pero dejan en el alma una huella indeleble. Es el instante perfecto, el que viene a servir como especie de rescoldo, para avivar más tarde, para encender, dijéramos, el fuego maravilloso del amor. Desgraciadamente, salimos de esos momentos de dicha por el razonamiento, nos saca el intelecto de nuestro estado paradisiaco. He ahí la gran desgracia.

Dans ces moments-là, il y a du calme en nous. On a besoin de cela, du réel, bien que ce soit sous forme d'intuition, comme l'a dit M. Emmanuel Kant, le philosophe de Königsberg, dans sa Critique de la raison pure. Ces secondes sont, bien sûr, très fugaces, mais elles laissent une marque indélébile dans l'âme. C'est l'instant parfait, celui qui vient servir de braise pour, plus tard, aviver, allumer le feu merveilleux de l'amour. Malheureusement, nous nous éloignons de ces moments de bonheur en raisonnant. L'intellect nous sort de notre état paradisiaque. Voilà le grand malheur.

Necesitamos la quietud y el silencio de la mente, mas eso no es posible a base de lucha, porque en la lucha no hay quietud, ni mucho menos silencio. Llegar a ese estado de quietud es indispensable, y se logra, cuando no hay esfuerzo; el esfuerzo impide la quietud. Si queremos llegar a ese silencio imponente y a esa quietud, necesitamos no dividirnos en pedazos, porque la mente siempre pasa por la mala jugada de estarse autodividiendo incesantemente. Siempre nos dividimos entre esto y aquello, lo que pasó, lo que sucedió, lo que vendrá, lo mío, lo que me dijeron, lo que dije. Divididos así, en tantos pedazos, no es posible que logremos la quietud y el silencio de la mente.

Nous avons besoin du calme et du silence du mental, mais ce n'est pas possible en luttant, parce que dans la lutte, il n'y a pas de calme et encore moins de silence. Atteindre cet état de calme est indispensable et on l'atteint quand il n'y a pas d'effort ; l'effort est un obstacle au calme. Si nous voulons atteindre ce silence imposant et ce calme, nous n'avons pas besoin de nous diviser en parties, car le mental nous joue toujours le mauvais tour de se diviser lui-même sans arrêt. Nous divisons toujours entre ceci et cela, ce qui s'est passé, ce qui est arrivé, ce qui viendra, ce qui est à moi, ce qu'ils m'ont dit, ce que j'ai dit. Ainsi divisés en autant de fragments, il nous est impossible de parvenir au calme et au silence du mental.

Hay veces que conseguimos un cierto estado de quietud y de silencio y, sin embargo, nada sentimos, nada vemos, nada percibimos. ¿Qué hacer?, ¿qué ha pasado? Si ustedes estudian ese caso un tiempo, podrán darse cuenta de que algo falla, de que algo ignoran de sí mismos. Mientras uno ignore algo de sí mismo, no logra conocer a fondo lo real.

Quelquefois, nous obtenons un certain état de calme et de silence, et cependant, nous ne ressentons rien, nous ne voyons rien, nous ne percevons rien. Que faire ? Que s'est-il passé ? Si vous étudiez ce cas pendant un moment, vous réaliserez peut-être que quelque chose ne va pas, que quelque chose vous est inconnu. Tant qu'on ignore quelque chose de soi-même, on n'arrive pas à connaître le réel en profondeur.

Si uno se enjuicia severamente, podrá ver en La Meditación muchos recuerdos, deseos, pasiones, emociones que surgen unos tras de otros en una procesión incesante. Pensamientos vanos, recuerdos, deseos, etc., son, precisamente, los distinto s agregados que constituyen el Yo, el Mí mismo, el Sí mismo. Total, que al ver nuestros propios recuerdos, deseos, emociones y pasiones, raciocinios, etc., que surgen en la mente durante la meditación, nos estamos conociendo a sí mismos. Especialmente, debemos comprender cada cosa que nos surja en la meditación, cada idea, cada deseo, cada recuerdo, cada pasión o emoción, y luego, claro, olvidarlo. Cuando una cosa es debidamente comprendida, desaparece de la mente, no queda en ella recuerdo alguno. Cuando hemos comprendido un deseo, un pensamiento, una emoción, etc., por el momento, desaparece de la mente.

Si on se juge sévèrement, on pourra voir dans la méditation de nombreux souvenirs, désirs, passions, émotions qui se succèdent les uns aux autres dans une incessante procession. Les vaines pensées, les souvenirs, les désirs, etc., sont précisément les différents agrégats qui constituent le Moi, le Moi-même, le Soi-même. Au total, en voyant nos propres souvenirs, désirs, émotions et passions, raisonnements, etc., qui surviennent dans le mental durant la méditation, nous sommes en train de nous connaître nous-mêmes. Nous devons comprendre, en particulier, chaque chose qui surgit dans la méditation, chaque idée, chaque désir, chaque souvenir, chaque passion ou émotion, et ensuite, l'oublier, bien sûr. Lorsqu'une chose est correctement comprise, elle disparaît du mental, il ne reste en lui aucun souvenir. Lorsque nous avons compris un désir, une pensée, une émotion, etc., pour le moment, il disparaît du mental.

Cuando se trata de comprender todo lo que va surgiendo en la mente, estamos viendo, de hecho, un libro del Yo. Así pues, el Yo es un libro de muchos tomos, y a medida que uno se va conociendo a sí mismo, va conociendo qué es lo real. Por eso digo que cuando la mente queda aparentemente quieta y en silencio y nada surge de nuevo, es porque algo no hemos comprendido, es porque estímulos de cosas todavía luchan: sobre conceptos, sobre ideas, etc., en los fondos más profundos, en los trasfondos más íntimos, y debido a eso, no viene la iluminación. Mientras haya un conflicto dentro de uno mismo, no es posible que venga lo nuevo, lo real, a visitarnos.

Quand il s'agit de comprendre tout ce qui émerge dans le mental, nous voyons, en fait, le livre de l'Ego. Ainsi, le Moi est un livre de plusieurs volumes, et à mesure que l'on va se connaître soi-même, on va connaître ce qui est réel. C'est pourquoi je dis que lorsque le mental est « apparemment » immobile et silencieux et que rien ne surgit de nouveau, c'est parce que quelque chose n'a pas été compris, c'est parce que les stimuli des choses luttent encore : sur des concepts, sur des idées, etc., au plus profond de soi, dans les tréfonds les plus intimes, et à cause de cela, l'Illumination ne vient pas. Tant qu'il y a un conflit en soi, il n'est pas possible que le nouveau, le réel, vienne nous rendre visite.

Entonces es necesario Auto–Explorarnos más profundamente a ver que está pasando, qué es lo que existe dentro de nosotros que no hayamos comprendido. Al fin, descubrimos qué es eso, y cuando descubrimos y comprendemos, entonces podemos ver que algo de nosotros se disuelve; en cuestión de segundos viene la experiencia, la visión de lo divinal. Tenemos momentos de beatitud cuando se llega a tener momentos de quietud y de silencio.

Alors, il est nécessaire de nous auto-explorer plus profondément pour voir ce qui se passe, ce qui existe à l'intérieur de nous, et que nous n'avons pas compris. À la fin, nous découvrons ce que c'est, et lorsque nous découvrons et comprenons, nous pouvons alors voir que quelque chose de nous se dissout ; en quelques secondes, l'expérience et la vision du divin arrivent. Nous avons des moments de béatitude quand on arrive à avoir des moments de calme et de silence.

Así pues, esto de conocerse uno a sí mismo a través de la meditación es muy importante, porque en el templo de Delfos, en Grecia, se puso: Nosce te Ipsum —“Hombre, conócete a ti mismo y conocerás al universo y a los Dioses”—. No es posible conocer al universo y a los Dioses si no nos hemos conocido a nosotros mismos profundamente. El objetivo de toda esta meditación es conocernos a sí mismos para luego tener la dicha de conocer al universo y a los Dioses.

Il est donc très important de se connaître par la méditation, parce que, dans le temple de Delphes, en Grèce, il était écrit : « Nosce te ipsum » : – Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux –, il n'est pas possible de connaître l'Univers et les Dieux si nous ne nous connaissons pas profondément. Le but de toute cette méditation est de nous connaître nous-mêmes pour ensuite avoir la joie de connaître l'Univers et les Dieux.

Cuando estamos trabajando en el proceso aquel de examinar deseos, emociones y pasiones que van surgiendo en la pantalla de la mente, nos estamos también conociendo a sí mismos. Así pues, es indispensable el conocimiento no de superficie, sino de fondo.

Quand nous travaillons sur le processus qui consiste à examiner les désirs, les émotions et les passions qui apparaissent sur l'écran du mental, nous sommes aussi en train de nous connaître nous-mêmes. Par conséquent, la connaissance profonde et non superficielle est essentielle.

Están viendo todos ustedes la diferencia que hay entre eso que llaman «mente en blanco» y lo que es la auténtica quietud y el silencio de la mente.

Vous voyez tous la différence qu'il y a, entre ce que vous appelez « mental en blanc » et ce qui est l'authentique calme et silence du mental.

En todas las escuelas, lo primero que le dicen a uno: «Bueno, hermanitos, vamos a poner la mente en blanco unos cinco minutos». Vean ustedes qué superficial es esa gente; son huecos. Eso de mente en blanco es demasiado absurdo, estúpido si se quiere —aunque el término les parezca duro—, pero así es. Mas eso es lo que descubrimos. Todos esos conceptos son demasiado superficiales —repito—, es como un charco de un camino, como un pozo sin fondo, demasiado superficial, poco profundo. Entonces la quietud y el silencio de la mente es mejor. Hay necesidad de ser profundo.

Dans toutes les écoles, la première chose qu'ils disent à quelqu'un est : « Bien, petits frères, nous allons mettre notre mental en blanc pendant environ cinq minutes ». Vous voyez à quel point ces personnes sont superficielles, elles sont creuses. Ce « mental en blanc » est trop absurde, stupide si vous voulez – même si le terme leur semble dur – mais c'est ainsi. Ce que nous allons découvrir est plus que ça. Tous ces concepts sont trop superficiels, je le répète, c'est comme une flaque d'eau sur le chemin, comme un puits sans fond, trop superficiel, trop peu profond. Donc le calme et le silence du mental, c'est mieux. Il faut être profond.

Es que, realmente, en la vida, en todo lo que se relaciona con la Autorrealización íntima del Ser, necesitaríamos indispensablemente no solamente comprensión, sino también capturar la honda significación de lo que hemos comprendido. Porque cuántas cosas en la vida creemos haberlas comprendido, pero a través del tiempo y la distancia, venimos a darnos cuenta de que no las hemos comprendido. Así pues, eso de comprender es algo muy elástico. Hoy podemos comprender algo y mañana nos damos cuenta de que no habíamos comprendido nada.

En fait, dans la vie, dans tout ce qui est lié à l'Autoréalisation intime de l'Être, nous avons nécessairement besoin, non seulement de comprendre, mais aussi de saisir la profonde signification de ce que nous avons compris. Car combien de choses dans la vie pensons-nous avoir comprises, mais avec le temps et la distance, nous nous rendons compte que nous ne les avions pas comprises. Donc, cette compréhension est quelque chose de très élastique. Aujourd'hui, nous pouvons comprendre quelque chose et demain, nous réaliserons que nous n'avons rien compris.

Bueno, sinceramente, realmente, quiero decirles a ustedes esto: Hay pruebas esotéricas en el camino de la Iniciación —y aún más, en la Montaña de la Resurrección— que no he podido pasar por falta de comprensión. Se les hará raro lo que les estoy diciendo: Yo, que les estoy enseñando a comprender y haya fallado en algunas pruebas que no he comprendido.

Bon, honnêtement, je tiens vraiment à vous dire ceci : il y a des épreuves ésotériques sur le chemin de l'Initiation – et plus encore, dans la Montagne de la Résurrection – que je n'ai pas pu réussir faute de compréhension. Ce que je vous dis est étrange : que moi, je vous enseigne à comprendre alors que j'ai échoué aux épreuves que je n'ai pas comprises.

Voy a contarles un ejemplo. Recordarán ustedes el pasaje aquel de la Biblia, del Antiguo Testamento, en el Libro de Daniel, cómo aquel gran Patriarca fue lanzado al pozo de los leones; permaneció allí en paz y no recibió daño alguno; lo sacaron de ese foso ileso. Ahí está en el Antiguo Testamento.

Je vais vous donner un exemple. Vous vous souvenez du passage de la Bible, de l'Ancien Testament, dans le livre de Daniel, qui explique comment ce grand Patriarche a été jeté dans la fosse aux lions ; il est resté là, en paix et ne subit aucun mal ; ils l'ont sorti indemne de cette fosse. C'est dans l'Ancien Testament.

Todo Maestro debe pasar por esa prueba. Dos veces me han echado a mí la prueba. Dos veces he fallado. Es que no es nada agradable, hermanos, estar uno metido ahí cara a cara enfrente de los leones. Han visto los leones de Chapultepec, ¿no? Es muy bonito verlos a través de las rejas de una jaula de esas. Otra cosa es encontrarse cara a cara con ellos, frente a frente, y furiosos. No sé si ustedes se sientan capaces de enfrentar eso. ¿Qué tal que vieran ustedes, en este momento, aquí una fiera de esas? Si por esta puerta penetrara un león salido de una jaula de esas. Estamos muy tranquilitos, pero creo que después de eso ninguno quedaría tranquilo, ¿no? Eso es algo aterrador. A mí, dos veces me han echado la misma prueba que le echaron a Daniel; dos veces he fallado. En la primera, se me amenazó con castigarme. Dije: «Permítanme la libertad, no hay necesidad de castigo; yo voy a hacer conciencia de eso a través de la meditación, sin necesidad del castigo». Bueno, me tiran la prueba por segunda vez, y fue igual. Con todas mis buenas intenciones de enfrentarme a estos «bichos» —por cierto, no son nada agradables—, ya frente a frente, en el mismo momento en que los he visto en la prueba, me han temblado las pantorrillas. Me he sentido incapaz. No es para menos, ¿no?.

Tout maître doit passer par cette épreuve. Deux fois, ils m'ont fait passer l'épreuve. Deux fois, j'ai échoué. Ce n'est pas du tout agréable, frères, de se retrouver ainsi, face à des lions. Vous avez vu les lions de Chapultepec, non ? C'est très joli de les voir à travers les barreaux d'une cage comme ça. C'est autre chose de se retrouver devant eux, face à des lions furieux. Je ne sais pas si vous vous sentez capable d'affronter cela. Que diriez-vous de voir, en ce moment, ici, un de ces fauves ? Si par cette porte, entrait un lion sorti d'une de ces cages. Nous sommes très tranquilles, mais je pense qu'après cela, personne ne serait tranquille, non ? C'est quelque chose de terrifiant. Deux fois, ils m'ont envoyé la même épreuve qu'ils ont envoyée à Daniel. Deux fois j'ai échoué. La première fois, j'ai été menacé d'être châtié. J'ai dit : "Accordez-moi la liberté, nul besoin de châtiment ; je vais prendre conscience de cela avec la méditation, sans besoin de châtiment". Bien, ils m'ont remis l'épreuve une seconde fois, c'était pareil. Avec toutes mes bonnes intentions d'affronter ces "bestioles" - c'est certain, elles ne sont pas agréables -, face à face, au moment même où je les ai vues, mes jambes se sont mises à trembler. Je m'en suis senti incapable. Pas étonnant, non ?

Resulta terrible y, sin embargo, es una prueba que todo Adepto tiene que pasar. Confieso sinceramente que la prueba esa de Daniel en el foso de los leones todavía no la conseguí pasar, pues me parece aterradora. Yo me enfrento a un perro o coyote, pero ¿a un león? Y no a uno, sino a varios furiosos. ¿Quién de ustedes lo conseguiría?

C'est terrible et pourtant, c'est une épreuve que tout Adepte doit passer. J'avoue sincèrement que l'épreuve de Daniel dans la fosse aux lions n'a toujours pas abouti, car je la trouve terrifiante. Faire face à un chien ou à un coyote, mais à un lion ! Et pas un, mais plusieurs lions furieux. Qui de vous réussirait ?

Ahora, esa prueba implica determinadas virtudes, determinadas cualidades, de las cuales posiblemente, no me he hecho todavía autoconsciente. ¿Qué virtudes serán esas? ¿se relacionarán con la serenidad? ¿Con qué se relacionarán?

Or, cette épreuve implique certaines vertus, certaines qualités dont il se peut que je n'aie pas encore été autoconscient. De quelles vertus s'agit-il ? Sont-elles liées à la sérénité ? À quoi sont-elles liées ?

La sola palabra «serenidad» tampoco me parece suficiente para identificar a la prueba, puesto que la prueba es muy terrible, ¿no? Es algo que el Ser da. Únicamente me contento con mencionarles el asunto para decirles, que en todo el proceso este de mi progreso tengo que ir haciendo más y más conciencia, porque las pruebas esotéricas están relacionadas, precisamente, con eso que yo creí que ya hice conciencia. La prueba de fuego, es decir, la prueba que me pusieron en esta vida, fue hacerme consciente de la serenidad. En cada prueba uno tiene que hacerse consciente de lo que cree ser consciente. Pues me podrán decir que soy sereno, pero hay que ver en el momento de una trifulca si yo me transformo en otro.

Le simple mot « sérénité » ne me semble pas suffisant pour identifier l'épreuve, car l'épreuve est vraiment terrible, n'est-ce pas ? C'est quelque chose que donne l'Être. Je me contente uniquement de mentionner ce point pour vous dire que dans tout le processus lié à mes progrès, j'ai dû avancer en étant de plus en plus conscient, parce que les épreuves ésotériques sont liées précisément à ce dont je croyais avoir déjà pris conscience. L'épreuve du feu, c'est-à-dire l'épreuve qu'ils m'imposèrent dans cette vie fut de prendre conscience de la sérénité. Dans chaque épreuve, il faut prendre conscience de ce dont on croit être conscient. Eh bien, vous pourriez me dire que je suis serein, mais voyons au moment d'une bagarre si je ne me transforme pas en un autre.

El caso mío del foso de los leones, no sé cuándo ni en qué época me voy a hacer consciente de eso. Tendré que trabajar por lo menos un año más dentro de mí mismo, para lograr hacerme consciente de las virtudes que implica tal prueba. Para cuando lo logre, se lo comunicaré a ustedes; todavía no lo he logrado. ¿Qué clase de virtudes específicas corresponden a esa prueba? Porque no hay duda de que si no he pasado esa prueba es porque esas virtudes específicas o me faltan o no me he hecho autoconsciente de ellas. De otra manera, no se explicaría que fallara.

Dans mon cas, dans la fosse aux lions, j'ignore quand et à quel moment, je vais en prendre conscience. Je vais devoir travailler sur moi, au moins un an de plus, pour arriver à prendre conscience des vertus qu'implique cette épreuve. Au moment où j'y parviendrai, je vous le ferai savoir ; je n'y suis pas encore arrivé. Quel genre de vertus spécifiques correspond à cette épreuve ? Parce qu'il n'y a pas de doute que si je n'ai pas réussi cette épreuve, c'est parce que ces vertus spécifiques, soit me manquent, soit je n'en ai pas conscience. Autrement, on n'explique pas pourquoi elles manquent.

Alguna vez trabajé con buenas intenciones con un indio azteca. Así que le había prometido el Iniciado azteca que me sometería a la dura prueba. Después de unos días de meditación, seis días, ya estaba listo para la prueba. Más tarde, pude evidenciar que no lo estaba, ya que creía que la cuestión era solamente asunto de valor, de no tenerles miedo a esos bichos, de escuchar sus rugidos sin inmutarme, ver sus terribles zarpas envistiendo contra la insignificante persona de uno, sin que por eso se alterara el ánimo; solo eso creí que fuera. Mas he venido a evidenciar que no se trata solamente de asuntos de valor, sino que tal prueba implica virtudes que específicamente todavía ignoro.

J'ai déjà travaillé avec de bonnes intentions avec un Indien aztèque. Ainsi, l'Initié aztèque m'avait promis qu'il me soumettrait à la dure épreuve. Après quelques jours de méditation, six jours, j'étais prêt pour l'épreuve. Plus tard, j'ai dû me rendre à l'évidence que je ne l'étais pas, bien que je pensais que ce n'était qu'une question de courage, de ne pas avoir peur de ces « bestioles », d'entendre leurs rugissements sans broncher, de voir leurs terribles griffes se jeter contre l'insignifiante personne que je suis sans que cela altère mon âme ; je pensais juste que c'était ça. Mais, j'ai dû me rendre à l'évidence qu'il ne s'agit pas seulement d'une question de courage, mais que l'épreuve impliquait des vertus spécifiques que j'ignorais encore.

Naturalmente, debo luchar por hacerme consciente de este tipo de virtudes. Espero que en la tercera no falle cuando me encuentre otra vez ante la jauría de melenudos esos tan terribles, con esos ojos abrazadores que lanzan llamas y esas garras felinas que quieren destruirle a uno la vida. Si lo logro, les contaré a ustedes la historia; si no lo logro, también se la contaré. Por lo pronto, no lo he logrado. De manera que vean ustedes, todo es cuestión de volverse uno consciente y eso es importantísimo, claro.

Naturellement, je dois m'efforcer de prendre conscience de ce type de vertus. J'espère que la troisième fois, elles ne me feront pas défaut à l'heure de me retrouver face à la meute à la crinière, si terrible avec leurs yeux embrasés lançant des flammes et leurs griffes de félin qui veulent détruire notre vie. Si je réussis, je vous raconterai l'histoire ; si je ne réussis pas, je vous la raconterai aussi. Pour l'instant, je n'ai pas réussi. Vous voyez donc que tout est une question de prise de conscience, et c'est extrêmement important, bien sûr.

Por eso, cuando se trata de iluminación, ha de empezar uno por conocerse a sí mismo, por hacerse consciente de lo que tiene uno inconsciente. En el fondo, todos poseemos muchas cualidades que ignoramos y muchos defectos que también ignoramos; y a la hora de la hora, nos toca hacer un inventario de nosotros mismos: Adquirir muchas facultades que creemos tener y no tenemos; y eliminar muchos defectos que creemos no tener, y tenemos. En otros términos, sencillamente, conocerse a sí mismo, cumplir con la máxima del templo de Delfos: “Nosce Te Ipsum” —“Hombre, conócete a ti mismo y conocerás al universo y a los Dioses”—.

Par conséquent, quand il s'agit de l'Illumination, il faut commencer par se connaître soi-même, par prendre conscience de ce que nous avons d'inconscient. Fondamentalement, nous avons tous de nombreuses qualités que nous ignorons et de nombreux défauts que nous ignorons également ; et au moment opportun, nous devrons faire un inventaire de nous-mêmes : acquérir de nombreuses facultés que nous croyons avoir, mais que nous n'avons pas, et éliminer beaucoup de défauts que nous croyons ne pas avoir et que nous avons. En d'autres termes, simplement, se connaître soi-même, respecter la maxime du temple de Delphes : « Nosce te ipsum » : – Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux.

En todo esto, hay grados y grados, escalas y escalas. Conforme la Conciencia avance en el proceso del autodesarrollo interior profundo, nos vamos libertando más y más de los procesos de la mente. Cuando la mente, realmente, queda iluminada, lo único que hay en nosotros es Conciencia. Cuando la mente queda iluminada, realmente lo que está en nosotros es el Ser, y este, en sí mismo, es amor y felicidad.

Dans tout cela, il y a des degrés et des degrés, des niveaux et des niveaux. À mesure que la conscience progresse dans le processus d'autodéveloppement intérieur profond, nous nous libérons de plus en plus des processus du mental. Quand le mental est réellement illuminé, la seule chose qui est en nous est la conscience. Quand le mental est illuminé, ce qui est en nous est réellement l'Être, et cela est en soi amour et félicité.

Incuestionablemente, todos necesitamos desarrollar poderes superiores a la mente. Alguna vez, ha enseñado Krishnamurti que la intuición era la clave de la inteligencia. Mas yo he estado, mis caros hermanos, reflexionando un poco sobre esta cuestión de la intuición.

Indiscutablement, nous devons tous développer des pouvoirs supérieurs au mental. Krishnamurti a déjà enseigné que l'intuition était la clé de l'intelligence. Mais, mes chers frères, j'ai réfléchi un peu sur cette question de l'intuition.

Vean ustedes, cuando un hombre pierde la vista, queda ciego; entonces para guiarse necesita un palo, un bastón. Se sabe también que todo ciego desarrolla el tacto en forma extraordinaria. Hay ciegos que conocen a la maravilla los billetes de cinco y de diez con el solo tacto; ciegos hay que, con el solo tacto, pueden perfectamente leer. Y también existe el sistema técnico para leer, ya debidamente organizado, en el instituto para ciegos. ¡Qué maravilla se desarrolla en el ciego, en el tacto!

Vous voyez : lorsqu'un homme perd la vue, il devient aveugle, alors pour se guider, il a besoin d'un bâton, d'une canne. On sait aussi que tout aveugle développe le sens du toucher de façon extraordinaire. Il y a des aveugles qui savent reconnaître à merveille les billets de cinq ou de dix seulement avec le sens du toucher et il y a des aveugles qui, par le simple toucher, peuvent parfaitement lire. Il y a aussi une technique pour lire, bien organisé, à l'Institut pour aveugles. Le sens du toucher se développe à merveille chez un aveugle !

En otros tiempos, se sabe que la humanidad tenía la Polividencia. Es decir, el poder de percepción, situado en la glándula pineal, en la parte superior del cerebro. Estaba totalmente desarrollado, y con ese Ojo de Diamante, con ese Ojo de Dangma —o como se le quiera decir—, se percibían todos los Mundos Superiores, las grandes realidades del Espíritu.

On sait qu'autrefois, l'humanité possédait la polyvoyance. C'est-à-dire, le pouvoir de perception, situé dans la glande pinéale, dans la partie supérieure du cerveau, qui était pleinement développée, et avec cet Œil de Diamant, avec cet Œil de Dangma – comme on voudra bien l'appeler –, ils percevaient les mondes supérieurs, les grandes réalités de l'Esprit.

En aquella época los archivos akáshicos de la naturaleza estaban abiertos para todo el mundo. Los seres humanos estaban en contacto con los seres inefables y podían parlar con ellos cara a cara. Esos eran los tiempos en que los ríos de agua pura de vida manaban leche y miel. Esos eran los tiempos paradisiacos en que no existía ni lo mío ni lo tuyo, y todo era de todos y cada cual podía coger del árbol del vecino sin temor ninguno. Pero cuando la humanidad comió de aquel fruto del cual se le dijo «no comeréis», entonces ese sentido maravilloso, esa divina Polividencia, se perdió porque la glándula pineal se atrofió.

À cette époque, les archives akashiques de la nature étaient ouvertes à tous. Les êtres humains étaient en contact avec des êtres ineffables et pouvaient parler face à face avec eux. C'était à l'époque où le lait et le miel jaillissaient des fleuves d'eau pure de la vie. C'étaient les temps paradisiaques où il n'existait ni le mien ni le tien, et tout appartenait à tout le monde et tout le monde pouvait prendre de l'arbre du voisin sans aucune crainte. Mais quand l'humanité mangea le fruit dont on lui avait dit « Tu n'en mangeras point ! », alors ce sens merveilleux, cette divine polyvoyance se perdit parce que la glande pinéale s'atrophia.

Hoy, tan solo se expresan las funciones de esa glándula en nosotros en forma de intuitos, de corazonadas como dicen los médicos; intuición en nosotros. Y, aun así, todavía continúa la televisión, la radio y las ondas tratando de destruir hasta eso; tomando ese tacto del ciego —de la glándula pineal— como simple fantasía o alucinación. Vean ustedes cómo las fuerzas del mal se empeñan en destruir hasta los residuos de lo que fue ese maravilloso sentido que hoy denominamos intuición.

Aujourd'hui, les fonctions de cette glande s'expriment en nous, seulement sous forme d'intuition, de pressentiment, l'intuition en nous comme disent les médecins. Et néanmoins, la télévision, la radio et les ondes tentent de la détruire, en prenant ce « sens délicat » de l'aveugle – de la glande pinéale – comme une simple fantaisie ou hallucination. Vous voyez comment les forces du mal s'efforcent de détruire jusqu'aux résidus de ce qu'était ce merveilleux sens que nous appelons aujourd'hui « l'intuition ».

Comoquiera que la humanidad es ciega de ese sentido superlativo, trascendental, divinal —como el ciego este de los sentidos puramente tridimensionales—, solamente ha quedado el tacto, la corazonada que se denomina intuición. Creo que a ese sentido tan evidente le corresponde más bien su verdadero término: «Polividencia», en vez de simple intuición. Intuición, para la facultad sin desarrollo o atrofiada; Polividencia, para la facultad en plena acción, desarrollada o regenerada mediante la transmutación sexual. Cuando la facultad esa de la glándula pineal está debidamente regenerada hay Polividencia; cuando esta degenerada, hay intuición.

Étant donné que l'humanité est aveugle à ce sens superlatif, transcendantal, divin – comme l'aveugle l'est pour les sens purement tridimensionnels –, il ne reste que le sens du toucher, le pressentiment qu'on appelle « intuition ». Je pense que ce sens correspond évidemment plus à son véritable terme de « polyvoyance » plutôt qu'à la simple intuition. Intuition, pour la faculté sans développement ou atrophiée et polyvoyance pour la faculté pleinement active, développée et régénérée au moyen de la transmutation sexuelle. Quand la faculté de cette glande pinéale est dûment régénérée, il y a polyvoyance ; quand elle est dégénérée, il y a intuition.

Así pues, entre el sentido de la intuición y el sentido del tacto del ciego común y corriente del mundo tridimensional de Euclides, existe un paralelismo muy interesante; algo que está de acuerdo con la Ley de la Concomitancia, una similitud exacta. Lo interesante es volver otra vez a regenerar esa glándula pineal, adquirir la plena Polividencia, dejar de ser ciego de la pineal. Cuando eso sucede, entonces ya no hay intuición, sino Polividencia.

Ainsi, entre le sens de l'intuition et le sens du toucher des aveugles communs et courants du monde tridimensionnel d'Euclide, il existe un parallèle très intéressant. Quelque chose qui est conforme à la loi de la concomitance, une similitude exacte. Ce qui est intéressant, c'est de revenir à nouveau pour régénérer cette glande pinéale, acquérir une complète polyvoyance, cesser d'être un aveugle de la glande pinéale. Quand cela se produit, alors il n'y a pas d'intuition, mais de la polyvoyance.

Esto es algo que muy pocos han digerido a fondo y que nosotros debemos entender realmente. Ahora, es cierto que mediante la meditación, a través de la quietud y del silencio de la mente, va poco a poco activándose la glándula pineal. También es muy cierto que, con la transmutación, al fin se regenera completamente esa glándula. Entonces deviene la Iluminación, que no es otra cosa sino la recuperación de la vista en sí. Similarmente, podríamos decir de un ciego común y corriente que reconquistara su vista, que ha llegado a la iluminación en el mundo físico, puesto que puede ver el mundo tridimensional. Obviamente, el individuo que desarrolla y vuelve a regenerar su glándula pineal y readquiere la vista del Espíritu, se dice que también ha llegado a la iluminación.

C'est quelque chose que très peu ont parfaitement digéré et que nous devons vraiment comprendre. Or, il est certain qu'au moyen de la méditation, à travers le calme et le silence du mental, la glande pinéale va peu à peu s'activer. Il est également très vrai qu'avec la transmutation, à la fin, cette glande se régénère complètement. Alors, il advient l'Illumination qui n'est autre que la récupération de la vue en soi. De même, nous pourrions dire qu'un aveugle commun et ordinaire qui recouvre la vue est parvenu à l'Illumination dans le monde physique, puisqu'il peut voir le monde tridimensionnel. De toute évidence, l'individu qui développe et régénère sa glande pinéale et récupère la vue de l'Esprit, on dit aussi qu'il est parvenu à l'Illumination.

Así pues, todo esto de la iluminación es algo que merece verdaderamente ser comprendido a fondo. Un camino práctico para llegar a esa iluminación es el de saber meditar. Por esto es que el Buddha Gautama Sakyamuni vivía en incesante meditación. Todos los Buddhas que se han iluminado se han entregado a la meditación. Todos los Buddhas de Contemplación son verdaderos atletas de la meditación.

Ainsi, tout ce qui concerne l'Illumination est quelque chose qui mérite vraiment d'être profondément compris. Un moyen pratique d'atteindre cette Illumination est de savoir méditer. C'est pourquoi le Bouddha Gautama Sakyamuni a vécu dans une incessante méditation. Tous les Bouddhas qui ont été illuminés se sont livrés à la méditation. Tous les Bouddhas de Contemplation sont de véritables athlètes de méditation.

Es que no es posible lograr un avance a fondo sin practicar la meditación. Es que es por medio de la meditación que uno tiene que trabajar sobre sí mismo. Yo, por ejemplo, ahora necesito trabajar intensamente sobre mí mismo a través de la meditación. ¿Por qué razón? Para hacerme más consciente de esas virtudes que se corresponden exactamente con la prueba del foso de los leones. Y, claro, me cuesta decir que la sola serenidad sea suficiente, o decir, por simple machismo: «¡No les tengo miedo!, ¡que vengan!». Tengo entendido que eso no es suficiente, tiene que implicar virtudes que desconozco por el momento.

Il n'est pas possible de vraiment progresser sans pratiquer la méditation. C'est au moyen de la méditation que l'on doit travailler sur soi-même. Par exemple, je dois maintenant travailler intensément sur moi-même grâce à la méditation. Pour quelle raison ? Pour devenir plus conscient des vertus qui correspondent exactement à l'épreuve de la fosse aux lions. Et bien sûr, j'ai du mal à dire que la simple sérénité est suffisante, ou par simple machisme dire : « Je n'ai pas peur de vous ! Venez ! » J'ai compris que cela ne suffit pas, ça suppose des vertus que je ne connais pas pour l'instant.

Tiene la palabra, hermano.

Tu as la parole, mon frère.
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D. Maestro desde que nos está platicando esto, nos estábamos acordando del dicho aquel muy conocido y muy popular que dice: «La bondad doma a las fieras».

Disciple : Maître, dès que vous parlez de ça, nous nous sommes souvenus du dicton très connu et très populaire qui dit : « La bonté dompte les fauves ».

M. Puede que esa sea, hasta un punto, una de las cualidades que se necesiten para domar a esas bestias. Pero hay que saber si es esa o es una virtud distinta, y eso solamente lo podremos saber a través de una profunda meditación. Hay que sacar los valores correspondientes a la prueba de entre las profundidades superlativas de la Conciencia. Si sabemos extraer dentro del pozo más profundo, si extraemos tan pequeña cualidad, una vez lograda en nosotros, nosotros nos haremos grandes, ¿no? En todo caso, hay que luchar por lograrlo.

Maître : C'est peut-être celle-là, jusqu'à un certain point, l'une des qualités nécessaires pour dompter ces bêtes. Mais nous devons savoir si c'est celle-là ou s'il s'agit d'une vertu différente, et nous pourrons le savoir, seulement à travers une méditation profonde. Nous devons extraire les valeurs correspondantes à l'épreuve, des profondeurs superlatives de la Conscience. Si nous savons extraire dans le puits le plus profond, si nous extrayons une si petite qualité, une fois obtenue en nous, nous deviendrons grands, non ? En tout cas, il faut lutter pour y arriver.

¿Hay alguna pregunta, hermanos?

Y a-t-il des questions, frères ?

Bueno, yo creo, en todo caso, que ustedes deben pensar que el conocimiento de sí mismo es la base del progreso interior profundo. Pero creemos conocernos a nosotros mismos y no nos conocemos, y eso es lo grave. Hay tantos tesoros que llevamos adentro y los ignoramos. También poseemos defectos que desconocemos. Hay virtudes tan indispensables, que posiblemente, hasta las poseemos, pero no somos conscientes de ellas.

Bon, je crois, en tout cas, que vous devriez penser que la connaissance de soi est la base du progrès intérieur profond. Mais, nous croyons nous connaître nous-mêmes, mais nous ne nous connaissons pas, c'est ce qui est le plus grave. Il y a tellement de trésors que nous portons à l'intérieur et que nous ignorons. Nous possédons aussi des défauts que nous ne connaissons pas. Il y a des vertus tellement indispensables qu'il est même possible que nous possédions, mais sans en être conscients.

Indubitablemente, en todo esto se necesita irnos haciendo cada vez más conscientes de nosotros mismos. Una cosa es decir: «hay que volvernos más conscientes de sí mismos», y otra cosa es hacernos realmente conscientes de sí mismos. Una cosa es decir: «vamos a hacernos más conscientes», y otra cosa es tener conciencia de que debemos hacernos más conscientes. Porque podemos afirmar intelectualmente «vamos a hacernos más conscientes», pero otra cosa es tener conciencia de lo que estamos diciendo. Si afirmamos conscientemente que nos vamos a hacer más conscientes, verdaderamente, aunque parezca un contrasentido, es probablemente real. Pero solamente afirmarlo en forma intelectiva, no es tener conciencia de lo que estamos afirmando; puede que fallemos en nuestros propósitos.

Sans aucun doute, dans tout cela, nous avons besoin de nous rendre de plus en plus conscients de nous-mêmes. Une chose est de dire : « Il faut que nous devenions plus conscients de nous-mêmes » et autre chose est de devenir réellement conscients de nous-mêmes. Une chose est de dire : « Nous allons devenir plus conscients » et autre chose est d'avoir conscience que nous devons devenir plus conscients. Parce que nous pouvons affirmer intellectuellement : « Nous allons devenir plus conscients », mais c'est autre chose que d'avoir conscience de ce que nous sommes en train de dire. Si nous affirmons consciemment que nous allons devenir plus conscients, véritablement, bien que ça semble un contresens, c'est probablement réel. Mais seulement l'affirmer de manière intellectuelle n'est pas avoir conscience de ce que nous sommes en train d'affirmer. Il se peut que nous échouions dans nos objectifs.

Y vuelvo a sacar a colación el relato este del foso de los leones de Daniel. Cuando me puso aquella prueba el iniciado azteca, con esos bichos, realmente no pude menos que sentir terror; no son nada agradables cuando te vienen a arañar. Claro que yo, convencido, me decía para pasar la prueba: «Tú no tienes por qué tenerles miedo a esos leones».

Je reviens encore sur l'histoire en relation avec la fosse aux lions de Daniel. Lorsqu'on m'a soumis à cette épreuve de l'Initiation aztèque, réellement, je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir de la terreur ; ils ne sont pas du tout agréables quand ils viennent te griffer. Bien sûr, pour me convaincre de passer l'épreuve, je me disais : « Tu n'as pas à avoir peur de ces lions ».

Claro, no hay necesidad de que me castiguen. Con el permiso de mi Ser, ¡que yo haga conciencia de eso a través de la meditación! Cuando uno hace conciencia de algo a través de la meditación, el castigo sale sobrando. Así es. Bueno, tomé la resolución de hacerme consciente, pues, de la tal prueba. Practiqué la meditación durante varios días con el evidente propósito de triunfar. Luego suspendí la meditación sobre ese tema considerando que ya me había vuelto consciente de la prueba.

Bien sûr, il n'est pas nécessaire que je sois puni. Avec la permission de mon Être, que je prenne conscience de cela par la méditation ! Quand on prend conscience de quelque chose grâce à la méditation, la punition est inutile. C'est comme ça. Bon, j'ai pris la résolution de prendre conscience de cette épreuve. J'ai pratiqué la méditation pendant plusieurs jours dans le but évident de triompher. Puis, j'ai arrêté la méditation sur ce sujet, considérant que j'avais pris conscience de l'épreuve.

Pero la repetición de la prueba y la falla me vinieron a demostrar que todavía yo no me había hecho consciente de la prueba.

Mais, la répétition de l'épreuve et de l'échec m'a démontré que je ne m'étais pas encore rendu compte de la signification profonde de cette épreuve.

En estos instantes, puedo asegurarles a ustedes que, por lo menos, ahora tengo conciencia de que debo hacerme más consciente de la prueba. Ya no se trata de una afirmación puramente intelectiva; ya ahora es más a fondo, ya veo que es todo un trabajo, un trabajo profundo. Hay que sumergirse en los pozos más profundos del universo para extraer de allí, de entre las profundidades, las virtudes que se necesitan para hacerme consciente de esas virtudes, y entonces, más tarde, poder soportar por tercera vez la prueba.

À présent, je peux vous assurer qu'au moins maintenant, j'ai conscience que je dois devenir plus conscient de l'épreuve. Ce n'est plus une affirmation purement intellectuelle, maintenant, c'est déjà plus profond, je vois que c'est tout un travail, un travail en profondeur. Il faut se plonger dans les puits les plus profonds de l'Univers pour extraire, de ces profondeurs, les vertus dont on a besoin pour devenir conscient de ces vertus et pour, plus tard, pouvoir supporter l'épreuve une troisième fois.

Otras pruebas he pasado —por cierto, que fue con éxito—. La prueba de la justicia, aunque sea a pedazos, pero la pasé. Pero la del pozo de los leones la veo muy difícil. En este preciso instante, todavía no me siento preparado para pasarla. Y está en el Antiguo Testamento, ustedes la pueden leer en el Antiguo Testamento, en el libro de Daniel. Es demasiado terrible. Esos bichos no son nada agradables.

J'ai réussi d'autres épreuves avec succès, c'est sûr : l'épreuve de la justice, bien qu'elle soit par étapes, je l'ai réussie. Mais, je trouve celle de la fosse aux lions très difficile. En cet instant précis, je ne me sens toujours pas prêt à la passer. Et c'est dans l'Ancien Testament, vous pouvez le lire dans l'Ancien Testament, dans le livre de Daniel. C'est trop terrible. Ces bestioles n'ont rien d'agréable.

He podido evidenciar también a través del tiempo, de que cuando uno se hace consciente de algo, ya la fuerza de voluntad no es necesaria.

J'ai également pu mettre en évidence, au fil du temps, que lorsqu'on prend conscience de quelque chose, la force de la volonté n'est plus nécessaire.

Normalmente decimos: Nuestro Lema Divisa es «Thelema», Voluntad; y así es. Uno necesita la fuerza de voluntad, para auto juzgarse, para auto obligarse, para tomar determinaciones, para corregir ciertos defectos, etc. Pero cuando ya uno se ha vuelto consciente realmente de algún defecto, cuando de verdad es ciento por ciento consciente de que tiene ese defecto y de todo lo que ese defecto implica, surge en forma natural la compresión sin necesidad de estarse auto obligando con la voluntad. En este caso, ya la voluntad sale sobrando, y una virtud florece de forma natural en vez del defecto que se ha eliminado; porque cada defecto eliminado es reemplazado por una virtud nueva que surge en forma natural y espontánea. Cuando eso es, cuando eso surge, entonces ya la fuerza de voluntad sale sobrando.

Normalement, nous disons : Notre lemme-devise est « Thelema », la Volonté, et c'est ainsi. On a besoin de la force de volonté, de la volonté, pour s'auto-juger, pour s'auto-contraindre, pour être déterminé, pour corriger certains défauts, etc. Mais lorsqu'on est déjà vraiment conscient d'un défaut, quand en fait, on est conscient à cent pour cent d'un défaut et de tout ce que ce défaut implique, la compréhension arrive naturellement, sans avoir besoin de se forcer avec la volonté. Dans ce cas, la volonté est mise de côté et une vertu fleurit naturellement à la place du défaut qui a été éliminé, parce que chaque défaut éliminé est remplacé par une nouvelle vertu qui arrive naturellement et spontanément. Quand cela se produit, quand cela apparaît, alors on met de côté la force de volonté.

Yo creo que la fuerza de voluntad se necesita como muletas para caminar. Cuando uno ha comprendido algo, cuando se ha hecho completamente consciente de lo que ha comprendido, ¿ya para qué quiere la fuerza de la voluntad? Por desgracia somos iracundos, por ejemplo, furiosos, y necesitamos toda una fuerza de voluntad terrible para no explotar en un momento dado. Ustedes saben que uno, por ejemplo, sea malgenioso y, de pronto, esté por ahí luchando y luchando. El iracundo está por dentro que se revienta; pues claro, entonces se necesita una fuerza de voluntad terrible para no explotar. Puede que a base de fuerza de voluntad logre no explotar de momento; puede que lo logre. Pero cuando ya uno ha eliminado el defecto de la ira, entonces ya no necesita fuerza de voluntad para no tener ira; es dulce por naturaleza, no tiene ira jamás, y aunque lo estén insultando, no está sintiendo ira. Entonces, ¿para qué quiere en este caso la fuerza de la voluntad si no está sintiendo ira?

Je crois que la volonté est nécessaire comme béquilles pour marcher. Quand on a compris quelque chose, quand on est devenu pleinement conscient de ce qu'on a compris, à quoi sert la force de la volonté ? Malheureusement, nous sommes irascibles : par exemple, nous sommes furieux, alors nous avons besoin d'une terrible force de volonté pour ne pas exploser à n'importe quel moment. Par exemple, vous savez que quelqu'un qui a mauvais caractère se bat et se bat encore tout à coup, par là. L'irascible, qui est à l'intérieur, explose. Bon, c'est clair ; alors il a besoin d'une force de volonté terrible pour ne pas exploser. Il se peut que par volonté, il réussisse à ne pas exploser, pour l'instant, il peut réussir. Mais, quand il a éliminé le défaut de la colère, alors il n'a plus besoin de la force de volonté pour ne pas se mettre en colère. Il est doux de nature, il n'a jamais de colère, eh bien, que des gens l'insultent, il ne ressent pas de colère. Alors, pourquoi utiliserait-il la force de la volonté dans ce cas s'il ne ressent pas la colère ?

Cuando uno es completamente autoconsciente de algo, ya no necesita de la fuerza de la voluntad, ya actúa natural, sin tener que estarse puyando, sin tenerse que estarse auto obligando. Antes, naturalmente, fue mucho más violento. Sin embargo, ahora actúa con tanta naturalidad como un árbol solitario en la vera del camino. Y lo que es, es.

Quand on est complètement autoconscient de quelque chose, on n'a plus besoin de la force de volonté, on agit naturellement, sans avoir besoin de se pousser, sans avoir à se forcer. Avant, naturellement, c'est beaucoup plus violent. Cependant maintenant, on agit aussi naturellement qu'un arbre solitaire au bord du chemin. Et ce qui est, est.

Así pues, mis caros hermanos, todo esto se lo digo a ustedes con el propósito de que vean la necesidad de hacerse cada vez más conscientes de sí mismos. Así pues, aunque no parezca esto último tener relación con la quietud y el silencio de la mente, sí la tiene. Conforme se vayan haciendo cada vez más conscientes de sí mismos, la quietud y el silencio se irán haciendo cada vez más reales, más profundos. Y cuando la totalidad es autoconsciente, la quietud y el silencio de la mente también se alcanza. Así pues, podemos practicar la meditación, aunque cueste, con mucha fe.

Alors, mes chers frères, je vous dis tout cela dans le but que vous voyez la nécessité de devenir de plus en plus conscient de vous-même. Ainsi, bien que cela ne semble pas être en relation avec le calme et le silence du mental, eh bien, c'est le cas. À mesure que nous serons de plus en plus conscients de nous-mêmes, le calme et le silence seront de plus en plus réels, profonds. Et quand la totalité est autoconsciente, on atteint aussi le calme et le silence du mental. Nous pouvons donc pratiquer la méditation, bien que cela coûte, avec beaucoup de foi.

Hay algo que hay que eliminar en la meditación y es el escepticismo. No solamente en la meditación, sino en la vida práctica y en todos los aspectos, porque el escepticismo daña la mente, impide la quietud, entorpece. El escéptico es demoniaco por naturaleza; en todo caso, es un mediocre, ¡mediocre! Ningún hombre genial, en el camino de la vida, en el curso de los siglos, ha sido escéptico. Hasta ahora, se sabe que todos los grandes genios de la historia han sido hombres de fe. Los que han descollado como mediocres en el camino de la vida, son una parte de la sociedad que está formada por escépticos. Debe haber, pues, fe cuando practicamos la meditación, fe en todos nuestros trabajos esotéricos; no dudar, tener fe porque, como dijo Jesús el Cristo: «Tened fe como un grano de mostaza y moveréis montañas». La fe obra milagros, maravillas. Cuando uno tiene fe en la meditación, va por el camino de la Iluminación y llega a la Iluminación inevitablemente.

Il y a quelque chose qui doit être éliminé dans la méditation, c'est le scepticisme. Non seulement dans la méditation, mais aussi dans la vie pratique, sous tous ses aspects, parce que le scepticisme nuit au mental, empêche le calme, nous entrave. Le sceptique est démoniaque par nature. En tout cas, un médiocre est médiocre ! Aucun grand Homme, au cours de la vie, au cours des siècles, n'a été sceptique. Jusqu'à présent, on sait que tous les grands génies de l'Histoire ont été des hommes de foi. Ceux qui ont excellé en tant que médiocres au cours de la vie font partie de la société composée de sceptiques. Il doit donc y avoir la foi lorsque nous pratiquons la méditation, la foi dans tous nos travaux ésotériques. Ne doutez pas, ayez la foi parce que, comme l'a dit Jésus-Christ, « Ayez la foi comme un grain de moutarde et vous déplacerez des montagnes ». La foi fait des miracles, des merveilles. Quand on a foi dans la méditation, on est sur le chemin de l'Illumination et on arrive inévitablement à l'Illumination.

Ahora voy a contestar a preguntas. Es necesario que ustedes se hagan autoconscientes de todo esto y, por lo tanto, conviene que pregunten para aclarar. Habla hermano.

Maintenant je vais répondre aux questions. Il est nécessaire que vous deveniez autoconscients de tout cela, et par conséquent, il convient que vous posiez vos questions pour clarifier. Parle frère :

D. Venerable Maestro, la plática me ha parecido maravillosa porque hemos escuchado muchas veces: “Conócete a ti mismo”, pero no hemos comprendido el profundo significado de tal concepto. Sin embargo, ahora se le ha dado un sentido. Tal parece que nos ha dicho que «conocerse a sí mismo”, significa conocer, precisamente, esas virtudes y esos defectos que desconocemos dentro de nosotros mismos”.

D. Vénérable Maître, l'entretien m'a paru merveilleux parce que nous avons entendu à maintes reprises « Connais-toi toi-même », mais sans avoir compris la profonde signification de ce concept. Cependant, maintenant, vous lui avez donné un sens. Il semble que vous nous avez dit que « se connaître soi-même » signifie connaître, précisément, ces vertus et ces défauts que nous ignorons avoir à l'intérieur de nous-mêmes.

M. Así es. Hay virtudes que tenemos y no sabemos que las tenemos, y existen en nosotros defectos que creemos no tener; y a la hora de la hora, nos toca hacer un inventario de todo eso y ponerlo sobre el tapete de la actualidad.

M. C'est vrai. Il y a des vertus que nous avons et nous ne savons pas que nous les avons, et il y a en nous des défauts que nous croyons ne pas avoir, et, au moment voulu, il nous faut faire un inventaire de tout cela et le mettre sur le tapis de l'actualité.

D. En torno a esto, Maestro, quisiera que nos explicara dónde podemos considerar límite a la virtud de la humildad; dónde empieza lo que pudiéramos llamar dignidad y dónde termina; dónde empieza Io que se puede llamar ruindad y dónde termina.

D. À ce propos, Maître, j'aimerais que vous nous expliquiez quand nous pouvons envisager une limite à la vertu de l'humilité ; où commence ce que nous pourrions appeler la dignité et où se termine-t-elle ; où commence ce qu'on pourrait appeler la bassesse et où se termine-t-elle ?

M. En el mundo de la alta sociedad, yo he conocido gentes inmensamente ricas con sus capitales, grandes fortunas, viviendo en muy buena situación, claro está, y sin embargo tremendamente humildes; y he conocido a muchos miserables terriblemente orgullosos. De manera que debemos distinguir entre ser humildes y estar humillados.

M. Dans le monde de la haute société, j'ai connu des gens immensément riches avec des capitaux, de grandes fortunes, qui vivaient dans de très bonnes conditions, ça c'est évident et pourtant, extrêmement humbles ; et j'ai connu beaucoup de misérables terriblement orgueilleux. De sorte que nous devons faire la différence entre être humble et être humilié.

Vestir decorosamente, vivir elegantemente con cierta hermosa presentación, tener lo necesario para la existencia, no es orgullo; es sencillamente, dignidad. Así pues, entiéndase con claridad dónde debe terminar la humildad, dónde debe comenzar la dignidad.

Se vêtir convenablement, vivre élégamment avec belle allure, avoir ce qu'il faut pour vivre, ce n'est pas de l'orgueil, c'est simplement de la dignité. Ainsi, vous comprenez clairement où doit finir l'humilité, où doit commencer la dignité.

Entiéndase por dignidad o por persona digna, la que sabe vivir en forma dignificante. ¿Quién vive en forma dignificante? El que posee el recto pensar, el recto sentir y el recto obrar; ese es el límite. Vida recta, pensamiento recto, acción recta, recto sentir. Aquel que así actúa, con rectitud, es digno. Pero si alguien dice que es digno y no actúa con rectitud, pues no lo es.

Comprenez par dignité ou par personne digne, celle qui sait vivre dans la dignité. Qui vit dans la dignité ? Celui qui possède la manière droite de penser, la manière droite de ressentir, et la manière droite d'agir. Voilà la limite. Une vie droite, des pensées droites, une action droite, un sentiment droit. Celui qui agit ainsi, avec rectitude, est digne. Mais, si quelqu'un dit qu'il est digne et n'agit pas avec rectitude, eh bien, il ne l'est pas.

La humildad y la rectitud están íntimamente relacionadas. No podría vivirse rectamente sin ser humilde; no podría actuarse con verdadera humildad sin ser recto. Así pues, la humildad y la rectitud están dentro de la misma línea. Es condición indispensable de la vida recta, la humildad; es condición de la humildad, la vida recta. Creo que con esto nos hemos explicado ya profundamente.

L'humilité et la rectitude sont intimement liées. On ne pourrait pas vivre d'une manière droite sans être humble ; on ne pourrait pas agir avec une véritable humilité sans être droit. Ainsi, humilité et rectitude vont dans le même sens. L'humilité est la condition indispensable à la vie droite. C'est la condition de l'humilité, la vie droite. Je crois que nous nous sommes expliqués sur cela déjà profondément.

D. Pero en un caso concreto, por ejemplo, en el que una persona soberbia humilla a otra. ¿Esta no pierde algo de su dignidad al someterse, no cae en la ruindad?

D. Mais, dans un cas concret, par exemple : une personne arrogante en humilie une autre. Est-ce qu'elle ne perd pas un peu de sa dignité en se soumettant, ne tombe-t-elle pas dans la bassesse ?

M. Pues, aquel que realmente vive en rectitud, no puede caer jamás. ¿Cuándo se ha visto que Dios destruya a los rectos?. El que cae es el soberbio que intenta humillar a la gente recta. Pero ningún recto puede jamás caer.

M. Celui qui vit réellement dans la rectitude ne peut jamais tomber. A-t-on déjà vu Dieu détruire les personnes droites ? Celui qui tombe, c'est l'arrogant qui essaie d'humilier une personne droite. Mais aucune personne droite ne peut jamais tomber.

Recordemos que aquel que quiere dañar a otros, se daña a sí mismo. Uno puede permanecer sereno ante el insultador, ante el déspota, ante el soberbio. Y aquel puede tronar y relampaguear, es libre de hacer lo que quiera. Mas si uno permanece firme en rectitud, en modo alguno puede caer. Quien cae es él el soberbio, ante la Divinidad, ante las reglas del Cosmos, ante el Karma. Pero el que vive con rectitud, no cae. No es ruin permanecer en rectitud, ruin sería no permanecer en la rectitud.

Souvenez-vous que celui qui veut faire du mal aux autres se fait du mal à lui-même. On peut rester serein devant un insulteur, devant un despote, devant un arrogant. Et celui-ci peut tonner et tonitruer, il est libre de le faire s'il le veut. Mais si on reste ferme dans la rectitude, on ne peut en aucun cas tomber. Celui qui tombe est l'arrogant, devant la Divinité, devant les lois du Cosmos, devant le Karma. Mais celui qui vit dans la rectitude ne tombe pas. Ce n'est pas ignoble que d'être dans la rectitude, l'ignoble serait de ne pas être dans la rectitude.

D. ¿Se podría comparar con el profundo significado de poner lo otra mejilla?

D. Peut-on comparer cela au sens profond de tendre l'autre joue ?

M. Pues claro, saber besar el látigo del verdugo, amar al que nos odia; pero amarlo de verdad, no por simple fanatismo religioso, no en forma superficial, sino de fondo, sinceramente, espontáneamente; eso es lo importante. Ese es el significado de poner la otra mejilla, amar a nuestros peores enemigos, devolver bien por mal.

M. Bien sûr, savoir embrasser le fouet du bourreau, aimer celui qui nous hait, mais l'aimer vraiment, non pas par simple fanatisme religieux, non pas de manière superficielle, mais profondément, sincèrement, spontanément. Voilà ce qui est important. Voilà le sens de « tendre l'autre joue », aimer nos pires ennemis, rendre le bien pour le mal.

He conocido a muchos que están de acuerdo con la doctrina, con poner la otra mejilla, y si los insultan, bendicen, pero lo hacen tan forzadamente, en forma superficial, por fanatismo, porque no han hecho conciencia de esa verdad. Cuando uno se hace consciente de esa verdad evangélica Crística y cuando actúa de forma espontánea, de acuerdo con esa verdad, pues ha dado un gigantesco paso en el camino de la autorrealización interior profunda.

J'ai rencontré beaucoup de personnes qui sont d'accord avec la doctrine, avec « tendre l'autre joue », et si on les insulte, elles bénissent, mais elles le font en se forçant, de manière superficielle, par fanatisme, parce qu'elles ne sont pas conscientes de cette vérité. Quand on prend conscience de cette vérité christique évangélique et quand on agit de manière spontanée conformément à cette vérité, on fait un pas de géant sur le chemin de l'autoréalisation intérieure profonde.

Hay muchas sonrisas cuyo fondo es terrible. He conocido gentes que sonríen impasibles ante el insultador, y sonríen hasta que se congelan los carrillos, pues lo hacen por fanatismo, pero el trasfondo es de ira y ¡terrible de verdad! Es un paso, sí, pero muy superficial.

Il y a beaucoup de sourires dont le fond est terrible. J'ai connu des gens qui sourient impassiblement devant l'insulteur et ils sourient jusqu'à ce que leurs joues se figent, mais ils le font par fanatisme, parce que dans les tréfonds, il y a de la colère, vraiment terrible ! C'est une étape, certes, mais très superficielle.

Otra cosa es la espontaneidad nacida de la Conciencia. Aquel que bendice a sus peores enemigos con verdadero amor, no fingido o rebuscado o artificioso o movido por incentivos fanáticos religiosos, sino en forma natural, íntima, concientiva, plena, nacida precisamente de las más ignotas profundidades del Ser, eso es diferente.

Une autre chose est la spontanéité née de la conscience. Celui qui bénit ses pires ennemis avec un véritable amour, non feint, ou masqué, ou artificiel, ou motivé par des incitations religieuses fanatiques, mais d'une façon naturelle, intime, consciente, pleine, née précisément des profondeurs les plus inconnues de l'Être, c'est différent.

¿Hay alguna otra pregunta, hermanos?

Y a-t-il d'autres questions, frères ?

D. Maestro, en lo referente al pozo de los leones, a pesar de tener miedo, ¿se debe enfrentar a los leones?

D. Maître, en ce qui concerne la fosse aux lions, doit-on affronter les lions malgré la peur ?

M. No se trata ahí de tener o no tener miedo; sí se trata de prioridades. Quisiera verte a ti dentro del pozo de los leones, ¿qué harías?

M. Il ne s'agit pas là d'avoir peur ou de ne pas avoir peur. Il s'agit de priorités. J'aimerais te voir dans la fosse aux lions, que ferais-tu ?

D. Me desmayaba.

D. Je m'évanouirais.

M. Es muy difícil la prueba. Daniel el Profeta la pasó. En cuanto a mí, ha sido el paso muy difícil, no lo he podido pasar.

M. L'épreuve est très difficile. Daniel, le Prophète, l'a passée. Quant à moi, ça a été très difficile, je n'ai pas réussi à la passer.

D. Para pasarla, aun teniendo algo de miedo, si se enfrenta uno a ellos…

D. Pour la passer, même si on a toujours un peu de peur, on doit les affronter...

M. Muy bonito es decir en teoría que se enfrenta a ellos; otra cosa es estar en el terreno de los hechos, a ver si es cierto que te enfrentas. Ya cambia todo, ahí se van las mejores teorías abajo y no queda sino el crudo realismo de palpitante actualidad. ¿Cómo les parece?

M. C'est très joli de dire en théorie qu'on les affronte. C'est autre chose d'être sur le terrain des faits, de voir si c'est sûr que tu vas les affronter. Ça change tout, là, les meilleures théories s'en vont et il ne reste plus que le cru réalisme d'une palpitante actualité. Qu'en penses-tu ?

D. Cuando era muy jovencita, estuve muchos años soñando con leones, y uno me dio un zarpazo, corría sangre. Tenía un miedo tremendo, horrible. Yo siempre me veía corriendo, corriendo, corriendo, hasta que, una vez, llegué a una casa y estaban los leones tratando de abrirme la puerta, y entonces dije: “Ya no les tengo más miedo”, y salí les hice frente y se quedaron echados, y jamás volví a soñar eso.

D. Quand j'étais très jeune, j'ai rêvé de lions pendant de nombreuses années, et l'un d'entre eux m'a griffé, le sang coulait. J'ai eu une peur terrible, horrible. Je me voyais toujours courir, courir, jusqu'à arriver dans une maison dont les lions essayaient d'ouvrir la porte, alors j'ai dit : « Je n'ai plus peur » et je suis sorti pour les affronter, et ils sont partis et je n'ai plus jamais fait ce rêve.

M. Todos aquellos sueños corresponden con un recuerdo de la Roma aquella augusta de los césares, cuando estuviste tú entre los gnósticos cristianos de las catacumbas y fuiste echada a los circos de los leones y despedazada por ellos. No es ese un sueño vano, ni corresponde a la época actual, sino a una tragedia que viviste, es completamente diferente. Quisiera verte ahora metida en el foso de los leones, a ver qué haces.

M. Tous ces rêves correspondent à un souvenir de l'auguste Rome des Césars, quand tu étais parmi les gnostiques chrétiens des catacombes et que tu as été jetée dans le cirque aux lions et déchiquetée par eux. Ce n'est pas un rêve vain ni un rêve qui correspond à l'époque actuelle, mais à une tragédie que tu as vécue, c'est complètement différent. J'aimerais te voir maintenant dans la fosse aux lions pour voir ce que tu ferais...

Indudablemente, hermanas y hermanos, hacerse uno consciente de sí mismo es muy interesante. Y ahora que usted cuenta eso, me viene a la mente, en estos momentos, algo muy interesante. Sucede que yo siempre, en el camino de la vida, constantemente, a través de muchos años, me asaltaba siempre un extraño sueño. Me veía a mí mismo entrando a una casa antigua, con un viejo zaguán de esos de las épocas coloniales, o precoloniales, más bien clásicas. Luego tenía relaciones amorosas con una gran dama, pero esa dama —sabía yo en mis sueños—, de que era casada. Pero entonces yo, aprovechando la ausencia de su marido, entraba y tenía relaciones sexuales con ella. Luego sentía que el hombre llegaba —el marido— y entonces, naturalmente, trataba yo de huir; veía que saltaba de la recámara de ella por una vieja ventana a un gran patio y venía el hombre detrás con una espada de fuego. Eran épocas por allá de la Edad Media.

Sans aucun doute, sœurs et frères, prendre conscience de soi-même est très intéressant. Et maintenant que vous vous en rendez compte, il me vient à l'esprit, à cet instant, quelque chose de très intéressant. Il se trouve que j'ai toujours été, sur le chemin de la vie, pendant de nombreuses années, constamment assailli par un rêve étrange. Je me voyais entrer dans une très vieille maison, dans un ancien vestibule plutôt classique de l'époque coloniale, ou précoloniale. Ensuite, j'eus des relations amoureuses avec une grande dame, mais cette dame – je le savais dans mes rêves – était mariée. Mais alors, profitant de l'absence de son mari, j'entrai et j'eus des relations sexuelles avec elle. Puis je perçus que l'homme arrivait – le mari – et alors, naturellement, je tentai de fuir. Il me vit bondir de la chambre de la dame, par une vieille fenêtre qui donnait sur un grand patio et l'homme arriva avec son épée de feu. C'était au temps du Moyen Âge.

No me gustaba nada nada ese sueño, máxime cuanto que yo seguía la senda de la vida recta, me esforzaba en la autorrealización íntima y de pronto, sentirme en el adulterio con una señora por allá casada y todo eso, y perseguido por el marido de ella con el propósito de eliminarme; pues me pareció demasiado desagradable aquello. Al fin, un día de esos, en el momento en que huía y venía el hombre detrás con su espada —porque el sueño se repetía con cierta frecuencia, toda la vida repitiendo la misma historia—, en esos momentos me detuve yo, eliminé el miedo por unos instantes y dije: «Ya basta de esto, ya es punto final». Cuando se acercó el hombre hacia mí con la espada desenvainada, le dije: «Dejémonos de tonterías. Este hecho que está sucediendo aquí, en el mundo astral, corresponde a un acontecimiento de la Edad Media, en las épocas aquellas en que yo vivía en Europa. ¡Pero eso ya pasó!, la escena ha quedado repitiéndose en la luz astral en forma como de un sueño. Pero es mejor que disolvamos esta forma mental» —le dije al hombre—.

Je n'aimais pas du tout ce rêve, surtout parce que je suivais le chemin de la Voie Directe, je faisais des efforts pour l'Autoréalisation intime, et tout à coup, je me suis senti adultère avec une dame mariée, et tout ça, et poursuivi par son mari qui voulait m'éliminer. Je pensais que c'était trop désagréable. À la fin, un de ces jours, au moment où l'homme fuyait et arrivait avec son épée – parce que ce rêve se répétait avec une certaine fréquence, toute la vie répétant la même histoire –, à ce moment-là, je m'arrêtai, j'éliminai la peur pendant un moment, et je dis : « Ça suffit, c'est le point final ». Lorsque l'homme s'approcha de moi avec son épée dégainée, je lui dis : « Arrêtons ces plaisanteries. Ce qui s'est passé ici, dans le monde astral, correspond à un événement du Moyen Âge, à l'époque où je vivais en Europe. C'est-à-dire que c'est du passé ! La scène s'est répétée dans la lumière astrale sous forme d'un rêve. C'est mieux que nous dissolvions cette forme mentale. », dis-je à l'homme.

Entonces él dijo: «Verdad, eso es así. Yo también toda la vida me he visto metido en este sueño, y si es siempre una forma mental, ¿para qué vamos a seguir los dos atormentándonos la vida mutuamente con este sueño? Mejor desintegremos esta forma mental». Él tomó su espada y yo también la mía y, con la flamígera, desintegramos todas las formas de ese sueño, se volvió polvo. Nos dimos un gran abrazo con los tres toques de los Adeptos, y se acabó para siempre. Correspondía, pues, a un hecho, sí, que había sucedido realmente, pero que ya había pasado.

Alors il a dit : « C'est vrai, c'est comme ça. Moi aussi, toute ma vie, je me suis vu impliqué dans ce rêve, et si c'est toujours une forme mentale, pourquoi devrions-nous continuer à nous tourmenter la vie mutuellement avec ce rêve ? C'est mieux de désintégrer cette forme mentale. » Il prit son épée et moi la mienne et, avec la flamme, nous désintégrâmes toutes les formes de ce rêve, nous le réduisîmes en poussière. Nous nous fîmes une grande accolade avec les trois signes des Adeptes, et s'en fut fini à jamais. Cela correspond donc à un fait, oui, qui s'est passé réellement, mais c'est du passé.

Lo mismo ha sido el caso ese de los leones que ha tenido la hermana. Corresponde a un hecho, sí, que fuiste echada al circo de Roma y despedazada por hambrientos leones. Fuiste gnóstica, sí. Todos nosotros estamos relacionados con el conocimiento. No es la primera vez que estamos aquí estudiando la Gnosis. Pero ¿qué pasa? La Conciencia duerme, y claro, ustedes saben que me conocen, pues la Conciencia lo sabe; lo que no tienen es la plena conciencia de dónde y cómo. Pero sí saben que me conocen.

Il en a été de même pour le rêve des lions que la sœur a eu. Cela correspond à un fait, oui, où tu as été jetée dans le cirque de Rome et déchiquetée par des lions affamés. Tu étais gnostique, oui. Avec la connaissance, nous sommes tous reliés. Ce n'est pas la première fois que nous sommes ici à étudier la Gnose. Mais, qu'est-ce qui se passe ? La Conscience dort, bien sûr, vous savez que vous me connaissez, car la Conscience le sait. Ce que vous n'avez pas, c'est la pleine Conscience d'où et comment. Mais vous savez que vous me connaissez.

D. ¿Qué significa tener, por momentos fugaces, conciencia de la inmensidad del cosmos, del universo, y sentirse con una terrible soledad?

D. Que signifie avoir, pendant quelques brefs instants, la Conscience de l'immensité du Cosmos, de l'Univers et de se sentir dans une terrible solitude ?

M. Cuando uno está metido en la cárcel, tiene la misma sensación, ve afuera el cielo abierto, el paisaje, las montañas y, sin embargo, está encerrado en una prisión. Así es. La Conciencia está similarmente metida en un calabozo —que es el Ego, el Yo—. Ella siempre ha tenido la sensación de que está prisionera y está prisionera de verdad; está metida realmente entre el calabozo del Ego y quiere vivir su libertad y sufre esa nostalgia. Precisamente, debido a eso, es que hay gentes que buscan cierto escape y se lanzan a la bebida, a las drogas, a la marihuana, en fin, a todos los placeres de La Tierra, queriendo acabar con esa soledad, con ese sentido de vacuidad, con esa depresión moral o dolor. Entonces, no encuentran más camino que el de los vicios. Pero hay necesidad de afrontar que la Conciencia está metida en el Ego, afrontarlo, confrontarlo, autoexplorarnos a sí mismos, auto conocernos, para poder eliminar esa prisión, ese Ego, ese Yo, dentro del cual estamos embotellados.

M. Quand on est jeté en prison, on a la même sensation : dehors, on voit le ciel ouvert, le paysage, les montagnes, et pourtant on est enfermé dans une prison. C'est ainsi. C'est pareil pour la Conscience qui est mise dans un cachot, l'Ego, le Moi. Elle a toujours eu le sentiment d'être une prisonnière, et elle est vraiment prisonnière. Elle se trouve réellement dans le cachot de l'Ego, et elle veut vivre sa liberté, et elle souffre de cette nostalgie. C'est précisément pour cela qu'il y a des gens qui cherchent une évasion et se noient dans l'alcool, les drogues, la marijuana, bref, dans tous les plaisirs de la Terre, pour en finir avec cette solitude, avec ce sentiment de vacuité, avec cette dépression morale ou cette douleur. Donc, ils ne trouvent pas d'autre moyen que celui des vices. Mais, il faut reconnaître que la Conscience est coincée dans l'Ego qu'il faut affronter, confronter, nous auto-explorer nous-mêmes, nous autoconnaître, pour pouvoir éliminer cette prison, cet Ego, ce Moi dans lequel nous sommes embouteillés.

Realmente, el Ego es tinieblas en nosotros, es algo fatal, una fea arpía, horrible. Y es que, mientras tengamos el Ego adentro, somos siniestros. Por eso es que todos los hermanitos se juzgan unos a otros, diciendo: «Fulano de tal, ¡ah!, ese es un mago negro. Fulana es una maga negra de Lucifer». Eso está equivocado, porque mago negro es todo el mundo. Todo ser humano, mientras tenga el Ego adentro, es más o menos negro.

En fait, l'Ego, c'est les ténèbres en nous, c'est quelque chose de fatal, une harpie laide, horrible. Et tant que nous avons l'Ego à l'intérieur, nous sommes sinistres. Voilà pourquoi tous les petits frères se jugent les uns les autres, en disant : « Untel, ah, c'est un mage noir. Untel est une magicienne noire de Lucifer. » C'est faux, parce que tout le monde est un mage noir. Tout être humain, tant qu'il a l'Ego à l'intérieur, est plus ou moins noir.

Blanco, puro, solo cuando ya se ha eliminado el Ego. Esa es la cruda realidad.

Blanc, pur, c'est seulement quand on a éliminé l'Ego. C'est la crue réalité.

Bueno, creo que vamos a empezar nuestra Meditación hermanos.

Eh bien, je pense que nous allons commencer notre méditation, frères.

¡Paz Inverencial!

Paix Invérentielle !

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